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Full text of "Dictionnaire de la danse, historique, théorique, pratique et bibliographique; depuis l'origine de la danse jusqu'à nos jours. Avec préf. de Ch. Nuitter"

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DICTIONNAIRE 


LA    DANSE 


DICTIONNAIRE 


DE 


LA  DANSE 

HISTORIQUE,  THÉORIQUE,  PRATIQUE 
ET  BIBLIOGRAPHIQUE 

DEPUIS    L'ORIGINE     DE     LA     DANSE    JUSQU'A    NOS     JOURS 


G.    DESRAT 

Membre   de   l'Académie   internationale 
des    Professeurs   étransers 


AVEC     PREFACE     DE 

CH.   NUITTER 

Archiviste  de  l'Acacléniie  nationale  de  Musique  et  de  Danse 


PARIS 

LIBRAIRIES-IMPRIMERIES    RÉUiNIES 

2,  rue  Mignon,  2 

May  et  Motteroz,  Directeurs 

1895 


A  LA   MÉMOIRE  DE  MON   PÈRE 

Son  Fils  et  son  Élève 

Hommage   de   reconnaissance 
G.   DESRAT. 


AVANT- PROPOS 


Chacun  maintenant  écrit  ses  ménnoires  quand  il  voit 
approcher  la  fin  de  sa  carrière  artistique;  sans  contre- 
dit, ceux  d'un  professeur  qui,  depuis  un  demi-siècle,  et 
de  père  en  lils,  a  professé  et  pénétré  dans  l'intérieur 
intime  des  plus  brillants  salons  parisiens,  seraient  appe- 
lés à  exciter  vivement  la  curiosité.  Tel  n'a  pas  été  mon 
but;  entièrement  dévoué  à  mon  art  et  à  son  enseigne- 
ment, j'ai  voulu  laisser  à  mes  successeurs  les  fruits  de 
mes  incessants  travaux,  de  mes  longues  études,  aussi 
bien  historiques  que  pratiques.  J'ai  voulu,  en  un  mot, 
combler  une  lacune  préjudiciable  à  l'art  de  la  danse,  en 
écrivant  ce  livre;  j'ai  voulu  qu'à  l'instar  de  la  musique, 
de  la  peinture,  de  la  sculpture,  la  danse  ait  les  honneurs 
d'un  dictionnaire.  Un  seul  existait,  celui  de  Compan, 
publié  en  1802;  mais  depuis  cette  époque  reculée,  que 
de  changements,  que  de  nouveautés  à  enregistrer  ! 
Notons  en  passant  l'insuffisance  de  ce  dictionnaire  au 
sujet  de  la  danse  ancienne  des  Grecs  et  des  Romains; 
leurs  danses  resteront  toujours  le  berceau  où  naquit 
notre  saltation  théâtrale  suivie  plus  tard  de  la  danse  de 
ville.  Je  m'explique  difficilement  l'oubli  ou  le  silence 


II  PREFACE 

de  Compan,  auquel  Lucien,  Athénée,  Xénophon,  même 
Homère  offraient  tant  de  notes  et  de  documents. 

Ce  travail  ne  pouvait  être  complet  sans  le  terminer 
par  la  bibliographie  de  la  danse,  par  l'énumération  de 
tous  les  ouvrages  écrits  sur  cet  art,  par  la  liste  de  tous 
les  auteurs  offrant,  directement  ou  indirectement,  des 
notions  utiles  à  l'histoire. 

Espérant  qu'un  jour  prochain  quelques-uns  de  nos 
écrivains  modernes  traiteront  ce  sujet,  j'ai  simplitié 
leur  tâche  en  leur  présentant  une  analyse  minutieuse  de 
tous  les  ouvrages  avec  leurs  dates  d'édition,  format, 
numéro  du  catalogue  des  Bibliothèques  publiques,  voire 
même  les  tomes,  chapitres  et  pages  utiles  et  indispen- 
sables. 

Puissè-je  avoir  planté  les  premiers  jalons  de  l'histoire 
delà  danse!  Puissè-je  avoir  contribué  à  l'édification 
d'un  monument  auquel  l'art  a  tant  de  droits  acquis! 

G.  D. 


PRÉFACE 


Tous  les  arts  sont  soumis  à  la  mode,  et,  pas  plus  que 
la  peinture  ou  la  musique,  la  danse  ne  peut  échapper  à 
son  influence.  Nous  ne  sommes  plus  au  temps  où  elle 
avait  autant  de  part  que  l'escrime  dans  les  enseigne- 
ments que  recevait  un  jetine  gentilhomme.  On  attachait 
alors  une  extrême  importance  à  la  grâce  de  la  démarche, 
à  un  maintien  correct,  à  un  salut  bien  fait;  les  mœurs 
ont  changé  depuis.  Sous  le  premier  Empire,  sous  la 
Restauration  et  même  après  1830,  les  hommes  dansaient 
encore  dans  les  bals;  on  apprenait  les  danses  de  ville, 
on  formait  des  pas  réguliers  et  l'on  ne  se  contentait  pas 
de  marcher.  Aujourd'hui  il  ne  reste  guère  que  la  valse 
qui  soit  encore  à  la  mode  dans  les  salons.  Au  théâtre 
même  le  danseur  est  relégué  au  second  plan,  et  il  n'y  a 
pas  bien  longtemps  qu'un  membre  du  Parlement,  en 
discutant  le  budget  de  l'Opéra,  parlait  avec  étonnement 
de  «  ces  êtres  étranges  qu'on  appelle  des  danseurs  »,  et 
proposait,  puisqu'ils  ne  sont  utiles  que  pour  soutenir  les 
danseuses,  de  les  remplacer  par  des  conducteurs  d'om- 
nibus {Journal  officiel^  13  novembre  1891).  Le  temps 
est  loin,  en  effet,  où  les  Vestris,  ou  Duport,  faisaient 
recette  comme  un  ténor!  La  mode  a  changé,  et  à  ce 
point  que  souvent,  lorsque  le  danseur  semblerait  être 


IV  PRÉFACE 

le  Miieux  à  sa  place,  on  donne  son  rôle  à  des  travestis. 
Voilà  plus  de  vingt  ans  qu'un  directeur  de  l'Opéra,  et  le 
plus  attentif  à  suivre  le  goût  du  public,  en  faisant  régler 
à  nouveau  le  pas  militaire  du  troisième  acte  des  Hugue- 
nots, a  substitué  aux  danseurs  des  danseuses  portant  la 
botte  et  la  trousse,  la  taille  prise  dans  une  élégante  cui- 
rasse. Il  faut  bien  au  théâtre  faire  avant  tout  ce  qui  plaît 
au  spectateur,  et  aller  même  au-devant  de  ses  désirs; 
mais  pourtant,  puisque  l'on  donne  des  ballets,  on  peut 
regretter  que  l'exclusion  des  danseurs  diminue  le 
nombre  des  artistes  parmi  lesquels  doivent  se  former 
les  chorégraphes  et  les  professeurs. 

Au  milieu  de  ces  changements  de  la  mode,  il  n'est 
pas  sans  intérêt  de  constater  le  succès  qui  a  accueilli  la 
restitution  de  danses  anciennes.  C'est  à  une  réception 
du  ministère  de  l'Instruction  publique,  il  y  a  quelques 
années,  que  le  Ministre  eut  l'idée,  alors  fort  neuve,  de 
confier  à  M"'=  Fonta  et  à  Théodore  de  Lajarte  le  soin  de 
régler  un  divertissement  reproduisant  fidèlement  des 
menuets,  des  gavottes,  des  chaconnes  de  l'ancien  réper- 
toire de  l'Opéra.  Le  public  y  prit  grand  plaisir,  et, 
depuis,  ces  divertissements  rétrospectifs  ont  souvent  été 
renouvelés;  les  anciens  Traités  de  chorégraphie  de 
Feuillet,  de  Pécour,  permettent  de  reconstituer  les  pas 
très  exactement  sur  des  airs  du  bon  vieux  temps,  et 
d'autant  mieux  que,  lorsqu'il  s'agit  de  danser,  on  est 
plus  certain  de  retrouver  la  mesure  précise  (\ue  lorsqu'il 
s'agit  de  chanter  d'ancienne  musique.  Un  chanteur  peut 
rester  longtemps  sur  une  note;  mais,  quand  un  danseur 
est  en  l'air,  il  faut  bien  retomber  à  terre. 

Ce  qui  est  aussi  revenu  à  la  mode  et  d'une  façon  fort 


PREFACE  V 

imprévue,  c'est  la  pantomime,  qui,  depuis  près  d'un 
demi-siècle,  était  délaissée.  Vers  1750,  Servandoni  avait 
organisé  un  spectacle  en  machines,  dit  pantomime,  où 
il  déploya  un  grand  luxe  de  décorations.  En  1776,  un 
sieur  de  Montorcier  imagina  des  pantomimes  saintes, 
tirées  de  l'histoire  de  l'Ancien  Testament.  Vers  la  même 
époque,  Noverre  fit  représenter  à  l'Opéra  des  ballets- 
pantomimes,  où,  pour  la  première  fois,  les  danses 
étaient  accompagnées  d'une  action,  comme  dans  les 
ballets  d'à  présent;  mais  c'est  surtout  au  commence- 
ment du  siècle  que  la  Gaîté,  l'Ambigu,  le  Cirque  olym- 
pique donnèrent  des  pantomimes,  des  mimodrames, 
dont  plusieurs  eurent  un  grand  succès.  Lemontey,  dans 
un  discours  prononcé  à  l'Institut,  en  iS'ii,  sur  la  Préci- 
sion considérée  dans  le  style,  les  langues  et  la  panto- 
mime, a  l'ait  cette  remarque  que  le  spectateur  est  d'au- 
tant plus  attentif  qu'il  no  peut  comprendre  que  par  les 
yeux,  et  que  jamais  le  public  n'est  plus  silencieux  que 
lorsqu'il  n'a  rien  à  entendre.  La  pantomime  n'en  était 
pas  moins  un  genre  oublié,  quand  tout  à  coup  elle  a 
reparu,  offrant  une  action  sérieuse,  des  situations  inté- 
ressantes, et,  grâce  à  d'habiles  interprètes,  a  retrouvé  la 
faveur  dont  elle  avait  joui  autrefois. 

C'est  ainsi  que,  par  un  retour  de  la  mode,  ce  qui  avait 
disparu  peut  reparaître,  et,  en  parcourant  le  diction- 
naire très  complet  où  M.  Desrat  a  réuni  tous  les  rensei- 
gnements désirables  sur  l'histoire  et  la  pratique  de  la 
danse,  on  ne  sait,  parmi  les  choses  du  passé,  ce  qui 
peut  redevenir  le  nouveau  de  demain.  Ce  qui  ne  pré- 
sente pas  moins  d'intérêt,  c'est  la  bibliographie  spéciale 
très  détaillée  dont  l'auteur  a  fait  le  complément  de  son 


M  PRÉFACE 

œuvre.  Les  ouvrages  relatifs  à  la  danse  forment  une 
véritable  bibliothèque,  et  rien,  mieux  que  celte  longue 
énumération,  ne  saurait  faire  comprendre  combien,  de 
tout  temps,  la  danse  a  tenu  de  place  dans  l'éducation  et 
dans  les  plaisirs. 

Ch.  NUITTER. 


DICTIONNAIRE 


DE 


LA   DANSE 


A 


ACADÉMIE  DE  DAXSE.  L'Académie  de  danse  fut 
créée  par  le  cardinal  Mazarin  après  celle  de  pein- 
ture et  de  sculpture.  Sur  les  conseils  de  son  cardinal, 
Louis  XIV  donna,  en  mars  1661,  des  lettres  patentes 
instituant  une  Académie  royale  de  danse,  et  ces  lettres 
furent  enregistrées  au  Parlement  le  30  mars  166i2. 
Noverre  nous  fait  connaître  les  motifs  qui  décidèrent  le 
monarque  en  faveur  de  la  danse  et  en  autorisant  une 
Académie  dont  le  but  était  de  la  corriger  et  de  la  pùlir 
en  s'y  exerçant;  la  cour  et  la  ville  se  livraient  fiévreuse- 
ment aux  danses  et  aux  bals.  Jusqu'alors  les  gens 
de  la  cour,  princes,  princesses  et  seigneurs  n'avaient 
comme  réjouissances  que  les  grands  ballets  et  quelques 
basses  danses  dont  la  solennité,  la  gravité  éloignaient 
beaucoup  d'entre  eux.  Il  était  donc  indispensable  de 
remédier  à  un  tel  état  de  cboses  en  introduisant  dans  les 
fêtes  de  nouveaux  et  véritables  danseurs.  Telle  fut  l'idée 


2  ACA 

de  Mazarin,  qui  reçut  de  Louis  XIV  les  lettres  patentes 
ci-dessous  : 

((  Louis,  par  la  grâce  de  Dieu,  etc.  Bien  que  Tart  de 
la  danse  ait  toujours  été  reconnu  l'un  des  plus  honnêtes 
et  des  plus  nécessaires  à  former  le  corps  et  lui  donner 
les  premières  et  les  plus  naturelles  dispositions  à  toutes 
sortes  d'exercices  du  corps,  et  entre  autres  à  ceux  des 
armes,  et,  par  conséquent,  à  l'un  des  plus  avantageux  et 
des  plus  utiles  à  notre  noblesse  et  autres  qui  ont  l'hon- 
neur de  nous  approcher,  non  seulement  en  temps  de 
guerre  dans  nos  armées,  mais  même  en  temps  de  paix 
dans  nos  ballets  ;  néanmoins,  il  s'est,  pendant  les 
désordres  et  la  confusion  de  nos  dernières  guerres, 
introduit  dans  ledit  art,  comme  dans  tous  les  autres,  un 
si  grand  nombre  d'abus  capables  de  les  porter  à  leur 
ruine  irréparable,  etc.,  etc. 

«  Beaucoup  d'ignorants  ont  essayé  de  la  défigurer  en 
la  plus  grande  partie  des  gens  de  qualité.  Ce  qui  fait  que 
nous  en  voyons  peu,  dans  notre  cour  et  suite,  capables 
et  en  état  d'entrer  dans  nos  ballets,  quelque  dessein 
que  nous  eussions  de  les  y  appeler.  A  quoi  étant  nécres- 
saire  de  pourvoir,  et  désirant  rétablir  ledit  art  dans  sa 
perfection,  et  l'augmenter  autant  que  faire  se  pourra, 
nous  avons  jugé  à  propos  d'établir,  dans  notre  bonne 
ville  de  Paris,  une  Académie  royale  de  danse  composée 
des  treize  plus  expérimentés  dudit  art,  savoir  : 

«  MM.  Galand  du  Désert,  maître  à  danser  de  la  reine; 
Prévost,  maître  à  danser  du  roi;  Jean  Renaut,  maître  à 
danser  de  monseigneur  le  dauphin;  Guillaume  Raynal, 
maître  à  danser  de  Monsieur,  frère  du  roi;  Guillaume 
Guéru;  Hilaire  d'Olivet;  Bernard  de  Manlhe  ;  Jean  Ray- 
nal ;  ÏN'icolas  de  Lorge;  Guillaume  Renaut;  Jean  Pic- 
quet;  Florent  Galane  du  Désert;  Jean  de  Grigny.  » 

Les  membres  de  cette  Académie  jouissaient  de  tous 
les  droits  acquis  aux  commensaux  de  la  maison  du  roi 
et  de  celui  du  Commitjnms.  Ils  étaient  exempts  de 
garde,  de  taille,  de  tutelle  et  de  guet,  et  leuis  enfants 


ACA'  3 

pouvaient  professer  la  danse  sans  lettres  de  maîtrise. 
Compan,  dans  son  Dictionnaire,  fait  erreur  en  disant 
que  ces  académiciens  se  réunissaient  chez  le  plus  ancien 
ou  le  doyen  d'entre  eux.  Leurs  premières  séances  furent 
tenues,  par  autorisation  formelle  du  cardinal  Mazarin, 
n"  7,  rue  de  Venise,  dans  ce  même  cabaret  de  l'Épée-de- 
Bois,  où  le  comte  de  Horn  assassina  le  mal  heureux  Lacroix, 
compagnon  assidu  des  maîtres  à  danser  et  appelé  le  Roi 
des  violons.  Les  assemblées  furent  ensuite  transférées 
chez  le  directeur  de  l'Académie,  rue  Pagevin,  dans  une 
partie  de  la  rue  appelée  rue  du  Petit-Reposoir. 

Malheureusement  cette  réunion  de  professeurs  et  d'ar- 
tistes ne  répondit  pas  aux  espérances  fondées  sur  eux  : 
L'art  et  l'histoire  leur  furent  indifférents,  bien  qu'ils 
vécussent  et  s'agitassent  au  milieu  des  plus  belles  fêtes 
et  des  plus  grands  ballets.  Ne  serions-nous  pas  satisfaits 
aujourd'hui  d'avoir  quelques  récits  des  somptuosités  de 
cette  brillante  époque,  de  connaître  la  théorie  des  pas 
de  danse  dans  lesquels  Louis  XIV  déployait  sa  grâce 
légendaire?  La  seule  préoccupation  de  ces  académiciens 
semble  avoir  été  de  se  réunir  pour  festoyer  et  principa- 
lement pour  obtenir  le  droit  de  maîtrise  de  leurs  enfants. 
Toutefois  cette  assemblée  n'a  peut-être  pas  été  complè- 
tement inutile,  car  nous  lui  devons  les  Blaisir,  Pécour, 
Feuillet,  Magny.  chorégraphes  illustres  et  maîtres  sa- 
vants. 

ACADÉMIE  IMPÉRIALE  DE  DANSE  (SECONDE).  En 

1856,  un  essai  d'Académie  de  danse  privée  fut  tenté  par 
quelques  professeurs  de  Paris  sous  le  nom  de  Société 
académique  des  professeurs  de  l'Opéra  ;  elle  ne  devait 
comprendre  que  des  professeurs  ayant  appartenu  au 
théâtre  impérial  de  l'Opéra.  Il  y  aurait  puérilité  à  re- 
garder cette  tentative  comme  sérieuse,  car  non  seule- 
ment les  maîtres  se  nommèrent  eux-mêmes,  mais 
s'adjoignirent  des  professeurs  n'ayant  jamais  fait  partie 
de  la  troupe  du  théâtre,  n'ayant  même  que  d'insuffi- 


4  AGA 

santés  connaissances  chorégraphiques.  Le  but  n'en  était 
pourtant  pas  moins  louable,  car  il  lendail  à  réglementer 
uniformément  la  danse  des  salons  dite  danse  de  ville; 
on  aurait  ainsi  évité  la  confusion  dans  la  méthode  d'en- 
seigner les  danses,  confusion  toujours  préjudiciable  aux 
élèves. 

Au  mot  Congrès,  nous  trouverons  de  nouvelles  tenta- 
tives sur  le  même  sujet,  tentatives  venant  de  Russie  et 
d'Amérique.  Cette  Société  vécut  peu  et  fut  victime  de  la 
jalousie  de  métier  toujours  inhérente  aux  petits  pro- 
fesseurs ;  elle  a  laissé  des  traces  de  son  existence  en 
publiant  quelques  danses  nouvelles.  Trop  savantes,  trop 
difficiles,  peu  en  rapport  avec  les  coutumes  et  surtout 
avec  le  faible  talent  des  danseurs  mondains,  ces  danses 
apparurent  et  disparurent  en  même  temps  ;  seul  le  qua- 
drille impérial  résista  et  obtint  même  quelque  faveur  en 
province. 

La  Société  académique,  fondée  en  1856  sous  le  titre 
de  Société  de  professeurs-artistes  du  théâtre  de  f  Opéra, 
était  composée  des  danseurs  suivants  : 

Présidents  honoraires  :  MM.  Mazilier,  Petitpas,  Cel- 
larius. 

Secrétaires  honoraires  :  MM.  Bauchez,  Coralhé,  Len- 
faut,  Mérante. 

Sociétaires  de  Paris  :  MM.  Berthier,  président,  chef 
du  bureau;  Cornet  père  et  fils,  Fauquet,  Fauqueux,  Fré- 
molle,  Guillemain,  Isambert,  Lefebvre,  Millot,  tréso- 
rier; Petit,  Renaud,  Renausy,  inspecteur  vérificateur; 
Cellarius  neveu  ;  M'"''  Cellarius,  Gaubignes. 

Membres  correspondants  en  France:  Rennes,  M.  Bar- 
guillet;  Poitiers,  M.Boulleaux;  Limoges,  M.  Bordas  ; 
Aix,  M.  Brugier;  Valenciennes,  M.  Coyarle;  Charleviile, 
M.  Fagon  fils;  Nantes,  M.  Guimiers  ;  Avranches,  M.  Le- 
gras  ;  Saint-Quentin,  M.  Violet;  Lille,  MM.  Meyronnet 
et  Wuegths. 

Les  intrigues  de  plusieurs  membres  entrés  dans  la 
Société  au    mépris   des  statuts,   l'état  d'infériorité   de 


ACR  5 

certains,  n'étant,  à  l'Opéra,  que  de  simples  coryphées 
ou  comparses,  amenèrent  rapidement  une  dissolution 
regrettée  par  tous  les  maîtres  de  l*aris  jouissant  d'une 
honorable  position  dans  le  professorat. 

Les  productions  de  la  Société  académique  trouveront 
leur  place  à  leurs  initiales  ;  elles  sont  au  nombre  de 
quatre  : 

Le  quadrille  impérial  (1859)  ;  le  quadrille  russe 
(1859);  la  czarine,  valse  russe  (1860);  intermède  bal 
(1861). 

ACCOUD.  On  entend  en  danse  par  le  mot  accord  la 
parfaite  exécution  des  pas  suivant  le  ryhtme  et  la  mesure 
dont  les  pas  sont  comptés  et  rendus  par  les  mouvements 
des  pieds.  Le  premier  temps  de  la  mesure,  dit  temps 
fort,  commence  le  pas;  lamusique  marque  le  temps  fort 
par  une  sonorité  plus  accusée,  et  la  danse  par  un  plié 
plus  prononcé,  c'est-à-dire  prouvant  la  souplesse  des 
genoux.  L'accord  est  aussi  indispensable  à  la  danse  que 
la  justesse  en  musique;  en  dehors  de  cet  accord,  les 
yeux  sont  blessés  et  les  oreilles  faussées  ;  le  danseur 
doit  tenir  compte  des  nuances  rythmiques  appelées 
piano,  pianissimo,  forte,  etc. 

ACROBATE.  On  entend  par  acrobate  le  danseur  qui, 
au  lieu  de  se  livrer  à  la  danse  sur  le  sol,  exécute  ses  pas 
sur  une  corde  tendue  et  fixée  par  ses  extrémités  à  deux 
poteaux  à  une  hauteur  plus  ou  moins  élevée.  L'acrobatie 
était  très  répandue  chez  les  Grecs  et  les  Romains  qui  la 
pratiquaient  de  quatre  façons  différentes. 

Les  premiers  voltigeaient  autour  d'une  corde  tendue, 
tels  qu'une  roue  autour  de  son  essieu,  et  s'y  tenaient 
ensuite  suspendus,  tantôt  par  les  pieds,  tantôt  par 
les  mains.  Les  seconds  voltigeaient  sur  cette  corde 
de  bas  en  haut,  appuyés  sur  l'estomac,  tenant  les 
bras  et  les  jambes  étendus  horizontalement.  Les  troi- 
sièmes se  contentaient  de  parcourir  une  ligne  droite  en 


«  ALE 

avançant  ou  en  reculant  sur  la  corde.  Les  derniers  enfin 
faisaient  preuve  d'une  plus  grande  agilité  en  exécutant 
des  tours  et  des  sauts  périlleux  avant  de  retomber  sur 
la  corde  et  après  s'être  élevés  à  une  hauteur  plus  ou 
moins  grande. 

De  nos  jours,  on  ne  connaît  plus  de  limites  aux  exer- 
cices acrobatiques;  la  corde  est  souvent  remplacée  par 
un  mince  fil  de  fer  solidement  tressé  et  suspendu  à  des 
hauteurs  extraordinaires,  et  l'imagination  la  plus  iiardie 
pourrait  à  peine  soupçonner  les  mille  et  mille  excen- 
tricités. 

N'a-t-on  pas  vu  Blondin  traversant  les  chutes  du 
Niagara?  Longtemps  avant,  M""=  Saqui  conduisait  une 
brouette  sur  une  corde  élevée  à  50  mètres  du  sol  et 
formée  d'une  tresse  de  4  centimètres  de  diamètre.  Les 
cirques,  les  hippodromes  nous  montrent  chaque  jour 
des  acrobates  dont  la  hardiesse  et  l'habileté  rappellent 
à  nos  yeux  l'agilité  des  singes  et  la  légèreté  des  oiseaux. 
Notons  en  passant  que  tous  ces  artistes  demandent  aux 
principes  élémentaires  de  la  danse  du  théâtre,  dès  leurs 
premières  années,  celte  souplesse  surprenante  ;  les 
exercices  gymnastiques  contribuent  surtout  à  leur  ad- 
joindre la  vigueur  et  la  force  nécessaires. 

AGRAULIES.  Nom  donné  chez  les  Grecs  aux  danses 
et  aux  fêtes  consacrées  à  la  fille  de  Cécrops. 

AOIABLE  VAINQUEUR.  Nom  d'une  danse  ancienne 
exécutée  par  une  dame  et  un  cavalier  rappelant  le 
genre  menuet;  elle  fut  composée  par  le  savant  choré- 
graphe Pécour.On  en  retrouve  la  musique  dans  leTraité 
de  chorégraphie  de  Magny. 

ALÉTÉRES.  Nom  d'un  ancienne  danse  grecque  qui, 
selon  Athénée,  était  classée  parmi  les  danses  particu- 
lières et  principalement  en  usage  chez  les  Sicyoniens  et 
les  habitants  d'Ithaque. 


ALL  7 

ALLEMAiVDE,  Comme  son  nom  l'indique,  cette  danse 
est  allemande;  Thoinot-Arbeau  en  parle  déjà  en  1588 
dans  son  Orchésograplne,  et  ne  lui  concède  pas  la  grâce 
que  l'on  semble  généralement  lui  prêter:  «L'allemande 
est  une  dance  plaine  de  médiocre  grauilé  et  familière 
aux  Allemands;  ie  croy  qu'elle  soit  de  nos  plus  an- 
ciennes dances,  car  nous  sommes  descendus  des  Alle- 
mands. »  (T*hoinot-Arbeau  est  né  à  Langres,  où  il  était 
chanoine,  sous  son  véritable  nom  Jean-Estienne  Tabou- 
bourote).  «  Vous  la  pourrez  dancer  en  compagnie,  car 
ayant  une  demoiselle  en  main,  plusieurs  aultres  se 
pourront  planter  derrière  vous,  chacun  tenant  la  sienne, 
et  dancerez  tous  ensemble  en  marchant  en  avant,  et 
quant  on  veult,  en  rétrogradant  par  mesure  binaire,  trois 
pas  en  avant  et  une  grueue  (ancien  pas  de  danse  que 
l'on  trouvera  à  la  lettre  G)  ou  pied  en  l'air  sans  sault, 
et  en  quelques  endroits  par  un  pas  et  une  grueue  ou 
pied  en  l'air;  et  quant  vous  aurez  marché  iusques  au 
bout  de  la  salle,  pourrez  dancer  en  tournât  sans  lascher 
votre  damoisMIe.  Les  aultres  danceurs  qui  vous  suivront 
en  feront  de  mesme  quant  ils  seront  au  dict  bout  de  la 
salle,  et  quant  les  ioueurs  d'instruments  cesseront  cette 
première  partie  chacun  s'arrêtera  et  deuisera  (devisera) 
avec  sa  damoiselle,  et  recommencerez  comme  aupara- 
vant pour  la  seconde  partie.  Et  quant  viendra  la  troi- 
sième partie,  vous  la  dancerez  par  la  mesme  mesure 
binaire  plus  légère  et  concitée  (brève),  et  par  les 
mesmes  pas  avec  en  y  adjoutant  des  petits  saults  comme 
dans  la  courante.  » 

Quelle  dissemblance  entre  cette  allemande  primitive 
et  celle  que  nous  trouvons  plus  tard  en  Suisse,  en  Alle- 
magne et  dans  quelques  villes  françaises  !  Tout  en  diffère, 
depuis  le  rythme  primitif  en  deux  temps  et  celui  en  trois 
usité  depuis  le  xvii*  siècle,  jusqu'au  nombre  de  dan- 
seurs, réduit  à  un  cavalier  entre  deux  dames.  Les  trois 
danseurs  avancent,  reculent  par  des  pas  lents  et  presque 
graves;  le  cavalier  fait  tourner  sous  ses  bras,  en  s'éle- 


8  ALM 

vaut  sur  les  pointes,  ses  deux  dames  alternativement  à 
droite  et  à  gauche;  chacun  reprend  sa  place  et  une  des 
dames  se  tourne  vis-à-vis  du  cavalier  pour  tourner  avec 
lui  sur  les  pointes;  elle  revient  ta  sa  place,  et  la  seconde 
dame  recommence  le  même  mouvement  Quelques  vil- 
lages d'Allemagne  ont  encore  conservé  cette  danse  sem- 
blable à  l'allemande  décrite  par  Magny,  dans  son  Traité, 
sur  une  mesure  en  6/8  ou  3/4.  Toutefois,  Magny  ne  la 
fait  exécuter  que  par  un  couple  seul.  A  en  croire  Dorat^ 
dans  son  poème  de  la  Déclamation,  l'allemande  aurait 
joui  de  quelque  faveur,  car  il  en  fait  un  pompeux  éloge, 
tout  en  lui  laissant  son  côté  original  : 


L'Iieureuse  Germanie  est  fertile  en  danseurs, 

Et  simple  dans  sa  danse  ainsi  que  dans  ses  mœurs, 

Elle  nous  a  transmis  celle  qui,  dans  nos  fêtes, 

A  nos  jeunes  beautés  fait  le  plus  de  conquêtes. 

Connaissez  tous  ces  pas,  tous  ces  enchaînements. 

Ces  gestes  naturels  qui  sont  des  sentiments. 

Cet  abandon  facile  et  fait  pour  la  tendresse. 

Ce  dédale  amoureux,  ce  mobile  berceau 

Où  les  bras  nUinis  se  croisent  en  cerceau 

Et  ce  piège  si  doux  où  l'amante  enchaînée 

A  permettre  un  larcin  est  souvent  condamnée. 

ALMÉES.  Les  aimées  continuent  à  jouer  leur  rôle 
important  de  leurs  premières  années  de  fondation;  peut- 
être,  pour  leur  profession,  les  exigences  sont-elles 
moindres  actuellement  qu'elles  ne  l'étaient  primitive- 
ment; elles  n'en  restent  pas  moins  encore  dignes  d'at- 
tention. Elles  devaient,  à  l'origine,  être  des  danseuses 
savantes,  érudites,  posséder  une  voix  sonore,  pure,  et 
posséder  une  science  approfondie  de  la  musique,  forcées 
même  d'être  initiées  aux  règles  de  la  poésie,  car  on  leur 
demandait  souvent  de  composer  et  de  chanter  des  chœurs 
empruntés  aux  actualités.  Le  caractère  de  leur  danse 
est  spécial  et  plein  d'originalité;  les  mystères  de  l'amour 
doivent  les  guider  dans  leurs  moindres  pas  et,  le  plus 
souvent,   leurs   mouvements    représentent  des  panto- 


ALM  9 

mimes  et  des  ballets  traduisant  les  actions  de  la  vie 
commune.  La  souplesse  de  leurs  membres  leur  permet 
de  traduire  les  plus  vives  émotions,  sans  que  la  grâce 
et  la  beauté  de  leurs  visages  trahissent  les  moindres 
efforts  ou  contorsions. 

Les  aimées  sont  appelées  dans  les  harems,  où  elles 
enseignent  leurs  chants  et  leurs  danses  ;  les  Turcs  en 
sont  très  amateurs  et  recherchent  avidement  ces  plai- 
sirs. Si  nous  en  croyons  certains  auteurs  anciens,  les 
Hébreux  connaissaient  déjà  ces  danseuses;  selon  saint 
Marc,  elles  jouaient  au  Caire  et  à  Jérusalem  un  rôle 
important  dans  la  vie  journalière.  Elles  figurent  encore 
dans  les  cérémonies  privées,  telles  que  les  mariages  ou 
les  enterrements,  et  accompagnent  leurs  chants  et  leurs 
danses  du  bruit  d'un  tambour  de  basque  indiquant  la 
mesure.  .L'Egypte  est  leur  berceau,  et  c'est  là  qu'on 
reconnaît  facilement  combien  leurs  danses  rappellent 
celles  de  l'antiquité.  Leurs  costumes  étincelants  et 
brillants  ne  les  quittent  même  pas  dans  la  vie  luxueuse 
qu'elles  ne  cessent  de  pratiquer. 

Le  baron  Taylor  et  Louis  llayband  nous  ont  laissé  sur 
ces  danseuses  des  esquisses  très  intéressantes;  on  les 
trouvera  dans  le  tome  II,  page  ^2^26  et  suivantes  de  leur 
ouvrage  sur  rÉgijpte,  la  Syrie,  la  Palestine  et  la  Judée 
(2  vol.  grand  in-8°  illustrés,  Paris,  1839)  : 

«  Le  costume  qu'elles  portent  en  public  ne  diffère  pas 
essentiellement  de  celui  des  femmes  égyptiennes  des 
classes  moyennes.  Dans  leur  intérieur  elles  sont  vêtues 
du  yelek,  espèce  de  long  habit,  ou  de  l'antezy,  veste 
courte,  et  du  shintigen,  espèce  de  pantalon.  Afin  de 
relever  leur  parure,  elles  y  ajoutent  divers  ornements, 
tels  que  colliers,  bracelets  et  bijoux  de  toute  sorte.  Des 
sequins  d'or,  disposés  en  couronne  et  en  guirlande  sur 
leurs  têtes,  ornent  leurs  cheveux;  quelquefois  elles 
s'attachent  un  anneau  au  bout  du  nez.  Leurs  paupières 
sont  peintes  en  noir  sur  les  bords  pour  donner  plus  de 
vivacité  à  leurs  yeux.  Les  extrémités  de  leurs  doigts,  la 

1. 


10  ALO 

paume  de  leurs  mains,  les  orteils  et  d'autres  parties  des 
pieds  sont  teints  en  rouge  suivant  la  coutume  pratiquée 
par  les  femmes  des  hautes  et  moyennes  classes  en 
Egypte.  Elles  sont  généralement  accompagnées  de  musi- 
ciens appartenant  aux  mêmes  tribus  qu'elles.  Une  partie 
de  ces  costumes  disparaît  quand  les  aimées  sont  appelées 
aux  divertissements  privés  d'hommes  et  la  lascivité 
préside  à  tous  leurs  mouvements.  » 

On  s'étonnera  facilement  à  la  pensée  que  ces  femmes 
s'attribuent  une  origine  divine;  elles  s'appellent  alors 
elles-mêmes  Baramikè  ouBarmaky  et  se  vantent  de  des- 
cendre de  cette  illustre  famille  égyptienne.  La  plupart 
d'entre  elles  se  marient  après  avoir  exercé  leur  métier 
de  courtisanes.  Leurs  maisons  ou  huttes  sont  presque 
toujours  reléguées  dans  les  quartiers  réservés  à  la  pros- 
titution ;  toutefois  celles  qui  arrivent  à  la  fortune  occupent 
de  vastes  maisons  où  elles  s'entourent  d'esclaves  noires 
qu'elles  destinent  à  leur  vil  et  triste  commerce.  Selon 
Lepic,  dans  ses  Croquis  égyptiens,  l'aimée  de  nos  jours 
est  bien  déchue  de  son  ancienne  grandeur;  sa  beauté  est 
moins  enchanteresse,  sa  danse  plus  monotone,  et  moins 
gracieuse  dans  les  danses  du  ventre,  des  cuisses,  des  reins 
et  des  hanches.  Le  même  auteur  raconte  avoir  vu,  à 
Luxor,  une  véritable  aimée  exécutant  une  danse  authen- 
tique dont  les  pas  étaient  traditionnels  et  réglés  d'après 
les  anciens  mouvements.  Semblable  à  un  serpent,  la 
femme  se  tordait,  se  cambrait  et  se  renversait;  elle 
paraissait  sous  le  joug  d'étranges  sensations,  et,  quand, 
vaincue  par  la  fatigue,  ses  forces  diminuaient,  elle  se 
jetait  sur  les  genoux  des  spectateurs  dans  les  poses  les 
plus  lascives.  L'aimée  était  réellement  artiste  et  belle. 
Ces  femmes  ont  perdu  maintenant  la  dignité  même  rela- 
tive de  leurs  devancières. 

ALOÈNES.  Danses  grecques  rustiques  instituées  en 
l'honneur  de  Cérès  et  en  témoignage  de  ses  bien- 
faits. 


AME  H 

ALOPÈS.  Nom  d'une  danse  £>recque,  usitée  dans  les 
fêtes  particulières  et  empreinte  de  mouvements  vifs  et 
rapides;  de  là  son  nom  alopès,  en  français  renard. 

AMARYxXTHIES.  Fêtes  et  danses  grecques,  célébrées 
en  l'honneur  de  Diane;  elles  étaient  également  appelées 
amarysiennes. 

A3IÉIIICAIN  (QUADRILLE).  Le  quadrille  américain 
est  de  création  nouvelle  et  ne  date  guère  que  de  1879. 
Pourquoi  l'avoir  baptisé  du  mot  aniéricnin,  car  il  n'est 
nullement  d'origine  américaine  et  n'a  aucune  ressem- 
blance avec  les  quadrilles  dansés  dans  les  Etats-Unis? 
New-York,  Boston  et  toutes  les  grandes  cités  se  contentent 
de  notre  quadrille  français,  des  lanciers  et  de  leurs  valses 
bostonnées.  Selon  toute  apparence,  le  quadrille  doit  être 
dû  à  l'imagination  de  quelques  amateurs  qui.  avides  de 
remplacer  la  tristesse  de  notre  contredanse,  ont  fait  un 
choix  de  figures  du  cotillon;  ils  ont  eu  raison,  car  ils  ont 
converti  la  tristesse  en  folle  gaieté. 

Bien  qu'il  y  ait  eu  primitivement  des  règles  établissant 
les  cinq  figures  qui  le  composent  et  les  diverses  phrases 
de  ces  figures,  on  n'est  pas  encore  fixé  sur  une  suite  de 
mouvements  uniformément  adoptée.  La  fantaisie,  le  plus 
ou  moins  d'entrain,  de  verve,  de  gaieté  servent  à  chaque 
nouvelle  combinaison  ;  toutefois,  comme  toutes  les  modi- 
fications dans  les  cinq  figures  ne  sont,  pour  ainsi  dire, 
que  des  variations  sur  un  thème  acquis,  l'éditeur LeBailly 
a  publié  en  1881  une  édition  de  ce  quadrille,  réglé  par 
le  professeur  Desrat  en  suivant  la  théorie  la  plus  usuel- 
lement adoptée  dans  les  bals  de  Paris.  —  Théorie  du 
quadrille  américain.  P'  figure  :  La  promenade.  Les 
quatre  couples  sont  placés  comme  dans  le  quadrille 
français,  c'est-à-dire  deux  couples  dans  la  longueur  et 
deux  dans  la  largeur  du  salon.  Les  quatre  cavaliers, 
conduisant  leurs  dames  par  le  bras  droit,  font  une  pro- 
menade circulaire  et  s'arrêtent  quand  ils  sont  revenus  à 


12  AME 

leurs  places  primitives.  Les  quatre  dames  font  la  chaîne 
des  dames  double  (voir  à  ce  mot),  par  main  droite  et 
main  gauche  ;  une  seconde  promenade  et  une  seconde 
chaîne  des  dames  terminent  la  figure.  —  2°  figure  :  Les 
MOULINETS.  Les  quatre  couples  forment  un  premier  rond 
en  se  donnant  les  mains  et  tournent  sur  leur  droite,  puis 
une  seconde  fois  sur  leur  gauche;  les  cavaliers,  donnant 
ensuite  le  bras  droit  au  bras  gauche  de  leurs  dames,  se 
tiennent  tous  les  quatre  par  la  main  gauche  et  tournent 
sur  la  droite  en  changeant  de  dames  quatre  fois,  jusqu'à 
ce  qu'ils  aient  repris  la  leur.  Les  mêmes  mouvements 
sont  recommencés  en  plaçant  les  dames  au  centre;  elles 
se  tiennent  par  la  main  droite  et  ce  second  moulinet 
tourne  en  sens  inverse  du  premier.  Les  cavaliers  reculent 
en  tournant  pour  changer  de  dames  et  la  figure  est  ter- 
minée quand,  après  avoir  rompu  le  moulinet,  en  quittant 
lesmains,chaquecouplese retrouve  às'a place. — y^figure  : 
Les  chevaux  de  bois.  Les  quatre  dames  tournent  en 
rond  au  centre  du  quadrille  sur  leur  droite  ;  les  cavaliers 
tournent  en  rond  sur  leur  gauche  autour  des  dames.  Les 
cavaliers  forment  un  moulinet  et  prennent  leurs  dames 
à  la  taille  avec  leur  bras  droit;  ils  changent  alternative- 
ment de  dames  en  tournant  en  arrière  sur  leur  droite. 
Ce  moulinet  avec  changement  de  dames  est  souvent 
répété  plusieurs  fois.  —  i"  figure  :  Nota.  Quelques  indica- 
tions sur  les  différents  thèmes  de  celte  figure  sont  indis- 
pensables, car  le  doute  subsiste  toujours  en  raison  des 
façons  multiples  dont  abusent  les  danseurs.  A  eux  de 
choisir  parmi  les  modes  usités  et  ainsi  définis  :  1"  La 
passe.  Un  couple  élève  les  bras  et  les  trois  autres 
tournent  en  passant  dessous;  un  second  couple  élève 
également  les  bras,  les  autres  passent  dessous,  ainsi  de 
suite  jusqu'à  ce  que  les  quatre  aient  fait  passer  les  dan- 
seurs sous  leurs  bras;  2°  la  double  pastourelle.  Deux 
couples  placés  vis-à-vis  l'un  de  l'autre  avancent,  reculent 
t'I  les  cavaliers  conduisent  leurs  dames  au  cavalier  de 
droite  pour  revenir  seuls  à  leurs  places.  En  avant,  trois 


AME  13 

des  deux  autres  couples;  les  deux  premiers  cavaliers 
avancent  et  font  un  tour  de  main  rapidement  après 
lequel  ils  donnent  la  main  aux  dames  de  droite  et  de 
gauche.  Ils  reculent,  puis  avancent  et  les  deux  seconds 
cavaliers  s'avancent  et  tournent  rapidement  en  se  don- 
nant les  mains;  un  rond  général  termine  la  figure.  Les 
deux  seconds  couples  recommencent  les  mêmes  mouve- 
ments suivis  par  les  deux  premiers;  3°  la  corbeille.  Les 
quatre  dames  forment  un  rond  au  centre  du  quadrille, 
faisant  face  à  leurs  danseurs;  elles  tournent  à  droite  pen- 
dant que  les  cavaliers  tournent  à  gauche.  Rond  général 
sur  la  même  ligne  circulaire.  Tour  à  la  taille  par  chaque 
couple  et  retour  en  places.  Les  cavaliers  remplacent  les 
dames  au  centre  et  tournent  en  rond  sur  la  gauche  pen- 
dant que  les  dames  tournent  à  droite.  Tour  à  la  taille,  et 
retour  en  places  pour  finir;  -i"  la  farandole.  Celte 
farandole  est  très  souvent  exécutée  à  la  4*  figure  au  lieu 
de  l'être  seulement  à  la  5%  ce  qui  serait  beaucoup  plus 
logique,  car  elle  peut  servir  de  coda  ou  finale.  Tous  les 
quadrilles  disséminés  dans  le  salon  se  réunissent  en  un 
seul  en  se  donnant  les  mains,  un  premier  cavalier 
entraîne  tous  les  couples  qui  doivent  passer  sous  les  bras 
élevés  du  cavalier  et  de  la  dame  placée  à  sa  gauche;  on 
doit  s'arrêter  quand  chaque  couple  a  repris  sa  place,  mais 
la  figure  est  toujours  continuée  plus  longuement;  souvent 
la  farandole  parcourt  toutes  les  pièces  de  l'appartement 
où  a  lieu  la  fête.  Un  second  couple  conduit  une  seconde 
farandole,  et  ainsi  de  suite  pour  les  autres.  —  5°  figure  :  La 
CORBEILLE  ET  LES  CHEVAUX  DE  BOIS.  Les  quatre  dames 
forment  un  premier  rond,  tournant  le  dos  à  leurs  cava- 
liers qui  forment  un  second  rond  autour  d'elles;  les  deu\ 
ronds  tournent  dans  le  même  sens  une  fois  à  droite,  une 
fois  k  gauche.  Les  cavaliers  en  élevant  les  bras  enlacent 
le  rond  des  dames  dans  le  leur  et  les  danseurs  tournent 
à  droite,  puis  à  gauche.  Les  cavaliers  élèvent  les  bras 
afin  de  délivrer  les  dames,  lesquelles  se  trouvent  en 
dehors;  elles  lèvent  les  mains  pour  enchaîner  les  cava- 


U  AMÉ 

liers.  Les  deux  ronds  tournent  à  droite  et  à  gauche,  puis 
chaque  cavalier,  prenant  la  taille  de  sa  dame,  recom- 
mence le  moulinet  avec  changement  de  dames.  Ces 
derniers  font  un  second  moulinet  en  se  tenant  par  la 
main  droite  et  font  avancer  les  cavaliers  pour  changer 
de  dames. 

AMÉRICAIN  (SECOND  QUADRILLE).  Le  hasard  des 
recherches  m'a  fait  découvrir  un  autre  quadrille  amé- 
ricain complètement  inconnu  et  par  conséquent  inusité, 
si  ce  n'est  une  fois  ou  deux,  en  1850,  dans  la  salle  du 
professeur  Boizol,  rue  Saint-Honoré,  n°  :2i7.  Il  a  été 
édité  par  Heugel,  du  Ménestrel,  à  cette  époque,  et  c'est 
à  l'obligeance  de  cet  érudit  éditeur  que  je  dois  le  seul 
exemplaire  sauvé  des  vieilles  paperasses.  Je  le  livre 
à  la  curiosité  des  chercheurs. 

Quadrille  aniéricain,  description  des  ligures.  Hom- 
mage à  M.  Murphy  de  la  Nouvelle-Orléans  (Louisiane). 
Quadrille  dédié  à  la  nation  américaine  par  MM.  Boizot 
père  et  fils,  2-47,  rue  Saint-Honoré.  La  théorie  suivante 
des  figures  prouve  abondamment  que  ce  quadrille  n'a 
aucune  analogie  avec  notre  danse  actuelle;  il  est  du 
reste  français  par  droit  de  compositeur.  —  «  Théorie. 
Nombre  illimité  de  danseurs.  1"  figure  :  Fête  nationale 
A  Washington.  Les  deux  cavaliers  vis-tà-vis  l'un  de  l'autre 
donnent  la  main  droite  cà  leurs  dames  et  s'avancent 
avec  elles  (4  temps,  2  mesures);  les  cavaliers  présentent 
leurs  mains  aux  dames  vis-à-vis  et  font  un  demi-rond 
avec  elles  en  changeant  de  place  (4  temps,  2  mesures). 
Chassé-croisé  (4  mesures,  8  temps).  Les  cavaliers  tra- 
versent de  la  même  manière  en  reprenant  leurs  dames 
(4  mesures).  Chassé-croisé  (4  mesures).  Les  quatre 
cavaliers  balancent  à  leurs  dames  de  gauche  (4  mesures)  ; 
les  quatre  cavaliers  présentent  leur  main  gauche  aux 
dames  devant  lesquelles  ils  viennent  de  balancer  et  font 
un  demi-tour  de  main  avec  elles  (2  mesures);  ils 
représentent  la  main  droite  à  leurs  dames  en  faisant  un 


AME  15 

demi-tour  de  main  (2  mesures).  Chaîne  croisée  amé- 
ricaine, c'est-à-dire  que  les  deux  cavaliers  donnent  la 
main  gauche  à  la  main  gauche  de  leurs  dames,  les  font 
passer  devant  eux  et  traversent  avec  elles.  Les  cavaliers 
passent  en  dedans  et  les  dames  en  dehors  (4  mesures), 
retraversent  de  la  même  manière  pour  revenir  à  leurs 
places.  Répétition  de  la  même  figure  pour  les  lignes 
opposées  aux  quatre  autres.  —  2'  figure  :  Chant  des 
NÈGRES.  Le  cavalier  s'avance  avec  sa  dame  et  revient 
avec  elle  (A  mesures);  il  s'avance  une  seconde  fois  avec 
elle,  laquelle  traverse  en  ligne  directe  à  la  gauche  du 
cavalier  de  vis-à-vis  et,  lui,  recule  (4  mesures).  Ce 
même  cavalier  traverse  au  milieu  des  dames,  lesquelles 
traversent  en  ligne  directe  en  se  regardant  (4  mesures). 
Le  cavalier  avance  et  revient  ainsi  que  les  deux  dames 
(4  mesures);  le  cavalier  et  les  dames  avancent  une 
seconde  fois  (2  mesures);  et  2  mesures  de  salut  légère- 
ment exécuté,  ce  qui  fait  4  mesures.  Le  cavalier,  après 
le  salut,  présente  les  deux  mains  aux  deux  dames  et  fait 
un  rond  à  trois  en  faisant  passer  la  dame  de  son  vis-à-vis 
entre  lui  et  sa  dame;  puis  tous  retournent  à  leurs  places 
et  en  même  temps  le  cavalier  restant  fait  le  tour  de 
main  avec  sa  dame  qui  revient  à  lui  (4  mesures).  — 
3'  figure  :  Sérénade  sur  le  Mississipi.  Les  deux  cava- 
liers avec  leurs  dames  de  vis-à-vis  traversent  à  gauche 
en  ligne  droite  (4  mesures);  un  tour  de  main  en  tour- 
nant sur  place  à  gauche  (4  mesures);  les  deux  cavaliers 
retraversent  main  gauche  ainsi  que  leurs  dames  (4  me- 
sures); les  cavaliers  balancent  devant  leurs  dames 
(4  mesures);  tous  les  cavaliers  font  un  tour  de  main  et 
placent  leurs  dames  devant  eux  dans  le  milieu  du  rond; 
les  dames  se  donnent  les  mains  et  se  tournent  le  dos 
(4  mesures);  elles  tournent  à  droite  à  l'intérieur  jusqu'à 
ce  qu'elles  se  retrouvent  vis-à-vis  de  leurs  cavaliers;  en 
même  temps,  les  cavaliers  tournent  à  gauche  en  marchant 
et  en  faisant  un  léger  salut  de  la  main  droite  à  chaque 
dame  (8  mesures);  les  cavaliers  reprennent  leurs  dames 


16  AMÉ 

de  la  main  gauche  el  font  un  tour  de  main  (4  mesures); 
répétition  pour  les  six  autres.  —  4f^  figure  :  Steeple- 
r.HASE.  Les  deux  dames  s'avancent  seules  et  reculent 
(4  mesures);  les  deux  cavaliers  de  même  seuls  (4  me- 
sures); tour  de  main  des  deux  couples,  et  les  deux 
cavaliers  se  placent  devant  leurs  dames  dans  le  rond 
en  se  tournant  le  dos  (4  mesures).  Chassé-croisé  (4  me- 
sures) ;  chaîne  entrelacée  des  dames  (8  mesures); 
chaîne  croisée  américaine  (8  mesures).  Répétition  pour 
les  six  autres.  —  5°  figure  :  4  Juillet,  anniversaire 
DE  l'Indépendance  de  l'Amérique  a  Washington. 
Tous  les  cavaliers  passent  derrière  leurs  dames  et 
vont  présenter  leur  main  gauche  aux  dames  de  droite, 
lesquelles  viennent  au-devant  d'eux  et  font  un  demi-tour 
(4  mesures);  les  cavaliers  retournent  à  leurs  places  en 
présentant  leur  main  droite  à  leur  dame  et  en  exécutant 
un  tour  de  main  (4  mesures).  Toutes  les  dames  seules 
en  avant  et  en  arriére  (4  mesures);  tous  les  cavaliers  de 
même  (4  mesures).  Les  deux  lignes  dansantes  font  une 
demi-chaîne  américaine  (4  mesures)  ;lesdeux  autres  lignes 
traversent  de  même  en  revenant  à  leurs  places  (4  me- 
sures). 16  mesures  et  valse  générale,  et  répétition  de  la 
figure  par  les  six  autres.  Cette  figure  doit  être  répétée 
au  moins  quatre  fois,  après  quoi  on  finit  par  une  valse 
générale.  Au  lieu  de  valse,  on  peut  faire  un  galop  à  deux 
temps  ou  simplement  une  promenade  à  son  rang. 

«  Ce  n'est  que  dans  le  cas  où  la  grandeur  du  salon  et 
le  nombre  des  danseurs  nécessiteraient  cette  reprise  qu'on 
la  ferait,  autrement  on  irait  tout  de  suite  au  2/4; 
mais  cependant,  pour  finir,  il  faudra  s'arrêtera  la  mesure 
qui  est  indiquée  prima  et  dans  laquelle  se  trouve  le 
mot  fin.  »  BoizoT. 

J'ai  cité  textuellement  l'auteur,  ne  voulant  point  assu- 
mer d'autre  responsabilité  que  celle  de  faire  un  diction- 
naire complet;  la  danse  de  ce  quadrille  est  trop  longue 
el  diffuse  pour  que  jamais  on  cherche  à  remplacer  par 
elle  notre  alerte  quadrille  américain  actuel.  La  bizarrerie 


ANG  17 

des  airs  musicaux  était  loin  de  venir  en  aide  à  la  diffi- 
culté des  figures  de  danse. 

ANACÉES.  Fêtes  et  jeux  avec  danses  consacrés  dans 
l'antiquité  à  Castor  et  à  Pollux. 

ANAPALÉ.  Nom  d'une  ancienne  danse  guerrière 
usitée  à  Lacédémone,  offrant  une  grande  analogie  avec 
celle  appelée  tymnopédia  ou  danse  des  enfants  nus. 
Athénée  parle  de  cette  danse  dans  son  Banquet  des  sa- 
vants, liv.  I,  chap.  XIV. 

Ai\DllOGÉNÉES.  Fêtes  dansantes  de  l'antiquité 
grecque,  usitées  en  l'honneur  de  Minos. 

ANGLAISE  (L').  Danse  moderne  pratiquée  en  Angle- 
terre, principalement  dans  les  lieux  publics  et  à  bord 
des  navires.  Quelques  prévôts  de  danse  la  faisaient  dan- 
ser par  leurs  meilleurs  élèves  aux  salles  de  danse  de 
régiment.  Elle  est  dansée  par  un  homme  seul,  surtout 
par  un  matelot  ou  un  nègre  ;  son  mouvement  est  vif  et 
rapide  pour  répondre  aux  pas  précipités,  aux  emboîtés 
successifs  de  pointe  et  de  talon,  aux  jetés  et  aux  petits 
"sauts  de  côté.  Le  mouvement  est  en  6/8.  Le  danseur  tient, 
en  la  dansant,  une  petite  baguette  sous  son  bras  droit. 

L'air  est  presque  national  et  très  court;  le  inusicien 
le  joue  tant  que  dure  la  danse. 

Un  professeur  contemporain,  M.  Giraudet,  donne  deux 
théories  de  l'anglaise,  aussi  suis-je  tout  porté  à  croire  qu'il 
fait  confusion  avec  la  gigue  anglaise.  J'en  trouverais  la 
preuve  dans  les  pas  sous  lesquels  il  la  définit,  bien  que 
les  termes  dont  il  se  sert  ne  soient  pas  du  langage  choré- 
graphique] par  piqués,  berceaux,  ciseaux,  ailes  de  pigeon 
sont  en  dehors  des  expressions  de  la  danse  de  théâtre 
ou  de  ville.  Je  sais  néanmoins  que  les  maîtres  de  danse 
des  régiments  et  de  la  province  les  emploient  fréquem- 
ment. Elle  serait  dansée  par  plusieurs  couples. 

Ce  même  professeur,  qu'il  faut  féliciter  du  travail  qu'il 


18  ANG 

s'est  imposé,  parie  encore  d'une  autre  anglaise,  dansée 
par  plusieurs  groupes  et  sur  une  mesure  en  deux  temps. 
Les  pas  dont  il  la  compose  doivent  lui  donner  un  air 
presque  drolatique;  jugeons-en  par  les  premiers  mots  de 
la  théorie  : 

((  1"  ligure  :  battre  la  semelle  simple  en  avant,  émou- 
cheté  (?)  à  droite,  battre  la  simple  semelle  en  arrière.  » 

Dans  la  3'  figure  apparaît  «  le  trot  du  cheval  en  avant, 
trois  piqués  (?)  et  trot  de  cheval  en  arrière  ». 

Les  bourrés,  les  triolets,  les  ballonnés,  les  pointés  (?) 
abondent  avec  les  ronds  de  jambe.  Après  un  pareil 
exercice,  le  buffet  devient  exigible.  Je  n'en  ai  jamais  vu 
couronner  cette  anglaise. 

ANGRISMÈXE.  Les  Grecs  appelaient  ainsi  une  danse 
dédiée  à  Vénus.  Selon  Blasis,  dans  son  Manuel  de  danse, 
elle  aurait  été  dansée  en  1850  chez  les  Grecs  modernes, 
et  il  en  donne  la  théorie  ci-dessous  : 

«  L'angrismène,  ou  la  fâchée,  se  danse  par  deux  per- 
sonnes de  sexe  différent.  Une  jeune  fille  paraît  en  dan- 
sant, la  musique  joue  un  air  andantino  ;  à  la  fin  de  celte 
danse,  un  jeune  homme  se  présente,  il  joue  autour  d'elle 
avec  un  mouchoir  et  s'efforce  de  l'approcher;  mais,  par 
ses  mouvements  et  sa  contenance,  elle  exprime  son  dé- 
dain et  son  mépris,  et  s'enfuit.  L'amant  montre  beaucoup 
de  chagrin  de  se  voir  ainsi  traité  et  accuse  le  sort  de  son 
malheur.  Cependant  il  avance  encore  vers  l'objet  de  ses 
amours  et  s'efforce  de  lui  inspirer  la  compassion.  Mais 
la  jeune  fille,  orgueilleuse  de  ses  avantages,  le  repousse 
de  nouveau  et  lui  défend  de  lui  parler  de  son  amour.  En 
même  temps  les  pas  et  les  mouvements  des  danses 
sont  en  harmonie  avec  la  musique  et  expriment  avec 
précision  les  sentiments  de  la  colère  et  de  l'amour. 
Enfin  le  jeune  homme,  se  voyant  traité  si  inhumaine- 
ment, tremble  de  fureur  et  ne  sait  à  quoi  se  résoudre  ; 
puis,  après  peu  de  temps,  il  se  décide  à  employer  la 
violence.  Elle  lui  jette  alors  un  coup  d'œil  violent  et 


APL  49 

menaçant.  Il  devient  sans  mouvement,  soupire  et  semble 
s'abandonner  à  son  désespoir.  Il  lève  les  yeux  et  prie  le 
ciel  de  mettre  fin  à  son  existence.  Alors,  attachant  son 
mouchoir  autour  de  sa  gorge,  il  le  tire  très  fort  et  paraît 
sur  le  point  de  tomber.  La  jeune  fille  accourt  aussitôt 
pour  le  soutenir  et  déplore  sa  rigueur  inutile  ;  elle 
dénoue  le  mouchoir,  appelle  son  amant  et  s'efforce  de 
toutes  manières  de  le  ranimer;  il  revient  par  degrés;  la 
voix  languissante  de  son  amante  frappe  son  oreille,  il 
regarde  autour  de  lui,  se  trouve  dans  ses  bras  et  son 
bonheur  est  complet.  L'amour  unit  les  deux  amants,  et 
ils  se  jurent  mutuellement  une  éternelle  fidélité.  La 
danse  reprend  sa  vivacité  primitive  et  devient  l'inter- 
prète de  leurs  sentiments  réciproques.  » 

ANTHÉISTÉRIES.  Nom  des  fêtes  saltantes  des  Grecs 
en  l'honneur  de  Bacchus. 

ANTOCOBDALES  OU  ABOCABDALES.  Nom  donné, 
chez  les  anciens,  aux  danseurs  ne  portant  pas  de  masques 
et  ayant  la  tête  ceinte  de  couronnes  de  lierre.  Athénée 
et  Pollux  nous  donnent  leur  nom  sans  autres  détails. 

ANTHÉMA.  Nom  d'une  danse  privée  qui,  chez  les 
Grecs,  était  exécutée  sur  des  paroles  chantées  dont 
Athénée  cite  les  premiers  mots  :  «  Où  est,  où  sont  les 
roses?  » 

APHRODITE.  Les  anciens  désignaient  parce  mot  une 
danse  lascive  dans  laquelle  étaient  fidèlement  représen- 
tées les  images  de  la  volupté  et  plus  encore  du  libertinage. 

APLOMB.  L'aplomb  est  la  condition  sine  qua  non 
de  tout  danseur,  soit  de  ville,  soit  de  théâtre.  A  la  ville, 
le  cavalier  ne  saurait  fermement  et  solidement  conduire 
sa  valseuse,  s'il  ne  se  sent  pas  lui-même  ferme  et 
solide.  Quant  au  danseur,  la  difficulté  des  poses,  des 


20  ARA 

temps  réclame  uii  aplomb  plus  puissant  encore.  On 
entend  par  l'aplomb  du  corps  la  position  ferme  qui 
résulte  de  la  perpendicularité  établie  des  reins  à  la  tète, 
et,  de  même,  depuis  les  talons.  On  peut  être  en  équi- 
libre sans  pour  cela  être  placé  en  aplomb  ;  mais  il  est 
impossible  d'être  en  aplomb  sans  être  en  équilibre.  Pour 
posséder  cet  aplomb,  le  corps  doit  être  porté  également 
assis  sur  les  deux  banches;  la  poitrine  saillante,  la  tête 
droite  sans  raideur  et  les  reins  très  légèrement  cambrés. 

APOKIXOS.  Nom  d'une  ancienne  danse  privée, 
licencieuse  et  lascive;  elle  est  citée  par  Pollux,  liv.  I, 
chap.  IV  etxiv;  xVthénée  en  fait.aussi  mention  dans  son 
Banquet  des  savants,  liv.  I,  chap.xiv. 

APOSEISIS.  Danse  lascive  à  laquelle  Pollux  donne 
beaucoup  d'affinité  avec  la  précédente.  Martial,  liv.  XXX 
de  ses  Épigranimes,  la  décrit  ainsi  : 

Vibrabant,  sine  fine  prurientes, 
Lascivos  docili  tremore  lumbos. 

Juvénal,  dans  la  xi'  satire,  avait  dit  de  cette  danse  : 

Forsitan  expectes  ut  Gailitana  canoro 
Incipiat  prurire  choro,  plausuque  probatœ 
Ad  tenani  tremulo  descendant  clune  puellae. 

APOSKÉLÉSIS.  Nom  donné  à  une  sorte  de  danse 
enfantine  en  usage  chez  les  Romains  et  chez  les  Grecs. 

APUTÉRIES.  Fêtes  et  danses  grecques,  ainsi  nom- 
mées parce  qu'elles  étaient  consacrées  à  Minerve. 

ARABESQUE.  En  danse,  ce  mot  implique  l'idée 
d'une  ou  plusieurs  poses  du  corps,  poses  qui  peuvent 
variei"  à  l'infini  comme  les  attitudes.  Telle  main,  telle 
jambe  légèrement  déplacée,  modifie  le  sens  et  le  nom 
de  l'arabesque.  Chorégraphiquement  parlant,  l'ara- 
besque est  faite  en  faisant  supporter  le  corps  sur  une 
seule  jambe  pljée  ou  tendue  et  maintenant  l'autre  hori- 


ARC  21 

zontale.  La  pose  des  jambes  est  d'accord  avec  le  sens  de 
l'expression  des  bras.  Les  arabesques  servent  principa- 
lement à  trahir  l'envie,  la  colère,  le  mépris,  le  dédain, 
aussi  bien  que  la  joie  et  l'orgueil.  Les  arabesques  sont 
exécutées  droites,  renversées  et  obliques.  Sans  traiter 
les  arabesques  au  point  de  vue  chorégraphique  propre- 
ment dit,  Engel  doit  être  regardé  comme  le  meilleur 
maître  à  consulter  pour  les  poses,  arabesques  et  atti- 
tudes. Les  nombreuses  et  correctes  figurines  dont  il  a 
enrichi  son  livre  sont  des  peintures  vivantes  de  tous  les 
sentiments  à  exprimer  par  des  gestes;  on  ne  saurait 
trop  le  recommander  également  aux  comédiens  et  aux 
tragiques  (Idées  sur  le  geste  et  Vaction  théâtrale,  par 
M.  Engel,  de  l'Académie  royale  de  Berlin,  le  tout  tra- 
duit de  l'allemand,  avec  Si  planches.  Paris,  Jansen, 
an  III  de  la  République  française,  2  vol.  in-S"). 

ARCHERS  (PAS  DES).  On  a  donné,  dans  ces  der- 
nières années,  ce  nom  à  un  intermède  dansé  dans  les 
bals  privés  de  l'aristocratie  française  pendant  l'hiver  de 
1883,  si  fécond  en  réminiscences  des  danses  anciennes. 
C'était  une  sorte  d'entrée  de  bal,  de  promenade  à  l'instar 
de  la  polonaise,  dans  les  bals  russes  et  polonais.  Les 
danseuses  avaient  revêtu  le  costume  d'archers,  qui,  pour 
la  première  fois,  l'exécutèrent  le  15  janvier  1883,  chez 
la  marquise  de  Castellane. 

ARCHIMIME.  Les  Romains  appelaient  ainsi  un  sin- 
gulier personnage,  histrion  dont  l'emploi  consistait  à 
imiter  la  démarche,  les  allures,  les  actions  des  morts 
pendant  qu'on  leur  rendait  les  honneurs  funèbres.  On 
sait  que,  chez  les  anciens,  la  danse  des  funérailles  était 
tenue  en  grande  pompe.  Tous  ceux  qui  faisaient  partie 
de  ces  cérémonies  étaient  vêtus  de  blanc  et  couronnés 
de  cyprès.  Quinze  jeunes  filles  précédaient  en  dansant  le 
char  funèbre,  et  une  troupe  de  jeunes  gens  les  entou- 
raient. Le  chant  des  prêtres  accompagnait  les  danses  et 


22  ARL 

le  convoi  était  fermé  par  des  pleureuses  couvertes  de 
longs  manteaux  noirs.  Le  personnage  appelé  archimime 
précédait  tout  le  cortège,  revêtu  des  habits  du  défunt, 
couvert  d'un  masque  retraçant  ses  traits  et  rappelait  sa 
vie  par  une  pantomime  en  harmonie  avec  lui.  car  le  bien 
comme  le  mal  n'étaient  pas  oubliés.  Le  rôle  de  l'histrion 
était  une  sorte  d'oraison  funèbre. 

ARLEQUIXE.  Danse  presque  moderne,  usitée  dans 
les  mascarades  par  un  cavalier  et  une  dame  costumés  en 
arlequins.  Elle  n'est  jamais  sortie  du  domaine  de  la 
basse  classe  de  danseurs,  à  moins  que,  pour  les  besoins 
d'une  pièce,  on  ne  l'introduisît  au  théâtre.  L'arlequine 
demandait  aux  danseurs  une  certaine  habileté  et 
quelque  connaissance  des  pas  de  danse.  Le  livre  de 
M.  Giraudet  donne  la  théorie  de  deux  arlequines  dan- 
sées par  un  personnage  seul  sur  une  mesure  en  deux 
temps;  les  enchaînements  cités  par  lui  appartiennent  à 
la  danse  de  théâtre.  Je  respecte  le  texte  et  les  termes 
des  pas  de  l'auteur  :  «  Première  arlequine  à  2/4  dansée 
par  une  personne.  \"  pas  :  balliage  en  rond  de 
jambe  et  en  tournant  sur  place;  2^  pas  :  tombé  sur  le 
côté  en  fléchissant  deux  fois  à  droite  et  deux  fois  à 
gauche;  S*"  pas  :  pirouette  sur  le  côté  gauche,  écart  et 
entrechat  trois  fois;  ce  pas  se  fait  aux  quatre  faces; 
4*  pas  :  contretemps  à  gauche  et  trois  tirés  et  entrechat; 
faire  ce  pas  aux  quatre  faces;  6'  pas  :  pas  de  bourré 
sur  place  et  quatre  tirés  de  jambe;  ce  pas  se  fait  à  droite 
et  à  gauche;  7'  pas  :  chassé  ouvert  trompé  sur  les  quatre 
faces;  il  faut  attendre  la  fin  de  la  mesure  à  chaque  face; 
8"  pas  :  la  croix  sur  le  côté  par  des  jetés,  allonger  les 
bras  pour  former  la  croix  à  droite  et  à  gauche;  ce  pas  se 
fait  deux  fois  ;  9'  pas  :  mouvement  de  tète  et  appel  des 
bras  sur  place;  10''  pas:  glissade  à  droite  en  jeté,  bourré; 
répéter  la  glissade,  bourré  pour  faire  pose  en  face; 
attendre  la  fin  de  la  mesure;  ce  pas  se  fait  deux  fois  ; 
11'  pas  :  jeté  en  tournant,  écart,  entrechat;  faire  ce  pas 


ARN  23 

sur  les  quatre  faces;  12°  pas  :  jeté  en  tournant  à  droite 
en  trois  temps  ;  faire  trois  tirés,  un  entrechat  et  un  tour 
en  l'air;  le  faire  aux  quatre  faces;  13'  pas  :  bourré  en 
avant,  chassé,  jeté,  entrechat,  allongement  de  jambes, 
plongement  de  reins;  jeté  en  arrière,  entrechat,  puis 
changer  de  face;  répéter  une  seconde  fois  pour  revenir 
à  sa  place.  —  Autre  arlequine,  mesure  à  2/4,  dansée 
par  une  personne,  l"  pas  :  moucheté,  trois  coups  de 
baguette  et  entrechat;  2'  pas  :  trois  piqués,  changement 
de  pied  et  entrechat;  3"  pas  :  demi-ciseau,  glissade  et 
'brisé  ;  4°  pas  :  contretemps  brisé  et  entrechat;  5*  pas  : 
échappé,  emboîté,  entrechat  en  arrière,  ballonné,  entre- 
chat; 6"  pas  :  terre  à  terre,  emboîté  en  arrière  et  aile 
de  pigeon  cou|)ée;  7*  pas  :  deux  piqués  de  chaque 
jambe,  un  tombé  de  chaque  jambe,  bourré  et  sept  brisés  ; 
8''  pas  :  sept  chassés  en  arrière  et  pirouette  en  trois 
temps  quatre  fois;  9"  pas  :  échappé,  deux  mouchetés, 
tombé,  bourré,  brisé  et  entrechat;  10"  pas  :  jeu  de  ba- 
guette; 11"  pas  :  écart,  entrechat,  changement  de  pied, 
entrechat;  12*  pas  :  trois  échappés,  deux  changements 
de  pied,  entrechat,  promenade.  » 

ARNAOUTE.  Canipan  nous  apprend  que  l'amaoute 
était  une  danse  militaire,  très  goûtée  des  Grecs  mo- 
dernes. On  sait  que  les  Grecs  de  l'antiquité  possé- 
daient une  grande  quantité  de  danses  militaires,  mais 
on  ignorait  qu'il  en  fût  quelque  peu  de  même  chez 
les  Grecs  modernes.  De  là  le  doute  dans  lequel  je  me 
trouve  au  sujet  de  l'avis  de  cet  auteur.  Toujours  est-il 
qu'il  nous  en  a  laissé  quelques  mots  de  théorie.  L'ar- 
naoute  était  conduite  par  un  cavalier  et  une  dame; 
le  cavalier  tenait  à  la  main  un  fouet  et  un  bâton;  il 
s'agite  et  cherche  à  animer  les  autres  danseurs,  en 
courant  rapidement  de  l'un  à  l'autre.  Puis,  frappant 
du  pied,  il  fait  claquer  son  fouet,  tandis  que  cavaliers 
et  dames,  s'enlaçant  par  les  mains,  le  suivent  à  pas 
alertes  et  cadencés. 


ti  ART 

ARQUÉ.  Cet  adjectif  définit  un  danseur  dont  les 
hanches  sont  évasées,  les  cuisses  et  les  genoux  ouverts 
de  telle  sorte  que  le  jour,  qui  doit  se  rencontrer  natu- 
rellement entre  quelques-unes  des  extrémités  infé- 
rieures lorsqu'elles  sont  jointes,  perce  dans  la  totalité 
et  paraît  beaucoup  plus  considérable  qu'il  ne  devrait 
l'être.  On  a  souvent  constaté  que  les  personnes  arquées 
ont  généralement  le  pied  long  et  plat,  ce  qui  peut  phy- 
siquement s'expliquer  par  le  poids  du  corps  reposant 
plus  lourdement  sur  les  pieds,  par  suite  de  l'écartement 
des  genoux,  que  s'il  reposait  sur  deux  jambes  ou  deux 
lignes  droites  et  tendues. 

ARTICHAUT.  Nom  donné  à  une  des  figures  d'en- 
semble du  cotillon,  dans  laquelle  tous  les  danseurs,  en 
formant  une  chaîne,  s'enroulent  autour  du  premier 
couple  qui  se  place  au  milieu  du  salon.  L'artichaut  se 
déroule  ensuite  en  sens  inverse  et  chaque  couple  re- 
prend sa  place.  Le  second  couple,  puis  tous  les  autres 
successivement,  se  place  au  milieu  du  salon  et  les 
autres  l'entourent,  comme  on  l'a  fait  autour  du  premier 
cavalier.  Chaque  couple,  en  un  mot,  forme  l'un  après 
l'autre  le  centre  de  l'artichaut.  Si  le  nombre  des  roupies 
le  permet,  c'est-à-dire  s'il  n'est  pas  trop  considérable, 
tous  les  couples  exécutent  la  figure  ;  dans  le  cas  contraire, 
le  cavalier  conducteur  la  termine  au  moment  où  il  le 
juge  à  propos. 

ARTS  ACADÉMIQUES.  On  comprend  sous  cette  dé- 
nomination l'escrime,  la  danse,  la  natation  et  l'équita- 
tion.  Tous  ces  arts,  en  effet,  ont  entre  eux  la  plus  grande 
corrélation  au  point  de  vue  des  exercices  physiques  et 
hygiéniques.  VEncifclopédie  de  Diderot  et  d'Alembert 
contient,  sous  ce  vocable,  un  volume  intéressant  et  indis- 
pensable à  l'étude  de  ces  arts.  Il  est  regrettable  que  la 
jeunesse  contemporaine  ne  déploie  plus  dans  sa  culture 
l'ardeur  de  ses  ancêtres. 


ASS  25 

ASCXKPSIS.  Fêtes  dansées  chez  les  anciens  Grecs 
en  l'iionneur  d'Esculape. 

ASCOLIASME.  Nom  d'une  ancienne  danse  grecque 
consistant  à  sauter  avec  un  seul  pied  sur  des  outres  rem- 
plies d'huile  ou  de  vin;  ceux  qui  excellaient  dans  cette 
danse  portaient  le  nom  d'ascoliates. 

ASPASIE.  Nul  doute  que  l'on  ne  s'étonne  de  trouver  ce 
nom  dans  un  dictionnaire  de  danse;  il  y  a  pourtant 
place,  puisqu'il  s'agit  d'une  célèbre  danseuse,  j'ajouterai 
même  d'une  illustre  maîtresse  de  danse,  dont  les  leçons 
fort  recherchées  ont  été  surtout  fortement  goûtées  par 
Socrate,  même  dans  ses  dernières  années.  Sa  biogra- 
phie ne  saurait  trouver  place  ici,  et,  du  reste,  elle  est 
assez  connue,  ne  serait-ce  que  par  ce  qu'en  ont  dit  Esqui- 
ros  et  tant  d'autres.  Aspasie  doit  nous  rappeler  le  rôle 
et  la  danse  des  aimées,  et  jetons  un  voile  sur  les  leçons 
qu'elle  donna  au  grand  sage  de  la  Grèce,  qui,  malgré  ses 
soixante  ans,  eut  recours  à  ses  conseils. 

ASSEMBLÉ.  Pas  de  danse  terminant  le  plus  souvent 
un  enchaînement  de  plusieurs  autres  pas;  on  le  trouve 
toujours  à  la  fin  des  phrases  chorégraphiques,  parce 
qu'il  sert  à  réunir,  à  rassembler  les  deux  pieds  à  côté 
l'un  de  l'autre.  L'assemblé  s'exécute  sur  une  mesure  en 
deux  temps  ou  en  trois  temps,  du  pied  droit  ou  du  pied 
gauche,  selon  le  pied  qui  doit  terminer  le  temps  de  danse. 
Pour  l'exécution  de  ce  pas,  le  danseur,  pliant  également 
les  deux  genoux  en  dehors,  écarte  un  pied  à  droite  ou  à 
gauche,  suivant  celui  devant  faire  l'assemblé,  puis  rap- 
proche, en  sautant  sur  l'autre  pied,  le  pied  écarté  devant 
ou  derrière  le  pied  sur  lequel  il  a  sauté.  L'assemblé 
prend  le  nom  d'assemblé  devant  si  le  pied  revient  se 
rassembler  devant,  et  celui  d'assemblé  derrière  s'il 
revient  se  rassembler  derrière. 

2 


26  AST 

ASSEMBLÉ  SOUTENU.  Dans  l'assemblé  soutenu,  le 
pied,  en  venant  se  croiser  devant  ou  derrière  l'autre, 
reste  croisé  devant  ou  derrière,  mais  élevé  horizontale- 
ment devant  ou  derrière  la  jambe  supportant  le  corps. 

ASSEMBLÉE.  Pris  au  féminin,  ce  mot  qualifiait  an- 
ciennement une  réunion  de  danseurs  se  rassemblant 
dans  un  lieu  public,  jardin,  salle,  enclos.  Il  pouvait 
remplacer  le  mot  bal,  comme  le  prouve  Jean-Jacques 
Rousseau.  Puisque  le  nom  de  ce  philosophe  tombe  sous 
ma  plume,  il  n'est  pas  sans  intérêt  de  connaître  son 
appréciation  sur  les  assemblées  de  danse  et  ce  qu'il  en 
dit  dans  ses  Pensées  philosophiques  : 

«  Je  n'ai,  dit-il,  jamais  bien  compris  pourquoi  l'on 
s'effarouche  si  fort  de  la  danse  et  des  assemblées  qu'elle 
occasionne  ;  comme  s'il  y  avait  plus  de  mal  à  danser 
qu'à  chanter,  que  chacun  de  ces  amusements  ne  fût  pas 
une  inspiration  de  la  nature,  et  que  ce  fût  un  crime  de 
s'égayer  en  commun  par  une  récréation  innocente  et 
honnête.  Pour  moi,  je  pense,  au  contraire,  que  toutes 
les  fois  qu'il  y  a  concours  de  divertissement  des  deux 
sexes,  tout  divertissement  public  devient  innocent  par 
cela  même  qu'il  est  public,  au  lieu  que  l'occupation  la 
plus  louable  est  suspecte  dans  le  tête-à-téte.  »  {Pensées 
de  Jean-Jacques  Rousseau,  citoyen  de  Genève,  1  vol. 
in-12,  Amsterdam,  1772). 

ASTRONOMIQUE  (DANSE).  Les  Égyptiens  sont  les 
créateurs  de  la  danse  dite  astronomique,  danse  beaucoup 
plus  savante  que  nous  ne  pourrions  le  supposer  en  nous 
plaçant  sous  le  point  de  vue  actuel  de  cet  art.  Par  des 
gestes,  des  mouvements  habilement  combinés,  ils 
représentaient  le  cours  des  astres  et  l'harmonie  de  leurs 
différentes  révolutions;  ce  n'est  pas  sans  raison  qu'ils 
traitèrent  cette  danse  de  danse  sublime  et  qu'ils 
l'adaptèrent  à  leur  genre  théâtral.  Daubervul  et  Gar- 
del,  nos   premiers  grands   maîtres  de  ballet,   eussent 


ATT  27 

choyé  l'idée  de  s'inspirer  des  grands  effets  de  cette 
danse.  Le  sublime,  l'allégorique,  le  céleste,  pour  ainsi 
dire,  tout  pouvait  concourir  à  l'édification  d'un  grand 
ballet. 

Platon  et  Lucien  ne  parlent  qu'en  termes  élogieux  de 
cette  danse  astronomique,  et  nous  devons  regretter  que 
les  hiéroglyphes  ne  nous  aient  pas  laissé  de  notes  plus 
détaillées  sur  les  gestes  ou  les  pas  créés  par  les  Egyp- 
tiens. Ghampollion-Figeac  a-t-il  dédaigné  ou  négligé 
cette  question?  La  représentation  par  les  gestes  de  tous 
les  mouvements  des  corps  célestes  dans  leurs  évolutions 
présentait  aux  artistes  et  aux  compositeurs  l'horizon  le 
plus  vaste  et  le  plus  varié. 

ATTITUDE.  Pris  dans  un  sens  général,  ce  mot 
exprime  l'idée  de  telle  ou  telle  position  donnée  au 
corps;  en  danse,  sa  signification  est  plus  restreinte  et 
prend,  chorégraphiquement,  l'idée  que  doivent  exprimer 
les  bras  et  les  jambes,  toutefois  d'une  façon  plus  large 
et  plus  étendue  que  l'arabescjue.  Le  savant  Blasis  a 
écrit,  avec  son  talent  et  son  autorité  reconnus  de  tous 
les  maîtres  de  danse,  les  principaux  caractères  et  les 
règles  fondamentales  des  attitudes.  Il  faut,  avant  tout, 
placer  correctement  le  corps  dans  toutes  ses  parties, 
sans  négliger  le  plus  petit  détail. 

((  Le  creux  du  cou,  dit  notre  maître,  doit  correspondre 
perpendiculairement  avec  les  pieds;  si  l'on  meut  une 
jambe  en  avant,  il  se  trouve  en  arrière  de  la  perpendi- 
cubirité  du  pied;  si  l'on  meut  une  jambe  en  arrière,  il 
se  trouve  en  avant,  changeant  ainsi  de  place  suivant 
chaque  variation  de  position.  Le  danseur  doit  acquérir, 
en  outre  d'un  port  gracieux,  un  aplomb  exact  en  for- 
mant le  contrepoids  avec  chaque  partie.  C'est  ainsi  qu'il 
deviendra  capable  de  faire  porter  son  corps  sur  une 
seule  jambe  ou  d'obtenir  un  style  d'attitude  élégante  sur 
les  deux  jambes.  » 

Théoriquement,  dans  l'attitude,  le  rôle  des  bras  est 


-28  ATT 

plus  important  que  celui  des  jambes,  car  ils  ne  doivent 
cesser  d'être  éloquents  (le  mol, peut  paraître  difficile  à 
comprendre,  il  n'en  est  pas  moins  vrai  :  Gicéron,  dans 
son  éloquence,  savait  le  pratiquer).  Le  rapprochement 
ou  l'éloignement  des  bras  de  la  tête,  l'encadrement  qu'ils 
peuvent  lui  donner,  la  ligne  courbe  ou  droite  dessinée 
par  un  ou  deux  bras,  la  flexion  du  poignet,  l'extension 
des  doigts,  la  direction  des  yeux,  plus  ou  moins  ouverts, 
plus  ou  moins  fermés,  tous  ces  détails,  même  infini- 
ment petits,  constituent  le  langage  de  la  pantomime. 
A  un  beau  tableau,  donnez  un  beau  cadre,  tel  était  l'avis 
de  l'excellent  professeur  et  maître  de  ballet  Edouard 
Carrey.  Il  serait  aussi  difficile  de  définir  toutes  les  atti- 
tudes, car  elles  sont  aussi  variées  que  peuvent  l'être 
les  idées  et  les  sentiments  à  traduire  par  les  gestes.  On 
peut  toutefois  les  étudier  d'une  manière  générale,  en  se 
renfermant  .dans  le  cercle  théorique  qui  comprend  les 
attitudes  suivantes  :  droites,  obliques,  pliées  et  renver- 
sées. 

ATTITUDE  DROITE  TENDUE.  Faire  supporter  le 
corps  sur  une  jambe  seule,  pendant  que  l'autre  est 
maintenue  élevée  horizontalement  à  la  hauteur  de  la 
hanche;  décrire  un  arc  de  cercle  avec  le  bras  placé  du 
même  côté  que  la  jambe  supportant  le  corps;  étendre 
l'autre  bras  à  la  hauteur  de  l'épaule  et  parallèlement  à  la 
jambe  élevée. 

ATTITUDE  PLIÉE.  L'attitude  prend  ce  nom  quand 
la  jambe  qui  supporte  le  corps  est  pliée  au  lieu  de  res- 
ter tendue.  C'est  une  des  attitudes  les  plus  gracieuses 
et  les  plus  expressives  tout  à  la  fois. 

ATTITUDE  SAUTÉE.  Dans  l'attitude  sautée,  le  dan- 
seur s'élève  et  saute  sur  la  jambe  appelée  à  supporter  le 
corps;  les  bras  ne  prennent  la  position  demandée 
qu'après  le  saut  terminé. 


AUT  -29 

ATTITUDES  OBLIQUES.  Les  attitudes  sont  obliques 
quand  le  corps,  au  lieu  d'être  placé  face  en  tête,  est 
placé  face  oblique  à  droite  ou  à  gauche;  il  est,  en  un 
mot,  tourné  de  côté.  Cette  attitude  peut  être  tendue, 
pliée  ou  sautée. 

ATTITUDE  RENVERSÉE.  L'attitude  est  appelée  ren 
versée  quand  le  corps  du  danseur  se  penche  en  avant 
ou  en  arrière  sur  la  jambe  supportant  le  corps.  Dans 
cette  attitude,  le  danseur  doit  avoir  grand  soin  de  main- 
tenir fermement  son  centre  de  gravité  sur  les  reins, 
comme,  du  reste,  dans  toutes  les  autres.  Cette  solidité 
qui  en  résulte,  et  qui  donne  une  immobilité  parfaite  dans 
la  partie  inférieure  du  corps,  est,  dans  toutes  les  atti- 
tudes, la  consécration  de  la  perfectibilité. 

AUIîOlîE  (L').  Nom  d'une  contredanse  composée  par 
Cil.  Blasis  et  exécutée  vers  le  commencement  du  siècle, 
sur  une  mesure  en  2/4  ou  6/8,  par  huit  couples.  La 
théorie  suivante  est  celle  de  l'auteur  :  «  1°  Un  cavalier 
et  sa  dame  font  un  chassé  sur  les  côtés  ;  un  demi-balancé 
avec  le  cavalieret  la  dame  de  vis-à-vis  ;  2°  tour  des  deux 
mains  et  à  vos  places.  Celte  figures  est  faite  par  les  six 
autres  couples;  3°  la  dame  seule,  solo,  pendant  8 
mesures;  4°  la  même  dame,  traversé  avec  le  cavalier  de 
vis-à-vis,  traversé  de  nouveau  et  balancé  en  offrant  la 
main  droite  et  la  main  gauche,  puis  le  tour  des  deux 
mains  ;  5°  le  grand  rond  pour  finir.  » 

AUTRICHIENIVE  (L').  Danse  nouvellement  (1892) 
introduite  dans  les  salons  Orléanais  et  composée  par  le 
professeur  G.  Mounier,  d'Orléans.  Je  ne  lui  crois  aucun 
point  d'attache  avec  une  autrichienne  dansée  rarement 
vers  le  commencement  du  xix^  siècle,  danse,  du  reste, 
dont  on  ne  trouve  aucun  document  chorégraphique.  La 
nouvelle  autrichienne  de  M.  Mounier  a  été  publiée  en 
1892  chez  l'éditeur  M.  'Borneman,  2,  rue  de  l'Abbaye, 
et  l'auteur  en  a  donné  la  théorie  suivante  :  «  Nota.  Il 


30  BAC 

faut  pour  cette  danse  que  la  composition  soit  bien  ryth- 
mée ;  la  mesure  esta  quatre  temps,  mouvement  de  scot- 
tish  bien  marqué.  —  Théorie,  i"  et  2'  mesures:  huit 
pas  glissés  du  pied  gauche  ;  3"-  et  A^  mesures  :  huit  pas 
glissés  du  pied  droit  ;  ô"  mesure  :  pas  de  polka  du  pied 
gauche  (en  sautant  le  4Uemps)  ;  6''  mesure  :  pas  de  polka 
du  pied  droit  (en  sautant  le  A"  temps)  ;  7*  et  8^  mesures: 
huit  pas  de  sauteuse  e»n  commençant  du  pied  gauelie  ; 
9'  mesure:  pas  de  polka  du  pied  gauche  (en  sautant  le 
4^  temps);  10''  mesure:  pas  de  polka  du  pied  droit  (en 
sautant  le  -4^  temps);  11"  et  12"  mesures:  huit  pas  de 
sauteuse  en  commençant  du  pied  gauche.  Les  pas  sont 
les  mêmes  pour  la  dame  en  les  commençant  du  pied 
droit.  — ■  Nota.  On  peut  remplacer  les  pas  de  sauteuse 
par  quatre  pas  de  valse  à  deux  ou  à  trois  temps.  » 


B 


BACCHANTES.  Les  anciens  appelaient  ainsi  les 
femmes  qui  suivirent  Bacchus  à  la  conquête  des  Indes, 
proférant  partout  de  bruyantes  exclamations  et  les 
accon^pagnant  de  danses  ;  elles  cherchaient  ainsi  à 
représenter  les  victoires  du  dieu.  Pendant  les  fêtes  appe- 
lées Bacchanales,  elles  revêtaient  un  costume  composé 
de  peaux  de  tigre  et  couraient  échevelées  en  tenant  des 
thyrses,  des  torches  et  des  flambeaux  ;  elles  mêlaient 
des  hurlements  effroyables  à  leurs  bonds  et  à  leurs  sauts 
désordonnés.  Blasis  a  composé  vers  1820  une  contre- 
danse à  laquelle  il  a  donné  le  nom  de  les  Bacchantes, 
bien  que  le  caractère  de  sa  composition  ne  soit  nullement 
en  rapport  avec  le  leur.  Cette  contredanse  était  exécutée 
par  huit  personnes  ou  quatre  couples  comme  il  suit: 
«  1°  Chassé  huit,  balancé,  retour  en  places;  2°  cavaliers 
et  dames  placent  les  mains  en  croix,  puis  forment  un 


BAD  31 

grand  rond  ;  3"  en  avant  pour  les  quatre  couples  ; 
4°  chaîne  anglaise;  5°  balancé;  6°  tour  de  mains; 
7"  quatre  dames  solo,  chacune  à  son  tour  et  pendant 
quatre  mesures;  8°  même  figure  pour  les  cavaliers; 
9"  chassé  huit  en  avant  et  en  arrière;  10"  chassé-croisé 
tous  les  huit.  » 

BACCHIKÉ.  Suivant  Lucien,  bacchikè  est  le  nom 
d'une  danse  satyrique  grecque  en  usage  dans  le  Pont, 
rionie  et  consacrée  à  Bacchus. 

BACHILIQUE.  La  bachilique  est  une  ancienne  danse 
grecque  faisant  partie  des  danses  consacrées  à  Bacchus 
comme  l'indique  son  nom.  Elle  était  dansée  avec  la  plus 
grande  liberté  au  son  bruyant  des  sistres,  des  cymbales 
et  des  tambourins.  Des  poésies  faites  en  l'honneur  du 
dieu  accompagnaient  les  danses. 

BADOISE.  D'après  son  nom,  cette  danse  paraît  être 
d'origine  allemande,  bien  qu'elle  ait  une  grande  analogie 
avec  une  autre  danse  russe  appelée  la  menace  et  réservée 
aux  enfants.  La  badoise,  en  raison  des  mouvements  des 
mains  coïncidant  avec  ceux  des  pieds,  ne  peut  être 
dansée  que  dans  les  matinées  enfantines.  Un  nombre, 
quel  qu'il  soit,  de  danseurs  et  danseuses  peuvent 
prendre  part  à  la  danse  et  se  placent  en  rond,  chaque 
cavalier  ayant  sa  dame  à  sa  droite  ;  la  musique  est 
rythmée  en  2/4.  Les  cavaliers  faisant  face  à  leurs 
dames  frappent  deux  fois  leurs  jambes  de  la  main 
droite,  puis  de  la  main  gauche;  ils  frappent  ensuite  deux 
fois  dans  leurs  mains.  Les  dames  leur  répondent  par 
deux  signes  d'appel  faits  avec  l'index  de  la  main  droite; 
les  cavaliers  recommencent  ces  signes,  et  font  un  tour 
sur  place  devant  leurs  dames.  Quelques  mesures  de 
polka  terminent  la  badoise.  Notons,  en  passant,  que 
cette  danse  avait  été  importée  en  France  parM'"*Gueneau 
de  Mussy,  femme  du  comte  Gueneau,  le  célèbre  médecin 


32  BAI 

de  la  famille  d'Orléans.  Vers  1880,  je  la  vis  danser  chez 
elle  pour  la  première  fois. 

BAIL.  Le  bail  est  une  danse  espagnole  offrant  une 
grande  similitude  avec  la  farandole  ;  elle  est  d'un  style 
vif,  léger  et  impétueux.  Elle  est  surtout  répandue  dans 
les  pays  s'étendant  des  Pyrénées  à  la  Méditerranée, 
jusqu'à  Antibes.  Le  bail  résume  à  lui  seul  presque 
toutes  les  danses  catalanes.  M.  Henri,  dont  les  Mémoires 
historiques  sur  l'Espagne  font  autorité,  en  donne  la 
chorégraphie  suivante  :  «  Les  cavaliers  s'avancent  avec 
leurs  dames  ;  chacun  forme  quelques  pas  singuliers  au 
nombre  desquels  est  le  camada  rodona,  espèce  de  saut 
pendant  lequel  il  doit  passer  son  pied  droit  par-dessus  la 
tête  de  sa  danseuse.  Après  avoir  reculé  quelques  instants, 
celle-ci  revient  et  court  après  le  cavalier  qui  recule  à  son 
tour.  Ils  changent  alternativement  l'un  de  dame,  et 
l'autre  de  cavalier,  et  la  même  figure  se  répète  deux  ou 
trois  fois.  Enfin,  plusieurs  couples  se  joignent  et  se 
réunissent  en  cercle,  les  dames  appuyant,  à  droite  et  à 
gauche,  leurs  mains  sur  les  épaules  des  cavaliers,  qui,  la 
poitrine  en  avant,  le  jarret  tendu  pour  faire  arc-boutant 
contre  la  terre  et  les  bras  élevés,  les  soutiennent  de  leurs 
mains  placées  sous  les  aisselles.  Les  dames  restent 
quelques  secondes  dans  cette  position  où,  ordinairement, 
elles  s'embrassent.  La  vue  de  toutes  ces  femmes  enlevées 
de  terre  tout  à  coup  et  simultanément,  dominant  ainsi 
sur  tout  le  reste  des  spectateurs,  a  quelque  chose  qui 
frappe  singulièrement  quand  on  le  voit  pour  la  première 
fois.  C'est  un  des  plus  jolis  tableaux  que  l'on  puisse 
imaginer.  Souvent  le  saut  par  bandes  est  précédé  ou 
remplacé  par  un  saut  deux  à  deux.  On  aime  à  voir  une 
jolie  personne  dans  cette  espèce  de  triomphe.  II  est 
curieux  de  suivre  les  mouvements  de  la  danseuse  quand, 
s'avançant  rapidement  vers  le  cavalier,  elle  place  sa 
main  gauche  dans  la  droite  qu'elle  lui  offre;  un  triple 
élan  est  donné  à  ces  deux  mains  réunies  et  la  danseuse, 


r.AI  33 

raidissant  son  bras  gauche  et  s'appuyant  fortement  de  la 
main  droite  sur  l'épaule  du  cavalier,  s'élance,  pendant 
que  celui-ci  la  soulève  et  l'assied  sur  sa  main.  Il  fait 
deux  ou  trois  pirouettes  avant  de  la  mettre  à  terre.  On 
prétend  qu'il  faut  moins  d'adresse  que  de  force  pour 
l'exécution  de  ce  saut. 

«  Quelquefois  la  danseuse,  au  lieu  de  s'asseoir  sur  la 
main  du  cavalier,  rapproche  au  contraire  la  sienne  de 
son  ventre,  en  l'unissant  à  celle  du  cavalier  qui  l'élève 
dans  cette  position.  Alors  elle  se  trouve  en  l'air,  ployée 
en  deux,  la  tète  et  les  bras  pendants.  Si  le  premier  saut 
a  quelque  chose  d'agréable,  celui-ci  est  loin  de  lui  res- 
sembler; il  fait  fuir  les  grâces  et  effarouche  la  pudeur. 
Les  danses  catalanes  s'exécutent  le  plus  souvent  au  bruit 
des  castagnettes,  qui,  se  mêlant  en  cadence  au  son  de  la 
cornemuse  et  du  hautbois,  en  rendent  le  rythme  encore 
plus  animé. 

«  La  danse  catalane  parut  si  poétique  au  poète 
Vanières,  jésuite  de  Béziers,  qu'il  l'a  fait  entrer  dans  son 
livre  Prœdium  rusticum.  Il  en  fait  un  des  plaisirs  du 
temps  de  la  moisson. 

((  La  beauté  de  ces  danses  consiste  pour  les  dames  à 
savoir  reculer  légèrement  sans  sauts  ou  secousses;  elles 
fuient,  pour  ainsi  dire,  en  coulant  sur  la  pointe  des  pieds, 
et  la  tête  un  peu  penchée  de  côté,  avec  les  mains  tenant 
le  tablier.  » 

BAISE-MAIN.  Non  seulement  dans  les  familles  aristo- 
cratiques, mais  encore  dans  bon  nombre  d'autres,  on  a  con- 
servé le  salut  avec  le  baise-main  pour  les  cavaliers. En  in- 
clinant la  tète  vis-à-vis  de  la  dame,  si  celle-ci  lui  offre 
la  main  en  l'élevant  un  peu,  le  cavalier  doit  approcher  ses 
lèvres  de  la  main  de  la  dame.  Cet  ancien  usage  ou  hom- 
mage des  vassaux  du  moyen  âge  était  fort  goûté  à  la  cour 
de  Louis  XIII  par  tous  les  princes  et  gentilshommes. 
Le  salut  avec  le  baise-main  doit  être  fait  plus  lente- 
ment et  plus  respectueusement  que  le  salut  ordinaire. 


U  BAL 

BAL.  Mot  tiré  du  lirec  pâXXciv,  eu  vieux  français  haller 
et  eu  lalin  ballare  au  moyen  âge;  il  signifie  danser, 
sauter,  de  même  que  saltare.  On  entend  par  bal  la 
réunion  de  plusieurs  personnes  rassemblées  pour  danser. 
L'origine  des  bals  remonte  à  l'époque  la  plus  reculée  de 
la  Grèce  et  de  l'Italie  ;  on  sait  que  Socrate,  imbu  des 
leçons  de  la  savante  Aspasie,  dansa  dans  un  bal  de  céré- 
monie à  Atbènes  et  que  Platon  fut  bLàmé  publiquement 
pour  avoir  refusé  de  figurer  dans  un  bal  donné  par  un 
roi  de  Syracuse. 

Les  bals  sont  de  trois  sortes  :  1°  le  bal  officiel; 
2°  le  bal  privé  ou  particulier;  3"  le  bal  public,  com- 
prenant sous  cette  dénomination  toute  réunion  à  la- 
quelle donne  droit  un  prix  fixé  par  avance.  Tous  ces  bals 
peuvent  être  parés,  travestis,  costumés  ou  masqués,  sans 
perdre  pour  cela  leur  caractère  de  bal  officiel,  privé, 
public. 

BALS  OFFICIELS.  On  entend  par  là  un  bal  donné 
par  le  chef  de  l'État  ou  ses  représentants;  par  tout 
personnage  officiel  en  un  mot,  tel  que  ministre,  pré- 
fet, maire,  général  commandant  un  département,  etc. 
La  chevalerie  et  le  moyen  âge  nous  montrent  un  grand 
nombre  de  bals  donnés  par  des  rois,  des  princes,  des 
seigneurs.  En  1378,  on  voit  Charles  V  réunir  toute  sa 
cour  dans  un  bal  somptueux;  de  1389  à  1392,  Charles  VI 
continue,  et,  en  1500,  Louis  XI  étonne  la  ville  de  Milan 
par  un  bal  solennel  auquel  se  rend  toute  l'aristocratie 
milanaise  ;  il  en  fait  lui-même  l'ouverture  avec  les  car- 
dinaux de  Saint-Séverin  et  de  Narbonne.  En  1562.  pen- 
dant le  concile  de  Trente,  le  cardinal  Hercule  de  Man- 
toue  ouvrit  un  grand  bal  officiel  suivi  d'un  festin  ;  bal 
et  festin  furent  présidés  par  lui  et  l'on  y  vit  danser  le  roi 
Philippe  entouré  de  cardinaux.  Les  fêtes  de  Louis  XIV 
sont  encore  présentes  à  la  mémoire  de  tous  et  resteront 
gravées  dans  les  annales  artistiques  de  l'art  et  du  goût 
tout  à  la  fois;  il  en  est  de  même  de  celles  de  Louis  \V. 


BAL  35 

Quant  aux  bals  officiels  de  la  période  révolutionnaire,  ils 
se  ressentirent  évidemment  des  événements  troublés,  et 
il  nous  faut  arriver  à  ceux  du  premier  Empire.  Bien 
que  guerroyant  sans  cesse,  Napoléon  l"  sut  trouver 
quelques  instants  pour  convier  à  des  fêtes  splendidès 
tout  le  personnel  officiel,  civil  et  militaire,  dont  il  était 
entouré.  Louis  XVIII,  le  comte  d'Artois,  le  duc  de  Berry 
n'ont  pas  laissé  de  souvenirs  bien  attachants  ;  il  en  est 
de  même  pour  Louis-Philippe.  Il  nous  faut  arriver  au 
second  Empire  pour  retrouver  l'époque  de  Louis  XIV  et 
revoir  le  luxe  fastueux,  la  magnificence  des  bals  offi- 
ciels. L'élan  fut  tel  que  l'on  vit  chaque  ministre,  chaque 
préfet,  chaque  sous-préfet  même,  réunir  dans  leurs 
salons,  durant  toute  la  saison  d'hiver,  la  société  entière. 
On  assista  même,  pendant  un  certain  temps,  à  un  spec- 
tacle nouveau.  L'aristocratie  s'était  tenue  à  l'écart  dans 
les  premières  années  de  l'Empire,  elle  prit  une  revanche 
éclatante  en  donnant  des  bals  assez  somptueux  pour  riva- 
liser avec  ceux  de  la  cour.  De  longtemps  on  n'oubliera  les 
fêtes  données  au  Sénat  par  M.  Troplong,  son  président  ; 
au  ministère  des  Affaires  étrangères,  par  M.  Drouyn  de 
Lhuys;  à  la  présidence  de  la  Chambre,  par  M.  Schnei- 
der; à  l'Hôtel  de  Ville,  par  M.  Haussmann.  Le  monde 
officiel  étranger  rivalisait  et  luttait  à  l'envi  ;  M"'  de  Met- 
ternich  a  laissé  des  souvenirs  ineffaçables  pour  ses  fêtes 
où  l'aristocratie  française  et  étrangère  brillait  au  milieu 
des  étinceiants  uniformes  français.  Aucune  plume  ne 
saurait  retracer  l'éclat  des  bals  à  cette  époque,  où,  pour 
n'en  citer  qu'un  seul,  en  1867,  six  souverains  étrangers, 
accompagnés  de  leur  cour,  se  donnaient  rendez-vous  à 
l'Hôtel  de  Ville.  La  richesse  des  uniformes,  le  feu  des 
diamants  jetés  à  profusion  sur  les  plus  jolies  Parisiennes 
et  les  plus  gracieuses  Russes,  Autrichiennes,  Italiennes; 
les  magnifiques  serres  de  la  Ville  de  Paris,  mises  au 
pillage  pour  la  décoration,  firent  de  l'Hôtel  de  Ville  un 
palais  enchanté,  digne  des  contes  des  Mille  et  une 
Nuits. 


36  BAL 

Les  tristes  années  qui  suivirent  couvrirent  de  deuil 
la  nation  tout  entière  et  arrêtèrent  bals  et  fêtes.  Sous  la 
présidence  de  M.Grévy,  l'Elysée  resta  presque  silencieux; 
sous  le  Mac-Mahonat,  quel  ques  tentatives  plus  fructueuses 
pour  le  commerce  ont  lieu,  mais  ce  né  sont  encore  que 
de  faibles  échos.  Dans  nos  dernières  années,  M.  et  sur- 
tout M™^  Carnot  ont  fait  tous  leurs  plus  louables  efforts 
et  ont  donné  une  vie  nouvelle  à  la  gaieté  et  au  luxe  de 
Paris. 

Dans  tout  bal  officiel,  c'est  au  souverain  que  revient 
l'honneur  d'ouvrir  la  fête,  et  le  chambellan  ou  maître 
des  cérémonies  exécute,  pour  ses  invitations,  les  ordres 
reçus.  Dans  tout  autre  bal  officiel,  le  personnage  don- 
nant le  bal  agit  de  même.  Avant  l'invasion  de  la  valse, 
le  bal  s'ouvrait  toujours  par  le  quadrille  d'honneur. 

BAL  PRIVÉ  OU  PARTICULIER.  Le  bal.  est  ainsi 
.dénommé  quand  il  est  offert  par  un  maître  ou  une  maî- 
tresse de  maison  à  des  invités,  lesquels,  huit  jours  avant 
ce  bal,  reçoivent  une  invitation  personnelle  mention- 
nant si  la  fête  est  costumée,  masquée  ou  travestie.  Dans 
les  trois  ou  quatre  jours  précédant  le  bal,  les  invités 
doivent  rendre  visite  ou  déposer  leurs  cartes  ;  de  même, 
huit  jours  après  le  bal.  La  saison  des  bals  a  maintenant 
deux  époques  très  caractérisées,  tandis  qu'ancienne- 
ment l'hiver  seul  leur  était  réservé.  La  finance,  le  barreau, 
la  magistrature,  le  commerce  commencent  à  agiter  les 
gais  grelots  de  la  danse  dès  la  fin  du  mois  de  novembre; 
l'aristocratie,  au  contraire,  et  à  l'instar  des  Anglais  à 
Windsor,  ne  livre  ses  invitations  qu'après -les  fêtes  de 
Pâques.  Il  y  a  évidemment  du  bon  dans  cette  nouvelle 
façon  d'agir,  car  elle  permet  d'utiliser  les  jardins  et 
de  donner  par  là  plus  de  confortable  aux  invités; 
quant  aux  fêles,  elles  n'en  sont  que  plus  agréables  et 
plus  belles,  car  les  fraîches  et  parfumées  danseuses 
mêlent  l'éclat  de  leur  beauté  aux  douces  saveurs  des 
fleurs  printanières. 


BAL  37 

Les  bals  privés  n'ont  jamais  été  si  nombreux  que  de 
nos  jours;  |s'ils  ont  été  pendant  longtemps  réservés  aux 
familles  opulentes,  ils  sont  maintenant  en  usage  dans 
toutes  les  familles,  quelle  que  soit  leur  situation.  Dans 
ces  dernières  années,  danseurs  et  danseuses  ont  vive- 
ment cherché  à  faire  revivre  les  anciennes  danses  ; 
après  avoir  vu  les  cavaliers  endosser  l'habit  rouge  avec 
gilet  blanc  et  culotte  courte  pour  danser  le  menuet,  la 
gavotte,  nous  avons  vu  les  dames  reprendre  la  poudre, 
les  paniers  et  les  costumes  de  Henri  III  pour  danser  la 
pavane.  Si  les  habits  de  couleur  et  les  culottes  d'étoffes 
semblables  continuent  à  se  montrer  aussi  répandus  que 
durant  les  hivers  1890,  1891  et  1892,  nul  doute  que  la 
danse  ne  revive  d'une  vie  nouvelle.  Dans  tous  les  cas, 
on  ne  regrettera  jamais  le  triste  et  mortuaire  costume 
du  danseur  en  habit  noir. 

BALS  PUBLICS.  On  entend  par  bal  public  toute 
réunion  où  l'on  peut  entrer  en  payant  au  contrôle 
la  redevance  exigée.  Les  premiers  remontent  à  1715,  et 
furent  autorisés  par  une  ordonnance  de  Louis  XV  trois 
fois  par  semaine  à  l'Opéra.  Ce  genre  de  bal,  nouveau 
pour  l'époque,  obtint  un  tel  succès  que  de  tous  côtés 
s'élevèrent  des  bals  payants,  aussi  bien  sous  des  han- 
gars que  dans  des  jardins;  les  Percherons,  le  Colisée, 
le  Ranelagh,  la  Redoute  chinoise  furent  les  premiers  de 
ces  bals.  Les  premiers  bals  publics  ne  furent  point  cos- 
tumés ou  masqués,  à  l'exception  de  ceux  donnés  à 
l'Opéra.  Pour  ces  bals,  on  établissait  sur  le  parterre  et 
l'orchestre  un  plancher  mobile  dont  l'invention  est  due 
à  un  moine  ;  il  avait  composé  une  machine  au  moyen  de 
laquelle  on  assemblait  rapidement  des  panneaux  de 
plancher  les  uns  à  côté  des  autres,  et  quelques  instants 
suffisaient  pour  établir  le  plancher.  L'idée  en  est  resiée 
et,  plus  tard  améliorée,  a  permis  à  l'administration 
théâtrale  de  donner  son  spectacle  avant  le  bal.  La  Révo- 
lution de  1789  interrompit  les  bals  de  l'Opéra,  dont  on 


38  BAL 

peut  retrouver  l'histoire  dans  maints  et  maints  ouvrages 
écrits  sur  le  théâtre  de  l'Opéra.  Leur  période  la  plus 
florissante  fut  celle  des  dernières  années  de  Louis-Phi- 
lippe et  de  l'Empire.  Depuis  quelques  années,  ils  tendent 
à  disparaître;  le  fol  esprit,  la  spirituelle  gaieté,  l'entrain 
que  lui  donnaient  les  charmantes  pierrettes  et  les  joyeux 
débardeurs  (voir  Gavarni)  ont  dû  céder  la  place  aux 
pauvres  hétaïres  appelées  fin  de  siècle. 

Les  anciens  bals  publics  différaient  essentiellement 
des  nôtres  sous  tous  les  rapports;  ils  étaient  alors  un 
motif  à  réjouissances,  à  danses,  à  plaisirs  en  un  mot; 
de  nos  jours,  on  ne  saurait  en  dire  autant,  et  mieux  vaut 
passer  ici  sous  silence  le  Moulin-Rouge  et  le  Jardin  de 
Paris. 

Les  anciens  bals  publics  les  plus  fréquentés  étaient  le 
Tivoli,  le  Jardin  de  Byron,  les  Folies  de  Chartres,  Pa- 
phos,  Idalie,  le  Pavillon  de  Hanovre;  ceux  de  la  Restau- 
ration, sous  Louis  XVIII,  passent  pour  avoir  été  les  plus 
brillants  au  point  de  vue  de  leur  composition  ;  les  pre- 
mières familles  de  la  société  parisienne  s'y  coudoyaient 
avec  la  plus  grande  bourgeoisie.  La  famille  royale  ne 
dédaigna  pas  de  s'y  rendre;  nous  en  avons  pour  preuve 
le  bal  offert  par  la  garde  nationale  de  Paris,  où  fut  jouée, 
pour  la  première  fois  et  en  présence  de  tous  les  princes, 
la  romance  Je  suis  le  petit  tambour  de  la  garde  natio- 
nale, romance  qui  devint  dès  lors  un  air  populaire. 
Strauss  l'a  rappelé  dans  l'un  de  ses  excellents  quadrilles 
intitulé  le  Royal  Tambour.  Ces  bals  étaient  organisés 
par  souscription  et  aussi  par  abonnements. 

Le  bal  de  Sceaux-Penthièvre,  dont  on  peut  encore 
aujourd'hui  admirer  les  allées  ombragées  par  des  arbres 
séculaires,  était  le  rendez-vous  habituel  du  duc  de  Pen- 
thièvre  et  de  tous  ses  familiers.  On  vit  plus  d'une  fois  les 
caresses  d'apparat  envahir  la  grande  route  de  Sceaux 
jusqu'au  village  de  Bourg-la-Reine,  sur  une  étendue  de 
plus  d'un  kilomètre.  Après  lui  venaient  les  jardins  de 
Marbeufet  ceux  de  Tivoli,  célèbres  parleurs  montagnes 


BAL  39 

russes  et  leurs  jeux  de  chevaux  de  bois.  Ces  deux  der- 
niers établissements  comprenaient  les  terrains  sur  les- 
quels s'élèvent  actuellement  les  somptueux  hôtels  du 
boulevard  Malesherbes,  parc  Monceau,  avenue  de  Villers 
et  descendaient  jusqu'aux  églises  de  la  Trinité  et 
Saint-Augustin.  Les  bals  de  Monceau  étaient  aussi  fort 
en  vogue;  le  pavillon  placé  à  la  sortie  du  parc  actuel 
sur  le  bouvevard  de  Courcelles  paraît  être  un  des  ves- 
tiges de  l'ancien  bal.  Le  plus  grand  ordre,  la  politesse 
la  plus  recherchée  présidaient  à  ces  bals;  les  danses, 
consistant  en  contredanses,  étaient  réglées  et  conduites 
par  un  maître  de  danse  faisant  fonction  de  maître  de 
cérémonie.  Placé  sur  l'orchestre,  près  du  chef,  au  moyen 
d'un  porte-voix  en  cuivre,  il  indiquait  aux  danseurs  le 
commencement,  la  fin  et  les  diverses  phrases  des  figures. 
Souvent  même  on  le  voyait  descendre  de  l'orchestre 
pour  faire  les  invitations  ou  placer  les  danseurs.  Il  n'est 
pas  inutile  d'ajouter  qu'à  cette  époque  les  valses  n'étaient 
pas  en  usage;  la  sauteuse  seule  terminait  parfois  les 
contredanses. 

L'un  de  nos  premiers  pistons,  Cornet,  occupa  du  temps 
de  mon  père  les  fonctions  de  maître  de  danse  dans  un  de 
ces  anciens  bals.  On  le  retrouva  plus  tard  chef  d'or- 
chestre d'un  bal  public  des  Ternes,  disparu  depuis 
l'ouverture  de  ce  quartier  à  tous  les  grands  boulevards 
qui  le  sillonnent. 

Nos  bals  publics  actuels  ont  perdu  leur  côté  familial 
et  patriarcal  des  anciens;  des  familles  entières  s'y  don- 
naient rendez-vous,  venant  toutes  chercher  honnêtement 
la  joie,  la  gaieté,  le  plaisir.  On  ne  saurait  se  prononcer 
également  sur  les  nôtres,  qui,  depuis  1830,  c'est-à-dire 
depuis  la  culture  d'un  genre  de  danse  appelé  cancan, 
ont  dégénéré  en  cohues,  en  orgies,  en  véritables  satur- 
nales. Vers  1860,  quelques  tentatives  se  manifestèrent 
afin  de  rendre  aux  familles  le  plaisir  disparu  de  ces 
agréables  réunions;  ce  fut  l'époque  du  magnifique  Jardin 
d'Hiver  situé  à  gauche  des  Champs-Elysées,  sur  les  lieux 


40  BAL 

où  s'ouvre  la  rue  d'Albe.  Des  fêtes  grandioses  y  réu- 
nirent tout  Paris,  et  il  me  souvient  même  d'un  bal 
féerique  dans  lequel  l'empereur  Na)Doléon  III,  condui' 
sant  la  princesse  Malhilde  et  suivi  d'un  nombreux  et 
brillant  cortège,  reçut  les  municipalités  de  VHP,  IX^  et 
X'  arrondissements.  L'orchestre  de  Strauss  était  accom- 
pagné par  la  musique  du  2"  régiment  de  dragons,  qui, 
dissimulée  sous  les  palmiers  et  les  orangers,  faisait 
entendre  en  sourdine  les  belles  valses  du  maître  de  la 
musique  de  danse,  l'inoubliable  Strauss. 

Le  bal  du  Château  des  Fleurs,  situé  un  peu  plus  haut 
et  du  même  côté,  était  loin  d'être  fréquenté  par  le 
même  public;  d'un  côtelés  familles,  les  bals  d'arrondis- 
sement, de  l'autre  le  bal  public  presque  dans  l'acception 
que  nous  lui  donnons  aujourd'hui.  En  1881,  le  Tribunal 
de  commerce  de  Paris  essaya  en  vain  de  ressusciter  ces 
anciennes  réunions;  mais,  hélas!  on  ne  pouvait  plus 
contempler  la  fraîche  rivière  serpentant  sous  la  voûte  du 
Jardin  d'Hiver,  au  milieu  de  toutes  les  plantes,  de  tous 
les  arbustes  et  des  arbres  les  plus  rares.  Ceux  qui  ont 
assisté  à  ces  fêtes  ne  les  oublieront  jamais  et  les  regret- 
teront toujours. 

L'avènement  de  Louis- Philippe  au  trône,  en  1830, 
peut  être  regardé  comme  le  germe  de  ce  genre  de  danse 
dont  je  parlais  plus  haut,  cancan  ou  chahut.  On  trou- 
vera à  ces  deux  mots  l'histoire  de  cette  nouvelle  et 
grotesque  saltation.  Si  nous  exceptons  l'année  184-4, 
c'est-à-dire  l'année  polkante,  polkée,  comme  on  l'a  appe- 
lée, la" danse  n'est  plus,  dans  les  bals  publics,  qu'un 
prétexte  à  rencontres,  à  bonnes  fortunes,  comme  on  dit 
vulgairement.  Maintes  et  maintes  fois,  quelques  entre- 
preneurs de  bals  publics  essayèrent  d'arrêter  le  flot 
montant,  tous  se  virent  débordés  :  Mabille,  en  créant 
avenue  de  Montaigne  le  Jardin  qui  longtemps  porta  son 
nom,  fut  forcé  de  céder  à  la  peine.  Lahire  lui-même, 
dans  sa  Chaumière  de  si  joyeuse  mémoire,  agita  plus 
d'une  fois  son  terrible  gourdin,   le  reprit  après  qu'on 


BAL  41 

le  lui  eut  arraché,  mais  ne  put  garder  son  arme  prolec- 
trice. Une  jeunesse  en  délire,  distraite  de  ses  études  par 
les  temps  révolutionnaires  de  1848,  encourageait  Bullier, 
le  gros  père  Bullier,  comme  on  l'appelait,  et  le  décidait 
à  créer  son  bal  à  l'issue  du  jardin  du  Luxembourg,  en 
face  la  statue  du  maréchal  Ney.  Quel  affreux  contraste! 
Aussi,  soit  pour  dissimuler  son  bal,  soit  pour  mieux 
ombrager  les  orgies  des  danseuses  et  danseurs,  il  con- 
struisit son  établissement  en  contre-bas  de  la  rue.  Les 
bosquets  nombreux  et  touffus  attirèrent  longtemps  un 
public  avide  de  plaisir,  et  l'on  voit  encore  de  belles  soi- 
rées, dans  ce  séjour  de  la  joie.  Je  ne  crois  pas  toutefois 
que  ce  public  soit  resté  le  même  que  celui  de  l'ancien 
Prado,  situé  devant  le  Palais  de  Justice;  du  Casino  Ca- 
det de  la  rue  de  la  Ghaussée-d'Antin  ;  de  Valentino, 
rue  Saint-Honoré  ;  du  Chdteau-Rouge,  du  Pré-aux- 
Clercs  de  la  rue  du  Bac,  etc.,  etc.  En  abandonnant  son 
vieux  quartier  latin,  en  quittant  ses  vieux  dieux  lares, 
l'étudiant  a  perdu  ses  vieilles  traditions,  bals  et  fêtes 
publiques  lui  sont  devenus  inditférents.  Quant  aux  bals 
publics  de  Markowski,  ils  ont  disparu  depuis  longtemps 
sans  avoir  laissé  de  traces  mémorables. 

BALS  COSTUMÉS,  MASQUÉS,  TRAVESTIS,  PU- 
BLICS OU  PRIVÉS.  On  entend  par  ces  mots  tous  les 
bals  cités  ci-dessus,  dans  lesquels  cavaliers  et  dames 
sont  costumés,  travestis  ou  masqués.  L'origine  de  ces 
bals  remonte  aux  saturnales  des  Romains,  saturnales 
représentées  sous  mille  déguisements  différents.  La 
coutume  de  porter  le  masque  nous  vient  également  des 
anciens,  qui  ne  paraissaient  jamais  au  théâtre  sans  en 
être  couverts.  Ces  saturnales  bigarrées  jouissaient  à 
Rome  d'une  telle  vogue  que  l'empereur  Tibère  eut 
grand'peine  à  les  faire  remplacer  par  des  mascarades 
nocturnes.  Durant  la  nuit,  on  voyait  à  Rome  filles  et  gar- 
çons se  couvrir  de  costumes  et  de  masques  grotesques 
et  courir  les  uns  chez  les  autres  pour  s'intriguer  et  se 


42  BAL 

réjouir  ensemble.  Le  masque  avait  anciennement  son 
but,  aussi  bien  dans  la  vie  privée  qu'au  théâtre;  il  per- 
mettait de  conserver  son  incognito  dans  les  fêtes  privées, 
comme  il  servait  au  théâtre  à  représenter  tel  ou  tel 
personnage.  Il  a  conservé  chez  nous  ce  caractère  dans 
nos  bals,  puisqu'il  est  le  seul  moyen  facile  d'intriguer. 

Au  moyen  âge,  les  bals  masqués  et  costumés  jouirent 
d'une  grande  faveur  à  la  cour  et  la  conservèrent  jus- 
qu'en 1789.  Chacun  y  jouissait,  suivant  l'expression  vul- 
gaire, de  ses  coudées  franches.  Bonnet,  dans  son  His- 
toire  de  la  danse,  raconte  que,  dans  un  bal  masqué 
donné  par  Louis  XIV  à  Versailles,  un  masque  déguisé 
en  paralytique,  enveloppé  d'une  couverture  presque  en 
lambeaux,  eut  la  hardiesse  d'aller  prendre  la  main  de  la 
duchesse  de  Bourgogne,  qui  l'accepta  sans  crainte  ni 
dédain;  ce  masque  était  un  simple  officier  de  la  cour 
et  sa  conduite  ne  fut  nullement  blâmée.  Ce  fait  ne  saurait 
nous  surprendre,  car  on  sait  que  dans  tous  les  anciens 
bals  masqués  ou  costumés  la  plus  grande  liberté  était 
laissée  aux  invités.  L'espace  manque  dans  ce  diction- 
naire pour  s'étendre  plus  longuement  sur  tous  ces  bals, 
dont  les  gazettes  et  les  romans  ont  tant  parlé. 

Depuis  1870,  les  bals  costumés  tendent  à  disparaître. 
Nice  et  Rome  seules  cherchent  à  en  rappeler  le  souve- 
nir. Avant  cette  année,  le  Châtelet,  la  Porte-Saint-Mar- 
tin rivalisaient  avec  l'Opéra,  non  seulement  comme 
nombre  de  danseurs,  mais  encore  comme  choix.  L'esprit 
dans  l'intrigue,  dans  le  costume  traduisait  les  vieux 
restes  de  l'ancienne  et  franche  gaieté  de  nos  pères.  Ce 
ne  fut  qu'un  feu  de  paille  et  tous  ces  bals  disparurent, 
même  celui  qui  fut  de  tout  temps  le  plus  fréquenté,  le 
plus  brillant,  le  plus  recherché,  le  bal  des  artistes  dra- 
matiques. Je  dis  disparurent,  bien  que  quelques-uns 
existent  encore;  mais  leur  état  précaire,  leurs  insuccès 
attestent  trop  une  fin  prochaine  pour  en  parler  autre- 
ment. Il  semblerait  que  le  spleen  anglais  a  couvert  d'un 
lugubre  linceul  toutes  ces  anciennes  réunions  où  le  goût 


BAL  43 

français  des  costumes  le  disputait  à  l'esprit  gaulois  de  nos 
ancêtres.  Les  journaux  le  Figaro,  le  Gil  Blas,  l'Événe- 
ment, journaux  mondains,  peuvent  nous  remplacer 
utilement  par  leurs  comptes  rendus  dans  les  doléances 
de  notre  jeune  génération.  Ennui  et  tristesse  ont  pris  la 
place  de  notre  nationale  hilaritas  amœna. 

Les  bals  d'enfants  costumés  ont  seuls  résisté  plus 
longtemps,  mais  tendent  aussi  à  disparaître;  quelques 
villes  d'eaux  rappellent  encore  les  vieux  souvenirs  des 
matinées  du  Grand  Hôtel  et  de  l'Hôtel  Continental  où 
avaient  lieu  les  dimanche,  lundi  gras  et  à  la  mi-carême 
des  fêtes  réunissant  jusqu'à  cinq  et  six  cents  enfants. 

Ne  perdons,  toutefois,  pas  tout  espoir,  le  bon  vieux 
temps  reviendra,  sinon  pour  nous,  du  moins  pour  nos 
enfants.  Je  reviens,  pour  terminer  l'aperçu  historique 
des  bals  masqués  ou  costumés,  sur  ceux  de  l'Opéra,  car 
ils  sont  la  note  caractéristi(iue  du  genre.  Pourquoi 
ont-ils  perdu  le  spectacle  magique  de  ceux  de  la  rue 
Le  Peletier?  Pourquoi,  puisque  l'électricité  a  fait  tant  de 
progrès,  ne  la  retrouve-t-on  pas  dans  les  jambes  des 
titis,  pierrots,  etc.?  A  défaut  de  l'endiablé  Musard, 
n'avons-nous  pas  Arban  et  Farbach?  Oui,  mais, 
Musard,  où  sont  tes  trompes,  tes  cloches?  Où  sont  ces 
débardeurs  enfiévrés  par  tes  quadrilles  de  Fanfan  la 
Tulipe  et  de  la  Tulipe  orageuse?  Sors  de  ta  tombe, 
électricien  de  la  danse,  et  sonne  à  grand  orchestre  le 
glas  funèbre  de  notre  tristesse  morose!  Auguste  Vitu, 
Paul  Farnèse,  Véron,  Roqueplan,  Daumier,  Gavarni, 
revenez-nous  et  rendez  la  vie  à  ces  bals  que  le  monde 
entier  nous  enviait. 

Tristes  bals  maintenant  que  l'on  peut  esquisser  d'un 
seul  trait  :  sur  trois  mille  neuf  cent  soixante-huit  per- 
sonnes qui  y  prirent  part  le  20  janvier  1882  ;  sur  quatre 
mille  que  l'on  comptait  à  peine  à  celui  du  24  février  de 
la  même  année,  trois  ou  quatre  quadrilles  furent  à  peine 
formés;  et  encore  ne  furent-ils  composés  que  de  dan- 
seurs et  de  danseuses  salariés  par  l'administration,  ayant 


Ai  BAL 

pour  mission  d'entraîner  la  foule.  Avant  peu  le  dernier 
bal  de  l'Opéra  terminera  lugubrement  la  saison  carna- 
valesque. 

BALAXCÉ.  Terme  de  danse  usité  pour  exprimer 
l'action  d'un  danseur  faisant  un  ou  plusieurs  pas  sur  la 
même  place.  Tous  les  pas  ou  mouvements  de  pieds 
peuvent  être  employés  dans  les  balancés,  pourvu  que  le 
danseur  ne  se  déplace  pas.  Balancé  à  droite  ou  à  gauche, 
selon  que  le  corps  est  penché  dans  ces  directions.  Les 
pas  usités  dans  les  balancés  varient  à  l'infini;  il  en  est 
toutefois  qui  sont  plus  fréquemment  employés,  tels  que 
les  glissades,  les  assemblés.  Dans  les  anciennes  contre- 
danses, les  balancés  revenaient  presque  à  chaque  figure 
et  étaient  faits  tantôt  en  face  de  sa  dame,  tantôt  en  face 
d'une  autre.  Le  pas  le  plus  usité  s'appelait  demi-coupé 
et  était  exécuté  double  en  avant  et  en  arrière;  étant 
placé  à  la  première  position  (voir  ce  mot),  on  avance 
à  la  quatrième  position  le  pied  placé  devant;  on  pose  le 
talon  à  terre  et  l'on  élève  les  jambes  restées  en  arrière; 
on  laisse  ensuite  retomber  celte  jambe  et.  après  avoir 
plié  les  genoux,  on  recommence  le  même  mouvement 
avec  l'autre  pied.  Les  balancés  se  faisaient  aussi  avec  des 
pas  sautés,  tels  que  les  jetés,  les  fouettés,  les  pas  de 
bourré;  mais  dans  les  danses  vives  et  animées  seule- 
ment. 

BALAIVCE3IEXT.  Ce  mouvement  s'adresse  à  la  partie 
supérieure  du  corps  depuis  le  buste  ou  torse  jusqu'à  la 
tête.  Il  a  lieu  quand,  en  s'effaçant  cà  droite  ou  h  gauche, 
les  épaules  se  portent  dans  ces  directions;  ou  encore 
quand  les  hanches,  par  une  légère  flexion,  se  penchent  à 
droite  ou  à  gauche.  Les  jambes  doivent  être  maintenues 
immobiles. 

BALARITA.  Nom  d'une  ancienne  danse  grecque 
encore  en  faveur  dans  les  îles  de  l'Archipel  et  sur  les 


BAL  45 

côtes  de  l'Asie  Mineure.  Elle  rappelle  les  mouvements 
ioniens  qu'Horace  reprochait  aux  vierges  de  son  temps. 
Bien  que  le  poète  fût  loin  d'être  difficile  sur  les  questions 
galantes,  il  accuse  celle  danse  de  lascivité. 

BALATIONS.  M.  de  Bubis  donne  ce  nom  à  des  danses 
accompagnées  de  chants  auxquelles  se  livraient  les  Gau- 
lois quand  ils  allaient  chercher  le  chêne  pour  le  porter 
dans  leurs  villes,  suivis  des  prêtres  et  du  peuple.  Ce 
mot  fort  peu  connu  semble  dérivé  de  a  halatu  ovium, 
d'où  seraient  venus  ballare,  baller  en  vieux  français,  et 
bal  en  moderne. 

BALLADE.  Par  rapport  à  la  danse,  ce  mot  indique 
une  chanson  dont  l'air  s'applique  facilement  à  une  danse 
et  à  ses  pas.  C'est,  suivant  l'ancien  dicton,  une  chanson 
à  baller.  De  nos  jours  le  véritable  sens  du  mot  n'est 
qu'une  pièce  de  vers  composée  en  stances  égales  et 
suivie  d'un  envoi  de  vers  de  peu  de  valeur.  Toutes  les 
stances  ont  le  même  refrain  dont  l'envoi  est  le  but. 

BALLET.  Le  ballet  est  un  spectacle  mêlé  de  danse  et 
de  musique;  c'est  une  action  thécâtrale  dans  laquelle  la 
danse  et  la  pantomime  remplacent  le  chant  et  les  paroles 
d'un  opéra  dramatique,  tragique  et  comique  parfois.  Leur 
introduction  en  France  est  due  à  Catherine  de  Médicis, 
et  c'est  sous  son  règne  que  l'on  trouve  les  premiers 
grands  ballets  de  genre  réglés  avec  un  art  déjà  savant 
et  une  entente  déjà  approfondie  de  la  scène.  Les  ballets 
grecs  dans  lesquels  s'illustraient  Pylade  et  Bathylle 
offrent  peu  de  ressemblance  avec  les  modernes,  car  ils 
étaient  privés  du  cadre  si  important  et  si  décoratif 
appelé  coryphées,  marcheuses,  corps  de  ballet  en  un 
mot. 

Au  moyen  âge,  on  donna  le  nom  de  ballet  à  une 
bizarre  sorte  d'opéra  où  la  danse  ne  jouait  qu'un  rôle 
secondaire;  autant  de  sujets,  autant  d'actes  différents. 


46  BAL 

L'auteur  reliait  ensemble  des  motifs  différents,  bien  qu'ils 
fussent  étrangers  à  l'action  principale.  Il  en  arrivait 
alors  qu'un  prologue  était  nécessaire  afin  d'expliquer 
aux  spectateurs  l'idée,  le  sens,  la  donnée  du  ballet.  Ces 
premiers  grands  ballets  furent  le  plus  souvent  tirés  de 
la  fable,  de  la  mythologie  et  de  l'histoire;  cinq  actes 
résumaient  l'action  et  chaque  acte  comprenait  trois,  six 
ou  neuf  entrées  de  personnages. 

L'intelligence  d'un  ballet  demande  impérieusement 
une  grande  clarté  dans  l'exposition  et  principalement 
dans  l'introduction  de  l'œuvre;  à  cette  seule  condition  le 
spectateur  trouvera  l'intérêt  et  le  plaisir  recherchés;  le 
nœud  et  le  dénouement  de  l'action  seront  facilement 
compris.  Quant  à  la  musique,  elle  doit  être  marquée 
par  une  cadence  d'autant  plus  accentuée  et  rythmée  que 
le  danseur  supplée  par  ses  gestes  et  sa  mimique  aux 
paroles  et  aux  chants. 

A  partir  de  158:2.  on  trouve  déjà  des  ballets  régulière- 
ment établis  et  même  composés  avec  quelque  science 
chorégraphique.  Bonnet,  dans  son  Histoire  générale  de 
la  danse  sacrée  et  profane,  attribue  au  duc  de  Nemours 
sous  Louis  XIII  la  composition  des  ballets  dans  les- 
quels le  roi  et  sa  cour  dansèrent  au  Louvre.  On  est 
d'autant  plus  porté  à  croire  à  l'authenticité  de  cette 
assertion  que  ce  roi  fut  atteint  de  la  goutte,  et  que,  ne 
pouvant  exécuter  lui-même  toutes  ses  danses  favorites, 
il  se  plaisait  à  en  composer  en  collaboration  avec  le  duc. 
La  passion  de  la  danse  le  dominait  à  tel  point  qu'il  se 
fit  porter  sur  un  fauteuil  pour  figurer  dans  le  ballet  des 
Goutteux  en  1630;  il  y  tenait  à  la  main  une  longue  canne 
et  remplissait  quand  même  son  rôle  parmi  les  danseurs. 

Le  ballet,  étant  surtout  le  plaisir  des  yeux,  demande 
une  décoration  exceptionnehe  ;  aussi  voyons-nous 
l'Opéra,  l'Eden-Théâtre,  le  Châtelet  demander  pour 
leur  mise  en  scène  tous  les  trésors  de  l'électricité  et  de 
la  peinture.  Le  ballet  moderne  a  franchi  les  dernières 
limites  de  la  science  décorative.  Malheureusement  la 


BAL  47 

danse  y  a  perdu  beaucoup  et  le  nombre  des  étoiles  de 
cet  art  se  résume  en  bien  peu  de  noms  :  Mauri,  Sangalli, 
Subra  et  quelques  autres  compléteraient  presque  notre 
cadre  artistique.  Nous  sommes  bien  éloignés  de  la  rue 
Le  Peletier. 

Le  cadre  de  ce  dictionnaire  ne  me  permet  pas  de 
traiter  les  ballets  aussi  longuement  que  ce  vaste  sujet  le 
demanderait.  Je  renvoie  les  lecteurs  aux  livres  de  Bonnet 
et  du  Révérend  Père  Ménétrier,  les  deux  meilleurs 
auteurs  qui  aient  laissé  des  documents  intéressants  sur 
les  anciens  ballets. 

L'ouvrage  de  Noverre  attire  également  l'attention, 
mais  plus  au  point  de  vue  pratique  qu'au  point  de  vue 
liislorique.  C'est  de  lui  dont  Despréaux  a  dit  dans  ses 
Passe-temps:  «C'est  par  là  que  Noverre  a  charmé  tout 
Paris.»  Le  livre  de  Castil-Blaze,  la  Danse  et  les  Ballets 
depuis  Bacchus  jusqu'à  nos  jours,  offre  aussi  d'utiles 
notes,  mais  elles  semblent  trop  empruntées  à  Bonnet. 

Le  chercheur  curieux  trouvera  dans  le  livre  de  ce 
dernier  auteur  la  liste  complète  de  tous  les  ballets  repré- 
sentés en  France  de  U50  à  17:23. 

BALLISTEA.  Les  Latins  donnaient  à  ce  mot  la  signifi- 
cation que  nous  attribuons  au  mot  ballet  de  pâXXsiv. 

BALLON.  Terme  usité  dans  la  danse  théâtrale,  équi- 
valant à  souplesse,  légèreté,  ressort  réunis  ;  on  dit  d'un 
danseur  qu'il  a  du  ballon,  quand  il  peut  s'élever  aisé- 
ment à  une  grande  hauteur  dans  les  temps  forts  de 
danse,  et  qu'il  sait  retomber  à  terre  en  rebondissant  pour 
s'élever  une  seconde  fois  à  une  plus  grande  hauteur. 
Despréaux  recommande  cette  agile  souplesse  : 

En  sautant  imitez  le  ressort  du  ballon, 

BALLONNÉ  OU  BALLONÉ.  Nom  d'un  temps  de  danse 
exécuté  comme  il  suit  :  une  jambe  étant  élevée  devant 


4S  BAS 

ou  derrière,  à  la  (]uatricme  position  (voir  ce  mol),  la 
laisser  retomber  devant  ou  derrière  l'autre  en  plaçant  le 
pied  retombant  sur  la  pointe  presque  sans  toucher  terre; 
relever  de  suite  ce  pied  à  la  quatrième  position  en  l'air 
devant  ou  derrière.  J'ai  employé  ces  deux  mots,  devant 
ou  derrière,  pour  définir  que  le  ballonné  peut  s'appeler 
ballonné  devant  ou  ballonné  derrière  selon  le  mode  d'exé- 
cution. Ce  pas  n'est  employé  qu'en  danse  de  théâtre  et 
peut  devenir  ballonné  double  si  la  jambe  frappe  deux 
fois  avant  de  retomber  à  terre. 

BALYMACHIA.  Nom  d'une  ancienne  danse  grecque  et 
romaine  classée  parmi  les  comiques;  Cassiodore  décerne 
de  pompeux  éloges  à  ceux  qui  s'y  adonnaient.  Vers 
l'an  520  de  notre  ère,  on  voit  des  pantomimes  danser 
la  balymachia,  et  on  la  trouve  plus  tard  interdite  par  le 
concile  de  Tolède  en  589. 

BANDECA.  Danse  nationale  de  l'Amérique  du  Sud, 
très  en  faveur  dans  la  province  de  Venezuela;  les 
danseurs  la  pratiquent  au  son  d'une  guitare  en  battant 
des  mains  et  en  faisant  un  grand  bruit  avec  leurs 
langues. 

BA\KIS3IOS.  Nom  d'une  ancienne  danse  grecque 
inventée  par  un  danseur  de  profession  nommé  Bankis 
et  citée  par  Aristophane  dans  sa  comédie  des  Nuées. 

BARMTM-DAXCE.  Voir  ce  motcà  la  page  270  et  à  l'ar- 
ticle Pas  de  quatre.  On  serait  en  droit  de  rechercher 
pourquoi  ce  nom  barnum-dance,  danse  de  grange  ou 
danse  en  grange,  a  été  donné  au  pas  de  quatre  dont  le 
caractère  différencie  si  heureusement  la  danse  en  grange 
et  la  danse  au  salon.  Mystère  ! 

BASQUE  (PAS  OU  TEMPS  DE).  Nom  d'un  temps  de 


BAS  m 

danse  aussi  usité  dans  la  danse  de  ville  que  dans  celle 
de  théâtre;  non  seulement  les  contredanses  anciennes, 
mais  encore  les  modernes  le  prouvent;  celles  de  1830 
étaient  souvent  dansées  avec  ce  pas  mélangé  aux  chassés 
et  aux  pas  de  bourré.  Ce  pas,  très  gracieux,  a  servi  à  com- 
poser la  redowa  chez  nous  et  une  sorte  de  boston  dans 
l'Amérique  du  Sud.  D'aucuns  lui  ont  donné  le  nom  de 
pas  russe,  parce  que  les  dames  l'intercalent  fréquem- 
ment dails  la  mazurka,  cas  dans  lequel  il  est  dansé  sur 
une  mesure  en  trois  temps.  En  danse  de  ville  il  était 
généralement  adapté  à  une  mesure  en  deux  temps;  il  se 
compose  d'un  rond  de  jambe  en  avant  et  un  dégagé  et 
n'est  pratiqué  que  pour  avancer  ou  se  diriger  de  côté. 
Placé  à  la  troisième  position  pour  la  danse  de  ville,  et 
à  la  cinquième  pour  celle  de  théâtre,  on  décrit  un  rond 
avec  le  pied  droit  devant  soi  pendant  que  le  pied  gauche 
s'avance  à  la  quatrième  devant;  oh  rapproche  ensuite 
le  pied  droit  derrière  le  pied  gauche  à  la  troisième  posi- 
tion. Sur  le  premier  mouvement  les  genoux  ont  fléchi 
et  sur  le  second  ils  sont  tendus.  Si  le  pas  est  fait  sur 
une  mesure  en  trois  temps,  le  rond  du  pied  droit  occupe 
les  deux  premiers  temps  de  la  mesure  et  le  troisième 
est  rempli  par  ie  rapprochement  du  pied  contre  l'autre. 
Dans  les  contredanses,  ce  pas  était  employé  simultané- 
ment avec  les  chassés. 

BASQUE  RELEVÉ  (PAS  OU  TEMPS  DE).  Le  pas  de 
basque  prend  ce  nom  quand  la  jambe  qui  a  décrit  le 
rond  commençant  le  mouvement  se  rapproche  en  se 
relevant  devant  ou  derrière  la  jambe  avancée. 

BASSE  DANSE  (BASSE  DANCE).  On  donnait  ancien- 
nement ce  nom  à  toute  danse  exécutée  terre  à  terre  et 
sans  sauter,  tandis  qu'on  appelait  danse  par  en  haut 
celle  faite  en  sautant.  Thoinot-Arbeau  nous  apprend 
qu'il  y  avait  dès  le  xvi'  siècle  deux  sortes  de  basses 
danses,  les  unes  communes  et  régulières  et  les  autres 

3 


50  BAS 

irrégulières;  elles  étaient  appropriées  aux  chansons 
ainsi  dénommées.  «  Les  musiciens  d'alors,  dit-il,  com- 
posoient  leurs  chansons  en  seize  mesures  qu'ils  répé- 
toient  et  ainsi  estoient  trente-deux  mesures  pour  le 
commencement;  et  pour  la  médiation  mettaient  seize 
mesures.  Ainsi  en  tout  estoient  quatre-vingts  mesures 
dont  la  basse  dance  commune  et  régulière  estoit  com- 
posée, et  si  d'avanture  l'air  de  la  chanson  passoit  les 
octantes  mesures,  la  basse  dance  louée  par  i-celle 
estoit  appelée  irrégulière.  » 

La  basse  danse  était  exécutée  sur  une  m.esure  en  trois 
temps  composée  d'une  minime  blanche  et  de  quatre 
noires,  et  pour  la  théorie  je  rends  la  parole  à  Thoiiiot,  le 
seul  auteur  qui  nous  ait  transmis  les  anciennes  danses  : 

((  En  premier  lieu,  quant  vous  serés  entré  au  lieu  où 
est  la  côpagnie  préparée  pour  la  dance,  vous  choisirés 
quelqu'honneste  daraoiselle  telle  que  bon  vous  semblera, 
et  ostant  le  chapeau  ou  bonnet  de  vostre  main  gaulche,  lui 
tendres  la  main  droicte  pour  la  mener  dancer  ;  lors  la 
conduirés  au  bout  de  la  salle,  à  la  vueu  d'un  chacun,  et 
advertirés  les  loueurs  d'instruments  à  sonner  une  basse 
dance.  Car  aultrement  ils  pourroient  sonner  par  inadver- 
tence  quelqu'autre  sorte  de  dance,  et  metterez  que  leur 
commandant  une  basse  dance,  ils  entendront,  assis,  que 
demanderez  une  commune  et  régulière.  Toutefois,  si 
l'air  d'une  chanson  sur  laquelle  est  formée  une  basse 
dance  vous  agréait  plus  que  celle  d'une  aultre,  pourrés 
leur  nômer  le  commencement  de  la  chanson...  Le 
premier  mouvement  est  la  révérence,  la  deuxième  sorte 
est  le  branle  et  la  troisième  est  le  double,  la  cinquième 
est  la  reprise.  » 

Les  basses  danses  se  composaient  aussi  de  trois  par- 
ties :  la  première,  basse  danse  proprement  dite;  la 
seconde,  le  retour  à  la  basse  danse  et  la  troisième,  le 
tordion  (voir  ce  mot).  Toutes  portent  des  noms  en 
rapport  avec  les  chansons,  telles  que  la  Confortez-moi, 
la  Patience,  la  Toute  Frelore. 


BAT  5i 

BASTOiXERO.  En  Espagne,  on  donnait  ce  nom  à  un 
maître  de  cérémonie  chargé  de  diriger  les  bals  particu- 
liers, d'en  régler  les  figures  de  danse  et  d'assortir  les 
couples. 

BATHYLLE.  On  ne  saurait  mieux  retracer  l'histoire 
de  ce  célèbre  danseur  qu'en  disant  de  lui  qu'il  fut  le 
Vestris,  le  Gardel,  le  Saint-Léon  de  son  époque;  il  fut 
pour  les  Romains  le  créateur  de  la  mimique  et  de  la 
danse  théâtrale;  il  fut  admirable  et  admiré.  Le  mot 
peut  choquer  un  peu  ceux  qui  sont  étrangers  à  l'histoire 
de  la  danse,  mais  il  n'en  est  pas  moins  vrai  :  si  Vestris 
s'est  appelé  chez  nous  le  «  dieu  de  la  danse  »,  Bathylle,  et 
sans  en  excepter  son  rival  Pylade,  fut  le  deus  saltationis 
chez  les  llomains.  Comme  tous  les  grands  artistes,  sa 
carrière  fut  des  plus  agitées,  des  plus  mouvementées; 
jalousie,  envie,  luttes  de  toutes  sortes  ne  portèrent 
néanmoins  aucune  atteinte  à  son  talent.  Grâce  à  ses 
heureuse  dispositions  naturelles,  Bathylle  fut  affranchi 
par  Mécène  et  après  de  longues  études  devint  le  créateur 
de  l'art  scénique  en  chorégraphie.  Son  genre  tenait 
plutôt  du  comique  que  du  tragique  et  quelquefois  même 
allait  jusqu'à  une  liberté  voluptueuse  dont  Juvénal  dans 
sa  satire  VI  nous  a  conservé  le  souvenir.  Pylade,  son  émule 
et  son  concurrent,  préparait  le  genre  essentiellement  tra- 
gique. La  biographie  de  Bathylle  demanderait  une  trop 
large  place  ici.  Je  puis  la  résumer  en  quelques  mots  :  au 
point  de  vue  de  l'art  il  rappelle  Vestris,  au  point  de  vue  de 
son  genre  il  rappelle  Capoul  ;  ses  succès  près  des  dames 
romaines  ont  été  souvent  trahis  dans  les  auteurs  anciens. 

BATTEMENT.  Temps  de  danse  constituant  un  des 
meilleurs  exercices  préparatoires  :  les  heureux  résultats 
auxquels  il  amène  les  élèves  en  font  une  des  études 
les  plus  indispensables  aux  danseurs.  Il  donne  la  force, 
la  souplesse,  l'agilité  aux  jambes  et  de  plus  le  dehors 
nécessaire.  Les  battements,   en  général,  comprennent 


52  BAT 

les  grands  balleniLMils,  les  battements  tendus,  les  petits 
battements  sur  le  cou-de-pied,  les  battements  développés. 
Les  grands  battements  se  font  dans  les  quatre  directions 
que  peuvent  prendre  les  jambes,  devant,  derrière,  à 
droite,  à  gauche.  On  élève, .sur  le  premier  temps  d'une 
mesure  en  5/4,  une  jambe  à  la  hauteur  delà  hanche,  de 
manière  à  former  angle  droit  avec  celle  qui  supporte  le. 
corps;  sur  le  second  temps  la  jambe  retombe  devant  ou 
derrière  l'autre  à  la  troisième  ou  cinquième  position. 
Dans  la  danse  de  théâtre,  les  battements  sont  travaillés 
en  élevant  la  jambe  à  la  hauteur  de  l'épaule,  de  manière 
à  former  une  ligne  horizontale  de  la  pointe  du  pied  à 
l'épaule.  La  jambe  s'élève  en  avant  pour  les  battements 
devant  et  en  arrière  pour  les  battements  derrière. 

BATTEMENT  TENDU.  Le  battement  tendu  exerce 
toute  son  action  sur  le  cou-de-pied  qu'il  est  appelé  à 
développer,  en  amincissant  le  bas  de  la  jambe  et  en 
fortifiant  le  mollet.  Placé  à  la  troisième  position,  glisser 
à  droite  ou  à  gauche  selon  le  pied  agissant,  glisser  le 
pied  sur  la  pointe  fortement  tendue  et  le  rapprocher 
devant  ou  derrière  l'autre  à  la  troisième  position  ;  l'ac- 
tion de  glisser  le  pied  à  la  seconde  position  a  lieu  sur  le 
premier  temps  de  la  mesure  et  le  rapprochement  sur  le 
second.  On  peut  travailler  très  fructueusement  ces  bat- 
tements tendus  en  isolant  de  terre  le  talon  du  pied  repo- 
sant sur  le  sol;  de  cette  façon,  en  effet,  les  deux  pointes 
des  pieds  prennent  part  à  l'exercice.  Petit  battement  sur 
le  cou-de-pied  :  dans  ce  battement,  exécuté  comme  le 
battement  tendu  pour  le  premier  temps,  le  pied  revient, 
sur  le  second  temps,  se  croiser  devant  ou  derrière 
l'autre  en  ne  laissant  que  la  pointe  toucher  le  sol.  Ce 
battement  représente  en  danse  les  notes  d'harmonie  en 
musique  et  le  danseur  doit  arriver  à  la  plus  grande  rapi- 
dité dans  son  exécution  ;  il  doit  aussi  être  travaillé  en 
maintenant  sur  la  pointe  du  pied  non  agissant.  Batte- 
ment développé.  Dans  ce  battement,  la  jambe  élevée 


BAY  53 

s'abaisse  rapidement  se  relève,  s'abaisse  de  nouveau; 
ces  deux  mouvements  de  haut  et  de  bas  ne  doivent 
comporter  qu'un  temps  d'une  mesure  en  2/i. 

BATTEURS  DE  MESURE.  Les  Grecs  avaient  dans 
leurs  théâtres  des  batteurs  de  mesure  pour  accompagner 
les  chants  et  les  danses;  ces  batteurs  jouaient  même  un 
rôle  assez  important.  Leurs  pieds  étaient  armés  de  san- 
dales en  bois  ou  en  fer  semblables  à  de  petits  marche- 
pieds ou  escabeaux  avec  lesquels  ils  frappaient  vigou- 
reusement le  sol  à  chaque  temps  de  la  mesure;  parfois 
ils  frappaient  ces  sandales  avec  un  bâton  ou  bâtonnet  de 
bois  dur.  Burette,  dans  un  de  ses  Mémoires  sur  la  danse 
à  l'Académie  royale  des  inscriptions  et  belles-lettres, 
dit  que  ces  batteurs  de  mesure  employaient  aussi  des 
écailles  et  des  ossements  qu'ils  choquaient  avec  les 
mains  les  uns  contre  les  autres  comme  des  casta- 
gnettes. 

BAYADÈRES.  Selon  Dezobry,  le  mot  bayadère  vient 
du  portugais  bailadeira.  On  appelait  ainsi  les  danseuses 
de  l'Inde  qui  cultivaient  à  la  fois  et  le  chant  et  la  pan- 
tomime. Les  Lettres  de  Baron  à  Sophie  sur  la  danse 
nous  donnent  sur  ces  femmes  les  renseignements  les 
plus  précis  et  les  plus  exacts  que  nous  puissions  trouver. 
Postérieurement  à  cet  auteur  on  a  beaucoup  écrit  sur 
elles,  mais  le  roman  a  souvent  défiguré  l'histoire  et 
j'estime  qu'il  est  préférable  de  faire  appel  à  la  sincérité 
de  l'écrivain  dont  l'ouvrage  est  l'œuvre  d'un  peintre 
fidèle  de  l'histoire. 

«  C'est,  dit  Baron,  au  sein  des  pagodes  de  l'Asie,  avec 
l'or  prodigué  aux  brames  par  l'aveugle  dévotion  des 
peuples  que  se  sont  élevés  ces  cloîtres  de  vierges  sacrées 
ou  plutôt,  comme  dit  Raynal,  ces  séminaires  de  volupté; 
leur  origine  se  perd  dans  les  vieux  âges.  Vouées  au 
culte  des  dieux  et  aux  plaisirs  de  leurs  ministres,  exer- 
cées dès  leur  enfance  ù  la  musique,  à  la  danse,  à  la 


54  BAY 

poésie  et  à  tous  les  arts,  révérées  des  peuples  aux  yeux 
desquels  la  licence  est  une  vertu  dès  que  la  religion 
l'autorise,  les  bayadères  ne  quittaient  jamais  leurs  déli- 
cieuses demeures  que  pour  embellir  les  fêtes  religieuses 
et  ajouter  au  luxe  des  fêtes  royales.  Un  musicien  les 
accompagne;  il  est  d'ordinaire  vieux  et  difforme  et  frappe, 
en  battant  la  mesure,  sur  un  tam-tam.  Mais  le  son  vive- 
ment répété  de  cet  instrument  anime  les  danseuses  à  un 
point  extraordinaire.  Qu'on  se  peigne  ces  femmes  char- 
mantes, leurs  longs  cheveux  chargés  de  fleurs  et  de 
diamants,  leurs  yeux  noirs  où  brillent  tous  les  feux  du 
soleil  de  l'Inde;  leurs  bras  ornés  de  perles;  leur  gorge 
renfermée  dans  deux  étuis  d'un  bois  léger  que  revêt 
une  feuille  d'or  parsemée  de  diamants,  parure  délicate 
qu'elles  prennent  et  quittent  avec  une  agilité  singulière, 
qui  défend  les  trésors  de  leurs  seins  sans  les  flétrir,  qui 
les  couvre  sans  en  cacher  les  palpitations  animées  et  les 
voluptueuses  ondulations.  Leurs  danses  n'ont  presque 
qu'un  seul  objet  :  le  plan,  le  dessin,  les  attitudes,  la 
cadence,  tout  respire  l'amour  ;  l'amour  avec  ses  désirs,  ses 
langueurs,  ses  joies  enivrantes.  Voilà  le  thème  de  tous 
leurs  ballets.  Semblables  aux  fameuses  courtisanes  de 
l'Orient,  les  bayadères  représentent  demi-nues  toutes 
les  gradations  de  la  volupté,  et  la  molle  résistance,  et 
les  refus  agaçants,  et  les  faveurs  ménagées,  et  les 
larmes,  et  les  soupirs,  et  les  convulsions,  et  le  délire, 
et  le  feu,  jusqu'à  ce  qu'enfin,  les  yeux  humides  et 
nageant  dans  une  molle  langueur,  les  lèvres  sèches, 
toutes  les  veines  tendues,  elles  semblent  succomber 
sous  le  poids  du  plaisir,  ivres  et  palpitantes.  Telles 
sont  les  bayadères.  » 

Les  danses  des  bayadères  sont  désignées  sous  le  nom 
de  tchéga,  ou  danse  mozambique,  et  ont  quelque  rap- 
port avec  le  fandango  espagnol.  Le  nom  indien  des 
bayadères  est  chez  ce  peuple  celui  de  divédaschies.  On 
peut  trouver  de  plus  amples  détails  sur  ces  danseuses 
dans   les  Voyages  de  Hanfer  et  dans  la  Promenade 


liAY  55 

autour  du  monde  d'Arago.  Le  costume  de  ces  danseuses, 
bien  que  dépeint  plus  haut  par  Baron,  demande  encore 
quelques  détails  par  suite  de  son  originalité,  peut-être 
même  de  son  but.  Leurs  cheveux  noirs  comme  l'ébène 
empruntaient  l'éclat  d'une  glace  à  l'huile  aromatique 
dont  elles  les  enduisaient;  cette  magnifique  et  luxu- 
riante chevelure  descendait  en  longues  tresses  sur  les 
hanches  et  était  ornée  de  petites  plaques  rondes  en  or 
pur,  distancées  également  et  artistement.  L'extrémité 
en  était  arrêtée  par  une  houppe  filée  d'or  et  de  soie 
éclatante,  et  un  disque  d'or  couronnait  leur  tête.  Les 
bords  et  les  bouts  de  leurs  oreilles  étaient  percés  de 
trous  d'où  s'échappaient  des  anneaux  enrichis  de  pier- 
reries; elles  avaient  la  coutume  de  se  farder  en  jaune 
avec  du  safran  et  de  se  noircir  les  paupières  afin  d'ajouter 
à  l'éclat  de  leurs  yeux.  Depuis  la  ceinture  elles  étaient 
couvertes  d'un  pantalon  étroit  descendant  jusqu'à  la  che- 
ville du  pied,  et  portaient  une  sorte  de  voile  transparent 
et  léger,  qui  passait  par-dessus  leurs  épaules  en  dissi- 
mulant vaguement  leurs  seins.  Bras,  jambes,  pieds, 
mains  étaient  chargés  de  petits  anneaux  d'or  et  d'argenj. 
Tout  ce  que  l'on  voudrait  désirer  encore  sur  l'histoire 
de  ces  bayadères,  si  choyées  en  Orient,  peut  se  trouver 
dans  le  livre  de  Louis  Jacolliot,  édité  chez  Dentuen  1873, 
sous  le  titre  de  Voyage  au  pays  des  bayadères.  On  lira 
avec  plaisir,  à  la  page  243,  le  récit  d'une  de  leurs 
danses. 

BAYOXXAISE.  Danse  espagnole  malgré  son  nom 
français;  c'est  une  sorte  de  branle  dans  lequel  un 
nombre  égal  de  cavaliers  et  de  dames  s'enchaînent  par 
la  main,  se  séparent,  se  réunissent  à  nouveaux.  Elle 
s'appelle  aussi  la  pamperlé,  d'un  mot  patois.  La  bayon- 
naise  est  dansée  au  son  du  fifre  et  du  tambourin;  elle 
conmence  par  un  mouvement  lent  qui  peu  à  peu  devient 
accéléré.  Cavaliers  et  dames  se  tiennent  par  les  mains 
et  par  des  rubans  et  forment  un  cercle  sous  la  direction 


56  BER 

d'un  danseur  conduisant  avec  une  petite  baguette.  De 
temps  à  autre  un  danseur  fait  un  saut  en  se  plaçant 
devant  sa  dame,  puis  cède  sa  place  à  un  autre;  un  cercle 
l'entoure  et  ainsi  de  suite.  Le  roi  de  la  bayonnaise,  ou 
le  cavalier  conducteur,  élève  ses  bras  avec  ceux  de  sa 
dame;  ils  tiennent  des  rubans  assez  longs  pour  que  tous 
les  couples  rangés  par  quatre  de  front  passent  dessous. 
Cette  danse  est  très  répandue  dans  les  fêtes  champêtres 
et  très  peu  dans  les  salons. 

BELLICRÉPA.  Nom  d'une  ancienne  danse  romaine 
instituée  par  Romulus.  Festus  (Pomp.  de  rerh.  signif., 
lib.  122)  en  parle  en  ces  termes  :  «  Bellicrepum  salta- 
tionem  dicebant  quando  cum  armis  saltabant;  quod  a 
Romulo  institutum  est,  ne  simile  pateretur  quod  fecerat 
ipse,  cum  a  ludis  Sabinorum  virgines  rapuil.  » 

La  bellicrépa  était  dansée  avec  les  armes  de  l'époque; 
elle  a  été  tirée  des  Panathénées,  fêtes  dans  lesquelles 
les  danseurs  armés  de  toutes  pièces  représentaient  les 
processions  exécutées  au  son  de  la  flûte  sous  forme  de 
combat  de  Minerve  contre  les  Titans.  Suivant  Savary, 
dans  ses  Lettres  sur  la  Grèce,  les  Spachiotes  et  les  Grecs 
des  montagnes  ont  conservé  ces  belliqueux  plaisirs  ;  ils 
s'y  livrent  revêtus  du  costume  des  anciens  Cretois,  le 
carquois  sur  l'épaule  et  l'arc  tendu  dans  la  main. 

BÉRÉKIXTAKÈ.  Danse  armée  pratiquée  chez  les 
Cretois  en  l'honneur  de  la  mère  des  dieux;  elle  était 
dansée  en  armes. 

BERLIXE  (LA).  Danse  importée  en  1894  dans  les 
casinos  balnéaires  et  de  là  dans  les  salons  parisiens. 
Pourquoi  lui  avoir  donné  cette  étymologie  tudesque, 
puisque,  loin  d'avoir  le  caractère  sombre  de  la  danse 
germanique,  elle  est  au  contraire  empreinte  de  la  gaieté 
française,  disons  même  de  l'entrain  parisien?  La  ber- 
line est  dansée  sur  une  mesure  en  2/4,  mouvement  de 


BOC  57 

polka  tournée  comme  les  valses.  Le  cavalier  conduit  sa 
dame  tantôt  par  la  main,  tantôt  par  la  taille.  1'^  et 
2*  mesures  :  Le  cavalier  conduisant  sa  dame  par  la 
main  droite  et  restant  espacé  d'elle  fait  un  pas  de 
polka  du  pied  gauche  et  étend  gracieusement  la  jambe 
droite  en  effilant  la  pointe  du  pied  autant  que  possible. 
Il  se  retourne  pour  donner  sa  main  gauche  à  la  dame 
et  recommencer  un  second  pas  de  polka  avec  le  pied 
droit,  pas  suivi  de  l'extension  du  pied  gauche  devant. 
La  dame  exécute  ces  pas  avec  le  pied  inverse  à  celui 
du  cavalier.  3°  et  4"  mesures  :  Le  couple  fait  le  pas  de 
la  coquette  (voir  ce  mot),  une  fois  sur  la  gauche  et  une 
fois  sur  ladroite.  — Nota  :  Cette  danse  est  d'autant  plus 
gracieuse  que  les  couples  suivent  plus  régulièrement 
la  ligne  prise  au  début  de  la  danse,  c'est-à-dire  la  droite 
du  salon  en  tournant.  On  lui  donne  quelquefois  le  nom 
de  polka  militaire 

BIBASIS.  Danse  laconique  employée  comme  concours 
pour  décerner  les  prix  aux  enfants  des  deux  sexes.  Elle 
consistait  à  sauter  un  certain  nombre  de  fois  en  se 
frappant  le  dos  avec  les  talons. 

BOCAXE.  Nom  donné,  vers  la  moitié  du  xvii*  siècle,  à 
une  danse  inventée  par  Bocan,  maître  à  danser  de  la 
reine  Anne  d'Autriche.  Tout  porte  à  croire  qu'elle  fai- 
sait partie  des  basses  danses,  c'est-à-dire  qu'elle  consis- 
tait en  pas  lenls  et  sur  une  mesure  en  trois  temps. 
Compan  affirme  presque  qu'elle  était  dansée  en  1646. 
Tout  l'historique  et  presque  la  pratique  de  cette  danse 
peut  se  résumer  dans  une  réponse  que  j'adressais  à 
l'intéressante  revue,  le  30  juillet  189'i,  publiée  sous  le 
titre  de  l'Intermédiaire  des  chercheurs  et  curieux  sous 
la  direction  de  M.  Faucou,  n"  43,  rue  Cujas.  L'article 
était  fait  en  réponse  à  la  question  posée  le  30  avril  de  la 
même  année,  demande  posée  en  ces  termes  :  «  Une 
danse  inconnue.  «  Jacques  Cordier,  connu  sous  le  nom  de 

3. 


58  BOC 

Bocan  et  célèbre  maître  à  danser  du  xvi*  siècle,  a  inventé 
la  bocane,  danse  aujourd'hui  inconnue,  mais  que  j'ai  vu 
danser  dans  ma  jeunesse.  »  Voilà  tout  ce  que  dit 
Piganiol  sur  la  bocane,  dont  je  voudrais  connaître  plus 
amplement  la  théorie.  Jacques  Cordier.  son  inventeur, 
était  un  artiste  extraordinaire,  cagneux,  goutteux,  les 
mains  crochues,  les  pieds  tortus,  ne  sachant  ni  lire  ni 
écrire,  et  ne  connaissant  pas  une  note  de  musique;  il 
était,  paraît-il,  un  professeur  fort  remarquable  et  plaçait 
et  conduisait  les  danses  en  tenant  seulement  ses  écoliers 
par  la  main.  La  bocane  doit  donc  être  une  danse  fort 
artistique. 

«  Que  mes  confrères  m'aident  donc  à  la  retrouver. 
G.W.  »  (Traduisez  peut-être  Wekerlin  du  Conservatoire 
de  musique.) 

Comme  je  le  disais  plus  haut,  la  réponse  insérée  dans  le 
numéro  du  30  juillet  4892  résume  la  question  autant  que 
faire  se  peut,  car  les  données  chorégraphiques  font  défaut. 

Avant  tout,  la  bocane  (1645  à  1048  à  peine)  ne  pouvait 
être  une  danse  artistique,  car  à  l'instar  de  toutes  les 
danses  qui  méritèrent  ce  titre,  telles  que  la  vorlaise, 
conty,  zolief  d'Espagne,  pavane,  gavotte,  menuet,  nos 
anciens  chorégraphes  nous  en  auraient  laissé  des  sou- 
venirs théoriques  ou  descriptifs,  comme  ils  l'ont  fait 
pour  toutes  ces  anciennes  danses.  Aucun  auteur  des 
xvi%  xvii%  XVIII*  siècles  ne  daigne  consacrer  la  plus 
petite  ligne  à  la  bocane  ;  Feuillet,  Pécour,  Magny, 
Rameau  restent  muets  et  nous  n'avons  rien  trouvé  à  la 
Bibliothèque  de  l'Opéra,  malgré  l'obligeance  de  son 
dévoué  archiviste,  M.  Nuitter. 

Toutefois,  en  homme  du  métier,  je  puis  approximati- 
vement et  par  déduction  définir  quelques  pas  et  temps 
de  la  bocane;  il  suffit  de  s'en  rapporter  à  l'auteur,  à  sa 
triste  conformation,  aux  costumes  lourds  et  pesants  de 
l'époque,  à  l'état  d'enfance  dans  lequel  étaient  encore  la 
danse  et  la  musique.  Lourde  était  la  musique,  pesante 
était  la  danse.  La  bocane  faisait  indubitablement  partie 


BOC  59 

des  dances  appelées  basses  (lances^  divertissement  aussi 
monotone  que  peu  artistique  et  rappelant  à  peine  l'an- 
tique et  iiraveemmélie  des  Grecs. 

Le  professeur  Cordier  (dit  Bocan)adii  être,  pour  moi, 
le  créateur  d'un  pas  qui  plus  tard  servit  à  danser  la 
pavane.  Afin  de  dissimuler  l'état  caiïneux  de  ses  jambes 
et  les  défectuosités  corporelles  que  dame  nature  lui  avait 
si  largement  prodiguées,  il  fit  appel  <à  son  intelligence 
fort  laborieuse.  Il  inventa  un  pas  nouveau  et  contraire  à 
tous  ceux  alors  usités,  en  faisant  marcher  à  droite  la 
jambe  gauche,  et  réciproquement  la  gauche  à  droite  ;  de 
même  pour  les  bras.  Ainsi  croisés  l'un  devant  l'autre, 
les  deux  genoux  ne  pouvaient  que  masquer  leur  confor- 
mation défectueuse,  par  suite  de  leurs  mouvements  en 
sens  inverse.  Porter  haut  et  altièrement  la  tête, 
abaisser  fortement  les  épaules,  largement  ouvrir  la  poi- 
trine, se  croire  en  un  mot  l'égal  du  roi  Charles  P',  qui, 
non  content  de  le  combler  de  bienfaits,  l'accueillait  à 
sa  table,  cela  suffisait  au  succès  de  l'auteur  de  la 
bocane,  au  succès  d'une  danse  qu'il  décorait  de  son 
pseudonyme  patronné  par  ducs  et  duchesses,  rois  et 
reines.  Pour  les  chercheurs  désireux  de  trouver  des 
notes  sur  Cordier,  dit  Bocan,  né  en  1580  et  célèbre 
jouer  de  rebeck  (sorte  de  viole  ou  violon  dont  jouaient 
les  ménestrels  du  temps),  je  leur  recommande  la  Bio- 
graphie de  Fétis  au  mot  Cordier,  ainsi  que  Piganiol  de 
la  Force,  Description  de  Paris,  t.  II,  p.  !215-"2I6, 
édition  in-12,  Paris,  1765;  en  plus  la  Tablature  de 
Mandore,  1629,  1  vol.  in-i"  oblong. 

Heureux  Bocan  d'être  né  sous  le  xvi^  siècle  !  De  nos 
jours  je  doute  que  les  quelques  rares  monarques  restés 
sur  leurs  trônes  l'aient  invité  à  leur  table,  lui  aient 
même  confié  les  leçons  de  danse  et  de  maintien  de  leurs 
enfants.  On  se  demande  comment  le  pauvre  professeur, 
si  déshérité  de  la  nature,  a  enseigné  l'art  de  la  danse 
aux  reines  de  France,  d'Espagne,  d'Angleterre,  de 
Poloiiiie  el  de  Danemark. 


60  BOS 

BOLÉRO.  Danse  espagnole,  plus  noble,  plus  calme 
que  le  fandango  ;  elle  est  dansée  par  deux  personnes  et 
et  divisée  en  cinq  parties  :  4°  le  pasco  ;  2°  le  traver- 
sias,  ou  traversé  pour  changer  de  places;  3°  la  diffe- 
7'encia,  pour  changer  de  places  une  seconde  fois  ;  4°  la 
finale  pour  revenir  à  ses  places  primitives  ;  5"  le  bien 
parado,  pas  et  attitudes  gracieuses  exécutés  par  le 
couple  dansant  en  face  d'un  autre  couple  non  dansant. 
La  mesure  du  boléro  est  en  deux  temps,  mouvement 
moderato  avec  pas  glissés  en  commençant  et  légèrement 
battus  pour  finir. 

BOSTON.  Valse  très  répandue  en  Amérique  et 
importée  en  France  depuis  1874  environ  par  la  colonie 
américaine.  Dès  1867  on  l'avait  vu  danser  dans  quelques 
salons,  mais  il  n'avait  point  encore  acquis  la  vogue  dont, 
surtout  aujourd'hui,  il  jouit  près  des  danseurs.  Primiti- 
vement et  le  plus  généralement  le  boston  est  dansé  sur 
une  mesure  en  trois  temps;  en  Amérique  et  en  Angle- 
terre, la  mesure  est  lente;  mais  chez  nous,  non  seulement 
elle  est  plus  vive,  mais  le  plus  souvent  les  danseurs  en 
font  abnégation,  car  ils  adoptent  quelque  pas  que  ce 
ce  soit,  pourvu  que  ce  pas  soit  plié,  et  ne  prennent  aucun 
souci  du  rythme.  J'ajouterai  que  bon  nombre  dansent  un 
pas  en  trois  temps  sur  une  mesure  en  deux  temps;  ne 
discutons  pas  et  revenons  à  la  théorie. 

Le  boston  s'exécute  sur  une  mesure  en  3/4,  genre  de 
valse  moderato  ;  il  est  composé  de  trois  pas  en  avant 
alternés  de  chaque  pied  et  de  trois  en  tournant  sur  les 
pointes;  ces  trois  premiers  temps  sont  souvent  répétés 
en  avant,  puis  en  arrière  alternativement;  quelquefois 
on  les  exécute  en  avançant  pendant  plusieurs  mesures 
ou  en  reculant  ;  les  deux  pieds  commencent  alors  le 
premier  pas  l'un  après  l'autre.  Loin  d'être  réglée  régu- 
lièrement comme  nos  valses,  cette  danse  demande  une 
grande  variété  dans  les  mouvements  de  direction  ;  avancer, 
reculer,  tourner  à  droite,  tourner  à  gauche,  sans  suivre 


BOU  61 

aucun  ordre,  résument  les  qualités  du  soi-disant  excel- 
lent bostonneur.  Les  Américains  ont  presque  un  genre 
de  musique  spéciale  pour  leurboston,  genre  qui  consiste 
en  valses  jouées  lentement.  Chez  nous  la  mode  est  de 
bostonner  toutes  les  danses,  polka,  polka-mazurka, 
valse;  quelques  danseurs  même  ont  dédaigné  la  musique 
à  tel  point  qu'ils  ont  bostonné  le  quadrille.  La  mode 
ne  peut  être  discutée.  Libre  à  eux  de  danser  à  contre- 
temps ou  à  contre-mesure. 

BOUFFOXS  (DAXSE  DKS).  La  danse  des  bouffons  ou 
des  mattachions  est  une  sorte  de  pyrrhique.  Tboinot- 
Arbeau  en  donne  la  tablature  suivante  dans  son  Orché- 
sograpliie  :  «  Les  bouffons  sont  vestus  de  petits  corceiels 
avec  simbriels  es  espaules  et  soulz  la  ceinture  ;  une 
pente  de  taffetas  sous  iceslel,  le  morion  de  papier  doré, 
les  bras  nuds,  les  sonnettes  aux  jambes,  l'espée  au  poing 
droict,  le  bouclier  au  poing  gaulche  ;  lesquels  dansent 
sous  un  air  à  ce  progrès,  et  par  mesure  binaire,  avec  le 
bastemeiit  de  leurs  espées  aux  boucliers.  Pour  côprendre 
celle  dancc,  il  fault  présuposer  qu'on  y  fait  plusieurs 
sortes  de  gestes.  L'un  de  ces  gestes  se  nomme  la  feinte 
quand  le  danceur  saulte  sur  la  poincte  des  pieds  iouts, 
tenant  son  espée  sans  en  toucher,  aulcunement.  L'aultre 
geste  est  appelé  estocade,  quand  le  danceur  roule  son 
bras  et  avance  la  pointe  de  son  espée  pour  frapper 
d'icelle  son  compagnon.  L'aultre  geste  est  appelé  taille 
haulte  quand  le  danseur  frappe  son  compagnon  descen- 
dant et  fauchant  de  la  main  droicte  de  laquelle  il  tient 
son  espée  à  la  main  seneslre.  L'aultre  est  appelée 
reveronault  quand,  au  contraire,  frappe  son  compagnon 
en  descendant  et  fauchant  de  sa  main  seneslre  à  sa  main 
droicte.  L'aultre  gesle  est  appelé  taille  basse  quand  le 
danceur  frappe  son  compagnon  en  montant  de  la  main 
droicle  à  la  seneslre.  L'aultre  gesle  est  nommé  revers  bas 
quand  le  danceur  frappe  son  compagnon  en  monlanl  de 
la  main  seneslre  à  la  main  droite.  ;) 


62  BOU 

Cette  danse  des  boufîons  ne  rappelle  pas  seulement 
l'ancienne  pyrrhique,  mais  bien  aussi  une  véritable  leçon 
d'escrime- 

BOUKOLOS  OV  BOUKOLIASMOS.  Danse  citée  par 
Lucien  dans  son  Dialogue  sur  la  danse:  pastorale  et  vil- 
lageoise, elle  était  usitée  en  Grèce  dans  les  fêtes  de 
village. 

BOULANGÈRE  (LA).  Actuellement  ronde  d'enfants, 
la  boulangère  fut  longtemps  dansée  par  les  grandes  per- 
sonnes dans  les  fêtes  de  famille  et  dans  les  bals  cham- 
pêtres. Elle  était  dansée  et  chantée  tout  à  la  fois  sur  les 
paroles  de  l'ancienne  chanson  : 

La  boulangère  a  des  écus 
Qui  ne  lui  coûtent  guère, 
Elle  en  a,  je  les  ai  vus, 
J'ai  vu  la  boulangère. 

Plus  d'un  de  nos  aïeux  la  dansa  sous  forme  et  sous 
nom  de  rigaudon  ;  tout  le  monde  y  prenait  part,  môme 
sans  connaître  la  danse.  La  théorie  moderne  publiée  en 
1857  chez  Uewj^el ,  au  Ménestrel ,  par  le  professeur  Desrat, 
sous  le  titre  de  le  Bal  (renfants,  est  la  reproduction 
tidèle  de  l'ancienne.  —  Théorie  de  la  boulangère  :  Tous 
les  danseurs  forment  un  rond,  chaque  cavalier  ayant  sa 
dame  à  sa  droite;  le  nombre  de  couples  est  indéterminé. 
Bond  :  S  ou  16  mesures  selon  le  nombre  de  couples; 
tous  les  danseurs  forment  un  rond  eu  se  donnant  les 
mains  et  tourneut  à  gauche  jusqu'à  ce  qu'ils  soieut 
revenus  à  leurs  places  primitives.  Tour  de  main:  8,  10, 
32,  etc.,  mesures.  Le  premier  couple  se  place  au  centre 
du  rond,  le  cavalier  fait  avec  sa  dame  un  tour  de  main 
droite  et  un  second  tour  de  main  gauche  avec  la  dame  du 
deuxième  couple;  il  revient  tourner  avec  sa  dame  par  la 
main  droite,  puis  tourne  ensuite  par  la  main  gauche  avec 
la   dame   du   troisième  couple.    Ainsi  de  suite  jusqu'à 


BOU  63 

ce  qu'il  ait  tourné  avec  toutes  les  dames  et  ait 
retrouvé  sa  place.  Tous  les  danseurs  forment  un 
rond  et  la  même  figure  est  répétée  successivement  par 
tous  les  couples;  chaque  couple  faisant  les  tours  de  main 
l'un  après  l'autre  et  un  rond  général  termine.  Si  on  le 
désire,  on  peut  recommencer  la  danse  en  plaçant  la  dame 
au  centre  du  rond. 

BOURRÉE.  Danse  originaire  d'Auvergne  et  très 
répandue  dans  toutes  les  contrées  environnant  cette 
province,  ainsi  que  celles  du  Bourbonnais  et  de  l'Anjou. 
La  bourrée  empreinte  d'une  grande  gaieté,  n'en  déplaise 
à  M.  Chéruel,  qui  lui  donne  le  nom  d'auvergnate,  diffère 
essentiellement  de  cette  dernière  :  l'une  est  en  2/4 
et  l'autre  en  S/^;  de  plus,  la  danse  de  l'une  est  pétil- 
lante, et  celle  de  l'autre  empreinte  du  caractère  un 
peu  farouche  des  montagnards.  Les  Angevins,  les  Berri- 
chons dansent  la  bourrée  prestement  sur  leurs  airs 
nationaux  si  vivement  accentués,  les  Auvergnats  dansent 
lourdement  leur  bourrée  auvergnate  avec  leurs  sabots  et 
sur  leur  air  lent  et  traditionnel  :  «  Pour  bien  dança,  vivent 
les  Auvergnats.  »  L'auvergnate,  comme  toutes  les 
danses  villageoises  de  la  Saintonge  et  les  passe-pieds  de 
la  Charente,  est  écrite  en  3/i  sur  cette  chanson  que 
l'on  retrouve  encore  à  Paris  dans  nos  bals  dits  bals- 
musettes,  parce  que  les  danses  ont  lieu  au  son  presque 
guttural  de  la  musette.  Les  bourrées  sont  notées  en  2/4- 
et  dansées  quelquefois  dans  les  salons  du  centre  de  la 
France;  nous  en  avons  comme  preuve  un  recueil  publié 
à  Royat  il  y  a  quelques  années  et  contenant  de  charmants 
petits  motifs  pleins  d'entrain  et  de  .gaieté.  Quand  les 
Auvergnats  dansent  leur  bourrée  nationale,  ils  l'accom- 
pagnent toujours  du  chant,  et  frappent  le  troisième 
temps  de  la  mesure  avec  leurs  sabots  ou  leurs  gros 
souliers  ferrés. 

La  bourrée  fut  lancée  dans  les   bals  par  les  gentils- 
hommes avant  de  devenir  le  caprice  chorégraphique  des 


64  BOU 

charbonniers  et  des  porteurs  d'eau.  Généralement  on 
s'accorde  à  croire  qu'elle  fut  introduite  à  la  cour  par  la 
fille  de  Catherine  de  Médicis,  Marguerite  de  Valois,  et 
qu'elle  eut  un  grand  succès  jusqu'à  Louis  XIII.  Elle 
disparut  dans  la  société  pendant  un  certain  temps,  puis 
reparut  dans  les  bals  continués  sous  la  Régence.  A  notre 
époque,  nous  ne  la  voyons  à  Paris  que  dans  ces  bals- 
musettes  que  je  citais  plus  haut  et  où  l'on  trouve  un 
grand  plaisir  à  voir  tous  les  dimanches  ces  vigoureux 
Auvergnats  devenir  légers  et  mettre  dans  leur  danse  un 
entrain  indescriptible,  dont  nosjeunes  danseurs  devraient 
plus  souvent  imiter  l'exemple.  Son  pas,  très  simple, 
consiste  à  sauter  deux  fois,  tantôt  sur  un  pied,  tantôt  sur 
l'autre,  en  frappant  le  talon  à  terre  au  troisième  temps, 
et,  pendant  que  le  pied  frappe  terre,  l'autre  s'élève etse 
croise,  en  l'air,  devant  la  jambe  du  pied  frappant.  Il  y  a 
souvent  un  repos  sur  le  premier  temps  et  le  second  est 
alors  accompagné  d'un  cri  sonore  et  d'un  vigoureux 
coup  de  talon  à  terre  ;  le  second  temps  se  trouve  alors 
prolongé  pour  équivaloir  aux  deux  derniers.  La  bourrée 
est  exécutée  par  un  nombre  de  couples  indéterminé. 

Par  suite  de  la  dernière  mode  usitée  dans  nos  bals 
costumés  contemporains,  mode  consistant  à  réunir  les 
anciennes  danses,  plusieurs  salons  ont  dansé  une  bourrée 
mise  en  rapport  avec  notre  danse  contemporaine  et  les 
exigences  mondaines  qu'elle  demandait. 

L'éditeur  Borneman  a  publié  celle  qui,  plusieurs  fois, 
fut  dansée  à  Paris,  il  y  a  quelques  année,  et  qui  eut  même 
quelques  succès  dans  des  bals  costumés.  La  théorie  est 
du  professeur  Desrat  et  la  musique  de  Signoret. 

Quatre  couples  se  placent  comme  dans  notre  quadrille 
français,  deux  sur  un  sens,  deux  sur  l'autre.  Les  figures 
sont  exécutées  avec  le  pas  traditionnel  de  la  bourrée 
décrit  ci-contre:  la  coda  est  dansée  avec  le  pas  de  l'an- 
cienne valse  à  trois  temps.  Pas  de  la  bourrée:  me- 
sure 2/4;  pas  du  pied  droit.  1"'  temps:  plier  la  jambe 
gauche  en  étendant  en  même  temps  la  droite  croisée  à 


BOU  65 

gauche  ;  2''  temps  :  se  soulever  légèrement  sur  la  jambe 
gauche  en  maintenant  la  droite  dans  sa  position 
étendue.  Le  pas  du  pied  gauche  se  fait  en  prenant  les 
mouvements  contraires  ;  plier  la  jambe  droite,  étendre 
la  gauche.  —  Pas  de  la  bourrée  sur  une  mesure  en  S/^: 
rester  deux  temps  de  la  mesure  au  lieu  d'un  seul  sur 
le  plié  de  la  jambe.  —  Figures.  V"  reprise  :  32  me- 
sures 3/4.  Auvergnate.  1"  8  mesures  :  deux  cavaliers 
s'avancent  avec  les  deux  dames  de  vis-à-vis,  reculent, 
avancent  une  seconde  fois,  cavaliers  et  dames  mettant  les 
poings  sur  les  hanches;  2"  8  mesures:  les  deux  couples 
placés  sur  l'autre  côté  recommencent  le  même  mou- 
vement ;  3"  8  mesures  :  les  deux  premiers  cavaliers 
avancent  et  reculent  en  se  tenant  avec  les  dames  de  vis- 
à-vis  par  la  main  droite  et  la  main  gauche  alternati- 
vement; 4°  8  mesures  :  les  deux  couples  placés  sur 
l'autre  façade  font  les  mêmes  mouvements.  —  2'  reprise  : 
32  mesures  :  tous  les  couples  ensemble;  les  cavaliers 
tournent  avec  toutes  les  dames  alternativement  en  se 
tenant  avec  elles  par  la  main  droite  et  en  les  faisant 
passer  sous  le  bras  droit  qu'ils  tiennent  élevé.  Le  même 
mouvement  est  recommencé  par  les  dames  qui  font 
tourner  les  cavaliers  sous  leur  bras  gauche.  Cavaliers  et 
dames,  mettant  les  poings  sur  les  hanches,  reprennent 
le  pas  de  la  bourrée  en  avant  et  en  arrière,  puis  tournent 
ensemble  pour  revenir  à  leurs  places  primitives.  —  Coda  : 
mesure  3/4.  La  première  reprise  est  recommencée  et 
terminée  par  une  valse  à  trois  temps  lente. 

BOL'KRÉ  (PAS  DE)  OU  TEMPS    DE   BOURRÉ.  Ce 

pas  de  danse  n'a  aucun  rapport  avec  la  danse  dont  nous 
venons  de  parler;  il  n'est  jamais  employé  dans  la  danse 
de  ville  et  semble  avoir  été  usité  dans  les  anciens  passe- 
pieds  (voir  ce  mot).  Anciennement,  il  était  fort  recherché 
des  cavaliers  dans  les  solos  ou  les  avant-deux  des  qua- 
drilles, etc.;  on  le  mélangeait  alors  avec  le  pas  de 
basque;  ce  dernier  pas  était  employé  pour  avancer  et  le 


66  BRA 

pas  de  bourré  pour  reculer.  Les  dames  ne  le  dédaignaient 
pas  afin  de  faire  valoir  leurs  jolis  petits  pieds  en  trot- 
tinant sur  les  pointes.  La  théorie  comporte  les  mou- 
vements suivants:  placé  à  la  cinquième  position,  élever 
le  pied  droit  en  abaissant  fortement  la  pointe;  le  laisser 
retomber  à  la  cinquième  position,  derrière  le  gauche, 
pendant  que  ce  pied  gauche  passe  à  la  seconde  position 
de  côté;  rapprocher  vivement  une  seconde  fois  le  pied 
droit  derrière  le  gauche  à  la  cinquième  position  sur  les 
pointes.  Le  pas  se  fait  aussi  du  pied  gauche  et  de  la 
même  façon.  Yestris  a  semé  à  profusion  les  pas  de 
bourré  dans  sa  gavotte. 

BOURRÉ  COURU.  (PAS  DE)  Le  pas  de  bourré 
prend  ce  nom  quand  il  est  exécuté  plusieurs  fois  de  suite 
avec  le  même  pied;  dans  ce  cas,  il  est  principalement 
dansé  sur  les  côtés  à  droite  ou  cà  gauche. 

BRAXDOXS  (DAXSE  DES).  La  danse  des  brandons 
avait  lieu  le  premier  dimanche  de  carême  autour  de 
bûchers  enflammés  en  souvenir  d'anciennes  traditions. 
Jusqu'au  milieu  du  xvii^  siècle,  elle  fut  chez  nous  très 
populaire,  et  une  sorte  de  caractère  religieux  la  caracté- 
risait, car,  en  la  dansant,  on  chantait  des  hymnes  sacrées. 
Les  brandons  du  Limousin  ont  existé  jusque  vers  la  fin 
du  XVIII*  siècle  et  on  en  a  conservé  quelques  paroles  : 

Saint  Marciau  pregas  per  nous 
Et  nous  espingares  per  vous. 

On  retrouverait  encore  cette  danse  dans  la  Franche- 
Comté,  l'Auvergne,  l'Orléanais  pendant  la  Révolution 
de  1789.  Les  paysans  allaient  la  nuit,  pendant  les 
premiers  jours  de  carême,  portant  des  torches  allumées, 
parcourir  les  jardins,  les  potagers;  ils  s'arrêtaient 
devant  les  plus  beaux  arbres  et  les  menaçaient  de  les 
brûler  ou  de  les  couper  s'ils  ne  rapportaient  pas  de  fruits 
à  l'époque  de  la  récolte.  Compan  affirme  que  c'esl  un 


BRA  67 

reste  de  superstition  pratiquée  par  les  anciens  au  mois 
de  février,  «  qui  en  fut  nommé  febriiarius,  a  febrando, 
parce  que,  comme  le  dit  un  auteur,  les  païens,  pendant 
douze  jours  de  ce  mois,  qui  était  le  dernier  de  leur  année 
solaire,  couraient  les  rues  en  dansant  avec  des  flambeaux 
allumés  pour  se  purifier  et  procurer  le  repos  aux  mânes 
de  leurs  parents  et  de  leurs  amis.  »  L'auteur  ajoute,  non 
sans  raison,  que  cette  coutume  s'est  conservée  avant  le 
commencement  du  printemps,  peut-être  pour  purger  les 
arbres  des  chenilles  dont  la  semence  commence  à  éclore 
à  l'approche  des  premières  chaleurs. 

BRAx\LE.  Le  branle  fut  depuis  Henri  III  la  danse  la 
plus  populaire  en  France;  branle  et  ronde  doivent  être 
presque  synonymes;  toutefois  chaque  contrée  donnait  à 
cette  danse  un  caractère  spécial  en  rapport  avec  ses 
mœurs  et  ses  coutumes.  Primitivement  le  mot  branle 
exprimait  seulement  l'escorte  d'une  autre  danse  ;  on  la 
trouve  toujours  avant  les  gaillardes  et  les  bocanes. 
Thoinot-Arbeau  en  donne  la  théorie  avec  tous  les  pas 
usités  dans  les  divers  branles;  ils  étaient  au  nombre  de 
dix-neuf  portant  tous  un  nom  différent  :  le  branle 
simple;  le  branle  double;  le  branle  gay;  le  branle  de 
Bourgogne  et  de  Gascogne,  dont  parle  la  reine  Margot 
dans  sa  XXVIIP  nouvelle;  le  branle  du  haut  Barrois;  le 
branle  du  Poitou,  cité  dans  les  contes  de  Chatières;  le 
branle  d'Ecosse;  le  branle  Trihory  de  Bretagne;  le 
branle  de  Malte  ;  le  branle  des  lavandières  dans  lequel 
les  danseurs  en  frappant  dans  leurs  mains  imitaient  le 
bruit  des  battoirs  des  blanchisseuses;  le  branle  des 
pois;  le  branle  des  sabots;  le  branle  des  chevaux;  le 
branle  de  la  moutarde;  le  branle  de  La  Haye;  le  branle 
de  l'official;  le  branle  de  la  torche  ou  du  flambeau,  dont 
parle  Brantôme  dans  ses  Dames  illustres.  Ce  dernier 
présentait  une  certaine  originalité  en  ce  sens  que  le 
cavalier  offrait  un  chandelier  à  la  dame  qu'il  désirait 
inviter;  la  dame  remettait,  après  la  danse,  le  flambeau  à 


68  BRA 

une  autre  dame  et  ainsi  de  suite.  Toutes  ces  danses 
étaient  exécutées  avec  des  chansons  connues  des 
danseurs,  dont  le  nombre  était  indifférent. 

On  appelait  encore  branle  de  sortie,  la  réunion  de 
fous  les  danseurs  et  danseuses  se  tenant  par  les  mains 
et  tournant  ensemble  comme  dans  la  farandole. 

BRANLE  MODERNE.  L'hiver  1883,  qui  marquera 
dans  l'histoire  de  la  danse  de  ville  une  date  mémorable 
par  le  nombre  des  bals  qui  eurent  lieu,  a  vu  revivre  un 
de  ces  branles.  Au  mois  de  février,  on  le  répète  chez  la 
comtesse  des  Allains  pour  son  bal.  Gil  Blas,  notre  gazet- 
tier  le  plus  mondain  et  le  plus  autorisé  en  question  de 
fêtes  et  de  bals,  écrivait  le  24  février: 

«  Sachez  donc,  mesdames  et  messieurs  mes  lecteurs, 
qu'on  se  prépare  en  grand  mystère  à  renverser  le  cotillon 
et  à  le  remplacer  par  cette  ancienne  danse  qui  est  connue 
sous  le  nom  de  branle.  C'est  à  l'occasion  de  la  mi-carême 
que  les  conjurés  ont  résolu  d'accomplir  cette  révolution 
chorégraphique.  Au  fait,  je  suis  d'accord  avec  eux,  le 
cotillon  commençait  à  m'ennuyer.  Du  reste  le  branle, 
dont  le  mouvement  est  très  gai  et  très  vif,  y  ressemble 
un  peu,  car  on  y  a  fondu  les  différentes  danses  connues 
sous  ce  nom,  ce  qui  fera  autant  de  ligures  avec  attributs 
et  même  costumes  appropriés.  On  a  réuni  tous  le 
branles  divers  dans  un  seul  branle  à  mener  et  on  les 
répète  tous  les  jours  afin  d'exécuter  avec  ensemble  ce 
coup  d'État  qui  doit  bouleverser  le  monde...  des 
salons.  )) 

Le  magnifique  poème  de  Mistral,  Calendaou,  donne 
des  descriptions  très  pittoresques  de  divers  branles  qui 
se  dansaient  au  pays  du  roi  René,  depuis  le  branle  des 
gueusards  qui  semble  une  apologie  de  l'ivrognerie, 
jusqu'à  celui  de  l'abeille,  qui  sent  effroyablement  la 
domination  mauresque  (Journal  d' Indre-et-Loire , 
7  août  1892). 


CAB  69 

BRISKOIATA.  Polliix  cite  celte  ancienne  danse 
grecque  sans  en  donner  aucune  explication  ;  Atiiénée  et 
Lucien  sont  également  muets  à  son  égard. 

BllYDALICA.  Ancienne  danse  usitée  en  Laconie  et 
exécutée  par  des  hommes  dont  les  visages  étaient  recou- 
verts de  masques  représentant  des  femmes  grotesques. 
Lé  caractère  en  était  lubrique,  souvent  même  poussé 
jusqu'il  l'indécence. 

BYLLICHAI.  Danse  ancienne  grecque  et  citée  par 
Pollux  sans  aucun  commentaire. 


CABARETIÈRE  (LA).  Nom  d'une  ancienne  danse 
assez  légère  et  usitée  au  moyen  âge;  elle  a  quelque- 
fois remplacé  les  premiers  menuets  dans  les  bals  de  la 
l)ourgeoisie;  on  n'en  possède  que  le  titre  seul  sans 
théorie. 

CABRIOLE.  Terme  d'un  pas  de  danse  aussi  brillant 
que  difficile  et  qui  n'est  employé  que  dans  la  danse  de 
théâtre  où  il  produit  un  grand  effet,  Le  danseur  s'élève 
rapidement  en  sautant  sur  une  jambe  et  fait  battre 
l'autre  une  ou  plusieurs  fois  contre  celle  qui  s'est  élevée 
et'  étendue  dans  toute  sa  longueur.  Pendant  ce  ou  ces 
battements,  les  deux  jambes  doivent  être  étendues.  La 
cabriole  est  simple,  si  la  jambe  bat  une  fois,  et  double  ou 
multiple,  si  elle  bat  plusieurs  fois.  La  cabriole  se  fait 
en  arrière  ou  de  côté;  dans  cette  dernière  attitude  qui 
estdes  plus  gracieuses,  le  danseur  doit  bien  maintenir  la 
tête  face  au  public  à  moins  qu'il  ne  doive  faire  le  pas 
entièrement  oblique  ;  il  tourne  alors  le  visage  vers  le  but 
déterminé  par  l'action  du  ballet. 


70  CAG 

OACHlîCHA  OU  CATCHUCHA.  Nom  d'une  danse 
nationale  espagnole  qui  ne  se  trouve  dans  aucun  diction- 
naire, bien  qu'il  appartienne  à  la  langue  usuelle  du  pays. 
Selon  Blasis,  il  est  d'usage  d'appliquer  ce  mot  à  un 
oiseau  rare  et  gracieux.  La  cachucha  est  dansée  par  un 
cavalier  ou  une  dame  seule,  sur  une  mesure  en  3/4, 
mouvement  modéré.  Le  danseur  augmente  peu  à  peu  la 
rapidité  de  ses  pas  et  le  bruit  des  castagnettes  qu'il  tient 
enfermées  dans  ses  mains.  L'air  en  est  regardé  comme 
national  et  les  pas,  comme  le  chant,  sont  gais,  gracieux 
et  passionnés.  Le  buste  joue  un  grand  rôle  ainsi  que  la 
tète  dans  les  mouvements  expressifs  qui  caractérisent  la 
danse. 

CADEACE.  La  cadence  est  l'observation  exacte  et 
minutieuse  des  mesures  de  l'air  sur  lequel  les  pas  sont 
exécutés;  elle  dénote  l'accord  des  pas  du  danseur  avec 
les  temps  de  la  musique  d'accompagnement  ;  il  faut 
toutefois  remarquer  que  la  cadence  n'est  pas  toujours 
a^ntuée  comme  le  temps  est  battu.  Aller  en  mesure  et 
suivre  la  cadence  sont  synonymes  à  la  ville  et  au  théâtre, 
et  c'est  au  musicien  à  la  rendre  aussi  facile  à  saisir  que 
possible. 

CAGNEUX.  On  appelle  danseur  cagneux  celui  dont 
les  genoux  sont  tournés  en  dedans,  c'est-à-dire  se  rap- 
prochent l'un  de  l'autre.  Cette  fâcheuse  disposition  des 
jambes  est  très  contraire  à  la  danse,  car  les  jambes 
restent  closes  et  produisent  une  contraction  désagréable 
à  l'œil  dans  les  hanches  et  les  cuisses.  La  partie  infé- 
rieure des  jambes  depuis  le  derrière  de  la  malléole 
jusqu'à  la  cheville  forme  un  triangle  dont  la  terre  est  la 
base.  Pour  paralyser  ce  défaut,  le  danseur  doit  longtemps 
travailler  les  ronds  de  jambe  en  l'air  (voir  ce  mot),  car 
ils  retourneront  ses  genoux  en  dehors.  L'étude  de  ces 
ronds  donnera  également  de  la  liberté  au  mouvement 
de  rotation  du  fémur  dans  la  cavité  cotyloide  de  l'os  de 


CAN  71 

la  jambe.  Les  rotules  des  genoux  s'effaceront  alors  de 
côté,  en  s'écartant,  et  arriveront  petit  à  petit  à  tomber 
perpendiculairement  avec  la  pointe  des  pieds. 

CALIFE  (LE).  Nom  d'une  ancienne  contredanse  com- 
posée par  Blasis  et  dansée  par  quatre  couples  exécutant 
les  figures  ci-dessous  :  1"  un  cavalier  seul  en  avant  et  en 
arrière;  2»  la  dame  de  vis-à-vis  répond;  3"  même  figure 
pour  les  trois  autres  dames.  Elles  font  pour  finir  le 
chassé-croisé  en  avant  vis-à-vis  le  cavalier  et  reviennent 
à  leurs  places;  4°  le  même  cavalier  avance  avec  les  trois 
dames;  fait  tour  de  main  et  retour  en  places  pour  tout  le 
monde;  5°  le  cavalier  fait  balancé  et  tour  de  main  avec 
sa  dame  ;  6"  le  cavalier  fait  chassé  de  côté. 

CALLICHOIIÉ.  Nom  à  la  fois  et  d'un  puits  et  d'une 
danse  que  formaient  autour  de  ce  puits  des  femmes  du 
peuple  chez  les  Grecs;  des  chants  accompagnaient  la 
danse. 

CAx\AICA.  Nom  d'une  danse  russe  dans  laquelle  le 
couple  dansant  se  livre  à  des  balancements  gracieux  : 
c'est  une  sorte  de  valse  avec  changements  de  mains, 
entremêlée  de  promenades  en  avant  et  en  arrière  les  uns 
des  autres. 

CAXARIES  (LES).  Tel  serait,  d'après  Compan,  le  nom 
d'une  ancienne  danse  venue  des  îles  Canaries;  elle  serait 
tirée  d'un  ballet  ou  mascarade  dans  laquelle  les  danseurs 
étaient  habillés  en  rois  de  Mauritanie  ou  en  sauvages; 
danse  vive,  animée  et  légère.  Thoinot-Arbeau  en  a  don- 
né la  tablature  ou  théorie  suivante  dans  son  Orchéso- 
grapliie:  «  Un  jeune  homme  prend  une  damoiseile  et 
tous  deux  dancent  ensemble  sous  les  cadences  de  l'air 
qui  lui  est  propre,  la  mène  sister  au  bout  de  la  salle;  ce 
faict,  il  se  recule  où  il  a  commencé,  regardât  touiours  la 
damoiseile.  Puis  il  va  la  retrouver  en  faisant  certains 


72  CAN 

passages.  Quoi  faict,  il  recule  comme  ci-dessus.  Lors  la 
damoiselle  en  vient  faire  autant  devant  lui,  et  après,  se 
recule  à  sa  place  où  elle  était;  et  continuent  tous  deux 
ces  allées  et  venues  et  recueillements  tant  que  la  diver- 
sité des  mouvements,  des  passages  leur  en  administre 
les  moyens;  et  noterez  que  les  dicts  passages  sont  gail- 
lards-et  néanmoins  étranges,  bizarres  et  ressentent  fort 
le  sauvage,  » 

CAXCAX  OU  CHAHUT.  On  a  donné  ce  nom  à  une  sorte 
de  danse  épileptique  ou  de  delirium  tremens,  qui  est  à 
la  danse  proprement  dite  ce  que  l'argot  est. à  la  langue 
française;  comme  le  dirait  Delveau,  c'est  la  langue  verte 
de  la  chorégraphie.  Le  cancan  ne  s'assujettit  à  aucune 
loi  musicale,  il  est  la  résultante  du  caractère  du  danseur 
ainsi  que  de  sa  souplesse  ou  de  son  agilité.  Je  doute  fort 
qu'il  puisse  y  avoir  quelques  rapports  entre  le  cancan 
moderne  de  nos  étudiants  et  certaine  danse  appelée 
cancan  en  1505  dont  la  revue  r Intermédiaire  des  cher- 
cheurs parle  dans  les  tomes  XI,  XIV  et  XXIV  de  l'année 
1891.  Je  puis  même  affirmer  qu'il  n'y  en  a  aucun.'  D'ori- 
gine moderne,  le  cancan  date  de  1830,  année  pendant 
laquelle  les  bals  publics  se  transformèrent  presque  com- 
plètement et  ne  furent  plus  suivis  que  par  la  petite  bour- 
geoisie. Cette  transformation  ne  s'opéra  toutefois  que  peu 
à  peu  jusqu'en  1840.  Cette  danse  n'a  pas  toujours  revêtu 
le  caractère  que  nous  lui  connaissons  aujourd'hui,  et, 
loin  d'être  grossière  et  licencieuse,  était  au  contraire, 
dans  ses  premières  années,  empreinte  d'une  originalité 
que  l'on  pourrait  appeler  spirituelle.  Il  est  vrai  qu'en 
1844  et  quelques  années  plus  tard  le  cancan  n'était  pra- 
tiqué au  Prado,  à  Mabille,  à  la  Chaumière  que  par  la 
jeunesse  studieuse  le  matin  et  frivole  le  soir.  Peu  de  nos 
hauts  fonctionnaires,  magistrats,  médecins  illustres 
ont  dédaigné  les  fameux  quadrilles  de  la  Tulipe' 
orageuse  ovi  de  Polichinelle  aux  enfers.  Le  mot  chahut, 
paraissant  plus  expressif  dans  le  sens  actuel  de  la  danse 


CAN  73 

de  nos  bals  publics,  devrait  remplacer  celui  de  cancan. 
On  ose  à  peine  définir  les  contorsions  grossières  des  fer- 
vents du  Moulin-Rouge,  on  est  loin  d'y  retrouver  ces 
élans  joyeux  de  notre  jeunesse;  les  plus  affreuses  contor- 
sions, les  gestes  les  plus  osés  s'y  reproduisent  et  il  ne 
faut  pas  s'étonner  si  nos  jeunes  étudiants  ont  déserté 
tous  ces  tristes  assemblages  de  situations  douteuses. 

On  a  cherché  à  réhabiliter  le  chahut  plusieurs  fois.  Je 
doute  fortement  qu'on  puisse  y  arriver,  et  il  suffit  pour 
s'en  convaincre  de  lire  les  excentricités  de  la  danse  et 
de  voir  les  dessins  de  Louis  Legrand  dans  les  supplé- 
ments du  Gil  Blas  du  23  mai  1891.  Les  études  de  dislo- 
cations, terribles  et  contraires  à  la  conformation,  les 
écarts  de  jambe,  disons  plutôt  les  écarlèlements,  ne 
seront  jamais  des  arguments  solides.  Malgré  la  visite 
faite  au  Moulin-Rouge  par  les  grands-ducs  Wladimir  et 
Alexis  de  Russie,  la  mode  ne  viendra  jamais  des  escarpes 
et  de  tous  les  mauvais  drôles  de  la  basse  plèbe  qui  con- 
stituent le  fonds  de  tous  les  bals  publics  actuels.  Dans  un 
article  du  journal  r Éclair  (9  février  189''2),  on  trouve  la 
véritable  expression  du  chahut  d'aujourd'hui  rendue  par 
un  des  anciens  prêtres  du  premier  cancan. 

Dans  un  interview,  Clodoche  répondit:  «Le  chahut 
d'aujourd'hui  est  sale.  »  Passons,  plutôt  revenons  à  la 
danse  du  véritable  cancan  pour  parler  de  l'étymologie  du 
mot  assez  peu  connue.  Je  n'ai  pas  assez  étudié  à  fond  ce 
genre  de  danse  pour  savoir  si  Larousse  est  dans  la  vérité 
quand  il  dit  que  cette  étymologie  ne  serait  qu'une  ono- 
matopée du  cri  maussade  et  fatigant  du  canard.  Quelques 
linguistes,  sans  s'occuper  de  la  danse,  font  remonter 
l'origine  du  mot  cancan  aux  longues  discussions  qui 
éclatèrent,  pendant  le  xvi'  siècle,  dans  l'Université  au 
sujet  de  la  prononciation  du  latin.  Ils  citent  à  ce  propos 
un  certain  Ramus,  maître  es  arts  et  professeur  au  collège 
royal.  L'éloquent  et  le  savant  arguait  pour  kankan  ou 
cancan  et  l'Université  vou\aiiquamquam;il  faillit  pour  sa 
ébellion  être  envoyé  aux  galères.  Bienquepeu  vraiscm- 

4 


74  CAR 

blable,  le  fait  n'en  est  pas  moins  constaté  par  un  diction- 
naire liistorique  et  biographique  de  1879,  Amsterdam, 
3  vol.  in-S". 

CANDIOTE  (LA).  Danse  des  Grecs  modernes;  sur 
une  musique  tendre  et  langoureuse,  une  jeune  fille  con- 
duit différentes  figures  avec  des  circuits,  des  voltes,  des 
ronds,  etc.  ;  les  danseurs  cherchent  à  imiter  les  tours  et 
détours  d'un  labyrinthe,  en  un  mot  à  représenter  l'épi- 
sode de  Thésée  et  d'Ariane.  Homère  a  décrit  cette  danse 
sur  le  bouclier  légendaire  d'Achille  :  «  Après  plusieurs 
autres  sujets,  dit  le  poète  grec,  Vulcain  y  représente, 
avec  une  variété  admirable,  une  danse  semblable  à  celle 
que  l'ingénieux  Dédale  inventa  dans  la  ville  de  Gnosse 
pour  la  charmante  Ariane  :  Des  jeunes  filles  et  des 
jeunes  gens,  se  tenant  par  les  mains,  dansent  ensemble. 
Les  jeunes  filles  sont  habillées  d'étoffe  légère  et  ont  sur 
la  tète  des  couronnes  d'or;  les  jeunes  hommes  sont 
vêtus  de  belles  robes  de  couleur  brillante.  Tantôt  une 
troupe  danse  en  rond  avec  une  telle  justesse  que  le  mou- 
vement d'une  roue  n'est  pas  plus  égal  et  plus  rapide  ; 
tantôt  le  cercle  dansant  s'entr'ouvre,  et  toute  cette  jeu- 
nesse, se  tenant  par  la  main,  décrit,  par  ses  mouvements, 
une  infinité  de  tours  et  détours.  »  On  comprend  faci- 
lement que  les  Grecs  aient  conservé  cette  danse  pleine 
d'entrain  dans  leurs  fêtes  champêtres. 

CARILLON  DE  DUNKERQt'E  (LE).  Ancienne  danse 
aussi  choyée  de  nos  aïeux  qu'elle  l'est  encore  aujourd'hui 
de  nos  enfants  dans  leurs  bals,  en  raison  du  bruit,  pour 
ne  pas  dire  du  tapage  qu'ils  font  en  la  dansant,  tantôt  frap- 
pant le  parquet  de  leurs  petits  pieds,  tantôt  battant  des 
mains.  Le  carillon  est  un  ancien  branle,  une  danse  d'en- 
semble à  laquelle  peuvent  prendre  part  autant  de  danseurs 
que  de  danseuses,  pourvu  que  cavaliers  et  dames  soient 
en  nombre  égal  de  part  et  d'autre.  Son  nom  lui  vient  des 
battements  de  mains  et  de  pieds  qui  rappellent  le  son 


CAR  75 

des  cloches.  Pourquoi  l'appelle-t-on  carillon  de  Dun- 
kerque?  J'avoue  n'avoir  pas  pu  retrouver  cette  étymo- 
logie.  La  danse  est  exécutée  sur  un  air  spécial  dont  le 
rythme  traduit  fidèlement  les  mouvements  des  mains  et 
des  pieds.  Une  ancienne  chanson  populaire  a  servi  de 
thème  à  la  danse  et  peut-être  pourrait-on  regarder  les 
mouvements  de  la  danse  comme  une  ironie  plaisante 
adressée  à  certaines  personnes  participant  au  carillon. 
Les  paroles  de  la  chanson  commençaient  par  ces  mots: 

Cocu,  cocu,  mon  père. 
Si  mon  père  est  cocu, 
C'est  que  ma  mère 
L'a  bien  voulu. 

La  théorie  de  cette  ancienne  danse  a  été  rééditée  en 
1857  dans  le  Recueil  des  rondes  enfantines  publié  par 
Heugel  du  Ménestrel  sous  le  titre  le  Bal  d'enfants,  par 
le  professeur  Desrat  qui  en  a  conservé  l'original. 

Théorie  du  carillon  de  Dunkerque  :  Tous  les  couples 
se  placent  en  rond.  Rond  :  8  ou  16  mesures  selon  le 
nombre  des  danseurs;  tous  se  donnant  les  mains  tournent 
à  gauche.  Balancé  et  tour  de  mains  :  8  mesures.  Chaque 
cavalier  s'avance  vis-à-vis  de  sa  dame  et  fait  avec  elle 
un  balancé  en  glissant  les  pieds  quatre  fois  à  droite  et  à 
gauche,  puis  tourne  avec  elle  en  lui  donnant  les  deux 
mains.  Carillon  :  4  mesures  ;  les  dames  frappent  trois 
fois  dans  leurs  mains;  les  cavaliers  répondent  aux  dames 
en  frappant  trois  fois  du  pied  à  terre.  Tour  de  mains  : 
4  mesures;  chaque  cavalier  tourne  avec  sa  dame  par  les 
deux  mains.  Changement  de  daines  :  chaque  cavalier  re- 
commence le  balancé,  le  tour  de  mains,  le  carillon  et  le 
second  tour  de  mains  avec  toutes  les  dames  alternative- 
ment; un  rond  général  termine  cette  première  partie  de 
la  danse.  Pour  la  seconde,  les  dames  changent  de  cava- 
liers en  se  dirigeant  sur  leur  droite  et  exécutent  les 
mêmes  mouvements  avec  tous  les  cavalier  les  uns  après 
les  autres.  Rond  général  pour  finir. 

On  a  vu  quelquefois  un  galop  (voir  ce  mot)  général 


76  CEN 

suivre  lo  rond  final.  Dans  ce  cas,  Torcheslre  doit  s'in- 
spirer de  la  danse  et  prendre  un  air  en  2/4  ou  6/8  rapi- 
dement joué. 

CARYATES.  Danse  des  anciens  Grecs  empreinte 
d'une  grande  noblesse  et  d'une  virginale  innocence  ;  elle 
était  réservée  aux  vierges  de  Laconie  qui  étaient  fières 
de  l'avoir  apprise  de  Pollux  lui-même.  Elle  paraît  avoir 
été  assez  originale  pour  que  de  nos  jours  on  accorde  une 
confiance  très  limitée  à  son  succès  ;  en  se  reportant  aux 
mœurs  des  Spartiates,  on  sera  d'un  avis  tout  différent. 
En  effet,  les  filles  de  Lacédémone,  sans  autre  voile  que 
leur  pudeur  et  leur  chasteté,  exécutaient  la  caryates  avec 
de  jeunes  Spartiates  autour  de  l'autel  de  Diane.  Les 
jeunes  gens  n'avaient  également  pour  tunique  que  leur 
ardent  amour  de  la  vertu. 

Hélène  faisait  le  principal  ornement  de  la  fête  et  les 
auteurs  nous  ont  rapporté  que  ce  fut  dans  une  caryates 
que  le  fils  de  Priam  s'enflamma  d'amour  pour  elle. 

CASCAUON.  La  baronne  Staffe  cite  cette  danse  comme 
mexicaine  dans  sa  revue  du  Figaro,  28  mars  1891.  Elle 
serait  en  honneur  dans  la  colonie  hispano-américaine  ; 
la  danseuse  choisit  son  cavalier  en  l'inondant  de  bouts 
de  papier  doré  et  parfumé,  qu'elle  laisse  échapper,  au- 
dessus  de  la  tète  du  cavalier,  d'un  sachet  de  satin.  Nous 
avons  déjà  dans  le  cotillon  une  figure  identique,  appelée 
la  boule  de  neige.  La  dame,  placée  au  milieu  du  salon 
et  entourée  d'un  rond  de  cavaliers,  brise,  au-dessus  de 
la  tête  du  danseur  avec  lequelle  elle  désire  danser,  une 
boule  contenant  des  confetti. 

CENTRE  DE  GRAVITÉ.  Le  centre  de  gravité,  c'est- 
à-dire  la  solidité  du  corps  en  danse,  est  la  condition  sine 
quanon  du  danseur  de  théâtre  ou  de  ville.  Comment,  en 
effet,  ce  dernier  pourrait-il  diriger,  conduire  et  soutenir 
sa  dame  du  bras  droit  enlaçant  sa  taille,  s'il  n'était  point 


CHA  77 

avant  tout  sûr  de  lui-même  et  maître  absolu  des  mouve- 
ments de  son  corps?  Le  centre  de  gravité  réside  au  bas  des 
reins,  à  l'issue  de  la  colonne  vertébrale.  Il  ne  doit  jamais 
être  déplacé,  quelle  que  soit  la  position  du  corps  et  quels 
que  soient  les  pas  ou  mouvements,  aussi  bien  sur  une 
jambe  seule  que  sur  les  deux.  Le  poids  d'un  homme  qui 
repose  sur  une  seule  jambe  est  divisé  en  deux  parties 
égales  au  poids  qui  supporte  le  tout  ;  dès  qu'il  se  meut, 
la  ligne  centrale  de  gravité  passe  par  l'axe  de  la  jambe 
qui  supporte  seule  le  corps. 

Chez  les  danseurs  de  théâtre,  il  est  indispensable  de 
tenir  bon  compte  de  la  pente  de  la  scène  qui,  descendant 
en  plan  incliné  vers  les  spectateurs,  inviterait  à  porterie 
haut  du  corps  trop  en  avant;  il  doit  donc  porter  d'autant 
plus  la  tête  en  haut,  la  poitrine  relevée  également,  afin 
que  le  sommet  de  la  tête  spit  perpendiculaire  à  la  chute 
des  reins. 

CHACONNE.  Nom  fort  répandu  en  danse  sous  le  moyen 
âge  ;  il  semble  difficile  d'admettre  l'étymologie  de  ce 
mot  donnée  par  quelques  auteurs  anciens,  élymologie 
tirée  d'un  ruban  appelé  chaconne  et  porté  au  cou  par 
les  jeunes  élégants  de  l'époque.  Ce  ruban,  attaché  au  col 
de  la  chemise,  tombait  en  pendant  sur  le  devant  de  la 
poitrine.  Il  faudrait,  suivant  la  logique,  déduire  de  cette 
étymologie  que  la  danse  appelée  chaconne  était  très  en 
vogue  chez  la  jeunesse  dorée  du  temps.  Ce  mot  appar- 
tient aussi  à  la  musique,  car  on  connaît  des  chaconnes 
écrites  sans  avoir  aucun  trait  à  la  danse,  à  côté  d'autres 
chorégraphiées. 

La  chaconne  faisait  partie  des  danses  savantes  et  tenait 
le  milieu  entre  les  hautes  et  basses  danses  ;  elle  équi- 
valait à  une  sorte  de  concerto  en  musique.  Ses  mou- 
vements lents  et  uniformes  sur  une  mesure  en  trois 
temps,  vigoureusement  accentuée,  rappelait  le  Passe- 
pied,  bien  que  ce  dernier  fût  plus  vite.  On  prétendait 
que  la  musique  devait  en  être  scandée  d'autant  plus  ra- 


78  CHA 

pidement  que  la  danse  avait  été  inventée  par  un  aveugle 
(Cécos)  qui,  ne  pouvant  voir  battre  la  mesure,  en  était 
réduit  à  la  sensibilité  seule  de  son  oreille  pour  se  main- 
tenir en  cadence  ou  en  mesure.  Le  pas  de  la  chaconne 
se  décomposait  ainsi  :  le  pied  gauche  devant  et  le  corps 
reposant  dessus,  la  jambe  droite  vient  s'assembler  des- 
sous après  avoir  été  élevée  à  la  seconde  position  en  l'air; 
ensuite  plier  et  se  relever  en  sautant  sur  le  pied 
gauche  ;  la  jambe  droite,  maintenue  en  l'air,  se  porte 
de  côté  à  la  seconde  position,  et  le  pied  gauche 
se  porte  après,  soit  derrière,  soit  devant,  ce  qui  con- 
stitue l'étendue  du  pas.  On  se  sert  ordinairement  de 
ce  pas  ou  temps  de  chaconne  pour  se  diriger  à  droite  ou 
à  gauche. 

CHACONNE  (TEMPS  DE).  On  donne  le  nom  de  temps 
de  chaconne  à  l'ensemble  des  mouvements  décrits  ci- 
dessus  ;  le  terme  en  est  consacré  dans  les  exercices  de 
danse  de  théâtre  et  son  emploi  est  d'autant  plus  fréquent 
qu'il  s'adapte  aussi  facilement  à  une  mesure  2/4  qu'à 
une  3/4.  Composée  d'un  mouvement  sauté  etde  deux  pas 
marchés  sur  les  pointes,  on  presse  ou  on  ralentit  suivant 
les  deux  ou  trois  temps  de  la  mesure. 

CHAINE.  On  entend  par  chaîne  l'action  de  se  donner 
les  mains  droite  et  gauche  entre  cavaliers  et  dames 
ou  même  entre  dames  seules  ou  cavaliers  seuls.  Quand 
un  nombre  de  couples  indéterminé  s'enchaînent  les  uns 
en  sens  inverse  des  autres,  le  mouvement  s'appelle 
grande  chaîne.  La  chaîne  des  dames  est  faite  par  deux 
dames  seules  se  touchant  la  main  droite  avant  d'aller 
tourner  par  la  main  gauche  avec  un  cavalier.  La  chaîne 
est  double  quand  elle  est  formée  par  quatre  personnes 
dont  deux  sont  placées  en  sens  différents  des  deux 
autres;  celte  dernière  chaîne  s'appelle  également  mou- 
linet (voir  ce  mot).  Les  chaînes  sont  employées  dans 
beaucoup    de   figures   de    danse,    quadrille,    cotillon, 


CHA  79 

mazurka  russe,  etc.  ;  la  plus  usitée  est  celle  dite  chaîne 
anglaise. 

CHAINE  ANGLAISE.  Pourquoi  a-t-on  donné  ce  nom 
à  la  première  figure  de  notre  quadrille  français?  Nul  ne 
le  sait  et  ne  le  saura  probablement  jamais.  On  entend 
par  chaîne  anglaise  l'action  de  deux  couples  qui,  placés 
vis-à-vis  les  uns  des  autres,  changent  de  places  et 
reviennent.  Les  cavaliers  conduisent  les  dames  par  la 
main  droite,  quittent  ces  mains,  pour  que  les  deux 
dames  passent  entre  eux  deux  et  les  font  tourner  devant 
eux  au  changement  de  places  en  leur  donnant  la  main 
gauche;  les  deux  couples  se  font  face  et  reprennent 
leurs  places  avec  le  même  changement  de  main  au  milieu 
et  au  retour. 

CHAINE  BRISÉE.  On  donne  ce  nom  à  une  chaîne 
que  les  danseurs  interrompent  ou  brisent  pour  changer 
les  figures  de  danse  dans  lesquelles  la  chaîne  se  con- 
vertit brusquement  en  ronds,  en  lignes,  en  parallèles 
comme  dans  les  figures  du  cotillon.  Les  danseurs  ne 
prennent  alors  aucun  souci  de  la  musique  ou  de  la 
mesure  et  changent  les  mouvements  de  la  danse  à  leur 
discrétion. 

S'il  fallait  en  croire  Térence,  les  premières  chaînes 
de  dames  auraient  été  exécutées  en  se  tenant  par  une 
corde  au  lieu  de  s'enchaîner  par  les  mains.  Les  quelques 
mots  laissés  par  lui  ne  permettent  pas  une  solution 
forcée,  mais  la  laissent  subsister.  Du  reste  les  chaînes 
étaient  très  usitées  dans  l'antiquité,  et  on  en  connaît 
une  qui,  consacrée  à  Cérès,  était  dansée  avec  des  guir- 
landes de  feuillages  enrubannés  d'étoffes  de  couleurs 
brillantes.  Ces  guirlandes  remplaçaient  ou  plutôt 
ornaient  la  corde  dont  parle  Térence. 

CHAMPÊTRES  (DANSES).  On  entend  par  danses 
champêtres  celles  que  nous  voyons  se  répandre  chaque 


80  CHA 

année  dans  les  villages,  fêtes  qui  remontent  à  la  plus 
haute  antiquité  et  qui  ont  de  nos  jours  complètement 
changé  de  caractère;  j'ajouterai  même  qu'elles  ont  perdu 
leur  originalité.  Primitivement  la  jeunesse  et  souvent 
les  adultes  fêtaient  le  saint  de  leur  village  par  des 
réjouissances  et  des  danses  essentiellement  puhliques, 
tandis  que  maintenant  ces  réjouissances  ont  lieu  dans 
la  salle  de  hal  dressée  par  un  entrepreneur  :  les  hahi- 
tants  sont  contraints  de  rétribuer  le  ménestrel,  au  lieu 
qu'anciennement  les  bals  champêtres  donnés  dans  la 
prairie  ou  dans  les  granges  étaient  libres  et  ouverts  à 
tout  le  monde.  La  seule  comparaison  qu'on  pourrait 
établir  entre  les  véritables  danses  champêtres,  anciennes 
et  modernes,  serait  de  songer  aux  bals  qui  s'établissent 
chaque  année  dans  les  rues  et  carrefours  de  Paris  pen- 
dant la  fête  nationale  du  14  juillet. 

Toutes  ces  fêtes  villageoises,  champêtres,  publiques 
ont  été  instituées  dans  l'antiquité  par  le  dieu  Pan,  qui 
voulait  qu'elles  fussent  exécutées  dans  les  bois.  Les 
danseurs  ceignaient  leurs  têtes  de  couronnes  de  lierre 
et  portaient  en  sautoir  des  guirlandes  de  fleurs. 

CHANGEMENT  DE  PIED.  Nom  d'un  temps  de  danse 
qui  consiste  à  changer  les  deux  pieds  de  place  en  sau- 
tant; il  se  fait  devant  ou  derrière,  selon  que  l'on  fait 
passer  le  pied  placé  devant  en  arrière,  ou  réciproque- 
ment. L'un  s'appelle  changement  de  pied  en  avant  et 
l'autre  changement  de  pied  en  arrière.  —  Théorie  du 
changement  de  pied.  Placé  à  la  cinquième  ou  à  la  troisième 
position  et  ayant  le  pied  droit  croisé  devant  le  gauche,  plier 
et  sauter  ensuite  en  plaçant  le  pied  gauche  devante  la  cin- 
quième ou  à  la  troisième  position,  tendre  les  jambes  après 
être  retombé  à  terre.  On  exécute  les  changements  de  pied 
sur  les  pointes  au  moment  où  les  pieds  touchent  terre 
et  les  talons  ne  doivent  porter  qu'à  la  fin  du  temps. 

CHAO.  Nom    d'une  danse    chinoise   très  goûtée  du 


CHA  81 

peuple  et  dansée  par  un  homme  qui  tient  à  la  main  un 
instrument  représentant  la  forme  d'un  2;  c'est  ce  qui 
fait  donner  à  cette  danse  le  nom  de  chaô. 

CHARISIA.  Nom  d'une  fête  qui  fut,  comme  son  nom 
l'indique,  instituée  en  l'honneur  des  Grâces;  jeunes 
filles  et  jeunes  gens  dansent  en  s'offrant  réciproquement 
des  gâteaux  et  des  fruits.  La  charisia  était  toujours 
dansée  après  le  coucher  du  soleil. 

CHASSÉ.  Temps  de  danse  qui  consiste  à  déplacer  un 
pied  en  le  chassant  avec  l'autre,  sur  une  mesure  en 
deux  ou  en  trois  temps;  dans  la  mesure  à  deux  temps,  le 
déplacement  a  lieu  sur  le  premier  temps,  et,  dans  celle 
à  trois  temps,  sur  les  deux  premiers;  aussi  le  chassé 
peut-il  être  employé  dans  toutes  les  danses  rythmées  en 
2/4  ou  3/4.  On  peut  en  trouver  la  preuve  dans  maintes 
et  maintes  entrées  de  hallet  aussi  bien  que  dans  notre 
valse.  Les  anciennes  contredanses  étaient  le  plus  souvent 
exécutées  avec  les  chassés  mélangés  aux  glissades,  aux 
jetés  et  aux  assemblés  (voir  ces  mots).  Les  chassés  sont 
faits  dans  toutes  les  directions  que  le  danseur  veut  prendre; 
e  déplacement  du  pied  au  premier  temps  est  alors  fait 
devant,  de  côté  ou  derrière.  —  Théorie  du  chassé. 
Placé  à  la  troisième  position,  le  pied  droit  devant  le 
gauche,  avancer  le  pied  droit  à  la  quatrième  position 
devant  ;  rapprocher  ensuite  le  gauche  derrière  en  avançant 
en  même  temps  et  rapidement  le  pied  droit  à  la(iuatrième 
position  devant.  Pendant  ce  dernier  mouvement,  le  pied 
gauche  prend  la  place  du  droit,  donc  l'a  chassé  de  sa  place. 
Si  les  chassés  sont  obliquement  ou  en  arrière,  le  pied  qui 
doit  être  chassé  se  glisse  de  côté  ou  en  arrière  et  est 
poussé  ou  chassé  dans  cette  direction. 

CHASSÉ  OUVERT.  Le  chassé  ouvert  n'est  autre  que 
le  chassé  précédemment  expliqué  et  fait  obliquement  à 
droite  ou  à  gauche  :  chassé  ouvert  à  droite  si  le  danseur 

4. 


82  CHI 

se  dirige  sur  sa  droite,  et  chassé  ouvert  à  gauche  s'il  se 
prononce  à  gauche.  Ce  terme  appartient  surtout  au  lan- 
gage chorégraphique,  dont  il  simplifie  les  écritures. 

CHASSE  CONTINU.  Le  chassé  prend  ce  nom  quand 
le  pied  avancé  est  chassé  plusieurs  fois  de  suite  par  le 
même  pied  et  dans  la  même  direction  sans  que  la 
mesure  soit  interrompue. 

CHASSÉ-CROISÉ  {V'),  On  entend  généralement  en 
chorégraphie  par  chassé-croisé,  un  chassé  fait  sur  sa 
droite  en  avançant  le  pied  gauche  qui  passe  alors  devant 
le  pied  droit  à  la  quatrième  position  et  est  ensuite  chassé 
dans  la  même  direction  par  l'autre  pied;  de  même  sur  le 
côté  inverse.  En  un  mot,  les  pieds  se  croisent  l'un 
devant  l'autre  pendant  le  chassé  ;  le  droit  sur  le  gauche, 
et  le  gauche  sur  le  droit. 

CHASSÉ-CROISÉ  (-2^).  Dans  les  anciens  quadrilles, 
on  rencontre  souvent  ce 'terme  pour  les  figures;  deux 
couples  placés  vis-à-vis  l'un  de  l'autre  dansent  parallèle- 
ment en  face;  les  cavaliers  allant  sur  la  droite  derrière 
leurs  dames  pendant  que  les  dames  passent  devant 
eux  sur  la  gauche.  Le  chassé-croisé  peut  être  fait  égale- 
ment par  un  couple  seul. 

CHEIROSKALATISKOS.  Nom  d'une  ancienne  danse 
grecque,  ainsi  appelée  parce  qu'on  la  dansait  en  tenant 
une  corbeille  de  fleurs  dans  ses  mains;  elle  est  men- 
tionnée par  Athénée  et  Pollux. 

CHICA.  Danse  venue  d'Afrique  et  plus  tard  importée 
aux  Antilles  et  en  Amérique;  elle  paraît  avoir  donné 
naissance  au  fandango  des  Espagnols,  car  elle  offre  une 
grande  similitude  avec  lui.  Cette  danse  était  très  popu- 
laire chez  les  tribus  sauvages  qui  lui  attribuaient  une 
essence  religieuse.  A  en   croire   Blasis,  on  la  dansait 


CHI  83 

encore  en  1805  dans  les  fêtes  religieuses  des  Indes  occi- 
dentales. Les  nonnes  à  la  veille  de  Noël  se  montraient 
au  public  au  travers  des  grilles  de  leurs  couvents  et 
exprimaient  par  des  gestes  agités  et  voluptueux  la  joie 
qu'elles  ressentaient  de  la  naissance  du  fils  de  Dieu. 

La  chica  est  dansée  avec  accompagnement  de  tous 
instruments  bruyants  et  sur  un  air  spécial  d'un  rythme 
rapide.  La  femme  tient  un  bout  de  mouchoir  ou  de 
tablier  et  le  principal  rôle  consiste  à  agiter  rapidement 
la  partie  inférieure  des  reins  pendant  que  le  reste  du 
corps  possède  la  plus  grande  immobilité.  Un  danseur 
s'approche  alors,  et  par  un  saut  précipité  s'approche  de 
la  danseuse;  il  semble  voler  vers  elle,  puis  se  retire, 
revient  de  nouveau  et  par  sa  pantomime  cherche  à  la 
conjurer  de  céder  aux  émotions  qu'elle  manifestait  en 
tenant  son  mouchoir.  Comme  on  peut  le  voir,  une  idée 
quelque  peu  voluptueuse  symbolise  la  chica  ;  aussi  est-elle 
négligée  par  les  femmes  blanches  du  pays.  D'après  les 
récits  de  quelques  voyageurs  de  l'Amérique  septen- 
trionale, danseurs  et  danseuses  s'animent  parfois  à  un 
tel  point  qu'il  serait  difficile  de  dépeindre  l'impression 
produite  tant  sur  eux  que  sur  les  spectateurs.  Moreau 
de  Saint-Mery,  dans  ses  Souvenirs  sur  les  danses  amé- 
ricaines, avoue  que  l'imagination  d'un  vieillard  serait 
émoustillée  à  la  vue  de  la  danse  de  la  chica. 

CHINOISES  (DAXSES).  Le  Dictionnaire  de  Compan 
consacre  un  article  très  étendu  à  ces  danses;  mais  il- 
n'offre  qu'un  intérêt  relatif,  faute  àe  détails.  Les  voyages 
modernes  sont  plus  utiles  à  consulter  par  suite  des  récits 
minutieux  des  voyageurs  et  explorateurs.  Il  est  de  noto- 
riété publique  que  les  Chinois  ont  excellé  dans  tous  les 
arts,  aussi  bien  dans  les  danses  que  dans  d'autres  tra- 
vaux ;  bien  que  dans  les  salons  on  ne  vît  jamais  les  per- 
sonnages se  livrer  à  la  danse  personnellement,  l'art  en 
était  répandu.  Je  ne  sais  si  les  tentatives  de  ces  derniers 
temps  réussiront,  mais  je  puis  affirmer  qu'elles  ont  eu 


84  CHl 

lieu  et  que  j'ai  enseigné  aux  plus  hauts  personnages  de 
l'ambassade  chinoise  les  valses  et  quadrilles  français  et 
que  ces  élèves  désiraient  ardemment  les  patronner  à  leur 
retour  dans  l'empire  chinois. 

Les  nombreuses  danses  chinoises  doivent  être  classées 
en  sept  catégories  :  1"  la  porte  des  nues  ou  yun-men  ; 
2"  la  grande  tournante  ou  ta-konem;  3"  la  tout  en- 
semble ou  ta-yem  ;  4°  la  cadencée  ou  ta-tao;  5°  la 
grande  hya  ou  la  vertueuse,  danse  lente,  grave,  majes- 
tueuse; 6"  la  bienfaisante  ou  ta-hon;  7°  la  grande 
guerrière,  parce  que  les  évolutions  des  danseurs  expri- 
maient les  gestes  des  combattants,  ou  même  simulaient 
des  victoires  :  la  ta-ou.  La  musique  de  ces  danses  était 
confiée  à  des  mandarins  chargés  de  présider  aux  céré- 
monies. L'élude  de  ces  danses  chinoises  amène  à  penser 
qu'elles  n'envisageaient  comme  but  que  l'honneur  et  la 
vertu  et  qu'elles  étaient  divisées  en  deux  parties  dis- 
tinctes :  les  petites  et  les  grandes  danses.  J'ai  cité  plus 
haut  les  sept  grandes  danses  dont  la  connaissance  était 
primitivement  exigée  après  l'âge  de  vingt  ans  seulement. 
Quant  aux  petites,  les  enfants  de  treize  à  quinze  ans 
étaient  seuls  forcés  de  s'y  initier.  Ces  petites  danses 
étaient  au  nombre  de  six  et  une  seule,  la  principale,  a 
été  conservée,  celle  du  fou-ou,  danse  des  drapeaux.  Le 
danseur  tenait  un  petit  drapeau  chamarré  de  couleurs 
jaune,  blanche,  bleue  et  noire;  les  autres  petites  danses 
nous  sont  restées  inconnues.  Nous  devons  regretter  de 
ne  pouvoir  donner  aucune  idée  des  pas  dont  se  compo- 
saient ces  danses;  car,  en  raison  de  leurs  chaussures  si 
peu  adaptées  aux  pieds,  les  danseurs  pouvaient  diffici- 
lement se  livrer  à  nos  chassés  et  à  nos  jetés.  Toutes  ces 
danses  sont  maintenant  peu  répandues  et,  comme  je  le 
disais  plus  haut,  les  salons  chinois  sont  fermés  à  la  danse 
pour  les  invités.  Je  parlais  aussi  de  tentatives  faites  en 
4887:  peut-être  depuis  ce  temps  la  valse  est-elle  entrée 
dans  les  mœurs  du  Céleste  Empire;  toute  la  légation,  je 
puis  le  dire,  préférait  la  valse  à  trois  temps  à  celle  à 


GHI  85 

deux,  mais  redoutait  les  difficultés  de  la  mettre  à  la  mode 
à  la  cour  de  Pékin. 

CIIIRÉON  APOKOPÈ.  Nom  donné  par  tous  les  Grecs 
à  l'une  des  danses  exécutée  pendant  le  découpage  des 
viandes  dans  les  festins.  Elle  est  rapportée  par  Athénée, 
lib,  I,  cap.  XIV.  On  sait  que  chez  les  Grecs  on  découpait 
les  viandes  dans  les  grands  festins,  en  même  temps  que 
les  pantomimes  égayaient  les  convives  par  leurs  danses. 

CHIROXOMIE.  Ancienne  danse  grecque,  danse  isolée 
proprement  dite  selon  quelques  auteurs  et  selon  d'autres 
comportant  une  classification  de  danses  variées.  Plaçons- 
nous  du  côté  du  plus  fort,  c'est-à-dire  de  celui  des 
auteurs  qualifiant  la  chironomie  de  danse  uniforme  et 
spéciale;  elle  était  danse  guerrière  et  fut  souvent  pour 
ce  motif  confondue  avec  la  pyrrhique,  bien  qu'elle  en 
différât  sous  bon  nombre  de  rapports.  Cette  danse  eut 
autant  de  succès  chez  les  Grecs  que  chez  les  Romains  et 
son  origine  nous  est  décelée  par  les  principaux  écrivains 
de  l'antiquité.  Xénophon  et  Ilippocrate  lui  décernent 
les  plus  grands  éloges;  Apulée,  Julius  Pollux,  Athénée, 
etc.,  parlent  des  danseurs  de  chironomie  presque  en  les 
exaltant.  Elle  consistait  à  faire  seul  et  sans  partner,  au 
moyen  des  bras  et  des  mains,  les  mêmes  mouvements 
que  l'on  aurait  exécutés  au  milieu  d'un  combat  ou 
dans  des  danses  guerrières.  Peu  à  peu  ce  caractère 
primitif  s'adoucit  et,  la  science  aidant  pour  ainsi  dire  le 
danseur,  les  gestes  gracieux  et  moins  vifs  changèrent 
d'expression.  Nous  la  trouvons  mise  en  scène  sur  les 
théâtres  de  Piome,  et  Juvénal,  dans  sa  VP  satire, 
vante  les  succès  de  Bathylle  dansant  la  chironomie 
devant  les  dames  romaines.  Les  vers  qu'il  lui  consacre 
sont  tellement  empreints  de  lascivité  qu'ils  ne  peuvent 
trouver  place  dans  ce  dictionnaire;  on  les  trouvera  dans 
la  VP  satire  aux  vers  commençant  par 

Molli  saltante  Bathyllo 


86  GHO 

Le  mot  grec  chironomie  se  traduit  par  danse  des 
mains,  pour  nous  pantomime. 

CHORÉGRAPHIE.  Comme  son  nom  grec  l'indique,  ce 
mot  veut  dire  écrire  ou  décrire  la  danse  ou  les  chœurs 
de  danse  {yo^ôç,,  ypàçeiv),  c'est-à-dire  représenter  par 
l'écriture,  par  des  signes  dessinés  les  différents  pas  de 
danse.  Les  musiciens  écrivent  leurs  notes  avec  des  signes 
marqués  sur  quatre  lignes,  les  chorégraphes  indiquent 
leurs  pas  sur  une  ligne  indiquant  premièrement  la  direc- 
tion du  danseur,  et  secondement,  semés  à  droite  ou  à 
gauche,  les  signes  ou  traits  représentant  les  pas  exécutés 
dans  la  danse.  Les  signes  en  musique  portent  le  nom 
de  notes,  et  en  chorégraphie  celui  de  temps  ou  de  pas; 
ces  pas  sont  en  littérature  les  mots  constituant  les 
phrases.  Les  premiers  essais  de  cette  science  ont  été 
tentés  par  un  chanoine  de  Langres  nommé  Jean  Tabou- 
rot  qui,  sous  l'anagramme  de  Thoinot-Arbeau,  publia  en 
1588  un  Traité  d'orchésographie.  Ces  essais  n'ont  pas,  à 
proprement  parler,  de  caractère  chorégraphique,  car  ils 
ne  contiennent  aucun  signe  ou  trait,  lesquels  sont  rem- 
placés par  des  phrases  explicatives.  Il  nous  faut  passer 
de  1588  à  1707  et  1713  pour  trouver  le  premier  langage 
et  la  première  écriture  chorégraphiques,  à  l'époque  où 
Feuillet  et  Desaix,  maîtres  de  danse  et  compositeurs, 
publièrent  le  premier  traité  chorégraphique  dans  lequel 
ils  insérèrent  aussi  la  théorie  de  plusieurs  danses  an- 
ciennes. Quelques  années  plus  tard  parut  le  meilleur  et 
le  plus  complet,  ouvrage,  celui  de  Magny  (1  vol.  in-8", 
Paris,  1765),  qui  est  un  véritable  dictionnaire  de  choré- 
graphie donnant  à  la  fois  tous  les  signes  employés  et 
toute  la  définition  écrite  de  ces  signes.  Ce  livre  est  sans 
contredit  le  véritable  dictionnaire  de  tout  chorégraphe. 
Il  est  de  plus  intéressant  au  point  de  vue  d'anciens 
menuets  et  d'anciennes  danses  dont  on  peut  facilement 
traduire  tous  les  pas,  même  les  plus  compliqués.  Magny 
nous  permet  de  rétablir  à  la  fois  et  la  musique  et  la 


CHO 


87 


théorie  de  toutes  les  danses  usitées  de  son  temps,  telles 
que  le  menuet  Dauphin,  menuet  de  la  Reine,  menuet 
d'Exaudet,  la  Croix  de  Lorraine,  etc.,  etc.  Sans  ce  diction- 
naire de  Magny,  la  chorégraphie  nous  semblerait  un  véri- 
table grimoire  indéchiffrable. 

Si  l'on  n'est  pas  initié  au  langage  ou  à  l'écriture  choré- 
graphique, on  se  reporte,  dans  le  dictionnaire  de  Magny, 
au  signe  correspondant  et  l'on  trouve  que  ces  traits 
indiquent  un  chassé  à  droite,  un  second  à  gauche  et  un 
troisième  à  droite.  Si  le  danseur  en  exécutant  ce  pas  doit 
donner  la  main  à  droite  ou  à  gauche,  un  nouveau  signe 
placé  à  droite  ou  à  gauche  indique  la  main  qui  doit  être 
donnée  : 


— Q  Main  droi 


le 


-CL 


Le  signe  de  la  main  est  marqué  par  un  demi-cercle 
placé  du  côté  où  la  main  est  donnée  : 


Main  gauche  ]) — 


JZl 


La  chorégraphie  simule  par  une  première  ligne  le 
chemin  parcouru  d'un  point  à  un  autre  par  le  danseur; 
sur  cette  ligne,  soit  à  droite,  soit  à  gauche,  différents 
signes  indiquent  les  divers  pas  exécutés  en  dansant;  des 
signes  doubles  indiquent  les  mouvements  des  mains  et 
des  bras,  et  une  flèche  indicatrice  dénomine  toujours 
la  direction. 


I  CHO 

La  figure  ci-dessous  indique  la  direction 


Haut 


Bas 


Celle  ci-dessous,  les  pas  exécutés  en  prenant  cette 
direction  : 


Tous  ces  détails  sont  donnés  avec  une  science  et  érudi- 
tion profondes  dans  l'œuvre  de  Magny,  qui  est  pour  nous 
chorégraphes  ce  qu'est  le  dictionnaire  grec  ou  latin  pour 
le  lycéen.  Non  seulement  ce  précieux  ouvrage  est  indis- 
pensable ù  la  danse,  mais  il  est  encore  d'un  grand  secours 
pour  la  musique  appropriée  à  l'exécution  des  temps,  des 
pas,  des  danses;  notes  et  pas  sont  indiqués  et  superposés 
dans  leur  description.  Les  pieds  du  danseur  sont  repré- 
sentés par  le  signe  — o  pied  gauche,  ou  o —  pied  droit; 
le  signe  o  indique  le  talon  et  le  signe  —  la  pointe  ou 
partie  antérieure  du  pied.  Les  deux  pieds  réunis  forment 
alors  — 00 — . 
>^  Un  artiste  de  grand  talent,  maître  de  ballet  à  l'Opéra, 


GHO  89 

essaya,  il  y  a  une  vingtaine  d'années,  de  résoudre  cette 
science  chorégraphique  délaissée  depuis  la  fin  du 
xviir  siècle;  Saint-Léon,  premier  danseur  à  l'Académie 
impériale  de  musique,  publia  un  nouveau  manuel  sous  le 
titre  de  Sténochorographie,  dont  on  trouvera  l'analyse 
dans  la  Bibliographie. 

CIIORÉIOX.  Meursius,  dans  sa  nomenclature  des  an- 
ciennes danses  {De  saltatione  veterum),  cite  le  choréion 
comme  ancienne  danse  sans  indiquer  à  quel  genre  elle 
appartenait;  nous  restons  donc  dans  le  doute  faute 
d'autres  documents.  Le  mot  impliquerait  plutôt  un  genre 
composé  de  danses  et  de  chants  réunis. 

CHORÉIOS  (chœur  de  danse).  Nom  donné  aux  an- 
ciennes troupes  de  danseurs  accompagnés  de  chanteurs. 
On  trouve  le  plus  ancien  usage  de  ce  mot  choréios  dans 
l'explication  des  danses  de  Moïse  après  le  passage  de  la 
mer  Rouge.  Deux  grands  chœurs  de  musique  et  de  danse 
furent  rassemblés  par  lui;  l'un,  composé  d'hommes  qu'il 
présida,  et  l'autre,  de  femmes  sous  la  conduite  de  sa 
sœur  Marie.  Les  deux  chœurs  portaient  des  tambourins 
et  dansaient  en  chantant  le  cantique  :  Cantetnus  Domino. 
On  a  vu  dans  les  premières  églises  un  espace  de  terrain 
réservé  au  fond  de  l'édifice,  auquel  on  donna  le  nom  de 
chœur,  et  qui  était  occupé  par  les  choristes  chanteurs  et 
acteurs.  Quant  aux  chœurs  de  danse  tels  que  nous  les 
comprenons  aujourd'hui,  ils  ne  s'entendent  que  pour 
représenter  les  danseurs  ou  le  corps  de  ballet,  ainsi  que 
les  chœurs  de  danse  établis  à  Rome  par  le  célèbre  pan- 
tomime Pylade.  Chœurs  ou  coryphées  sont  synonymes  en 
danse  de  théâtre.  C'est  principalement  aux  théâtres 
romains  anciens  que  nous  devons  les  premiers  chœurs 
de  danseurs,  car  chez  les  Grecs  la  danse  seule  n'était  pas 
comprise  dans  leurs  rôles.  Pylade,  danseur  et  artiste 
aussi  ingénieux  que  savant,  peut-être  même  déjà  choré- 
graphe, introduisit  les  motifs  d'ensemble  dans  ses  ballets 


90  GLO 

pour  ajouter  à  leur  effet,  à  leur  éclat.  Il  sut  arriver  à 
harmoniser  les  pas  et  les  gestes  avec  les  paroles  chez  des 
danseurs  et  des  chanteurs  inexpérimentés;  aussi  doit-on 
le  regarder  comme  le  créateur  des  grandes  représenta- 
tions scéniques.  Il  fut  également  le  premier  qui  comprit 
l'art  et  l'importance  du  costume  en  forçant  les  acteurs  à 
se  mettre,  comme  nous  le  disons  vulgairement  en  lan- 
gage de  théâtre,  dans  la  peau  et  l'habit  du  personnage. 
Le  mot  coryphée  est  seul  usité  maintenant  pour  la 
danse,  celui  de  choriste  est  réservé  au  chant. 


CHORODICUSCOS  OU  CHORODIDACALS.  Tel  était 
nom  donné  aux  maîtres  des  choE 
de  conduire  et  de  battre  la  mesure. 


le  nom  donné  aux  maîtres  des  chœurs  de  danse  chargés 


CINŒDE  OU  CINADE.  Danse  de  l'ancien  théâtre  grec, 
ainsi  nommée  parce  qu'elle  faisait  partie  des  danses 
comiques  et  avait  été  inventée  par  un  pantomime  nommé 
Cinœdus.  Ce  danseur  possédait  la  spécialité  de  contre- 
faire, par  les  mouvements  de  son  corps  et  de  sa  tête, 
les  gestes  et  les  habitudes  des  personnages  mis  en  évi- 
dence. Son  succès  était  dû  principalement  aux  invita- 
tions pressantes  que  lui  adressaient,  sauf  rémunération, 
les  premiers  citoyens  d'Athènes  pour  leurs  banquets. 

CLIQUETIS  (DANSE  DES).  Cette  danse  était  parti- 
culière aux  Romains  et  avait  été  créée  par  Romulus  qui, 
lui-même,  l'enseignait  à  ses  guerriers.  Recouverts  de 
toutes  leurs  armures,  ils  sautaient  brusquement  et 
couraient  à  l'instar  de  sauvages.  Cette  danse  avait  pour 
prétexte  ou  pour  but  de  représenter  à  la  fois  la  joie  du 
peuple  et  sa  force  après  l'enlèvement  des  Sabines. 

CLOS  (DA\SEUR).  On  entend  par  danseur  clos  celui 
dont  les  jambes  sont  arquées,  c'est-à-dire  tournées  en 
dedans;  voir  pour  plus  amples  renseignements  le  mot 
Danseur  arqué. 


GOM  91 

COLLIER  (DANSE  DU).  Lucien,  dans  son  Dialogue 
sur  la  danse,  donne  le  nom  de  danse  du  collier  à  celle 
de  l'hormos,  très  répandue  chez  les  anciens.  Voir  au 
mot  Hormos. 

COMIQUE  (DANSE).  La  danse  ou  le  genre  comique 
était  le  troisième  chez  les  Grecs  dans  la  danse  théâ- 
trale; la  même  interprétation  peut  encore  actuellement 
avoir  lieu;  il  répond  au  trial  d'opéra-comique,  ou  au 
comique  de  tragédie;  il  existe  également  dans  les 
ballets.  Chez  les  anciens,  lacordaxou  cordace  en  était  le 
symbole  et  nous  la  retrouverons  à  ce  mot.  Chez  les  Ro- 
mains comme  chez  les  Grecs,  le  genre  comique  passion- 
nait les  spectateurs.  Une  ancienne  danseuse  du 
xviii'  siècle,  M""  Allard,  est  restée  comme  type  féminin 
du  genre  comique  en  France;  elle  obtint  les  plus  grands 
succès  de  1760  à  1777  sur  la  scène  de  l'Opéra.  On  ne 
saurait  à  notre  époque  citer  un  seul  pantomime  ou 
danseur  comique  possédant  toutes  les  qualités  qui,  chez 
les  anciens,  leur  assuraient  le  succès,  car  ils  devaient 
répandre  la  même  souplesse  dans  leur  esprit  et  leur 
intelligence  que  dans  leurs  bras  et  leurs  jambes,  afin  de 
rendre  fidèlement  la  finesses  des  rôles  qui  leur  étaient 
confiés.  Les  clowns  passent  par  l'étude  de  la  danse  théâ- 
trale pour  apprendre  leur  métier,  ils  ne  sauraient  être 
regardés  comme  des  danseurs  comiques.  Le  seul  artiste 
comique  que  nous  ayons  eu  à  l'Opéra,  Paul  dit  l'Aérien, 
n'a  jamais  été  remplacé,  parce  qu'il  réunissait  au  plus 
haut  point  les  qualités  si  recherchées  chez  les  anciens. 
Le  genre  comique  est  aussi  difficile  de  nos  jours  qu'il 
l'était  anciennement,  peut-être  même  plus,  en  raison  de 
tous  les  progrès  accomplis. 

COMUS.  Comus  est  le  nom  de  celui  qui  doit  être 
regardé  comme  le  créateur  de  la  danse  des  festins  chez 
les  Grecs  et  chez  les  Romains.  D'après  Gompan,  un 
tableau  de  Philostrate   le    représente    dans    un   salon 


92  CON 

éclairé  avec  autant  de  goût  que  d'éclat  et  tenant  un  flam- 
beau allumé  à  la  main;  il  semble  donner  le  signal  de  la 
fêle  et  présider  aux  danses. 

CONCOURS  DE  DANSE.  Pour  la  première  fois,  en 
août  1892,  la  danse  voulut  imiter  la  gymnastique.  Si 
cette  tentative  n'obtint  pas  le  succès  recherché,  c'est 
que  ce  fut  plutôt  un  concours  de  danses  qu'un  concours 
de  danse.  Le  but  devait  être  autre  que  celui  qu'on  était 
en  droit  de  trouver;  l'art  devait  avant  tout  présider  et 
non  toutes  les  dissonances  des  compositions  de  tel  ou  tel 
maître  à  peine  initié  à  la  science  pure  de  la  chorégra- 
phie. Les  feuilles  locales  de  Tours,  ville  où  eut  lieu  ce 
concours,  ont,  dans  leurs  comptes  rendus,  partagé  mon 
appréciation.  Je  puis  d'autant  plus  regretter  que  ce  con- 
cours n'ait  pas  répondu  au  désir  des  représentants  de 
l'art,  que  je  puis  me  reporter  à  l'interview  que  j'eus  avec 
M.  le  professeur  Hervé  —  professeur  le  plus  accrédité 
chez  les  Tourangeaux,  et  président  de  la  Société  choré- 
graphique de  Tours.  —  «  Ce  concours,  me  disait-il,  fut 
si  peu  un  concours  de  danses  de  ville  que  bon  nombre 
des  exécutants,  composés  de  jeunes  gens,  de  prévôts  de 
régiment,  de  contremaîtres  de  salle,  se  livrèrent  à  des 
danses  dont  les  titres  seuls  prouvaient  l'origine  fantai- 
siste. Le  programme  du  concours  suftlra  à  prouver 
autant  les  fautes  commises  par  les  organisateurs  que  par 
les  initiateurs.  Un  journal  local  a  franchement  et  claire- 
ment défini  le  but  manqué  de  ce  concours,  en  écrivant, 
à  la  clôture  de  la  réunion  :  «  La  gracieuse  Terpsichore 
dut  céder  le  pas  au  bouillant  dieu  Mars,  et  le  professeur 
de  grâce  et  de  maintien  de  nos  grand'mères  fut  rem- 
placé par  le  prévôt  de  salle  de  caserne.  » 

Ce  concours  eut  lieu,  le  9  août  1892,  pendant  l'Expo- 
sition internationale  de  la  ville  de  Tours.  Le  règlement 
général  en  fut  édité,  dans  celte  cité,  chez  Gourand,  à 
l'imprimerie  du  Progrès.  La  présidence  en  fut  offerte  à 
M.  Loiseau,  premier  adjoint  de  la  municipalité.  Le  pro- 


CON  93 

gramme  suivant  confirmera  les  doléances  du  Journal 
officiel  de  rExposition,  récriminant,  dans  son  numéro 
du  12  août,  contre  l'abus  excessif  des  gigues,  matelotes, 
fricassées  et  autres  danses  militaires,  reléguées  de  nos 
jours  dans  les  bals  avoisinant  les  casernes.  Le  pro- 
gramme était  ainsi  conçu,  et  avait  été  décidé  par  la 
Société  de  l'Union  chorégraphique  de  Tours  : 

Première  partie  :  i"  Société  chorégraphique  et  Union 
chorégraphique  de  Tours  :  quadrille  français;  — 2"  So- 
ciété chorégraphique  la  Gauloise,  de  Nantes  :  quadrille 
français;  —  3"  Société  chorégraphique  de  Chàteaure- 
nault  :  le  rondeau  des  Filles  de  marbre;  —  4"  l'Ave- 
nir chorégraphique  de  La  Riche-extra  :  la  matelote;  — 
5°  Société  chorégraphique  la  Viennoise,  de  Blois  :  l'an- 
glaise; —  6"  Société  chorégraphique  de  Tours  :  pas 
russe;  —  7°  Société  chorégraphique  la  Gauloise,  de 
Nantes  :  pas  grec;  —  8"  Société  chorégraphique  de 
Châteaurenault  :  quadrille.  —  Deuxième  partie  : 
l"  l'Avenir  chorégraphique  de  La  Riche-extra  :  l'an- 
glaise; —  2"  Société  chorégraphique  la  Viennoise,  de 
Blois  :  quadrille;  —  'à°  Société  chorégraphique  la  Gau- 
loise, de  Nantes  :  l'anglaise;  —  4"  l'Union  chorégra- 
phique de  Tours  :  pas  albanais;  —  5"  Société  chorégra- 
phique de  Châteaurenault  :  l'anglaise;  —  6"  l'Avenir 
chorégraphique  de  La  Riche-extra  :  quadrille  ;  —  7°  Société 
chorégraphique  la  Viennoise,  de  Blois  :  les  Filles  de 
marbre.  Ce  concours,  comme  on  peut  en  juger  d'après 
le  programme,  ne  peut  rien  prouver  au  point  de  vue  des 
questions  soulevées  pour  la  danse  de  ville,  car,  à  l'excep- 
tion du  quadrille  français,  aucune  de  nos  valses  ou 
danses  tournantes  n'est  présentée  par  les  concurrents; 
prévôts  et  maîtres  ont  pu  causer  aux  spectateurs  autant 
de  plaisir  qu'ils  en  attendaient,  mais  mieux  eût  valu  se 
confiner  dans  les  danses  contemporaines.  Le  journal  le 
XIX'  Siècle  semble  avoir  confondu  le  congrès  de  la  danse, 
qui  eut  lieu,  à  Londres  et  en  Amérique,  en  1893,  avec 
le  concours  de  Tours.  Le  nouveau  congrès  réunit  la 


94  CON 

plus  grande  partie  des  professeurs  de  tous  pays  et  s'oc- 
cupa spécialement  de  l'art  comme  enseignement  et 
comme  notation  écrite.  Le  concours  de  danse  n'avait 
pour  but  que  d'attester  la  supériorité  de  telle  ou  telle 
Société  chorégraphique  établie  dans  le  rayon  de  Tours; 
malheureusement,  il  n'a  pas  répondu  à  l'attente  des 
amateurs  :  «  Trop  de  gigues,  de  matelotes  et  d'autres 
danses  militaires,  »  dit  le  Journal  officiel  de  VExposi- 
tion  de  Tours,  août  189:2.  Une  seule  de  ces  Sociétés,  la 
Chorégraphie  tourangelle,  dirigée  par  M.  Hervé,  a  pré- 
senté un  menuet  corse,  dansé  très  agréablement  par  une 
enfant  de  dix  ans  ;  mais  l'auteur  de  l'article  du  Journal 
de  rExposition,  dans  lequel  je  cherche  mes  notes,  se 
plaint  que  ce  menuet  rappelle  trop  la  gigue  et  la  ma- 
telote. Ces  deux  dernières  danses  interprétées  comme 
menuets  sont  un  horrible  contresens. 

CONGRÈS  DE  LA  DANSE.  En  1891  eut  lieu  le  pre- 
mier congrès  de  la  danse,  dans  lequel  se  réunirent  les 
plus  savants  professeurs  anglais,  américains,  allemands 
et  russes.  Le  but  principal  était  de  maintenir  l'art  de  la 
danse  de  ville  à  l'abri  des  dangers  causés  dans  son  ensei- 
gnement par  des  méthodes  trop  variées,  souvent  même 
trop  insuffisantes.  De  plus,  les  congressistes  cherchèrent 
avec  raison  à  faire  adopter  un  langage  chorégraphique 
uniforme  chez  tous  les  peuples.  Le  résultat  de  ce  pre- 
mier essai  fut  assez  grand  pour  renouveler  la  réunion 
en  1893,  à  Boston,  où  je  devais  me  rendre  pour  repré- 
senter l'art  de  la  danse  en  France.  Cette  fois,  un  nou- 
veau succès  couronna  l'œuvre,  qui,  sous  la  présidence  du 
savant  professeur  russe  M.  Zorn,  devint  une  assemblée 
toute  dévouée  aux  progrès  de  la  danse.  La  question  tech- 
nique prima  toutes  les  autres  et  provoqua,  pour  1894, 
un  troisième  congrès.  Les  18, 19  eti20  juin,  quatre-vingts 
maîtres,  professeurs  de  toute  nationalité,  se  réunirent  à 
Berlin,  sous  la  présidence  du  maître  de  ballet  de  Ham- 
bourg, M.  Rud  Knoll.  Une  invitation  officielle  et  pleine 


CON  95 

d'affabilité  me  fut  adressée,  en  me  nommant  membre 
correspondant  pour  la  section  française.  Ayant  accepté, 
je  puis  donner  le  résumé  des  trois  journées  de  ce  con- 
grès, où  j'ai  pu  constater  que  la  danse  n'avait  pas,  à 
l'étranger,  perdu  son  charme,  et  même,  loin  d'être  dé- 
laissée comme  chez  nous,  était  au  contraire  cultivée 
comme  éducation  physique  avec  les  plus  grands  soins. 
Américains,  Anglais,  Russes,  Allemands,  Italiens,  Espa- 
gnols exigent  chez  les  enfants  l'étude  de  la  danse,  et  pas 
une  maison  d'école,  pas  un  pensionnat,  filles  ou  gar- 
çons, ne  peut  être  privé  d'un  maître  à  danser.  Les 
familles  sont,  de  plus,  très  exigeantes  pour  le  choix  des 
professeurs,  et  je  dois  rendre  justice  à  ces  derniers, 
tous  dignes  de  la  confiance  qu'on  leur  accorde.  Dans  la 
dernière  réunion,  une  question  depuis  longtemps  à 
l'étude  a  fait  de  grands  pas,  celle  de  parler  et  d'écrire 
la  danse  d'une  façon  uniforme,  comme  la  musique. 
Le  travail  grammatical  écrit  par  le  professeur  d'Odessa 
a  naturellement  rallié  toutes  les  opinions,  et  nul  doute 
qu'il  ne  reste  la  pierre  d'assise  de  la  chorégraphie. 

Les  élèves  des  différents  professeurs  ont  exécuté  plu- 
sieurs danses  locales  ;  tous  méritent  les  plus  grands 
éloges.  Si  Francisque  Sarcey  eût  assisté  aux  gracieux 
ébats  des  élèves  et  aux  savantes  observations  des  maîtres, 
il  aurait  vu  se  dissiper  les  craintes  qu'il  manifestait  dans 
le  journal  le  X/X'  Siècle,  lors  du  concours  de  1892.  Il 
redoutait  la  destruction  des  danses  nationales  de  tous 
pays  par  suite  de  l'unification  cherchée  dans  la  méthode 
d'enseigner.  Ce  n'est  pas  sans  plaisir  que  j'ai  constaté,  à 
la  dernière  réunion,  l'entrée  de  nos  menuets  et  gavottes 
dans  les  salons  allemands  et  anglais  et  même  américains. 
Ces  danses  ont  obtenu  un  succès  tel  que  l'une,  la  gavotte- 
quadrille,  a  attiré  l'attention  de  l'empereur  et  qu'il  exige 
presque  qu'elle  soit  dansée  aux  bals  de  la  cour.  Elle  est 
une  réminiscence  de  notre  menuet  de  la  Cour  et  de  notre 
contredanse,  et  fut  composée,  en  1893,  par  M.  Schack- 
witz,   président  de   l'Association  des  professeurs  aile- 


96  CON 

maiids.  Déjà,  au  congrès  de  1893,  elle  avait  été  exécutée 
j3ubliquement  et  enseignée  à  tous  les  professeurs.  Plu- 
sieurs éditions  ont  été  publiées,  à  Londres,  par  Francis 
Day  et,  à  New-York,  chez  J.-B.  Harms.  On  en  trouvera 
la  théorie  abrégée  à  la  lettre  G,  sous  le  nom  de  Gavotte- 
quadrille,  Gavotte  cler  Kaiserin,  gavotte  de  l'Impéra- 
trice. Un  des  membres  de  l'assemblée  s'est  fait  l'écho 
de  revendications,  de  la  part  des  dames  et  demoiselles 
dans  les  bals,  auxquelles  je  n'ai  pu  qu'applaudir  et  que 
j'ai  soutenues  ardemment.  Pauvres  jeunes  filles  que  je 
vois  chaque  soir  délaissées  par  les  cavaliers  et  abandon- 
nées sur  leurs  sièges,  elles  demandent  que  le  droit  d'in- 
viter leurs  danseurs  soit  pour  elles  une  revanche.  Toutes 
la  méritent  et  doivent  l'obtenir,  et  imitons  les  Améri- 
cains qui  leur  ont  donné  gain  de  cause.  Peut-être  les 
bals  retrouveront-ils  un  nouveau  germe  de  plaisir  et 
d'entrain  !  Terminons  en  annonçant  que  ce  congrès  sera 
annuel  et  que  je  tenterai  sa  première  réunion  à  Paris. 

COXSERVATOIUE  DE  DAXSE.  L'école  de  danse 
destinée  aux  danseurs  et  danseuses  de  théâtre  s'appela 
primitivement  Menus-Plaisirs.  Elle  était  sous  la  direction 
d'un  maître  de  ballet  de  l'Opéra.  Longtemps  les  leçons 
furent  données  rue  Richer,  dans  les  bâtiments  où  étaient 
remisés  les  décors  du  théâtre  de  l'Académie  nationale  de 
musique.  Délaissée  par  les  hommes,  elle  ne  réunit  plus 
que  quelques-uns  d'eux,  mais  est  toujours  suivie  par  les 
jeunes  élèves  femmes  destinées  au  théâtre.  M'"'  Mérante 
fut  un  des  meilleurs  professeurs.  Les  Menus-Plaisirs 
anciens  présentaient  un  plus  grand  prestige  et,  on  peut 
le  dire,  ont  disparu.  Les  leçons  sont  actuellement  don- 
nées au  théâtre  même  de  l'Opéra. 

COXTlîEDAASE.  Nous  avons  depuis  longtemps  rem- 
placé ce  mot  par  celui  de  quadrille,  à  moins  toutefois 
que  ce  ne  soit  dans  quelques  villages  où  l'on  entend 
encore  :  «Youlez-vous  danser  cette  contredanse?  »  La 


CON  97 

danse  est  resiée  la  même,  le  nom  seul  a  changé  dans  la 
danse  de  ville;  il  s'entend,  pour  la  danse  de  théâtre, 
comme  désignation  d'un  groupe  de  danseurs  et  équivaut 
au  mot  chœur  des  chanteurs  ;  on  dit  en  scène  et  aux 
examens  des  classes  de  danse  à  l'Opéra  :  premier, 
second  quadrille,  suivant  le  degré  de  talent  des  artistes. 
Le  quadrille  peut  être  dansé  maintenant  par  deux, 
quatre,  six  couples,  voire  même  un  nombre  indéter- 
miné ;  ces  couples  sont  placés,  deux  par  deux,  vis-à-vis 
l'un  de  l'autre,  soit  dans  la  longueur,  soit  dans  la  lar- 
geur de  la  salle  de  bal.  Les  premières  contredanses  dif- 
féraient beaucoup  des  nôtres  en  ce  sens  qu'elles  ne  se 
composaient  que  d'une  seule  figure,  au  lieu  de  cinq 
comme  les  nôtres,  et  qu'elles  étaient  composées  de 
couples  ad  libitum,  n'agissant  par  vis-à-vis  que  très 
rarement.  Succédant  au  grave  menuet,  les  contredanses 
trahissaient  la  gaieté  et  annonçaient  une  danse  plus 
sautée  et  plus  vive.  Elles  étaient  déjà  en  faveur  à  la  fin 
du  XYiir'  siècle,  car  Despréaux  nous  dit  : 

La  musique  changea  ;  pour  la  suivre,  la  danse, 
Laissant  là  le  menuet,  orna  la  contredanse. 

Quelques  chaînes,  ronds,  balancés  en  étaient  les  prin- 
cipaux caractères,  mais  elle  était  réglée  le  plus  souvent 
par  des  maîtres,  au  lieu  d'être  telle  que  nous  la  prati- 
quons dansée  uniformément.  Le  nombre  en  est  incalcu- 
lable ;  mais  les  plus  usitées  étaient  les  Chasses,  la  Jalou- 
sie, les  Cotillons,  la  Mariée  ;  on  en  trouve  aussi  intercalées 
dans  de  grands  ballets,  et  c'est  alors  que  les  danseurs 
cherchaient  à  briller  par  des  pas  aussi  variés  que  bril- 
lants. Trénitz,  dont  nous  parlerons  plus  loin,  fut  un  de 
fervents  adeptes  de  la  contredanse  et  obtint  un  tel  suc- 
cès qu'on  donna  son  nom  à  une  des  figures  du  quadrille 
Depuis  1830,  la  contredanse  a  subi  bien  des  modifica- 
tions, non  pas  au  point  de  vue  des  figures  de  la  danse, 
mais  à  celui  de  son  caractère;  primitivement  gaie,  fri- 
vole, enjouée,  elle  est  devenue  triste,  morne,  apathique 

5 


98  CON 

pour  ainsi  dire.  C'est  à  peine  si  les  danseurs  daignent 
se  déplacer  pour  exécuter  les  mouvements,  c'est  même 
à  peine  s'ils  peuvent  nous  rappeler  les  quadrilles  de  notre 
jeunesse,  quadrilles  que  nous  causions  en  faisant  le 
simulacre  des  chaînes  anglaises  et  des  avant-deux.  L'es- 
prit est  devenu  aussi  paresseux  que  le  corps.  Mais  ne 
désespérons  pas,  car  le  quadrille  américain,  quadrille 
endiablé  et  endiablant,  envahit  avec  une  telle  fureur 
les  salons  de  Paris,  qu'un  revirement  semble  probable 
et  prochain. 

Que  dire  de  l'étymologie  du  mot  contredanse,  après 
toutes  celles  données  par  les  dictionnaires?  Tous,  il  est 
vrai,  ne  sont  que  la  reproduction  les  uns  des  autres, 
attribuant  tous  l'origine  du  mot  à  country-dance,  danse 
champêtre  en  anglais.  Lq  Dictionnaire  de  la  Conversa- 
tion ne  pousse  pas  plus  loin  ses  recherches  et  ne  songe 
nullement  à  expliquer  contredanse  par  contra  saltare, 
danser  contre,  danser  en  face  les  uns  des  autres.  Non 
seulement  en  France,  mais  aussi  en  Allemagne,  les  pre- 
mières contredanses  firent  les  délices  des  danseurs,  et 
l'on  pourrait  être  amené  à  réfuter  l'origine  champêtre, 
car  les  salons   leur  tenaient  les  portes  grandes  ouvertes. 

Rameau  (1748)  les  introduisit  le  premier  dans  ses 
ballets  et,  après  lui,  chaque  maître  à  danser,  chaque 
ménestrel  se  livra  à  d'innombrables  compositions.  Un 
historien  quelque  peu  humoristique  pourrait  prendre 
plaisir  à  retrouver  l'histoire  du  temps,  des  événements, 
des  faits  dans  la  nomenclature  des  titres  suivants,  titres 
dans  lesquels  l'actualité  paraît  jouer  un  grand  rôle,  et 
c'est  avec  raison  que  Fertiault,  dans  son  Histoire  anec- 
dotique  de  la  danse,  écrit  :  «  Ces  récentes  contre- 
danses suffiraient  à  faire  l'histoire  des  événements,  des 
sympathies,  des  modes,  des  caractères,  des  ridicules  du 
moment.  » 

Parmi  les  contredanses  les  plus  usitées,  et  dont  les 
noms  ont  été  conservés,  il  faut  citer  les  trente  et  une  ainsi 
nommées:  l'Aurore,  la  Folâtre,  les  Bacchantes,  le  Calife, 


GON  99 

la  Créole,  la  Changez-moi  ces  têtes,  la  Coquette,  le  Bon 
Ménage,  le  Petit  Maître,  la  Jalouse,  l'Inconnu  à  la  re- 
doute, la  Virginie,  la  Gigue  du  seigneur  bienfaisant,  la 
Jolie  Meunière,  le  Tambourin  de  Chàtenay,  la  Julie, 
la  Fillette,  la  Belle  Esclave,  la  Veillée  villageoise,  l'Air 
inflammable,  les  Plaisirs  d'Épernay,  la  Prussienne,  la 
Montgolfier,  la  Suédoise,  la  Saint-Leu,  la  Doliva,  la 
Dugazon,  la  Financière,  la  Gibraltar,  la  Martinique,  la 
Moscovite. 

A  côté  de  ces  nombreuses  contredanses.  Baron,  Feuil- 
let et  Magny  nous  ont  transmis  la  chorégraphie  et  la 
musique  de  plusieurs  autres  plus  savantes  réservées  aux 
plus  habiles  danseurs. 

V Encyclopédie  Diderot  commet  une  erreur  profonde 
(erreur  souvent  répétée  par  les  copistes  et  fabricants  de 
dictionnaires),  en  confondant  les  contredanses  avec  une 
danse  exécutée  par  un  couple  seul;  on  ne  trouve  au- 
cune danse  exécutée  par  un  couple  portant  ce  titre  dans 
aucun  manuel,  aucun  traité,  pas  même  dans  l'antique 
Dictionnaire  de  Trévoux. 

CONTREPAS.  Nom  d'une  danse  catalane  très  répan- 
due en  Espagne  dans  les  fêtes  champêtres.  Les  danseurs, 
disposés  en  rond,  se  tiennent  par  les  mains,  à  l'excep- 
tion des  conducteurs  de  la  danse,  qui  impriment  un 
mouvement  général  au  cercle.  Ils  exécutent  plusieurs 
pas  variés  sur  les  côtés,  à  droite  et  à  gauche,  puis 
tantôt  s'éloignent  ou  se  rapprochent  les  uns  des  autres. 
Le  mouvement  grave  de  la  musique  donne  aux  danseurs 
un  aspect  mélancolique.  Les  femmes  sont  exclues  de 
cette  danse  réservée  aux  jeunes  Catalans. 

CONTREPOIDS.  Le  danseur  de  ville  ou  de  théâtre 
doit  observer  le  contrepoids  aussi  attentivement  que  le 
centre  de  gravité  ;  principalement  dans  les  valses  tour- 
nantes, le  cavalier  en  a  besoin  pour  conduire  sa  dame. 
Dans  un  ouvrage  technique,  il  est  permis  d'oublier,  pour* 


100  CON 

un  instant  seulement,  la  galanterie  et  de  parler  en 
maître  au  valseur.  Il  est  responsable  de  la  dame  qu'il 
entraîne  dans  les  bostons,  dans  les  valses,  il  doit  donc 
s'entourer  de  toutes  les  garanties  indispensables.  Toutes 
les  dames,  non  seulement  n'oifrent  pas  la  même  légè- 
reté ni  la  même  facilité  à  se  laisser  conduire;  quelques- 
unes  même,  au  lieu  de  s'abandonner  pour  suivre  le 
mouvement  du  cavalier,  accusent  une  certaine  raideur 
dans  la  taille  et  vont  jusqu'à  se  déplacer  du  bras 
droit  du  cavalier.  Si  ce  dernier  n'est  pas  en  pleine  pos- 
session de  son  contrepoids,  il  lui  sera  plus  que  difficile 
de  mener  à  bien  la  fin  de  sa  valse.  En  un  mot,  le  cava- 
lier doit  établir  assez  solidement  le  contrepoids  de  son 
corps  pour  maintenir  l'équilibre  entre  toutes  ses  par- 
ties. Il  est  évident  que,  pour  la  dame,  ces  exigences 
sont  moins  grandes,  mais  elles  n'en  sont  pas  moins 
nécessaires  et  indispensables  ;  elles  constituent  une 
grande  partie  de  sa  légèreté  en  lui  assurant  confiance 
en  elle-même. 

COMUETEMPS  OU  COXTRE-TEMPS.  Terme  de 
danse  désignant  un  pas  composé  de  plusieurs  mouve- 
ments et  très  répandu  dans  les  danses  des  xvir  et 
xviii^  siècles.  Un  chapitre  suffirait  à  peine  à  l'explica- 
tion de  tous  les  contretemps  anciennement  usités; 
Magny  seul  en  définit  une  quantité  incalculable  dans 
sa  Chorégraphie.  Le  principal  s'exécute  en  sautant  sur 
un  pied,  puis  retombant  et  maintenant  l'autre  pied  élevé. 
V Encyclopédie  d'Alembert  appelle  ce  pas  saut  de 
clocbe-pied.  Cette  explication  ne  paraît  point  exacte,  car 
l'article  se  contredit  dans  ces  lignes  :  «  La  seconde  partie 
du  pas  contretemps  se  fait  ainsi  :  ayant  le  corps  sur  le 
pied  gaucho,  on  replie  une  seconde  fois  dessus,  puis, 
étant  plié,  on  glisse  le  pied  droit  devant  soi  à  la  qua- 
trième position  et  on  se  relève  dessus  en  sautant,  ce  qui 
fcst  sauter  après  le  pas.  » 

On  inventait  autrefois   des  contretemps  de  gavotte  et 


CON  101 

de  cliacniine;  le  premier  étail  fait  en  avant  et  ainsi  : 
après  avoir  posé  le  pied  gauche  devant  à  la  quatrième 
position,  on  pliait  sur  la  jambe  gauche  et  on  se  relevait 
dessus  en  sautant  ;  du  même  temps  la  jambe  droite,  prête 
à  partir,  passait  devant  à  la  quatrième  position  sur  la 
pointe  du  pied  et  on  terminait  en  tendant  fortement  les 
jambes.  Les  contretemps  de  chaconne  étaient  ouverts, 
c'est-à-dire  faits  de  côté.  En  supposant  que  le  pied 
gauche  soit  devant  et  supporte  le  corps,  la  jambe  droite 
s'en  rapprochait  derrière  ;  on  se  pliait  ensuite  et  on  se 
relevait  en  sautant  sur  cette  jambe  gauche  ;  puis  on 
dégageait  à  la  seconde  position  de  côté  la  jambe  droite  ; 
le  pied  gauche  venait  aussitôt  se  croiser  derrière  à  la 
cinquième  position.  Le  célèbre  danseur  Ballon  inventa 
un  troisième  contretemps  ballonné  qui  se  faisait  en 
avant,  en  arrière  et  de  côté  ;  il  l'exécutait  ainsi  :  Ayant 
le  pied  droit  devant  le  gauche,  pliez  et  avancez  le  pied 
gauche  à  la  quatrième  position,  en  faisant  reposer  le 
corps  sur  cette  jambe  ;  pliez  à  nouveau  et  relevez-vous 
en  sautant  sur  le  pied  droit  ;  puis  passez  la  jambe  droite 
devant  pendant  qu'elle  se  plie  ;  maintenez-la  étendue  et 
élevée  pendant  ce  mouvement  en  pliant  l'autre  jambe. 
Ces  trois  derniers  contretemps  sont  souvent  usités  dans 
les  ballets  et  Mérante  brillait  à  l'Opéra  de  la  rue  Le  Pe- 
letier  par  ses  contretemps  battus, 

CONTRETEMPS  EN  AVANT.  Placé  à  la  cinquième 
position,  plier  et  s'élever  en  sautant  sur  le  pied 
gauche  tout  en  glissant  le  droit  à  la  seconde  position  de 
côté,  après  avoir  vivement  rapproché  le  pied  gauche  der- 
rière à  la  cinquième  position. 

CONTRETEMPS  EN  ARRIÈRE,  Porter  le  pied  droit 
à  la  quatrième  position  derrière  au  lieu  de  devant  ;  suivre 
les  autres  mouvements  en  sens  inverse  des  précédents. 

CONTRETEMPS     DESSUS.    La   jambe    est   croisée 


102  CON 

d'abord  derrière  et  ensuite  devant  sur  le  même  temps  de 
la  mesure. 

CONTRETEMPS  DESSUS  ET  DESSOUS.  Les  mou- 
vements de  pieds  sont  les  mêmes,  en  croisant  les  pieds, 
mais  en  doublant  la  me«ure  de  deux  contretemps  au 
lieu  d'un  sur  le  même  temps. 

CONTRETEMPS  BATTUS.  Ces  contretemps,  qui  rap- 
pellent ceux  de  Ballon,  sont  les  mêmes  que  les  pré- 
cédents pour  les  mouvements  simples,  mais  on  fait  battre 
une  jambe  contre  l'autre  en  les  exécutant  ;  ce  battement 
peut  être  fait  en  tournant,  c'est-à-dire  en  décrivant  des 
courbes  ;  ils  produisent  alors  un  brillant  effet  au  théâtre, 
et  sont  un  des  plus  favoris  de  la  gracieuse  et  charmeuse 
Rosita  Mauri  dans  le  ballet  des  Pigeons. 

COXTY  (LA),  Dans  son  Traité  de  chorégraphie 
Feuillet  cite  cette  danse  comme  contredanse  à  deux 
personnages  ;  il  en  donne  la  musique  et  la  chorégraphie 
et  l'intérêt  fait  défaut  dans  l'une  et  dans  l'autre. 

CONVERSATION  POLONAISE  (LA).  Danse  dite 
de  salon  dont  la  théorie  a  été  réglée  par  Markoski  et  la 
musique  composée  par  Saint-Léon,  de  l'Opéra.  Saint- 
Léon  excellait  aussi  brillamment  dans  la  danse  que 
dans  la  musique,  témoin  le  ballet  du  Violon  du  Diable, 
dans  lequel  son  violon  captivait  les  spectateurs  autant 
que  ses  pas.  Cette  danse  ne  fut  exécutée  en  1850  que 
dans  les  salons  du  professeur  et  au  sujet  de  l'inaugura- 
tion d'une  salle  de  danse.  Salle  et  danse  furent  de  peu 
de  durée  et  finirent  avec  la  triste  fin  de  l'auteur.  La 
théorie  suivante  en  a  été  écrite  par  Markoski  auquel 
Saint-Léon  prêta  son  talent  chorégraphique  et  écrivit  la 
danse  d'après  son  nouveau  genre  de  sténochorégraphie. 
Heugel,  du  Ménestrel,  en  publia  l'exemplaire  sur  lequel 
je  copie  cette  théorie  :  La  polonaise  (conversation)  se 
danse  h  quatre,  huit,  seize  et  trente-deux  couples  et  se 


CON  103 

compose  de  vingt-six  mouvements  figurés.  Le  pas  servant 
à  l'exécution  de  ses  figures  est  formé  de  six  temps  égaux, 
savoir  :  1"  pas  marché,  glissé  et  légèrement  frappé  du  pied 
droit;  2°  pas  marché  ;  3°  pas  marché;  4-°  pas  marché, 
glissé  et  légèrement  frappé  du  pied  gauche;  5"  pas  mar- 
ché; 6°  pas  marché.  Il  suffît  d'un  cavalier  conducteur  pour 
mettre  l'exécution  de  cette  danse  à  la  portée  des  personnes 
qui  n'auraient  même  que  très  peu  l'habitude  de  la  danse. 
La  conversation  polonaise  est  surtout  apte  à  ouvrir  un 
bal  comme  aussi  à  servir  d'intermezzo  des  danses  fati- 
gantes, telles  que  polkas,  valses,  etc.  En  outre,  comme 
l'exécution  en  est  très  facile  et  noble,  elle  convient  par- 
faitement dans  les  salons  élégants  où  l'on  recherche 
principalement  la  danse  comme  sujet  de  conversation. 

Annotation  et  durée  des  figures  pour  huit  couples, 
d'après  le  système  sténochorégraphique  linéaire  de  Saint- 
Léon  pour  les  danses  de  salon.  Explication  des  signes  : 


l'""  Cavalier  o  Dame  1    ^ 

t  —  o    —  2 

3«  —  o    —  3 

4."  —  o    —  4 

5«  —  o    —  5 

6-^  —  o    —  6 

7e  Q      n       Le  t   adapté    au-flessous    des 

signes  aeih  signifie  un  tour, 

o'^  °  o       Deux  t  signifient  deux   tours. 


Tourner  à  gauche. 


Tourner  à  droite. 


Signifie 
k  '  le 

«  chemin  à  parcourir 
t  de  A  à  B. 


104  CON 

Explication  de  la  conversation  polonaise.  —  Nota. 
Cette  danse  n'ayant  jamais  été  pratiquée  en  dehors  des 
cours  des  professeurs  et  ne  présentant  qu'un  intérêt  des 
plus  médiocres,  je  crois  devoir  en  supprimer  les  traits 
chorégraphiques.  On  pourrait,  du  reste,  les  retrouver  sur 
l'original  à  la  Bibliothèque  nationale.  Contentons-nous 
des  figures  de  danse, —  8  mesures  d'introduction  pour 
inviter  les  dames.  1°  16  mesures  de  promenade  autour 
du  salon  ;  2°  on  termine  sur  8  mesures  même  rond  ;  3"  sur 
4  mesures  formez  deux  lignes,   saints    et  révérences  ; 
4"  sur  4  mesures  formez  deux  lignes  droites  en  sens 
opposé  des  premières,   salut  et  révérence  ;  5°  terminez 
sur  8  mesures  en  suivant  le  cavalier  et  la  dame  n°  1 
sans  quitter  les  mains;  6"  sur  8  mesures  même  chose  du 
cavalier  et  de  la  dame  5  de  A  à  B  et  terminez  un  rond 
comme  au  n"  4  ;  7"  sur  16  mesures  formez  deux  ronds  et 
tournez  à  droite  et  à  gauche  ;  8°  sur  16  mesures  chaîne 
par  le  bras  droit  et  gauche  ;  9"  promenade  autour  du 
salon;  de  deux  en  deux  mesures  les  cavaliers  font  tourner 
les   dames   sur  elles-mêmes,  et  répétez  ceci,  en  tout, 
quatre  fois;  10"  terminez  sur  8  mesures  en  formant  un 
rond  enroulé  sur  le  premier  cavalier;  11"  sur  8  mesures 
déroulez  et  terminez  en  deux  lignes  vis-à-vis.  avec  les 
mains  croisées  en  croix.  —  Nota.  Le  chemin  à  faire 
pour  dérouler  la  figure  est 


A 

Les  autres  suivent. 


COQ  105 

COQUETTE  (1^^).  Nom  d'une  ancienne  danse  au 
xviii^  siècle  ;  elle  n'a  aucun  rapport  avec  la  coquette  mo- 
derne ou  plutôt  contemporaine,  car  elle  était  une  contre- 
danse au  lieu  d'être  une  valse.  Aucune  donnée  ne  nous 
a  été  laissée  sur  la  contredanse  coquette,  le  nom  seul 
nous  en  est  resté. 


COQUETTE  (2*).  Valse  moderne  composée  de  valse  à 
deux  temps  et  de  polka  ;  elle  est  très  goûtée  des  demoi- 
selles dans  les  bals,  étant  plus  gaie.  Elle  a  été  mise  à  la 
mode  et,  je  crois,  établie  par  Alexandre  Périn,  profes- 
senr  de  danse  à  Liverpool  et  frère  de  notre  aimable 
collègue  Charles  Périn,  successeur  de  Laborde.  La 
coquette  est  dansée  comme  toutes  les  valses  en  avançant, 
en  reculant  et  en  tournant  à  droite  et  à  gauche  ou  de 
gauche  à  droite.  Son  pas  consiste  en  deux  chassés  faits 
du  même  pied  et  suivis  d'un  pas  de  polka  pris  rapide- 
ment après  le  second  chassé  ;  le  mouvement  tournant  est 
pris  sur  le  pas  de  polka.  Le  cavalier  commence  par  le 
pied  gauche  et  la  dame  par  le  pied  droit. 

COQUETTE  DE  BLASIS.  En  1830,  Blasis,  célèbre 
maître  de  ballet  et  professeur  très  en  faveur,  mit  à  la 
mode  une  contredanse  pleine  d'entrain  et  qui  eut 
quelques  succès.  Plus  d'une  arrière-grand'mère  se  rap- 
pellerait peut-être  avoir  dansé  la  coquette.  La  théorie  de 
Blasis  est  écrite  pour  huit  personnes  :  1°  chassé  huit, 
balancé,  à  vos  places  ;  2°  cavaliers  et  dames  les  mains 
en  croix  et  grand  rond;  3°  en  avant  quatre;  ■4"  chaîne 
anglaise;  5°  balancé;  6°  tour  de  mains;  7"  quatre 
dames,  solo  à  son  tour  et  4  mesures  pour  chaque  couple; 
8°  même  figure  pour  les  cavaliers  ;  9"  chassé  huit  en 
avant  et  en  arrière  ;  10"  chassé-croisé  tous  les  huit.  On 
trouve  déjà  dans  cette  coquette  un  des  premiers  éléments 
de  notre  quadrille  dont  la  première  figure  remonte  à 
cette  même  année  1830. 

5. 


106  COR 

CORBEILLE.  On  donne  le  nom  de  corbeille  à  plu- 
sieurs figures  du  cotillon  et  du  quadrille  américain; 
quant  à  cette  dernière,  elle  a  été  décrite  dans  le  qua- 
drille américain.  La  corbeille  exécutée  dans  le  cotillon 
se  forme  ainsi  :  trois  cavaliers  se  placent  en  ligne  vis-à- 
vis  de  leurs  dames  au  milieu  du  salon;  ils  avancent, 
puis  reculent;  les  deux  cavaliers  placés  à  la  gauche  et  à 
la  droite  de  la  ligne  des  cavaliers  passent  sous  les  bras 
des  dames  placées  à  la  droite  et  à  la  gauche  de  la  ligne 
des  dames.  Ces  deux  cavaliers  se  donnent  les  mains 
derrière  la  dame  placée  au  milieu  des  deux  dames;  ces 
deux  dernières  font  de  même  derrière  le  cavalier  placé 
entre  les  deux  autres  cavaliers.  Cette  corbeille  est  con- 
vertie en  rond  sans  quitter  les  mains,  puis  le  rond  tourne 
sur  la  gauche;  les  danseurs  élèvent  les  bras  et,  brisant 
le  rond  en  quittant  les  mains,  reculent  pour  se  placer 
en  vis-à-vis  comme  ils  étaient  en  commençant.  En  avant 
tous  les  six  et  valse  pour  terminer  la  figure. 

CORDACE  OU  CORDAX.  Les  Grecs  appelaient  ainsi 
une  de  leurs  danses  théâtrales,  à  laquelle  ils  prenaient 
d'autant  plus  de  plaisir  qu'elle  faisait  partie  des  danses 
comiques.  Les  Mémoires  de  Burette,  déjà  cités,  offrent 
un  grand  intérêt  historique  au  sujet  de  celte  danse.  Son 
nom  lui  fut  donné  à  cause  d'un  satyre  nommé  Cordax, 
auquel  on  en  attribuait  la  composition  et  à  laquelle  il 
laissa  son  nom.  Comme  comique,  la  vivacité,  le  brio,  la 
furia  même  des  mouvements  caractérisaient  la  danse. 
Dans  son  De  orchestra,  Meursius  cite  la  cordace,  mais 
est  aussi  peu  prodigue  de  renseignements  théoriques  à 
son  sujet  que  pour  toutes  les  nombreuses  danses  dont  il 
se  contente  de  donner  les  noms.  La  cordace  devait  ré- 
pondre à  notre  genre  bouffon,  genre  qui  nous  rappelle 
Paul  l'Aérien  qui,  dans  un  ballet  à  l'Opéra,  costumé  en 
singe,  sautait  d'arbre  en  arbre.  Le  véritable  genre 
bouffon  disparaît  dans  le  ballet,  comme  dans  l'opéra  et 
l'opéra-coniique.  Où^sont  Sainte-Foix  et  Paul  l'Aérien? 


COS  107 

COSAQUE  (LA).  Nom  d'une  danse  russe  encore  usitée 
chez  les  paysans  de  Russie;  elle  rappelle  les  mouve- 
ments brusques  et  talonnés  de  la  mazurka  et  de  la  czarda, 
mouvements  vifs,  bruyants,  qu'accompagnent  de  nom- 
breux coups  de  talons  éperonnés.  La  czarda  paraît  être, 
du  reste,  une  sorte  de  cosaque,  mais  avec  cette  nuance 
qu'elle  serait  moins  facile  à  adopter  dans  les  salons 
comme  danse  usuelle.  La  czarda  peut  être  regardée 
comme  danse  nationale  des  Hongrois,  comme  musique 
et  comme  danse;  les  musiques  des  czardas  sont  toutes 
aptes  à  entraîner  les  danseurs  par  leur  rythme  fortement 
accentué  et  leur  chant  énergique.  La  cosaque  était  con- 
nue depuis  longtemps,  car  Despréaux  en  parle  dans  son 
Art  de  la  danse  : 

Du  grimacier  Cosaque  on  eut  la  fantaisie. 

Il  en  définit  ainsi  le  caractère,  qu'il  dépeint  en  son 
vers,  dans  les  notes  jointes  au  texte  :  «  Danse  triviale  de 
Pologne;  c'est  un  composé  de  grimaces;  le  danseur 
s'assied  presque  sur  les  talons.  Cependant  on  l'ennoblit 
un  peu  en  la  polissant,  c'est-à-dire  en  ne  chargeant  pas 
les  mouvements.  De  là  est  venue  évidemment  la  czarda, 
dans  laquelle  on  a  fait  disparaître  tous  les  mouvements 
grossiers.  » 

M.  Giraudet  cite,  dans  son  Traité  de  danse  de  1890, 
une  cosaque  russe  tenant  beaucoup  de  la  danse  théâtrale 
ou  de  la  danse  usitée  quelquefois  dans  les  régiments; 
les  prévôts  militaires  de  danse  la  tiennent  en  grand 
honneur.  J'emprunte  au  professeur  Giraudet  le  texte  de 
la  théorie  qu'il  en  donne,  théorie  qui  est  fidèlement 
celle  adoptée  dans  les  classes  de  danse  régimentaires  : 

Cosaque  russe.  Mesure  à  S/i  par  deux  ou  quatre  per- 
sonnes. 1"  pas  :  échappé  par  quatre  attitudes  en  tour- 
nant à  chaque  reprise,  et  chaque  fois  du  pas  en  avant; 
2'  pas  :  bourré  en  avant  et  en  arrière  ;  3°  pas  :  trois 
jetés  en  tournant  sur  le  côté  et  de  chaque  pied  ;  A'  pas  : 
écart  chinois   toute  la  reprise,  trois  changements  de 


108  COS 

pied,  brisé,  entrechat  ;  5'  pas  :  grand  écart,  trois  chan- 
gements de  pieds,  brisé,  entrechat;  6°  pas  :  entrechat, 
attitude,  ailes  de  pigeon,  brisé,  entrechat,  un  tour  à 
droite,  un  tour   à   gauche,   brisé,    entrechat  ;   7'  pas  : 
demi-pas  russe   en   avant,   glissade   en  arrière,   brisé, 
ailes  de  pigeon,  brisé,  entrechat  ;  8'  pas  :  brisé  de  chaque 
pied,  deux  entrechats    deux    fois,    sisonne  anglais  à 
gauche  ;  9''  pas  :  ballonné  sur  le  côté,  jeté  en  arrière, 
brisé,  entrechat  à  droite  et  à  gauche;   10'  pas  :  pas 
russe  en  avant  et  déboîté  en  arrière;  11'  pas  :  ailes  de 
pigeon  coupées  trois  fois,  brisé,  entrechat;  faire  ce  pas 
une  deuxième  fois;  12' pas  :  cinquième  pas  d'été  une 
fois  en  avant,  une  seconde  fois,  puis  en  faire  la  moitié 
seulement,  se  mettre  à  genoux  et  se  lever  en  entrechat  ; 
13"  pas  :  chassé  ouvert  en  avant,  et  en  se  dirigeant  sur 
les   côtés;   sur  4  mesures,  un  tour;    sur  4    mesures, 
changez  de  main  et  terminez  en  deux  lignes;  13"  sur 
2    mesures,    avancez  ;    sur    2    mesures,    les    dames 
passent  d'un  côté,  les  cavaliers  de  l'autre,  toujours  en 
ligne;  14"  promenade  autour  du  salon;  après  4  me- 
sures changez  de  dames.  —  Nota.   Pour  changer  le 
cavalier  conducteur,  on  frappe  des  mains  comme  signal. 
Répétez  sept    fois    ce    mouvement    sur    32    mesures. 
Chaque  cavalier  se   retrouve  avec  sa   dame;    15°   sur 
8  mesures,  formez  moulinet  des  dames,  se  donnant  la 
main  droite  et  tournant  deux  tours  avec  les  cavaliers  ; 
16"  sur  8  mesures,  même  figuration  et  même  mouve- 
ment   main    gauche  et    rotation    opposée;   17"   sur  8 
mesures,  formez  rond  des  dames  au  milieu  du  rond  des 
cavaliers  et  tournez  en  sens  opposé  les  uns  des  autres  ; 
18"  2  mesures  pour  élargir  le  double  rond,  et  formez 
le  rond  en  élevant  les  bras;  19"  les  cavaliers  abaissent 
les  bras  et  enlacent  le  rond  des  dames;  20"  2  mesures 
pour    convertir   le  rond  des   dames  en  deux    lignes; 
21"  2  mesures  pour    reculer  les  deux  lignes;  22"  sur 
1  mesure  ou  trois  temps,  en  avant  deux;   sur  2  me- 
sures, tour  de  main;  sur  1  mesure,  retour  en  places; 


COT  109 

23"  même  chose  du  côté  opposé,  h  gauche,  et  deux 
tours;  24°  répétez  même  chose;  25°  8  mesures  pour  for- 
mer deux  lignes,  l'une  de  cavaliers,  l'autre  de  dames; 
26"  promenade  pour  reconduire  les  dames  à  leurs 
places. 

COTILLOX.  Nom  de  la  danse  la  plus  répandue  de 
nos  jours  et  appelée  jadis  les  cotillons.  Elle  était  et  est 
encore  exécutée  par  un  nombre  de  couples  indéterminé, 
couples  toutefois  plus  nomi)reux  maintenant  qu'ancien- 
nement. Les  premiers  cotillons  étaient  une  sorte  de 
branles  composés  d'une  seule  figure,  tandis  que  de  nos 
jours  ces  figures  sont  innombrables,  surtout  depuis  que 
les  marchands  de  jouets  ont  remplacé  les  professeurs 
de  danse  dans  la  composition  des  figures. 

En  effet,  depuis  quelques  années,  les  figures  classiques 
ont  disparu  pour  faire  place  ta  des  jeux  avec  accessoires 
et,  le  plus  souvent,  à  la  distribution  de  souvenirs  com- 
mémoratifs  du  bal.  Le  cotillon  est  toujours  conduit  par 
un  couple  prenant  le  titre  de  couple  conducteur.  Le  fils 
ou  la  demoiselle  de  la  maison  sont  toujours  ou  du  moins 
devraient  être  chargés  de  cette  mission,  mission  qui  est 
loin  d'être  une  sinécure.  Tout  l'enlrain  de  la  danse  dé- 
pend de  celui  dépensé  par  le  couple  conducteur,  lequel 
doit  constamment  veiller  à  l'ordre  des  figures,  à  leur 
suite  agréablement  dessinée,  en  un  mot  à  ce  que  dan- 
seurs et  danseuses  ne  trahissent  pas  l'ennui  des  inter- 
minables figures  dont  on  se  plaît  à  prolonger  la  danse. 
Il  est  facile,  en  quelques  mots,  de  peindre  la  métamor- 
phose du  cotillon  moderne  :  l'ancien  faisait  appel  à  l'in- 
telligence, à  l'esprit  du  couple  conducteur  et  des  dan- 
seurs, le  nouveau  consulte  la  bourse  de  la  maîtresse  de 
maison  qui  l'ouvre  plus  ou  moins  selon  sa  position,  sa 
situation  et  les  exigences  de  la  réception  dansante.  N'a- 
t-on  pas  vu  dans  ces  dernières  années  distribuer  jusqu'à 
des  bijoux,  des  bracelets?  Passe  encore  un  carnet  de  bal 
mentionnant  la  date  de  la  fête  et  le  nom  de  la  com- 


110  GOT 

tesse  ou  même  des  éventails  offerts  aux  dames  avec 
leurs  noms,  mais  des  objets  vulgairement  appelés  bibe- 
lots! 

Tous  les  danseurs  sont  forcés  d'obéir  aux  ordres  don- 
nés par  le  couple  conducteur,  sans  quoi  le  cotillon  de- 
vient monotone  et  languissant,  qui  plus  est  désordonné  ; 
tout  couple  invité  par  le  conducteur  doit  exécuter  les 
figures  indiquées  et  il  est  malséant  de  ne  pas  répondre  à 
l'invitation  adressée.  Le  signal  du  couple  conducteur, 
qui  autrefois  était  donné  en  frappant  dans  ses  mains,  l'est 
maintenant  en  frappant  sur  un  tambour  de  basque  enru- 
banné. Ce  signal  indique  le  couple  qui  doit  commencer 
la  ou  les  figures  et  aussi  les  finir.  Toutes  les  figures  indi- 
viduelles, c'est-à-dire  faites  par  un  seul  couple,  sont 
répétées  par  tous  les  autres,  à  moins  que,  dans  le  cas  où 
le  cotillon  serait  trop  nombreux,  le  couple  conducteur 
ne  juge  à  propos  de  les  changer.  Le  couple  conducteur 
se  place  à  la  droite  de  l'orchestre  et  l'ordre  des  partants 
suit  sa  droite.  Tout  couple  ou  tout  participant  à  la  figure 
la  commence  et  la  termine  par  quelques  tours  de  valse, 
et  les  dames  sont  alors  reconduites  à  leurs  places  près 
de  leurs  cavaliers.  Le  nombre  de  ces  figures  est  indéter- 
minable, seule  la  dernière  ne  peut  varier,  car  elle  con- 
siste en  une  promenade  précédant  les  adieux  adressés  à 
la  maîtresse  de  maison  chez  laquelle  a  lieu  le  bal.  Cette 
promenade,  afin  de  prolonger  le  plus  possible  le  plaisir 
du  bal,  s'exécute  presque  toujours  avant  un  galop  ou 
une  farandole  générale.  Chaque  couple,  après  la  prome- 
nade, se  place  devant  la  maîtresse  de  maison  alternati- 
vement pour  la  saluer;  le  premier  élève  les  bras,  afin  de 
permettre  au  second  de  passer  dessous;  le  second  couple 
fait  de  même,  pour  que  le  troisième  passe  sous  les  bras 
du  premier  et  du  second  et  ainsi  de  suite  jusqu'au  der- 
nier. Chaque  couple,  sous  les  bras  duquel  on  a  passé, 
recule  de  quelques  pas  et  de  telle  sorte  que  le  dernier 
couple  se  trouve  devenir  le  premier.  Au  moment  où  ce 
dernier  termine  son  salut,  le  conducteur  fait  former  deux 


cou  m 

lignes  vis-à-vis,  l'une  de  dames,  l'autre  de  cavaliers  ;  il 
donne  au  chef  d'orchestre  l'ordre  de  jouer  un  galop  en 
2/4  (vivace)  et  tous  les  cavaliers  prenant  leurs  dames 
s'élancent  au  galop,  à  moins  que  se  tenant  par  les 
mains  le  conducteur  ne  les  entraîne  dans  une  faran- 
dole. 

COUPÉ.  Nom  d'un  pas  de  danse  fréquemment  em- 
l)loyé  dans  la  danse  de  ville  ou  de  thétâtre  ;  il  s'exécute 
ainsi  :  placé  à  la  cinquième  position  et  ayant  le  pied 
droit  croisé  devant  le  pied  gauche,  pliez  également  les 
genoux  en  élevant  le  pied  gauclie  à  la  quatrième  position 
en  l'air  derrière  la  jamhe  droite;  laissez  ensuite  des- 
cendre le  pied  gauche  derrière  le  pied  droit  en  cinquième 
position  et  élevez  en  même  temps  le  pied  droit  à  la  cin- 
quième position  en  l'air  en  sautant. 

COUPÉ  DESSUS.  On  entend  par  coupé  dessus  celui 
dans  lequel  la  jambe  placée  derrière  se  rapproche  pour 
faire  élever  l'autre  en  avant.  Dans  le  cas  contraire,  le 
coupé  prend  le  nom  de  coupé  dessous. 

COUPÉ  SUR  LES  POINTES.  On  appelle  ainsi  l'en- 
chaînement de  deux  pas  marchés  et  glissés  sur  les 
pointes.  Placé  en  cinquième  position,  le  pied  droit  de- 
vant, pliez  les  genoux  et  relevez-vous  en  glissant  le  pied 
droit  à  la  quatrième  position  devant  ;  rapprochez  le  pied 
gauche  à  la  première  position  près  du  droit  et  élevez- 
vous  sur  les  pointes.  Ces  coupés  sont  généralement  faits 
sur  une  mesure  lente  en  trois  temps  et  dans  toutes  les 
directions.  Pour  reculer,  on  glisse  au  premier  temps,  le 
pied  à  la  quatrième  position  en  arrière  et  l'on  rapproche 
l'autre  pied  en  le  ramenant  à  la  première  à  côté  du  pied 
commençant  le  pas. 

COURANTE.  Nom  d'une  ancienne  danse  usitée  au 
moyen  âge  et  dont  parle  vaguement  Thoinot-Arheau  ; 


112  COU 

elle  faisait  partie  des  basses  danses  et  était  par  consé- 
quent lente  et  glissée  terre  à  terre.  Louis  XIII  excellait 
en  cette  danse,  et  plusieurs  fois  la  dansa  avec  les  dames 
de  sa  cour.  La  courante  était  exécutée  par  un  couple 
seul  sur  une  mesure  binaire  et  lente;  elle  était  réservée 
aux  gens  de  haute  lignée  qui,  dans  les  glissades  mar- 
chées  lentement  sur  les  côtés,  cherchaient  à  faire  valoir 
leur  grâce  tout  en  voulant  prouver  leurs  titres  de  vieille 
noblesse  par  une  tenue  altière,  un  port  de  buste  et  de 
tète  souvent  exagéré.  On  ne  parle  déjà  plus  de  la  courante 
sous  Louis  XIV,  les  danses  sautées  et  plus  animées  la 
remplacent.  Quant  à  la  théorie,  elle  ne  nous  reste  que 
très  imparfaitement  donnée  :  quelques  allées  et  venues 
avec  balancés  et  coupés;  peut-être  le  pas  suivant  y  était- 
il  employé. 

COURANTE  (TEMPS  DE).  On  donne  ce  nom  à  un 
temps  de  danse  abandonné  depuis  longtemps;  malgré 
son  brio,  il  ne  produit  jamais  au  théâtre  l'effet  que  les 
danseurs  habiles  étaient  en  droit  d'espérer  ;  il  était  trop 
terre  à  terre.  Compan  en  donne  la  théorie  suivante  :  «  Je 
suppose  que  vous  deviez  faire  le  temps  de  courante  du 
pied  droit;  ayant  le  pied  gauche  devant,  le  corps  posé 
dessus  et  le  droit  derrière  à  la  quatrième  position,  le  talon 
levé  et  prêt  à  partir  ;  de  là  vous  pliez  en  ouvrant  le  pied 
droit  de  côté  et,  lorsque  vous  vous  êtes  relevé  avec  les 
genoux  étendus,  vous  glissez  le  pied  droit  devant  à  la  qua- 
trième position  et  le  corps  se  porte  entièrement  dessus. 
Mais,  à  mesure  que  le  pied  droit  se  glisse  devant,  le  genou 
gauche  se  détend  et  son  talon  se  lève,  ce  qui  renvoie 
facilement  le  corps  sur  le  pied  droit.  Du  même  temps, 
vous  vous  élevez  sur  les  pointes  et  ensuite  vous  baissez 
le  talon  en  appuyant  tout  le  pied  à  terre,  ce  qui  termine 
le  temps  de  courante.  »  Dans  les  leçons  de  notre  Con- 
servatoire de  danse,  les  temps  de  courante  sont  travaillés 
à  un  et  deux  mouvements  et,  le  plus  souvent,  sont  ac- 
compagnés de  port  de  bras  (voir  ce  mot). 


cou  113 

COURANTE  SIMPLE  (TEMPS  DE).  Placé  à  la  cin- 
quième position,  le  pied  droit  devant,  pliez  les  genoux 
et  relevez-vous  en  dégageant  le  pied  droit  à  la  seconde 
position  de  côté;  de  cette  deuxième  position,  portez  le 
pied  droit  en  quatrième  position  devant  sur  la  pointe, 
ramenez  la  gauche  à  la  première  position  près  du  droit. 
Si  les  bras  accompagnent  les  jambes,  on  les  élève  et  on 
les  arrondit  sur  le  premier  temps  de  la  mesure,  ou  on 
les  étend  suivant  la  pose  demandée.  Quelquefois  on 
élève,  en  l'arrondissant,  le  bras  droit  un  peu  plus  haut 
que  l'épaule  quand  le  pied  droit  passe  de  la  deuxième 
à  la  quatrième  position.  Le  bras  gauche  conserve  sa 
tenue  horizontale,  mais  toutefois  légèrement  porté  en 
arrière  afin  d'ajouter  plus  d'expression  dans  l'effacement 
de  l'épaule. 

COURANTE  A  DEUX  MOUVEMENTS  (TEMPS  DE). 
Placé  en  cinquième  position,  le  pied  droit  devant,  pliez 
les  genoux,  glissez  le  pied  droit  à  la  seconde  position 
sur  la  pointe,  posez  le  talon  ;  pliez  une  seconde  fois  les 
genoux  et  restez  plié;  relevez-vous  en  tendant  les  jambes. 
Portez  ensuite  le  pied  droit  à  la  quatrième  position  et 
rapprochez  la  gauche  en  première  à  côté  du  droit.  Les 
mouvements  de  bras  sont  identiques  à  ceux  des  temps 
de  courante  simples. 

COURS  DE  DAIVSE.  Ce  mot  depuis  longues  années 
a  remplacé  l'ancien  terme  usité  pour  dénommer  les 
salles  d'étude  consacrées  ou  affectées  à  la  danse.  An- 
ciennement, les  leçons  d'ensemble,  c'est-à-dire  réunis- 
sant un  certain  nombre  d'élèves,  avaient  lieu  chez  le 
professeur  ne  conviant  que  ses  adeptes  proprement 
dits.  Depuis  1844,  l'invasion  de  la  polka  a  changé  com- 
plètement le  caractère  des  leçons,  et  nous  avons  vu 
Cellarius,  Laborde  et  Desrat  père  inaugurer  des  réu- 
nions où  des  dames  professeurs  venaient  faciliter  chez 
les  élèves  les  mouvements  des  danses  tournantes.  L'an- 


114  COU 

cienmot  impliquant  l'idée  de  réunion  d'élèves,  académie 
de  danse,  salle  de  danse,  fut  remplacé  par  celui  de 
cours  Laborde,  cours  Cellarius,  cours  Desrat.  Seuls,  les 
maîtres  de  gymnase  ont  conservé  leur  ancienne  appella- 
tion :  salle  Ruzé,  salle  Mérignac,  etc..  On  désirerait  très 
vivement  dans  le  professorat  de  la  danse  que  tous  les 
maîtres  s'adjoignissent  des  prévôts  en  danse,  tels  que  les 
prévôts  en  escrime,  au  lieu  de  confier  le  soin  des  leçons' 
dans  les  cours  de  danse  le  plus  souvent  à  des  femmes 
plus  qu'inexpérimentées.  Les  leçons  sont  devenues  de 
petites  réunions,  simulacres  de  bals,  dans  lesquelles  on 
s'efforce  à  procurer  à  l'élève  plus  de  plaisir  que  de 
travail. 

La  conséquence  fâcheuse  d'un  tel  abandon  chez  les 
professeurs  ne  tarda  pas  à  se  produire,  et  les  suites  en 
sont  telles  que  nous  voyons  homme  ou  femme,  tail- 
leur ou  maître  d'hôtel  ou  tout  autre  tenir  un  cours 
de  danse.  Nul  contrôle,  nulle  intervention  autre  que 
le  luxe  doré  d'un  salon  ou  la  réunion  d'agréables 
dames  professeurs .  Où  sont  nos  anciennes  salles 
d'étude?  Où  sont  ces  anciennes  salles  années  sur- 
tous  les  côtés  de  barres  d'appui  pour  les  mains,  et  où  le 
travail  était  assez  pénible  et  opiniâtre  pour  bannir  le 
plaisir?  L'amour  de  l'art  nous  envahissait  et  ne  laissait 
place  qu'au  labeur.  En  un  mot,  pourquoi  ne  pas  exiger 
des  professeurs  de  danse  ce  que  l'on  demande  aux  pré- 
vôts de  gymnastique  et  d'escrime  :  un  certificat  d'apti- 
tudes ?  Pourquoi  ne  pas  contraindre  les  maîtres  à  danser 
à  justifier  par  leurs  aptitudes  le  droit  et  surtout  la  puis- 
sance d'enseigner?  Tel  maître,  tel  élève,  dit  l'ancien 
proverbe;  passons-le  momentanément  sous  silence,  sans 
autre  observation.  Les  grandes  affiches,  les  multiples 
paperasses  distribuées  à  profusion  dans  les  rues  et  sur 
les  boulevards  de  Paris  ne  tiendront  jamais  lieu  de 
bons  diplômes  gagnés  au  profit  de  l'art.  Une  nouvelle 
organisation  s'impose  dans  le  professorat  de  la  danse, 
tant  pour  l'honorabilité  de  ses  représentants  que  pour 


CUL  H5 

l'intérêt  de  l'art.  Que  le  prochain  congrès  de  la  dansé 
puisse  se  tenir  à  Paris,  et  je  trouverai  là  une  des  pre- 
mières et  plus  importantes  questions  à  poser  et  à 
élucider. 

CUBISTIQUE.  Les  Grecs  désignaient  par  ce  nom 
une  de  leurs  danses  et  aussi  un  des  genres  spéciaux  à  ces 
danses.  Les  auteurs  anciens  les  ont  divisées  en  trois  ca- 
tégories :  1°  la  cubistique;  2°  la  sphéristique  ;  3°  l'or- 
chestrique.  Celle  dont  nous  nous  occupons  était  classée 
dans  les  danses  triviales  et  consistait,  comme  l'indique 
l'étymologie  du  nom,  en  sauts  et  culbutes  ;  elle  pourrait 
nous  rappeler  les  tours  d'adresse  de  nos  saltimbanques 
et  Burette,  dans  ses  Mémoires  de  l'Académie  des  inscrip- 
tions, semble  partager  mon  avis. 

CUISSE  (TEMPS  DE).  Nom  d'un  temps  de  danse 
délaissé  depuis  longtemps  en  raison  de  sa  difficulté  et 
de  la  force  musculaire  qu'il  demande  à  la  hanche..  On 
l'exécute  ainsi  :  placé  à  la  cinquième  position,  le  pied 
droit  devant,  pliez  les  genoux  et  en  même  temps  éten- 
dez la  jambe  droite  tout  en  conservant  la  jambe  gauche 
fléchie,  bien  qu'elle  supporte  le  corps;  faites  rapidement 
venir  la  jambe  droite  devant  la  gauche,  étendez-la  une 
seconde  fois  et  laissez-la  retomber  en  cinquième  position 
devant  la  droite.  Ces  mouvements  demandent  autant  de 
force  que  de  rapidité.  Ce  pas  est  fait  devant  ou  derrière, 
selon  que  la  jambe  élevée  retombe  devant  ou  derrière. 

CULBUTE.  Ce  mot  n'appartiendrait  pas  à  la  danse  si 
les  Romains  ne  l'eusssent  employé  pour  exprimer  le  saut 
renversé  qu'ils  exécutaient  dans  leurs  danses  religieuses. 
On  comprend  difficilement  cette  anomalie;  il  faut  quand 
même  mentionner  ce  que  nous  rapportent  les  historiens, 
d'après  lesquels  la  culbute  était  dansée,  dans  les  fêtes  du 
dieu  Cossus,  par  des  saltateurs  bondissant  et  se  renver- 
sant sur  des  outres  graissées  d'huile. 


116  CZA 

CURETES  (DAXSE  DES).  La  danse  des  curetés  et 
des  corybantes  était  fort  en  usage  chez  les  premiers 
Titans;  elle  était  exécutée  au  son  des  fifres,  tambourins 
et  sonnettes.  Tout  fait  présumer  qu'on  la  dansait  armé, 
car  on  en  trouve  les  acteurs  couverts  de  boucliers  et 
portant  des  lances,  épées  et  javelots. 

CY'CLOPP^A.  Nom  d'une  danse  citée  par  Horace 
comme  particulière  aux  Cyclopes  ;  nous  n'en  trouvons 
aucune  autre  définition  près  des  auteurs  anciens. 

CYNŒDOLOGIE.  Nom  donné  chez  les  Ioniens  à  la 
classe  de  mimes  dont  l'obscénité  faisait  le  principal  but 
et  caractère  de  leurs  représentations. 

CYTIIARIS.  Nom  d'un  mime  célèbre  dans  l'antiquité. 
Il  est  cité  comme  captivant,  par  le  talent  de  sa  mimique, 
les  faveurs  de  Marc-Aurèle. 

CZARINE.  La  czarine  a  été  composée  comme  valse, 
en  1856,  par  la  Société  académique  des  professeurs 
de  danse  de  Paris;  elle  a  été  publiée  à  cette  époque 
chez  Gambodgi,  15,  boulevard  Montmartre,  et  Gaston 
de  Lille  en  fit  la  musique.  Malgré  ses  titres  d'origine 
artistique,  elle  est  restée  lettre  morte  et  n'a  jamais  été 
en  usage  dans  les  salons  parisiens.  La  Société  acadé- 
mique l'avait  ainsi  publiée  : 

«  La  czarine  est  dansée  sur  une  mesure  en  3/4,  mou- 
vement de  mazurka  et,  de  même  que  toutes  les  valses, 
est  tournée  à  droite,  à  gauche,  faite  en  avançant  ou  en 
reculant.  Elle  se  compose  de  quatre  pas  prenant  chacun 
une  mesure  et  faite  alternativement  de  chaque  pied.  Le 
cavalier  commence  ce  pas  du  pied  gauche  et  la  dame  du 
pied  droit.  » 

Décomposition  du  pas  :  pas  polonais  ou  temps  de 
talon.  —  1"  mesure,  1"  temps  :  assemblé  du  pied 
gauche    devant    en    frappant    légèrement    les   talons; 


DAC  H7 

2"  temps  :  glissé   de  côté   du  même  pied  ;  3*  temps: 
coupé  du  pied  droit,  le  pied  gauche  restant  en  l'air.  — 
2'  mesure,  pas  russe  ou  de  basque  :  1"'  temps  :  jeté  sur 
le  pied  gauche,  le  pied  droit  étant  légèrement  soulevé; 
2'  temps  :  poser  le  pied  levé  et  l'écarter  en  le  glissant 
suivant  la  direction  cherchée;  d"  temps  :  rapprocher  le 
pied  gauche  et  pousser,  par  un  léger  coup  de  talon,  le 
pied  droit  qui  restera  levé.  —  3'  et  4'  mesures,  holu- 
bieck  ou  tour  sur  place  :  1"  temps  :  le  pied  droit  étant 
resté  levé  sur  le  temps  précédent,  laisser  retomber  ce 
pied  à  la  quatrième  position  derrière;  'i"  temps  :  pivoter 
un  demi-tour   sur  les  pointes   en  changeant  de  pied; 
3"  temps  :  relever  ce  même  pied  droit.  L'holubieck  se 
faisant  du  pied  droit,  le  premier  temps  sera  fait  par  der- 
rière ainsi  que  le  demi-tour;  avec   le  pied   gauche,  le 
j»remier  temps  sera  fait  en  avant  ainsi  que  le  demi-tour. 
Ces  quatre  pas  ou  mesures,  ainsi  qu'il  est  dit  plus  haut, 
se  répètent  exactement  et  dans  le  même  ordre  du  pied 
droit,  la  dame  l'exécutant  du  gauche.  Dans  la  succession 
de  ces  quatre  pas,  les  deux  danseurs  accomplissent  un 
tour  entier.  Pour  la  promenade,  l'hobubieck  est  remplacé 
par  deux  pas  russes  ou  pas  de  basque,  ce  qui  donne  ; 
l'^mesure  :  un  pas  polonais  ou  tempsde  talon  ;  2'  mesure: 
trois  pas  russes  ou  de  basque. 


D 


DACTYLE.  Le  dactyle  était  une  danse  usitée  chez  les 
curetés  dont  parle  Athénée  dans  son  Banquet  des 
savants,  lib.  I,  cap.  x.  Quelquefois  on  l'appelait  cory- 
bantia.  Elle  était  exécutée  sur  des  paroles  dont  les  vers 
n'étaient  composés  que  de  trois  syllabes,  un  dactyle. 
Selon  la  fable,  elle  fut  inventée  par  les  corybantes  qui, 
gardiens  de  Jupiter,  frappaient  en  la  dansant  leurs  bou- 
cliers d'airain  pour  éviter  les  ennemis  importuns. 


118  DAM 

DA3IES  (QUADRILLE  DES).  Quadrille  composé  en 
1860,  par  M.  Périn,  professeur  de  danse.  Bien  que  ce  qua- 
drille soit  resté  confiné  dans  les  salons  du  professeur  et 
n'ait  jamais  acquis  droit  de  cité  dans  les  salons,  l'inté- 
rêt historique  s'impose  et  il  doit  trouver  place  dans  ce 
dictionnaire.  L'auteur  le  publia  ainsi  :  «  Le  quadrille 
des  dames  se  compose  de  cinq  figures  et  est  dansé  par 
quatre  couples  dont  un  prend  le  nom  de  couple  conduc- 
teur et  le  n"  1,  le  vis-à-vis  prend  le  n°  2,  le  couple  de 
droite  n"  3,  celui  de  gauche  n"  4. 

Théorie  de  M.  Périn.  —  1"  figure  :  les  couples  n"'  1  et 
2  traversent  par  une  demi-chaîne  anglaise  ;  les  quatre 
dames  balancent  avec  les  cavaliers  qui  se  trouvent  à  leur 
droite;  même  figure  pour  revenir  à  sa  place.  Les  quatre 
dames  avancent  ensuite  au  milieu  du  quadrille  et  se 
font  la  révérence;  elles  retournent  ensuite  à  leurs  places 
par  leur  gauche.  Les  couples  3  et  4  font  la  même  figure 
à  l'exception  de  la  révérence  des  dames  qui  ne  se  répète 
pas.  —  2°  ligure  :  le  cavalier  n"  1  fait  avec  la  dame  n"  2 
un  tour  de  main  à  gauche  ;  un  tour  de  main  gauche  avec 
la  dame  n"  4  pour  revenir  à  sa  place.  —  Nota  :  Chaque 
dame,  ayant  tourné  avec  le  cavalier,  tourne  de  l'autre 
côté  avec  son  partenaire;  les  cavaliers  et  les  dames,  étant 
placés  en  face  l'un  de  l'autre  et  se  donnant  la  main 
gauche,  gagnent  le  milieu  du  quadrille  par  quatre  pas 
de  côté  et  retournent  à  leurs  places  par  quatre  autres 
pas  ;  on  fait  un  tour  entier  sur  place  sans  se  quitter  les 
mains.  Les  cavaliers  n"'  2,  3,  4  font  la  même  figure  qui 
est  jouée  quatre  fois.  —  3"  figure  :  les  couples  1  et  2  vont 
trouver  le  couple  de  droite  ;  les  cavaliers  prennent  la 
dame  qu'ils  ont  devant  eux  par  les  deux  mains,  font  un 
chassé  ouvert,  c'est-à-dire  qu'ils  s'éloignent  l'un  de 
l'autre,  et,  par  un  demi-tour,  fait  avec  la  dame,  se 
placent  ainsi  :  le  l*""  cavalier  en  face  du  3%  le  2'  en  face 
du  4".  Les  quatre  couples  forment  un  carré  par  une 
chaîne  continue  des  dames;  en  avant  huit  de  chaque 
côté  et  croisé  huit.  Les  cavaliers  n"'  1  et  2  prennent  de 


DAM  119. 

la  main  gauche  la  main  droite  de  la  dame  de  vis-à-vis 
et  changent  de  places,  tandis  que  les  cavaliers  n"'  3  et  4 
font  un  tour  de  main  à  leurs  places.  On  recommence 
pour  que  les  cavaliers  reprennent  leurs  places.  Les 
couples  n"'  3  et  4  font  la  même  figure  qui  est  jouée 
quatre  fois.  —  4°  figure  :  les  daimes  n"'  1  et  2  avancent 
au  milieu  du  quadrille  et  se  donnent  la  main  gauche;  la 
dame  n"  3  vient  donner  la  main  droite  à  la  dame  n"  1,  en 
même  temps  que  la  dame  n"  4  donne  aussi  la  main  à  la 
dame  n"  2.  Les  quatre  dames  se  tenant  par  les  mains 
font  quatre  balancés;  les  dames  n°'  1  et  2  se  quittent  les 
mains  et,  deux  par  deux,  font  un  tour  sur  elles-mêmes; 
elles  recommencent  les  balancés.  Les  dames  n'"3et  4  font 
un  à-droite  et  un  à-gauche,  balancés  avec  leurs  cavaliers, 
tandis  que  les  dames  n"'  1  et  2  le  font  avec  leurs  vis-à- 
vis  d'elles.  Les  dames  n<"  1  et  2  recommencent  la  figure 
pour  retrouver  leurs  places.  Les  dames  n"' 3  et  4  font  après 
le  même  mouvement  et  la  figure  est  jouée  quatre  fois. 
—  5''  figure  :  les  couples  n"'  1  et  2  vont  en  avant  et  en 
arrière  pendant  que  ceux  de  la  contre-partie  se  séparent 
pour  aller  sur  les  côtés  et  revenir  à  leurs  places;  les 
couples  de  la  contre-partie  font  à  leur  tour  en  avant  et  en 
arrière,  tandis  que  les  autres  se  séparent;  tour  de  main 
général.  Les  couples  n"'  1  et  2  avancent  de  nouveau  et 
chaque  cavalier  prend  la  dame  de  son  partenaire  fait 
à  gauche  les  tiroirs  avec  les  autres  couples  ;  on  revient 
à  ses  places,  pendant  que  les  deux  couples  qui  se  sont 
avancés  font  un  demi-tour  terminé  à  la  place  l'un  de 
l'autre.  Les  quatre  dames  en  avant  et  en  arrière  font  un 
demi-moulinet  de  la  main  droite  terminé  au  cavalier 
partenaire.  Une  seconde  fois  la  figure  des  tiroirs  et  du 
rond  avec  les  dames  partenaires  est  répétée.  La  figure 
recommence  entièrement  pour  que  les  dames  retournent 
toutes  à  leurs  cavaliers.  Les  couples  n*"  3  et  4  font  la  même 
figure,  et  ce  sont  ces  couples  qui  avancent  à  leur  tour 
pendant  que  les  couples  n""  1  et  2  vont  sur  les  côtés.  — 
Coda  :  chassé-croisé  huit,  tour  de  main  droite  avec  la 


120  HAN 

dame  de  gauche,  revenir  à  la  place  de  sa  dame;  même 
figure  pour  reprendre  ses  places;  saints  et  révérences. 
Cette  figure  se  joue  quatre  fois  et  la  coda  pour  finir.  » 

DANAÉ.  Nom  d'une  ancienne  danse  grecque  dans 
laquelle  on  représentait  la  fable  de  Danaé.  Selon  Arnobe, 
chap.  VII,  la  danaé,  en  simulant  l'enlèvement  de  Gany- 
mède,  laisse  dans  l'âme  les  plus  douces  et  les  plus 
molles  expressions.  On  retrouve  dans  cette  appréciation 
la  note  d'une  foule  d'anciennes  danses  de  la  Grèce. 

1)AX€L\G-CAR.  Nom  moderne  donné  à  un  compar- 
timent ou  wagon  de  chemin  de  fer  dans  lequel  les  Amé- 
ricains cherchent  à  abréger  leurs  longs  voyages  en  se 
livrant  au  plaisir  de  la  danse.  Pour  la  première  fois, 
en  1883,  ils  ont  inauguré  cette  nouvelle  attraction.  Le 
G(7  6/rts' du  :2  février  1883  a  mentionné  le  fait  dans  la 
chronique  suivante  :   «  C'est  d'Amérique  que  les  nou- 
veautés de  tout  genre  nous  viennent.  La  plus  récente 
idée  de  ces  Yankees  a  été  le  dancing-car  sur  les  voies 
ferrées.  Oui,  dans  les  trains  qui  courent  avec  une  rapidité 
vertigineuse,  dont  aucune  de  nos  lignes  n'offre  l'exemple, 
on   a  imaginé  des  salles    de  danse    dans    d'immenses 
wagons   à  bagages.  Ces  wagons  sont  très  élégamment 
décorés,  brillamment  illuminés,  et  les  femmes  portent  à 
ces  réunions  de  délicieuses  toilettes,  revêtues  dans  le 
dressing-room  du  même  train.  Il  faut  bien  occuper  les 
loisirs  si  longs  d'un  voyage  de  San-Francisco  à  New- 
York,  et  l'on  n'a  pas  là  pour  rien  l'évangile  de  Franklin 
où  il  est  dit  :  «  Si  vous  prenez  la  vie,  ne  perdez  pas  le 
temps,  car  c'est  l'étoffe  dont  la  vie  est  faite.  »  Les  misses 
suivent  en  conscience  le  précepte  et  ne  restent  pas  deux 
minutes  sans  flirter.  »  {Gil  Blas,  :2  février  1883.) 

DANSE.  Ce  mot  exprime  l'action  de  mouvoir  son  corps 
en  harmonie  avec  une  mesure  déterminée  et  en  donnant 
telle  ou  telle  expression  aux  mouvements.  La  danse  n'a 


DAN  121 

pas  eu  dans  les  premiers  temps  le  même  sens  qu'elle  a  de 
nos  jours.  Son  importance  chez  les  Grecs  était  telle  qu'ils 
l'appelaient  vépioç,  règle  ou  loi  du  corps.  Lamartine  l'a 
décorée  du  litre  d'harmonie  du  corps.  Primitivement  la 
danse  ne  fut  que  l'art  grossier  des  gestes  pour  y  intro- 
duire ces  sauts  et  ces  tours  d'adresse  que  nous  trouvons 
plus  tard.  Toutes  les  anciennes  danses  des  Grecs,  en 
exceptant  toutefois  la  cordace  et  la  cubistique,  se  pré- 
sentent sous  un  aspect  terre  à  terre.  Aussi  ancienne  que 
le  monde,  l'histoire  de  la  danse  peut  offrir  un  vaste 
champ  d'études  h  celui  dont  la  patience  et  le  courage 
pourraient  triompher  des  difficultés  d'une  telle  entre- 
prise. 

Les  anciens  divisaient  la  danse  en  trois  parties  bien 
distinctes: 

1°  Les  danses  sacrées  et  religieuses; 

2"  Les  danses  militaires; 

3°  Les  danses  privées  et  particulières. 

Chacune  de  ces  danses  étant  expliquée  dans  ce  dic- 
tionnaire au  mot  la  qualifiant,  nul  besoin  d'en  parler 
ici.  Quant  aux  chercheurs  et  aux  curieux,  ils  trouveront 
dans  les  Mémoires  de  Burette  à  l'Académie  des 
inscriptions  et  belles-lettres  des  notes  pleines  d'intérêt. 
J'ai  publié,  en  1860,  une  notice  sur  ces  anciennes  danses 
dans  h\  Revue  universelle,  mois  de  février.  Pendant  la 
dernière  partie  de  ce  siècle,  la  danse  revêt  un  caractère 
nouveau;  actuellement  elle  a  perdu  son  dernier  prestige 
au  théâtre  et  à  la  ville,  car  elle  est  délaissée  dans  les 
salons  à  tel  point  qu'on  ne  saurait  maintenant  s'expliquer 
le  vers  de  Despréaux,  si  juste  en  son  temps  : 

De  l'éducation  la  danse  est  le  vernis. 

Trop  souvent  cet  exercice  a  été  et  est  plits  que  jamais 
regardé  comme  plaisir  et  amusement  seuls;  on  a  aban- 
donné les  études  préparatoires  et,  je  ne  crains  pas  de 
l'écrire,  la  faute  en  revient  surtout  aux  professeurs  qui 
cèdent  trop  facilement  aux  désirs  trop  impatients  de 

6 


122  DAN 

leurs  élèves.  On  pourrait  néanmoins  dire  que,  si  l'on  n'a 
jamais  vu  les  danseurs  si  peu  brillants,  on  n'a  jamais  vu 
les  bals  plus  nombreux;  commencés  à  la  mi-novembre, 
ils  finissent  à  peine  à  la  mi-juin. 

Pour  toute  question  historique  servant  à  l'élude  de  la 
danse  chez  les  anciens,  chez  les  modernes  et  chez  nos 
contemporains,  je  renvoie  le  lecteur  à  la  partie  biblio- 
graphique de  ce  dictionnaire,  décrite  à  la  fin  du 
volume. 

DANSEUR.  Ce  mot  ne  s'adresse  généralement  qu'aux 
danseurs  de  théâtre  ;  il  y  aurait  quelque  trivialité  à 
l'employer  pour  le  danseur  de  ville,  à  moins  qu'il  ne  soit 
accompagné  d'un  qualificatif  quelconque  ou  employé 
dans  une  théorie. 

Quoi  qu'en  dise  un  ancien  proverbe  :  «  Bête  comme 
un  danseur  »,  les  qualités  nécessaires  et  indispensables 
au  danseur  sont  multiples,  s'il  veut,  bien  entendu,  se 
créer  un  rôle  vraiment  artistique.  Non  seulement  son 
corps  doit  nous  olTrir  les  formes  les  plus  régulières, 
mais  son  intelligence  ne  doit  en  rien  céder  à  son  talent 
d'acteur;  la  musique  lui  est  de  toute  nécessité  et  il  lui 
faut  la  comprendre  plus  encore  que  le  chanteur.  N'a-t-il 
pas  pour  lui  que  ses  gestes  et  sa  mimique?  A-t-il  d'autres 
ressources  que  ses  membres  et  ses  yeux  pour  traduire  le 
librelto  ?  Saint-Léon  possédait  toutes  ces  qualités  et 
Mérante  les  rappelait  encore  naguère.  Mais  nous  sommes 
loin  de  Noverre,  maître  à  danser,  compositeur  de  ballet, 
écrivain.  Rosita  Mauri,  Subra,  Sangalli,  etc.,  font  revivre 
la  Cerrito,  Badagnof,  Fany  Essler,  mais  après  elles? 

Quant  à  la  danse  de  ville,  elle  est  peinte  de  nos  jours 
en  deux  mots  :  valse  et  boston.  Le  vieux  quadrille 
français  n'existe  presque  plus,  il  agonise  au  milieu  du 
lourd  sommeil  des  danseurs.  Puisse  le  folâtre  quadrille 
auKiricain  ne  pas  trop  tôt  subir  le  même  sort,  car  nos 
bals  deviendraient  rapidement  de  tristes  et  mélancoliques 
réunions. 


DAN  m 

DANSEURS  DE  CORDE.  Nous  devons  aux  Grecs 
l'institution  des  danseurs  de  corde,  danseurs  devenus 
acrobates;  le  public  ne  prend  plus  de  plaisir  à  voirie 
véritable  danseur  exécutant  des  pas  de  danse,  jetés, 
entrechats,  etc.,  sur  une  corde  tendue  et  élevée  de  terre, 
avec  autant  d'aisance  que  s'il  les  pratiquait  sur  le  sol. 
Anciennement  les  jeux  scéniques  offraient  à  ce  genre  de 
danse  une  grande  variété;  un  des  exercices  que  prati- 
quent nos  acrobates  sur  une  boule  n'est  autre  que  le 
souvenir  de  la  danse  des  outres.  Après  avoir  gonflé  d'air 
des  outres  faites  en  cuir  très  épais,  les  danseurs,  appelés 
aussi  voltigeurs,  recouvraient  d'huile  ces  outres  sur 
lesquelles  il  se  livraient  à  leurs  sauts,  culbutes  et  tours. 
Les  danseurs  de  corde  étaient  très  en  faveur  chez  les 
Romains;  ils  en  comptaient  quatre  classes  différentes. 
Les  premiers  voltigeaient  autour  de  la  corde  comme  une 
roue  autour  de  son  moyeu  ;  ils  s'y  suspendaient  ensuite 
par  le  cou  ou  par  les  jambes.  Les  seconds  volaient  de 
haut  en  bas  sur  la  corde,  appuyés  sur  l'estomac,  tout  en 
étendant  horizontalement  les  bras  et  les  jambes.  Les 
troisièmes  couraient  sur  cette  corde  en  avançant  ou  en 
reculant.  Enfin,  les  quatrièmes,  plus  vifs  et  plus  alertes, 
exécutaient  mille  tours  d'adresse,  comme  s'ils  eussent 
simplement  tenu  les  pieds  à  terre.  Ces  danseurs  portaient, 
suivant  leur  genre,  les  noms  de  scœnobates,  acrobates, 
neurobates  et  aribates.  Nous  ne  retrouvons  plus  les 
véritables  danseurs  de  corde  que  parmi  les  saltimbanques 
dans  les  fêtes  foraines,  et  la  plus  célèbre  de  tous  fut 
M™'  Saqui;  âgée  de  quatre-vingts  ans,  elle  donna  en  1829 
une  dernière  représentation  dans  laquelle  elle  traversa 
la  place  de  la  Concorde,  conduisant  une  brouette  devant 
elle  sur  une  corde  élevée  à  20  mètres  de  terre. 

Les  gymnasiarques  ont  aujourd'hui  remplacé,  pour 
ainsi  dire,  les  danseurs  de  corde.  Il  est  assez  curieux  de 
savoir  que  tous  les  anciens  danseurs  de  corde  devaient 
travailler  à  terre  tous  leurs  exercices  et  être  même  très 
experts  en  danse  de  théâtre. 


12i  DEL 

DAPIIXÉ.  Les  Grecs  appelaient  ainsi  une  danse  repré- 
sentant la  métamorphose  de  Daphné;  Anténor  nous 
a  transmis  l'épigramme  suivante  d'Ausone  au  sujet  d'un 
danseur  habile  à  la  daphné  : 

Daphncm  et  Niobem  saltabit,  scimiis,  ibidem. 
Ligiieus  est  Daphné.  Saxeus  est  Niobe. 

DÉCOUVERTE  (DAXSE  DE  LA).  Danse  en  usage  chez 
les  sauvages  et  particulière  aux  Sakis  et  aux  Othagras. 
Ils  cherchent  à  peindre  en  la  dansant  tous  les  mouve- 
ments qu'ils  ont  coutume  de  pratiquer  dans  leurs 
excursions  guerrières,  en  vue  de  surprendre  ou  de 
découvrir  l'ennemi. 

DÉDALIEXXE  (LA).  Danse  sacrée  en  grand  honneur 
chez  les  anciens;  elle  est  représentée  sur  le  bouclier 
d'Achille,  et  Lucien  en  fait  le  plus  grand  éloge.  «  Le 
bouclier  d'Achille,  dit-il,  retrace  des  adolescents  qui 
dansent  en  se  tenant  par  les  mains.  Les  filles  sont  vêtues 
d'une  étoffe  de  lin  douce  et  légère:  les  hommes  portent 
des  tuniques  d'un  tissu  plus  fort,  dont  la  couleur  a  celle 
de  l'huile.  Pliant  leurs  pieds  dociles,  tantôt  ils  voltigent 
en  rond  aussi  rapides  que  la  roue  mise  en  mouvement 
par  la  main  du  potier,  tantôt  ils  se  mêlent  et  courent, 
formant  divers  labyrinthes.  Deux  sauteurs  se  distinguent 
au  milieu  du  cercle;  ils  entonnent  le  chant  sacré  et 
s'élèvent  d'un  saut  rapide.  » 

DEIXOS.  Nom  d'une  danse  grave  des  Grecs  citée  par 
quelques  auteurs  anciens,  mais  paraissant  avoir  été  peu 
répandue. 

DÉLIEXXE.  Danse  sacrée  des  Grecs  consacrée  aux 
fêtes  de  Délos  auxquelles  tout  le  peuple  assistait.  Les 
danses  déliennes  étaient  exécutées  au  son  de  la  lyre  et 
de  la  flûte  par  les  jeunes  Olles  des  premièi'es  familles  et 
leur  principal  caractère  consistait  à  former  des  ronds  en 


DER  125 

se  tenant  les  unes  et  les  autres  par  des  guirlandes  de 
fleurs;  elles  en  ornaient  la  statue  de  Vénus  à  la  fin  de 
la  danse.  L'hymne  de  Diane  était  alors  chanté  par 
toute  l'assemblée.  Les  jeunes  filles  dont  on  avait  le  plus 
admiré  la  légèreté  et  Diabileté  recevaient  comme  prix 
des  couronnes  d'olivier  et  de  fleurs;  souvent  même  de 
précieu.K  trépieds.  La  délienne  était  ordinairement  ter- 
minée par  une  sorte  de  tir  à  la  cible  pour  les  jeunes 
gens;  ils  s'exerçaient  à  percer  de  leurs  flèches  une 
colombe  attachée  à  l'extrémité  d'un  màt. 

DÉMARCHE.  Pour  tout  danseur,  comme  du  reste 
pour  tout  homme  du  monde,  la  démarche,  ou  le  main- 
tien, doit  être  surveillée  et  correcte;  une  démarche 
défectueuse  est  déplaisante  à  l'œil  et  accuse  rarement 
une  éducation  soignée.  Les  principes  généraux  pour 
arriver  à  un  maintien  en  rapport  avec  les  conditions 
voulues  par  les  usages  courants  de  la  société  reposent 
sur  les  études  ci-dessous  : 

Porter  la  tête  droite  tout  en  maintenant  la  souplesse 
du  cou;  efi"acer  les  épaules  en  prononçant  la  saillie  de 
la  poitrine;  tendre  les  jambes  sans  raideur  et  les  tour- 
ner légèrement  en  dehors  ainsi  que  les  pieds;  rentrer 
un  peu  la  ceinture  en  arrière  et  porter,  en  marchant, 
les  pieds  régulièrement  droit  devant  soi;  éviter  de 
laisser  aller  les  jambes  de  côté,  ce  qui  donne  au  corps 
un  air  nonchalant  ;  laisser  pendre  les  bras  naturellement 
le  long  du  corps  en  évitant  autant  que  possible  une  trop 
forte  oscillation. 

DERVICHES  OU  DERVIS.  Danseurs  turcs  prenant  le 
nom  de  danseurs  religieux.  Leurs  danses  sont  d'en- 
nuyeuses parades  sans  autre  mérite  que  la  bizarrerie  et 
la  difficulté  de  leurs  mille  et  mille  tours.  On  a  beaucoup 
écrit  sur  ces  prêtres  derviches,  et  nous  connaissons  leur 
rôle  et  leurs  gestes;  parmi  tous  les  écrivains  qui  les  ont 
étudiés,  l'Anglais  Clarkc  est  à  la  fois  et  le  plus  complet 


126  DER 

et  le  plus  intéressant.  Son  Voyage  en  Asie,  en  Grèce,  en 
Egypte  nous  initie  à  leur  type  et  à  leur  caractère  ;  on 
ne  saurait  mieux  les  connaître  que  par  le  récit  de  l'his- 
torien, récit  écrit  de  visu. 

((  Lorsque  nous  fûmes  entrés  dans  la  mosquée,  nous 
observâmes  douze  ou  quatorze  dervis  qui  se  promenaient 
paisiblement  en  rond,  devant  un  supérieur,  dans  un 
espace  entouré  d'une  balustrade,  au-dessous  du  dôme 
du  bâtiment.  Plusieurs  spectateurs  étaient  placés  en 
dehors  de  la  balustrade  ;  on  nous  demanda,  selon  l'usage, 
d*ôter  nos  souliers  et  nous  allâmes  nous  réunir  à  eux 
dans  une  autre  galerie;  au-dessus  de  la  porte  étaient 
assis  deux  ou  trois  musiciens  avec  des  tambourins  et  des 
flûtes,  à  la  turque.  D'abord  les  dervis,  croisant  leurs 
bras  sur  leur  poitrine  et  prenant  leurs  épaules  de  chaque 
main,  commencèrent  à  faire  des  révérences  au  supérieur 
qui  se  tenait  debout,  le  dos  appuyé  contre  la  barrière, 
et  faisant  face  â  la  porte  de  la  mosquée.  Après  avoir 
passé  l'un  après  l'autre  devant  lui  et  terminé  leurs  salu- 
tations, ils  se  mirent  à  tourner  en  rond  d'abord  assez 
doucement,  mais  ensuite  avec  une  telle  agilité  que  leurs 
longs  vêtements  s'étant  déployés,  et  participant  au  mou- 
vement circulaire,  ils  présentaient  l'aspect  de  plusieurs 
parapluies  ouverts  tournant  sur  leurs  manches.  Dès  le 
commencement  ils  avaient  dégagé  leurs  mains  de  leurs 
épaules,  ils  les  élevèrent  graduellement  â  la  hauteur 
de  leurs  têtes  et  la  vitesse  de  leurs  pirouettes  alla  tou- 
jours en  augmentant.  On  les  voyait  les  bras  horizon- 
talement tendus,  les  yeux  fermés  et  tournant  avec  une 
extrême  rapidité.  La  musique  accompagnée  des  voix 
servait  à  les  animer  et,  pendant  ce  temps,  un  vieux 
dervis,  en  pelisse  verte,  se  promenait  tranquillement 
au  milieu  d'eux  avec  un  maintien  assuré,  mais  expri- 
mant autant  d'attention  et  d'inquiétude  que  s'il  eût  dû 
expirer  à  la  moindre  infraction  aux  rites  delà  cérémonie. 
Nous  remarquâmes  que  tous,  dans  cette  danse,  obser- 
vaient la  même  méthode,  c'était  de  tourner  un  de  leurs 


DER  127 

pieds  et  d'en  fléchir  les  orteils  en  dedans  à  chaque 
mouvement  du  corps,  tandis  que  l'autre  pied  conservait 
la  position  naturelle.  Les  plus  vieux  dervis  paraissaient 
exécuter  cette  danse  avec  si  peu  de  peine  et  de  fatigue 
que,  malgré  la  violente  agitation  de  leur  corps,  leurs 
visages  étaient  ceux  d'hommes  plongés  dans  un  profond 
et  tranquille  sommeil.  Les  plus  jeunes  tournaient  avec 
autant  d'agilité  que  les  autres;  mais  celte  agilité  parais- 
sait en  eux  le  résultat  d'une  opération  moins  mécanique. 
Cet  exercice  extraordinaire  dura  pendant  quinze  minutes 
et  nos  yeux  fatigués  de  ce  spectacle  commençaient  à  en 
souffrir.  Tout  à  coup,  sur  un  signal  donné  par  le  maître 
de  ballet,  tous  les  dervis  s'arrêtèrent  au  même  instant, 
et  formèrent  un  cercle.  Tous  prenaient  en  même  temps 
leurs  épaules  avec  leurs  mains,  pour  la  seconde  fois,  se 
baissaient  vers  la  terre.  Ils  se  relevèrent  et  vinrent  de 
nouveau  se  promener  devant  le  supérieur  en  recom- 
mençant leurs  salutations  et,  une  seconde  fois,  nous  les 
vîmes  se  livrer  aux  mêmes  tournoiements  Ils  persévé- 
rèrent jusqu'à  ce  que  de  grosses  gouttes  de  sueur  qui 
tombaient  de  leur  corps  sur  le  plancher  occasion- 
nassent une  telle  moiteur  que  le  froissement  de  leurs 
pieds  fut  entendu  de  tous  les  spectateurs.  Alors  on 
donna  le  troisième  et  dernier  signal  du  repos  et  la  danse 
finit.  » 

La  danse  des  derviches  est  regardée  chez  les  Turcs 
comme  miraculeuse  et,  bien  que  la  danse  de  société  soit 
presque  interdite,  nul  ne  songerait  à  interdire  celle  des 
prêtres  danseurs.  Ces  mouvements  tournés  ne  sont  pas 
les  seuls  usités  par  les  derviches,  ils  en  exécutent 
d'autres  sous  le  nom  de  danse  des  miracles  ou  exercices 
du  feu.  Ils  sautent  à  la  façon  de  nos  saltimbanques  en 
tenant  des  épées  nues  qu'ils  portent  à  la  ceinture;  puis, 
saisissant  des  fers  rouges,  ils  les  portent  à  leur  bouche 
et  les  lèchent  avec  leurs  langues.  On  suppose  que  le 
derviche  Ménélaus  fut,  selon  les  interprètes  de  l'Al- 
coran,  l'inventeur  de  la  première  danse  derviche.  Un 


128  DIA 

matin,  pendant  que  Hanse  jouait  de  la  flûte,  Ménélaus, 
son  compagnon,  se  livra  à  une  pirouette  et  la  pirouette 
fut  continuée  pendant  quinze  jours  et  quinze  nuits,  selon 
la  fable,  bien  entendu.  Dans  tous  les  cas  les  danseurs  de 
théâtre  de  Louis  XIV,  Louis  XV,  même  les  nôtres  ne 
peuvent  se  regarder  comme  les  créateurs  de  ce  pas  dont 
le  public  sait  apprécier  les  difficultés  et  les  brillants 
effets  qu'il  produit  sur  la  scène. 

DÉVELOPPÉ.  Temps  de  danse  qui  signifie  étendre 
une  jambe  dans  toute  sa  longueur  en  lui  donnant  la 
position  régulière  exigée  dans  la  danse;  une  jambe  seule 
supporte  le  corps  pendant  que  l'autre  se  développe  en 
avant,  en  arrière  ou  de  côté,  bien  tournée  en  dehors  et 
faisant  angle  droit  avec  la  jambe  soutenant  le  corps. 
Cette  dernière  peut  reposer  sur  la  pointe  du  pied  seule- 
ment et  le  développé  prend  le  nom  de  développé  sur  les 
pointes.  Dans  le  travail  de  cet  exercice,  les  élèves  doivent 
mêler  l'étude  des  bras  à  celle  des  jambes.  Le  port  des 
bras  mérite  autant  d'importance  que  celui  des  jambes, 
et,  comme  elles,  ils  sont  assujettis  à  la  mesure.  Les 
développés  avec  les  bras  s'exécutent  ainsi  :  en  même 
temps  qu'une  jambe  s'élève,  les  deux  bras  s'élèvent  éga- 
lement devant  la  poitrine  et,  arrivés  ta  la  hauteur  des 
épaules,  se  séparent  pour  former  une  ligne  horizontale 
à  leur  niveau;  quand  la  jambe  retombe,  les  bras  re- 
tombent en  même  temps  le  long  du  corps. 

DIANE  (LA).  Danse  instituée  chez  les  anciens  en 
l'honneur  de  Diane;  suivant  Compan,  elle  serait  à  la 
fois  danse  sacrée  et  danse  particulière.  Aristomène, 
appelé  le  Messénien,  trouva,  un  jour,  toutes  les  filles 
du  pays  rassemblées  dans  la  ville  de  Carie  où  elles 
célébraient  par  des  chants  et  des  danses  la  fête  de  la 
déesse.  Selon  Pausanias,  cette  danse  est  gravée  sur  le 
fameux  anneau  de  Cléarque  sous  le  nom  de  danse  des 
Cariatides.  Avant  la  réforme  de  Lycurgue,  les  danses  de 


DIV  129 

Diane  occasionnèrent  les  plus  grands  malheurs.  Hélène, 
,  la  plus  belle  entre  to~utes  les  fenmi,es,  fut  enlevée  d'abord 
par  Thésée  et  ensuite  par  Paris;  tous  deux  l'avaient  vue 
briller  par  ses  charmes  dans  les  dianes.  Pllitarque 
raconte,  dans  ses  Œuvres  morales,  que  l'on  reprit  plus 
tard  dans  ces  fêtes  la  coutume  introduite  par  Lycurgue 
en  conviant,  à  certains  jours  déterminés,  les  jeunes 
filles  à  ces  réunions  et  en  leur  donnant  pour  seul 
costume  leur  virginité  et  leur  pudeur.  Quelqu'un 
demandant  au  législateur  la  cause  de  cette  rénovation, 
Lycurgue  répondit  gravement  :  «  Afin  que  faisant  les 
mêmes  exercices  que  font  les  hommes,  elles  n'aient  rien 
moins  qu'eux,  ni  quant  à  la  forme  et  à  la  santé  du  corps, 
ni  quant  à  la  vertu  et  à  la  générosité  de  l'âme,  afin 
qu'elles  soient  accoutumées  à  mépriser  l'opinion  du 
public.  » 

DICELIST.ï:.  Nom  donné  par  les  Lacédémoniens  à 
leurs  mimes  et  venant  du  grec  èioGoiy.i\o aiç. 

DIOSGONAI.  .Fêtes  dans  lesquelles  on  dansait  en 
l'honneur  de  Jupiter;  elles  sont  rappelées  par  Lucien 
comme  étant  très  populaires. 

DIPLÉ.  Nom  d'une  ancienne  danse  exécutée  dans  les 
comédies  d'Aristophane;  le  mot  grec  indique  à  la  fois 
et  les  pas  et  la  danse. 

DIPODIA,  DIAPODISMOS  OU  DIPODISMOS.  Athé- 
née et  PoUux  définissent  par  ces  trois  mots  une  danse 
lacédémonienne  (Athénée,  lib.  I,  cap.  xiv  et  Pollux, 
lib.  IV,  cap,  xiv). 

DIPOLIA,  Nom  d'une  danse  de  Laconie  très  usitée 
dans  les  fêtes  des  Dipolies. 

DIVERTISSEMENT.  On  entend  par  ce  mot  la  partie 


130  ECH 

dansante  introduite  dans  les  opéras  ou  opéras-comiques; 
il  s'étend  aussi  à  la  danse  de  ville  pour  les  fêtes  dans 
lesquelles  la  danse  joue  un  rôle  prépondérant.  Dans  les 
opéras,  le  divertissement  doit  être  amené  par  le  libretto 
et  faire  presque  partie  intégrante  de  l'œuvre.  Il  n'est 
pas  d'usage  de  voir  figurer  les  premiers  sujets  de  la 
danse  dans  ces  entrées  qui  sont  généralement  réservées 
aux  quadrilles  de  danseuses  ou  danseurs. 

DOLIVA  (LA).  La  doliva  est  une  ancienne  danse, 
même  contredanse,  usitée  au  moyen  âge;  elle  présentait 
une  grande  similitude  avec  les  branles  et  était  surtout 
dansée  dans  les  fêtes  villageoises  par  les  paysans  qui  y 
prenaient  grand  plaisir. 

DTCHESSE  (LA).  Ancienne  danse  essentiellement 
irançaise  et  empreinte  de  noblesse  et  de  distinction 
dans  ses  moindres  pas  marchés  gravement;  elle  était 
classée  dans  les  basses  danses  et  exécutée  terre  à  terre. 

DYOXISLiQUES.  Fêtes  dansées  et  consacrées  à 
Bacchus.  Tous  les  auteurs  grecs  s'accordent  à  lui  donner 
une  grande  importance  et  à  vanter  l'éclat  et  la  magni- 
gnificence  dont  on  les  entourait.  Dans  la  suite,  ces  danses 
dégénérèrent  et  donnèrent  souvent  lieu  à  scandale; 
hommes  et  femmes  simulaient  l'ivresse  et  l'orgie,  et,  la 
licence  s'ensuivant,  les  Dyonisiaques  furent  supprimées 
et  interdites. 


E 


ÉCHAPPÉ,  Terme  de  danse  exprimant  le  pas  sui- 
vaut  :  placé  à  la  cinquième  position,  plier  également 
les  genoux  et  sauter  après  en  retombant  sur  les  pieds 


ELE  i31 

placés  à  la  seconde  position;  les  pieds,  en  touchant  terre, 
portent  d'abord  sur  les  pointes  et  ensuite  sur  les  talons. 

EFFACEMENT.  Ce  mot  s'adresse  aux  épaules,  et  est 
un  terme  fréquemment  employé  dans  les  leçons  pour 
habituer  l'élève  à  porter  ses  épaules  en  arrière  en  fai- 
sant ressortir  la  poitrine.  L'effacement  des  épaules  bien 
observé  donne  au  buste  de  la  dignité  et  de  la  noblesse; 
au  point  de  vue  de  la  santé,  il  permet  aux  poumons  une 
respiration  d'autant  plus  grande  et  plus  aisée  que  la  poi- 
trine en  s'ouvrant  peut  absorber  plus  d'air. 

ÉKATÉRIS.  Mouvement  usité  dans  une  ancienne 
danse  grecque  et  consistant  à  agiter  les  mains  seules. 
Athénée  cite  ce  mot  comme  danse  mimifjue  des  mains 
sans  impliquer  l'action  des  autres  partie  du  corps. 

ÉKLATÉRIS  OU  ÉKATÉRIS.  Dans  son  ouvrage  sur 
la  saltation  théâtrale,  M.  de  l'Aulnaye  cite  cette  danse 
grecque  comme  ayant  beaucoup  de  rapport  avec  la  sui- 
vante, c'est-cà-dire  dansée  avec  les  mains  seulement. 

ÉKLATISMA  OU  ÉCLATISMOS.  Aristophane  parle 
d'une  danse  ainsi  nommée  et  particulière  aux  femmes 
qui,  en  s'y  livrant,  élèvent  leurs  talons  au-dessus  de 
leurs  épaules. 

ELEUSIS  OU  ÉLEUSLXES.  Les  mystères  d'Eleusis 
étaient,  on  le  sait,  en  grande  pompe  en  Grèce;  ces  fêtes, 
consacrées  à  Cérès  et  à  Proserpine  sa  fille,  étaient  célé- 
brées dans  la  vallée  d'Eleusis.  Solennelles  entre  toutes, 
ces  fêtes  se  continuaient  pendant  neuf  jours  durant 
lesquels  les  quatre  premiers  se  passaient  en  sacrifices  et 
cérémonies  particulières.  Le  soir  du  quatrième  jour 
avait  lieu  la  procession  de  la  corbeille  portée  sur  un 
char  traîné  par  quatre  bœufs.  Le  cortège  était  composé 
d'un   grand   nombre  d'Athéniennes  portant    t(;ulos  des 


132  EMM 

corbeilles  recouvertes  d'un  voile  de  pourpre  et  contenant 
tous  les  objets  nécessaires  à  la  cérémonie.  La  statue  de 
la  déesse  était  portée  le  front  ceint  d'une  couronne  de 
myrthe  et  un  flambeau  à  la  main.  Suivait  ensuite  une 
nombreuse  procession  de  femmes  dont  le  nombre,  sou- 
vent augmenté  d'hommes,  s'élevait  jusqu'à  trente  mille. 
Au  son  des  trompettes  se  formaient  des  chœurs  de 
chants  et  de  danses  exprimant  la  plus  grande  joie,  la 
plus  vive  allégresse.  Ces  Eleusis  représentaient  une 
sorte  de  grand  ballet  ambulatoire. 

EMIîOlTK.  Terme  de  danse  synonyme  de  croisé;  on 
dit  un  emboîté  pour  signifier  un  pas  dans  lequel  on  exé- 
cute l'emboîture  décrite  ci-dessous. 

E3IBOITURE.  On  appelle  ainsi  la  position  des  deux 
pieds  placés  à  la  troisième  ou  à  la  cinquième  position; 
les  deux  talons  et  les  deux  pointes  doivent  se  loucher 
dans  la  cinquième  position,  et,  par  suite,  se  trouver 
serrés  en  dehors  l'un  devant  l'autre.  Pour  l'emboîture 
en  troisième  position,  les  deux  talons  seulement  se 
croisent  l'un  devant  l'autre  par  la  cheville  du  pied. 

EMMÉLIE.  L'emmélie  ou  l'emméline,  comme  quelques 
auteurs  l'ont  appelée,  était  chez  les  Grecs  la  danse 
noble,  douce  et  grave;  essentiellement  religieuse,  elle 
était  consacrée  à  retracer  les  actions  des  dieux  ou  les 
mystères  de  la  nature.  Cette  danse  brillait  principalement 
par  la  science  profonde  des  mouvements  et  l'homo- 
généité parfaite  de  toutes  les  parties  dont  elle  était 
composée.  Le  mot  grec  explique  et  exprime  un  heureux 
accord  de  gestes  nobles  et  élégants.  On  peut,  par  rap- 
port à  la  danse,  traduire  le  mot  grec  par  une  harmo- 
nieuse modulation  du  corps.  Lucien,  Platon,  Aristophane 
et  PoUux  ont  couvert  d'éloges  cette  saltation.  Non  seule- 
ment elle  est  une  danse,  mais  elle  est  souvent  prise 
comme  type  de  danses  nobles  et  graves.  En  1857,  Ferdi- 


ENS  133 

« 

nand  Foucques,  dans  le  n"  88  de  la  Revue  Française, 
du  1"  juillet,  a  rappelé  l'histoire  de  cette  danse  qu'il 
reconnaît  avoir  été  l'apanage  des  Grecs  de  haute  con- 
dition.^Burette,  dans  ses  Mémoires,  donne  à  l'emmélie 
h'  .  araclère  de  la  concinnitas,  c'est-à-dire  danse  bien- 
séante et  pacifique. 

EXCHAIXE3IEXT.  On  appelle  ainsi  dans  une  leçon 
de  danse  théâtrale  une  suite  de  temps  ou  de  pas  consti- 
tuant une  phrase;  ces  pas  sont  liés  les  uns  aux  autres 
comme  les  mots  dans  une  jjhrase  grammaticale.  C'est  au 
professeur,  dans  son  coui's,  de  savoir  créer  des  suites 
de  pas  assez  brillamment  et  savamment  combinés  pour 
donner  à  ses  élèves  le  goût  et  le  brio  nécessaires  aux 
ballets  qui  les  attendent  un  jour.  Despréaux  dit  avec 
beaucoup  de  raison  : 

Un  danseur  m'ennuiera,  fùl-il  plein  il'agrcment, 
S'il  replace  partout  le  même  enchaînement. 

EXDYMATOS.  On  trouve  également  endymata  dans 
les  textes  anciens  comme  étant  le  nom  d'une  danse 
grecque  usitée  chez  les  Argiens;  elle  tire  son  nom  du 
costume  porté  par  les  danseurs.  ; 

EXLEVÉ  (sur  les  pointes).  On  dit  aussi  élevé  sur  les 
pointes  pour  exprimer  le  temps  de  danse  consistant  à 
élever  les  talons  de  terre  en  tendant  le  cou-de-pied; 
pourquoi  trouve-t-on  le  mot  enlevé  et  non  celui  &' élevé? 
Ce  doit  être  pour  signifier  enlever  le  corps  de  terre  par 
suite  de  la  surélévation  des  talons;  en  tout  cas  le  mot 
élevé  serait  plus  simple. 

ÉXOPLIEXXE.  Danse  grecque  très  peu  connue  qui 
rappelle  une  sorte  de  pyrrhique;  elle  est  rarement  citée 
par  les  auteurs  anciens. 

EXSEMBLE.  Ce  mot  s'emploie  seul  en  danse  de 
théâtre  pour  remplacer  ceux  de  pas  ou  danse  d'ensemble  ; 


134  ENT 

il  exprime  dans  les  ballets  les  motifs  dansés  par  la 
troupe  entière  de  danseurs,  figurants,  coryphées  et  sou- 
vent premiers  sujets  encadrés  par  eux. 

Dans  le  cotillon,  on  appelle  figures  d'ensemble  celles 
auxquelles  tous  les  couples  prennent  part. 

EXTIIECHAT.  Pas  de  danse  très  brillant  et  réservé  à 
la  danse  de  théâtre  dans  laquelle  il  produit  toujours  un 
grand  effet;  on  le  trouve  exécuté  par  les  danseurs  de 
ville  dans  les  anciennes  contredanses  et  dans  la  gavotte. 
La  célèbre  danseuse,  la  Camargo,  excellait  en  ce  pas  et 
en  doubla  les  effets  en  créant  les  entrechats  5  et  7 
terminés  en  attitude.  Plus  tard,  en  1750,  ou  vit  M"'  Lamy 
arriver  à  faire  sans  efforts  les  entrechats  6  et  8.  De 
1766  à  1800,  ce  pas  devenait  tellement  à  la  mode,  à  la 
ville  comme  au  théâtre,  que  l'on  se  plaignit  de  la  trop 
large  prodigalité  des  artistes  les  entremêlant  dans  toutes 
leurs  danses,  dans  toutes  leurs  entrées.  On  donne  deux 
étymologies  à  ce  mot  entrechat,  mais  une  seule  paraît 
vraisemblable  quand  on  connaît  la  théorie  du  pas:  c'est 
celle^'résultant  du  changement  de  pied  opéré  entre  chaque 
saut  par  le  danseur.  On  la  comprend  d'autant  mieux 
que  dans  les  entrechats  3,  -4,  5,  etc.,  les  pieds  changent 
trois,  quatre,  cinq,  etc.,  fois  pendant  chaque  saut.  La 
seconde  élymologie  donnée  par  Compan  serait  tirée  du 
latin  :  capriola  i7itreciata,  ^^arce  que  ces  mots  indiquent 
une  cabriole  sautée;  elle  reviendrait  presque  à  la  pre- 
mière si  le  mot  cabriole  ne  venait  pas  contrecarrer  le 
véritable  pas  de  changement  de  pied.  Dans  son  Traité 
des  ballets,  le  Révérend  Père  Ménétrier  écrit  un  chapitre 
réfutable  théoriquement.  Selon  lui,  on  devait  dire  entre- 
chas et  non  entrechat;  il  appuie  son  opinion  sur  ce  que 
l'origine  de  ce  mot  est  l'expression  de  chas,  pièce  de  bois 
un  peu  longue  et  carrée  servant  de  châsse  à  quelque 
instrument  de  bois  ou  de  fer;  ainsi  on  dit  jeter  un  chas 
aux  jambes  et  ce  n'est  que  par  corruption  que  l'on  dit  un 
chat  aux  jambes,  pour  supposer  une  entrave  lancée  dans 


EPA  135 

les  pieds  du  danseur.  Ce  Révérend  Père  a  fait  moins 
d'entrechats  que  moi,  car  il  n'aurait  point  fait  inter- 
venir les  chas  ni  les  chais  dans  ce  pas.  La  théorie  donne 
raison  à  la  première  élymologie  que  j'ai  citée. 

Les  entrechats  se  divisent  en  deux  parties:  les  pairs, 
c'est-à-tlire  :2,  4,  6,  8  et  les  impairs,  3,5,  7  ;  les  premiers 
sont  terminés  en  retombant  sur  les  deux  pieds,  et  les 
seconds  en  conservant  un  pied  en  l'air  après  le  saut. 
L'entrechat  2  est  un  simple  changement  de  pied;  avec  les 
entrechats  4, '6,  8,  les  pieds  changent  deux  fois,  trois 
fois  ou  quatre  fois  pendant  que  le  danseur  s'élève  en 
sautant  et  retombe  ensuite  sur  les  deux  pieds,  les 
pointes  touchant  terre  avant  le  talon.  Dans  les  entrechats 
impairs,  les  pieds  changent  trois  fois,  cinq  fois  et  le  dan- 
seur retombe  sur  un  pied  seul  pendant  que  l'autre  se 
maintient  croisé  devant  ou  derrière,  ou  même  élevé  per- 
pendiculairement ou  horizontalement  à  la  jambe  suppor- 
tant le  corps.  Il  est  indispensable  de  préparer  son 
entrechat  par  un  plié  des  deux  genoux  fortement  accen- 
tué, afin  d'acquérir  l'élan  nécessaire  au  saut. 

ENTRÉE.  Ce  mot  signifie  dans  la  danse  de  théâtre  la 
division  des  parties  d'un  ballet  dans  lesdiflférentesscènes. 
On  le  trouve  dans  la  Chorégraphie  de  Feuillet  comme 
impliquant  une  danse  de  ville  dont  il  donne  les  pas  et  la 
musique.  Pour  ce  qui  concerne  la  danse  de  ville,  le  mot 
est  pris  dans  une  tout  autre  acception  :  on  dit  d'une 
demoiselle  qu'elle  fera,  cette  année,  son  entrée  dans  le 
monde,  voulant  dire  par  là  qu'elle  assistera  pour  la 
première  fois  aux  bals  de  la  saison. 

ÉPAXCONISMOS.  Athénée  appelle  ainsi  la  danse 
dans  laquelle  les  danseurs  se  frappent  les  hanches  avec 
leurs  coudes;  il  reste  muet  sur  son  caractère  privé  ou 
public. 

ÉPALXEMENT,  ÉPAULEK.    Terme  usité  en  danse 


136  EPI 

pour  demandera  l'élève  un  mouvement  de  l'épaule  pro- 
noncé dans  (elle  ou  telle  direction,  devant  ou  derrière; 
on  épaule  en  arrière,  à  droite,  en  renvoyant  forlenient 
l'épaule  dans  cette  direction  sans  déplacer  l'épaule 
gauche.  Dans  l'épaulement  en  avant,  l'épaule  inverse  à 
cette  mise  en  mouvement  est  rejelée  en  arrière.  Les 
épaulemenls  sont  plus  ou  moins  prononcés  suivant  les 
besoins  de  l'attitude  à  prendre. 

ÉPIBÈMA.  Nom  donné  chez  les  Grecs  auxmouvements 
exécutés  dans  les  danses  accompagnant  les  chœurs  de 
chant. 

ÉPICRÉDIOS.  Nom  d'une  danse  grecque  privée  ou 
familière,  principalement  champêtre.  Elle  est  citée  par 
Athénée  comme  fort  en  usage  chez  les  Cretois  ;  l'auteur 
la  juge  militaire  et  faisant  partie  des  danses  publiques 
guerrières.  Très  vive  et  très  mouvementée,  elle  était 
dansée  en  armes,  suivant  la  coutume  des  Cretois. 

ÉPILÉXIOS.  Nom  d'une  danse  privée  des  Grecs,  danse 
champêtre;  elle  est  citée  par  Athénée,  Pollux,  Longus  et 
Philostrate,  sous  le  nom  de  danse  et  chant  des  vendanges. 
Longus  en  donne  la  description  suivante  dans  ses 
Pastorales:  «iDryas  sef  lève  et  commande  qu'on  lui  joiie 
un  air  bachique  ;  il  exécute  la  danse  du  pressoir  imi- 
tant successivement  les  vendangeurs:  ceux  qui  portent 
la  hotte,  ceux  qui  foulent  les  raisins,  qui  emplissent  les 
tonneaux  et  boivent  le  vin  doux.  Les  mouvements  du 
danseur  expriment  toutes  ces  choses  avec  tant  d'art  que 
l'on  croit  effectivement  voir  des  vignes,  un  pressoir,  des 
tonneaux  et  l'on  croit  que  Dryas  boit  véritablement.  » 

Philostrate  affirme  aussi  que  tout  homme  même  de 
haute  condition  peut  sans  déroger  se  livrer  à  la  danse  de 
l'épilénios. 

ÉPIPIIALLOS.  Danse  privée  des  Grecs  jouissant  de  peu 


ETE  137 

de  faveur  par  suite  de  sa  lascivité.  Athénée  nous  apprend 
qu'on  ne  la  pratiquait  que  dans  les  noces  et  les  festins. 

ÉPIZÉPHIIIIA.  Danse  familière  usitée  quelquefois 
chez  les  Laconiens;  le  nom  seul  nous  en  est  resté. 

ÉQUILIBRE.  On  entend  par  ce  mot  pour  le  danseur 
le  principe  fondamental  de  sa  stabilité  et  de  sa  solidité 
qui  doit  rester  la  même,  que  le  corps  repose  soit  sur 
une  jambe,  soit  sur  deux  ;  l'une  ou  les  deux  jambes 
peuvent  supporter  le  corps  en  étant  pliées  sans,  pour 
cela,  nuire  à  l'équilibre  du  corps.  Les  qualités  de  cet 
équilibre  reposent  sur  une  grande  souplesse  des  reins 
et  des  jambes,  et  sont  la  conclusion  de  tout  ce  qui  con- 
cerne l'aplomb  et  le  centre  de  gravité  cités  plus  haut. 

ÉROTIDIES.  Fêtes  dansées  en  Grèce  et  vouées  à 
Cupidon  et  à  Euterpe;  elles  étaient  principalement  usi- 
tées chez  les  Béotiens,  qui  les  célébraient  sur  le  mont 
Hélicon. 

ESPARDANGETA.  Ce  mol  indique  le  pas  employé 
dans  les  danses  catalanes  par  les  plus  habiles  danseurs. 
Il  est  regardé  comme  le  type  des  pas  espagnols,  et  con- 
siste en  un  battement  très  rapide  du  talon  contre  le 
cou-de-pied.  Malgré  la  vivacité  du  mouvement,  son  ac- 
tion doit  être  facile  et  aisée,  afin  de  conserver  à  la  danse 
espagnole  son  cachet  doux  et  gracieux.  Le  pas  espar- 
dangeta  rappelle  en  musique  les  notes  d'agrément,  et, 
dans  la  danse  française,  les  petits  battements  sur  le 
cou-de-pied. 

ÉTÉ.  Nom  donné  à  la  seconde  figure  de  notre 
quadrille  français,  à  cause  des  pas  d'été  exécutés  en  la 
dansant.  Il  était  anciennement  d'usage  de  faire  un 
enchaînement  de  pas  composé  d'un  chassé,  un  jeté,  un 
assemblé  devant  pour  les  avant-deux;  on  donnait  à  la 


138  FAN 

réunion  de  ces  trois  pas  le  nom  de  pas  d'été.  Cette 
seconde  figure  fut  aussi  longtemps  appelée  avant-deux, 
parce  que  deux  danseurs,  un  cavalier  et  une  dame, 
s'avançaient  vis-à-vis  l'un  de  l'autre  en  la  commençant. 
On  trouvera  la  description  entière  de  cette  figure  au  mot 
Quadrille. 


F 


FAILLI.  Nom  d'un  pas  de  danse  exécuté  de  la  ma- 
nière suivante  :  placé  à  la  cinquième  position,  le  pied 
devant,  marcher  trois  pas  devant  soi  en  précipita-nt  ces 
pas  et  en  les  faisant  le  plus  petits  possible;  finir  en 
pliant  les  deux  genoux  et  rester  dans  cette  attitude  pliée. 
Ce  pas  représente  le  mouvement  d'une  personne  qui 
risque  de  tomber  à  terre;  il  se  fait  en  avant,  en  arrière 
et  de  côté. 

FANDANGO.  Danse  très  répandue  en  Espagne  et  que 
nous  devons  considérer  comme  une  épave  des  danses 
mauresques,  un  souvenir  des  danses  voluptueuses  de 
l'antiquité.  Il  produit  sur  les  danseurs  un  effet  que  l'on 
pourrait  appeler  magique,  tant  il  excite  leur  tempéra- 
ment. Aux  premiers  accents  de  la  musique,  hommes  et 
femmes  se  sentent  saisis  d'un  entrain  et  d'une  animation 
inconnus  dans  nos  danses,  et,  suivant  les  endroits  où  ils 
le  pratiquent,  savent  lui  donner  tel  ou  tel  caractère.  Le 
fandango  diffère  au  théâtre  du  fandango  de  la  ville,  des 
salons;  la  grâce  disparaît  pour  faire  place  à  des  gestes 
plus  ou  moins  décents,  pour  ne  pas  écrire  libres,  et 
empreints  de  trivialité  souvent  éhontée.  Il  est  générale- 
ment dansé  par  un  couple  seul  s'accompagnant  de  casta- 
gnettes sur  une  mesure  vive  en  3/4.  Le  bruit  de  ces 
castagnettes,    l'agitation  des  bras,  le  frémissement  gé- 


FES  139 

néral  et  les  trépidations  des  pieds  ajoutent  à  l'originalité 
de  la  danse  un  caractère  tel  qu'elle  devient  vie  et  action. 
Autant  on  éprouve  de  plaisir  à  la  voir  danser  dans  les 
salons,  autant  on  peut  la  regretter  pratiquée  par  le 
peuple.  M"'  E.  Voiart,  dans  son  Histoire  de  la  danse, 
raconte  un  fandango  exécuté  avec  un  brio  et  une  gaieté 
véritablement  espagnols  :  «  Le  fandango,  dit-elle,  ne  se 
danse  que  par  deux  personnages,  qui  jamais  ne  se 
touchent,  même  de  la  main;  mais  en  les  voyant  s'agacer, 
s'éloigner  tour  à  tour  et  se  rapprocher,  en  voyant  com- 
ment la  danseuse,  au  moment  où  sa  langueur  annonce 
une  défaite  prochaine,  se  ranime  tout  à  coup  pour 
échapper  à  son  vainqueur,  comment  celui-ci  la  poursuit 
et  en  est  poursuivi  à  son  tour,  comment  les  différentes 
émotions  qu'ils  ignorent  sont  exprimées  par  leurs  re- 
gards, leurs  gestes,  leurs  attitudes,  on  ne  peut  y  mécon- 
naître la  cause  de  la  séduction  qu'il  exerce,  et  les  rai- 
sons qui  le  feront  toujours  rejeter  du  nombre  des  danses 
que  la  pudeur  et  la  délicatesse  européennes  peuvent 
avouer.  » 

FARAIVDOLE.  Ancienne  danse  populaire  de  France, 
répandue  aussi  dans  le  midi  de  la  France;  elle  consistait 
en  une  longue  file  de  danseurs  se  tenant  par  les  mains 
ou  par  des  mouchoirs  ou  encore  des  rubans  et  formant 
une  chaîne.  Tantôt  les  danseurs  formaient  des  ronds  en 
spirale  et  passaient  sous  les  bras  les  uns  des  autres  avec 
une  rapidité  proverbiale  ;  tantôt  la  chaîne  s'enroulait 
autour  d'un  couple  après  avoir  passé  sous  ses  bras.  Cette 
farandole  est  fréquemment  usitée  de  nos  jours,  aussi 
bien  à  la  fin  du  quadrille  américain  que  pendant  le 
cotillon.  On  la  voit  très  souvent  tellement  entraînante 
et  entraînée  que  les  danseurs  parcourent  toutes  les 
pièces  de  l'appartement  consacré  au  bal,  voire  même 
quelquefois  descendent  et  remontent  les  escaliers. 

FESTLXS  (DANSE  DES).  Celte  danse  avait  lieu  chez 


140  FES 

les  Grecs  pendant  les  repas  de  famille.  Primitivement, 
les  parents  eux-mêmes  s'y  livraient;  mais  plus  tard  on 
employa  des  danseurs  de  profession,  et  alors  les  con- 
vives ne  se  mêlaient  à  la  danse  que  vers  la  fin  du  repas. 
Tous  chantaient  et  dansaient  ensemble.  Xénophon  donne 
la  description  suivante  de  la  danse  des  festins  : 

((  Dès  qu'on  eut  desservi,  les  libations  faites,  les 
hymnes  chantés,  entrent  un  Syracusain  avec  une  joueuse 
de  tlùte  belle  et  bien  faite,  une  danseuse  exercée  aux 
sauts  périlleux,  et  un  adolescent  qui  dansait  et  jouait  de 
la  lyre  parfaitement  bien.  La  danseuse  avance  dans  la 
salle  du  festin  au  son  de  la  flûte;  on  lui  donne  douze 
cerceaux;  elle  les  prend,  se  met  à  danser,  les  jette  en 
l'air  avec  tant  de  justesse  que  leur  chute  marquait  la 
mesure  en  retombant  dans  sa  main.  On  apporte  ensuite 
un  grand  cercle  garni  d'épées,  la  pointe  en  dedans,  au 
milieu  duquel  la  danseuse  exécute  un  grand  saut,  ce 
qui  ne  cause  pas  moins  d'étonnement  que  d'effroi  aux 
spectateurs  qui  craignaient  de  la  voir  blessée;  mais  elle 
s'en  tira  avec  son  adresse  accoutumée  et  ne  se  ht  aucun 
mal.  L'adolescent  se  met  ensuite  à  danser;  ses  gestes, 
ses  mouvements  le  font  paraître  encore  plus  aimable  aux 
convives.  Un  parasite,  qui  était  du  repas,  se  lève  de  sa 
place,  fait  quelques  tours  dans  la  salle  et  veut  imiter 
tous  les  mouvements  de  l'adolescent  et  de  la  danseuse; 
mais  il  s'y  prend  de  telle  manière  que  tous  ses  gestes 
paraissent  extrêmement  ridicules.  La  danseuse,  ren- 
versée, faisait  la  roue  en  rapprochant  la  tête  de  ses 
talons;  le  bouffon  qui  veut  l'imiter  se  plie  en  avant  et 
fait  la  roue  dans  cette  position.  On  avait  couvert  d'ap- 
plaudissements l'adolescent,  parce  qu'il  donnait  en  dan- 
sant de  l'action  à  tout  son  corps.  Le  bouflon  demande 
un  air  plus  gai  h  la  joueuse  de  flûte,  et  se  met  à  remuer 
en  même  temps  les  pieds,  les  bras,  la  tête,  jusqu'à  ce 
que,  n'en  pouvant  plus,  il  tomba  sur  un  lit.  On  apporte 
alors  un  siège  au  milieu  de  la  salle.  «  Citoyens,  dit  le 
Syracusain,  voici  Ariane  qui  va  entrer  dans  sa  chambre 


FET  U\ 

nuptiale  ;  Bacchus  qui  a  fait  un  peu  de  débauche  avec 
les  dieux  viendra  la  trouver  et  tous  deux  se  plongeront 
dans  l'ivresse  de  la  volupté.  »  Ariane,  parée  de  tous  les 
ornements  d'un  jour  d'iiyménée,  entre  dans  la  salle  et 
se  repose  sur  le  siège  ;  Bacchus.  vient  ensuite,  annoncé 
par  les  airs  consacrés  à  ce  dieu.  C'est  alors  qu'on  admire 
tout  le  talent  du  Syracusain.  A  cette  symphonie,  Ariane 
fait  connaître  par  ses  gestes  combien  elle  est  charmée  de 
l'entendre;  mais  elle  se  garde  bien  d'aller  au-devant  de 
son  époux.  Elle  ne  quitte  pas  même  sa  position,  quoi- 
qu'on remarque  toute  la  peine  qu'elle  éprouve  à  se  con- 
tenir. Bacchus  l'aperçoit  et  s'avance  vers  elle  avec  des 
mouvements  passionnés.  » 

Cette  longue  description  est  l'exacte  représentation 
des  danses  des  festins  chez  les  anciens,  de  même  que 
de  celles  des  noces. 

De  nos  jours,  peu  de  noces  ont  lieu  sans  bals,  et  il  est 
même  d'usage  de  faire  figurer  les  grands-parents  dans 
le  quadrille  d'honneur  consacré  à  l'ouverture  tle  la  fête. 
Le  Crand  Hôtel  a  rénové  avec  grand  succès  les  festins 
et  dîners  avec  musique,  sous  le  nom  de  dîners-concerts. 
Félicitons-le,  car  la  musique  en  adoucissant  les  mœurs 
peut  également  adoucir  les  digestions  des  estomacs  dif- 
iiciles.  Le  charme  de  la  musique,  en  prolongeant  les 
repas,  ne  peut  qu'ajouter  à  L'hygiène. 

FÊTES  (LA  DAXSE  DAXS  LES).  Dès  la  plus  haute 
antiquité,  on  trouve  des  traces  de  la  danse  dans  toutes 
les  fêtes  privées,  publiques,  officielles,  nationales,  etc. 
A  Athènes,  à  Rome,  le  nombre  des  danses  était  aussi 
grand  que  celui  des  fêtes  et  chacune  portait  son  nom  et 
son  caractère  particulier  et  spécial.  Quant  à  nos  fêtes, 
nous  savons  tous  que  la  danse  en  est  un  des  principaux 
buts  et  l'on  peut  même  dire  ornements.  C'est  dans  les 
fêtes  religieuses  que  nous  trouvons  les  premiers  essais  V 
de  danse,  et  plus  on  avance  dans  l'histoire  de  la  religion  \ 
et  de  ses  mœurs,  plus  on  retrouve  ces  éléments  primi-  J 


142  FET 

lifs.  Plus  lard,  les  fêtes  publiques,  parodiant  l'éclat  des 
l'èles  religieuses,  empruntent  à  la  danse  ces  mêmes 
éléments.  Comme  exemple  de  fête  religieuse  dansée, 
nous  pouvons  citer  celle  donnée  à  Aix  à  l'occasion  de  la 
Fête-Dieu,  où  l'on  vit  figurer  des  danseurs.  Chéruel, 
dans  son  intéressant  Dictionnaire  des  mœurs  et  coutumes 
de  la  France,  consacre  à  ces  fêtes  un  chapitre  très  inté- 
ressant et  très  utile  à  consulter.  Il  divise  les  fêtes  dans 
lesquelles  la  danse  jouit  de  son  droit  d'entrée  en  cinq 
sortes  différentes  :  1°  les  fêtes  qui  ont  à  la  fois  un  carac- 
tère religieux  et  populaire;  2°  les  fêtes  clievaleres(iues 
et  guerrières;  3«  les  fêtes  exclusivement  populaires; 
4"  les  fêtes  de  la  cour;  5"  les  fêtes  nationales.  Partout 
on  rencontre  la  danse  au  premier  plan  de  ces  réjouis- 
sances publiques  ou  privées,  officielles  et  nationales. 

Les  grandes  processions  que  nous  voyons  encore  avec 
bannières,  banderoles,  drapeaux,  orifla^nmes,  musique 
et  chant,  ne  sont  autres  que  la  reproduction  des  anciens 
ballets  ambulatoires  du  moyen  âge.  Le  mot  procession 
indique,  du  reste,  par  son  étymologie  latine,  procedere, 
l'idée  de  marcher  en  mesure,  avec  rythme  et  ordre  pour 
que  l'on  voie  intervenir  l'idée  de  danse;  danse  bien  prise 
sous  son  premier  point  de  vue,  c'est-à-dire  ordre  et 
régularité  des  mouvements.  On  retrouve  encore  dans 
quelques  églises  de  village  des  réminiscences  de  ces 
anciennes  cérémonies  ou  fêtes  dansées,  en  voyant  les 
chantres  marcher  à  pas  lents  et  mesurés  sur  les  côtés  de 
l'autel  avant  que  le  prêtre  commence  le  Credo.  Ancien- 
nement les  fidèles,  au  son  de  la  musique  chantée,  sui- 
vaient les  chantres  en  marchant  les  uns  derrière  les  autres, 
les  uns  sur  la  droite  et  les  autres  sur  la  gauche  ;  arrivés 
devant  l'autel,  tous  alternativement  s'agenouillaient,  puis 
reprenaient  leurs  places  ou  leurs  bancs. 

Dans  l'antique  fête  des  feux  de  Saint-Jean,  la  danse 
apparaît  encore;  nous  voyons  en  effet  dans  beaucoup  de 
villages  les  paysans  danser  en  rond  autour  des  feux 
allumés,  avant    d'apporter    chez  eux  le   charbon   de 


FEU  US 

bois  consumé;  ils  le  regardent  comme  sacré  et  bon 
nombre  le  conservent  jusqu'aux  feux  de  la  Saint-Jean 
prochaine. 

Dans  le  Nivernais  et  le  Bourbonnais,  les  pleureuses  que 
l'on  voit  accompagner  les  cérémonies  funèbres  sont  éga- 
lement une  tradition  de  la  danse,  mais  alors  danse  sacrée. 
La  réglementation  imposée  par  le  maître  de  cérémonie 
des  enterrements,  ou  par  le  premier  bedeau  dans  les 
mariages,  dérive  évidemment  du  rôle  joué  par  le  maître 
de  ballet,  organisateur  de  la  cérémonie  joyeuse  oulugubre. 

FEU  (DANSE  DU).  La  danse  du  feu  est  très  répandue 
chez  les  sauvages  de  l'Océanie,  qui  y  prennent  un 
plaisir  tel  qu'ils  la  continuent  pendant  des  nuits 
entières  autour  d'immenses  brasiers.  Un  danseur  tient 
un  tison  enflammé,  afin  de  prouver  que  le  feu  n'est  pas 
éteint.  Parfois  il  danse  en  portant  le  brasier  à  sa  bouche. 
Le  Père  jésuite  de  Charlevoix  cite  cette  danse  dans  son 
Voyage  en  Amérique  septentrionale  : 

«  Un  Missilaqui  nous  régala  d'une  fête  singulière 
qui  a  quelque  chose  d'assez  plaisant;  il  était  tout  à  fait 
nuit  quand  elle  commença  et  il  entra  dans  la  cabane 
d'un  sauvage  avec  nous.  Nous  trouvâmes  un  feu  allumé 
auprès  duquel  un  homme  battait,  en  chantant,  sur  une 
espèce  de  tambourin  ;  un  autre  secouait  sans  cesse  son 
chichikoué  et  chantait  aussi.  Cela  dura  deux  heures  et 
nous  ennuya  beaucoup,  car  il  disait  toujours  la  même 
chose,  ou  plutôt  il  formait  des  sons  à  demi  articulés  qui 
ne  variaient  point.  Nous  priâmes  le  maître  du  logis  de 
ne  pas  pousser  plus  loin  ce  prélude  et  il  eut  bien  de  la 
peine  à  nous  donner  cette  marque  de  complaisance. 
Nous  vîmes  alors  paraître  cinq  ou  six  femmes,  se  ran- 
geant côte  à  côte  sur  une  même  ligne,  se  tenant  fort 
serrées  et  ayant  les  bras  pendants.  Elles  dansèrent  et 
chantèrent,  c'est-à-dire  que,  sans  rompre  la  ligne,  elles 
faisaient  quelques  pas  en  cadence,  tantôt  en  avant,  tantôt 
en  arrière.  Quand  elles  eurent  fait  ce  manège  environ 


lU  FIN 

un  quart  d'heure,  on  éteignit  le  feu  qui  seul  donnait  du 
jour  à  la  cabane,  et  l'on  n'aperçut  plus  rien  qu'un  sauvage 
qui  avait  un  tison  allumé  dans  la  bouche  et  qui  dansait. 
La  symphonie  du  tambour  et  du  cliichikoué  ne  discon- 
tinuait pas  et  les  femmes  reprenaient  de  temps  à  autre 
leurs  danses  et  leurs  chants.  Le  sauvage  dansait  tou- 
jours; mais,  comme  on  ne  le  distinguait  qu'à  la  lueur  du 
charbon  allumé  qu'il  tenait  dans  sa  bouche,  il  paraissait 
un  spectre  et  faisait  horreur  à  voir.  Ce  mélange  de 
danses,  de  chants,  d'instruments  et  ce  feu  qui  ne 
s'éteignait  pas,  avaient  quelque  chose  de  bizarre  et  de  sau- 
vage qui  nous  amusa  une  demi-heure,  après  quoi  nous 
sortîmes  de  sa  cabane,  mais  le  jeu  dura  jusqu'au  jour  et 
voilà  tout  ce  que  j'ai  vu  de  la  danse  du  feu.  » 

FIGURES  DE  DAXSE.  Ce  mot  exprime  en  danse 
de  théâtre  comme  en  danse  de  ville  la  réunion  de  plu- 
sieurs pas  en  enchaînements  figurés  en  même  temps  par 
j)lusieurs  personnes.  Les  figures  de  danse  sont  com- 
posées de  plusieurs  enchaînements  formant  un  tout 
lioinogène,  un  assemblage  de  pas  établissant  la  partie 
d'une  danse.  On  dit  :  i'",  2%  3'  figure  des  parties  com- 
posant une  danse  entière.  Dans  les  ballets,  le  mot  figure 
peut  correspondre  à  celui  ài'entrée,  c'est  une  parlie  de 
l'œuvre  entière. 

FILLETTE  (LA).  Nom  d'une  ancienne  contredanse 
usitée  dans  les  bals  avant  notre  quadrille;  on  trouve  son 
nom  seul  dans  les  traités  modernes,  sans  aucun  détail. 

FINALE.  Nom  donné  à  la  cinquième  figure  termi- 
nant le  quadrille  français.  Primitivement  elle  portait 
celui  de  chassé-croisé,  parce  qu'elle  était  faite  avec  ce 
pas.  Les  danseurs  se  croisaient  l'un  devant  l'autre  sur 
les  côtés,  les  cavaliers  allant  sur  leur  droite  derrière 
leurs  dames  qui,  elles,  allaient  sur  leur  gauche  devant 
les  cavaliers.  Tous  revenaient  à  leurs   places  par  un 


FIN  145 

second  chassé-croisé.  La  finale  a  subi,  clans  ces  dernières 
années,  bien  des  modifications  indiquées  par  le  nom  qui 
leur  est  donné  :  boulangère,  galop,  en  avant  général, 
corbeille.  La  théorie  de  ces  mots  se  trouve  à  chacun  de 
leurs  noms,  mais  je  dois  la  répéter  ici  pour  éviter  des 
recherches  trop  nombreuses.  —  Boulangère.  Après  un 
en  avant  général  en  formant  un  rond  et  en  se  donnant 
les  mains,  les  cavaliers  prennent  à  la  taille  la  première 
dame  placée  à  leur  gauche,  tournent  sur  place  avec 
elle  et  la  replacent  à  leur  droite  ;  en  avant  général 
et  même  mouvement  des  cavaliers  avec  la  seconde 
dame  de  droite;  ainsi  de  suite  jusqu'à  ce  que  chaque 
cavalier,  ayant  tourné  avec  toutes  les  dames,  soit 
revenu  à  sa  place.  Un  en  avant  général  termine.  Il  est 
d'usage  de  réunir  dans  un  seul  tous  les  différents  (jua- 
drilles  dansés  les  uns  à  côté  des  autres;  tous  n'en 
forment  qu'un  pour  la  boulangère.  —  Galop  dit  aussi  la 
saint-simonienne  (voir  au  mot  Quadrille)  :  La  cor- 
beille. Les  dames  se  placent  en  rond  au  milieu  du  qua- 
drille faisant  face  à  leurs  cavaliers;  ces  derniers  forment 
un  rond  autour  d'elles,  et  les  deux  ronds  tournent  en 
sens  inverse.  Chaque  cavalier  tourne  avec  sa  dame  et 
revient  à  sa  place  avec  elle  quand  il  se  retrouve  vis-à-vis 
d'elle.  Les  cavaliers  se  placent  en  rond  au  milieu  des 
dames  qui  les  entourent;  les  ronds  tournent  et  chaque 
couple  tourne  sur  place  pour  finir  quand  les  dames  se 
retrouvent  face  à  leurs  cavaliers.  On  a  quelquefois  rem- 
placé la  corbeille,  c'est-à-dire  le  rond  formé  au  centre, 
par  un  moulinet  :  en  premier  lieu  de  dames  se  tenant 
par  la  main  droite,  et  en  second  lieu  de  cavaliers  se 
tenant  par  la  main  gauche  ;  les  tours  sur  place  sont  les 
mêmes  que  plus  haut.  Ainsi  que  dans  la  boulangère, 
tous  les  quadrilles  peuvent  se  convertir  en  un  seul  et  la 
figure  reste  identique.  —  En  avant  général.  Tous  les 
danseurs  avancent  et  reculent  deux  fois  avant  de  faire  la 
seconde  figure  appelée  été  ;  quand  cette  figure  est  ter- 
minée par  le  premier  cavalier  avec  la  première  dame, 

7 


146  FLE 

l'en  avant  général  est  recommencé;  il  est  répété  une 
troisième  fois  après  l'exécution  de  la  seconde  figure  par 
le  second  cavalier  avec  la  seconde  dame. 

FIXAXCIÈRE  (LA).  Nom  d'une  ancienne  contredanse 
exécutée  vers  1830  dans  quelques  salons  parisiens; 
aucun  auteur  n'en  cite  de  théorie,  le  nom  seul  est 
indiqué  dans  des  recueils  de  contredanses  françaises. 

FISSAGE.  Larousse  cite  le  nom  'de  cette  danse 
comme  dissolue  et  importée  d'Italie  par  les  sorciers  du 
xvr  siècle;  cet  auteur  est  le  seul  parlant  de  cette 
danse. 

FLEURET.  Nom  d'un  ancien  pas  de  danse  souvent 
usité  dans  les  vieilles  contredanses  et  dans  l'antique 
passe-pied.  L'Encyclopédie  de  Diderot  en  donne  la 
théorie  complète  :  «  Fleuret,  pas  presque  semhlable  à 
celui  de  la  bourrée  parce  qu'il  n'a  qu'un  seul  mouve- 
ment. Il  est  de  facile  exécution  et  composé  d'un  demi- 
coupé  et  de  deux  pas  marchés  sur  la  pointe  des  pieds. 
On  le  fait  étant  à  la  quatrième  position  :  si  c'est  le  pied 
gauche  qui  est  devant,  on  pose  le  corps  entièrement  sur 
ce  pied  en  approchant  le  droit  à  la  première  position, 
sans  qu'il  touche  terre.  Alors  on  plie  également  les 
deux  genoux  et  cela  s'appelle  plier  sous  soi.  Mais  il  ne 
faut  passer  le  pied  droit  devant  à  la  quatrième  position 
que  lorsqu'on  a  plié,  et,  du  même  temps  qu'il  a  passé, 
on  s'élève  sur  la  pointe.  Alors  on  marche  deux  autres 
pas  tout  de  suite  sur  la  pointe,  savoir  :  l'un  du  gauche  et 
l'autre  du  droit;  et  à  ce  dernier  on  pose  le  talon  en  le 
iinissant,  afin  que  le  corps  soit  plus  ferme,  soit  pour  en 
reprendre  un  autre,  soit  pour  reprendre  tel  ou  tel  pas 
suivant  que  la  danse  le  demande.  Le  fleuret  se  fait  aussi 
en  arrière  et  de  côté,  à  droite  ou  à  gauche.  Ge  ne  sont 
que  les  positions  qui  diffèrent.»  Ce  pas  réclamait  une 
grande  élasticité  dans  le  cou-de-pied   et  beaucoup  de 


FOL  Ul 

vigueur  dans  les  pointes;  il  représente  notre  pas  de 
danse  appelé  pas  de  bourré,  si  choyé  des  dames, toujours 
anxieuses  de  faire  briller  leurs  pieds  mignons  et  gracieu- 
sement cambrés. 

FLORE  (DANSE  DE).  Cette  danse,  primitivement 
gracieuse  et  décente  chez  les  Grecs,  dégénéra  à  tel 
point  qu'elle  tomba  dans  la  plus  grande  obscénité  chez 
les  Romains.  L'édile  Métius  la  faisait  exécuter  un  jour 
en  présence  de  Caton,  quand  les  courtisanes  romaines 
refusèrent  de  paraître  devant  le  sévère  censeur;  le 
peuple  en  témoignait  déjà  son  mécontentement  quand 
F^alconius,  ami  de  Caton,  le  prévint  des  mauvaises  dispo- 
sitions des  spectateurs.  Caton  comprit  et  s'enfuit,  ne 
voulant  pas  être  témoin  des  excès  de  la  danse  de  Flore. 
Jusqu'à  sa  mort  les  jeux  floraux  et  scéniques  furent 
rétablis  dans  leur  splendeur  et  leur  caractère  primitifs. 

FOLATRE  (LA).  Nom  d'une  ancienne  contredanse 
composée  par  le  célèbre  Blasis,  maître  de  ballet  et  pro- 
fesseur. L'autorité  du  savant  maître  fit  adopter  sa  nou- 
velle composition  dans  plusieurs  salons  ;  il  en  a  laissé  la 
chorégraphie  suivante  :  1°  demi-chaîne  anglaise  ;  2"  ba- 
lancé ;  3°  demi-chaîne  anglaise  ;  4"  balancé  ;  5"  quatre 
cavaliers  en  avant  ;  6"  quatre  dames  en  avant  ;  7"  chassé- 
croisé  les  huit;  8"  chaîne  des  dames  ;  9"  chassé  à  quatre 
sur  les  côtés  ;  10"  balancé  ;  11°  tours  de  mains  ;  12"  les 
deux  couples  se  retournent;  13"  chassé  en  avant  quatre; 
14"  retournez  à  vos  places  en  répétant  le  chassé  ; 
15°  balancé  tous  les  huit;  16°  tours  des  deux  mains; 
17°  la  même  chose  pour  les  six  autres;  18°  tous  en- 
semble, même  chose. 

La  folâtre  était  dansée  par  quatre  couples  et  la 
musique  jouée  quatre  fois. 

FOLIES  D'ESPAGNE  (LES).  Danse  usitée  en  Espagne 
et  exécutée  par  une  seule  personne  comme  la  sarabande. 


ji8  FOR 

Je  ne  sais  où  Lasalle,  dans  son  Dictionnaire  de  la  musique 
appliquée  à  V amour,  a  pu  trouver  que  Pieri'e  I"",  roi  de 
Portugal,  avait  un  goût  prononcé  pour  cette  danse. 
Enregistrons  quand  même  le  fait  en  supposant  que  ce 
monarque  était  aussi  habile  danseur  que  notre  roi-soleil. 
Les  folies  d'Espagne  étaient  dansées  au  son  des  casta- 
gnettes et  de  la  flûte;  la  danse,  vive  et  légère,  composée 
de  pas  précipités,  trahissait  l'étymologie  du  nom. 
Feuillet,  dans  sa  Chorégraphie,  donne  la  musique  et  la 
théorie  d'une  folie  d'Espagne  pour  femme  seule  :  elle  est 
écrite  en  3/4  et  contient  principalement  des  noires  et 
des  croches  pour  faciliter  les  mouvements  de  pieds 
rapides  et  saccadés.  On  a  plus  tard  donné  le  nom  de 
folies  d'Espagne  à  une  contredanse  en  1830;  elle  eut 
quelque  succès.  Comme  nous  ne  la  voyons  tigurer  dans 
aucun  quadrille  de  l'époque,  il  est  présumable  qu'elle 
formait  une  danse  seule  et  non  une  figure  introduite 
dans  une  contredanse  ou  quadrille. 

FOREZ  (DAXSE  DE).  Sorte  d'ancien  proverbe  fran- 
çais tirant  son  nom  de  la  danse.  D'après  Compan,  en 
1313,  Guy,  comte  de  Forez,  après  s'être  croisé  avec 
Philippe  le  Bel  dans  la  grande  assemblée  tenue  par  le 
roi  à  la  Pentecôte,  retourna  chez  lui  en  Forez  suivi  d'un 
grand  nombre  de  gentilshommes.  II  leur  donna  à  leur 
arrivée  une  grande  fête  entremêlée  de  danses  pendant 
lesquelles  le  plancher  s'écroula  en  blessant  plusieurs 
invités.  Quelques-uns  même  ne  survécurent  pas  à  leurs 
blessures  et  de  là  vint  le  dicton  :  danse  de  Forez  pour 
exprimer  une  grande  joie  suivie  d'une  grande  dou- 
leur. 

FORLAXE.  Danse  très  répandue  à  Venise  chez  les 
gondoliers,  et  appelée  aussi  foulane  ;  elle  est  très  mou- 
vementée et  dansée  sur  une  mesure  en  3/8.  La  foilane 
semble  tirer  son  nom  de  Frioul,  pays  qui  fut  son  ber- 
ceau ;  elle  a  beaucoup  d'analogie  avec  la  tarentelle  dont 


FLIN  liO 

on  retrouve  les  petits  pas  serrés  et  les  glissades  coupées 
sur  le  cou-de-pied  (voir  ce  dernier  mot). 

FOUETTÉ.  Nom  d'un  pas  de  danse  dont  l'exécu- 
tion est  très  brillante,  surtout  pour  les  danseurs  dont  les 
jambes  sont  bien  tournées  en  dehors.  Il  s'exécute  de  la 
façon  suivante  :  placé  à  la  cinquième  position,  le  pied 
droit  devant,  plier  ses  genoux,  sauter  sur  le  pied,  gauche 
en  élevant  en  même  temps  la  jambe  droite  de  côté 
horizontalement  étendue  ;  plier  une  seconde  fois  la 
jambe  gauche  pendant  que  le  pied  droit  vient  se 
croiser  devant  ou  derrière  la  jambe  gauche,  selon  que 
le  fouetté  est  fait  devant  ou  derrière.  Notons  en  passant 
que  ce  pas  est  employé  au  troisième  temps  de  la  polka- 
mazurka. 

FITNA^IBULES.  Nom  donné  chez  les  Romains  aux 
baladins  dansant  sur  la  corde  ;  les  Grecs  remplaçaient 
souvent  ce  mot  par  celui  d'acrobates. 

FUNÉRAILLES  (DANSE  DES).  La  danse  des  funé- 
railles remonte  à  la  plus  haute  antiquité.  Bien  que  de 
nos  jours  on  soit  étonné  de  trouver  la  danse  mêlée  à 
semblables  cérémonies,  on  sait  qu'elle  y  a  longtemps 
joué  un  grand  rôle.  Chacune  des  danses  funèbres  est 
citée  à  son  nom  dans  le  cours  du  dictionnaire,  et 
d'amples  détails  se  trouvent  au  mot  Pleureuses.  Platon 
nous  apprend  que  dans  les  funérailles  des  rois  d'Athènes, 
une  troupe  d'élite,  revêtue  de  longues  robes  blanches, 
ouvrait  la  marche;  devant  le  cercueil  marchaient  en 
mesure  deux  rangs  de  jeunes  gens  et  deux  rangs  de 
jeunes  vierges,  formant  les  uns  et  les  autres  l'en- 
cadrement du  défunt.  Tous  portaient  des  couronnes 
et  des  branches  de  cyprès  ;  sur  des  symphonies  lugubres 
ils  exécutaient  des  danses  graves  et  majestueuses. 
Les  musiciens  se  tenaient  entre  les  deux  groupes  ;  puis 
derrière  eux,  pour  fermer  la  marche,  suivaient  les  prêtres 


150  GAI 

des  différentes  divinités.  Chez  les  peuplades  à  demi 
sauvages  du  Canada,  les  danses  des  funérailles  jouissent 
encore  d'un  grand  prestige  et  ont  lieu  au  moment  où  le 
corps  est  renfermé  dans  le  morceau  de  bois  qu'ils  appel- 
lent la  cabane  du  mort. 


G 


GAILLARDE,  Nom  d'une  danse  du  moyen  âge 
importée  d'Italie  ;  elle  est  appelée  quelquefois  la  romane 
ou  la  romanesque.  Danse  et  musique  étaient  très  gaies 
sur  une  mesure  ternaire  ;  les  pas  en  étaient  tantôt 
glissés  terre  à  terre,  tantôt  un  peu  sautés.  Les  danseurs 
allaient  et  venaient  autour  de  la  salle,  la  traversaient  et 
se  promenaient  de  Jong  en  large.  Le  principal  pas  était 
un  pas  marché,  un  pas  tombé  et  un  assemljlé.  Il  est  à 
supposer  que  sous  Henri  III  la  gaillarde  était  très  à  la 
mode,  car  Thoinot-Arbeau.  dans  son  Orchésographie,  lui 
consacre  un  long  chapitre  et  donne  la  chorégraphie  des 
pas  usités.  Il  écrit  même  :  «  Il  est  tant  de  gaillardes  par 
escript  que  ie  ne  say  laquelle  choisir  pour  commencer 
et  y  prendre  pié.  Du  commencement  que  ie  appris  à 
dâser,  notre  maistre  à  Poictiers  en  sonnait  une  qu'il  ap- 
pelait la  Traditore  my  fa  morire.  »  Il  cite  ensuite  les 
gaillardes  nommées  làAnthoinette,  la  Si  iayme  ou  non, 
la  Milanaise,  la  Fatigue,  la  laymerais  mieux  mourir 
seulette,  VE7inui  qui  me  tourmente.  Thoinot  écrit  la 
danse  et  la  musique  de  toutes  ces  gaillardes. 

UEncyclopédie  Diderot  a  emprunté  à  cet  auteur  la 
théorie  reproduite  ainsi  :  ((  Le  pas  se  fait  en  avant,  en 
arrière  et  de  côté  ;  le  pas  en  avant  se  fait  ayant  le  pied 
gauche  devant  à  la  quatrième  position  et  le  corps  posé 
.sur  le  talon  du  pied  droit  levé  ;  de  là  on  plie  sur  le 
pied  gauche;  la  jambe  droite  s'élève  et  on  se  relève  pour 


GAL  151 

sauter.  La  jambe  gauche  ensuite  se  croise  devant  à  la 
troisième  position  en  retombant  de  ce  saut  sur  les  deux 
pieds,  les  genoux  étant  tendus  ;  cette  jambe  qui  a  croisé 
devant  se  porte  devant  à  la  quatrième  position  ;  on  laisse 
poser  le  corps  dessus  en  s'élevant  en  même  temps  ;  par 
ce  moyen  on  attire  la  jambe  gauche  derrière  la  droite, 
et  à  peine  la  touche-t-elle  que  le  pied  se  pose  à  terre, 
et  le  corps,  se  portant  dessus,  fait  plier  le  genou  gauche 
par  son  poids;  ce  qui  force  la  jambe  gauche  à  se 
lever;  dans  ce  même  moment  le  genou  gauche  qui  est 
plié,  en  voulant  s'étendre,  renvoie  le  corps  sur  la 
gauche  qui  se  pose  à  terre  en  faisant  un  saut  que  l'on 
appelle  chassé  jeté.  Mais,  en  se  laissant  tomber  sur  le 
pied  droit,  la  jambe  gauche  se  lève  et  le  corps  étant 
dans  son  équilibre  entièrement  posé  sur  le  pied  droit, 
l'on  peut  en  faire  autant  du  pied  gauche.  Ce  pas  se  fait 
aussi  de  côté  en  allant  sur  une  même  ligne:  ayant  le 
corps  posé  sur  le  pied  gauche,  vous  pliez  et  vous  vous 
élevez  en  sautant  et  assemblant  le  pied  droit  auprès  du 
gauche,  parce  qu'en  même  temps  vous  portez  le  pied 
droit  à  la  seconde  position  en  s'élevant  dessus  pour  faire 
votre  pas  tombé,  ce  qui  fait  la  seconde  partie  dont  la 
gaillarde  est  composée.  » 

GALOP.  Danse  beaucoup  plus  ancienne  qu'on  ne  le 
croit  généralement  et  qui  date  de  la  fin  du  xviii'  siècle. 
Elle  servait  de  coda  ou  finale  dans  les  voltes  et  les 
contredanses,  caractère  qu'elle  a  du  reste  encore  con- 
servé. Après  les  mouvements  si  lents  et  si  compassés 
des  anciennes  danses,  les  danseurs  prenaient  plaisir  h 
se  réjouir  en  des  mouvements  plus  précipités,  et,  les 
musiciens  aidant  par  une  mesure  agitée,  tous  accélé- 
raient la  danse.  Depuis  1815,  on  trouve  le  galop  comme 
formant  une  danse  spéciale,  et  son  titre  figure  dans  les 
anciens  recueils.  Le  pas  très  simple  est  d'une  exécution 
tout  enfantine  et  consiste  à  glisser  un  pied  que  l'on 
chasse  avec  l'autre  d'une  manière  continue  sans  changer 


152  GAN 

de  pied.  Si  les  danseurs  veulent  tourner  le  galop,  ils 
alternent  le  chassé  par  chaque  pied  alternativement  en 
faisant  un  chassé  en  avant  du  pied  gauche  et  en  arrière 
du  pied  droit. 

GALOP  dit  SAINT-SIMONIENNE.  On  a  pendant  long- 
temps donné  le  nom  de  galop  ou  saint-simonienne  à  la 
cinquième  figure  de  notre  quadrille  français  parce  qu'elle 
était  dansée  avec  le  galop.  On  trouvera  l'historique  et 
la  théorie  de  cette  figure  au  mot  Saint-simonienne. 

GALOPADE  RUSSE.  La  galopade  russe  ne  diffère  de 
notre  galop  qu'en  ce  qu'elle  n'est  jamais  dansée  en  tour- 
nant. Les  danseurs  galopent  rapidement  autour  du  salon 
et  font  avancer  ou  reculer  leurs  dames  ;  toutes  les  galo- 
pades russes  sont  écrites  sur  une  mesure  en  6/8,  tandis 
que  chez  nous  les  galops  le  sont  généralement  sur  une 
mesure  en  2/4. 

GANGLOVIEXXE.  M.  Giraudet,  dans  son  Traité  de  la 
danse,  cite  cette  danse  avec  les  plus  grands  éloges.  Ne 
la  connaissant  que  d'après  l'auteur,  je  suis  forcé  de  lui 
laisser  la  parole  et  de  reproduire  textuellement  son 
article  : 

«  La  ganglovienne  est  une  danse  nouvellement  créée 
par  le  compositeur  Ganglofî  qui  en  est  l'auteur  et  le 
compositeur  au  double  point  de  vue  de  la  théorie  et  de  la 
musique.  Cette  danse  est  d'une  grâce  enchanteresse,  et 
il  est  difficile  d'obtenir  un  résultat  plus  charmant.  Com- 
posée de  balancés  vagues,  de  glissés  et  de  pas  de  valse, 
elle  réalise  un  idéal  que  le  poète  inventeur  doit  être  fier 
d'avoir  atteint.  Pour  danser  la  ganglovienne  sans  difficulté 
et  conserver  à  cette  danse  le  brio  qu'elle  mérite,  on  ne 
peut  se  dispenser  de  connaître  la  valse  d'après  mon 
nouveau  procédé,  qui  en  rend  l'exécution  facile.  La  mu 
sique  est  en  3/4.  » 

Suit  la  théorie  de  cette  danse  dont  nous  n'avons  be- 


GAP,  153 

soin  de  citer  que  les  pas  et  le  motif  principal,  la  vague. 

Je  rends  la  plume  à  M.  Giraudet.  Abrégé  de  cette 
danse  :  «  Cavalier  :  balancer  le  corps  de  côté  quatre  fois, 
à  gauche,  à  droite,  à  gauche,  à  droite.  Faire  deux  fois  les 
pas  4,2,  3,  A,  5,  6  de  la  valse.  Balancer  le  corps  quatre 
fois,  à  gauche,  à  droite,  à  gauche,  à  droite,  faire  deux  fois 
les  pas  1,  2,  3.  4,  5,  G  de  la  valse.  Glisser  le  pied  gauche 
de  côté  quatre  fois  en  le  chassant  trois  fois  parle  pied 
droit.  Faire  deux  fois  les  pas  4,  5,  6,  i,  2,  3  de  la  valse. 
Glisser  le  pied  droit  de  côté  quatre  fois  en  le  chassant 
trois  fois  parle  pied  gauche.  Faire  deux  fois  les  pas  1, 
2,  3,  4,  5,  6  de  la  valse  et  32  mesures  de  valse.  Dame  : 
les  pas  de  la  dame  sont  absolument  les  mêmes  que  ceux 
du  cavalier  en  commençant  par  le  pied  droit.  1''  partie, 
la  vague  ;  2''  partie,  le  galop  ;  3"  partie,  la  vague  ;  4"  par- 
tie, le  galop  ;  6''  partie,  polka.  » 

Le  pas  seul  de  la  vague  peut  intéresser,  l'auteur  le 
définit  ainsi  : 

((  l"  pas  :  le  pied  gauche  étant  légèrement  soulevé 
derrière  le  droit,  le  poser  un  peu  à  terre  sur  le  côté,  en 
balançant  le  corps  sur  le  côté  gauche,  en  soulevant  la 
jambe  droite  de  côté;  2°  pas  :  poser  le  pied  à  terre  en 
balançant  le  corps  à  droite,  en  soulevant  la  jambe  gauche 
de  côté;  3'  pas  :  poser  le  pied  gauche  à  terre,  corps  à 
gauche,  en  soulevant  la  jambe  droite  de  côté  ;  4'  pas 
poser  le  pied  droit  à  terre,  corps  à  droite,  en  soulevant 
la  jambe  gauche  de  côté.  » 

GARGOUILLADE.  Nom  d'un  ancien  temps  de  danse 
usité  au  théâtre  et  spécialement  affecté  dans  les  ballets 
aux  entrées  de  démons  et  de  vents.  Il  se  fait  à  droite  ou 
à  gauche  en  exécutant  un  demi-tour  ou  une  demi- 
pirouette  sur  les  deux  pieds.  Une  des  deux  jambes  décrit 
un  rond  de  jambe  en  dedans  ;  on  termine  sur  la  jambe 
qui  est  partie  la  première.  Le  célèbre  Dupré  excellait 
dans  la  gargouillade  en  faisant  les  deux  ronds  de  jambe 
sur  le  même  demi-temps  de  la  mesure  ;  le  non  moins 

7. 


154  GAV 

réputé  danseur,  le  brillant  Lyonnais,  lui  disputait  la 
palme  dans  les  grands  ballets.  Ces  pas  faisaient  aussi 
les  délices  des  danseurs  comiques  comme  leur  offrant 
de  précieuses  ressources  pour  leurs  rôles  si  variés. 

GAVOTTE.  La  gavotte,  dont  le  nom  est  encore  pré- 
sent à  la  mémoire  de  notre  génération,  est  très  ancienne 
et  antérieure  à  la  date  que  lui  ont  donnée  plusieurs  dic- 
tionnaires. Presque  tous  la  citent  comme  florissante  au 
xviii"  siècle,  quand  on  la  trouve  déjà  en  1588  dans 
Thoinot-Arbeau  ;  elle  paraît  même  déjàalerte  et  pimpante, 
presque  savante.  On  peut  dire  qu'à  sa  réapparition,  la 
gavotte  a  inauguré  l'ère  de  la  renaissance  de  la  danse. 
Quand  on  se  reporte  aux  bals  et  aux  fêtes  de  Louis  XIV 
et  Louis  XV  et  quand  on  relit  les  succès  de  Rameau,  le 
maître  à  danser  auquel  nous  devons  le  meilleur  ouvrage 
sur  les  menuets,  les  salu'ts,  les  révérences,  on  s'étonne 
des  progrès  si  rapides  de  l'art  de  la  danse. 

La  gavotte  était  précédée  d'un  menuet  d'introduction 
composé  de  la  première  reprise  du  menuet  de  la  Cour 
et  dansée  par  un  couple  seul.  A  en  croire  certains  au- 
teurs, peut-être  un  peu  trop  humoristiques,  cette  intro- 
duction était  précédée  de  l'offre  du  bouquet  et  du  baiser 
après  la  réception.  Fertiault  est  le  seul  qui  rapporte  ce 
fait  dans  son  Histoire  anecdotique  de  la  danse,  fait 
ignoré  d'auteurs  plus  accrédités,  tels  que  Noverre  et  de 
Cahuzac. 

Dansée  sur  un  mode  léger  à  2/4  et  sur  un  air  spécial 
dont  la  musique  note  chaque  pas,  la  gavotte  représente 
un  libretto  tel  qu'un  petit  ballet  à  deux  personnages. 
Commençant  ensemble,  le  cavalier  et  la  dame  avancent 
en  se  donnant  la  main,  reculent  ;  puis  se  séparent  sur 
les  côtés,  l'un  adroite  et  l'autre  à  gauche;  tous  deux 
se  rapprochent.  Le  cavalier  quitte  ensuite  sa  dame  en 
décrivant  un  grand  demi-cercle  sur  sa  gauche  et  vient  se 
placer  en, face  de  sa  dame.  L'un  et  l'autre  s'avancent  et 
t'ont  un  balancé  en  se  donnant  quatre  fois  les  mains 


GAV  155 

droites  et  gauches  et  reculent  ensuite  en  s'éloignant  l'un 
de  l'autre.  Le  cavalier  s'avance  alors  seul  et  fait  un  solo 
auquel  sa  dame  répond  par  un  second  solo.  Dans  ce  solo, 
cavalier  et  dame  recherchent  les  pas  les  plus  brillants. 
Le  cavalier  terminait  souvent  par  une  attitude  pliée  de- 
vant la  dame,  attitude  précédée  d'une  pirouette.  Le  dan- 
seur, allant  ensuite  se  placer  à  l'angle  droit  du  salon, 
avance  seul  jusqu'à  l'autre  extrémité  et  en  ligne  droite 
devant  lui,  puis  revient  en  ligne  diagonale  se  placer  à 
l'angle  gauche.  Cette  diagonale  doit  être  faite  d'autant 
plus  rapidement  qu'elle  simule  une  fugue  ou  une  fuite. 
La  danseuse,  allant  se  placer  à  l'angle  gauche,  exécute 
les  mêmes  mouverpeiits  et  revient  par  conséquent  se 
placera  l'angle  droit.  Tous  deux  recommencent  ensemble 
cette  même  figure  avec  un  chassé-croisé  intercalé,  de 
deux  en  deux  mesures,  à  droite  et  à  gauche,  puis  à  gauche 
et  à  droite  ;  ils  font  la  fugue  ensemble  en  passant  l'un 
devant  l'autre.  Se  trouvant  placés  vis-à-vis  l'un  de  l'autre, 
ils  avancent  et  tournent  en  se  poursuivant;  au  moment 
où  le  cavalier  est  assez  rapproché  de  sa  dame,  il  lui  donne 
la  main  et  tous  deux  reculent  à  leurs  places  primitives. 
Le  menuet  d'introduction  est  recommencé  comme 
coda. 

Dans  toutes  ces  figures,  le  cavalier  et  la  dame  cher- 
chent à  déployer  leur  talent  chorégraphique  en  exécutant 
les  pas  les  plus  variés  et  les  plus  à  la  mode  du  temps, 
tels  que  les  pas  de  basque,  jetés,  grands  jetés,  pas  de 
bourré,  pas  de  zéphire,  entrechats,  brisés  et  glissades.  La 
faveur  dont  cette  danse  a  joui  pendant  si  longtemps 
m'oblige  à  lui  consacrer  plus  de  temps  qu'à  toute  autre 
et  à  lui  conserver  ses  pas  traditionnels,  c'est-à-dire  ceux 
dont  Vestris  la  composa,  non  pas  le  Diou  de  la  danse, 
mais  son  fils.  C'est  en  connaissance  parfaite  de  la 
cause  que  je  puis  écrire,  car  je  la  tiens  de  la  Chorégra- 
phie de  mon  père,  qui  lui-même  la  tenait  de  Vincent, 
son  professeur  et  répétiteur  de  Vestris  fijs  et  de  Marie 
Tagliofti  à  l'Académie  royale  de  musique,  On  trouvera 


156  GAV 

l'introduction  en  menuet  au  mot  Menuet  de  la  Cour  et, 
quant  aux  pas  de  la  gavotte,  je  les  trouvais  sur  les  ma- 
nuscrits de  mon  père. 

Le  cavalier  et  la  dame,  se  donnant  la  main,  s'avancent 
en  faisant:  un  grand  jeté  devant,  assemblé,  entrechat  5  ; 
ils  reculent  avec  trois  brisés  en  arrière  et  un  assemblé. 

Pour  le  chassé-croisé  à  droite  et  à  gauche  :  glissade, 
fouetté,  glissade,  assemblé,  trois  jetés  battus  en  arrière 
et  assemblé.  Les  pas  sont  les  mêmes  pour  le  cavalier  et 
pour  la  dame. 

Avant  le  solo,  pour  changer  de  place,  le  cavalier  fait  : 
seize  pas  de  zéphire,  sept  brisés  en  arrière  et  un  assem- 
blé en  reculant  pour  faire,  en  finissant,  face  à  sa  dame; 
elle  reste  immobile  pendant  ce  traversé  de  son  cavalier. 

Solo  du  cavalier.  Deux  pas  de  basque  en  avant, 
quatre  pas  de  bourré  en  arrière;  trois  jetés  en  arrière 
en  tournant,  entrechat  4  et  pirouette. 

Solo  de  la  dame.  Mêmes  pas  que  pour  le  cavalier, 
mais  la  pirouette  est  remplacée  par  un  second  entre- 
chat 4.  Balancé  :  huit  pas  de  zéphire,  pour  le  cava- 
lier et  la  dame,  faits  alternativement  pied  droit,  pied 
gauche  et  en  se  touchant  la  main  droite,  la  main  gauche; 
ils  terminent  en  s'éloignant  l'un  de  l'autre  par  sept 
jetés  battus  en  arrière  et  un  assemblé. 

Traversé  en  ligne  droite  :  jeté,  assemblé,  entrechat  5 
fait  quatre  fois  en  avant,  suivis  pour  la  diagonale  de 
sept  jetés  en  tournant  et  un  assemblé.  Dans  le  second 
traversé,  la  dame  fait  les  mêmes  pas  que  le  cavalier; 
souvent  elle  remplaçait  les  sept  jetés  par  huit  pas  de 
bourré  courus  sur  les  pointes. 

Pour  le  second  traversé  avec  chassé-croisé,  cavalier 
et  dame  font  ensemble,  l'un  et  l'autre  devant  soi  et  en 
avançant  :  jeté,  assemblé,  entrechat  5,  quatre  fois; 
sur  les  côtés,  à  droite  pour  l'un  et  à  gauche  pour  l'autre, 
en  passant  devant  et  derrière,  glissade,  fouetté,  assem- 
blé, trois  jetés  en  arrière,  assemblé;  les  mêmes,  par  un 
sens  inverse. 


GAV  157 

Pour  le  grand  cercle  et  la  pirouette  finale,  cavalier  et 
dame  font  :  grand  jeté  devant,  rond  de  jambe  en  l'air, 
sauté,  développé,  assemblé  ;  au  moment  où  les  danseurs 
se  rencontrent  et  se  donnent  la  main,  ils  reculent  par 
huit  grands  jetés  battus  en  arrière  et  assemblé. 

Le  menuet  d'introduction  est  recommencé  pour  servir 
de  coda. 

GAVOTTE  DE  MARLY.  En  1887,  M.  de  Soria,  pro- 
fesseur de  danse,  a  publié  une  gavotte  sous  le  nom  de 
gavotte  de  Marly;  bien  que  laite  avec  art  et  avec  goût, 
celte  gavotte  n'a  aucun  rapport  traditionnel  avec  l'an- 
cienne; elle  simule  plutôt  une  sorte  de  menuet  théâtral 
et  serait,  je  crois,  trop  difficile  pour  nos  gentils^iommes. 
Je  souhaite  à  M.  de  Soria  tout  le  succès  auquel  lui  donne 
droit  sa  composition.  Le  lecteur  trouvera  les  figurines 
accompagnant  le  texte  dans  le  journal  le  Salon  de  la 
mode  du  5  février  1887. 

Gavotte  de  Marly,  par  M.  de  Soria.  —  Notice. 
((  Le  pas  marché  de  cette  gavotte  s'exécute  de  la  façon 
suivante  :  soit,  par  exemple,  trois  pas  marchés  du  pied 
droit;  poser  le  pied  droit  à  terre  au  premier  temps  de  la 
mesure,  faire  suivre  le  pied  gauche,  puis  le  pied  droit 
d'un  pas  marché  ordinaire,  on  a  ainsi  exécuté  ces  trois 
pas.  11  est  indiqué  également  trois  positions  :  1"  posi- 
tion :  les  pieds  en  dehors,  les  talons  joints  ;  2^  position  :  un 
pas  adroite  ou  à  gauche  sur  la  même  ligne;  3^  position  :  le 
pied  droit  ou  gauche  placé  l'un  devant  l'autre  pied  et  ta- 
lons croisés  et  réunis.  —  Théorie.^"!  :  64  mesures,  intro- 
duction.—  N"  2:  lômesuresparmarchéset  jetés.  Le  cava- 
lier et  sa  dame  font  trois  pas  marchés  en  avant  et  vers 
la  gauche  en  commençant  du  pied  droit  et  un  jeté  des- 
sus comme  quatrième  temps  ;  pour  exécuter  ce  jeté  dessus, 
il  faut  sauter  sur  la  pointe  du  pied  gauche  et  élever  la 
jambe  droite  derrière  (2  mesures)  ;  ensuite,  trois  jetés, 
sauter  sur  la  pointe  du  pied  droit  et  relever  la  jambe 
gauche  derrière  pour  le  premier  jeté  ;  continuer  pour 


158  ■  GAV 

les  deux  autres  en  changeant  de  pied  chaque  fois.  On 
termine  le  troisième  jeté  en  relevant  la  jambe  gauche 
derrière  la  droite;  puis  passer  la  jambe  gauche  tendue 
devant  la  droite  (:2  mesures);  trois  pas  marchés  à  droite 
en  commençant  du  pied  gauche  et  exécuter  un  jeté  des- 
sus (2  mesures);  continuer  par  trois  jetés  et  commencer 
à  sauter  du  pied  gauche  et  terminer  en  passant  la  jambe 
droite  devant  (2  mesures).  Trois  pas  marchés  à  gauche 
en  commençant  du  pied  droit;  exécuter  un  jeté  dessus 
(2  mesures).  Trois  jetés  en  commençant  à  sauter  du 
pied  droit  et  terminer  en  passant  la  jambe  gauche 
devant  (2  mesures).  Trois  pas  marchés  à  droite  en  com- 
mençant du  pied  gauche;  exécuter  un  jeté  dessus 
(2  mesures).  Trois  jetés  en  commençant  à  sauter  du 
pied  gauche  et  terminer  en  passant  la  jambe  droite 
devant  la  gauche  (2  mesures).  —  N"  3  :  8  mesures.  Cou- 
pés, jetés,  glissades.  Le  cavalier  et  la  dame  se  donnent 
la  main  droite  et  exécutent  des  coupés  jetés.  Le  pied 
gauche  relevé  derrière  le  droit,  chasser  ce  dernier  en 
posant  le' pied  gauche  à  terre  et  la  jambe  droite  tendue 
se  relève  ;  on  a  fait  ainsi  un  coupé  jeté.  Exécuter  ces  pas 
quatorze  fois;  au  dernier  coupé  jeté  on  se  trouve  avoir 
posé  le  pied  droit  à  terre  et  avoir  relevé  le  pied  gauche 
en  arrière  ;  terminer  par  une  glissade  jeté  (c'est  faire 
du  pied  gauche  un  pas  à  gauche,  seconde  position),  re- 
porter le  pied  droit  devant  le  gauche  (troisième  position), 
et  exécuter  un  jeté  du  pied  gauche  en  relevant  le  droit. 
—  N»  4  :  8  mesures.  Glissades  jeté.  Le  pied  droit  étant 
devant  le  gauche  en  troisième  position,  exécuter  une  glis- 
sade à  droite  en  portant  la  pointe  du  pied  droit  à  droite 
en  seconde  position  et  laisser  retomber  le  talon;  reporter 
le  pied  gauche  avant  le  droit  en  ayant  soin  de  glisser  la 
pointe  du  pied  ;  on  se  retrouve  ainsi  à  la  troisième  posi- 
tion. Exécuter  trois  fois  ces  glissades  et  terminer  par  une 
glissade,  jeté  du  pied  droit  (4  mesures).  Exécuter  ces 
mêmes  pas  à  gauche,  et,  pour  recommencer,  avoir  le  pied 
gauche  derrière  le  droit  et  terniiner  en  élevant  le  pied 


GAV  159 

gauche  derrière  le  droit  (4  mesures).  —  N"  5  :  16  me- 
sures. Coupé,  jeté,  fouetté  et  jeté  à  droite.  Pour  exécuter 
un  coupé  :  le  pied  gauche  étant  derrière,  chasser  le  pied 
droit  par  le  gauche  en  levant  la  jambe  droite  tendue  ;  pour 
le  jeté,  poser  le  pied  droit  en  relevant  le  gauche;  pour  le 
fouetté,  passer  la  jambe  gauche  tendue  et  croisée  devant 
la  droite,  en  glissant  la  pointe  du  pied;  et,  pour  le  jeté, 
poser  le  pied  gauche  à  terre  en  relevant  le  pied  droit 
(^  mesures).  Deux  jetés  du  pied  droit;  le  pied  droit  étant 
relevé  derrière,  faire  un  assemblé  devant  ;  porter  le  pied 
droit  à  la  troisième  position  devant  en  pliant  les  genoux 
et  terminer  par  un  entrechat  5,  qui  est  un  relevé  du 
pied  droit  derrière;  le  corps  est  posé  sur  la  jambe 
gauche  (2  mesures).  Coupé,  jeté,  fouetté  et  jeté  à 
gauche  (!2  mesures).  Deux  jetés,  assemblé  devant,  entre- 
chat 5  (2  mesures).  Coupé,  jeté,  fouetté  et  jeté  à  droite 
(2  mesures).  Deux  jetés,  assemblé  devant,  entrechat  5 
(2  mesures).  Coupé,  jeté,  fouetté,  jeté  à  gauche  (2  me- 
sures). Deux  jetés,  assemblé  devant,  entrechat  5;  on 
a  terminé  en  ayant  le  pied  gauche  derrière  (2  me- 
sures). —  N"  6  :  16  mesures.  Exécuter  le  n°  2.  — 
N°  7  :  8  mesures.  Exécuter  le  n"  3.  — N°  8  :  8  mesures. 
Exécuter  le  n"  4.  —  N"  9  :  16  mesures.  Exécuter  le  n"  5. 
—  N"  10  :  16  mesures.  Pas  de  basque  et  pirouettes.  — 
Exécuter  deux  pas  de  basque, en  avant;  le  pied  gauche 
étant  derrière  posé  à  terre,  lever  le  pied  droit,  le 
porter  derrière  le  gauche;  allonger  le  pied  gauche  en 
avant  et  reporter  le  pied  droit  derrière  le  gauche  (1  me- 
sure); lever  le  pied  gauche,  le  porter  derrière  le  droit; 
allonger  le  pied  droit  en  avant  et  reporter  le  pied  droit 
derrière  le  gauche  (1  mesure).  Faire  faire  une  pirouette 
à  sa  dame  des  deux  mains  (2  mesures);  le  cavalier 
change  de  place  avec  sa  dame  en  exécutant  une  passe  en 
tournant.  Exécuter  deux  pas  de  basque  en  arrière 
(2  mesures)  ;  retourner  à  sa  place  en  exécutant  (i  me- 
sures) une  passe  en  tournant;  exécuter  deux  pas-  de 
basque  en  arrière.  —  JN"  11  ;  24  mesures,  Saluts,  rêvé'- 


160  GAV 

rences,  coupés,  ballonnés,  jetés.  Le  cavalier  et  sa  dame 
font  un  pas  à  droite  et  exécutent  un  salut  et  une  révé- 
rence (2  mesures)  ;  puis  un  pas  à  gauche,  salut  et  révé- 
rence (2  mesures).  Exécuter  un  coupé  du  pied  gauche, 
ensuite  un  ballonné;  la  jambe  droite  tendue  et  élevée  en 
avant,  porter  la  jambe  droite  pliée  et  croisée  devant  la 
gauche  ;  exécuter  un  jeté,  passer  la  jambe  gauche  devant 
la  droite  et  terminer  par  un  jeté  du  pied  gauche  (2  me- 
sures). Coupé  du  pied  droit,  ballonné  de  la  jambe 
gauche  pliée  et  croisée  devant  la  droite  ;  jeté,  passer  la 
jambe  droite  devant  la  gauche;  terminer  par  un  jeté  du 
pied  droit  (2  mesures).  Coupé,  ballonné,  jeté;  passer 
la  jambe  droite  et  jeté  à  droite  (2  mesures).  Coupé, 
ballonné,  jeté;  passer  la  jambe  devant  et  jeté  à  droite 
(2  mesures).  Coupé,  ballonné,  jeté;  passer  la  jambe 
devant  et  jeté  à  gauche  (2  mesures);  recommencer  de 
la  5"  à  la  12''  mesure  (8  mesures).  Un  pas  à  droite, 
salut  et  révérence  (2  mesures).  —  de  Soria. 

GAVOTTE  DE  VESTRIS.  En  1887,  les  anciennes 
danses  retrouvèrent  un  peu  de  la  faveur  dont  elles 
avaient  joui  dans  le  xviii"  siècle.  Après  le  menuet  de  la 
Cour  on  voulut  la  gavotte.  Je  l'ai  publiée  chez  Bor- 
neman  en  cherchant  à  lui  conserver  son  originalité 
géniale  comme  danse  et  comme  musique.  Elle  a  été 
éditée  sous  le  titre  ci-dessous  :  Gavotte  de  Vestris. 
Théorie  et  chorégraphie  réglées  par  G.  Desrat.  Mu- 
sique originale  transcrite  par  Signoret,  pianiste  et  chef 
d'orchestre.  Paris,  Le  Bailly,  éditeur,  Borneman,  2  bis, 
rue  de  l'Abbaye.  —  Théorie.  Notice  :  Il  était  impossible, 
pour  répondre  aux  ressources  restreintes  de  nos 
danseurs,  de  présenter  et  de  faire  revivre  l'ancienne 
gavotte  de  Vestris  et  de  Taglioni,  gavotte  aux  pas 
aussi  sautés  que  brillants,  sans  modifier  sa  chorégra- 
phie première,  et  de  plus,  sans  mettre  plusieurs  couples 
ensemble  en  figuration.  De  là  la  nécessité  de  régler 
la  danse   sous   forme  de  quadrille  exécuté    par  deux 


GAV  161 

ou  quatre  couples.  Quant  aux  trois  parties  distinctes 
sous  lesquelles  je  l'ai  écrite,  elles  sont  la  traduction 
fidèle  de  la  gavotte  du  xviii*  siècle,  intercalée  entre 
l'introduction  grave  du  menuet  de  la  Cour  et  terminée 
par  la  vive  et  légère  hongroise.—  Tliéo?ie.  Deux  couples 
se  placent  vis-à-vis  l'un  de  l'autre  comme  dans  notre 
quadrille;  le  cavalier  tenant  dans  sa  main  droite  la 
.main  gauche  de  sa  dame.  —  Introduction  :  1'*  reprise  du 
menuet  de  la  Cour  (8  mesures)  (voir  ce  mot).  —  Gavotte. 
i"""  reprise  :  le  cavalier  donnant  la  main  droite  à  la 
main  gauche  de  sa  dame  avance  avec  elle  par  un  jeté, 
assemblé,  changement  de  pied,  assemblé  devant;  tous 
deux  reculent  par  trois  jetés,  assemblé  en  arrière 
(8  mesures).  Chassé-croisé  :  le  cavalier  à  droite  der- 
rière sa  dame,  la  dame  à  gauche  devant  son  cavalier 
par  chassé  ouvert  de  côté  deux  fois  et  trois  changements 
de  pied;  second  chassé-croisé  pour  les  deux  danseurs 
en  sens  inverse  (8  mesures).  —  2"  reprise  :  traversé  du 
cavalier.  Le  cavalier  décrit  un  grand  demi-cercle  sur 
sa  gauche  par  huit  jetés  passés  devant  pour  se  placer  en 
face  de  sa  dame;  il  s'en  éloigne  ensuite  par  sept  jetés 
en  arrière  et  assemblé  (12  mesures).  — •  2^  reprise, 
2°  fois.  Balancé  :  le  cavalier  et  la  dame  s'avancent  vis- 
à-vis  l'un  de  l'autre  et  font  huit  pas  de  zéphire  en  se 
donnant  alternativement  quatre  fois  la  main  droite,  la 
gauche,  la  droite,  la  gauche;  ils  reprennent  leurs  places 
primitives  par  huit  autres  pas  de  zéphire  exécutés  en  fai- 
sant un  tour  de  main  (12  mesures).  —  3'  reprise  :  les 
cavaliers  avancent  conduisant  leurs  dames  par  jeté, 
assemblé,  changement  de  pied,  temps  d'arrêt  :  ils 
échangent  leurs  dames  et  reculent  par  trois  jetés, 
assemblé  derrière  (8  mesures).  Les  cavaliers  recom- 
mencent le  même  mouvement  et  reprennent  leurs  dames 
pour  rentrer  à  leurs  places  (8  mesures).  —  4^  reprise  : 
les  deux  couples,  faisant  le  pas  de  zéphire,  exécutent  en 
rond  une  poursuite  et  changent  deux  fois  de  dame;  ilé 
s'avancent  au  milieu  et  font  trois  jetés  en  arrière  et 


162  GES 

assemblé  pour  revenir  à  leurs  places  primitives  (12  me- 
sures).—  Introduction  à  la  hongroise  (8  mesures).  Chaque 
cavalier  se  place  devant  sa  dame  et,  lui  donnant  tantôt 
la  main  droite,  tantôt  la  main  gauche,  tantôt  aussi  les 
deux  mains,  exécute  avec  elle  les  pas  de  la  hongroise  ; 
ils  terminent  en  prenant  leurs  dames  à  la  taille  et 
dansent  la  hongroise  sous  forme  de  valse  tournante.  — 
Pas  de  la  hongroise.  Deux  ballonnés  devant  et  trois  pas 
légèrement  sautés  sur  les  pointes,  le  cavalier  com- 
mençant du  pied  gauche,  la  dame  du  droit.  —  Coda  :  Les 
deux  couples  revenant  à  leurs  places  recommencent  le 
menuet  de  la  Cour  qui  a  précédé  la  gavotte.  — Nota:  Si  la 
gavotte  est  dansée  par  quatre  couples,  deux  se  placent 
dans  la  longueur  du  salon  et  les  deux  autres  dans  la  lar- 
geur; les  reprises  sont  exécutées  alternativement  d'un  côté 
et  de  l'autre,  si  ce  n'est  toutefois  la  hongroise  à  laquelle 
prennent  part  tous  les  couples  ensemble.  Les  reprises 
sont  jouées  deux  fois  à  l'orchestre  dans  le  cas  où  la 
gavotte  est  dansée  par  quatre  couples. 

GAVOTTE -QUADRILLE,  GAVOTTE  KAISERIN, 
ou  gavotte  de  l'Impératrice.  Publiée  à  Berlin  en  1893, 
cette  danse  rappelant  notre  gracieux  menuet  obtint  en 
Allemagne  un  succès  tel  qu'elle  fit  les  délices  des  bals 
de  la  cour  impériale;  on  affirme  même  que  l'empereur 
s'y  produisit  rigidement  et  noblement.  La  danse  est 
chorégraphiée  par  le  professeur  Schackwitz  et  la  mu- 
sique réglée  par  P.  Hertel;  elle  est  composée  de  figures 
exécutées  par  quatre  couples  sur  une  mesure  en  quatre 
temps,  les  couples  étant  placés  par  vis-à-vis  comme 
dans  notre  quadrille.  Les  révérences,  les  saints,  les 
balancés,  les  temps  de  pointe,  les  pirouettes  et  les 
enchaînements  de  mains  en  constituent  la  note  princi- 
pale. Les  pas  glissés  définis  par  l'auteur  rappellent 
exactement  nos  pas  du  menuet  classique  de  la  Cour. 

GESTE  ET  GESTES.  L'art  des  gestes  appelé  saltatio 


G ES  163 

chez  les  Romains  et  opy;/)<7c<;  chez  les  Grecs,  signifie  mou- 
voir harmonieusement  et  gracieusement  son  corps.  Son 
importance  dans  l'antiquité  était  heaucoup  plus  grande 
que  chez  nous  et  l'on  ne  peut  s'empêcher  de  regretter 
l'abandon  dans  lequel  nous  laissons  cette  question 
nécessaire  à  l'éducation  physique.  Nous  ne  sommes 
plus,  comme  à  Athènes,  à  Sparte,  à  Lacédémone,  con- 
vaincus du  rôle  important  du  geste  pris  dans  son  sens 
primitif,  embrassant  toute  la  tenue  du  corps.  C'est  à 
peine  si  nous  pouvons  croire  que  le  mot  chironomie 
fut  si  souvent  donné  à  l'art  des  gestes.  Nous  avons 
oublié  que  Quintilien  fait  remonter  son  origine  aux 
temps  historiques  en  même  temps  qu'il  le  préconise; 
que  Cicéron,  dans  son  De  oratore,  trouve  des  argu- 
ments puissants  dans  les  gestes  seuls  de  l'orateur.  Si  les 
paroles  peuvent  séduire  un  auditoire,  les  gestes  plus 
d'une  fois  servent  à  le  convaincre.  Le  geste  et  les  gestes 
sont  souvent  chez  les  personnes  la  résultante  de  son 
instruction  et  de  son  éducation;  dès  les  premiers  temps, 
les  hommes  eurent  conscience  de  sa  nécessité.  «  Il  ne 
faut  pas  croire,  dit  Lucien,  que  la  saltation  soit  une 
invention  moderne,  née  récemment.  Ceux  qui  ont  parlé 
avec  vérité  de  cet  art  affirment  qu'il  prit  naissance  au 
temps  même  de  la  création  de  toutes  choses  et  qu'il  est 
aussi  ancien  que  l'amour  le  plus  ancien  des  dieux.  »  Si 
nous  considérons  le  geste  dans  la  danse  seulement,  nous 
ne  trouvons  que  Vestris  comme  émule  de  Bathylle;  il 
fut  le  seul  danseur  de  théâtre  auquel  on  puisse  appliquer 
ce  vers  de  Despréaux  : 

Le  geste  fut  toujours  l'universel  langage, 

et  ceux  du  chanoine  Sanlègue  dans  son  Traité  des  gestes  : 

C'est  en  vain  qu'un  docteur  qui  prêche  l'Évangile, 

Mêle  chrétiennement  l'agréable  à  l'utile, 

S'il  ne  joint  un  beau  geste  à  l'art  de  bien  parler. 

Je  disais  plus  haut  que  souvent  les  gestes  assuraient 


164  (HG 

la  conviction  autant  que  la  parole;  pour  les  incré- 
dules je  rappellerai  les  naots  d'Hérodote  :  «  Les 
yeux  sont  plus  fidèles  que  les  oreilles,  parce  qu'on  croit 
plus  facilement  ce  que  l'on  voit  que  ce  qu'on  entend.  » 

Chez  les  danseurs  de  ville,  le  et  les  gestes  présentent  un 
intérêt  d'autant  plus  grand  dans  les  leçons  qu'ils  sont 
appelés  à  leur  donner  ce  qu'on  appelle  en  ternies  vulgaires, 
et  que  j'ose  à  peine  écrire,  de  belles  et  bonnes  façons  du 
monde.  La  distinction  et  la  simplicité  dans  la  tenue 
tiennent  de  très  près  à  l'art  des  gestes  qui,  somme  toute, 
réside  dans  la  véritable  leçon  de  maintien  et  de  tknse. 

Je  ne  saurais  trop  recommander,  principalement  aux 
danseurs,  aux  tragédiens  et  aux  comiques,  les  fines  et 
délicates  figurines  de  l'ouvrage  d'Engel  publié  à  Paris, 
an  III  de  la  République,  et  traduit  de  l'allemand  sous  le 
titre  de  :  Idées  sur  le  geste  et  l'action  théâtrale.  Texte 
et  gravures  méritent  la  plus  grande  attention;  toutes  les 
émotions,  toutes  les  passions,  les  sentiments,  les  alti- 
tudes les  plus  variées  de  la  vie  sociale  y  sont  étudiés  et 
peints  avec  un  art  infini,  un  soin  des  plus  méticuleux. 
Regrettons  [la  rareté  de  ce  premier  ouvrage  (voir  la 
Bibliographie  de  la  danse). 

GIBRALTAR  (LA).  Nom  d'une  contredanse  usitée 
quelquefois  au  commencement  du  xix'  siècle;  elle  n'a 
eu  que  peu  de  succès  et  le  nom  seul  nous  en  est  resté. 

GIGUE  (LA).  Bien  qu'on  prête  généralement  à  celte 
danse  une  origine  anglaise,  je  reste  dans  le  doute,  car 
Feuillet,  dont  l'autorité  est  indiscutable  et  dont  les 
textes  font  foi,  en  écrit  la  musique  et  la  chorégraphie 
en  1710  dans  son  Traité.  Musique  et  danse  de  ce  temps 
n'ont  aucun  rapport  avec  la  gigue  anglaise  dansée  par 
les  matelots.  La  seule  analogie  qu'on  pourrait  rencon- 
trer serait  que  la  gigue  de  Feuillet  est  chorégraphiée 
pour  un  seul  danseur:  toutefois  la  gigue  de  Roland  est 
écrite  par  le  même  auteur  pour  un  couple.  Cette  danse 


GIG  165 

était  exécutée  sur  une  mesure  en  6/4  dont  la  musique 
indique  dans  la  danse  des  pas  précipités  ;  elle  est  termi- 
née sur  un  mode  plus  lent  avec  des  pas  terre  à  terre.  Il 
est  donc,  par  suite,  facile  de  conclure  que  Tancienne 
gigue,  par  ses  derniers  pas,  ne  peut  en  quoi  que  ce  soit 
ressembler  aux  trémoussements  des  matelots  anglais. 
Celte  gigue  anglaise  n'a  jamais  eu  accès  dans  la  danse 
de  ville,  même  presque  pas  au  théâtre,  à  moins  qu'elle 
ne  fasse  les  délices  des  foires  ou  fêtes  de  village  où  elle 
est  dansée  par  des  saltimbanques.  Les  pas  dont  elle 
se  compose  prouvent  qu'elle  est  interdite  dans  les  danses 
de  société;  car  ils  ont  la  plus  grande  similitude  avec  la 
danse  de  caserne;  ils  ont  des  noms  spéciaux  et  non 
classés  dans  la  véritable  langue  chorégraphique.  Les 
noms  de  piqué,  ciseaux,  berceau,  aile  de  pigeon,  trot  de 
cheval,  etc.,  ne  se  trouvent  dans  aucun  traité  de  danse. 
Un  seul  auteur  cite  ces  pas,  mais  ce  n'est  ni  Blasis,  ni 
Noverre,ni  Feuillet,  ni  Rameau,  nos  véritables  maîtres. 
L'anglaise  est  encore  dansée  à  bord  des  navires  ou  sur 
des  places  publiques  à  Londres  et  en  Amérique  par  un 
seul  cavalier  exécutant  des  pas  bizarres  avec  les  talons, 
les  pointes  croisées  et  déplacées,  et  tenant  une  petite 
baguette  sous  son  bras  droit.  Un  air,  pour  ainsi  dire 
national,  est  adapté  à  la  danse  et  écrit  en  mesure  6/8.  La 
musique  en  est  écrite  d'une  façon  toute  spéciale  et  parfai- 
tement caractérisée.  Depuis  quelques  années  on  a  donné 
à  Paris,  fort  improprement,  soit  dit  en  passant,  le  nom 
de  gigue  à  une  danse  essentiellement  anglaise  dont  on 
aurait  dû  conserver  le  véritable  titre  de  Sir  Roger  de 
Coverley.  Cette  danse  diffère  en  tous  points  de  la  gigue, 
car  elle  est  dansée  par  un  nombre  de  couples  indéter- 
miné, tandis  que  la  gigue  est  dansée  par  un  cavalier 
seul.  Sir  Roger  de  Coverley  rappelle  les  anciens  branles 
dits  branles  d'Ecosse.  On  trouvera  la  tliéorie  de  la 
danse  au  mot  Sir  Roger,  et  en  écrivant  gigue  américaine, 
au  lieu  de  Sir  Roger,  j'ai  voulu  prouver  que  je  ne  par- 
tageais  pas  l'erreur   nominale  sous  laquelle  j'ai   dû 


16«  GIG 

éditer  la  danse;  l'usage  fait  loi  et  tout  le  monde  rem- 
plaçant les  quatre  mots  traditionnels  par  un  seul,  j'ai 
subi  la  loi  et  publié  sous  le  nom  de  gigue  américaine 
ce  que  j'aurais  dû  appeler  Sir  Roger  de  Corerley. 

GIGUE  DE  COVERLEY.  L'éditeur  Borneman,  n"  2, 
rue  de  l'Abbaye,  a  publié,  en  1892,  une  nouvelle 
édition  de  la  gigue  anglaise,  telle  qu'on  la  danse  dans 
les  salons.  Le  texte  en  est  annoté  par  G.  Desrat,  et  la 
musique  reconstituée  par  G.  Signoret.  La  théorie  com- 
porte les  figures  suivantes  :  Les  danseurs,  quel  qu'en 
soit  le  nombre,  se  placent  sur  deux  lignes,  chaque  cava- 
lier faisant  face  à  sa  dame.  Les  figures  commencées  par 
le  premier  couple  sont  continuées  alternativement  par 
tous  les  autres  danseurs.  —  1"  figure.  Tour  de  main 
DROITE  :  Le  cavalier  ii"  1  et  la  dame  n"  5,  c'est-à-dire  le 
cavalier  et  la  dame  placés  comme  ci-dessous  : 

Cavaliers  Dames 

1  1 

2  2 

3  3 

4  4 

5  5 

s'avancent  l'un  vers  l'autre  et  tournent  en  se  donnant  la 
main  droite,  puis  reviennent  à  leurs  places.  Le  cavalier 
n°  5  et  la  dame  n"  1  exécutent  ce  même  tour  de  main. 
'—  2'  figure.  Tour  de  main  gauche  :  Les  mêmes  dan- 
seurs recommencent  le  tour  de  main,  en  se  tenant 
par  la  main  gauche.  —  3"=  figure.  Tour  des  deux  mains  : 
Les  mêmes  danseurs  recommencent  une  troisième  fois 
le  tour  de  main  en  se  tenant  par  les  deux  mains.  — 
4'  figure.  Le  dos  a  dos  :  Le  cavalier  n"  1  et  la  dame  n"  5 
s'avancent  et  tournent  l'un  derrière  l'autre  en  croisant 
les  bras  devant  eux;  ils  reculent  à  leurs  places.  Dito 
pour  le  cavalier  n"  5  et  la  dame  n°i.  —  5'  figure.  Le 
SALUT  :  Les  mêmes  danseurs  avancent,  se  saluent  réci- 


GLI  167 

proquement  et  reviennent  à  leurs  places.  —  6°  figure. 
Le  défilé  :  Le  cavalier  n"  J,  suivi  de  tous  les  autres, 
tourne  sur  sa  gauche  et  vient  prendre  la  place  du  cava- 
lier n"  5.  La  dame  n°  1,  suivie  des  autres  dames,  exé- 
cute le  même  mouvement  sur  sa  droite.  Le  premier 
couple  devient  alors  le  dernier,  le  second  le  premier,  et 
ainsi  de  suite.  —  1"  figure.  L'arche  :  Le  cavalier  n"  1  et 
sa  dame  se  tiennent  par  les  deux  mains  et  les  élèvent, 
et  les  autres  couples  passent  dessous  leurs  bras.  — 
8*^  figure.  La  chaîne  continue  :  Le  cavalier  n"  1  tourne 
avec  sa  dame  par  la  main  droite,  et  avec  toutes  les  autres 
alternativement  par  la  main  gauche.  Après  avoir  tourné 
avec  une  dame,  il  revient  tourner  avec  la  sienne.  La 
dame  exécute  le  même  mouvement  avec  les  cavaliers 
par  la  main  gauche,  revenant  également  tourner  avec 
son  cavalier.  Les  autres  couples  continuent  la  figure. 

GINGRA.  Nom  d'une  ancienne  danse  funèbre  des 
Grecs;  selon  Athénée,  on  l'appelait  ainsi  d'après  le  nom 
de  l'instrument  servant  à  l'accompagner.  Cet  instrument 
représentait  une  flûte  en  bois. 

GLISSADE.  Pas  de  danse  aussi  souvent  usité  à  la 
ville  qu'au  théâtre  ;  il  est  fait  en  avant,  en  arrière  et  de 
côté.  Placé  à  la  cinquième  position,  le  pied  droit  devant, 
pliez  les  genoux,  sautez  sur  les  deux  pieds  en  glissant  le 
pied  droit  à  droite  à  la  deuxième  position,  pendant  que 
le  pied  gauche  vient  rapidement  se  croiser  en  troisième 
position  devant  ou  derrière,  selon  que  la  glissade  est 
faite  devant  ou  derrière.  Pour  la  glissade  en  avant,  on 
glisse  le  pied  à  la  quatrième  position  en  avant,  et  pour 
celle  en  arrière  à  la  quatrième  position  derrière. 

GLISSADE  COUPÉE.  On  appelle  ainsi  la  glissade 
dans  laquelle  le  pied  droit,  au  lieu  de  rester  devant,  le- 
gauche  quand  ce  pied  vient  se  croiser,  se  relève  très 
rapidement  devant  ou  derrière  la  malléole  de  la  jambe 


168  GLI 

gauche,  pour  se  croiser  ensuite  à  la  troisième  position 
en  l'air.  Compan,  dans  son  Dictionnaire,  s'étend  longue- 
ment sur  la  théorie  de  ce  pas,  théorie  assez  difficile  à 
comprendre.  Selon  lui,  la  glissade  est  un  coupé  qui  ne 
se  pratique  que  d'un  côté  et  sur  une  même  ligne.  L'er- 
reur est  facile  à  réfuter,  car  on  rencontre  ce  pas  dans 
plusieurs  danses  tournantes  qui,  par  conséquent,  sont 
composées  d'un  pas  fait  en  avant  et  d'un  autre  en  arrière. 
La  théorie  de  Compan  définit  ainsi  la  glissade  :  «  Si  vous 
voulez  faire  des  glissades  en  allant  du  côté  droit,  il  faut 
plier  sur  le  pied  gauche  pour  faire  un  demi-coupé  du 
pied  droit  en  le  portant  à  la  seconde  position;  et,  en 
vous  élevant  dessus,  vous  tirez  le  pied  gauche  du  même 
temps  derrière  jusqu'à  la  troisième  position,  en  laissant 
porter  le  poids  du  corps  dessus  pour  en  reprendre  de 
suite  une  autre  du  droit,  parce  que  l'on  en  fait  ordinai- 
rement plusieurs  de  suite  avec  le  même  pied.  »  En  effet, 
il  était  anciennement  d'usage  de  continuer  ce  pas  plu- 
sieurs fois  de  suite  avec  le  même  pied;  dans  la  diago- 
nale de  la  gavotte  et  dans  les  pas  en  arrière  des  en 
avant  deux,  ces  glissades  continues  étaient  fréquemment 
employées. 

GLISSADE  SOUTENUE.  Dans  cette  glissade,  le  pied 
glissé  se  relève  devant  l'autre  cà  la  troisième  position  en 
l'air  au  lieu  de  rester  à  terre  à  la  fin  de  la  glissade  ;  la 
pointe  du  pied  doit  être  assez  basse  en  s'élevant  pour 
qu'elle  puisse  toucher  l'autre  jambe  dans  toute  sa  partie 
inférieure,  depuis  le  cou-de-pied  jusqu'au-dessous  du 
genou. 

GLISSÉ.  Nom  d'un  temps  de  danse  consistant  à  avan- 
cer ou  reculer  en  glissant  un  pied,  pendant  que  l'autre 
s'en  rapproche  vivement;  plus,  dans  ce  pas,  la  souplesse 
des  genoux  est  grande,  plus  l'exécution  est  facile  ;  le  pas 
doit  être  fait  en  accusant  la  plus  gracieuse  simplicité, 
en  évitant  tout  effort. 


GOU  169 

(iOUT.  On  ne  saurait  s'étonner  de  trouver  ce  mot 
dans  un  dictionnaire  de  danse,  car  c'est  principalement 
au  goût  que  tout  danseur  doit  faire  appel.  Du  reste, 
Compan,  malgré  toutes  les  lacunes  dont  il  est  accusable, 
n'a  pas  oublié  de  citer  le  mot  et  de  lui  consacrer  un  de 
ses  meilleurs  articles.  «  De  tous  les  dons  de  la  nature, 
dit  encore  J.-J.  Rousseau,  le  goût  est  celui  qui  se  sent  le 
mieux  et  s'explique  le  moins  ;  il  ne  serait  pas  ce  qu'il  est,  si 
Ton  pouvait  le  définir.  Car  il  juge  des  objets  sur  lesquels 
le  jugement  n'a  plus  de  prise  et  sert,  si  j'ose  le  dire,  de 
lunettes  à  la  raison. 

«  Il  n'appartient  pas  à  tout  le  monde  d'avoir  du  goût. 
La  nature  seule  le  donne,  l'éducation  le  raffine  et  le 
perfectionne.  Toutes  les  règles  que  l'on  établirait  pour 
en  donner  seraient  inutiles.  11  est  né  avec  nous  ou  il  ne 
l'est  pas;  s'il  l'est,  il  se  manifestera  de  lui-même;  s'il 
ne  l'est  pas,  le  danseur  sera  toujours  médiocre. 

«  Le  goût  est  un  sentiment  naturel  qui  tient  à  l'âme 
et  qui  est  indépendant  de  toutes  les  sciences  que  l'on 
peut  acquérir.  Il  est  bien  vrai  qu'il  peut  se  perfectionner 
par  leur  connaissance,  maiselles  le  gâtent  aussi  quelque- 
fois; et  l'esprit,  par  le  savoir,  s'assujettit  à  de  certaines 
règles  qui  le  mènent  par  des  chemins  détournés  et  le 
conduisent  rarement  au  but.  De  tout  ceci,  il  semble  que 
le  bon  goût  n'est  autre  chose  que  la  droite  raison,  que 
l'on  distingue  sous  le  nom  de  jugement.  En  effet, 
qu'est-ce  qu'avoir  du  goût?  C'est  donner  le  véritable 
prix  aux  choses,  être  touché  des  bonnes,  être  blessé  des 
mauvaises;  n'être  pas  ébloui  par  les  faux  brillants  et, 
malgré  tout  ce  qui  peut  tromper  et  séduire,  juger  saine- 
ment. Le  goût  et  le  jugement  sont  donc  la  même  chose, 
une  même  disposition,  une  même  habitude  de  l'âme,  à 
laquelle  on  donne  différents  noms,  selon  les  différentes 
manières  qu'elle  prend  pour  agir.  On  l'appelle  goût 
quand  elle  agit  par  sentiment  et  à  la  première  impres- 
sion des  objets;  on  l'appelle  jugement,  quand  elle  agit 
par  raisonnement  et  après  avoir  examiné  les  règles  de 


170  GRA 

l'art  et  les  lumières  de  la  vérité.  De  sorte  que  l'on  peut 
dire  que  le  goût  est  le  jugement  de  la  nature  et  que  le 
jugement  est  le  goût  de  la  raison.  »  Après  une  définition 
aussi  claire  et  aussi  vraie,  je  n'ai  plus  qu'à  recomman- 
der à  tous  les  danseurs  de  s'en  pénétrer;  le  goût  est  et 
sera  toujours  estimé  à  sa  haute  valeur  dans  toutes  les 
bonnes  sociétés. 

GRACE.  La  grâce  s'entend  en  danse  comme  la  perfec- 
tion à  laquelle  doivent  arriver  tous  les  danseurs,  princi- 
palement les  femmes.  Il  est  aussi  difficile  de  définir  en 
quoi  consistent  les  études  nécessaires  à  acquérir  la 
grâce,  qu'il  est  facile  de  comprendre  ce  en  quoi  elle 
réside.  Elle  est  évidemment  le  résultat  d'exercices  mul- 
tiples, mais  encore  faut-il  consulter  les  règles  naturelles 
du  goût  et,  pour  ainsi  dire,  de  l'intelligence  de  l'élève. 
Despréaux  définit  cette  grâce  sous  trois  formes  ditïé- 
rentes  : 

Surtout  qu'en  chaque  pas  la  grâce  révérée 
Dans  vos  plus  grands  excès  soit  toujours  sacrée. 

En  premier  lieu,  la  grâce  des  formes,  qui  n'est  qu'un 
don  de  la  nature;  vient  ensuite  la  grâce  de  position 
en  attitude,  que  donnent  un  travail  et  une  attention 
auxquels  le  bon  goût  ne  cesse  de  présider.  Enfin  la  grâce 
des  mouvements,  qui  dépend  d'une  égale  souplesse 
répandue  dans  tout  le  corps,  et  qui  tient  le  milieu  entre 
la  raideur  et  la  mollesse.  Pour  guider  toutes  ces  études, 
il  faut,  ajoute  l'auteur  avec  raison,  une  âme. 

La  grâce,  cette  séduisante  parure,  est,  en  un  mot, 
un  je  ne  sais  quoi,  qui,  s'il  n'est  un  don  de  la  nature, 
peut  devenir  un  produit  de  l'art. 

GRACES  (LES).  Nom  d'une  ancienne  danse  usitée  au 
commencement  du  xix"  siècle,  mais  abandonnée  depuis. 
Un  cavalier  placé  entre  deux  dames  leur  donne  les 
mains  à  droite  et  â  gauche;  les  deux  dames  se  tiennent 


GRA  m 

par  les  mains  gauche  et  droite  devant  le  danseur.  Les 
trois  avancent  et  reculent  plusieurs  fois  de  suite  et  se 
saluent  réciproquement  sur  le  point  d'orgue  écrit  dans 
la  musique.  Le  cavalier  fait  passer  sous  son  bras  droit  et 
sur  les  pointes  la  dame  placée  à  sa  droite;  il  recom- 
mence la  même  passe  avec  la  dame  placée  à  sa  gauche; 
les  trois  danseurs  forment  un  rond,  et  terminent  en 
reculant,  le  cavalier  placé  entre  les  deux  dames.  Le 
cavalier  salue  à  droite  et  à  gauche,  et  les  deux  dames 
rendent  le  salut  par  des  révérences.  La  danse  des  grâces 
est  dérivée  de  la  danse  appelée  V allemande . 

GRAND-PÉRE  (LE).  Ancienne  ronde  usitée  non 
seulement  dans  les  bals  d'enfants,  mais  aussi  dans  les 
bals  de  noces,  même  quelquefois  dans  certaines  fêtes 
villageoises  de  province.  Nous  ne  la  rencontrons  plus 
que  très  rarement  dans  les  réunions  enfantines.  La 
ronde  est  dansée  par  un  nombre  de  couples  ad  libitum, 
placés  en  promenade  les  uns  derrière  les  autres  et  les 
cavaliers  conduisant  leurs  dames  par  la  main  droite. 
Tous  commencent  à  marcher  gravement  sur  une  mesure 
en  quatre  temps  lents.  Une  mesure  en  6/8  suit,  pour 
inviter  les  danseurs  à  accélérer  la  danse  avec  le  pas 
appelé  chassé,  pas  alterné  de  chaque  pied.  Après  huit 
mesures,  les  cavaliers  se  retournent  sur  leur  gauche  pour 
recommencer  la  promenade  avec  la  seconde  dame  placée 
derrière  la  leur;  chassé,  nouveau  changement,  et  ainsi 
de  suite,  jusqu'à  ce  que  chaque  danseur  ait  retrouvé  sa 
dame.  La  grande  marche  du  commencement  est  recom- 
mencée pour  terminer,  et  chaque  couple  salue  solen- 
nellement la  maîtresse  de  maison  donnant  la  fête. 
Quand  le  bal  est  champêtre,  les  danseurs  saluent  le 
doyen  ou  la  doyenne  d'âge  de  la  réunion. 

En  1861,  j'ai  publié  de  cette  ronde  du  Grand-Père, 
chez  Heugel,  au  Ménestrel,  une  édition  textuelle  comme 
danse  et  originale  comme  musique,  sous  le  titre  de  Bal 
d'enfants. 


17-2  GUE 

GIÎ03IEXAIÎD.  Nom  donné,  au  Japon,  au  salut  ou  à 
la  révérence;  ce  salut,  beaucoup  plus  profond  que  chez 
nous,  est  fait  en  courbant  assez  bas  le  haut  du  corps 
pour  que  le  front  touche  presque  terre. 

GRUE  (DANSE  DE  LA).  Danse  ancienne  de  la  Grèce, 
très  souvent  confondue  avec  la  candiote;  elle  avait  lieu 
dans  les  prairies,  aux  premiers  jours  de  printemps. 
Garçons  et  filles  dansaient  des  figures  très  variées,  se 
rapprochant,  s'éloignant  les  uns  des  autres,  formant  des 
rondes.  La  danse  finissait  par  une  sorte  de  farandole 
conduite  par  un  couple  se  tenant  avec  un  ruban  sous 
lequel  passaient  tous  les  danseurs.  Tous  s'enroulaient 
ensuite  autour  du  couple  et  la  dame  de  ce  couple  élevait 
le  ruban  en  signe  de  délivrance  ;  le  rond  était  déroulé  et 
tous  les  couples  prenaient  la  fuite.  La  danse  de  la  grue 
représentait  le  labyrinthe  de  Crète;  nous  en  trouvons  le 
souvenir  dans  les  figures  de  notre  cotillon  appelées  la 
passe  et  V artichaut.  Cette  danse  aurait  été  inventée  par 
Thésée.  Nous  savons  que  Thésée,  après  avoir  délivré  les 
Athéniens  du  joug  des  Cretois,  s'arrêta  à  Délos  et,  après 
un  sacrifice  fait  à  Vénus,  dansa  avec  les  jeunes  Athé- 
niennes et  Athéniens  cette  danse  de  la  grue.  Callimaque, 
dans  son  hymne  à  Délos,  cite  la  danse  de  la  grue  en 
reportant  sa  création  à  Thésée,  et  nous  induit  à  supposer 
qu  elle  fui  ainsi  appelée  parce  qu'elle  rappelle  un  trou- 
peau de  grues  volant  les  unes  derrière  les  autres,  se 
dispersant,  puis  se  réunissant  avant  de  rentrer. 

GUAilACHAS.  Danse  usitée  en  Espagne  et  exécutée  au 
son  de  la  guitare  dont  elle  tire  son  nom.  D'après  la 
vivacité  de  ses  pas  et  le  caractère  de  ses  poses,  elle 
semble  dériver  des  danses  mauresques. 

GUERRE  (DANSE  DE).  La  danse  de  guerre  est  dé- 
crite par  Cook  dans  ses  Voyages  et  il  la  donne  comme 
très    répandue    chez    les  peuplades  peu  civilisées  de 


CYM  173 

rAméri{{ue  du  Sud.  Les  danseurs  forment  un  rond  et  lea 
spectateurs  s'assoient  autour  d'eux.  La  danse,  commencéel 
par  un  homme,  est  continuée  alternativemeut  par  tous  \ 
les  autres.  Ce  danseur  semble  reproduire  à  droite  'ou  à  \ 
gauche,  tout  en  chantant,  quelque  exploit  guerrier;  ses  \ 
gestes  sont  militaires  et  énergiques;  il  donne  ensuite  de    ■ 
vigoureux  coups  de  massue  sur  un  poteau  placé  au  milieu 
du  cercle  et  est  accompagné  par  des  musiciens  frappant 
sur  des  cymbales.  Cette  danse  a  principalement  lieu 
avant    les  expéditions  guerrières  pour  enflammer  le 
courage  des  tribus. 

GUIMBARDE.  Le  Dictionnaire  de  Compan  donne  ce 
nom  à  une  danse  ancienne;  nous  ne  pouvons,  faute  de 
documents,  qu'enregistrer  son  nom.  A-t-on  appelé  de  ce 
mot  nos  mauvaises  voitures  parce  qu'elles  nous  cahotent 
en  tous  sens,  qu'elles  nous  forcent  à  sauter  malencon-  . 
treusement  sur  leurs  banquettes  mal  assujetties,  en  vou- 
lant rappeler  une  danse  désordonnée?  Peut-être;  si  la 
chose  n'est  pas  authentique,  elle  pourrait  être  vraisem- 
blable. 

GYMXOPÉDIE.  Danse  ancienne  consacrée  chez  les 
Grecs  à  Bacchus.  Athénée  en  a  laissé  la  description  en  la 
racontant  exécutée  par  de  jeunes  garçons  nous  représen- 
tant un  combat  entre  eux  ;  il  en  trouve  les  gestes  gracieux 
et  agréables  tout  en  étant  vigoureux.  La  gymnopédie 
était  également  usitée  en  Laconie  et  même  fort  en 
honneur  en  ce  pays.  Un  chœur  d'adolescents,  accom- 
pagné d'un  second  chœur  d'hommes  plus  âgés,  dansait 
et  chantait  en  même  temps  des  vers  de  Thaclète,  ou  les 
péans  du  Lacédémonien  Dyonisodote.  Les  coryphées 
portaient  des  couronnes  de  palmier  en  mémoire  de  îa 
victoire  gagnée  à  Thyrée.  Célébrée  sur  les  places 
publiques,  cette  danse  donnait  lieu  aux  plus  patriotiques 
hymnes  composés  en  l'honneur  d'Apollon. 

Amyot,  dans  sa  traduction  de  Plutarque,  fait  mention 


174  HAI 

de  la  gymnopédie   et  en   parle   comme    consacrée    à 
Saturne  et  à  Apollon  pour  la  poésie,  et  à  Bacchus  pour 
la  danse.  Suivant  lui,  tout  le  monde  y  prenait  part. 
Les  vieillards  la  commençaient  en  chantant: 

Nous  avons  été  jadis 
Jeunes,  vaillants,  hardis. 

Les  hommes  faits  suivaieait  en  s'accompagnant  des 
paroles: 

Nous  le  sommes  maintenant 
A  l'épreuve  à  tout  venant. 

Enfin  les  enfants  fermaient  la  marche  parées  mots: 

Et  nous  un  jour  le  serons 
Qui  bien  vous  surpasserons. 

D'où  vient  que  cette  danse  si  goûtée  des  Grecs  fut 
délaissée  des  Romains  qui  en]  empruntèrent  tant  aux 
Grecs? 


H 


HAIVA  OU  IIEIVA.  Danse  des  Tailiens  dans  laquelle 
hommes  et  femmes  figurent  les  uns  après  les  autres.  Les 
femmes  brillent  par  leur  grâce  et  le  luxe  de  leurs  cos- 
tumes ;  leurs  abondantes  chevelures  tressées  en  longues 
nattes  sont  heureusement  et  artistement  disposées 
sur  leurs  têtes  ;  les  bras  et  le  cou  sont  nus;  les  seins 
sont  ornés  de  coquilles  ou  de  touffes  de  plumes,  et  leur 
corps  recouvert  d'une  robe  blanche  garnie  de  bordures 
aux  couleurs  étincelantes.  Les  mouvements  de  la  haiva 
sont  lents,  mesurés  et  précis  ;  bras  et  jambes  observent 
rigidement  la  mesure  des  tams  ou  flûtes.  Ces  danses  ont 
lieu  le  plus  souvent  dans  d'élégantes  maisons  affectées  à 


HED  175 

ce  plaisir;  un  vaste  toit,  soutenu  par  des  piliers  de  bois 
qu'entoure  une  palissade  ornée  de  tapisseries,  s'élève 
au-dessus  d'une  s^rande  salle  recouverte  de  nattes  sur 
lesquelles  s'assoient  les  spectateurs  ;  le  centre  est  réservé 
à  la  danse.  Au  milieu  se  tient  le  patan,  ou  maître  de 
ballet,  qui  indique  les  différentes  figures  de  la  danse, 
prolongée  très  souvent  fort  avant  dans  la  nuit.  On  peut 
lire  dans  le  tome  II,  page  388,  de  VOcéanie  par  Rienzi 
(édition  Didot,  Univers  pittoresque)  la  description 
entière  de  cette  fête  dansante.  Elle  est  une  sorte  de 
drame  mimique  accompagné  de  chant  et  de  danse,  qui 
descend  parfois  jusqu'à  l'obscénité  quand  la  troupe  de 
femmes  entre  en  scène. 

IIÉA.  Nom  d'une  danse  océanienne  très  répandue  à 
Tonga  et  presque  savante;  elle  est  réservée  aux  chefs  de 
tribus  et  hérissée  de  difficultés  tant  à  cause  des  gestes 
qu'en  raison  des  chants  qui  l'accompagnent.  Le  chœur 
est  formé  par  dix  ou  douze  chefs  au  milieu  desquels 
s'assoit  un  homme  chargé  de  battre  la  mesure  sur  une 
planche  d'environ  30  centimètres  de  longueur;  il  marque 
les  temps  avec  de  petits  bâtons.  Ce  batteur  de  mesure, 
en  accélérant  le  rythme  autant  qu'il  le  peut,  doit  arriver 
à  entraîner  les  danseurs  dans  un  mouvement  presque 
vertigineux.  A  la  fin  de  la  danse,  ce  n'est  plus  qu'une 
course  folâtre.  Les  danseurs,  hommes  seuls,  font 
ensemble  autour  du  chœur  plusieurs  tours  qu'ils  inter- 
rompent de  temps  à  autre  par  des  attitudes  et  des  poses 
gracieuses.  Suivant  les  Océaniens,  cette  danse  est  con- 
forme à  la  dignité  des  gens  de  bonne  société  et  tout  chef 
de  tribu  doit  la  savoir.  Une  acclamation  générale  et  des 
sonores  trépignements  terminent  la  héa. 

HÉDIO\.  Ancienne  danse  lascive  des  Grecs  dont  le 
nom  seul  indique  l'esprit  de  volupté;  Pollux  en  parle 
comme  accompagnée  de  paroles  licencieuses. 


176  HIS 

HERMÈS,  Suivant  Lucien,  l'iiermès  était  une  danse 
consacrée  h  Mercure,  exécutée  par  un  pantomime  devant 
représenter  les  hautes  actions  du  dieu. 

IIERMITES  (BRANLE  DES).  Danse  du  moyen  âge 
classée  parmi  les  danses  hautes  ou  sautées.  Les  danseurs 
se  plaçaient  en  monôme  les  uns  derrière  les  autres  et 
suivaient  les  mouvements  indiqués  par  le  cavalier  placé 
à  la  tête  de  la  file. 

HIGHLANDERS  (QUADRILLE  OU  PAS  DES).    On  a 

donné  cenomà  quelques  figures  de  quadrille  récemment 
introduites  dans  les  bals  costumés:  les  danseurs  prennent 
le  costume  des  Highlandersetrèglent  ensemble  quelques 
pns  empruntés  aux  danses  anglaises  et  écossaises.  Celte 
danse  a  eu  un  grand  succès  en  1883  (février)  dans  un  bal 
donné  par  M'"^  la  comtesse  de  Montigny.  Les  journaux  de 
l'époque  n'ayant  donné  aucun  détail,  il  est  impossible 
de  citer  le  nom  de  l'auteur  de  la  composition. 

HILARIA.  Fêtes  dansées  en  l'honneur  du  dieu  Pan  ; 
elles  avaient  lieu  aux  calendes  d'avril.  Pleines  d'entrain, 
de  gaieté  et  d'allégresse,  comme  l'indique  leur  nom, 
elles  attiraient  une  foule  considérable.  Le  nom  d'hila- 
rodes  était  souvent  donné  aux  pantomimes  et  aux  dan- 
seurs renommés  dans  ces  fêtes. 

HILARODES.  Danseurs  dont  le  costume  consistait  en 
une  longue  tunique  blanche;  ils  portaient  sur  la  tête  de 
riches  couronnes  d'or;  une  simple  semelle  fixée  aux 
pieds  par  des  cordons  leur  tenait  lieu  de  chaussures. 

HISTRIONS.  Ce  mot,  tiré  du  toscan  hister,  qualifiait 
les  acteurs  dansants  venus  à  Rome  pour  inaugurer  les 
jeux  scéniques.  Ils  chantaient  des  vers  ou  simplement  les 
récitaient  en  accompagnant  les  paroles  de  gestes  en 
rapport.  Souvent  ils  récitaient  des  dialogues  et,  à  en 


HON  177 

croire  Tile-Live,  on  voyait  souvent  à  Rome  deux  histrions 
ensemble  dont  l'un  chantait  et  l'autre  dansait. 

HOLITBIEC.  Terme  de  danse  employé  dans  la  théorie 
de  la  mazurka  russe  et  polonaise  pour  qualifier  le  tour 
sur  place  précédant  ou  terminant  les  figures.  Après  ou 
avant  chaque  figure,  le  cavalier  prend  de  son  bras  droit 
la  taille  de  sa  dame  et  tourne  sur  place  avec  elle;  il 
change  rapidement  de  bras  en  faisant  passer  sa  dame 
devant  lui  et  tourne  en  arrière  par  le  pied  droit.  Les  pas 
de  l'holubiec  se  composent  des  mouvements  suivants 
exécutés  par  le  pied  gauche  pour  le  cavalier  et  le  droit 
pour  la  dame  aux  premiers  temps  et  inversement  de 
l'autre  pied  pour  les  seconds,  c'est-à-dire  quand  le 
cavalier  a  changé  sa  dame  de  bras  pour  tourner  en 
arrière.  Sur  une  mesure  en  trois  temps:  1"  temps,  élever 
le  pied  droit  à  la  quatrième  position  en  l'air  et  le  laisser 
retomber  à  la  troisième  position  derrière  le  pied  gauche; 
2"  temps  :  rester  plié  sur  les  deux  genoux;  3"  temps  : 
relever  le  pied  droit  et  étendre  la  jambe  en  la  maintenant 
tendue.  On  recommence  le  pas  avec  le  même  pied  qu'on 
fait  retomber  à  la  troisième  position  devant.  On  voit 
fréquemment  les  Russes  faire  cet  holubiec  en  se  tenant 
avec  la  dame  par  les  mains  croisées  derrière  le  dos  au 
lieu  de  se  tenir  à  la  taille;  on  change  aussi  de  direction 
en  quittant  et  se  reprenant  les  mains. 

HOi\GROIS  ET  HUSSARDS  (QUADRILLE  DES).  Ce 
quadrille,  ou  plutôt  cette  figure  de  quadrille,  se  compose 
d'une  marche  ou  polonaise  (voir  ce  mot),  dans  laquelle 
les  danseurs  revêtent  les  costumes  de  Hongrois  ou  de 
hussards.  Si,  ainsi  costumés,  les  danseurs  exécutent  notre 
quadrille  français,  ils  ajoutent  quelques  coups  de  talon 
frappés  en  mesure,  afin  de  rendre  à  la  danse  un  caractère 
plus  original.  Ce  quadrille  a  été  inauguré  pour  la 
première  fois  le  21  février  1883  chez  la  comtesse  de 
Montigny;  depuis,  il  est  resté  oublié;  il  ne  pourrait,  du 


178  HON 

reste,  être  dansé  que  dans  des  bals  costumés,  car  le 
costume  résume  la  danse. 

HOXGUOISE  (LA).  Danse  nationale  de  Hongrie  exé- 
cutée sur  un  air  spécial  et  qui  est  entrée  en  France  vers 
1800  comme  complément  de  la  gavotte.  Musique  et 
danse  sont  calquées  l'une  sur  l'autre,  les  notes  mêmes 
rappellent  chaque  temps  et  chaque  mouvement  des  pas. 
Les  nationaux  la  dansent  toujours  avec  leurs  gracieuses 
bottes  hongroises  éperonnées;  leurs  éperons  ne  portent 
que  des  molettes  rondes,  non  dentelées,  afin  de  ménager 
les  traînes  de  robes.  La  théorie  est  la  même  pour  le 
cavalier  et  pour  la  dame.  Deux  ballonnés  (voir  ce  mol) 
devant  ou  de  côté  et  trois  petits  temps  courus  sur  les 
pointes  et  légèremenl  sautés.  Dans  les  poursuites  du 
cavalier  vers  sa  dame  ou  réciproquement  de  la  dame  vers 
son  cavalier,  les  ballonnés  sont  faits  en  avant  ou  en 
arrière  suivant  la  direction. 

Figures  de  la  hongroise.  Promenade  :  Le  cavalier 
conduit  sa  dame  par  la  main  droite  et  tous  deux  font 
une  promenade  sur  un  nombre  de  mesures  ad  libitum 
autour  du  salon. —  La  valse  :  Le  cavalier  se  place  devant 
sa  dame  et  se  tient  avec  elle  par  les  deux  mains;  ils 
tournent  en  exécutant  le  pas  de  la  hongroise  alternative- 
ment de  chaque  pied.  Le  balancé  :  Les  deux  danseurs 
se  quittent  les  mains  et  font  le  pas  vis-à-vis  l'un  de 
l'autre  en  avançant,  en  reculant  et  sur  place.  —  La  pour- 
suite :  Le  cavalier  s'avance  vers  sa  dame  pendant  qu'elle 
recule  en  suivant  le  tour  du  salon  ;  après  quelques 
mesures,  le  cavalier  recule  et  sa  dame  s'avance,  toujours 
avec  les  mêmes  pas.  —  Valse  finale  :  Le  cavalier  et  la 
dame  croisent  les  mains  devant  eux  et  tournent 
ensemble  comme  s'ils  valsaient. 

La  musique  de  la  hongroise  est  en  2/4,  fortement 
accentuée,  même  un  peu  saccadée  et  est  tellement 
appropriée  à  la  danse  qu'elle  ne  saurait  être  exécutée 
sur  un  air  autre  que  le  texte  original. 


HOR  179 

HOPLOMACHIE.  Les  Grecs  donnaient  ce  nom  à  une 
sorte  de  danse  pyrrhique,  dansée  avec  bouclier.  De  là 
son  étymologie. 

HORAI.  Les  Grecs  symbolisaient  dans  cette  danse  la 
fête  des  saisons.  D'après  Xénophon,  on  voyait  au  com- 
mencement de  l'automne  la  jeunesse  grecque, couronnée 
de  pourpre  et  de  lierre,  former  des  promenades  avec 
pas  cadencés  au  son  des  fifres  et  des  tambours  ;  gestes  et 
chants  trahissaient  la  plus  vive  allégresse.  Au  retour  du 
printemps,  dans  l'Attique  entière,  les  adolescents  et  les 
vierges  ornés  de  couronnes  de  chêne  et  de  roses  sur  la 
tête,  les  femmes  légèrement  vêtues  et  les  seins  ornés 
de  fleurs,  tous  couraient  dans  les  bois  en  formant  des 
danses  pastorales.  Ils  peignaient  l'innocence  des  premiers 
temps  par  des  pas  simples  et  modestes,  tout  en  cherchant 
à  représenter  les  délices  de  l'âge  d'or  qu'ils  voulaient 
faire  renaître.  Dans  le  temps  de  la  moisson,  de  nou- 
velles fêtes  rappelaient  l'heureuse  et  abondante  récolte. 
Quand  l'hiver  revenait,  la  danse  des  festins  réunissait  les 
familles  dans  leur  intérieur. 

HORMOS.  Cette  danse  a  été  souvent  confondue  avec 
la  knossia  (voir  ce  mot)  dont  parle  Sophocle.  Les 
Romains  empruntèrent  cette  danse  aux  Grecs  et  y  intro- 
duisirent de  telles  modifications  que  de  modeste  et 
décente  ils  lui  donnèrent,  sous  un  prétexte  belliqueux, 
un  caractère  presque  inconvenant  ;  les  femmes  en  furent 
exclues.  Il  y  eut  néanmoins  certaines  occasions  dans 
lesquelles  les  femmes  romaines  purent,  sans  danger 
pour  leur  situation,  s'y  livrera  leur  aise.  Athénée  ne 
parle  de  cette  danse  qu'au  point  de  vue  guerrier  et  reste 
sobre  dans  ses  détails. 

L'hormos  fut  instituée  par  Lycurgue  et  destinée,  par 
lui,  à  peindre  la  plus  grande  dignité  jointe  à  la  plus 
rigide  tenue.  Toute  la  jeunesse  se  réunissait  et  se  pro- 
menait dans  les  rues  sans  autre  vêtement  ou  ornement 


180  HOR 

que  leur  ardent  amour  de  la  vertu,  symbole  de  la  pureté 
et  de  la  décence.  Le  plus  beau  d'entre  tous  conduisait 
la  danse  de  la  voix  et  du  geste,  danse  consistant  en  une 
sorte  de  promenade  avec  rondes  et  voltes  sur  un  rythme 
accéléré  et  bruyant.  De  leur  côté,  les  jeunes  vierges 
Spartiates,  également  nues,  suivaient  sur  un  mode  plus 
lent  et  avec  des  pas  en  rapport  avec  la  langueur  d'un 
rythme  spécial.  A  certains  moments  indiqués  d'avance 
dans  la  danse  et  dans  la  musique,  les  jeunes  gens  se 
retournaient  pour  se  mêler  aux  jeunes  filles  et  se  livrer 
à  de  gracieux  enlacements  de  bras.  Chacune  alors  riva- 
lisait de  talent  et  de  grâce. 

L'hormos  a  été  classée  parmi  les  danses  particulières 
et  Lucien  lui  donne  le  nom  de  danse  du  collier.  «  L'hor- 
mos, dit-il,  est  une  sorte  de  ballet  commun  aux  jeunes 
gens  et  aux  filles,  qui  dansent  un  par  un  en  se  tenant  de 
manière  à  dessiner  un  collier.  Le  cercle  commence  par 
un  garçon  qui  saute  en  jeune  homme,  et  comme  il  devra 
le  faire  plus  tard  à  la  guerre.  Puis  vient  une  jeune  fille 
qui  fait  des  pas  modestes  et  qui  montre  comment  les 
femmes  doivent  danser,  de  sorte  que  l'on  peut  dire  que 
le  collier  représente  l'union  de  la  force  et  de  la 
modestie.  » 

HORNE-PIPE.  Nom  d'une  danse  anglaise  encore 
usitée  dans  les  salons  et,  même,  parfois  dans  les  bals 
officiels  d'Angleterre.  Les  pas  offrent  une  grande  simi- 
litude avec  ceux  de  l'anglaise  et  les  figures  rappellent 
celles  de  la  danse  Sir  Roger  de  Coverley  (voir  ce  mot). 
L'horne-pipe  doit  être  dansée  sur  un  air  spécial  et 
approprié  à  tous  les  pas  ;  son  mouvement  est  en  6/8 
moderato  ;  il  est  un  peu  plus  précipité  chez  les  Écossais 
dont  la  danse  d'horne-pipe  fut  longtemps  la  danse 
nationale.  Les  pas  consistent  en  glissés,  emboîtés,  temps 
de  talon,  temps  de  pointe  et  déplacements  des  deux 
pieds  à  la  fois  en  faisant  passer,  sur  place,  un  talon 
ou  une  pointe  l'un  devant  l'autre. 


HYM  181 

HOrRAS.  On  appelle  ainsi  les  danses  des  habitants 
de  l'île  d'Haouaï  en  Océanie,  danses  très  répandues  chez 
les  indigènes.  Elles  représentent  des  jeux  scéniquesavec 
pantomimes  figurées  par  des  femmes  conduites  sous  la 
direction  de  chefs  de  tribus  accompagnés  de  musiciens. 
Les  missionnaires  et  les  explorateurs  nous  ont  transmis 
la  description  de  ces  fêtes  qui  ont  paru  attirer  leur 
attention.  Des  poses  moelleuses,  gracieuses  précèdent 
des  petits  pas  serrés  et  rapides;  il  arrive  même  parfois 
que  le  spectateur  peut  à  peine  suivre  de  l'œil  le  mouve- 
ment de  la  danse.  Le  meilleur  danseur  est  celui  qui 
parvient  à  résister  le  dernier  et  à  rester  seul  en  mouve- 
ment. Cook  parle  d'un  de  ces  danseurs  portant  un  collier 
d'algues  autour  du  cou  et  des  bracelets  garnis  de  dents 
de  chien  aux  poignets  et  aux  jambes.  De  sa  main  droite 
il  tenait  une  grande  calebasse  renfermant  des  cailloux, 
de  la  gauche  il  frappait  dessus  avec  un  bâton,  en 
exécutant  des  pas  grotesques  semblables  à  ceux  des 
bouffons  italiens.  Quelquefois  on  en  voyait  un  autre 
s'agiter  seul  en  s'accompagnant  sur  sa  calebasse 
pour  chanter  les  versets  du  pays.  Le  voyageur  Ellis 
assista  à  une  de  ces  houras  dont  les  acteurs  étaient  deux 
enfants  de  neuf  à  dix  ans,  qui,  accompagnés  par  cinq 
musiciens,  frappaient  sur  leurs  tam-tams  en  faisant  des 
passes  très  variées  sous  les  bras  et  en  chantant  les 
louanges  des  guerriers  d'Haouaï.  Cette  danse  est  loin 
d'être  la  seule  en  usage  chez  ces  peuplades  océaniennes; 
le  célèbre  navigateur  Vancouver  en  cite  beaucoup  d'autres 
dans  le  récit  de  ses  voyages  ;  toutes  présentent  un  carac- 
tère belliqueux. 

HYDROPHORIES.  Nom  donné  chez  les  Grecs  aux 
fêtes  dansées  dites  fêtes  du  Déluge  ;  ces  danses  étaient 
sacrées. 

HYMEi\  (DANSE  DE).  Cette  danse  était,  chez  les 
Grecs,  consacrée  aux  fêtes  matrimoniales  et  jouait  un 


182  HYM 

rôle  très  important  dans  ces  cérémonies.  On  en  trouve 
la  description  très  habilement  retracée  dans  le  tome  VI, 
p.  268  et  suivantes  du  Voyage  du  jeune  Anacharsis  en 
Grèce,  édition  in-S",  de  Bure,  1790.  Après  le  chant  de 
l'hymen  consacré,  les  danseuses,  vêtues  de  robes  légères 
et  couronnées  de  myrthe,  entrent  dans  la  maison  en  fête 
et  peignent  par  des  mouvements  variés  les  transports  de 
joie,  les  langueurs  et  l'ivresse  la  plus  douce  des  pas- 
sions. Selon  Homère,  cette  danse  aurait  été  gravée  sur 
le  bouclier  d'Achille;  on  la  retrouve  chaque  année  aux 
fêtes  dites  Hyménées,  fêtes  instituées  en  souvenir  d'un 
trait  d'amour  héroïque.  Un  jeune  Athénien  de  grande 
famille  s'était  éperdument  épris  d'une  jeune  fille  de 
condition  inférieure  à  la  sienne,  et  par  conséquent  ne 
pouvait  s'unir  à  elle.  Longtemps,  il  chercha  à  dominer 
sa  passion,  quand,  ne  pouvant  en  triompher,  il  résolut 
de  devenir  un  héros  dont  l'audace  et  le  courage  annihi- 
leraient toute  difficulté.  Un  jour  que  les  jeunes  filles 
d'Athènes,  les  plus  belles  et  les  plus  illustres  entre  toutes, 
étaient  réunies  sur  les  bords  de  la  mer  pour  célébrer  la 
fête  de  Gérés,  il  donna  suite  à  son  vœu.  Malgré  la 
défense  faite  aux  hommes  de  paraître  à  ces  fêtes,  le 
jeune  Athénien,  nommé  Hymen,  revêtit  le  costume  de 
femme,  sachant  que  sa  maîtresse  faisait  partie  du  groupe 
de  danseuses.  Il  se  joint  à  elles,  et,  incognito,  se  mêle 
à  la  foule  ;  la  fête  commençait  à  peine  que  des  corsaires 
se  précipitent  sur  la  troupe  féminine  et,  mettant  fin  aux 
danses,  l'enchaînent  et  la  font  prisonnière  en  l'emmenant 
sur  leurs  bateaux.  Sans  se  trahir,  mais  avec  un  dessein 
de  vengeance  bien  arrêté.  Hymen  se  laisse  emmener 
avec  les  captives,  et,  au  milieu  de  la  nuit,  pendant 
l'orgie  des  corsaires,  il  donne  le  signal  de  la  rébellion. 
Grâce  à  son  impétuosité  et  au  courage  intrépide  de  ses 
compagnes,  les  corsaires  sont  massacrés.  Comment  fuir, 
comment  gagner  le  large  pour  retourner  à  Athènes  ? 
Sans  encore  trahir  son  sexe,  Hymen  s'offre  de  partir 
seul  pour  Athènes  et  de  revenir  avec  des  secours  à  la 


HYP  183 

délivrance  des  prisonnières.  Quelques  planches,  quelques 
lambeaux  d'étoffes  et  quelques  cordages  lui  suffisent  à 
installer  un  radeau,  sur  lequel  il  installe  la  troupe 
d'Athéniennes,  et  à  laconduire  en  lieu  sûr  à  l'abri  de  toute 
nouvelle  attaque.  Seul,  il  part  et  rapidement  gagne  la 
ville  dans  laquelle  la  fatale  nouvelle  était  déjà  répandue. 
Avant  de  se  nommer,  il  raconte  les  faits  tels  qu'il  les 
avait  vus.  Le  peuple  entier  l'acclame  et  alors,  seulement, 
il  se  nomme  et  demande  pour  toute  récompense  la  main 
de  sa  maîtresse  quand  il  rentrera  dans  Athènes  ramenant 
toute  la  troupe  de  jeunes  filles  saines  et  sauves.  Cette 
heureuse  délivrance  fut  dès  lors  consacrée  par  des  fêtes 
annuelles  portant  le  nom  du  héros  sous  celui  de  fêtes 
Hyménées. 

HYPOGÉES.  On  appelle  ainsi  les  peintures  égyp- 
tiennes représentant  des  danses  de  famille.  Toutes,  ainsi 
que  les  hiéroglyphes,  sont  très  utiles  <à  l'histoire  de  la 
danse  ancienne;  on  peut  même  voir  dans  quelques-unes 
le  maître  à  danser  entouré  d'équilibristes,  de  danseurs 
et  de  gymnasiarques. 

HYPOGÉPONES.  Danse  des  vieillards  citée  par 
Pollux,  lib.  IV,  cap.  xvi,  et  classée  parmi  les  danses  tra- 
giques. On  y  représentait  les  vieillards  courbés  sous  le 
poids  des  ans  et  appuyés  sur  des  bâtons. 

HYPORCHÈME.  Danse  tragique  des  Grecs  ;  selon  les 
uns,  militaire;  selon  d'autres,  faisant  partie  de  la 
pyrrhique  et  n'en  étant,  pour  ainsi  dire,  qu'une  des 
parties.  Athénée  en  parle  comme  consistant  en  mouve- 
ments lents  et  graves.  Les  Lacédémoniens  la  chantaient 
en  la  dansant  et  se  tenaient  par  les  mains  au  son  des 
flûtes  et  des  cithares. 


184  IMP 


lAMBIQUE.  La  danse  ïambique  faisait  partie  des 
danses  publiques  religieuses;  elle  était  consacrée  au 
culte  de  Mars  chez  les  Syracusains;  d'après  Diomède  et 
Apulée,  son  genre  aurait  été  lent  et  grave. 

IGDÉ  OU  IGDIRS.  Nom  d'une  danse  comique  des 
Grecs  dans  laquelle  l'acteur  se  couvrait  de  ridicule  en 
agitant  la  base  postérieure  de  son  corps  comme  le  pilon 
d'un  mortier.  Les  auteurs  anciens  sont  unanimes  à 
blâmer  son  inconvenance. 

I3IPÉRIAL  (QUADRILLE).  Ce  quadrille  fut  inauguré 
en  1859,  et  composé  par  la  Société  académique  des  pro- 
fesseurs de  danse  de  Paris.  Il  jouit  de  quelques  succès 
pendant  deux  saisons  d'hiver,  et  disparut  bientôt  pour 
n'être  jamais  repris,  à  moins  toutefois  que  ce  ne  soit  en 
province.  La  province,  en  effet,  comprit  mieux  que  Paris 
la  gracieuse  harmonie  et  la  distinction  marquées  dans 
toutes  les  figures  de  cette  danse. 

Le  quadrille  impérial  se  compose  de  cinq  figures 
exécutées  par  quatre  couples  dont  un  prend  le  nom  de 
couple  conducteur  ou  n"  1.  Son  vis-à-vis  est  le  couple 
n°  2,  et  les  couples  de  droite  et  de  gauche  sont  les 
n"'  3  et  4.  —  1'"  figure  :  La  nouvelle  trénitz.  Le  cava- 
lier conducteur  et  la  dame  de  vis-à-vis  avancent  et  font 
un  tour  des  deux  mains  terminé  au  centre  en  face  de  la 
dame  restée  seule  (4  mesures);  traversé  à  trois  en 
laissant  passer  l'autre  dame  entre  eux  deux,  laquelle  va 
faire  un  tour  de  main  gauche  avec  le  cavalier  de  vis-à- 
vis    pendanl    qu'eux    en    font    également   un   en    face 


i 


IMP  185 

(4  mesures).  En  avant  quatre  et  en  arrière  (4  mesures). 
Demi-chaîne  anglaise  des  dames  (4  mesures);  chassé- 
croisé  et  tour  de  main  droite  (4  mesures);  retour 
en  places  et  tour  de  main  gauche  (4  mesures).  — 
2'  figure  :  La  chaîne  continue  des  dames.  Les  couples 
1  et  2  vont  saluer  les  couples  de  droite  (4  mesures); 
après  le  salut,  les  cavaliers  présentent  la  main  gauche 
à  la  dame  de  ce  couple  de  droite,  et  chacun  avec 
les  deux  dames  traversé  vis-à-vis  à  la  place  l'un  de 
l'autre  (4  mesures).  La  chaîne  continue  au  centre 
par  les  quatre  dames,  le  premier  traversé  main  droite, 
le  second  main  gauche,  tjette  chaîne  se  termine,  les 
dames  faisant  face  aux  cavaliers  (8  mesures);  chassé- 
croisé  à  droite  et  à  gauche,  tour  de  main  (8  mesures). 
—  3^  figure  :  La  corbeille.  Le  cavalier  conducteur, 
tenant  de  sa  main  droite  la  main  gauche  de  sa  dame,  la 
conduit  au  centre  du  quadrille  en  face  de  lui,  la  salue  et 
recule  seul  à  sa  place  (4  mesures);  le  cavalier  de 
vis-à-vis,  puis  celui  de  droite  et  enfin  le  dernier  font 
successivement  la  même  figure  (12  mesures)  ;  les 
dames  tournées  dos  à  dos  se  donnant  les  mains  forment 
la  corbeille  et  exécutent  ainsi  un  tour  entier  à  droite 
(4  mesures).  Après  le  tour  de  main  terminé,  les 
cavaliers  avancent  et,  donnant  la  main  aux  dames, 
agrandissent  le  rond  (4  mesures);  balancé  sur  place 
(4  mesures);  retour  en  places  deux  par  deux  (4  me- 
sures). —  4'  figure  :  La  double  pastourelle.  En 
avant  quatre  et  en  arrière  (4  mesures)  ;  chaque 
couple  conduit  au  couple  de  droite,  le  cavalier  conduc- 
teur sa  daine,  la  dame  partenaire  son  vis-à-vis,  et  tous 
deux  reculent  seuls  à  leurs  places  (4  mesures);  en 
avant  six  et  en  arrière  deux  fois  (8  mesures).  La  dame 
et  le  cavalier  restés  seuls  vont  en  avant  et  en  arrière 
(4  mesures)  ;  second  en  avant  et  salut.  Chacun  va 
retrouver,  l'une  son  cavalier,  l'autre  sa  dame  (4  me- 
sures) ;  rond  à  quatre  (4  mesures)  ;  demi-chaîne  an- 
glaise terminée  avec  chaque  couple  à  sa  place  (4  me- 


186  IMP 

sures).  —  5^  figure  :  Le  tourbillon.  Les  dames  vont 
successivement  à  chaque  cavalier  faire  un  tour  de  main 
droite  (16  mesures).  Le  conducteur  et  la  dame  partenaire 
en  avant  et  en  arrière  (14  mesures)  ;  tour  de  main 
droite  terminé  au  centre,  le  premier  cavalier  en  face  de 
sa  dame,  et  la  dame  en  face  de  son  cavalier  (4  mesures); 
tous  les  quatre  à  droite  et  à  gauche  (4  mesures); 
tour  de  main  et  retour  en  place  (quatre  mesures). 
Coda  :  Les  dames  exécutent  une  cinquième  fois  le 
tourbillon,  puis  chaque  cavalière,  présentant  la  main 
droite  à  sa  dame,  la  place  au  centre  en  face  de  lui  ; 
salut  général. 

IMPÉRIALE  (I/).  Danse  moderne  de  salon,  dont  la 
musique  a  été  écrite  par  Maurice  Nackman  et  éditée 
chez  Heugel,  au  Ménestrel;  l'auteur  de  la  théorie  a 
gardé  l'anonyme.  L'impériale  fut  composée  quelques 
années  après  le  mariage  de  Napoléon  111.  Malgré  le  haut 
protectorat  sous  lequel  elle  parut,  on  ne  vit  aucun  salon 
lui  ouvrir  ses  portes. 

La  théorie  suivante  est  copiée  sur  l'édition  originale 
d'Heugel  et  n'a  aucun  rapport  avec  le  quadrille  impérial  ; 
elle  constitue  une  valse  et  non  une  contredanse.  — 
Théorie.  Quatre  couples  ;  mouvement  lent  et  bien  mar- 
qué. 1°  Le  cavalier  commence  du  pied  gauche  :  1"  temps 
levé,  2*  chassé,  3*  coupé,  4'  jeté  devant  l'une  et  l'autre 
jambe;  le  tout  formant  huit  temps.  2"  Rond  de  jambe  du 
pied  gauche  en  arrière  en  sautant  du  pied  droit,  assem- 
blé devant  la  jambe  droite,  répétés  trois  fois;  pour  le 
7°  et  le  8*  temps,  échappé,  glissé,  un  sisonne  derrière  du 
même  pied  et  faire  le  tour  du  salon.  Pour  tourner  dans 
le  sens  contraire,  il  faut  terminer  au  15'  et  16''  temps 
par  un  échappé,  glissé  du  pied  gauche  et  un  sisonne 
derrière  du  pied  droit  afin  de  repartir  du  pied  qui  se 
trouve  en  l'air.  La  dame  exécutera  les  mêmes  pas  en 
partant  du  pied  droit;  seulement  elle  devra  faire  le  rond 
de  jambe  et  assemblé  en  arrière. 


ION  187 

IXCOXXITE  (L').  Cette  ancienne  danse,  appelée  aussi 
l'Inconnue  à  la  redoute,  a  été  exécutée  comme  contre- 
danse dans  les  bals  vers  la  fin  du  xviii"  siècle.  Elle  fut 
composée  par  un  des  maîtres  de  danse  assez  en  vogue  à 
l'époque  pour  faire  admettre  sa  composition  dans  les  bals. 

INNOCENCE  (DANSE  DE  L').  Danse  grecque  instituée 
par  Lycurgue,  en  l'honneur  de  Diane  et  classée  parmi 
les  danses  religieuses.  Elle  était  exécutée  par  les  jeunes 
filles  assemblées  autour  des  autels  de  la  déesse.  La 
modestie,  la  simplicité  des  pas,  la  décence  jointe  à  la 
grâce  symbolisaient  la  danse.  C'est  en  parlant  d'elle 
que  Plutarque  dit  :  «  Toutes  les  .danses  des  Lacédémo- 
niens  avaient  je  ne  sais  quel  aiguillon  qui  enflammait 
le  courage  et  qui  excitait,  dans  l'àme  des  spectateurs, 
une  ardente  volonté  de  faire  quelques  nobles  actions.  » 

INTERMÈDE  BAL.  Nom  d'une  danse  moderne, 
publiée  en  1856,  sous  forme  de  quadrille,  par  la  Société 
académique  des  professeurs  de  danse  de  Paris.  La  danse 
passa  tellement  inaperçue  que  l'édition,  à  peine  com- 
mencée, disparut. 

IONIENNE  (DANSE).  On  ne  doit  point  confondre, 
malgré  la  similitude  de  nom,  cette  danse  avec  la  sui- 
vante. La  danse  ionienne  est  lente,  molle,  efféminée, 
parfois  voluptueuse.  Loin  de  la  regarder  comme  danse 
sacrée,  Athénée  la  reproduit  comme  très  libre  et  réser- 
vée, après  les  libations,  aux  fins  dîners  arrosés  de  fa- 
lerne.  Elle  se  composait  de  pas  serrés  à  peu  près  sem- 
blables aux  pas  dits  pas  de  bourré,  exécutés  plus 
lentement  que  dans  notre  théorie  moderne.  Compan 
affirme  que  l'on  voyait  encore  en  1800,  à  Smyrne  et 
dans  l'Asie  Mineure,  une  danse  ionienne  où  l'on  retrou- 
vait le  goût  lascif  des  Grecs  et  des  Romains. 

IONIQUE  (DANSE).  La  danse  ionique,  si  nous  en 


188  JAL 

croyons  Athénée  et  Pollux,  faisait  partie  des  danses 
sacrées  en  Grèce;  elle  était  principalement  cultivée  par 
les  Ioniens,  qui  l'auraient  inventée.  Dans  l'origine  les 
Siciliens  la  pratiquaient  en  l'honneur  de  Diane  et  Horace 
ne  l'a  pas  oubliée  dans  ses  vers  : 

Motus  doceri  gaiidet  ionicos 
Matura  virgo. 

ITALIQUE  (DAXSE).  Genre  de  danse  italienne  ou 
romaine  créé  par  Pylade  et  Bathylle;ils  la  déduisirent 
de  la  cordace  et  de  l'emmélie  et  en  formèrent  un  genre 
tragique  et  un  genre  comique.  Non  seulement  Pylade 
aurait  inventé  cette  création,  mais  il  en  aurait  écrit  un 
traité;  aucune  trace  n'en  existe  et  ce  n'est  que  par 
quelques  mots  trouvés  dans  des  auteurs  anciens  qu'il 
m'a  été  possible  d'avancer  cette  nouveauté  bibliogra- 
phique. 

ITHYPHALLES.  Les  Grecs  appelaient  ainsi  les  dan- 
seurs représentant  les  hommes  ivres  qui,  en  sautant, 
s'accompagnaient  de  chants  bachiques.  Ils  étaient  vêtus 
d'une  tunique  blanche  à  manches  violettes  et  portaient, 
par-dessus  cette  tunique,  une  draperie  de  laine  très 
fine  descendant  jusque  sur  les  talons.  Leurs  fronts 
étaient  ceints  d'une  couronne  de  Heurs  et  leurs  mains 
recouvertes  de  gants  d'un  travail  recherché. 


JALÉO  DE  JAREZ.  Nom  d'une  danse  espagnole  du 
genre  boléro,  dansée  avec  castagnettes  par  un  cavalier 
et  une  dame  sur  une  mesure  3/4  ou  0/8  d'un  mouve- 
ment rapide.  Le  cavalier  recherche  les  pas  les  plus 
savants  en  balançant  son  corps  sur  certaines  mesures 


! 


JAM  189 

délcrminées  dans  la  musique.  Connue  dans  toulcs  les 
danses  espagnoles,  la  mollesse  et  l'abandon  sont  un 
des  caractères  principaux. 

JALOUSE  (LA).  Nom  d'une  ancienne  contredanse 
française,  longtemps  dansée  dans  les  bals  de  la  fin  du 
xviii"  et  du  commencement  du  xïk."  siècle.  Elle  fut  com- 
posée par  Blasis  et  les  différentes  phrases  des  figures 
peuvent  justifier  son  titre. 

Elle  s'exécutait  ainsi  d'après  l'auteur:  1°  un  cavalier 
et  sa  dame  en  avant  et  en  arrière;  2°  même  figure  pour 
les  autres;  3"  deux  dames  et  deux  cavaliers  en  avant; 
4"  moulinet;  5"  la  même  danse  en  avant  et  demi-balancé, 
tour  des  deux  mains,  à  vos  places  ;  6"  un  cavalier, 
chassé  de  côté,  balancé  à  sa  dame  ;  tour  des  deux  mains 
et  la  dame,  le  rejoignant  par  un  chassé  en  avant  qu'elle 
complète  quand  elle  a  fini  de  figurer,  présente  les  deux 
mains  à  son  cavalier  et  l'enlève  à  l'autre  dame,  à  vos 
places;  7"  le  même  cavalier  répète  la  même  figure  avec 
les  trois  autres  dames;  8"  la  dame  du  dernier  cavalier, 
s'unissant  à  lui,  prend  ses  mains  et  forme  le  grand  rond  ; 
à  vos  places;  balancé,  tour  des  mains;  9°  chaîne 
anglaise;  10°  la  même  figure  pour  les  quatre  autres; 
11°  moulinet,  tout  le  monde. 

JAMBES  (OUVERTURE  DE).  Ouverture  de  jambes 
est  un  ancien  terme  usité  dans  les  leçons  pour  désigner 
le  temps  ou  pas  appelé  dégagé,  soit  à  terre,  soit  en  l'air. 
Ce  dégagé  est  fait  en  pliant  un  peu  sur  la  jambe  suppor- 
tant le  corps  et  restant  immobile,  et  avançant  ensuite 
l'autre  pied;  ce  pied  est  glissé  à  terre  sur  la  pointe  si  le 
pas  est  fait  à  terre,  et  est  élevé  si  le  dégagé  est  fait  en 
l'air.  Si  l'ouverture  de  jambes  est  faite  du  pied  gauche, 
le  corps  repose  sur  la  jambe  droite. 

Quant  à  ce  qui,  en  général,  concerne  la  tenue  des 
jambes,  tout  se  résume  en  souplesse,  dehors,  légèreté, 
grâce  et  force  depuis  la  pointe  du  pied  jusqu'à  la  hanche. 


190  JAV 

Le  mouvement  du  genou  doit  être  inséparable  de  celui 
du  cou-de-pied  et  n'en  diffère  qu'en  étant  parfaitement 
tendu  avec  la  pointe  du  pied  baissée.  Le  mouvement  de 
la  hanche  est  une  sorte  de  guide  pour  ceux  du  genou  et 
du  cou-de-pied,  car  il  est  impossible  à  ces  derniers  de  se 
mouvoir  si  la  hanche  ne  les  y  détermine.  Les  grands 
battements  cités  à  la  lettre  B  sont  les  meilleurs  exercices 
pour  l'ouverture  de  jambes  proprement  dite. 

JARRETÉ.  On  entend  par  danseur  jarreté  celui 
dont  les  hanches  sont  étroites  et  en  dedans,  les  genoux 
gros  et  en  dedans.  Ces  danseurs  ont  généralement  les 
chevilles  très  grosses  et  les  pieds  plats,  ce  qui  résume 
les  plus  grandes  difficultés  à  vaincre  pour  arriver  à  bien. 
Pour  le  danseur  de  théâtre  qui  se  présente  à  un  maître 
avec  de  semblables  inaptitudes,  c'est  à  ce  dernier  à  le 
prévenir  et  à  le  mettre  en  garde  contre  l'incertitude  du 
résultat  d'un  travail  aussi  studieux  que  possible.  Quant 
au  danseur  de  ville,  nous  savons  tous  qu'il  se  récusera  à 
l'aspect  d'une  étude  trop  longue  et  trop  fatigante,  étude 
indispensable  à  la  correction  de  ses  fâcheuses  disposi- 
tions naturelles. 

Ces  fausses  positions  des  jambes  se  trahissent  mal- 
heureusement jusque  dans  les  épaules  qu'elles  attirent 
en  avant  et  font  rentrer  la  saillie  de  la  poitrine.  Les 
femmes  sont  beaucoup  plus  que  les  hommes  disposées 
au  dedans  des  genoux  et  des  hanches,  mais  elles  peuvent 
apporter  un  remède  beaucoup  plus  facilement  qu'eux. 
Le  meilleur  des  correctifs  pour  les  cavaliers  et  pour  les 
dames  est  le  travail  prolongé  des  ronds  de  jambe  à 
terre  et  en  l'air  (voir  ce  mot)  ;  si  l'élève  ne  redoute  pas 
la  fatigue,  il  doit  faire  précéder  ses  ronds  de  jambe  de 
grands  battements  de  côté  (voir  ce  mot). 

JAVELOTS  (DANSE  DES).  Danse  militaire  des  Grecs, 
ainsi  nommée  parce  qu'ils  la  dansaient  armés  de  jave- 
lots et  simulant  les  mouvements  agressifs  et  défensifs. 


JEA  191 

Les  hommes  seuls  et  principalement  les  adolescents  la 
pratiquaient. 

JEAN  (DANSE  DE  SAINT-).  A  l'origine,  la  danse  de 
Saint-Jean  était  une  danse  religieuse  dont  nous  avons 
conservé  l'usage  dans  beaucoup  de  villages.  Il  était  et  il 
est  encore  d'usage  d'allumer  des  feux  hors  des  com- 
munes, sur  un  des  points  les  plus  élevés,  vers  le  24  juin 
de  chaque  année,  c'est-à-dire  à  la  fêle  de  saint  Jean. 
On  amoncelle  des  fagots,  le  curé  vient  faire  les  prières 
publiques  et  met  le  feu  au  bûcher.  Chantres  et  habi- 
tants psalmodient  et  les  enfants  dansent  en  rond  autour 
du  brasier,  chacun  emportant  un  tison  éteint  en  souve- 
nir de  la  fête.  Anciennement  la  danse  jouait  un  rôle 
beaucoup  plus  prépondérant,  le  peuple  entier  se  rendait 
à  l'endroit  indiqué  et  les  rondes  se  terminaient  tardive- 
ment. A  cette  époque  on  déposait  précieusement  sur  le 
manteau  des  hautes  cheminées  le  charbon  pris  dans  les 
cendres  du  bûcher. 

Compan  parle  d'une  danse  de  Saint-Jean  qui  ressem- 
blerait assez  à  celle  de  Saint-Guy  et  tirerait  son  origine 
d'une  maladie  épidémique.  Les  anciennes  chroniques 
rapportent  qu'en  1374,  la  ville  de  Metz  fut  ravagée  par 
une  maladie  contagieuse  d'une  espèce  fort  singulière. 
On  l'appela  danse  de  Saint-Jean,  Ceux  qui  en  étaient 
atteints  dansaient  tout  à  coup  avec  frénésie  et  con- 
traignaient les  autres  à  prendre  part,  malgré  eux,  à 
leurs  ébats  désordonnés  ;  on  voyait  alors  toutes  sortes  de 
gens  danser  en  tournoyant  sur  eux-mêmes.  Cette  chro- 
nique est  attribuée  à  Jean  Le  Maire  : 

Le  prêtre  en  faisant  son  service, 
Le  juge  séant  en  justice, 
Le  laboureur  en  son  labeur, 
Danseurs  sautaient,  mais  en  douleur, 
Fût-ce  en  dormant,  fût-ce  en  veillant, 
Fût-ce  le  pauvre  ou  le  vaillant, 
Ou  plus  ou  moins  à  l'aventure. 
Quand  fut  le  mal  des  créatures. 


192  JET 

Dans  la  ville  il  y  eut  dansants 

Tant  grands  que  petits  '[uiiizc  cents. 

JETÉ.  Nom  d'un  pas  de  danse  consistant  à  jeter  son 
corps  sur  un  pied  après  avoir  préalablement  élevé 
ce  pied;  pour  compléter,  on  rassemble  l'autre  pied  à 
côté  ou  devant  à  la  troisième  ou  cinquième  position.  On 
rencontre  ce  pas  dans  presque  toutes  nos  danses 
modernes,  ce  qui  s'explique  facilement,  puisqu'il  déplace 
le  corps  en  sautant  sur  une  jambe  ou  sur  l'autre.  — 
Théorie  du  jeté.  Ayant  le  pied  gaucbe  devant  et  le  corps 
posé  dessus,  plier  les  genoux  et  élever  le  pied  droit  que 
l'on  porte  en  sautant  à  la  quatrième  position  devant  sur 
la  pointe  d'abord  et  sur  le  pied  à  plat  en  second  lieu.  Ce 
pas  ne  comporte  qu'un  temps  d'une  mesure  en  2/4  ;  il  se 
fait  en  avant,  en  arrière  et  de  côté;  le  pied  est  alors 
jeté  dans  ces  directions. 

Fait  de  côté,  le  jeté  s'appelle  jeté  ouvert;  ouvert  à 
droite,  ouvert  à  gauche,  suivant  le  mouvement  dirigé 
dans  l'un  ou  l'autre  sens. 

JETÉ  PASSE.  Placé  à  la  cinquième  position,  plier 
la  jambe  gauche  en  élevant  le  pied  droit  et  jeter  ce  pied 
à  la  quatrième  position  en  avant,  pendant  que  le  pied 
gauche  passe  rapidement  en  l'air  à  la  quatrième  position 
élevée.  Ce  jeté  passé  est  fait  dans  toutes  les  directions. 

JETÉS  (GRANDS).  Dans  ces  jetés,  la  jambe  opposée  à 
celle  sur  laquelle  on  a  sauté  s'élève  tendue  à  la  qua- 
trième position  en  arrière  ou  en  avant. 

JETÉS  (GRANDS)  DÉVELOPPÉS.  La  jambe  élevée 
s'étend  horizontalement  à  la  hauteur  de  la  hanche  pour 
former  angle  droit  avec  la  jambe  supportant  le  corps.  Ce 
pas  très  brillant  produit  un  grand  elTet  dans  la  danse  de 
théâtre  et  s'emploie  très  souvent  pour  préparer  une 
attitude,  une  arabesque  ou  une  pirouette. 


KAL  193 

JETÉS  TOURNÉS.  La  jambe  faisant  le  jolé  est 
portée  en  tournant  à  droite  ou  à  gauche  on  faisant  un 
demi-tour  sur  soi-même;  ce  jeté  est  souvent  pris  comme 
premier  temps  d'une  grande  pirouette,  car  il  donne 
l'élan  nécessaire  à  la  force  de  mouvement  de  rotation 
exigée  par  la  pirouette,  le  corps  tournant  sur  lui-même 
plusieurs  fois  de  suite. 

JETÉS  BATTUS  OU  BRISÉS.  La  jambe  opposée  à 
celle  sur  laquelle  est  fait  le  jeté  vient  battre  deux  ou 
trois  fois,  devant  ou  derrière,  ou  encore  devant  et  der- 
rière sur  le  même  temps  de  la  mesure,  la  jambe  faisant 
le  jeté.  Ce  pas  produit  sur  la  scène  le  plus  brillant  effet, 
surtout  si  la  légèreté  et  la  souplesse  du  danseur  lui 
permettent  de  l'exécuter  en  ayant  le  corps  placé  horizon- 
talement dans  toute  sa  longueur.  Les  maîtres  de  danse 
des  régiments  et  bon  nombre  de  maîtres  provinciaux 
appellent  ce  pas  ailes  de  pigeon. 

JETÉ  ATTITUDE.  Quand  le  jeté  est  suivi  immédiate- 
ment, et  sur  le  premier  temps  de  la  mesure,  d'une  pose 
quelconque  dans  laquelle  le  corps  reste  immobile,  le  jeté 
prend  le  nom  de  jeté  attitude;  le  danseur  comprend 
par  ce  mot  qu'il  doit  s'immobiliser  aussitôt  le  jeté  terminé. 

JULIE  (LA).  Nom  d'une  ancienne  contredanse  fran- 
çaise peu  usitée  et  qui  n'est  pas  même  mentionnée  par 
Blasis,  ni  par  Feuillet. 


K 


KALABIS.  Nom  d'une  danse  publique  des  Grecs,  sa- 
crée çt  usitée  dans  le  temple  de  Diane;' des  chants  por- 
tant le  même  nom  accompagnaient  les  gestes  des  dan- 
seurs et  danseuses. 


l'Ji  KAL 

KALABRISMOS  ET  KALOBRISMOS.  Pollux  et  Xéno- 
phon,  dans  son  Expédition  de  Cijrus,  parlent  de  cette 
danse  comme  étant  militaire  et  particulière  aux  Thraces, 
aux  Cariens  et  aux  Paphlagoniens.  Elle  était  dansée  en 
armes  et,  d'après  Athénée,  très  simple  dans  ses  mou- 
vements. 

KALEXDA  ET  CALEXDA.  Danse  en  usage  chez  les 
Espagnols  de  l'Amérique  du  Sud.  Les  postures  et  les 
gestes  en  sont  tellement  lascifs,  dit  Gompan,  qu'ils  cho- 
quent les  yeux  les  moins  pudiques.  Au  son  du  tambour, 
deux  files,  l'une  d'hommes,  l'autre  de  femmes,  s'avancent 
vis-à-vis  l'une  de  l'autre;  elles  reculent,  se  rapprochent 
plusieurs  fois  jusqu'à  ce  qu'un  son  déterminé  par  le 
tambour  les  avertisse  de  se  joindre  ensemble.  Après 
s'être  frappé  les  cuisses  les  unes  contre  les  autres,  ils 
s'enlacent  et  l'on  croirait  les  voir  se  choquer  le  ventre 
tant  ils  se  serrent.  On  a  peine  à  croire  que  les  Améri- 
caines du  Sud  cherchent  à  donnera  cette  danse  une  idée 
religieuse  ;  il  est  pourtant  difficile  d'en  douter  après  le 
récit  qu'en  fait  le  Révérend  Père  Abat  dans  ses  Voyages. 
Après  l'avoir  décrite,  il  affirme  l'avoir  vu  danser  dans  les 
églises  et  au  milieu  des  processions.  Les  religieuses 
mêmes  la  pratiquent  très  sérieusement  pendant  les  of- 
fices de  Noël  sur  un  théâtre  élevé  dans  le  chœur  en  face 
de  la  grille  donnant  accès  à  leur  couvent.  Elles  ont, 
de  plus,  le' soin  de  laisser  la  grille  ouverte,  afin  que  le 
peuple  puisse  prendre  part  à  la  joie  qu'elles  témoignent 
pour  la  naissance  du  Sauveur.  Remarquons  que  ces  reli- 
gieuses excluent  les  hommes  de  leurs  danses. 

KALEUSTES.  Danse  guerrière  qui,  d'après  Athénée, 
empruntait  son  nom  à  un  vase  que  portaient  les  danseurs 
dans  son  exécution.  Pollux  lui  donne  le  même  sens, 
mais  ajoute  qu'elle  allait  jusqu'à  la  fureur. 

KALLIKAS.  iNom  d'un  pas  ou  d'une  danse  périlleuse 


KAÏ»  195 

exécutée  par  les  femmes  grecques  dans  les  fêtes  privées 
ou  familiales  ;  la  lascivité  était  son  principal  but. 

KALLIMAQUE.  Nom  donnée  par  les  Grecs  à  la  danse 
et  aux  chants  célébrant  Hercule  ;  on  y  représentait  sa 
victoire  sur  Cerbère,  selon  ce  que  nous  écrivent  PoUux 
et  Athénée. 

KALlTx^IET.  Nom  d'une  danse  très  répandue  chez  les 
sauvages  du  Canada,  les  Othagos  et  les  Sakis  ;  elle  est 
essentiellement  militaire,  comme  presque  toutes  les 
danses  de  ces  peuplades.  Seuls  les  guerriers  y  sont  admis 
et  simulent  les  hauts  faits  d'armes  accomplis  par  eux. 
Les  jeunes  sont  équipés  comme  s'ils  partaient  en 
guerre  ;  leur  corps  est  peint  des  couleurs  les  plus  va- 
riées, leurs  tètes  ornées  de  plumes  et  ils  tiennent  à  la 
main  des  éventails.  Chanteurs  et  danseurs  jouent  du  fifre 
et  du  tambourin  ;  l'orchestre  et  les  danseurs  sont  tour  à 
tour  acteurs  et  spectateurs  ;  ils  se  répandent  par  petits 
groupes  et  terminent  en  s'asseyant  à  terre.  Les  femmes 
apparaissent  alors  parées  de  leurs  plus  brillants  ori- 
peaux. Devant  l'orchestre,  on  dresse  un  poteau  auquel, 
à  la  fin  de  chaque  danse,  un  guerrier  vient  donner  un 
coup  de  sa  hache  d'arme.  A  ce  signal  succède  un  grand 
silence  et  ce  danseur  raconte  à  haute  voix  quelques-unes 
de  ses  prouesses;  il  retourne  à  sa  place  couvert  d'applau- 
dissements. Le  kalumet  se  prolonge  quelquefois  pendant 
deux  heures  et  ne  semble  fatiguer  ni  les  danseurs  ni 
l'assemblée;  il  est  surprenant  que  ces  danseurs  résistent 
si  facilement  à  leurs  pénibles  contorsions  et  aux  mouve- 
ments pénibles  de  leur  corps. 

KANAKE.  Suivant  Ausone,  tel  serait  le  nom  d'une 
danse  représentant  la  fable  de  Canacé  au  son  des  tam- 
bourins. Il  la  range  parmi  les  danses  théâtrales. 

KAPENÉES.  Le  même  auteur  Ausone  cite  cette  danse 


l'Jfi  KNO 

sous  le  même  vocable  et  l'on  y  voit  Canacé  frappé  de  la 
foudre. 

KAPRIA.  Danse  militaire  grecque  appelée  également 
karpéaet  karpoia;  c'était  une  sorte  de  pyrrliique  tenue  en 
haute  estime  par  Xénophon  en  raison  de  la  noblesse 
de  son  but.  Elle  était  dansée  avec  le  bouclier  et  le 
javelot. 

KASTACHOK.  Danse  nationale  de  Paissie  en  usage 
dans  l'Ukraine  ;  les  danseurs  font  des  pas  bruyants  et 
précipités,  allant  parfois  jusqu'à  la  folie  et  l'ivresse. 
Gomme  dans  les  mazurkas,  les  talons  sont  heurtés  l'un 
contre  l'autre  en  marquant  les  mesures  par  un  bruit  sec 
et  sonore;  la  kastachok  est  empreinte  de  vigueur  et 
d'énergie,  toutes  deux  belliqueuses. 

KATÉRIS.  Lucien  indique  cette  danse  comme  fami- 
lière et  privée  et  comme  étant  l'une  des  premières  con- 
nues des  Grecs;  elle  porte  quelquefois  le  nom  d'ékatéris 
et  ne  consiste  qu'en  gestes  de  bras  et  de  mains. 

KIDÉRIS.  Danse  familière,  principalement  usitée 
chez  les  Arcadiens  et  consacrée  aux  fêtes  de  famille. 

KLOPÉIA.  Danse  grecque  très  peu  connue  et  dont 
seul  Meursius  indique  le  nom  sans  autre  notice. 

KXISMOS.  Danse  grecque,  ainsi  nommée,  suivant 
Athénée,  parce  qu'elle  était  exécutée  au  son  de  la  flûte  ; 
il  la  classe  parmi  les  danses  privées. 

KXOSSIA.  Danse  religieuse  particulière  aux  Knos- 
siens.  Des  adolescents  et  des  vierges  entrelacent  leurs 
mains  et  forment  des  rondes  en  l'honneur  de  la  victoire 
de  Thésée  dans  le  labyrinthe  de  Dédale;  Thésée  passe 
pour  l'inventeur  de  cette  danse  dont  les  chaînes  repré- 


KO  M  197 

sentent  une  farandole  et  que  l'on  confond  souvent  avec 
celle  de  l'hormos. 

KOLA.  Danse  militaire  et  guerrière  appelée  aussi 
xiphisma  ou  xiphismos  ;  ce  nom  ,lui  vient  de  ce  que  les 
danseurs  tenaient  en  main  des  glaives  nus. 

KOLO  (LE).  Danse  autrichienne  dont  le  Figaro  du 
!"■  février  1883   nous  donne  la  notice  ci-dessous  : 

«  En  attendant,  M.  de  Kablay,  le  futur  Metternich,  com- 
pose des  ballets.  Frappé  des  costumes  et  des  coutumes 
pittoresques  de  ses  Bosniaques,  il  a  pensé  que  tout  cela 
ferait  bien  à  l'Opéra  et  voilà  comment  ce  ballet,  enfant 
de  la  haute  politique,  a  vu  le  jour.  On  a  surtout  applaudi 
une  danse  bosniaque  dont  tout  le  monde  raffole  àVienne. 
Le  kolo  deviendra  aussi  populaire  que  le  tchardach  des 
Madgyars.  Nos  ballerines  l'ont  appris  d'une  façon  assez 
originale.  Personne,  à  l'Opéra,  ne  connaissait  ce  pas 
oriental.  Grand  embarras  !  Heureusement  on  sesouvient 
qu'il  y  avait  un  bataillon  de  soldats  bosniaques  à  Vienne. 
Ils  portent  l'uniforme  de  l'armée  hongroise,  sauf  le  képi 
remplacé  par  le  fez.  Or  un  beau  matin,  une  compagnie  de 
ces  braves  mahométans,  au  lieu  d'être  conduite  à  l'exer- 
cice, fut  dirigée  vers  la  scène  de  l'Opéra  et  reçut  l'ordre, 
séance  tenante,  d'exécuter  devant  les  ballerines  le  kolo 
national.  Ces  dames  en  furent  émerveillées.  Tout  porte 
à  croire  que  les  pas  de  cette  danse,  pour  ainsi  dire  guer- 
rière, rappellent  ceux  usités  dans  les  czardas  et  mazur- 
kas. Ces  pas  sont  exécutés  brusquement  et  tumultueuse- 
ment par  suite  des  coups  de  talon  et  des  frappements 
de  pied  à  terre.  Le  kolo  est  dansé  au  son  de  la  guzla.  » 

KOM.\TICKÈ.  Danse  guerrière  des  Grecs  fort  peu 
connue  et  dont  Pollux  cite  le  nom  seul. 

KOMÉïICKÉ.  Danses  familières  des  Grecs  exécutées 


198  KYB 

dans  les  rues,  devant  les  maisons  et  représentant  des 
fêtes  de  village. 

KOMOS,  Danse  classée  chez  les  Grecs  parmi  les 
danses  privées  et  en  grand  honneur  dans  les  repas. 
Athénée,  Lucien,  PoUux  lui  décernent  les  plus  grands 
éloges  et  en  parlent  comme  danse  tenant  du  genre  pas- 
toral ou  champêtre. 

KONISALOS.  Danse  grecque  comique,  souvent  saty- 
rique  et  connue  comme  danse  théâtrale. 

KORDACO.  Quelques  auteurs  écrivent  ainsi  le  cor- 
daco  dont  j'ai  parlé  à  la  lettre  G  (voir  le  mot  Cordace). 

KORYBAiXTHIA  OU  CORYBANTHIA.  Nom  donné  à 
la  danse  connue  sous  le  nom  de  dactyle,  danse  des 
curetés  et  des  corybantes. 

KRÉTIKÈ.  Danse  Cretoise  appelée  par  Sophocle  épi- 
chrédios  et  orsites;  il  la  classe,  ainsi  qu'Athénée  et 
Pollux,  parmi  les  danses  dites  particulières. 

KRIXOX.  Nom  par  lequel  les  Grecs  désignaient  la 
danse  des  chœurs  dans  les  tragédies. 

KRONSTHIROX.  Danse  grecque  comique  et  satyrique 
chantée  et  dansée  sur  le  théâtre. 

KYBÈLE.  Danse  grecque  satyrique  dans  laquelle  était 
représentée  Gybèle  dans  les  bras  d'un  berger  qui  la  dé- 
daigne. 


LAN  199 


LABALETTE.  Nom  (l'une  anciene  contredanse  fran- 
çaise disparue  depuis  longtemps  ;  elle  consistait  en 
chassés  faits  en  avant  et  en  tournant  et  exécutés  par 
quatre  couples. 

LACOMENXE  (DAXSE).  Danse  privée  et  familière 
des  Grecs,  répandue  surtout  en  Laconie  dont  elle  tire 
son  nom.  Elle  était  composée  de  trois  chœurs  de  danse 
et  de  chants  i-eprésentant  le  passé,  le  présent  et  l'avenir. 

LANCIERS  (QUADIIILLE  DES).  Le  quadrille  des 
lanciers  est  d'origine  anglaise  et  fut  introduit  en  France 
vers  1868.  Dès  son  entrée  dans  les  salons,  il  captiva  l'ar- 
deur de  tous  les  danseurs  et  l'air  de  la  cinquième  figure 
devint  populaire  à  un  tel  point  que  tous  les  orgues  de 
barharie  s'en  emparèrent.  Sa  vogue  et  ses  succès  rap- 
pellent ceux  de  la  polka  ta  son  invasion  en  18-44. 

Ce  quadrille  se  compose  de  cinq  fîgures  et  est  dansé 
par  quatre  couples  placés  par  deux  sur  deux  sens  diffé- 
rents du  salon  ;  les  figures  en  sont  répétées  quatre  fois, 
tantôt  par  un  couple,  tantôt  par  un  cavalier  avec  la  dame 
de  vis-à-vis  alternativement.  Les  noms  des  figures  ne 
sont  point  les  mêmes  en  France  et  en  Angleterre,  et  je 
les  citerai  tous  deux  dans  la  théorie.  —  l""'  figure  :  Les 
TIROIRS  ou  LA  DoRSET.  Un  cavalier  et  la  dame  de  vis-à- 
vis  avancent  et  reculent;  se  donnent  les  mains  pour  faire 
un  tour  de  mains  et  reviennent  à  leurs  places.  Les  deux 
couplestraversentpour  changer  de  places  et  yreviennent; 
pendant  ce  traversé,  les  cavaliers  quittent  la  main  de 
leurs  dames  afin  que  ces  dernières  puissent  passer  au 
milieu  d'eux.  Primitivement,  dans  cette  phrase,  lecava- 


200  LAN 

lier  coinmençant  la  figure  quittait  seul  la  main  de  sa 
dame  et  le  couple  de  vis-à-vis  traversait  en  passant  entre 
lui  et  sa  dame;  l'inverse  avait  lieu  eu  revenant,  c'est-à- 
dire  que  le  premier  cavalier  ne  quittait  point  la  main  de 
sa  dame  et  passait  entre  le  second  couple.  Les  quatre 
cavaliers  se  saluent  deux  fois  avec  la  dame  placée  à  leur 
gauche,  et  font  un  tour  de  main  avec  elle,  pour  terminer, 
chaque  couple  à  sa  place.  Le  second  cavalier  recommence 
la  même  figure,  puis  après  lui  les  deux  autres.  — 
2^  figure  :  Les  liGiNES  ou  la  Lodoiska.  Le  premier 
cavalier  donnant  la  main  droite  à  sa  dame  avance  et 
recule  avec  elle,  avance  à  nouveau  et  place  sa  dame 
devant  lui  ;  salut  des  deux  danseurs  ;  ils  font  un  chassé- 
croisé  à  droite  et  à  gauche,  le  cavalier  marchant  sur  sa 
droite  derrière  sa  dame  qui,  elle,  marche  devant  lui  sur 
sa  gauche;  second  chassé-croisé  en  sens  inverse  et  tour 
des  deux  mains  pour  revenir  à  ses  places.  Les  couples 
placés  de  l'autre  côté  se  séparent  afin  de  former  deux 
lignes  de  quatre  sur  le  côté  où  la  figure  a  été  commencée  ; 
en  seséparani,  les  deux  cavaliers  donnent  la  main  gauche 
à  la  dame  placée  à  leur  gauche,  et  les  deux  dames  la 
main  droite  au  cavalier  placé  à  leur  droite.  En  avant  huit 
et  en  arrière  pour  les  deux  lignes  vis-à-vis  et  tour  de 
main  de  chaque  cavalier  avec  sa  dame  pour  retourner 
chacun  en  place.  Les  trois  autres  couples  continuent  la 
figure  alternativement.  Pour  la  troisième  etquatrième  fois 
les  deux  lignes  sont  par  conséquent  formées  sur  le  sens 
opposé  à  celui  des  deux  premières  fois,  car  la  figure  est 
reprise  en  second  lieu  par  le  couple  placé  en  face  de  celui 
qui  est  parti  premier.  — 3'  figure:  Les  moulinets  ou  la 
NATIVE.  Le  premier  cavalier  avance  avec  la  dame 
de  vis-à-vis  et  tous  deux  reculent;  ils  avancent  une 
seconde  fois  et  se  saluent  lentement;  le  cavalier  recule  à 
sa  place,  pendant  que  les  quatre  dames  se  donnent  au 
centre  les  mains  droites  pour  former  un  moulinet;  elles 
tournent  et  s'arrêtent  en  donnant  la  main  gauche  au 
cavalier  primitivement  placé  devant  elles,  tournent  avec 


LAN  201 

ce  cavalier,  puis  se  donnent  une  seconde  fois  la  main 
droite  entre  elles  et  reviennent  tourner  avec  leurs  cava- 
liers respectifs.  Les  deuxième,  troisième  et  quatrième 
cavaliers  et  dames  reprennent  l'un  après  l'autre  la  même 
figure.  — 4"  figure:  Les  visites  ou  les  grâces.  Les 
deux  premiers  couples  vont,  sur  leur  droite,  saluer  les 
deux  autres  couples;  ils  retournent  sur  leur  gauche 
pour  saluer  les  deux  couples  ;  ils  saluent  ainsi  les  couples 
une  seconde  fois,  mais  du  côté  opposé  à  celui  sur  lequel 
ils  ont  commencé.  Les  quatre  couples  font  un  cliassé- 
croisé,  les  cavaliers  sur  leur  droite  derrière  leurs  dames, 
et  elles  sur  leur  gauche  devant  leurs  cavaliers  ;  second 
chassé-croisé  en  sens  inverse  et  retour  en  places  pour  les 
deux  premiers  couples  dont  les  deux  dames  font  en- 
semble la  chaîne  des  dames.  Les  deux  premiers  couples 
recommencent  la  même  figure  en  adressant  leurs  pre- 
miers saints  aux  couples  de  gauche;  seconds  saluts  à 
droite,  chassé-croisé  deux  fois,  retour  en  places  et  chaîne 
anglaise.  Les  deux  autres  couples  rendent  les  visites  et 
saluts  en  répétant  la  ligure  deux  fois.  —  5"  figure  :  Les 
LANCIERS  ou  LA  GRANDE  CHAINE.  La  grande  chaîne  des 
lanciers  représente  deux  cercles  circonscrits  manœuvrant 
en  sens  opposé  l'un  à  l'autre  :  l'un  formé  par  les  cava- 
liers, l'autre  par  les  dames.  En  se  tenant  par  la  main 
gauche  cavaliers  et  dames  marchent  dans  une  direc- 
tion opposée  et  se  touchent  alternativement  la  main 
droite,  la  main  gauche  jusqu'à  ce  que  tous  soient  rentrés 
à  leurs  places.  Un  salut  général  interrompt  la  chaîne 
au  moment  où  chaque  cavalier  se  rencontre  avec 
sa  dame,  et  un  second  salut  général  la  termine  au 
moment  du  retour  en  places.  Promenade  :  le  premier 
couple  s'avance  et  faisant  demi-tour  se  place,  en  tour- 
nant le  dos,  à  la  tête  d'une  colonne  formée  par  les  trois 
couples  venant  se  ranger  derrière  lui  ;  chassé-croisé  des 
danseurs  à  droite  pour  les  cavaliers  derrière  leurs  dames 
et  à  gauche  pour  les  dames  devant  leurs  cavaliers. 
Balancé  :  les  danseurs  marquent  plusieurs  pas  sur  place; 

9. 


202  LAN 

second  chassé-croisé  en  sens  inverse  du  premier.  Défilé: 
les  cavtaliers,  suivant  tous  le  premier,  tournent  sur  leur 
gauche  et  défilent  jusqu'à  ce  qu'ils  soient  arrivés  à  ce  que 
le  premier  cavalier  devienne  le  dernier;  les  dames  fontle 
même  mouvement  sur  leur  droite,  les  deux  lignes  remon- 
tent ensemble,  les  dames  conduites  par  la  main  par  leurs 
cavaliers,  et  s'arrêtent  au  moment  du  retour  aux  places  où 
l'on  se  trouvait  avant  le  défilé.  En  avant  quatre  :  les  quatre 
cavaliers  et  les  quatre  dames  forment  deux  lignes  vis-à-vis, 
avancent,  reculent,  avancent  une  deuxième  fois  et  chaque 
danseur  ramène  sa  dame  à  sa  place  en  faisant  un  tour  de 
mains  avec  elle.  La  chaîne  est  recommencée  et  le  second 
couple  préside  aux  mêmes  évolutions;  chaîne,  puis  le 
troisième  reprend  la  figure;  chaîne  et  le  quatrième  ter- 
mine. 

La  chaîne  finale,  c'est-à-dire  celle  faite  quand  la  figure 
a  été  exécutée  quatre  fois,  est  souvent  remplacée  parune 
polka  et  l'orchestre  doit  continuer  à  jouer  tant  que  les 
danseurs  le  désirent. 

Chaque  figure  est  en  musique  jouée  quatre  fois,  sauf 
pour  l'exception  ci-dessus  au  sujet  de  la  cinquième. 

LANCIERS  VALSES.  Il  y  a  quelques  années  parut  à 
Dieppe  pendant  la  saison  balnéaire  un  quadrille  des 
lanciers  valsé  ;  le  succès  qu'il  eut  à  la  mer  ne  lui  suffit 
pas  pour  lui  assurer  dans  les  salons  de  Paris  une  entrée 
triomphale.  Les  figures  en  sont  pourtant  animées  et, 
disons-le,  moins  froides  et  moins  ternes  que  celles  des 
lanciers  anglais.  La  composition  est  du  professeur  Paul 
et  le  quadrille  a  été  publié  sous  le  titre  suivant  chez 
Alphonse  Leduc  :  La  musique  de  L.-G.  Desormes  et  la 
danse  de  François  Paul,  professeur  de  danse  à  Paris  et 
directeur  du  Casino  de  Dieppe. 

Théorie  de  r auteur.  Le  texte  de  l'auteur  est  le  suivant  : 
Ce  quadrille  s'exécute  par  quatre  couples  placés  en 
carré.  Un  couple  prend  le  n°  1  et  son  vis-à-vis  le  n°  3, 
celui  de  droite  n"  2  et  celui  de  gauche  n"  A.  Les  quatre 


LAN  Wi 

premières  fii^nres  s'exécutent  deux  fois,  la  cinquième 
quatre  fois.  Les  valses  intercalées  dans  ce  quadrille 
peuvent  èlre  différemment  dansées  àdeux  etàtrois  temps. 
On  peut  aussi  employer  le  boston.  Pour  danser  les  lan- 
ciers valses,  point  n'est  besoin  d'être  un  valseur  émérite, 
il  suffit  de  savoir  diriger  sa  danseuse.  —  1""  figure:  Les 
TIROIRS.  Le  cavalier  n"  1  et  la  dame  n"  ',]  qui  lui  fait  vis- 
à-vis  font  un  tour  en  se  donnant  la  main  droite  etcbacun 
revient  à  sa  place  (4  mesures  marchées);  le  cavalier 
11°  3  fait  le  même  tour  de  main  avec  la  dame  n"  1 
(4  mesures  marchées).  —  Les  tiroirs.  Le  cavalier  n"  1 
va  prendre  en  valsant  la  place  du  n"  3  qui  se  sépare  pour 
le  laisser  passer  ;  puis,  à  son  tour,  le  couple  n"  3  passe 
en  valsant  entre  le  couple  n"  1  et  chacun  retrouve  alors 
sa  place  (16  mesures).  —  Balancé  sur  les  côtés.  Chaque 
cavalier  fait  un  grand  salut  à  la  dame  placée  à  gauche; 
les  dames  répondent  par  une  révérence  (4  mesures  mar- 
chées). —  Valse  sur  place.  Chaque  cavalier  fait  avec  la 
dame  qu'il  vient  de  saluer  une  valse  balancée  sur  place 
et  chacun  finit  <à  sa  place  (8  mesures  valsées).  — - 
Même  figure  pour  les  couples  2  et  4.  —  il"  figure:  Les 
LIGNES.  En  avant  quatre;  les  cavaliers  n"'  1  et  3  tenant 
leurs  dames  par  la  main  font  en  avant  et  en  arrière, 
puis  en  avant  une  seconde  fois,  et,  après  un  grand  salut, 
ils  changent  de  dames  (8  mesures  marchées).  — 
Valse  en  rond.  Les  nouveaux  couples  ainsi  formés 
valsent  en  rond  au  milieu  du  quadrille,  puis  chaque 
cavalier  regagne  sa  place  avec  sa  nouvelle  dame  (16  me- 
sures valsées).  A  la  fin  de  cette  valse  les  couples  2 
et  4  se  séparent  et  vont  se  mettre  en  ligne  avec  les 
valseurs.  —  Les  lignes.  Les  huit  danseurs,  sur  deux 
lignes  se  faisant  face,  font  en  avant  et  en  arrière 
(4  mesures  marchées).  — ■  Valse  surplace.  Chaque  cava- 
lier va  reprendre  sa  danseuse  qui  se  trouve  devant  lui  et 
retourne  à  sa  place  en  valsant  avec  elle  (8  mesures  val- 
sées). Même  figure  pour  les  couples  2  et  4.  —  3^  figure  : 
Les  moulinets.  Les  quatre  cavaliers  font  un   tour  de 


204  LAN 

moulinet  en  se  donnant  la  main  gauche,  puis  un  demi- 
tour  de  main  droite  avec  leurs  dames  qu'ils  placent  dos 
à  dos  dans  le  milieu  du  quadrille;  saluls  et  révérences 
prolongés  (8  mesures  marchées).  —  Promenade  val- 
sée-  Les  quatre  couples  se  suivent  pour  faire,  en 
valsant  et  en  se  dirigeant  à  droite,  le  tour  du  qua- 
drille; chacun  s'arrête  lorsqu'il  a  regagné  sa  place 
(16  mesures  valsées).  Même  figure  la  seconde  fois,  mais 
ce  sont  les  dames  qui  font  le  moulinet  en  se  doimant  la 
main  droite.  Elles  font  ensuite  un  demi-tour  de  main 
gauche  avec  leurs  cavaliers  qui  se  placent  alors  dos  à  dos 
pour  les  saluts.  —  4^  figure:  Les  visites.  Chacun  des 
couples  1  et  3  va  en  visite,  d'abord  vers  le  couple  placé 
à  sa  droite,  saluts  et  révérences,  puis  se  dirigeant  à 
gauche  vers  l'autre  couple,  saluts  et  révérences  (8  me- 
sures marchées).  —  Les  ciseaux.  Les  deux  dames  de 
chaque  couple  se  donnent  la  main  droite  et  changent  de 
places,  puis  les  messieurs  en  font  autant,  et,  après  un 
moulinet  à  quatre  par  chaque  groupe,  chaque  couple 
retourne  à  sa  place  (8  mesures  marchées).  —  Valse 
croisée.  En  avant,  et  sans  se  presser,  les  couples  2  et  4 
font  un  traversé  pour  prendre  chacun  la  place  de  son 
vis-à-vis.  Ces  deux  couples  continuent  la  valse  en  balan- 
çant sur  place  pour  permettre  aux  autres  couples  d'exé- 
cuter à  leur  tour  le  même  traversé  valsé;  puis  les  quatre 
couples  se  suivent,  pour  faire,  en  valsant  et  en  se  diri- 
geant à  droite,  un  demi-tour  du  quadrille  qui  les  ramène 
à  leurs  places  (16  mesures  valsées).  Même  figure  pour 
les  couples  2  et  4.  —  5'  figure  :  La  couronne. 
Les  dames  et  cavaliers,  en  commençant  de  la  main 
gauche,  font  en  rond  la  grande  chaîne  des  lanciers 
jusqu'à  la  place  de  leur  vis-à-vis  où  chaque  cavalier  doit 
rencontrer  sa  danseuse;  saluts  et  révérences.  La  chaîne 
se  reprend  jusqu'à  ce  que  chaque  couple  ait  retrouvé  sa 
place,  nouveaux  saluts  et  révérences  (16  mesures  mar- 
chées). —  Les  traversés.  Les  couples  1  et  3  traversent 
en  valsant  et  échangent  ainsi  leurs  places;  les  couples 2 


LAS  205 

et  4  exécutent  le  même  mouvement  dès  que  les  couples  1 
et  3  ont  dépassé  le  milieu  du  quadrille  (8  mesures 
valsées).  —  Le  grand  moulinet.  Les  quatre  cavaliers 
forment  un  moulinet  en  se  donnant  la  main  gauche;  ils 
donnent  la  droite  à  leur  dame  qu'ils  accompagnent 
jusqu'à  leurs  places  (8  mesures  marchées).  —  Le  tour- 
Irillon.  Les  cavaliers  se  placent  dos  à  dos  dans  le  centre 
du  quadrille  vis-à-vis  de  la  danseuse  dont  ils  sont  éloi- 
gnés de  deux  ou  trois  pas.  Le  cavalier  n"  1  se  détache  du 
groupe,  salue  sa  danseuse  et  tous  deux  valsent  autour 
des  trois  cavaliers  pour  revenir  à  leurs  places.  Le  cavalier 
n"  2,  puis  le  cavalier  n°  3  exécutent  successivement  le 
même  mouvement.  Enfin  le  dernier  couple  valse  seul  au 
milieu  du  quadrille  et  regagne  sa  place  (32  mesures 
valsées  on  tout,  soit  8  mesures  pour  chaque  couple).  — 
En  avant  quatre.  Les  couples  1  et  3  font  en  avant  quatre, 
se  saluent  et,  pendant  qu'ils  retournent  à  leurs  places, 
les  couples  2  et  4  font  le  même  en  avant  quatre 
(4  mesures  marchées).  —  Valse  sur  place.  Les  quatre 
couples  valsent.  Même  figure  pour  les  autres  couples  en 
commençant  chaque  fois  par  la  grande  chaîne  des  lan- 
ciers. —  Théorie  de  M.  Paul.  Ce  quadrille  diffère  peu 
de  celui  des  lanciers  anglais,  sauf  quelques  figures 
empruntés  au  quadrille  américain  et  au  cotillon. 

LAPITHES  (DAASES  DES).  A  en  croire  Lucien,  la 
danse  des  Lapithes  n'était  pratiquée  que  par  les  Centaures. 
Elle  était  d'une  exécution  très  difficile  et  seulement 
propre  à  ces  monstres  moitié  hommes  et  moitié  chevaux. 
Elle  était  usitée  dans  les  festins  au  son  de  la  flûte. 
Compan  suppose  qu'elle  a  été  inventée  par  Pirithoiis  et 
^abandonnée  aux  paysans. 

XVSCIVES  (DANSES).  Chez  les  Grecs  et  surtout  chez 
les  fivijiiains,  les  danses  lascives  étaient  fort  goûtées  et 
jouaient  même  un  rôle  assez  important  dans  la  vie 
sociale,  privée  et  puhlique  ;  ajoutons  non  seulement 


20fi  LEC 

dans  le  peuple,  mais  aussi  parmi  les  classes  élevées. 
Leur  origine  remonte  aux  Bacchanales.  La  nuit  servait 
très  souvent  de  voile  à  ces  agapes  qui,  de  nos  jours, 
seraient  qualifiées  plus  sévèrement  qu'elles  ne  le  furent 
par  les  dames  romaines.  Ces  danses,  exécutées  par  des 
danseurs  de  profession  rétribués  à  cet  effet  dans  les 
festins,  attiraient  et  enhardissaient  les  convives  à  tel 
point  que  danseurs  et  festoyants  se  mêlaient  aux  mouve- 
ments aussi  licencieux  chez  les  uns  que  chez  les  autres. 
Le  nombre  des  différentes  danses  lascives  est  incalcu- 
lable, comme  du  reste  celui  de  toutes  les  autres,  grecques 
ou  romaines.  Presque  toutes  sont  citées  à  la  lettre  com- 
mençant leur  nom  dans  ce  dictionnaire. 

LEÇON  DE  DAXSE.  Au  théâtre  comme  à  la  ville,  la 
leçon  de  danse  a  subi  des  modifications  aussi  grandes 
que  préjudiciables  à  l'art.  Laissons  de  côté  la  leçon  au 
théâtre,  leçon  qui,  malgré  les  examens  annuels  passés  à 
l'Opéra,  n'existe  presque  plus  si  nous  nous  reportons  à 
ce  qu'elle  fut  au  temps  des  Saint-Léon,  des  Mérantepère 
et  fils,  de  Baucher,  de  Berthier  et  de  tant  d'autres  pro- 
fesseurs artistes  de  premier  mérite  ;  ces  maîtres  avaient 
su  conserver  les  principes  de  Pécour,  Blaisis,  Ballon, 
Noverre  et  Vestris.  Aussi  dans  quel  marasme  végètent 
actuellement  les  rôles  d'honneur  à  l'Opéra;  peu  â  peu 
nous  serons  privés  de  ce  précieux  et  si  utile  personnage 
dans  les  grands  ballets. 

Quant  â  ce  qui  concerne  la  leçon  de  danse  de  ville,  en 
deux  mots,  on  peut  le  dire  :  elle  n'existe  plus.  Sa  dispa- 
rition vient  autant  des  professeurs  que  des  élèves  ;  la 
négligence  des  premiers  principes  élémentaires  a  été 
amenée  par  les  uns  et  les  autres,  et  cette  négligence  a 
amené  elle-même  l'état  d'infériorité  des  danseurs  con- 
staté depuis  quelques  années  dans  les  salons.  De  nos 
jours,  un  jeune,  que  dis-je,  le  plus  souvent  un  homme 
fait,  réclame  d'un  professeur  les  valses,  les  quadrilles, 
sans  avoir  les  premières  notions,  les  premiers  principes 


LEC  207 

élémentaires  de  la  danse,  et  sa  réclamation  est  le  plus 
souvent  tellement  hâtive  que  le  danseur  doit  pratiquer, 
le  soir,  dans  le  monde,  la  leçon  prise  le  matin. 

L'absence  de  leçons  sérieuses  n'est  pas  seulement 
préjudiciable  à  la  pratique  de  la  danse,  elle  l'est  égale- 
ment et  plus  encore  à  la  tenueet  à  l'éducation  physique. 
Le  gymnase,  nous  le  savons,  est  fort  usité,  mais  les 
salons  et  la  société  ont  d'autres  exigences  que  la  danse 
résume  dans  la  leçon  telle  que  nos  pères  la  prenaient. 
Où  sont  ces  saluts  profonds  et  pleins  de  dignité  et  de 
respect  enseignés  par  nos  vieux  maîtres  ?  Où  sont  ces 
révérences  si  gracieuses  pratiquées  par  nos  mères  et  nos 
aïeules?  Elles  ont  disparu  avec  la  leçon  telle  qu'elle 
était  donnée  et  telle  que  je  la  définis  ci-dessous. 

Je  ne  crains  pas  d'affirmer  que  c'est  en  bonne  con- 
naissance de  cause  que  je  puis  parler,  car  je  ne  suis  que 
l'écho  de  la  voix  et  du  talent  de  mon  père,  lequel  tenait 
ses  leçons  des  plus  grands  maîtres  de  la  brillante  époque 
de  la  danse  de  ville.  Elle,  Abraham,  de  glorieuse 
mémoire  ;  Fauqueux,  Coralli,  les  maîtres  les  plus 
écoutés,  étaient  ses  contemporains  et  ses  collègues.  J'ai 
précieusement  conservé  les  manuscrits  de  famille  et  en 
ai  publié  une  partie  sous  forme  de  Méthode  de  danse,  chez 
Heugel,  en  1857.  Force  m'était  de  résumer  cette  méthode 
et  de  la  réduire  en  quatre  parties  distinctes  ayant  chacune 
un  but  spécial.  Première  partie  :  Apprendre  aux  élèves 
à  bien  marcher  et  à  saluer  ;  à  se .  présenter  dans  un 
salon  et  à  s'y  tenir  en  véritable  homme  du  monde. 
Deuxième  partie,  concernant  l'étude  des  jambes  et  com- 
prenant les  exercices  de  danse  aptes  à  donner  la 
souplesse,  le  dehors,  la  légèreté  indispensable.  Troi- 
sième partie  :  L'étude  des  bras  et  de  la  tête,  étude 
appelée  à  donner  la  grâce  et  l'harmonie  des  mouve- 
ments du  corps.  Quatrième  partie  :  L'étude  des  temps 
sautés  afin  de  préparer  les  élèves  à  la  danse  des  qua- 
drilles et  des  valses. 

La  leçon  devrait  se  résumer  pour  les  exercices  dans 


208  LIO 

l'étude  de  ceux  aptes  à  faciliter  aux  élèves  l'obtention  de 
toutes  les  exigences  voulues;  telle  qu'elle  était  prise  chez 
nos  pères,  elle  produisait  les  meilleurs  résultats.  Nos 
vieux  maîtres  enseignaient  ainsi  : 

Apprendre  à  marcher  droit  ;  faire  exécuter  des  plies  à 
toutes  les  positions;  des  grands  battements,  des  ronds 
de  jambe,  des  battements  tendus,  des  petits  battements 
sur  le  cou-de-pied.  Venaient  ensuite  les  ports  de  bras, 
les  développés,  et  enfin  les  temps  sautés,  tels  que  change- 
ments de  pieds,  jetés,  chassés  et  glissades,  sauts  de 
basque  et  pas  de  bourré  (voir  tous  ces  mots).  Quelques 
mots  suffiront  pour  motiver  le  besoin  urgent  de  ces 
divers  exercices  préparatoires.  Un  pianiste  n'ayant 
jamais  touché  un  clavier,  n'ayant  jamais  fait  de 
gammes,  pourrait-il,  à  première  vue,  jouer  une  polka 
ou  une  valse?  Évidemment  non,  car  ses  yeux  se 
trouveraient  en  face  d'un  grimoire  que  ses  doigts  ne 
pourraient  traduire.  Un  danseur  n'ayant  jamais  préparé 
ses  jambes  par  des  plies  ou  d'autres  exercices  peut-il  se 
rendre  compte  des  pas  qu'il  doit  exécuter,  et,  par  suite, 
les  exécuter  facilement?  Je  réponds  encore  non.  Le 
professeur  se  voit  forcé  de  convertir  en  une  machine  les 
jambes  de  son  élève. 

Simple  conclusion  :  celui  qui  ignore  sa  grammaire 
peut-il  lire  et  écrire  correctement?  Je  ne  le  crois  pas. 

LÉDA  (LA).  La  danse  de  Léda  est  classée  chez  les 
Grecs  parmi  les  danses  dramatiques  et  tragiques  ;  elle 
représentait  Jupiter  changé  en  cygne.  Malgré  son  carac- 
tère sévère,  les  danseurs  y  exécutaient  des  attitudes 
molles,  douces  et  parfois  lascives. 

LION\E  (LA).  Danse  terrible  et  tragique  des  Grecs 
et,  d'après  Athénée,  ridicule  dans  tous  ses  pas  ; 
Athénée  s'étonne  que  l'on  danse  pour  jeter  l'effroi  et  la 
terreur  parmi  ses  spectateurs. 


LYS  -20!) 

LOTLOLICK.  Danse  des  sauvages  de  l'Océanie  exé- 
cutée au  son  de  tambourins  et  d'instruments  de  bois 
ayant  grossièrement  la  forme  de  castagnettes. 

LOL'IIE(LA).  Sorte  de  ronde  à  mesure  et  mouvements 
lents  rappelant  la  bourrée  d'Auvergne.  Son  nom  lui 
vient  de  l'instrument  usité  pour  accompagner  la  danse; 
c'est  presque  une  musette.  L'air  est  en  3, 4. 

LUDIONS.  Les  ludions  étaient  des  danseurs  chanteurs 
grecs  venus  de  l'Elrurie  ;  on  pourrait  les  appeler  aussi 
deS' mimes,  car  ils  chantaient  plutôt  par  leurs  gestes,  au 
son  de  la  flûte,  en  représentant  certains  faits  mémo- 
rables ou  certaines  personnalités  en  vue.  Ils  n'avaient 
jamais  de  poèmes  écrits  d'avance,  d'où  il  s'ensuivait  que 
la  plupart  du  temps  leurs  allusions  étaient  vagues  et 
fausses.  Leur  entrée  en  Italie  fut  acclamée  par  la 
jeunesse  romaine  qui  devait  plus  tard  les  imiter  et  les 
remplacer.  De  jeunes  adultes  formèrent  entre  eux  des 
dialogues  plus  spirituels  que  savants  et  recherchèrent 
les  gestes  les  mieux  appropriés  aux  paroles.  On  croit  que 
ces  ludions  vinrent  à  Piome  vers  l'an  390  pour  conjurer 
la  colère  des  dieux  sur  la  prière  des  habitants.  D'autres 
disent  que  les  Romains  les  attirèrent  pour  divertir  le 
peuple  pendant  une  effroyable  épidémie  décimant  la 
population. 

LYSIODES.  Les  lysiodes  représentaient  chez  les 
Grecs  les  rôles  de  femmes  dansantes  ;  ils  étaient  recou- 
verts d'habits  d'hommes  et,  comme  le  prouve  leur  nom, 
voués  au  culte  de  Bacchus.  On  lit  dans  Athénée  que 
Diogène  l'épicurien  fut  pris  d'amour  pour  une  femme... 
lysiode. 


210  MAG 


M 


MACABRÉE  (DAXSE),  Danse  ainsi  nommée  d'après 
son  inventeur  Macaber,  et,  suivant  les  auteurs  du  Dic- 
tionnaire de  la  ville  de  Paris,  d'une  étymologie  anglaise. 
D'après  ce  dictionnaire,  auquel  on  peut  accorder  quelque 
foi,  le  mot  macabrée  viendrait  des  deux  mots  anglais 
to  make  et  to  breack.  Cette  danse  eut  quelque  succès; 
elle  était  une  représentation  publique  des  différents  per- 
sonnages de  tout  sexe  et  de  tout  âge  figurant  sur  le 
théâtre  sous  l'emblème  de  la  mort.  Elle  était  empreinte 
dans  ses  mouvements  d'un  caractère  à  la  fois  philoso- 
phique et  moral;  elle  cherchait,  par  sa  mimique,  à 
prouver  au  peuple  que  l'égalité  réelle  et  vraie  nous  réunit 
tous  dans  la  tombe.  En  IIS^,  on  avait  représenté  à 
l'hôtel  de  Nesle,  en  présence  des  deux  rois  Charles  VI 
et  Henri  IV  d'Angleterre  entourés  de  toute  la  cour,  une 
pièce  à  personnages  dont  le  sujet  était  la  Vie  de  saint 
Georges,  et  dans  laquelle  était  exécutée  la  danse  maca- 
brée. Cette  danse  a  été  imprimée  pour  la  première  fois 
en  i486,  sous  le  titre  de  la  Gravide  Danse  macabrée 
des  hommes  et  des  femmes.  Les  pinceaux  d'Albert  Durer, 
Holbein  et  Gorgon  en  ont  retracé  les  mouvements  tra- 
giques et  allégoriques.. 

31ACKTER  ET  MACKTRÏS3IOS.  Non  d'une  danse 
lascive  et  licencieuse  des  Grecs,  citée  par  Athénée  et 
Pollux.  Aristophane  la  mentionne  également  comme 
confondue  avec  celle  appelée  apokinos. 

MAGXÉSIENXE.  Ancienne  danse  grecque,  dans  la- 
quelle les  danseurs  imitaient  les  gestes  du  laboureur 


MAI  211 

cultivant  son  champ  ;  d'où  il  suit  qu'elle  était  danse  vil- 
lageoise. 

MAGODES.  Les  magodes  étaient,  chez  les  Grecs,  des 
acteurs  dansant  en  représentant  des  rôles  d'hommes 
sous  le  costume  de  femmes,  à  l'exemple  des  lysiodes. 
Leurs  chants  et  leurs  danses  étaient  passionnés  et  las- 
cifs, et  le  nom  de  magodes  leur  fut  souvent  donné  du 
nom  de  Magechrysogone. 

3IAHOIVY  (QUARRÉ  DE).  Nom  d'une  ancienne  con- 
tredanse française  de  la  fin  du  xviii"  siècle.  Pour  former 
ce  quarré,  huit  danseurs  avançaient  ensemble,  puis  se 
séparaient;  quatre  se  dirigeaient  ensuite  de  côté  et  se 
séparaient  à  nouveau  ;  quatre  autres  avançaient  pendant 
que  les  quatre  premiers  faisaient  un  chassé-croisé  à 
droite  et  à  gauche.  Les  quatre  premiers  exécutaient  des 
chassés  ouverts  de  côté  en  se  dirigeant  tous  sur  le  même 
sens,  pendant  que  les  quatre  autres  avançaient.  La 
figure  était  répétée  plusieurs  fois  de  suite,  et  terminée 
par  les  danseurs  exécutant  le  chassé-croisé  ensemble. 

MAI  (DANSE  DE).  Danse  ancienne,  très  goûtée  des 
Grecs,  qui  la  transmirent  aux  femmes  et  aux  filles 
de  Belgrade.  Dès  les  premiers  jours  de  mai,  on  les  voit 
toutes  courant  et  dansant,  la  tête  couverte  de  fleurs  et 
conduites  par  la  plus  belle  d'entre  elles.  Elles  chantent  : 
«  Déesse,  nymphe  de  mai,  soyez  la  bienvenue.  »  A 
Rome  et  dans  toute  l'Italie,  dès  l'aube  du  l*""  mai,  la 
jeunesse  se  répandait  dans  la  ville  et  dans  les  villages 
et  dansait  en  s'accompagnant  d'instruments  en  bois  plus 
que  primitifs.  Dans  chaque  rue,  des  festins  attendaient 
la  joyeuse  troupe  à  son  retour  en  ville,  festins  ornés  de 
feuillages  et  de  branchages  de  toute  sorte  cueillis  dans 
les  campagnes  environnantes.  Commencées  le  matin, 
ces  danses  se  continuaient  fort  avant  dans  la  nuit.  Alors 
on  voyait  s'y  mêler  les  magistrats,  la  noblesse,  en  un 


212  MAI 

mot,  le  peuple  entier.  Dans  la  suite,  ces  fêtes  dégéné- 
rèrent à  tel  point  qu'elles  furent  supprimées  par  Tibère 
comme  portant  atteinte  à  la  morale.  On  les  retrouva 
plus  tard  sous  le  nom  de  fêtes  patronales,  semblables  à 
nos  fêtes  de  village  célébrées  chaque  année  en  l'honneur 
du  saint  patron  de  la  commune. 

MAITRE  DE  BALLET.  On  appelle  ainsi  le  choré- 
graphe qui  écrit  la  danse  du  libretto  d'un  ballet.  Un 
habile  maître  de  ballet  doit  être  à  la  fois  chorégraphe, 
danseur,  musicien  et  artiste,  en  un  mot.  Blasis,  le  digne 
élève  des  Noverre,  Gardel,  Dauberval,  a  laissé,  pour 
tous  ces  maîtres,  les  meilleurs  conseils,  les  meilleures 
leçons  à  suivre.  Le  R.  Père  Ménétrier,  dans  son  Histoire 
des  ballets  anciens  et  modernes,  lui  est  inférieur  au 
point  de  vue  de  la  pratique  et  de  la  mise  en  scène; 
toutefois,  il  doit  être  consulté.  Deux  chorégraphes  mo- 
dernes se  sont  illustrés  en  s'inspirant  des  anciennes 
traditions,  et  les  noms  de  Saint-Léon  et  de  Pelitpas 
resteront  gravés  dans  les  annales  de  notre  Académie  de 
musique  et  de  danse;  toute  la  composition  et  toute  la 
science  du  ballet  leur  étaient  pour  ainsi  dire  innées, 
et  rappelaient  la  science  si  parfaite  des  grands  maîtres 
italiens. 

Chez  les  Romains,  les  maîtres  de  ballet  avaient  besoin 
de  tous  les  trésors  de  l'intelligence,  de  l'esprit,  car  ils 
manquaient  de  la  décoration  à  laquelle  nous  sommes 
devenus  habitués.  Le  goût  éclairé  du  peuple  romain 
dans  tous  les  arts  était  dans  la  danse  de  théâtre  souvent 
très  difficile  à  satisfaire  ;  la  preuve  nous  en  est  acquise 
par  les  dissensions  bathylliennes  et  pyladiennes. 

Lucien  nous  initie  à  toutes  les  connaissances  indis- 
pensables à  celte  époque  :  «  Le  maître  de  ballet,  dit-il, 
devrait  connaître  la  poésie,  la  musique,  la  géométrie  et 
la  philosophie.  » 

C'est  beaucoup,  il  est  vrai,  mais  on  ne  saurait  trop 
demander  à  tous  les  artistes  scrupuleux  de  leur  art. 


MAI  -213 

MAITRE  A  DANSER.  Le  titre  de  maître  à  danser  ou 
maître  es  danses  est  maintenant  remplacé  par  celui  de 
professeur  de  danse;  les  usages  sont  tellement  bizarres 
et  changeants  que  l'on  pourrait  ajouter  quelque  trivia- 
lité aux  mots  maîtres  de  danse  ou  maîtres  à  danser.  Si 
la  profession  a  perdu  de  son  importance  au  point  de  vue 
pratique,  elle  s'est,  en  revanche,  dessinée  plus  avanta- 
geusement en  ce  qui  concerne  ce  que  l'on  pourrait 
appeler  les  vrais  professeurs.  Je  ne  parle  pas  évidemment 
de  tous  ceux  auxquels  l'art  de  la  danse  est  inconnu  et 
dont  les  fonctions  se  résument  en  celles  d'entrepreneurs 
de  bals  publics  ou  particuliers.  Quelques  professeurs 
soutiennent  encore  le  titre,  et  leurs  noms  doivent  trou- 
ver ici  leur  place,  car  les  uns  étaient  et  les  autres  sont 
encore  les  véritables  propagateurs  de  la  danse  de  ville. 
Nous  comptions  Élie,  mort  il  y  a  cà  peine  quelques 
années,  à  l'âge  de  quatre-vingt-quatre  ans  ;  Abraham, 
dansant  encore  à  quatre-vingt-huit  ans;  Faucqueux, 
tristement  enlevé  par  une  fluxion  de  poitrine  en  1864; 
Laborde,  auquel  succéda  Périn  père;  Fischer,  d'hono- 
rable et  estimée  mémoire.  Quant  aux  contemporains,  il 
ne  m'appartient  point  de  me  prononcer  pour  la  ddnse 
de  ville;  MM.  de  Soria,  Paul,  de  Dieppe,  sont  de  nou- 
veaux venus  et  n'ont  pas  encore  donné  les  .preuves 
nécessaires  à  la  citation  de  leur  nom  à  côté  de  celui  de. 
Cellarius  (l'oncle),  que  j'omettais  de  citer,  Cellarius, 
dont  le  nom  est  synonyme  de  polka,  car  c'est  à  lui  prin- 
cipalement que  nous  devons,  en  ISii,  le  réveil  de  la 
danse  des  salons,  quand  il  introduisit  la  polka  dans  la 
société  française.  Soit  dit  en  laissant  courir  la  plume, 
plus  que  jamais  le  professorat  de  la  danse  ne  devrait 
être  exercé  que  par  des  maîtres  ayant  donné  toutes  les 
preuves  de  savoir-faire,  de  savoir-enseigner  et  d'honora- 
bilité en  rapport  avec  les  délicates  fonctions  qu'ils  sont 
appelés  à  remplir  dans  les  familles.  Nous  avons  en  vain 
essayé,  en  fondant  l'Académie  de  danse,  d'arriver  à 
exclure  les  professeurs  incapables,  nous  ne  pûmes  y 


214  MAR 

réussir,  et  dès  lors  on  vit  surgir  à  Paris,  sous  le  nom  de 
cours  de  danse,  une  foule  d'établissements  tenus  par 
des  entrepreneurs  de  bals,  soit  hommes,  soit  femmes. 
JNous  sommes  bien  éloignés  du  temps  où  les  maîtres  es 
danses  de  Louis  XIV  portaient  l'épée;  les  modernes 
dont  je  parle  n'ont  comme  diplôme  que  les  affiches  et 
les  prospectus  dont  ils  inondent  la  ville  et  la  province, 
et  dont  la  plupart  sont  anonymes. 

Actuellement,  sans  examen  préalable,  sans  diplôme 
quelconque,  qui  que  ce  soit  peut  s'arroger  le  titre  de 
professeur  de  danse;  il  lui  suffit  d'avoir  un  piano,  un 
pianiste,  quelques  coryphées  et,  à  défaut  de  son  savoir- 
faire,  un  prévôt  salarié. 

Que  sont  devenus  les  brillants  cours  enseignés  par 
Laborde,  Cellarius,  Desrat? 

MANCHEGAS.  Danse  espagnole,  vive  et  très  gaie, 
principalement  recherchée  du  peuple  et  peu  usitée  dans 
les  salons. 

xMANCHES  VERTES  (LES).  Nom  d'une  ronde  ou 
contredanse  usitée  au  moyen  âge  et  à  l'usage  des  gens 
du  peuple  ;  elle  est  fort  peu  connue  et  rarement  citée 
dans  les  livres  de  danse. 

3IAXTINIAKÈ.  Nom  donné  par  les  Grecs  à  une  danse 
usitée  chez  les  habitants  de  Mantinée,  ville  d'Arcadie. 

MARIAGE  (DAXSE  DU).  Danse  en  usage  chez  tous 
les  peuples  de  l'Amérique  du  Sud  et  surtout  chez  les 
peuplades  sauvages.  Le  marié  et  la  mariée  chantent  en 
dansant  devant  les  invités,  avant  le  repas  de  noces;  les 
assistants  s'assoient  en  rond  autour  du  couple  et  chacun 
d'eux  reprend  la  même  danse  quand  le  couple  des 
mariés  l'a  terminée.  A  l'issue  de  la  danse,  tous  les  con- 
vives se  mettent  en  mouvement  en  poussant  les  cris  de 
«  Hé  !  hé  !  » 


MAS  215 

MARIÉE  (LA). Danse  assez  ancienne,vers  le  xviii"  siècle, 
dans  laquelle  un  homme  et  une  femme  seuls  se  livraient 
à  des  pas  joyeux,  pour  se  témoigner  réciproquement  le 
plaisir  d'être  unis.  Magny,  dans  son  Traité  de  choré- 
graphie, en  donne  la  théorie  et  la  musique. 

MARTINIQUE  (LA).  Nom  donné  à  une  ancienne  con- 
tredanse française;  ce  nom  doit  être  un  souvenir  d'ac- 
tualité et  n'apparaît  que  dans  des  recueils  musicaux  de 
contredanses;  il  n'est  suivi  d'aucune  théorie. 

MASCARADES.  On  entend  par  ce  mot  une  troupe  de 
personnages  costumés  et  masqués,  se  réunissant  pour 
danser  pendant  la  saison  du  carnaval.  Ce  mot  vient  de 
l'italien  mascarada,  bouffonnerie.  Les  anciennes  mas- 
carades étaient  composées  de  trois  divertissements.  Le 
premier,  qui  est  le  plus  ancien,  est  formé  de  quatre, 
huit,  douze  et  seize  personnes  quelquefois;  après  s'être 
concertées  pour  porter  le  même  déguisement,  elles 
entrent  deux  par  deux  ou  quatre  par  quatre  dans  les  bals 
masqués.  Telles  sont  les  mascarades  en  sauvages  du  roi 
Charles  VI  et  celles  des  sorciers  d'Henri  IV.  Ces  masques 
jouissaient  d'une  telle  liberté  d'allures  que  nous  ne 
pouvons  aujourd'hui  la  comprendre  ni  l'expliquer.  Cette 
liberté  illimitée  leur  donnait  accès  dans  tous  les  bals 
privés,  sans  y  avoir  été  invités  ;  ils  pouvaient  danser  avec 
qui  que  ce  soit,  sans  la  moindre  observation  du  maître  de 
céans.  Dames  ou  damoiselles  ne  refusaient  jamais  leurs 
invitations.  On  connaît  les  bals  dans  lesquels  Charles  VI 
eut  des  accès  si  tragiques,  et  l'on  n'a  pas  oublié  les  face* 
ties  comiques  d'Henri  IV. 

Le  second  divertissement  était  une  composition  régu- 
lière :  on  choisissait  un  sujet  de  la  fable  ou  de  l'histoire, 
et,  avec  les  costumes  appropriés,  on  formait  deux  ou 
trois  quadrilles;  parfois  on  joignait  à  la  danse  des  récits 
explicatifs.  Enfin,  le  troisième  se  rapprochait  du  ballet, 
et  on  le  retrouve  en  pleine  action  en  1675.  Tout  le  monde 


21  (î  MAS 

connait  les  joyeuses  mascarades  de  Charles  IX,  Henri  III, 
Henri  lY  et  Louis  XII.  Louis  XIV  figura  en  personne,  le 
:2  janvier  1655,  dans  une  mascarade  royale  donnée  chez 
le  cardinal  Mazarin. 

MASQUES.  Les  Grecs  sont  les  inventeurs  du  masque; 
ils  en  faisaient  un  usage  constant  au  théâtre,  aux  funé- 
railles, aux  festins,  en  un  mol  dans  toutes  les  cérémonies 
où  la  danse  figurait.  Les  notions  laissées  par  Lucien  à 
ce  sujet  sont  aussi  curieuses  que  détaillées,  et  i'épithète 
dont  il  qualifie  ces  masques  suffit  à  démontrer  l'impor- 
tance qu'ils  avaient.  Masques  orchestriques  les  appelle- 
t-il.  Aux  funérailles  les  pantomimes  portaient  des 
masques  pour  représenter  les  actes  du  mort  et  ils  leur 
donnaient  autant  que  possible   des  traits  ressemblants. 

C'est  surtout  au  théâtre  que  les  masques  jouaient  un 
grand  rôle.  Arthur  Pougin  a  étudié  savamment  leur 
histoire  dans  son  Dictionnaire  des  théâtres,  mais  peut- 
être  d'une  façon  trop  superficielle^  car  nul  ne  doute  que 
leur  étude  au  point  de  vue  théâtral  n'offre  un  champ 
très  vaste  dans  l'antiquité.  Le  cadre  de  ce  dictionnaire 
spécialement  consacré  à  la. danse  me  confine  dans  des 
limites  restreintes  et  je  renvoie  le  lecteur  à  l'histoire 
des  masques  anciens  que  j'ai  écrite  et  dont  le  manuscrit 
est  â  la  Bibliothèque  de  l'Opéra,  L'ouvrage  a  pour  titre  : 
le  Masque  dans  le  théâtre  ancien.  Les  anciens  avaient 
quatre  masques  ayant  chacun  leur  emploi  spécial, 
emploi  basé  sur  les  genres  de  représentation.  Le 
comique,  le  satyrique,  le  tragique  et  le  muet  ou  orches- 
trique.  Ces  masrfues  différaient  essentiellement  des 
nôtres,  car  ils  emboîtaient  complètement  la  lète  jusqu'en 
bas  de  la  nuque,  au  lieu,  comme  les  nôtres,  de  ne  cou- 
vrir que  la  face  du  visage.  Ils  devaient  représenter  les 
traits  des  personnages  mis  en  scène,  avec  la  barbe,  les 
cheveux  et  les  oreilles.  On  sait  que  chez  les  Grecs  les 
rôles  de  femmes  étaient  tenus  par  des  hommes,  de  là 
viennent  ces  masques  de  femmes  ornés  de  chevelures 


Mas  -2ii 

opulentes,  de  coiffures  artistiques.  Quelques-uns  de  ces 
masques  étaient  doubles,  parfois  même  triples  à  trois 
faces.  Ces  deux  derniers  masques  étaient  employés 
quand  le  danseur  ou  Tacteur  devait  jouer  plusieurs 
personnages  dans  la  même  scène  ou  dans  la  même  pièce. 
Longtemps  chez  nous  l'usage  du  masque  fut  conservé 
dans  les  ballets  de  la  cour  et  sous  Louis  XIV  on  les 
retrouve  encore.  Despréaux  n'a-t-ii  pas  écrit  dans  son 
poème  de  la  Danse  : 

On  a  vu  ce  héros  à  la  fleur  de  son  âge 
D'un  masque  sérieux  habiller  son  visage. 

Tous  les  caractères  étaient  peints  sur  ces  masques: 
mollesse,  rire,  orgueil,  colère,  comique,  tragique  repré- 
sentaient l'expression  la  plus  vraie  de  ces  sensations. 
On  a  conservé  le  souvenir  de  plusieurs  masques 
modernes  artistement  figurés,  on  pourrait  même  ajouter 
finement  ciselés.  Pendant  plus  d'un  siècle  l'Opéra  con- 
serva le  masque  et  ce  n'est  qu'en  1756  que  Gardel,  pre- 
mier danseur  et  maître  de  ballet,  se  sentit  assez  de 
confiance  dans  la  beauté  de  son  visage  et  dans  la  force 
de  son  talent  pour  entrer  en  scène  le  visage  découvert.  Sa 
grâce,  sa  dignité,  son  magnifique  port  de  tète,  l'expres- 
sion vive,  animée,  intelligente  de  son  regard  lui  assu- 
rèrent le  succès  et  lui  donnèrent  raison  contre  l'antique 
préjugé.  Si  l'on  en  croit  le  Dictionnaire  de  Trévoux,  les 
moines  espagnols  auraient  porté  les  masques  dans  les 
figurations  dansantes  exécutées  dans  les  églises. 

Les  anciens  et  premiers  masques  furent  grossièrement 
taillés  dans  des  écorces  de  bois  : 

Oraque  corticibus  sumunt  horrentla  cavatis. 

Les  impedimenta  de  son  emploi  le  firent  bientôt 
remplacer  par  du  cuir  doublé  d'étoffe  ou  de  cuir,  et 
plus  tard  par  de  l'étoffé  seule  enduite  d'une  colle  facile 
à  sécher  et  devenant  une  sorte  de  carton-pâte.  Les 
artistes  célèbres  confiaient   ordinairement  le  soin   de 

10 


218  MAT 

composer  leurs  masques  aux  plus  habiles  sculpteurs, 
afin  de  réunir  toutes  les  perfections  dans  le  travail  du 
bois  ou  du  moulage.  Il  ne  faut  point  s'étonner  de 
trouver  dans  tous  ces  masques  anciens  une  bouche  si 
largement  béante,  si  grandement  ouverte  ;  elle  trouvait 
sa  nécessité  et  sa  raison  d'être  dans  l'éloignement  de 
l'acteur  des  spectateurs  et  dans  la  quantité  de  sonorité 
exigée,  par  suite,  pour  que  chant  et  paroles  pussent 
arriver  à  l'oreille  des  assistants.  Les  théâtres  étaient 
immenses  et  le  nombre  des  spectateurs  en  rapport. 

MATASSIXS  (DAXSE  DE).  On  appelait  au  moyen 
âge  danse  de  matassins  la  danse  pratiquée  par  des  dan- 
seurs bouffons,  lesquels  se  livraient  à  des  gestes  aussi 
variés  que  peu  chorégraphiques.  Portant  des  corselets, 
des  morions  dorés,  des  sonnettes  aux  jambes,  l'épée 
d'une  main,  le  bouclier  de  l'autre,  ils  cherchaient  par 
leurs  danses  à  égayer  le  public  dans  les  cérémonies  et 
fêtes  publiques  et  privées,  voire  même  au  théâtre.  Ils 
nous  rappellent  les  histoires  de  l'antiquité  grecque  et 
romaine.  L'histoire  a  conservé  les  noms  de  ceux  qui 
figurèrent  comme  danseurs,  presque  savants,  dans  le 
divertissement  de  Chambord  intercalé  en  1669  dans 
la  comédie  de  Molière,  Monsieur  de  Pourceaugnac. 
MM.  Beauchamps,  La  Pierre,  Favier,  Noblet,  Chicaneau 
et  L'Estang  encadraient  de  leurs  pas  M.  de  Pourceaugnac. 
Cette  tradition  a  été  conservée  à  la  Comédie-Française, 
mais  n'est  plus  qu'une  course  de  figurants  armés  de 
seringues.  Aucun  rapport  ne  peut  exister  entre  la  figu- 
ration de  ces  apothicaires  et  l'entrée  de  ballet  des  anciens 
maïassins,  danseurs  de  profession.  Plusieurs  de  leurs 
descendants  ont  laissé  des  souvenirs  élogieux  dans  l'art 
de  la  danse,  et  parmi  eux  Beauchamps,  Noblet  et 
Favier. 

On  retrouve  au  xviii"  siècle  le  genre  de  danse  bouf- 
fonne appelée  danse  matassine,  et  de  nos  jours  où  il 
serait  vrai  d'appeler  matassinade  de  valse  la  valse  gro- 


MAZ  219 

tesquement  sautée  par  bon  nombre  de  nos  danseurs  de 
salon.  Beauchainps  et  Chicaneau  mimaient  des  rôles  de 
procureurs;  La  Pierre  et  Favier  jouaient  ceux  de  ser- 
gents, et,  bien  qu'ils  matassinassent  leurs  rôles,  n'en 
restaient  pas  moins  danseurs  et  mimes  instruits,  et  non 
disgracieux. 

MAZURKA  OU  HIAZUR.  La  mazurka,  trop  souvent 
confondue  maintenant  avec  la  polka-mazurka,  bien 
qu'elle  n'ait  avec  elle  aucun  rapport  puisque  l'une  est 
une  sorte  de  cotillon,  et  l'autre  une  simple  valse,  est 
d'origine  polonaise.  Elle  tire  son  origine  d'un  village  de 
Pologne  appelé  Mazur  et  Mazuri.  Cette  danse  offre  un 
caractère  particulier  avec  toutes  les  autres  en  ce  sens 
que  le  temps  fort,  c'est-à-dire  le  premier  temps  de  la 
mesure,  est  marqué  au  second  temps  par  un  coup  de 
talon.  Chez  les  Russes,  les  Autrichiens,  les  Hongrois, 
tous  grands  amateurs  de  mazur,  le  choc  des  talons,  est 
plus  restreint  que  chez  les  Polonais.  Les  Bohémiens  et 
les  Hongrois  excellent  dans  cette  danse,  qui  est  presque 
pour  eux  une  czarda  nationale.  Sous  le  second  Empire, 
pour  satisfaire  les  nombreux  étrangers  fréquentant  les 
bals  de  la  cour,  on  dansa  souvent  la  mazurka  dans  les 
bals  officiels  et  de  là  vint  la  mode  de  la  danser  aussi 
dans  les  ambassades,  dans  les  ministères  et  dans 
quelques  salons  privés;  elle  eut  même  une  grande  vogue 
à  un  certain  moment,  et  les  mazurkas  de  M°"  Drouyn  de 
Lhuys,  du  baron  de  Niewerkerke,  de  la  princesse  Mathilde 
sont  restées  légendaires  dans  l'histoire  de  la  danse  de 
ville.  Cellarius  (l'oncle  du  jeune  professeur  actuel),  sans 
devoir  être  regardé  comme  l'importateur  de  la  mazurka, 
est  néanmoins  celui  qui  en  fut  le  plus  ardent  propaga- 
teur; lu  chose  lui  fut  d'autant  plus  facile  que  ses  salons 
étaient  fréquentés  par  bon  nombre  d'étrangers.  Seules 
maintenant  la  Russie,  la  Bohême,  l'Autriche  et  la 
Pologne  ont  conservé  cette  danse;  elle  était  évidemment, 
trop  difficile  pour  nous,  danseurs  de  salon. 


220  MAZ 

La  mazurka  esl  une  sorte  de  cotillon  composé  de 
figures  variées,  mais  dansées  sans  accessoires;  quelques 
couples  se  réunissent  et  sont  moins  nombreux  que  nos 
danseurs  de  cotillon. 

Les  pas  de  cette  danse  réclament  une  grande  sou- 
plesse jointe  à  un  port  majestueux  et  digne,  presque  lier 
pour  le  cavalier.  La  dame  doit  faire  valoir  sa  grâce 
empreinte  de  noblesse  et  de  légèreté  tout  à  la  fois;  elle 
exécute  presque  toujours  le  pas  de  basque  (voir  ce  mot), 
parce  qu'étant  bien  exécuté  il  répond  pleinement  au 
caractère  de  la  danse.  Les  cavaliers  font  le  pas  appelé 
pas  lancé  et  glissé,  pas  consistant  à  s'élancer  sur  une 
jambe  en  pliant  les  deux  genoux,  et  à  conserver  l'autre 
jambe  étendue  horizontalement  en  l'air  deri'ière.  Quant 
au  pas  dit  l'holubieck,  il  a  été  expliqué  cà  ce  mot  à  la 
lettre  H  (voir  ce  mot).  Plusieurs  éditions  de  la  mazurka 
ont  été  publiées  avec  danse  et  musique  :  l'une  par  Cel- 
larius  et  dont  les  Anglais  se  sont  emparés  sous  le  titre 
de  Mazurka  quadrille  and  Cellarius  valse.  Félicitons- 
nous  que  malgré  le  rapt,  l'éditeur  anglais  ait  au  moins 
songé  à  l'auteur  français  en  citant  son  nom,  car  le  fait 
était  bien  rare  au  temps  où  la  Société  des  éditeurs, 
auteurs,  compositeurs  ne  pouvait  exercer  les  droits  que 
de  nos  jours  elle  a  acquis.  La  théorie  des  figures  est 
chorégraphiée  en  lignes  géométriques,  et  elle  a  été 
empruntée  à  celles  de  Laborde,  Goralli  et  Élie;  la 
musique  en  a  été  confiée  à  Julien. 

Une  seconde  édition  a  été  donnée  par  MM.  Auguste 
Perroux  et  Adrie«  Robert,  très  imitée  de  la  première, 
et  avec  la  musique  de  Burgmuller.  Cette  publication  a 
été  faite  avec  le  plus  grand  soin  et  est  ornée  de  figures 
démonstratives  dues  au  crayon  de  V.  de  Saint-Germain. 
Quelques  études  humoristiques  en  accompagnent  fort 
agréablement  le  texte  et  la  théorie.  Enfin,  en  1865  parut 
une  dernière  édition  conforme  aux  figures  usuellement 
adoptées  à  Paris  et  résumant  les  théories  précédentes. 
Les  figures  ont  été  écrites  par  G.  Desrat  et  la  musique, 


MAZ  t^'l  I 

d'après  des  textes  originaux,  transcrite  par  E.  Mathieu, 
Les  salons  de  l'iiôtel  Lambert  où  La  princesse  Czartoryska 
réunissait  toute  la  noblesse  polonaise  réfugiée,  jointe  à 
la  noblesse  française,  et  sous  forme  de  pensionnat, 
donnait  l'éducation  et  l'instruction  aux  jeunes  Polonaises 
jusqu'à  leur  mariage,  ces  salons  étaient  le  rendez- 
vous  des  plus  fidèles  mazurkeurs.  C'est  à  la  suite  de 
leçons  données  (je  dirais  plutôt  prises  pour  ce  qui  con- 
cerne la  mazurka)  que  j'ai  publié  la  théorie  ci-dessous, 
la  plus  usitée  en  Pologne  et  en  Russie. 

La  mazur,  sorte  de  cotillon,  se  compose  d'un  grand 
nombre  de  figures  ;  je  ne  parlerai  que  des  plus  usitées. 
La  mazur  est  dansée  par  un  nombre  de  couples  indéter- 
miné et  conduite  par  le  couple  placé  à  la  droite  de 
l'orchestre.  La  musique  en  est  jouée  sans  interruption 
comme  les  valses  dans  notre  cotillon. 

Des  pas.  Les  pas  sont  exécutés  sur  une  mesure  3/4 
ou  3/8.  Ces  pas,  variés  à  l'infini,  peuvent  se  réduire  à 
deux  :  le  pas  glissé  et  lancé  et  le  pas  du  tour  sur  place. 
Pas  glissé,  du  pied  droit  :  l""  temps  :  s'élancer  sur  le  pied 
droit  en  le  glissant  devant;  ^'^  temps  :  rester  plié; 
3"  temps  :  se  relever  sur  le  pied  droit  seul  en  frappant 
le  talon  droit  à  terre. 

Pas  du  tour  sur  place  dit  holubiec  (voir  ce  mot).  — 
Figures  de  la  mazurka.  La  mazurka  commence  par  un 
rond  général  sur  la  gauche,  un  second  sur  la  droite, 
après  lesquels  chaque  cavalier,  prenant  sa  dame  à  la 
taille,  fait  avec  elle  l'holubiec.  Chaque  couple  exécute 
ensuite  la  promenade  et  son  holubiec  avant  de  com- 
mencer les  figures;  si  plusieurs  couples  prennent  part  à 
la  figure,  ils  exécutent  cette  même  promenade  et  tour  sur 
place;  cela  remplace  les  quelques  tours  de  valse  précé- 
dant les  figures  du  cotillon.  —  1"'''  figure  :  un  couple.  Le 
cavalier  conducteur  conduit  sa  dame  au  second  cavalier  et 
fait  avec  la  dame  de  ce  dernier  la  promenade  et  le  tour 
sur  place;  il  continue  de  même  avec  toutes  les  autres 
dames  alternativement.  Le  second  couple  continue  et 


222  MAZ 

ainsi  de  suite  pour  tous  les  autres.  —  2°  figure  :  deux 
couples.  Deux  cavaliers  se  donnant  le  bras  gauche 
font  un  tour  sur  leur  droite  pour  changer  réciproque- 
ment de  dames;  promenade,  tour  sur  place,  nouveau 
tour  de  main  pour  revenir  près  de  ses  dames,  prome- 
nade et  tour  sur  place.  Les  deux  couples  suivants 
recommencent  et  ainsi  de  suite  pour  les  suivants.  — 
3^  figure  :  trois  couples.  Moulinets.  Trois  cavaliers,  sans 
quitter  la  main  de  leurs  dames,  se  tiennent  par  la  main 
gauche  pour  former  un  moulinet  et  tournent  à  droite. 
Les  cavaliers  se  quittent  les  mains  et  les  dames  se 
tiennent  par  la  main  droite,  placées  ainsi  au  centre  du 
moulinet;  elles  tournent  à  gauche  et  tour  sur  place  des 
trois  couples  pour  finir.  Les  trois  couples  suivants  suc- 
cèdent aux  trois  premiers  et  de  même  jusqu'aux  derniers. 

—  4*  figure  :  un  couple.  Le  premier  couple  fait  la 
chaîne  anglaise  double  avec  tous  les  couples  alterna- 
tivement; le  second  couple,  le  troisième  et  ainsi  de 
suite  continuent.  —  5^  figure  :  deux  couples.  La 
CROIX  DE  Varsovie.  Deux  cavaliers  avec  leurs  dames 
prennent  chacun  une  seconde  dame  par  leur  main 
gauche  et  se  placent  vis-à-vis  l'un  de  l'autre;  les  cavaliers 
se  donnant  le  bras  gauche  tournent  sur  leur  droite; 
chacun  fait  un  tour  de  main  avec  la  dame  placée  à  sa 
droite.  Les  cavaliers  tournent  l'un  avec  l'autre,  et  font 
un  troisième  tour  de  main  avec  la  dame  placée  à  leur 
droite.  En  avant  trois  et  holubiec  pour  finir.  Les  autres 
danseurs  continuent.  —  6°  figure  :  quatre  couples.  Les 
quatre  couples  se  placent  chacun  à  un  des  angles  du 
salon;  tous  font  avec  le  vis-à-vis  la  chaîne  anglaise;  cette 
chaîne  croisée  et  diagonale  est  répétée  plusieurs  fois. 

—  7°  figure  :  un  couple.  Le  premier  couple  fait  un 
rond  avec  le  second,  puis  avec  les  troisième,  quatrième, 
jusqu'au  dernier.  Rond  général,  holubiec  de  chaque 
couple.  —  8'  figure  :  Chaîne  plate  ou  grande  chaîne. 
Cette  chaîne  est  la  même  que  celle  faite  dans  les  lan- 
ciers (voir  les  mots  Lanciers- quadrille).  —  9°  figure  : 


MAZ  223 

rond  général  à  gauche,  à   droite  et  holubiec  par  tous 
les  couples. 

MAZOURKE  OU  COTILLOX  MAZOLRKE.  Cette 
nouvelle  édition  a  été  publiée  par  M.  Borneinan  sur  des 
textes  de  musique  originaux  transcrits  par  Dumoncel. 
Depuis  quelques  années,  certains  salons  français  avaient 
rouvert  leurs  portes  à  cette  danse  si  mouvementée  et  si 
entraînante;  une  nouvelle  théorie  était  donc  à  refaire 
et,  de  plus,  il  fallait  faire  bien  comprendre  à  tous  les 
danseurs  que  la  mazurka  et  la  polka-mazurka  n'avaient 
ensemble  rien  de  commun,  comme  je  l'ai  dit  plus  haut. 
Afin  de  mettre  cette  mazourke  ou  mazur  à  la  portée  de 
tous  nos  danseurs,  j'en  ai  fait  une  théorie  aussi  facile  et 
complète  que  possible,  en  m'inspirant  surtout  de  l'état 
actuel  des  cavaliers  et  des  dames  dont  les  talents  sont  de 
beaucoup  au-dessous  de  ceux  de  leurs  aînés.  —  Théorie 
de  la  mazourke.  La  mazourke  ou  mazur,  ou  mazurka, 
est  dansée  par  un  nombre  de  couples  indéterminé, 
placés  en  rond  autour  du  salon  et  assis  comme  dans 
notre  cotillon.  La  musique  est  en  3/4  et  le  tempd  fort 
est  marqué  sur  le  second  temps  de  la  mesure.  Les  pas 
très  brillants  chez  les  cavaliers  diffèrent  de  ceux  des 
dames  qui  se  contentent  du  pas  de  basque,  à  moins  que 
ce  ne  soit  dans  l'holubiec  où  le  pas  est  le  même  pour  les 
deux  danseurs. 

Pas  du  cavalier  :  pas  glissé,  coupé  et  talonné,  soit  en 
avant,  à  droite  ou  à  gauche;  glisser  un  pied  en  pliant 
également  les  deux  genoux  et  élever  l'autre  jambe 
derrière  tout  en  la  maintenant  souplement  étendue; 
frapper  les  deux  talons  avant  de  reprendre  le  même 
pas  avec  l'autre  pied  en  laissant  retomber  la  jambe 
élevée. 

Pas  de  l'holubiec  ou  tour  sur  place  :  assembler  les 
deux  pieds,  dégager  la  jambe  gauche  en  l'air  et  pivoter 
en  arrière  sur  la  jambe  droite;  continuer  ce  pas  en  le 
recommençant  toujours  avec  le  même  pied.  Le  cavalier 


-224.  MAZ 

commence  ce  pas  du  pied  gauche  et  sa  dame  du  droit. 
Figures  exécutées  par  un  nombre  de  couples  ad  libi- 
tum. Toute  figure  est  précédée  de  quelques  pas  de  pro- 
menade terminés  par  un  liolubiec  exécuté  par  le  ou  les 
couples  prenant  part  à  la  figure.  —  i"  figure  :  Le  grand 
ROND.  Tous  les  couples,  après  la  promenade,  se  donnent 
les  mains  en  rond  et  tournent  sur  leur  droite  jusqu'à  ce 
qu'ils  soient  revenus  à  leurs  places;  ils  tournent  une 
seconde  fois  sur  la  gauche.  Holubiec  pour  finir.  — 
2'  figure  :  Changement  de  dames.  Le  premier  couple 
prend  la  dame  du  second  et  fait  avec  elle  la  promenade 
et  l'holubiec;  il  rentre  à  sa  place  et  les  autres  lui  suc- 
cèdent. —  3'  figure  :  Moulinet  a  quatre.  Les  quatre 
premiers  couples  font  la  promenade  et  l'holubiec 
ensemble  ;  les  cavaliers  prennent  leurs  dames  à  la 
taille  par  le  bras  droit  et  se  tiennent  ensemble  par  la 
main  gauche.  Le  moulinet  ainsi  formé  tourne  sur  la 
droite;  les  cavaliers  cessent  de  tenir  leurs  dames  à  la 
taille  et  se  tiennent  par  la  main  droite  pour  remplacer 
les  dames  au  centre  du  moulinet.  Holubiec  des  quatre 
couples  pour  finir. —  4^  figure  :  La  corbeille.  Après  la 
promenade  générale  suivie  de  l'holubiec,  les  dames  se 
placent  en  rond  au  milieu  du  salon  en  face  de  leurs 
cavaliers.  En  se  tenant  les  mains,  elles  tournent  en 
rond  et  font  l'holubiec  quand  elles  se  retrouvent  face  à 
leurs  cavaliers.  Ces  derniers  se  placent  en  rond  vis-à-vis 
de  leurs  dames,  tournent  et  font  l'holubiec  en  se 
retrouvant  vis-à-vis  d'eux.  —  5"  figure  :  Rond  général. 
Tous  les  couples  forment  un  rond  à  droite  et  un  holu- 
biec quand  ils  sont  revenus  à  leurs  places  primitives; 
second  rond  en  sens  inverse  du  premier  et  second  holu- 
biec final.  —  6'  figure  :  Finale.  Le  premier  couple 
change  de  dame  avec  le  second  et  l'ait  fliolubiec  pen- 
dant que  le  troisième  fait  de  même  avec  le  quatrième; 
de  même  pour  les  autres  couples.  —  Coda  :  Promenade 
générale  et  saluts  à  la  maîtresse  de  maison  comme  dans 
notre  cotillon. 


MEN  -225 

ilIÉDOPISMOS.  Nom  d'une  ancienne  danse  tragique 
des  Grecs,  citée  par  Athénée  comme  très  répandue  en 
Laconie. 

MEMPIIITIQUE.  Danse  militaire  des  anciens  Grecs 
exécutée  en  armes  et  appelée  danse  guerrière.  Selon  la 
mythologie,  elle  aurait  été  inventée  par  Minerve.  Les 
danseurs  portaient,  comme  dans  la  pyrrhique,  le  jave- 
lot, le  glaive,  le  bouclier,  et  exécutaient  tous  les  mouve- 
ments d'attaque  et  de  défense  propres  à  former  la  jeu- 
nesse au  métier  militaire.  Lycurgue  régla  la  memphitique 
en  deux  parties  :  1"  la  gymnopédie  ou  danse  des  enfants; 
2°  la  danse  énoplienne  pour  les  adultes.  Ces  danses 
avaient  lieu,  à  l'instar  des  exercices  de  nos  bataillons 
scolaires,  sur  les  places  publiques  ou  dans  des  endroits 
vastes  et  non  bâtis.  Elles  se  composaient  de  deux  chœurs 
correspondant  à  l'âge  des  figurants,  l'un  d'enfants  et 
l'autre  d'adulles.  Des  poésies  accompagnaient  souvent 
les  danses  et  excitaient  les  danseurs  à  lancer  le  javelot 
ou  à  se  couvrir  le  côté  gauche  de  leurs  boucliers. 

Suivant  quelques  auteurs  anciens,  cette  memphitique 
aurait  comporté  quatre  parties  :  1"  le  podisme,  consistant 
en  un  mouvement  de  pieds  très  rapide;  2°  le  xéphisme, 
sorte  de  combat  simulé  dans  lequel  les  danseurs  imi- 
taient les  mouvements  d'un  guerrier  portant  ou  évitant 
les  coups  de  javelot  ;  3°  les  sauts  et  bonds  représentant 
l'action  de  franchir  rapidement  et  légèrement  un  fossé, 
un  tertre,  un  rempart;  4°  la  tétracone,  sorte  de  figure 
imitant  un  carré  exécuté  avec  ensemble  et  précédé  puis 
suivi  de  marches  et  contremarches.  La  tétracone  nous  rap- 
pelle les  bataillons  carrés  des  guerres  du  premier  Empire. 

MENACE  (LA).  Ronde  enfantine  quelquefois  usitée 
dans  les  bals  d'enfants  particuliers  et  privés;  elle  est 
dansée  sur  une  musique  spéciale  dont  la  musique  cor- 
respond aux  mouvements  de  doigts  et  de  mains,  et  elle 
ne  saurait  être  dansée  sur  un  air  autre  que  l'original. 

10. 


22fi  MEN 

Tous  les  enfants  sont  placés  deux  par  deux  les  uns 
derrière  les  autres.  Après  quelques  tours  de  promenade 
autour  du  salon,  tous  s'arrêtent  ;  chaque  cavalier  fait  face 
à  sa  dame.  Ils  s'adressent  tous  deux  trois  signes  de 
l'index  de  la  main  gauche  et  droite  alternativement, 
puis  tournent  ensemble  en  se  donnant  les  mains.  La 
promenade  est  recommencée  et  le  même  mouvement 
des  doigts  est  répété  avec  la  seconde  dame,  de  telle 
sorte  que  le  premier  cavalier  se  trouve  avec  la  seconde 
dame,  le  second  avec  la  troisième  et  ainsi  de  suite.  La 
menace  est  terminée  quand  le  premier  cavalier  ainsi 
que  tous  les  autres  sont  revenus  près  de  leurs  dames 
primitives.  Le  mouvement  de  l'index  est  indiqué  très 
clairement  dans  la  musique,  et  l'orchestre  doit  scander 
très  nettement  les  trois  temps. 

Cette  danse  a  été  reproduite  depuis  quelques  années 
sous  le  nom  de  badoise,  mais  avec  quelques  modifica- 
tions (voir  le  mot  Badoise). 

MENÉS.  Meursiiis,  dans  son  De  orchestra  veterum, 
cite  cette  danse  comme  particulière  aux  Chaviniens  et 
Laviniens.  Son  nom  lui  viendrait  de  Menés,  son  inven- 
teur ;  l'auteur  la  classe  parmi  les  danses  privées  ou  par- 
ticulières. 

MÉNÉTIUER,  MÉNESTREL.  Bien  que  cet.  ancien 
mot  ne  paraisse  s'appliquer  qu'au  joueur  d'instrument 
chargé  de  faire  danser,  il  n'en  fut  pas  moins  employé 
comme  synonyme  de  maître  à  danser  pendant  les  xvi% 
xvii^  et  xviii"  siècles.  Lacurne,  dans  son  Dictionnaire  de 
V ancien  langage  français,  et  le  Dictionnaire  de  Trévoux 
confirment  ce  qualificatif  de  maître  à  danser.  Les 
premiers  ménétriers  ont  joué,  du  reste,  un  rôle  assez 
important  dans  les  anciennes  coutumes  de  France  et 
n'étaient  pas  aussi  vulgaires  que  trop  souvent  on  le 
croit.  «  Ménétrier  ou  ménestrel,  dit  Lacurne,.  qui  dances 
cl  nottes  savez  et  avec  beau  maintien,  faire  esjouir  sots 


.  MEN  227 

et  sottes,  qu'en  dites-vous?  Monstrez  vous  fault,  puisque 
je  vous  tiens.  Aux  aultres  cy  un  tour  de  dance  ;  le  con- 
tredire ne  vault  rien,  maistre  doit  montrer  sa  science.  » 
Lefeuve,  dans  son  intéressant  livre  sur  les  anciennes 
maisons  de  Paris,  nous  initie,  tome  II,  p.  116,  à  l'his- 
toire de  ces  premiers  ménétriers  qui,  sous  la  direction  de 
leur  chef  Pariset,  ménestrel  du  roi,  fondèrent,  en  1321, 
la  confrérie  des  ménétriers  dans  la  petite  église  appelée 
Saint-Julien  des  Ménétriers  et  dont  le  portail  représen- 
tait des  joueurs  d'instruments.  L'auteur  nous  montre 
les  maîtres  à  danser  se  réunissant  en  communauté  dans 
cette  chapelle  de  Saint-Julien  et  dans  une  tribune  spé- 
ciale. Bientôt  les  réunions  deviennent  tellement  nom- 
breuses qu'il  faut,  soit  pour  les  maîtres  à  danser,  soit 
pour  les  ménétriers,  trouver  un  local  plus  vaste  et  ils 
choisissent  le  cabaret  de  l'Épée-de-Bois,  rue  Quincam- 
poix  et  rue  de  Venise.  C'est  alors  qu'est  formée  la 
première  Société  de  maîtres  à  danser  et  de  violonistes 
sous  le  nom  de  Au  Roy  des  violons.  Plusieurs  membres 
de  cette  nouvelle  Société  sont  même  investis  du  droit  de 
jurande,  parmi  eux  un  nommé  Pezé.  Le  rôle  de  ces  méné- 
triers n'était  donc  pas  anciennement  celui  que  nous 
leur  connaissons  dans  nos  bals  villageois.  Bien  souvent 
nous  nous  les  représentons  montés  sur  un  tonneau, 
triturant  les  cordes  de  leurs  violons,  et,  par  des  cris 
aigus,  rappelant  les  danseurs  à  une  fidèle  exécution  des 
figures  des  danses.  Les  temps  ont  changé  et  le  mot  de 
ménétrier  ou  ménestrel  ne  nous  rappelle  plus  que 
l'importante  maison  de  musique,  fondée  sous  ce  vocable, 
rue  Vivienne,  en  1830,  par  le  regretté  et  sympathique 
M.  Heugel  père.  Si  parfois  nous  voyons  encore  quelque 
joueur  d'instrument,  soit  violon,  clarinette  ou  autre, 
présider  aux  danses  en  montant  sur  un  tonneau,  ne 
croyons, pas  à  la  nouveauté  du  tait,  car  Régnier  nous 
contredirait  : 

Plus  d'un  ménétrier,  debout  sur  son  tonneau, 
Sous  son  archet  aigu  fait  détonner  Rameau. 


228  MEN 

MENUET.  Le  mot  (l'un  de  nos  anciens  maîtres  de 
danse,  le  plus  célèbre  en  son  temps,  explique  toute 
l'importance  de  cette  danse  revenue  en  usage  dans  nos 
salons  parisiens  depuis  quelques  années.  «  Que  de 
choses  dans  un  menuet  !  »  s'écria  Marcel,  le  professeur 
de  la  cour,  homme  aussi  habile  comme  maître  que  ridi- 
cule dans  sa  vie  privée.  Ne  le  vit-on  pas,  un  jour,  la 
main  appuyée  sur  son  front,  l'œil  fixe,  le  corps  immo- 
bile et  dans  l'attitude  d'une  profonde  méditation,  con- 
templer son  élève  dans  un  menuet  !  C'est  alors  que, 
pénétré  de  la  beauté  que  donnaient  à  son  élève  les  poses 
et  les  révérences  du  menuet,  il  lança  sa  phrase  légen- 
daire. Helvétius,  dans  son  livre  De  l'esprit,  discours  II, 
chap.  I,  et  discours  IV,  chap.  XV,  raconte  plusieurs  anec- 
dotes sur  ce  célèbre  Marcel.  En  tout  cas,  sa  phrase  est 
de  plus  en  plus  justifiée  maintenant,  car  homme  ou 
femme  dansant  le  menuet  delà  Cour,  selon  les  véritables 
traditions,  fait  valoir  avec  avantage  les  dons  de  grâce, 
de  dignité,  de  majesté  que  l'art  ou  la  nature  leur  a 
donnés. 

Revenons  à  ce  grave  et  solennel  menuet  et  ne  soyons 
pas  trop  surpris  du  succès  qu'il  obtint  de  1883  à  1890. 
JNos  jolies  mondaines  ont  trouvé  toutes  les  ressources 
de  la  grâce  et  de  la  distinction  dans  celte  danse  et  ont 
su,  en  s'y  adonnant,  faire  revivre  les  belles  années  de 
la  danse  noble,  grave  et  majestueuse.  Que  d'idéal  dans 
les  menuets  dansés  par  des  couples  aux  costumes 
Louis  XV!  Que  d'idéal  dans  ces  passes  et  balancés  où 
la  taille  se  dessine  finement,  où  la  tête  se  penche,  gra- 
cieusement et  fièrement,  à  droite  ou  à  gauche,  où  les 
bras  s'arrondissent  et  s'élèvent  harmonieusement  pen- 
dant que  les  pointes  des  pieds  se  cambrent  si  finement. 
Un  de  nos  écrivains  modernes  disait  de  la  comtesse  X..., 
qui  excellait  dans  le  menuet,  qu'elle  était  doublement 
admirable  quand  elle  le  commençait,  et  que  la  beauté 
de  son  visage  dépassait  les  plus  admirables  statues 
antiques;  trois  fois,  dans  le  bal  où  elle  figura  entourée 


MEN  229 

de  trois   autres  dames,   le  menuet  fut  redemandé  et 
recommencé,  en  excitant  l'admiration  des  invités. 

Le  menuet,  danse  grave,  lente,  terre  à  terre,  est, 
suivant  les  on  dit  du  xviii'  siècle,  originaire  du  Poitou, 
et  tire  son  nom  des  petits  pas  menus  et  serrés  dont  il  se 
composait.  Tel  est  l'avis  de  l'abbé  Brossard,  avis  d'un 
historien  digne  de  foi.  Primitivement  dansé  au  théâtre, 
le  menuet  entra  dans  les  salons  et  fut  tout  de  suite 
accepté  avec  furia;  il  fut  dansé  par  un  cavalier  et  une 
dame  seuls.  Évidemment  à  la  ville  les  pas  furent  simpli- 
fiés et  mis  en  rapport  avec  les  danseurs  de  la  cour  qui, 
bien  que  rivalisant  de  talent  avec  les  danseurs  de  théâtre, 
ne  pouvaient  présenter  les  mêmes  aptitudes.  C'est  au 
maître  de  ballet  Pécour  que  l'on  doit  la  chorégraphie 
du  premier  menuet  inséré  dans  un  ballet  ;  il  le  composa 
sur  une  mesure  en  trois  temps  lente  et  figurée  par  un 
pas  très  simple,  auquel  il  donna  le  nom  de  pas  de  me- 
nuet. Cette  simplicité  dans  le  pas  permettait  de  prendre 
toute  direction  voulue,  en  conservant  une  tenue  rigide 
et  solennelle.  C'est  à  Pécour  que  l'on  doit  cette  figure 
du  menuet  simulant  le  tracé  d'un  S  ou  d'un  Z,  pleine 
de  grâce  quand  elle  est  faite  par  la  dame  développant 
son  éventail  et  donnant  de  l'ampleur  aux  paniers  de  sa 
~ï'obe.  Le  pas  de  menuet  se  décompose  ainsi,  d'après  les 
anciens  maîtres,  et  surtout  d'après  Rameau,  qui,  dans 
son  livre  du  Maître  à  danser,  étudie  longuement  la 
danse  du  menuet  :  1"'"  temps  :  pli'er  également  les  deux 
genoux  ;  2'  temps  :  dégager  un  pied  en  avant  ou  en 
arrière  ou  de  côté,  sur  la  pointe  d'abord,  puis  laisser 
retomber  le  talon;  3'  temps  :  rapprocher  sur  la  pointe, 
puis  sur  le  talon,  le  pied  opposé  à  celui  qui  s'est  avancé. 
Quant  aux  figures,  elles  étaient  peu  nombreuses  et  con- 
sistaient principalement  en  marches  de  côté,  saints  et 
mouvements  de  bras. 

Parmi  les  nombreux  menuets  dont  nous  avons  con- 
servé les  noms  et  la  chorégraphie,  le  menuet  de  la  Cour 
figure  en  première  ligne  comme  ayant  été  le  plus  usité. 


230  MEN 

Magny,  dans  sa  Chorégraphie,  cite  la  danse  et  la  mu- 
sique des  menuets  Dauphin,  de  la  Reine  et  d'Exaudet; 
tous  sont  en  trois  temps,  mais  composés  de  pas  plus 
difficiles  et  plus  compliqués  que  ceux  du  menuet  de  la 
Cour.  Ce  dernier  était  encore  dansé  en  1835  selon  les 
principes  du  temps;  plusieurs  de  nos  aïeux  l'ont  prati- 
qué et  se  le  rappellent,  ainsi  que  la  gavotte,  à  laquelle 
il  servait  d'introduction.  Quelques  tentatives  se  sont 
produites  pendant  ces  dernières  années  pour  faire 
revivre  ce  menuet;  tentatives  heureuses,  car  elles  ont 
amené  une  réaction  favorable  à  la  danse.  Dès  1883,  plu- 
sieurs ont  été  publiés,  mais  quelques-uns  n'ont  pas  joui 
du  succès  qu'ils  méritaient,  parce  qu'ils  avaient  trop  de 
mise  en  scène  théâtrale,  entre  autres  celle  empruntée 
au  menuet  de  Don  Juan,  dansé  dans  l'opéra  de  ce  nom. 
Les  attitudes,  les  mouvements  des  bras  usités  au  théâtre 
ne  produisent  plus  le  même  effet  dans  un  salon;  les 
dames  ne  veulent  et  ne  peuvent  dans  les  balancés  pen- 
cher le  corps  comme  les  danseuses.  Du  reste,  elles  ne 
sauraient  avoir  leur  souplesse,  n'ayant  pas  assez  étudié 
l'art  proprement  dit.  Le  menuet  de  la  Cour  a  seul  cap- 
tivé les  danseurs  et,  comme  au  beau  temps  de  Louis  XV, 
a  rénové  la  grâce  et  l'harmonie  dans  la  danse.  La  sim- 
plicité de  ses  pas,  l'élégance  des  mouvements  et  des 
ports  de  bras,  sa  réminiscence  avec  le  menuet  original 
lui  ont  assuré  un  tel  engouement  qu'on  le  vit  danser 
en  1886  ou  1885  dans  un  grand  bal  d'enfants,  donné  par 
la  Société  protectrice  de  l'Enfance  à  l'hôtel  Continental. 
Quatre  cents  enfants  y  prirent  part  et  furent  couverts 
d'applaudissements.  Ce  menuet  de  la  Cour  a  été  réédité, 
conformément  à  la  musique  et  à  la  danse  originales, 
en  1880,  chez  LeBailly,  par  G.  Desrat,  avec  la  transcrip- 
tion de  la  théorie  primitive  et  avec  la  musique  du  temps 
reconstituée  par  Desgranges.  Je  l'ai  ainsi  publiée  : 
Nota.  Ce  menuet  est  dansé  par  un  ou  deux  couples 
placés  comme  dans  un  quadrille  vis-à-vis  l'un  de  l'autre; 
il  est  exécuté  avec  des  pas  de  menuet  et  des  pas  mar- 


MEN  231 

chés  sur  une  mesure  lente  en  trois  temps.  Le  pas  de 
menuet  se  fait  comme  je  l'ai  dit  plus  haut.  —  Menuet. 
i''"  reprise  :  Le  cavalier,  soutenant  la  main  gauche  de  sa 
dame  dans  sa  main  droite,  fait  avec  elle  deux  pas  de 
menuet  en  avant  ;  salut  et  révérence;  ils  tournent  pour 
se  faire  face  en  portant  les  pieds  sur  la  pointe;  saints 
et  révérences  réciproques;  par  quatre  pas  marchés  ils 
reviennent  à  leurs  places,  et  saluts  et  révérences  en  se 
donnant  la  main. —  2^  reprise:  Seul,  le  cavalier,  quittant 
la  main  de  sa  dame,  marche  trois  pas  sur  sa  gauche,  et 
se  tourne  vis-à-vis  de  sa  dame  pour  la  saluer  avec  son 
chapeau  lentement  ramené  devant  sa  poitrine  ;  il  marche 
quatre  pas  en  avant,  afin  de  traverser  le  salon  et,  placé 
en  face  de  sa  dame,  il  se  salue  avec  elle.  Cavalier  et 
dame  élèvent  lentement  la  main  droite  pour  se  la  tou- 
cher, puis  la  gauche,  puis  la  droite,  en  faisant  chaque 
fois  le  pas  de  menuet  avec  le  pied  correspondant  à  la 
main  élevée.  Tous  deux  en  élevant  encore  plus  haut  les 
mains  font  un  tour  de  main  par  quatre  pas  marchés, 
afin  de  changer  de  places;  ils  changent  de  main  et  font, 
en  se  tenant  par  la  main  gauche,  un  second  tour  de 
main  qui  les  ramène  à  leurs  places. —  S^reprise  :  Le  ca- 
valier et  la  dame  se  donnant  la  main  font  deux  pas- de 
menuet  à  droite,  se  saluent;  ils  recommencent  deux  pas 
de  menuet  sur  la  gauche  et  se  saluent. —  4:"  reprise  :  Le 
cavalier  et  la  dame,  se  tenant  par  la  main,  avancent  par 
quatre  pas  de  menuet  ;  le  cavalier  élève  le  bras  droit 
pour  faire  tourner  sa  dame  dessous  sans  lui  quitter  la 
main;  même  tour  par  la  main  gauche,  et  une  troisième 
fois  par  la  main  droite.  Les  deux  danseurs  pendant  ce 
tour,  appelé  passe,  doivent  s'élever  sur  les  pointes  aussi 
haut  que  possible.  Après  une  mesure  comptée,  les  cava- 
liers et  la  dame  élèvent  les  bras  et  font  un  premier  tour 
de  main  par  la  main  droite  et  un  second  par  la  gauche; 
ils  reviennent  à  leurs  places. —  5' reprise  et  coda:Lapre- 
mière  reprise  est  recommencée  textuellement  comme 
plus  haut.  Si  le  menuet  est  dansé  par  deux  couples,  la 


232  MEN 

musique  est  jouée  sans  doubler  les  reprises.  Si  quatre 
couples,  placés  alors  sur  deux  fa(;ades  difTérentes  eii 
carré,  l'orchestre  double  ces  reprises.  La  musique  ré- 
clame la  plus  scrupuleuse  attention,  car  la  danse  en  est 
une  traduction  mot  à  mot  pour  ainsi  dire,  où  les  notes 
et  les  mesures  expliquent  les  mouvements  des  jambes. 

L'engouement  pour  ce  menuet  fut  tel  que  l'on  en  vit 
paraître  plusieurs;  ces  compositions  ne  répondant  pas  à 
l'idée  originale  ne  purent  être  acceptées  d'une  manière 
uniforme,  car  chaque  professeur  voulut  innover.  M.  Char- 
donneret publia  un  menuet  des  Salons  auquel  il  donna 
le  litre  de  nouveau  quadrille  français,  fantaisie  choré- 
graphique; il  en  régla  la  théorie  et  la  musique.  Malheu- 
reusement il  fit  fausse  route  en  réglant  son  travail  sous 
forme  de  quadrille  composé  de  cinq  figures,  appelées  : 
\°  \ê  menuet;  2°  la  chaîne  brisée  avec  ronds,  carrés, 
moulinets  ;  3"  la  corbeille  avec  changement  de  dames; 
4-°  le  carré  de  la  marelle  avec  galop  ;  5°  la  nouvelle 
double  pastourelle. 

Deux  hérésies  flagrantes  se  rencontrent  dans  le  me- 
nuet de  M.  Chardonneret  :  le  cavalier  ne  changeait  ja- 
mais de  dame,  et  le  mot  galoper  est  en  contradiction 
avec  le  sens  et  le  caractère  dignes  et  lents  de  la  mesure 
des  menuets. 

Un  jeune  professeur  de  Paris,  de  l'Opéra,  essaya  et 
publia  le  menuet  inséré  dans  l'opéra  de  Don  Juan;  me- 
nuet très  savant  et  très  bien  mis  en  place  par  l'auteur, 
M.  deSoria.  Il  fut  édité  souslenom  de  menuet  Louis  XV 
avec  le  plus  grand  soin  dans  le  texte  et  les  gravures  et 
dansé  dans  plusieurs  salons.  Après  avoir  lu  la  théorie 
ci-dessous  que  je  copie  sur  l'auteur,  on  reconnaîtra  fa- 
cilement le  cachet  théâtral  de  la  danse  et  la  complication 
du  pas  et  des  poses  ;  de  là  beaucoup  trop  de  travail  pour 
les  élèves  et,  par  suite,  refus  de  leur  part.  La  musique 
n'a  aucun  rapport  avec  celle  du  menuet  de  la  Cour. 

«  Menuet  Louis  XV,  composé  par  M.  de  Soria,  de 
l'Opéra,  organisateur  des  bals  d'enfants  de  l'Opéra.  No- 


MEN  -2;]3 

tice:  Toutes  les  fois  qu'il  sera  fait  un  salut  par  un  cavalier 
et  une  dame,  il  doit  être  fait  auparavant  un  pas  à  droite 
ou  à  gauche,  suivant  qu'il  sera  indiqué  dans  la  théorie. 
Bien  faire  attention  à  cette  explication,  car,  dans  cer- 
tains cas,  les  n"  3  et  4  ne  font  qu'un  salut  et  une  révé- 
rence, pendant  que  les  n"'  1  et  2  en  font  deux.  Avoir  soin 
de  garder  une  position  correcte  et  de  tendre  les  pieds  en 
dehors.  Le  pas  que  l'on  fait  pendant  toute  la  durée  du 
menuet  est  celui  connu  sous  le  nom  de  pas  marché  (trois 
pas  marchés  ont  la  durée  d'une  mesure).  Voici  comment 
s'exécute  ce  pas  :  allonger  le  pied  droit  en  avant,  si  c'est 
du  pied  droit  que  l'on  commence,  jambe  tendue,  pointe 
du  pied  en  avant.  En  même  temps,  plier  la  jambe  gauche. 
l"  temps  :  poser  la  pointe  du  pied  droit  à  terre  et  se  re- 
lever; 2"  temps  :  glisser  la  pointe  du  pied  gauche  devant 
le  pied  droit;  3"  temps  :  glisser  le  pied  droit  devant  le 
gauche.  Continuer  la  deuxième  mesure  en  commençant  du 
pied  gauche  ce  qui  a  été  fait  par  le  pied  droit.  —  Théorie 
du  menuet  Louis  XV.  N"  1  :  16  mesures.  Entrée.  Pour 
se  placer,  former  un  quadrille  croisé,  les  cavaliers  fai- 
sant face  à  leurs  dames,  salut  et  révérence  à  droite  (2  me- 
sures), salut  et  révérence  à  gauche  (2  mesures).  Les 
cavaliers  allongent  le  bras  droit  et  présentent  la  main  à 
leurs  dames  et  la  dame  allonge  le  bras  gauche  en  posant 
sa  main  sur  celle  du  cavalier,  faisant  face  ainsi  au  couple 
de  vis-à-vis  (4  mesures). —  N"  2  :  16  mesures.  Le  cavalier 
commence  du  pied  gauche,  la  dame  du  droit;  le  couple  1 
change  de  place  avec  le  couple  2  (4  mesures).  Les  cava- 
liers 1  et  2  font  face  à  leurs  dames  ;  salut  et  révérence  à 
gauche  (2  mesures).  A  la  troisième  mesure,  le  couple  3 
change  de  places  avec  le  couple  4 (4 mesures).  Les  cava- 
liers 3  et  4  font  face  à  leurs  dames;  salut  et  révérence 
à  gauche  faits  par  les  quatre  couples  ;  ils  retournent  à 
leurs  places  en  recommençant  à  faire  ce  qui  a  été  fait 
pour  les  huit  premières  mesures.  — ^  N°  3  :  8  mesures. 
Chaque  cavalier  change  de  place  avec  sa  dame  en  se 
donnant  la  main  droite  et  partant  du  pied  droit  (2  me- 


234  MEN 

sures)  ;  salut  et  révérence  à  droite  (2  mesures).  Revenir 
à  sa  place,  main  gauche  et  pied  gauche  (2  mesures); 
salut  et  révérence  à  gauche  (2  mesures). —  N°  4  :  16  me- 
sures. Les  cavaliers  font  face  à  leurs  dames.  Les  dames 
n"'  1  et  2,  partant  du  pied  droit  et  en  se  présentant  la 
main  droite,  changent  de  places  ensemble  (4  mesures). 
A  la  deuxième  mesure,  les  cavaliers  1  et  2  partent  du 
pied  gauche  et  présentent  leur  main  gauche  à  la  dame 
du  couple  de  vis-à-vis  qui  a  remplacé  leur  dame,  et 
chaque  couple  ainsi  formé  tourne  sur  place  jusqu'à  ce 
qu'il  se  retrouve  à  la  sienne  propre.  Salut  et  révérence 
à  droite  (2  mesures);  salut  et  révérence  à  gauche  (2  me- 
sures); à  la  troisième  mesure,  les  couples  3  et  4  répètent 
ce  qu'ont  fait  les  couples  1  et  2  pour  les  quatre  premières 
mesures  (4  mesures)  et  terminent  par  salut  et  révérence 
à  gauche  (2  mesures).  Retourner  en  place  en  répétant  les 
huit  premières  mesures (8  mesures). —  N"  5:  8  mesures. 
Chaque  cavalier  met  le  pied  gauche  derrière  le  droit  et 
ploie  les  jambes.  Compter  un  temps  en  se  relevant  et 
faire  un  pas  de  côté  à  gauche  avec  la  jambe  gauche,  en 
portant  le  corps  sur  la  jambe  gauche  et  laissant  la  droite 
allongée  et  la  pointe  à  terre.  2''  et  3°  temps  :  rester  dans 
cette  position.  Pour  le  4"  temps,  porter  le  pied  droit  der- 
rière le  pied  gauche  ;  pour  le  5%  faire  un  pas  de  côté  à 
gauche  avec  le  pied  gauche  ;  pour  le  6%  porter  le  pied 
droit  devant  le  gauche  (2  mesures)  ;  après  ces  deux  me- 
sures de  pas  ployé  à  gauche,  faire  un  salut  à  gauche 
(2  mesures).  Pendant  que  le  cavalier  a  fait  ces  quatre 
mesures  à  gauche,  la  dame  les  fait  en  face  de  son  cavalier 
à  droite.  Pour  retourner  à  sa  place,  répéter  les  mêmes 
pas  et  inversement  (4  mesures). —  N"  6  :  8  mesures. 
Chaque  cavalier  allonge  le  pied  gauche  en  avant,  jambe 
tendue,  pointe  du  pied  à  terre  et,  avec  sa  main  droite, 
prend  la  gauche  de  sa  dame  en  l'élevant  un  peu  au-des- 
sus des  épaules  et  en  arrière  ;  la  dame  allonge  le  pied 
droit, ajant  la  jambe  tendue. —  N"  7 :  8  mesures.  Les  cava- 
liers changent  de  places  avec  leurs  dames  en  se  donnant 


MEN  235 

la  main  droite  et  partant  du  pied  droit  (2  mesures)  ; 
dans  celte    position,  chaque  couple   fait  un   balancé. 
Compter  un  temps  en  portant  les  mains  en  avant  ;  le 
cavalier  replace  le  pied  droit  dans  la  position  qu'avait  le 
pied  gauche  et  fait  un  pas  à  gauche. —  N"  8  :  8  mesures. 
Les  cavaliers  1  et  2  changent  de  places  ensemble  en  par- 
tant du  pied  droit  et  donnant  la  main  droite  à  leurs  dames  ; 
ils  continuent  à  aller  en  avant  en  se  donnant   la   main 
gauche,  puis  la  droite  à  la  dame,  qui  tourne  sur  place  en 
donnant  la  même  main  que  présente  le  cavalier.  Chacun 
des  deux  cavaliers  a  pris  ainsi  la  place  du  cavalier  de  vis- 
à-vis  (4  mesures);  salut  et  révérence  à  gauche (2  mesures). 
A  la  troisième  mesure,  les  couples  3  et  4  font  les  quatre 
premières  mesures  des  couples  1  et  2  (4  mesures)  et  ter- 
minent par  salut,  révérence  à  gauche  (2  mesures).  Re- 
tourner à  sa  place  en  répétant  les  huit  mesures  déjà  faites 
(8  mesures).  —  N"  0  :  16  mesures.  Les  cavaliers  croisent 
le  pied  droit,  jambe  tendue,  devant  la  gauche  et  avec  la 
main  droite  assez  élevée  en  se  regardant,  prennent  la  main 
droite  de  leurs  dames  qui  sont  dans  la  même  position 
qu'eux  et  font  un  balancé.  Compter  un  temps  lorsqu'on 
a  changé  de  main  et  porté   le  pied  gauche  croisé  et  la 
jambe  tendue  devant  le  pied  droit.  On  continue  en  re- 
prenant la   première   position  (2  mesures)  ;  ceci  se  fait 
une  deuxième  fois  (2  mesures).  —  N°  10  :  4  mesures. 
Introduction  comme  au  n"  1. —  NMl  :  8  mesures.  Répé- 
ter le  n"  6. —  N°  12  :  8  mesures.  Le  cavalier  et  la  dame  se 
croisent  les  mains;  les  cavaliers  font  trois  pas  glissés  en 
arrière  et  les  dames  trois  en  avant  ;  le  cavalier  retourne 
en  avant  et  la  dame  en  arrière  (2  mesures);  pirouette 
(2  mesures);  salut  et  révérence  (2  mesures).  —  N"  13  : 
16  mesures.  Chaque  cavalier  et  chaque  dame  font  un  pas 
ployé  à  gauche  (pas  ployé  expliqué  dans  le  n'  5)  ;  salut  et 
révérence  en  tournant  quatre  fois  (16  mesures).  Exemple  : 
les  cavaliers  ayant  fait  un  pas  ployé,  salut  et  révérence, 
le  cavalier  et  la  dame  2  vont  occuper  la  place  primitive 
du  n"  4.  Ceci  se  répète  jusqu'à  ce  que  chaque  couple  se 


236  MKN 

retrouve  à  sa  place.  —  N"  14-  :  8  mesures.  Chaque  cavalier 
avec  sa  main  droite  doit  prendre  la  main  droite  de  sa  dame 
et  tourne  à  droite  sur  place,  comme  il  est  indiqué  dans  les 
plans  ci-dessous  figurant  un  moulinet.  Les  couples  font 
deux  tours  entiers  (8  mesures).  —  ]N°  15  :  8  mesures. 
Faire  exactement  les  huit  premières  mesures  du  n"  9.  — 
N"  16  :  16  mesures.  Les  cavaliers,  avec  la  main  droite, 
prennent  la  main  gauche  de  leurs  dames  et  tournent  à 
gauche  sur  place  jusqu'à  ce  qu'ils  se  retrouvent  à  leurs 
places  primitives  (4  mesures)  ;  salut  et  révérence  à  droite 
(2  mesures)  ;  salut  et  révérence  à  gauche  (2  mesures)  ; 
pirouette  (2  mesures);  salut  et  révérence  adroite  (2  me- 
sures) ;  salut  et  révérence  à  gauche  (i2  mesures);  pi- 
rouette (:2  mesures)  ;  salut  et  révérences.  »  —  De  Soria  . 
Le  menuet  des  Salons,  de  M.  Chardonneret  père,  que 
j'ai  cité  plus  haut,  doit  aussi  trouver  place  dans  ce  dic- 
tionnaire, bien  qu'il  soit  beaucoup  moins  dans  la  note 
caractéristique  du  menuet  authentique.  Il  a  été  dansé 
dans  quelques  villes  du  Centre  par  des  élèves  du  profes- 
seur, à  Orléans,  où  a  eu  lieu  la  publication  suivante  : 
Le  Menuet  des  Salons,  nouveau  quadrille  français 
(fantaisie  chorégraphique),  théorie  et  musique  réglées 
par  M.  Chardonneret  père.  Musique  arrangée  pour  le 
piano  par  M.  H.  Mantin,  pianiste  des  cours.  Orléans  et 
Paris,  V°  Margueritat.  —  Théorie.  I.ntroduction  et 
INVITATION.  Introduction:  8  mesures;  invitation  à  la  9"; 
les  quatre  cavaliers  présentent  la  main  droite  à  main 
gauche  à  leurs  dames,  saints  et  révérences  prolongées 
(2  mesures),  une  mesure  d'arrêt.  —  Quadrille.  1""  fi- 
gure :  Menuet.  Les  quatre  cavaliers,  main  droite  à  main 
gauche  à  leurs  dames,  avancent  avec  elles  au  centre  par 
trois  pas  marchés  et  forment  un  carré  ;  salut  et  révé- 
rences (2  mesures);  les  quatre  couples  font  un  chassé- 
croisé  par  trois  pas  de  côté;  les  cavaliers  passent  der- 
rière leurs  dames  et  les  dames  devant  leurs  cavaliers, 
saints  et  révérences.  — Demi-double  chaîne  des  dames. 
Les  quatre  dames  se  donnent  les  mains  en  croix,  comme 


MEN  237 

pour  le  moulinet,  tournent  un  demi-tour  et  vont  pré- 
senter main  gauche  à  main  gauche  au  cavalier  de  vis-à- 
vis,  et  font  ensemble  une  promenade  en  demi-cercle  par 
la  gauche  pour  prendre  les  places  des  dames  de  vis-à- 
vis;  saluts  et  révérences  (4  mesures);  recommencer  le 
même  mouvement  une  seconde  fois  pour  que  les  dames 
reviennent  à  leurs  cavaliers  (8  mesures).  Ce  mouvement 
comprend  en  tout  1(3  mesures. — 2' mouvement  :  La 
rosace.  Les  quatre  cavaliers  main  gauche  à  main  gauche 
à  leurs  dames  les  font  passer  au  milieu  comme  pour  le 
moulinet,  mais  elles  ne  se  donnent  pas  les  mains  et 
doivent  rester  un  peu  éloignées  l'une  de  l'autre;  ce 
mouvement  s'exécute  par  quatre  pas  marchés  et  deux 
temps  d'arrêt  (2  mesures).  Cavaliers  et  dames  se  quit- 
tant les  mains  et  se  faisant  face  font  ensemble  un  chassé- 
croisé  vers  leur  gauche  par  trois  pas  et  deux  temps 
d'arrêt.  Par  ce  mouvement,  les  dames,  qui  étaient  au 
milieu,  se  trouvent  en  dehors,  et  les  cavaliers,  qui 
étaient  en  dehors,  se  trouvent  en  dedans  (2  mesures). 
Après  ce  chassé-croisé,  tour  de  main  droite,  le  cavalier 
n-  1  avec  la  dame  n"  2;  le  cavalier  n"  2  avec  la  dame 
n"  3;  le  cavalier  n"  3  avec  la  dame  n"  4.  Ce  tour  de  main 
comprend  neuf  pas  (3  mesures);  salut  et  révérence 
(1  mesure).  Par  ce  tour  de  main  les  cavaliers  se  re- 
trouvent au  milieu  et  les  dames  en  dehors.  Exécuter 
quatre  fois  ce  mouvement,  afin  que  dames  et  cavaliers, 
par  le  dernier  tour  de  main,  et  les  couples  se  faisant 
face,  soient  revenus  à  leurs  places  primitives.  Saluts  et 
révérences  en  se  retirant  en  arrière.  Ce  mouvement 
comprend  32  mesures.  —  3'  mouvement  :  Le  menuet. 
Recommencer  le  premier  mouvement  (16  mesures). 
—  4"  mouvement  :  La  promenade.  Les  quatre  couples,  les 
cavaliers  main  gauche  à  main  droite  de  leurs  dames, 
font  huit  pas  pour  aller  prendre  la  place  du  couple  de 
droite,  tous  les  couples  se  faisant  face  (4  mesures)  ;  les 
cavaliers  main  droite  à  main  droite  à  leurs  dames  font 
un  tour  de  main  sur  place  par  huit  pas  (4  mesures). 


238  MEN 

Exécuter  quatre  fois  ce  mouvement  jusqu'à  ce  que  l'on 
soit  revenu  à  ses  places,  en  tout  32  mesures;  saints  et 
révérences  (2  mesures).  Chaque  cavalier  fait  le  premier 
salut  avec  la  dame  de  gauche  et  le  second  avec  sa  dame. 
Chaque  dame  fait  la  première  révérence  avec  le  cavalier 
de  droite  et  la  seconde  avec  le  sien.  La  théorie  de  cette 
figure  ne  s'exécute  qu'une  fois.  —  2°  figure  :  La  chaîne 
BRISÉE.  1"''  mouvement  :  La  chaîne  brisée.  Les  quatre 
couples  main  gauche  à  main  gauche  comme  pour  la 
grande  chaîne  ;  les  cavaliers  partent  par  la  droite  en 
passant  derrière  les  dames;  les  dames  partent  par  la 
gauche  devant  les  cavaliers;  les  cavaliers  tour  de  main 
droite  avec  la  dame  de  droite;  main  gauche  à  main 
gauche  à  leurs  dames  en  passant  en  dedans;  tour  de 
main  droite  avec  la  dame  de  gauche;  main  gauche  à 
main  gauche  à  leurs  dames  en  passant  en  dehors.  Tour 
de  main  droite  avec  la  dame  de  droite;  main  gauche  à 
main  gauche  à  leurs  dames  eu  passant  en  dedans;  tour 
de  main  droite  avec  la  dame  de  gauche;  tour  des  deux 
mains  avec  leurs  dames  pour  le  retour  en  places  {AH  pas 
ou  16  mesures).  —  Observations  :  X"  On  remarquera 
que  les  dames  font  le  même  mouvement  que  les  cava- 
liers, et  dans  le  même  moment,  mais  en  sens  contraire; 
2"  on  ne  tourne  avec  sa  dame  que  la  dernière  fois  pour 
le  retour  à  ses  places.  —  2"  mouvement  :  Les  ronds,  les 
carrés,  les  moulinets.  Les  quatre  dames  avancent  au 
centre  en  même  temps  par  quatre  pas,  révérences 
(4  mesures);  elles  se  donnent  les  mains  et  font  un  rond 
en  tournant  à  gauche,  rond  terminé  en  faisant  face  à 
leurs  cavaliers  (-i  mesures);  cavaliers  et  dames  font  un 
chassé-croisé  à  droite  et  à  gauche,  se  faisant  face,  les 
dames  en  dedans  et  les  cavaliers  en  dehors (4  mesures); 
tour  de  main  droite  de  chaque  cavalier  avec  sa  dame, 
qui  reprend  sa  place  à  la  droite  de  son  cavalier  (4  me- 
sures). Les  quatre  cavaliers  avancent  par  quatre  pas, 
croisent  à  droite  par  quatre  pas,  en  donnant  la  main 
gauche  à  leur  vis-à-vis  (4  mesures).  Le  cavalier  n"  1 


MEN  239 

donne  main  droite  à  main  gauche  à  la  dame  n°2;  le 
cavalier  n"  :2  donne  la  main  à  la  dame  n"  3;  le  cavalier 
n"  3  à  la  dame  n°  4,  et  le  cavalier  n"  4  à  la  dame  n"  1. 
Promenade  en  moulinet  par  les  huit  danseurs  jusqu'à  ce 
que  le  cavalier  n°  1  place  la  dame  n"  2  à  la  place  de  la 
dame  n"  4;  le  cavalier  n"  2  plaçant  la  dame  n"  3  à  la 
place  de  la  dame  n"  1  ;  le  cavalier  n"  3,  la  dame  n"  4  à 
la  place  de  la  dame  n"  2  ;  le  cavalier  n"  4  place  la  dame 
à  celle  de  la  dame  n"  3.  Ce  mouvement  se  fait  par  huit 
pas  (4  mesures).  Les  quatre  cavaliers  avancent  par 
quatre  pas,  croisent  à  droite  par  quatre  pas  en  donnant 
la  main  gauche  à  leur  vis-à-vis  (4  mesures).  Le  cavalier 
n"  1  donne  main  droite  à  main  gauche  à  la  dame  n"  3; 
le  cavalier  donne  la  main  à  la  dame  n"  4  ;  le  cavalier 
n"  3  à  la  dame  n°  1  ;  le  cavalier  n"  4  à  la  dame  n"  2. 
Promenade  en  moulinet  pour  les  huit,  jusqu'à  ce  qu'ils 
aient  fait  un  demi-tour;  les  cavaliers  placent  les  dames 
au  centre  et  se  retirent  à  leur  place  opposée  (4  mesures). 
Les  quatre  dames  qui  sont  restées  au  milieu  doivent 
former  un  carré  ;  elles  font  quatre  pas  à  droite  et  quatre 
à  gauche  (4  mesures)  ;  moulinet  entier  main  droite, 
huit  pas  (4  mesures)  ;  les  quatre  cavaliers  prennent  les 
quatre  dames  main  droite  à  main  gauche,  tournent  en 
moulinet  avec  elles  et  terminent  par  une  promenade  à 
gauche  en  faisant  passer  les  dames  devant  eux  pour 
rentrer  à  la  place  primitive  des  dames;  les  quatre  cava- 
liers se  trouvent  par  ce  mouvement  avoir  change  de 
places  (8  mesures).  — 3^  mouvement  :  Les  passes,  i^Les 
cavaliers  n"^  1  et  3  et  les  dames  vis-à-vis  avancent  en- 
semble ;  le  cavalier  n"  1  présente  main  droite  à  main 
droite  delà  dame  qui  se  trouve  devant  lui;  le  cavalier 
n"  3  fait  de  même;  ils  font  ensemble  un  tour  de  main 
par  douze  pas  (4  mesures).  Les  cavaliers  s'arrêtent  et 
font  exécuter  à  leurs  dames  une  passe  sous  le  bras  droit; 
cette  passe  comprend  six  temps  (2  mesures)  ;  saluts  et 
révérences  en  reculant  (2  mesures);  recommencer  le 
même  mouvement  pour  la  contre-partie  (8  mesures).  Les 


2i0  iMEN 

quatre  cavaliers  croisent  avec  les  dames,  les  cavaliers 
derrière,  les  dames  devant;  les  cavaliers  font  un  tour 
de  main  droite  avec  les  dames  de  droite  et  les  dames 
avec  le  cavalier  de  gauche;  douze  pas  (4  mesures).  Les 
cavaliers  s'arrêtent  et  font  passer  la  dame  sous  leur  bras 
droit;  six  temps  (2  mesures);  saluts  et  révérences 
(:2  mesures).  4°  Les  cavaliers  et  les  dames  croisent  une 
seconde  fois  dans  le  sens  opposé;  les  cavaliers  vont  exé- 
cuter le  même  mouvement  avec  les  dames  de  gauche,  et 
les  dames  avec  le  cavalier  de  droite;  retour  en  places 
(8  mesures).  — 4'  mouvement  :  Les  ronds,  les  carrés,  les 
moulinets.  Recommencer  le  deuxième  mouvement  pour 
que  les  cavaliers  rentrent  à  leurs  places  (48  mesures). — 
5'  mouvement  :  La  chaîne  brisée.  Recommencer  le  pre- 
mier mouvement  pour  finir  (16  mesures).  La  musique 
est  jouée  une  fois.  —  3"  figure  :  La  corbeille,  l*"  mou- 
vement :  Promenade  des  cavaliers  en  dehors.  Tour  de 
mains;  saluts  et  révérences.  Les  quatre  dames  avancent 
d'un  pas  et  se  placent  en  tournant  un  peu  k  gauche; 
dans  le  même  moment  les  cavaliers  partent  ensemble, 
croisent  derrière  la  dame  de  gauche,  main  droite  à 
main  gauche  avec  elle.  Tour  de  main  sur  place  en  pas- 
sant devant  elle;  ce  mouvement  comprend  douze  pas 
(6  mesures)  ;  saluts  et  révérences  ("2  mesures).  Exécuter 
quatre  fois  ce  mouvement,  retour  en  places,  en  tout 
32  mesures. — 2"  mouvement  :  Les  changements  de 
dames.  Les  quatre  couples,  cavaliers  main  droite  à  main 
gauche  à  leurs  dames,  avancent  et  forment  un  carré; 
quatre  pas  (2  mesures);  les  cavaliers  présentent  la 
main  droite  à  la  dame  de  gauche,  qui  leur  donne  la 
gauche  en  se  plaçant  à  leur  droite.  Pour  ce  changement 
de  mains,  il  faut  arrondir  le  bras  avec  grâce;  quatre 
pas  (2  mesures);  les  quatre  couples  reculent  à  leurs 
places  par  quatre  pas  (2  mesures)  ;  saluts  et  révérences 
(2  mesures).  Exécuter  quatre  fois  ce  mouvement,  jusqu'à 
ce  que  les  dames  soient  revenues  à  leurs  places;  en  tout 
32  mesures.  —  3°  mouvement  :  Promenade  des  cava- 


MEN  Ùi 

tiers  en  dehors.  Tour  de  mains,  saluts  et  révérences. 
Recommencer  le  premier  mouvement  (32  mesures).  — 
4°  mouvement  :  La  corbeille.  Les  quatre  couples,  cava- 
liers main  droite  à  main  gauche  à  leurs  dames  ;  les  cava- 
liers placent  leurs  dames  devant  eux  et  elles  se  trouvent 
entre  elles  dos  à  dos;  saluts  et  révérences  (4  mesures); 
cavaliers  et  dames  chassé-croisé  à  droite  et  à  gauche  en  se 
faisant  face  par  quatre  pas  à  droite  et  quatre  à  gauche 
(4  mesures).  Tous  les  cavaliers  font  un  tour  de  main  droite 
sur  place  avec  leurs  dames  ;  les  dames  forment  ensuite 
le  rond  en  se  donnant  les  mains  et  se  tournant  le  dos; 
elles  tournent  par  la  gauche  en  chassant  le  pied  gauche 
deux  tours,  pendant  que  les  cavaliers  exécutent  une  pro- 
menade par  seize  pas  marchés  en  dehors  et  un  tour  seu- 
lement (8  mesures).  —  Observations  :  1°  On  peut  rem- 
placer le  pas  marché  par  des  chassés;  2"  les  cavaliers  ne 
se  donnent  pas  les  mains  pour  ce  mouvement.  Quand  les 
cavaliers  rencontrent  leurs  dames,  ils  donnent  main  droite 
à  main  droite  à  leur  dame  ;  main  gauche  à  main  gauche  à 
la  dame  de  gauche  leur  faisant  face  et  en  élargissant  le 
rond;  les  dames  chassent  toujours  le  pied  gauche  et  les 
cavaliers  le  pied  droit  (8  mesures).  Chaque  cavalier  fait 
un  tour  de  main  gauche  avec  la  dame  de  gauche;  ter- 
miné en  donnant  main  droite  à  main  gauche  à  la  dame 
de  droite,  et  main  gauche  à  main  droite  à  la  dame  de 
gauche.  Grand  rond  avec  chassé  par  le  pied  droit,  tous 
les  couples  se  faisant  face  (8  mesures);  tour  de  main, 
les  cavaliers  devant  leurs  dames  et  sans  changer  de 
main;  saluts  et  rév^érences  (^mesures). — 5"  mouvement  : 
Promenade  en  dehors.  Tours  de  mains,  saluts  et  révé- 
rences. Recommencer  le  premier  mouvement  pour  finir 
(32  mesures).  La  musique  est  jouée  une  fois. —  4*  figure  : 
La  nouvelle  double  pastourelle,  l»""  mouvement  : 
Chassé-croisé  par  les  quatre  couples.  Les  cavaliers 
passent  derrière  les  dames  et  elles  devant  les  cavaliers; 
saluts  et  révérences  sur  les  côtés;  second  chassé-croisé 
de  l'autre  côté;  saluls  et  révérences;  les  cavaliers  avec 

11 


242  MEN 

les  dames  de  gauche  et  les  dames  avec  les  cavaliers  de 
droite  (8  mesures);  les  quatre  cavaliers  tenant  leurs 
dames  par  la  main  avancent  par  quatre  pas,  et  reculent 
par  quatre  pas;  ils  avancent  une  seconde  fois.  Les  cava- 
liers et  dames  des  couples  n°'  1  et  3  se  quittent  les 
mains  et  se  retirent  avec  les  autres  couples  pour  former 
deux  lignes  (8  mesures).  —  La  chaîne  double.  Par  les 
quatre  de  vis-à-vis,  ce  qui  forme  deux  chaînes  doubles. 
Premier  traversé  main  droite;  deuxième  croisé  main 
gauche;  reformer  les  lignes (8  mesures);  sur  deux  lignes 
en  avant  et  en  arrière;  une  seconde  fois  en  avant;  les 
cavaliers  et  dames  des  couples  n*"  1  et  3  se  donnent  les 
mains  et  chaque  couple  revient  à  sa  place  (8  mesures). 
—  2°  mouvement  :  Double  pastourelle.  Les  couples  n"'  1 
et  3  vont  en  avant  quatre  au  centre  par  quatre  pas 
(:2  mesures);  saints  et  révérences  (2  mesures).  Rond  par 
quatre  à  gauche  et  retour  des  deux  couples  en  place  ; 
huit  pas  (4  mesures).  Le  couple  n"  1  va  en  visite  au  couple 
n"  2  et  le  couple  n"  3  au  couple  n"  4  (2  mesures)  ;  saints 
et  révérences  (2  mesures);  rond  par  quatre,  le  couple 
n"  i  avec  le  couple  n"  2  et  le  n"  3  avec  le  n"  4  ;  les  cava- 
liers 1  et  3  laissent  leurs  dames  avec  le  couple  de  droite 
et  reviennent  à  leurs  places;  huit  pas  (4  mesures);  les 
cavaliers  n"'  2  et  4,  tenant  leurs  dames  main  droite  à 
main  droite  et  l'autre  dame  main  gauche  à  main  gauche, 
avancent  par  quatre  pas  (2  mesures);  reculent  (2  me- 
sures); avancent  une  seconde  fois  (2  mesures);  les  cava- 
liers font  tourner  les  dames  sur  elles-mêmes,  et  chaque 
dame  revient  à  son  cavalier. — 3*^  mouvement:  Les  ronds 
par  deux  et  demi-ronds.  Les  quatre  cavaliers,  tour  en 
deux  mains  avec  leurs  dames,  vont  ensuite  par  la  droite 
répéter  le  même  mouvement  avec  toutes  les  dames  jus- 
qu'au retour  en  places.  Au  dernier  tour  de  main,  les 
cavaliers  et  dames  se  donnent  les  mains  et  font  face  pour 
former  un  grand  rond  général;  demi-rond  à  droite 
(4  mesures)  ;  demi-rond  à  gauche  (4  mesures).  Demi- 
chaîne  anglaise  par   les  couples   1  et  3   (4  mesures); 


MEN  -243 

demi-chaîne  anglaise  par  les  couples  2  et  4  (4  mesures)  ; 
en  tout  3:2  mesures.  Par  les  demi-chaînes  anglaises,  les 
couples  se  trouvent  avoir  changé  île  places.  —  4' mouve- 
ment :  Le  cliassé-croisé.  Recommencer  le  premier  mou- 
vement pour  la  contre-partie. —  5'niouvement  :  La  double 
pastoureUc.  Recommencer  le  second  mouvement  pour 
la  contre-partie.—  6"  mouvement  :  Les  ronds  par  deux. 
Recommencer  le  troisième  mouvement  pour  que  les 
couples  rentrent  à  leurs  places.  —  7^  mouvement  :  Le 
chassé-croisé.  Recommencer  le  premier  mouvement 
pour  finir.  La  musique  est  jouée  une  fois. —  5"  figure  :  Le 
CARRÉ  DE  LA  MARELLE.  Inlvoductlon.  A  la  Septième 
mesure  les  cavaliers,  donnant  la  main  à  leurs  dames, 
vont  se  placer  aux  angles  sur  la  gauche  (:2  mesures). 
—  l"''  mouvement  :  Les  marches.  Les  quatre  cavaliers, 
conduisant  leurs  dames  par  la  main  droite,  avancent  et 
forment  un  carré;  quatre  pas  en  arrière,  six  pas  de  côté 
à  droite  pour  aller  à  l'autre  coin  prendre  la  place  du 
couple  de  droite;  saints  et  révérences  (8  mesures).  Ce 
mouvement  se  répète  quatre  fois  jusqu'au  retour  en 
places;  en  tout  32  mesures.  Sur  2  mesures  chaque 
couple  reprend  sa  place  primitive.  —  Observations  :  On 
peut  remplacer  la  marche  par  le  galop,  et  les  saints  et 
révérences  par  l'holubiec.  —  2'  mouvement  :  Le  carré 
de  la  marelle.  Les  quatre  dames  ensemble  avancent  au 
centre  par  quatre  pas  (2  mesures);  elles  se  donnent  les 
mains  et  font  un  demi-rond  à  gauche,  puis  reculent  ; 
la  dame  n"  1  à  la  place  de  la  dame  n"  3;  la  dame  n"  2  à 
celle  de  la  dame  n"  4;  la  dame  n"  3  à  celle  de  la  dame 
n"  1  ;  la  dame  n°  4  à  celle  de  la  dame  n°  2.  Pendant  ce 
mouvement,  les  cavaliers  par  seize  pas  vont  se  placer  au 
coin  du  quadrille  à  la  gauche  de  leurs  dames  (8  me- 
sures). —  3"  mouvement  :  Demi-inoiUinets  alternatifs. 
Les  quatre  dames  se  donnent  la  main  droite  en  croix, 
font  un  demi-moulinet,  donnent  la  main  gauche  au 
cavalier  de  vis-à-vis;  demi-moulinet  ensemble.  Les 
dames  et  les  cavaliers  recommencent  une  seconde  fois 


244  MEN 

le  même  mouvement;  en  tout  16  mesures.  Sur  :^  me- 
sures les  cavaliers  font  reprendre  aux  dames  les  places 
qu'elles  occupaient  avant  les  demi-moulinets,  et  les 
cavaliers  restent  aux  coins.  —  4''mouvement  :  La  chaîne 
continue  des  dames.  La  dame  n"  1  avec  la  dame  n"  2;  la 
dame  n°  3  avec  la  dame  n"  4  commencent  ensemble;  le 
premier  traversé  main  droite;  le  premier  croisé  main 
gauche;  le  deuxième  traversé  main  gauche;  le  deuxième 
croisé  main  gauche;  le  troisième  traversé  main  droite; 
le  troisième  croisé  main  gauche  ;  le  quatrième  traversé 
main  droite;  le  quatrième  croisé  main  gauche;  termi- 
ner le  mouvement,  les  dames  près  de  leurs  cavaliers 
(16  mesures).  —  Observations  :  Dans  ce  mouvement  les 
dames  doivent  s'éloigner  l'une  de  l'autre.  —  5"  mouve- 
ment :  La  marche.  Recommencer  le  premier  mouvement 
(3î2  mesures);  2  mesures  pour  reprendre  ses  places. 
—  6''mouvement  :  Le  carré  de  la  marelle.  Recommencer 
le  second  mouvement  pour  revenir  à  sa  place. —  7"  mou- 
vement :  Demi-moulinets  alternatifs.  Recommencer  le 
troisième  mouvement  (16  mesures);  sur  "i  mesures  faire 
reprendre  leurs  places  aux  dames.  —  8"  mouvement  : 
La  chaîne  continue  des  dames.  Recommencer  le  qua- 
trième mouvement  (16  mesures).  —  9"  mouvement  :  La 
marche.  Recommencer  le  premier  mouvement  (32  me- 
sures); sur  2  mesures  reprendre  sa  place  primitive.  — 
10'  mouvement  :  finale.  Les  passes.  Les  quatre  cavaliers 
croisent  avec  les  dames;  les  cavaliers  derrière,  les 
dames  devant;  les  cavaliers  font  un  tour  de  main  droite 
avec  les  dames  de  droite  et  les  dames  avec  le  cavalier 
de  gauche  (12  pas,  4  mesures);  les  cavaliers  s'ar- 
rêtent et  font  passer  la  dame  sous  leur  bras  droit 
(2  mesures);  saluts  et  révérences  (2  mesures);  les  cava- 
liers et  dames  une  seconde  fois  dans  le  sens  opposé  ; 
chaque  cavalier  exécute  le  même  mouvement  avec  la 
dame  de  gauche  et  chaque  dame  avec  le  cavalier  de 
droite  (16  mesures);  saluts  et  révérences  prolongées,  les 
cavaliers  à  lears  dames  et  les  dames  à  leurs  cavaliers. 


M  EN  nn 

La  musique  est  jouée  une  fois  (Théorie  de  Cluirdon- 
nerel). 

Je  ne  parlerai  pas  du  menuet  dont  M.  Giraudet  dit  dans 
son  Traité  de  danse  :  «  Le  menuet  est  souvent  la  pré- 
face du  répertoire  des  danseurs  comiques  »  (p.  57).  La 
phrase  me  semble  trop  vague  et  trop  peu  en  harmonie 
avec  la  note  caractéristique  de  la  gravité  de  tous  les 
menuets. 

Menuet  d'Exaudet.  Le  menuet  d'Exaudet,  chanté  et 
dansé  en  1769,  a  été  reconstitué  en  1893  par  G.  Desrat, 
avec  le  texte  des  paroles  et  la  chorégraphie  de  l'auteur. 
Les  paroles  sont  tirées  de  la  comédie  de  Favart,  la  Ro- 
sière de  Solènes,  et  la  chorégraphie  du  savant  maître  de 
danse  Exaudet,  auquel  on  doit  la  musique.  Exaudet,  né 
<à  Rouen  vers  1710,  fut,  à  l'Opéra,  violon  répétiteur  de 
la  danse  en  1749  ;  il  composa  et  fit  danser  le  55  octobre 
1709  le  menuet  auquel  il  donna  son  nom.  Ce  menuet 
obtint  un  tel  succès  qu'il  fut  dansé  à  la  cour,  après 
l'avoir  été  au  théâtre  et,  de  là,  franchit  les  salons  du 
temps  —  il  rivalisa  longtemps  avec  le  menuet  de  la 
Cour,  composé  par  Veslris.  La  reconstitution  a  été 
publiée  chez  M.  Borneman  sous  un  texte  contenant  à  la 
fois,  et  les  paroles  chantées,  et  les  pas  de  danse  exécutés. 
—  Théorie  :  un  cavalier  et  une  dame.  —  1"  reprise  : 
16  mesures.  Traversé.  Cavalier  et  dames  avancent  en  se 
tenant  par  la  main,  ils  se  séparent  à  droite  et  à  gauche, 
reculent  pour  faire  face  à  la  place  où  ils  ont  commencé. 
Ils  tournent  ensuite,  le  cavalier  marchant  derrière  sa 
dame  et  s'arrètant  pour  se  saluer.  —  '2"  reprise  :  16  me- 
sures. Les  mêmes  mouvements  sont  recommencés  pour 
revenir  en  places  primitives.  —  3'  reprise  :  12  mesures. 
Solo.  Seul  le  cavalier  se  dirige  sur  sa  droite  et  s'arrête  ; 
il  se  dirige  ensuite  sur  sa  gauche  et  s'arrête.  La  dame, 
après  lui,  se  dirige  sur  sa  gauche,  s'arrête  ;  elle  recom- 
mence sur  sa  droite  et  s'arrête.  L'un  et  l'autre  se  rap- 
prochent et  se  donnent  les  deux  mains.  —  i^  reprise  : 
16  mesures.  Balancé.  Se  donnant  les  deux  mains,   ils 


246  MIM 

les  élèvent  à  droite,  àgauche,  à  droite  et  s'arrêtent  sur  les 
pointes.  Se  quittant  les  mains,  ils  font  chassé-croisé  à 
droite  en  s'éloignant  l'un  de  l'autre  ;  ils  se  rapprochent 
lentement  et  font  un  tour  de  main  pour  revenir  à  leur 
place  et  se  saluer.  En  avant  deux  et  tour  de  main. — 
5"  reprise  :  12  mesures.  Balancé.  Se  plaçant  en  face  l'un 
de  l'autre,  ils  se  séparent,  puis  se  rapprochent  pour  se 
donner  la  main  et  revenir  à  leurs  places.  —  6^  reprise  : 
16  mesures.  Traversé.  Mêmes  mouvements  que  dans  la 
la  première  reprise.  —  T  reprise  :  16  mesures.  Retour. 
Mêmes  mouvements  que  dans  la  seconde  reprise. 

Menuet  Valzer.  La  mode  du  menuet  français  semble 
avoir  gagné  l'Allemagne  depuis  quelques  années  ;  on 
retrouve  en  effet  dans  les  publications  de  M.  Edward 
Bloch,  de  Berlin,  éditeur  le  plus  accrédité  de  tous  les 
amateurs,  le  menuet  valsé  (ironie  d'un  tel  amalgame 
de  valse  et  de  menuet),  le  menuet  de  la  Cour  emprunté, 
sinon  reproduit,  du  menuet  de  la  Cour  remis  à  jour  en 
1885,  par  G.  Desrat,  et  enfin  le  menuet  delà  Reinedonl 
M.  de  Soriaa  bonne  connaissance  comme  enélantl'auteur 
le  plus  récent.  Toutes  ces  danses  sont  réglées  à  quatre 
couples  et  exécutées  sur  une  mesure  lente  et  large;  la 
musique  est  réglée  par  le  compositeur  allemand  J. 
Hertel. 

MÉTOÉCIES.  Fêtes  grecques  données  en  l'honneur 
de  la  réunion  des  douze  bourgades  de  l'Attique  ;  cette 
fête  était  annuelle. 

MIMES.  On  appelait  ainsi  dans  l'antiquité  les  dan- 
seurs qui  traduisaient  une  action,  soit  théâtrale,  soit 
privée,  par  des  gestes  et  en  suivant  une  mesure  déter- 
minée accompagnée  de  chants.  Les  premiers  mimes 
sont  loin  d'offrir  une  image  bien  attrayante  ;  non  seule- 
ment ils  étaient  dépourvus  de  toute  instruction,  de 
toute  tenue,  mais  le  plus  souvent  la  grossièreté,  la 
sottise,  l'indécence  étaient  le  seul  but  de  leur  rôle.  Ils 


MOM  247 

se  présentaient  en  public  la  tête  rasée,  les  pieds  nus,  le 
visage  barbouillé  de  suie,  le  corps  recouvert  d'une 
peau  d'animal  grossièrement  ajustée. 

Les  Romains  eurent  deux  genres  de  mimes  :  les  mimi 
urbani  ou  mimes  publics  et  les  mimi  domestici  ou 
mimes  privés.  Les  premiers  portaient  quelquefois  le  nom 
de  planipedes,  parce  qu'ils  dansaient  avec  les  pieds  nus. 
Dans  sa  IP  satire,  Horace  laisse  supposer  que  les 
femmes  se  mêlèrent  aux  mimes,  mais  très  rarement. 
Nous  avons  eu  en  France  pendant  quelque  temps  des 
mimes  ;  ils  furent  supprimés  par  les  ordonnances  d'un 
concile  au  moyen  âge. 

MOELLFXX.  Cet  adjectif  est  très  souvent  employé 
dans  la  leçon  de  danse  et  sert  à  exprimet-  la  plus  grande 
souplesse  répandue  dans  tout  le  corps.  Un  danseur 
moelleux  ne  trahit  aucun  effort  dans  ses  pas,  quelles  que 
soient  leur  vigueur  ou  leur  difficulté.  Vestris  de  son 
temps,  Emma  Livry  du  nôtre  sont  des  modèles  à  suivre 
sous  ce  rapport. 

MŒMACTÉRIES.  Nom  de  danses  et  de  fêtes  grec- 
ques consacrées  à  Jupiter;  elles  étaient  annuelles  et  très 
suivies  par  le  peuple. 

MOLOSSIKÈ.  Athénée  cite  cette  danse  comme  très 
goûtée  des  Grecs  en  raison  de  son  exécution  simple  et 
facile. 

M03IERIE  OC  3I03IERIES.  Danse  bouffonne.  D'après 
Lacurne  de  Sainte-Palaye,  dans  son  Dictionnaire  de 
l'ancien  langage  français,  ce  moi  fut  appliqué  à  la  danse 
pour  la  première  fois  par  Mathieu  de  Fourcy.  Ces 
danses  bouffonnes  semblent  nous  rappeler  les  danses 
joviales  de  notre  carnaval,  car,  outre  leur  caractère 
empreint  d'une  gaieté  plus  qu'excessive,  elles  avaient  lieu 
en  mars  et  avril  ;  de  plus  elles  étaient  dansées  par  des 


248  MOM 

gens  costumés  comme  dans  les  mascarades.  Guillaume 
Paradin  nous  apprend  aussi  que  par  extension  le  mot  de 
momerie  pouvait  être  donné  à  un  ballet  dansé  au  milieu 
d'une  fête  costumée.  Selon  lui,  momerie  et  ballet  ne 
difTéreraient  pour  le  bal  que  s'il  était  costumé  ou  non. 
On  en  trouve  la  preuve  quand  il  nous  décrit  la  momerie 
des  Ardents  qui  n'était  autre  que  le  ballet  des  Ardents, 
dansé  à  Paris,  à  l'hôtel  Saint-Pol  (ou,  comme  aulcuns 
l'ont  escript,  l'hôtel  d'Orléans),  un  mardi  devant  la 
Chandeleur  en  l'an  de  grâce  1392.  C'est  dans  ce  bal  que 
Charles  VI  faillit  mourir  au  milieu  des  flammes  et 
perdit  la  raison.  Gastil-Blaze,  dans  sou  livre  sur  la  danse 
et  les  ballets,  assigne  à  cette  momerie  la  date  du  29  jan- 
vier 1393  au  lieu  de  celle  de  1392  donnée  par  Paradin. 
Ce  ballet  des  Ardents  attira  tellement  l'attention  géné- 
rale en  raison  des  incidents  qui  s'y  produisirent  que  je 
crois  utile  de  rappeler  le  texte  de  l'auteur  auquel  nous 
devons  l'authentique  et  minutieuse  description  sui- 
vante :  ((  Estant  la  santé  du  roy  Charles  VI  de  France 
grandement  esbranlée  par  une  humeur  mélancolique, 
l'on  donnait  le  plus  d'ordre  que  l'on  pouvait  de  la  rale- 
grer  et  resiouyr,  mesment  quand  son  indisposition  luy 
laschait  quelqu'intervalle  de  santé.  En  quoi  se  voulant 
emploier  un  gentilhomme  de  sa  chambre,  et  le  plus 
favori  de  ses  mignons,  nommé  Henegrigen  de  Gensay, 
homme  monitif  et  de  bon  esprit,  mit  sus  une  momerie 
de  danses  saulvages  pour  lesquels  déguiser  fit  ses 
accoutrements  de  toile  de  lin,  fort  longs  et  déliés  comme 
cheveux,  pendus  depuis  le  haut  de  la  tête  jusqu'à  la 
pointe  des  pieds  ;  vêtement  tellement  ajusté  que  les  per- 
sonnages avaient  l'air  d'être  aussi  peu  vêtus  que  les 
ardents.  Le  roi  voulut  être  de  la  momerie  et  recom- 
manda à  tous  les  momeneurs  par  un  huissier  de  se  tenir 
pendant  les  danses  bien  loin  derrière  de  peur  de  feu.  » 
A  l'entrée  dans  la  salle  de  bal  de  tous  les  danseurs 
habillés  en  sauvages,  le  duc  d'Orléans,  tenant  un  flam- 
beau allumé  à  la  main,  s'approcha  de  l'un  d'eux  afin 


MOS  249 

d'examiner  de  près  leurs  costumes,  et  mit  le  feu  à  son 
vêtement  de  toile.  La  flamme  se  communiqua  de  l'un 
à  l'autre.  L'eflroi  fut  d'autant  plus  grand  que  la  pré- 
sence du  roi  parmi  les  danseurs  était  connue  de  tous  les 
invités.  Seul  le  comte  de  Jouy  et  le  bâtard  de  Foix  pé- 
rirent cruellement.  Le  roi  dut  son  salut  à  la  présence 
d'esprit  de  la  duchesse  de  Berry,  qui,  le  couvrant  de  sa 
robe,  l'entraîna  rapidement  hors  de  la  salle  des  fêtes. 
A  partir  de  cette  fin  du  xvi°  siècle,  on  ne  rencontre 
plus  le  mot  momerie  appliqué  à  la  danse. 

MONTFERINE  (LA).  Danse  italienne  anciennement  en 
honneur  chez  les  Milanais;  simple  et  élégante  tout  à  la 
fois,  elle  tenait  un  peu  de  nos  bourrées  du  Poitou.  Un 
cavalier  et  une  dame,  parfois  un  second  cavalier,  prenaient 
part  à  la  danse  consistant  en  promenade,  ronds  et  tours 
de  main.  Quand  un  second  cavalier  venait  se  joindre  au 
premier,  il  lui  ravissait  sa  dame  et  recommençait  avec 
elle  les  promenades,  ronds  et  tours  de  main;  le  premier 
cavalier  retournait  à  sa  place. 

MONTGOLFIER  (LA).  Nom  d'une  ancienne  contre- 
danse de  la  fin  du  xviii*  siècle;  son  nom  lui  fut  donné 
comme  étant  une  actualité  et  elle  fut  assez  répandue 
dans  les  bals.  Fertiault  la  cite  dans  son  livre  sur  la 
danse  ancienne  et  moderne. 

MORPHOSMOS.  Danse  grecque  citée  par  Athénée 
comme  imitant  toutes  sortes  d'animaux  dans  leurs  gestes 
et  dans  leurs  cris;  elle  était  dansée  et  chantée  en  même 
temps. 

MORTS  (DANSE  DES).  Voir  le  mot  Macabres,  danse 
macabre. 

MOSCOVITE  (LA).  Nom  d'une  ancienne  contre- 
danse française,  sorte  de  pot-pourri  composé  de  figures 

H. 


250  MUS 

empruntées  à  diverses  danses  et  exécutée  par  un  nombre 
de  couples  ad  libitum. 

MOTIIOX.  Ancienne  danse  grecque  spécialement  ré- 
servée aux  esclaves  et  chantée. 

MOULINET.  Terme  de  danse  exprimant  une  figure 
formée  par  plusieurs  personnes  se  tenant  toutes  par  la 
même  main,  et  les  mains  croisées  l'une  sur  l'autre 
forment  le  centre  du  moulinet.  On  retrouve  ce  moulinet 
dans  presque  toutes  les  danses  des  villes,  quadrille  ou 
cotillon.  Trois,  quatre  ou  plusieurs  cavaliers  ou  dames 
peuvent  établir  ce  moulinet  en  se  tenant  par  la  main 
droite  ou  par  la  gauche. 

MOUYEMEXT.  Ce  mot  est  pris  en  danse  dans  le  sens 
de  pas  ou  d'assemblage  de  pas;  il  a  également  une 
expression  plus  étendue  comme  synonyme  d'action.  Le 
professeur  répète  fréquemment  cette  observation  : 
«  Donnez  plus  de  mouvement  à  votre  danse.  »  Ce  qui 
implique  un  déploiement  plus  grand  de  vie,  de  passion, 
demandé  à  l'élève.  En  musique,  le  mot  ne  s'adresse  qu'à 
la  mesure  :  mouvement  'iji  ou  3/4  ;  il  est  toujours 
accompagné  d'un  adjectif  qualifiant  la  lenteur  ou  la  ra- 
pidité de  cette  mesure. 

MrXYCHIEXXES.  Danses  grecques  consacrées  à 
Diane;  elles  comprenaient  les  fêtes  des  Muses,  des  Né- 
mésis  et  rappelaient  la  victoire  de  Marathon,  ainsi  que 
celle  de  Pallas  sur  Neptune.  Ces  fêtes,  composées  de 
chants  et  de  danses,  étaient  célébrées  en  grande  pompe 
sur  les  voies  publiques.  De  toutes  parts,  de  toutes  les 
villes  de  la  Grèce,  et  Athènes  était  la  plus  assidûment 
représentée,  on  accourait  en  foule. 

MUSETTE  (LA).  Ancienne  danse  des  montagnes  de 
Clermdnt-Ferrand,  prenait  son  nom  de  l'instrument  qui 


MYS  251 

servait  à  l'accompagner;  sorte  de  bourrée  d'Auvergne 
originale  très  en  faveur  encore  chez  nos  charbonniers  et 
nos  porteurs  d'eau  à  Paris,  voire  même  chez  les  Trotteurs. 
Tous  les  dimanches  ces  braves  enfants  de  l'Auvergne  se 
réunissent  et  forment  de  petits  bals  entre  eux  chez  des 
marchands  de  vin  et  dansent  au  son  de  la  musette.  Un 
de  ces  bals,  situé  place  Maubert,  portait  encore  le  nom  de 
Bal-Musette.  Je  dis  portait,  car  l'immeuble  est  démoli 
depuis  1891,  pour  le  prolongement  de  la  rue  Monge,  au 
coin  du  boulevard  Saint-Germain,  non  loin  de  la  statue 
d'Etienne  Dolet.  Tons  chantent  le  vieux  refrain  du  pays  : 

Pour  bien  dançà 
Vivent  les  Auvergnats. 

Ils  accompagnent  les  paroles  de  vigoureux  coups  de 
pied  sur  le  parquet  et  suivent  la  mesure  avec  la  plus 
grande  rigueur.  La  musique  primitive  de  cette  danse 
était  en  deux  temps  avec  point  d'orgue  à  la  fin  de  chaque 
reprise;  ce  point  s'appelait  basse  de  la  musette  et  était 
marqué  par  le  coup  de  pied.  Compan  raconte  que  <(  dans 
l'ancien  temps  on  voyait  les  bergères  ornées  de  guir- 
landes de  tleurs  ramener,  vers  le  soir,  leurs  troupeaux 
pendant  que  Corydon  faisait  résonner  sa  musette.  Les 
bergers,  pour  plaire  à  leurs  belles  et  pour  les  engager, 
unissaient  leurs  danses  à  leurs  sons  de  voix  les  plus  doux 
et  les  plus  flatteurs.  On  regrette  de  ne  pas  être  habitant 
d'une  contrée  où  l'on  ne  connaissait  d'autre  ambition 
que  celle  de  plaire,  et  d'autre  occupation  que  celle 
d'aimer.  »  Dans  tous  les  bals-musettes  régnent  toujours 
la  plus  grande  décence  et  le  plus  grand  ordre;  chacun  y 
vient  mù  par  la  seule  idée  du  plaisir  de  danser  sa  mu- 
sette nationale. 

MYSORE  (DANSE  DE).  Cette  danse  de  l'Inde  doit  son 
nom  à  la  ville  de  Mysore  où  elle  est  fort  usitée;  elle  est 
très  gracieuse  et  spécialement  affectée  aux  enfants.  On 
pourrait  la  regarder  comme  une  figure  de  notre  cotillon 


252  MYS 

par  suite  des  mouvements  qui  rappellent  nos  moulinets 
et  nos  ronds.  Notons  en  passant  qu'aucune  danse  du 
genre  de  nos  valses  n'a  droit  de  cité  chez  les  Chinois. 
Seules  les  peuplades  restées  à  demi  sauvages  pratiquent 
la  danse  sous  un  caractère  religieux  ou  guerrier.  Le 
Magasin  pittoresque,  année  1834,  p,  194,  donne  la 
description  suivante  de  la  danse  de  Mysore  : 

«  Il  est  à  Mysore  un  divertissement  que  nous  n'avons 
jamais  songé  à  imiter  dans  nos  ballets  et  qui  consiste  en 
ceci  :  d'un  anneau  fixé  au  centre  du  plafond  de  l'enceinte 
où  le  public  est  rassemblé,  descendent  huit  cordons  de 
soie  de  couleurs  différentes,  dont  quatre  garçons  et 
quatre  jeunes  filles  tiennent  les  extrémités.  A  un  certain 
signal  ces  huit  enfants  commencent  une  danse  dont  les 
pas  sont  réglés  de  façon  que,  peu  à  peu,  ils  arrivent 
à  tresser  ensemble  les  huit  cordons.  Après  avoir  tourné 
quelque  temps  dans  un  sens,  l'orchestre  change  d'air  et 
la  tresse  se  détend,  pour  se  reformer  de  nouveau  dans 
un  sens  différent.  On  peut  produire  les  effets  les  plus 
agréables  par  le  jeu  des  couleurs  des  rubans  qui  se  réu- 
nissent comme  par  enchantement,  et  par  les  vêtements 
variés  des  enfants  qui,  isolés  et  éloignés  lorsque  les  fils 
sont  libres  et  séparés,  se  croisent,  se  mêlent  et  semblent 
se  confondre  et  perdre  la  règle  de  leurs  pas,  pour  repa- 
raître bientôt,  mais  ensemble,  groupés  sous  leur  large  et 
éclatante  tresse.  » 

Cette  figure  paraît  avoir  donné  l'idée  de  celle  appelée 
arbre  de  mai  et  exécutée  dans  notre  cotillon;  les  quatre 
couples  valsant  tiennent  chacun  un  des  bouts  d'un  ruban 
dont  l'extrémité  supérieure  est  fixée  au  sommet  d'un 
petit  mât  placé  au  milieu  du  salon;  la  figure  porte  éga- 
lement le  nom  de  bergère  des  Alpes. 


NEV  253 


N 


NAPOLITAINE  (LA).  Danse  du  genre  des  tarentelles 
italiennes  et  propre  aux  Napolitains;  on  est  en  droit  de 
s'étonner  de  trouver  chez  un  peuple  dont  l'indolence  est 
devenue  proverbiale,  une  danse  aussi  vive  et  alerte.  Les 
petits  pas  serrés  appelés  pas  de  bourré  (voir  ce  mot)  y 
abondent  sur  une  mesure  en  6/8  très  précipitée.  Hommes 
et  femmes  la  dansent  par  couples  avec  force  passages  de 
droite  à  gauche,  de  gauche  à  droite;  des  lignes  diago- 
nales décrites  dans  un  sens  par  le  cavalier  et  dans  l'autre 
par  sa  dame  en  se  faisant  face.  De  temps  à  autre  inter- 
vient un  solo  du  cavalier  ou  de  la  dame. 

NÉMÉSIS.  Anciennes  danses  grecques  instituées  en 
l'honneur  de  la  victoire  de  Marathon  ;  elles  tenaient  des 
munychiennes,  objet  du  même  culte. 

NEUROBATES.  Les  anciens  donnaient  ce  nom  aux 
danseurs  de  corde  qui,  non  seulement  marchaient  sur  la 
corde,  mais  y  exécutaient  les  pas  de  danse  les  plus  diffi- 
ciles. 

NEVA  (LA).  Danse  composée  en  1892]par  M.  Mounier, 
professeur  de  danse  cà  Orléans,  et  publiée  chez  l'éditeur 
Borneman,  à  Paris,  '2,  rue  de  l'Abbaye.  Le  titre  indique 
que  l'auteur  a  écrit  cette  danse  sous  l'impression  gran- 
diose des  marins  russes  à  Paris.  Il  en  a  écrit  la  théorie 
et  la  musique  avec  une  originalité  digne  d'être  men- 
tionnée. Sa  théorie  est  ainsi  publiée  : 

«  La  Neva,  nouvelle  danse  de  salon,  théorie  et  musique 
de  C.  Mounier,  professeur  de  danse  à  Orléans.  Éditeur: 
Borneman. 


254  NOC 

«  L'originalité  du  rythme,  le  caractère  gai  et  gracieux 
de  la  musique  réservent  à  cette  nouvelle  danse  une  large 
place  dans  les  salons  mondains.  Elle  s'exécute  sur  une 
mesure  à  2/4  d'un  mouvement  un  peu  plus  vif  que  la 
polka;  le  cavalier,  le  bras  droit  à  la  taillade  sa  danseuse, 
la  main  gauche  sur  la  hanche,  les  doigts  groupés  et 
allongés,  le  revers  de  la  main  en  dedans,  le  pied  gauche 
serre  le  pied  droit:  —  Théorie.  1'*  mesure  :  poser  la 
pointe  du  pied  gauche  devant  et  derrière  le  pied  droit; 
2^  mesure  :  faites  un  pas  de  polka  du  pied  gauche  en 
tournant  un  quart  de  tour;  3"  mesure  :  passer  la  pointe 
du  pied  droit  devant  et  derrière  le  pied  gauche;  i"  me- 
sure :  faites  un  pas  de  polka  du  pied  droit  en  tournant 
un  quart  de  tour;  5"  mesure  :  deux  pas  de  galop  du  pied 
gauche  en  ligne  droite;  6"  mesure  :  pas  de  polka  du  pied 
gauche  en  tournant  un  demi-tour;  7°  mesure  :  deux  pas 
de  galop  du  pied  droit  en  ligne  droite;  8'  mesure  :  pas 
de  polka  du  pied  droit  en  tournant  un  demi-tour.  Les  pas 
sont  les  mêmes  pour  la  danse  en  commençant  du  pied 
droit.  —  Nota  :  Dans  l'exécution  de  cette  danse,  les 
pointes  des  pieds  doivent  être  très  basses,  les  jambes 
bien  tendues  :  les  couples  qui  la  danseront  en  se  tenant 
par  les  mains  auront  infiniment  plus  de  grâce.  » 

NIBADISxIIOS  OU  NIBATISMOS.  Danse  grecque  citée 
par  Meursius  dans  laquelle  les  danseurs  imitaient  le 
saut  des  chèvres;  elle  faisait  partie  des  danses  comiques. 

XIOBÉE  (LA).  Danse  grecque  appelée  aussi  daphné 
parce  qu'elle  représentait  la  métamorphose  de  Daphné. 
Elle  est  citée  par  Ausone  qui,  dans  une  épigramme 
lancée  contre  un  mauvais  danseur,  lui  adresse  ce  dis- 
tique : 

Daphnem  et  Niobem  saltavit  sinnius  idem; 
Ligneus  est  Dapline,  Saxeiis  est  Niobé. 

NOCES  (DANSE  DES).  Dès  la  plus  haute  antiquité,  les 
danses  firent   partie  des  fêtes  nuptiales;  elles  avaient 


NOC  255 

toutefois  primitivement  un  caractère  tout  différent  de 
celui  qu'elles  ont  actuellement.  Chez  nous,  les  mariés 
ouvrent  le  bal,  les  invités  suivent  et  tout  le  monde  prend 
part  aux  danses  ;  chez  les  anciens  on  louait  des  danseurs 
de  profession  pour  égayer  les  convives.  Si,  très  ra- 
rement, la  société  se  mêlait  à  ces  danseurs,  ce  n'était 
que  par  suite  des  trop  copieuses  libations.  On  trouve 
dans  le  Festin  de  Xénophon  un  intéressant  tableau  de 
ces  danses  nuptiales  des  Grecs  : 

((  Après  qu'on  eut  desservi,  qu'on  eut  fait  les  libations 
et  qu'on  eut  chanté  l'hymne,  on  vit  entrer  un  Syracusain 
accompagné  d'une  joueuse  de  flûte  fort  bien  faite,  d'une 
danseuse  du  nombre  de  celles  qui  font  des  sauts  pé- 
rilleux et  d'un  beau  petit  garçon  qui  dansait  et  jouait  de 
la  flûte  parfaitement  bien.  La  danseuse  s'étant  présentée 
au  bout  de  la  salle,  l'autre  fille  commença  à  jouer  de  la 
flûte  et  quelqu'un,  s'étant  approché  de  la  danseuse,  lui 
donna  des  cerceaux  jusqu'au  nombre  de  douze.  Elle  les 
prit  et  en  même  temps  elle  dansa,  les  jetant  en  l'air 
avec  tant  de  justesse  que,  lorsqu'ils  retombaient  dans  sa 
main,  leur  chute  marquait  la  cadence.  Ensuite  on  apporta 
un  grand  cercle  garni  d'épées,  la  pointe  en  dedans,  au 
travers  duquel  cette  danseuse  fit  plusieurs  culbutes  et  ce 
ne  fut  pas  sans  effrayer  les  spectateurs  qui  craignaient 
qu'elle  ne  se  blessât.  Mais  elle  s'en  tira  avec  toute  la 
hardiesse  possible  et  ne  se  fit  aucun  mal.  Après  cela  le 
petit  garçon  se  mit  à  danser,  et  par  ses  gestes  et  ses 
mouvements  parut  encore  plus  aimable  à  la  société.  Cela 
inspira  l'envie  de  danser  ta  une  espèce  de  bouffon  ou  de 
parasite  qui  était  du  repas  et  qui,  s'étant  levé,  fit  quelques 
pas  au  travers  de  la  salle,  imitant  le  petit  garçon  et  la 
danse  de  la  jeune  fille.  D'abord  il  s'y  prit  d'une  manière 
telle  qu'en  tous  ses  mouvements  il  paraissait  ridicule.  Et, 
comme  la  jeune  fille  s'était  renversée  touchant  son  talon 
avec  la  tête  pour  faire  la  roue,  le  bouffon  demanda  un 
air  plus  gai  à  la  joueuse  de  flûte,  et  il  se  mit  à  remuer 
les  bras,  les  jambes  et  la  tête  en  même  temps,  jusqu'à  ce 


256  NOC 

que,  n'en  pouvant  plus,  il  se  coucha  sur  un  lit.  Ensuite 
on  apporta  un  fauteuil  au  milieu  de  la  salle  et,  le  Syra- 
cusain  ayant  paru  :  «  Messieurs,  dit-il,  voici  Ariane  qui  va 
entrer  dans  sa  chambre  nuptiale  et  Bacchus,  qui  a  fait 
un  peu  la  débauche  avec  les  dieux,  la  viendra  trouver 
incessamment;  après  quoi  ils  se  divertiront  tous  les  deux 
le  plus  agréablement  possible.  »  Alors  Ariane,  parée  de 
tous  les  ornements  qu'ont  d'ordinaire  les  nouvelles 
mariées,  entra  dans  la  salle  et  se  mit  dans  un  fauteuil. 
Un  moment  après  parut  Bacchus  et  en  même  temps  on 
joua  sur  la  flûte  un  air  consacré  aux  fêtes  de  ce  dieu;  ce 
fut  alors  qu'on  admira  l'habileté  du  Syracusain  dans  son 
art;  car  Ariane,  ayant  ouï  cet  air, ne  manqua  pas  de  faire 
connaître  par  ses  gestes  combien  elle  était  charmée  de 
l'entendre.  Mais  elle  se  garda  bien  d'aller  au-devant  de 
son  époux,  et  ne  se  leva  même  pas  de  son  fauteuil,  bien 
qu'elle  fît  assez  paraître  qu'elle  ne  se  retenait  qu'avec 
peine.  Bacchus,  l'ayant  aperçue,  s'élança  vers  elle  en 
dansant  un  air  passionné.  » 

On  se  ferait  difficilement  une  idée  exacte  du  rôle  im- 
portant de  la  danse  chez  les  anciens  sous  le  nom  de 
danse  des  noces  si  leurs  témoignages  ne  venaient  le  con- 
firmer. Hésiode  raconte,  à  ce  sujet,  un  épisode  qui  peut 
nous  attester  le  plaisir  pris  par  les  Athéniens  à  ces  diver- 
tissements. Clisthène,  prince  de  Sicyone,  avait  déclaré 
qu'il  marierait  sa  fille  au  plus  vaillant  des  Grecs,  et  fit 
inviter  dans  ce  but  à  une  fête  tous  les  prétendants.  Deux 
Athéniens  attiraient  particulièrement  son  attention,  et 
principalement  Hypoclides,  fils  de  Tissandre,  qu'il  esti- 
mait pour  son  courage  connu  de  tous.  Le  jour  où  il  devait 
se  prononcer  étant  arrivé,  Clisthène  donna  un  grand  fes- 
tin à  tous  les  prétendants  à  la  main  de  sa  fille.  Après  le 
repas  on  s'échauffa  peut-être  outre  mesure  et  Hypoclides 
demanda  qu'on  lui  jouât  une  danse  sérieuse;  il  l'exécuta 
en  tout  honneur  et  gloire.  Il  se  fit  ensuite  apporter  une 
table  sur  laquelle  il  commença  d'abord  à  danser  à  la 
Spartiate,  puis  après  selon  la  mode  athénienne.  Enfin, 


NYS  257 

s'étant  remis  sur  la  table  la  tête  en  bas,  il  recommença 
à  danser  en  ne  s'appuyant  que  sur  les  mains.  Clislhène, 
qui  avait  déjà  pris  le  danseur  en  aversion,  se  trouva 
scandalisé  par  ses  derniers  gestes  et,  ne  pouvant  se  con- 
tenir, lui  dit  :  «  Fils  de  Tissandre,  tu  as  dansé  ton 
mariage.  »  Il  choisit  alors  Mégaclès,  fils  d'Alcméon.  Le 
jeune  évincé  répondit  fièrement  :  «  Hypoclides  ne  s'en 
soucie  pas.  »  Cette  danse  des  noces  devint  par  la  suite 
un  prétexte  à  la  débauche  en  représentant  les  peintures 
les  plus  hasardées  de  l'indécence,  et,  à  Rome,  le  sénat 
chassa  de  la  ville  les  danseurs  de  profession.  On  essaya 
vainement  d'introduire  dans  les  festins  les  ballets  des 
Néréides,  des  Nymphes,  mais  les  scènes  n'en  devinrent 
que  plus  libres  et  plus  licencieuses.  Du  reste,  dès  le 
siècle  de  Plutarque,  ces  danses  n'étaient  plus  que  l'apa- 
nage des  plus  vils  mimes  et  histrions. 

XOXIME.  On  trouve  ce  mot  dans  les  anciennes  con- 
tredanses françaises  pour  expliquer  un  changement  de 
places  opéré  par  des  cavaliers  et  des  dames  se  tournant 
le  dos  en  dansant.  Depuis  longtemps  le  terme  a  disparu 
du  langage  professionnel  et  théorique. 

NYMPHAI.  Nom  d'une  danse  grecque  du  genre  pas- 
toral dans  laquelle  figuraient  des  nymphes;  de  là  son 
nom.  Platon,  dans  son  De  lege,  et  Xénophon,  dans  ses 
Festins,  en  font  quelque  éloge. 

NYSSIA.  Danse  grecque  sacrée  et  publique  en  l'hon- 
neur de  Bacchus;  elle  était  particulière  aux  habitants 
de  Nysse  et  est  mentionnée  par  Sophocle  dans  sa  tra- 
gédie d'Ajax. 


258  ŒU 


0 


ODIPOUR.Nom  donné  chez  lesGrecs  aux  pantomimes 
représentant  les  malheurs  d'Œdipe.  Macrobe  le  cite 
dans  ses  satires  I  et  VII,  cap.  vu. 

ŒUFS  (DANSE  DES).  Cette  danse,  pleine  d'origi- 
nalité, est  pratiquée  dans  l'Inde  par  une  femme  seule, 
exerçant  la  profession  de  danseuse.  Revêtue  d'une  jupe 
très  courte,  elle  porte  sur  la  tète,  en  guise  de  couronne, 
une  roue  d'osier  placée  horizontalement  et  d'un  assez 
petit  diamètre.  Des  fils  y  sont  attachés  à  égale  distance 
les  uns  des  autres  et  portent  à  leur  extrémité  un  nœud 
coulant  maintenu  par  une  perle.  En  cet  équipage  la 
danseuse  s'avance  vers  les  spectateurs  en  tenant  à  la 
main  une  corbeille  remplie  d'œufs;  elle  les  présente 
aux  assistants  afin  qu'ils  puissent  se  convaincre  de  leur 
fragilité  naturelle  et  de  leur  réelle  authenticité.  Les 
musiciens  jouent  sourdement  un  air  monotone  et  lent 
sur  lequel  la  danseuse  commence  à  tourner  lentement; 
puis,  progressivement,  elle  accélère  la  rapidité  de  ses 
tours.  Saisissant  un  œuf,  elle  le  jette  dans  le  nœud  cou- 
lant avec  tant  de  vivacité  qu'elle  resserre  le  nœud  en 
même  temps.  La  rapidité  de  son  tournoiement  produit 
une  force  centrifuge  qui  tend  le  fil  droit  comme  un 
rayon  lancé  de  la  circonférence  du  cercle.  L'un  après 
l'autre  tous  les  œufs  sont  jetés  dans  le  nœud  coulant 
jusqu'à  ce  qu'ils  forment  un  kalo  au-dessus  de  la  tête 
de  la  jeune  fille.  A  ce  moment  la  danseuse  apporte 
dans  ses  mouvements  une  rapidité  plus  grande  encore, 
semblable  à  celle  des  derviches;  les  yeux  ont  peine  à 
reconnaître  le  visage  du  corps  vertigineusement  entraîné. 
La  danse  devient  alors  un  spectacle  presque  effrayant, 
car  un  faux  pas,  un  simple  déplacement  du  centre  de  gra- 


OLl  259 

vite  amènerait  une  chute  terrible;  de  plus  cette  chute 
casserait  tous  les  œufs,  ce  qui,  pour  elle,  entraînerait 
la  perte  de  son  gagne-pain,  en  nuisant  aussi  à  sa  répu- 
tation, à  son  talent.  Mais  comment  arrêter  ces  pirouettes 
démoniaques?  Car  la  danseuse  doit  les  cesser  avant  de 
reprendre  un  à  un  les  œufs  qu'elle  a  jetés;  qui  plus  est, 
elle  doit  les  retirer  de  la  même  façon  qu'elle  les  a 
placés,  opération  plus  difficile  que  la  première.  Par  un 
simple  mouvement  précis  et  hardi,  la  danseuse  doit  saisir 
le  bout  de  l'œuf  et  le  retirer  prestement  du  nœud  cou- 
lant. Elle  doit  être  assez  sûre  de  sa  main  pour  éviter, 
en  prenant  l'œuf,  que  les  différents  fils  ne  s'embrouillent 
ensemble  les  uns  dans  les  autres.  Elle  ne  peut  s'arrêter 
qu'après  avoir  réussi  à  retirer  tous  les  œufs.  Cette  danse 
peut  durer  jusqu'à  trente  minutes  et  les  danseuses  sont 
assez  souples  pour  ne  trahir  aucune  fatigue.  A  la  fin  de 
la  danse,  la  femme  avance  près  des  assistants  et  leur 
présente  les  œufs  qui  sont  immédiatement  brisés  dans 
un  plat;  c'est  une  seconde  preuve  qu'il  n'y  a  eu  aucune 
supercherie. 

OKLASMA,  Danse  privée  des  Grecs,  ainsi  nommée  à 
cause  des  gestes  des  danseurs  qui  pliaient  fortement 
les  genoux.  Elle  était  dansée  au  son  de  la  flûte,  et,  si 
l'on  en  croit  Pollux,  souvent  confondue  avec  la  danse 
orsitès  (voir  ce  mot). 

OLIVETTES  (LES).  Danse  villageoise  essentiellement 
française  par  la  gaieté  et  la  variété  de  ses  mouvements 
et  de  sa  musique;  elle  ressemblait  assez  aux  farandoles 
des  Bourguignons  et  des  Provençaux.  Les  danseurs,  cou- 
verts de  fleurs  et  de  feuillages  de  la  tête  aux  pieds, 
couraient  les  uns  après  les  autres  en  serpentant  autour 
de  plusieurs  arbres  jusqu'à  ce  qu'ils  s'arrêtent  épuisés 
de  fatigue.  Ils  chantaient  en  même  temps  le  refrain  : 

Allons!  allons,  Annette, 
Dansons  les  olivettes. 


'2(>0  ORC 

OPOPLOCIA.  Danse  militaire  grecque  citée  par 
Athénée  et  exécutée  au  son  de  la  lyre.  Des  jeune  gens 
entouraient  un  musicien  et  exécutaient  ensemble  des 
pas  de  la  pyrrhique. 

OPPOSITION.  Mot  très  usité  dans  le  professorat  par 
suite  de  l'importance  de  l'opposition  entre  les  mou- 
vements de  bras  et  de  jambes.  Le  contraste  des  membres 
doit  toujours  rester  en  harmonie  parfaite  avec  le  corps 
entier.  Les  élèves  arrivent  à  ce  résultat  en  mélangeant 
dans  les  études  préliminaires  les  exercices  des  jambes  à 
ceux  des  bras.  On  peut  faire  les  plies  en  élevant  les 
bras  à  la  hauteur  des  épaules  et  en  les  laissant  retomber 
au  second  temps  de  la  mesure. 

ORCIIKSOGRAPlilE.  Mot  tiré  du  grec  op/v]aiv  et 
Ypà'^eiv,  décrire  des  chœurs.  C'est  l'art  de  représenter  les 
pas  et  les  gestes  par  des  signes.  Cette  science  a  précédé 
notre  chorégraphie  et  le  premier  traité  en  a  été  publié 
en  1589  par  Thoinot-Arbeau,  chanoine  de  Langres,  sous 
l'anagramme  de  Jean  Tabourot  (voir  dans  le  Diction- 
naire bibliographique  la  notice  concernant  l'ouvrage 
de  Thoinot-Arbeau,  à  son  nom). 

Nous  avons  vu  plusieurs  maîtres  compléter  la  pre- 
mière orchésographie  :  Feuillet,  Beauchamps,  Magny  et 
longtemps  après  Saint-Léon.  Un  nouveau  maître  vient  de 
se  produire  en  Russie,  M.  Zorn,  qui  a  écrit  une  œuvre 
incomparable.  Gestes  et  pas  sont  écrits  avec  la  science 
la  plus  parfaite.  Nous  retrouverons  son  précieux  ouvrage 
dans  la  partie  bibliographique  de  ce  dictionnaire. 

ORCIIESTRIQUE-  Les  Grecs  entendaient  par  ce  mot 
l'art  concernant  tous  les  mouvements  du  corps  tant  en 
danse  qu'en  gymnase,  sous  toutes  les  formes  les  plus 
variées.  En  premier  lieu  la  danse  avec  chœur;  ^°  la 
cubistique,  sorte  de  dérivation  de  la  danse  et  comprenant 
les  sauts,  les  bonds  et  les  culbutes;  3°  la  memphitique. 


OST  261 

s'adressant  à  tous  les  exercices  dans  lesquels  la  jeunesse 
était  élevée;  la  balle  et  la  paume  principalement.  Bien 
qu'elle  touchât  de  très  près  à  rorcliestrique,  la  pales- 
trique  n'en  faisait  pas  partie. 

OREILLE.  Avoir  de  l'oreille  et  en  être  dépourvu  sont 
des  locutions  journellement  employées  dans  la  danse; 
avoir  l'oreille  sensible  à  la  mesure,  c'est  suivre  la 
cadence;  en  être  dépourvu,  c'est  danser  en  la  désertant. 
En  danse  nous  ne  nous  occupons  que  de  la  mesure 
inflexible;  avoir  de  l'ouïe  en  musique  s'entend  par 
jouer  ou  chanter  juste.  Le  manque  d'oreille  blesse  les 
yeux  dans  la  danse  et  l'oreille  dans  la  musique.  Pour 
les  élèves  rebelles  à  ce  sentiment  qui  devrait  être  natu- 
rel, le  professeur  doit  longuement  expliquer  la  valeur, 
du  temps  fort,  ou  premier  temps  de  chaque  mesure;  et 
exiger  de  son  accompagnateur  que  ce  temps  soit  accusé 
par  une  sonorité  plus  éclatante  sur  ce  premier  temps 
que  sur  les  suivants. 

OIIOBATES.  Les  Grecs  nommaient  ainsi  les  danseurs 
de  corde  qui,  suivant  les  auteurs  anciens,  étaient  d'une 
adresse  surprenante  et  dépassaient .  leurs  rivaux  par 
l'audace  de  leurs  exercices. 

ORSITÈS.  Nom  d'une  danse  crétoise  citée  par  Athé- 
née et  faisant  partie  des  danses  privées  et  particulières. 

OSCOPHORIES.  Fêtes  grecques  dansées  en  l'hon- 
neur d'Apollon  ;  elles  étaient  religieuses  et  ressemblaient 
aux  Pseoniennes. 

OSTEXDAISE»  Nouvelle  danse  française  de  salon 
composée  en  Belgique,  en  1880,  par  M.  Kevers,  un  des 
meilleurs  professeurs  de  Bruxelles  et  directeur  des  bals 
du  casino  d'Ostende.  De  là  vient  le  nom  qu'il  lui  donna. 
La  Belgique  accueillit  mieux  la  danse  de  son  concitoyen 


2fi2  OUL 

que  Paris  où  elle  ne  fut  dansée  que  dans  des  réunions 
privées;  quelques  salons  la  virent  danser  pendant  l'hiver 
de  1891.  Uosteudaise  est  dansée  sous  deux  formes  diffé- 
rentes, soit  en  valse,  soit  en  contredanse;  dans  ce  der- 
nier cas  l'auteur  l'appelle  oslendaise  figurée.  —  Théorie 
de  Vauteur  pour  Vostendaisc  vahée.  1"  reprise  :  quatre 
glissés  coupés  (8  mesures);  huit  temps  de  galop  en  avant 
ou  en  arrière  (8  mesures);  i2'  reprise  :  polka  (1(3  me- 
sures); 3"  reprise  :  quatre  glissés  huit  temps  et  valse  à 
deux  temps  au  lieu  de  galop:  4"  reprise  :  polka.  — 
Théorie  de  V oslendaise  figurée  d'après  l'auteur.  T' figura?  : 
Tous  les  couples  se  placent  sur  deux  lignes  avec  leurs 
vis-cà-vis;  huit  glissés  en  avant  un  couple  vers  l'autre 
(4  mesures);  galop  en  arrière  et  en  place  (4-  mesures); 
deux  fois  8  mesures  de  polka  jusqu'à  la  place  de  vis-à- 
vis  et  8  mesures  de  polka  pour  revenir  en  place.  — 
2'  figure  :  Huit  glissés  en  avant  (4  mesures);  huit 
pas  de  galop  en  arrière  deux  fois.  Les  dames  main 
droite  à  la  dame  de  face,  et  moulinet  avec  le  pas  de 
polka,  un  tour  entier  et  changement  de  cavalier  en 
8  mesures.  8  mesures  de  polka  jusqu'à  la  place  de 
vis-à-vis.  Cette  figure  se  fait  deux  fois  pour  que  les 
dames  reprennent  leurs  places  et  leurs  cavaliers  après 
le  moulinet,  et  l'on  termine  en  dansant  autour  de  la  salle. 
—  Nota  :  Ces  figures  se  prêtent  très  hien  pour  le 
cotillon,  parce  qu'on  peut  les  faire  à  plusieurs  couples. 

OULA.  Les  oulas  sont  des  danses  usitées  dans  l'ar- 
chipel de  Manaia  ou  Harvey  en  Océanie;  le  peuple  en 
est  très  amateur.  Cook,  dans  ses  Voyages,  les  décrit 
ainsi  :  «  La  danse  nocturne  appelée  oula  est  très  ancienne 
et  n'était  jadis  en  usage  que  dans  les  dernières  classes 
du  peuple.  Mais  un  chef  de  Tonga,  ravi  de  la  grâce 
avec  laquelle  on  l'exécuta  devant  lui  à  Samoa,  où  elle 
fut,  dit-on,  inventée,  la  mit  à  la  mode  à  son  retour 
dans  l'île.  Depuis  cette  époque,  Toula  de  Tonga  est 
tombée  en  discrédit,  car  Marmier  ne  se  rappelle  l'avoir 


PAM  263 

vu  danser  qu'une  seule  fois.  Les  figures  sont  semblables 
à  celles  usitées  dans  le  pays,  mais  les  mouvements  de 
pied  et  les  attitudes  du  corps  en  difTèrent  quelquefois; 
l'exécution  en  est  très  ancienne.  » 

OUVERTURE.  Le  professeur  use  souvent  dans  sa 
leçon  de  ces  mots  :  ouverture  de  jambes,  pour  demander 
à  l'élève  de  les  tourner  en  dehors;  on  sait  que  les 
dehors  sont  la  position  sine  qua  non  du  danseur. 

Anciennement  on  entendait  par  ce  mot  ouverture  un 
pa^  ou  plutôt  une  préparation  à  un  pas  et  s'exécutant 
ainsi  :  poser  le  corps  sur  le  pied  droit  à  la  quatrième  posi- 
tion; élever  la  jambe  gauche  et  la  diriger  lentement  en 
passant  devant  la  droite  et  en  la  croisant  devant  elle  en 
forme  de  demi-cercle  de  côté,  et  conserver  la  jambe 
élevée  pour  faire  tel  ou  tel  pas  suivant. 


P.EOXIEXiXES.  Fêtes  grecques  dansées  en  l'honneur 
d'Apollon  et  sacrées,  comme  je  l'ai  dit  plus  haut  au 
mot  Oscophories.  Elles  avaient  avec  elles  une  grande 
analogie. 

PALESTRIQUE.  La  palestrique  tenait  plus  du  gym- 
nase que  de  la  danse  chez  les  Grecs;  elle  comprenait 
les  exercices  de  la  lutte,  du  pugilat,  du  panacre,  de  la 
course,  de  l'hopoplachie,  du  saut,  du  disque  et  du  cer- 
ceau; toutefois  il  existait  entre  elle  et  la  saltation  une 
assez  grande  corrélation,  s'adressant  comme  elle  à  tous 
les  exercices  de  souplesse,  de  force  et  de  vigueur. 

PAMPERKÉ.  Cette  danse,  appelée  aussi  pamperruque, 
était  usitée  à  Bayonne  ;  elle  se  composait  de  ronds  et  de 


264  PAN 

passes.  Les  hommes  étaient  ornés  de  rubans  de  toutes 
couleurs  et  dirigés  par  l'un  d'eux  qu'ils  désignaient 
comme  roi  de  la  fête.  Danseurs  et  danseuses  en  nombre 
égal  et  au  son  de  la  flûte  se  tiennent  par  un  long  ruban, 
et  entourent  le  roi  qui  les  dirige  avec  une  baguette  élevée 
au-dessus  de  sa  tête.  De  temps  à  autre  un  couple  sort 
et  tourne  devant  le  joyeux  monarque,  puis  reprend  sa 
place  dans  le  rond;  un  autre  lui  succède,  et  ainsi  de 
suite.  A  la  fin  de  la  danse  le  roi  choisit  une  dame  et 
élève  le  ruban  dont  ils  tiennent  chacun  une  extrémité. 
Tous  les  danseurs  passent  alternativement  sous  ce  ruban, 
en  marchant  par  quatre  de  front. 

PANATHÉNÉES.  Grandes  fêtes  et  danses  religieuses 
instituées  par  Lycurgue  en  l'honneur  d'Apollon  ;  on  les 
a  retrouvées  sur  d'anciens  monuments  grecs;  elles 
étaient  célébrées  tantôt  dans  les  temples,  tantôt  sur  les 
voies  publiques. 

PANTALON.  Ce  mot  signifiait  au  moyen  âge  un 
danseur  bouffon  exécutant  les  danses  dites  par  haut  ou 
danses  sautées.  En  1830,  on  appela  ainsi  la  première 
figure  de  notre  quadrille  primitivement  nommée  chaîne 
anglaise.  L'auteur  d'une  nouvelle  musique  s'empara 
comme  titre  d'une  actualité  qui  fit  grand  bruit  aux  bals 
de  la  cour.  Pour  la  première  fois,  on  vit  le  pantalon 
substitué  à  la  culotte  courte,  et  l'auteur  stigmatisa  le  fait 
en  donnant  ce  mot  de  pantalon  à  la  première  figure. 
Pour  de  plus  amples  détails,  voir  au  mot  Quadrille 
français. 

PANTOMIME  ET  PANT03IIMES.  Ces  deux  mots 
trouvent  leur  explication  dans  leur  étymologie  grecque  : 
Tiàv-ïa  [jii(ji£ïv,  représenter  tout  par  les  gestes,  c'est-à-dire 
mimer  au  lieu  déparier;  peindre  parles  mouvements  des 
membres  et  du  corps  seul  toute  action,  fait,  idée,  senti- 
ment, passion.  Les  pantomines  étaient  donc  les  représen- 


PAN  265 

tants  de  cet  art  qui  fut  porté  à  un  si  haut  degré  chez  les 
anciens.  Ces  danseurs,  souvent  aussi  auteurs,  jouirent  à 
Rome  d'une  telle  faveur  qu'ils  créèrent  plus  d'une  fois  des 
embarras  aux  gouvernants  dans  les  jours  de  convulsions 
politiques.  Leur  rôle  et  leur  importance  trop  exagérés  leur 
permettaient  des  licences  assez  grandes  pour  interrompre 
les  représentations  théâtrales.  La  science  de  ces  panto- 
mimes devait  être  très  profonde,  puisque  Cassiodore  dit 
que  leur  profession  consistait  à  représenter  au  naturel,  à 
peindre  par  leurs  gestes,  leurs  pas,  leurs  attitudes, 
toutes  les  actions  des  hommes;  sans  le  secours  delà 
parole,  ils  devaient  être  aussi  éloquents  que  les  plus 
grands  orateurs;  Cassiodore  ajoute  ironiquement:  «  et 
plus  intelligibles  qu'eux.  » 

Les  danses  pantomimes  portaient  pour  la  plupart  des 
noms  de  héros  ou  de  dieux  dont  elles  retraçaient  la  vie. 
Parmi  elles,  les  auteurs  anciens  citent  :  celle  de  Saturne 
dévorant  ses  enfants;  d'Apollon,  de  Mercure,  d'Her- 
cule, etc.  Primitivement  les  danseurs  étaient  accompa- 
gnés d'auteurs  comiques  ou  tragiques  qui  chantaient  et 
dansaient;  plus  tard,  ils  figurèrent  seuls. 

Sous  le  règne  d'Auguste,  nous  trouvons  les  premiers 
grands  pantomimes  réellement  dignes  de  ce  titre;  nous 
leur  devons  la  création  de  l'action  théâtrale  dansée,  qui 
produisit  nos  plus  célèbres  maîtres  de  ballet.  Pylade  et 
Bathylle  ont  laissé  dans  l'histoire  de  la  danse  le  germe 
des  Gardel  et  Dauberval.  En  dehors  de  leur  service  au 
théâtre,  ces  pantomimes  étaient  souvent  appelés  dans  les 
festins,  noces  et  fêtes  de  famille.  Juvénal  parle  d'un  de 
ces  danseurs,  découpeur  de  viande,  et  laisse  croire  que 
de  son  temps  les  fonctions  pantomimes  étaient  plus  que 
multiples;  non  seulement  le  danseur  découpait  les  mets 
avec  art,  mais  à  chaque  service  il  exécutait  une  danse. 

Les  débauches  des  femmes  romaines  portèrent  atteinte 
au  prestige  des  pantomimes  et  attirèrent  sur  eux  l'atten- 
tion publique.  Déjà  des  scènes  de  rivalité  entre  les  deux 
grands  maîtres  avaient  donné  lieu  à  des  troubles  au 

12 


266  PAN 

théâtre  et  à  la  ville,  et  c'est  alors  que  l'empereur  Trajan 
se  vit  forcé  de  les  expulser  de  Rome.  Tous  ces  panto- 
mimes avaient  des  positions  assez  lucratives  pour  ac- 
quérir des  fortunes  considérables,  même  au  mépris  de 
la  vie  luxueuse  qu'ils  tenaient. 

En  dehors  de  ce  mot  pantomime,  on  trouve  dans 
plusieurs  auteurs  les  mots  artifices,  chironomie,  chiro- 
nautes,  chresophi,  petaminarii.  apolausti,  orchisœ, 
hypocritœ,  gesticulatores,  ethopoces  comme  synonymes. 
Ces  noms  sont  évidemment  empruntés  ou  à  leur  rôle,  ou 
à  leur  attribution  générale. 

Il  est  certain  qu'il  y  a  eu  des  femmes  pantomimes  fai- 
sant, à  l'instar  de  nos  danseuses,  profession  de  cet  art; 
la  plupart  furent  même  des  courtisanes  de  marque. 
Sénèque  peut  détruire  les  doutes  par  ce  qu'il  dit  de  ces 
Pantomimes. 

De  plus,  les  danseuses  de  Cadix  sont  restées  célèbres 
dans  l'antiquité  par  l'art  infini  et  irrésistible  qu'elles 
déployai(int  en  captivant  les  spectateurs.  Leurs  danses  se 
divisaient  en  trois  parties,  appelées  :  i"  la  chironomie, 
jeu  des  mains;  2°  l'halma,  jeu  des  pieds;  3°  l'altissima, 
action  des  sauts  élevés.  Que  de  poètes  n'ont-ils  pas 
avoué  ne  pouvoir  trouver  d'expression  assez  forte  pour 
peindre  la  volupté  qu'elles  inspiraient  en  dansant!  S'il 
fallait  en  croire  l'historien  saint  Cyprien,  les  pantomimes 
auraient  subi  le  sort  des  eunuques  pour  avoir  plus  de 
souplesse  et  pour  obtenir  d'eux  plus  de  moralité  dans 
leur  vie  privée  ou  théâtrale.  Je  lui  laisse  la  parole  dans 
son  épitre  ad  Donat.:  «  Evirantur  mares,  honor  omnis 
et  vigor  sexus  enervali  corporis  dedecore  mollitur, 
mis  placent  quisquis  virum  in  feminam  magis  fre- 
gerit.  » 

Cette  coutume  aurait  été  postérieure  k  Bathylle  et  à 
Pylade,  qui  ont  largement  abusé  des  faveurs  des  dames 
romaines.  Suivant  Lucien,  dans  son  Dialogue  de  la  danse, 
les  pantomimes  changeaient  de  vêtements  en  changeant 
de  rôles  et  mettaient  le  plus   grand  soin  à  porter  les 


PAS  267 

costumes  appropriés  aux  personnages.  Ils  portaient  la 
tunique  et  la  palla,  la  slole,  la  talaris,  sorte  de  tunique 
courte,  et  la  syrma,  longue  draperie  portée  ordinairement 
par  les  courtisanes.  Quelques-uns  adoptaient  pour  les 
rôles  à  effet  le  coquus,  gros  vêtement  doublé;  la  mitre, 
la  tiare  et  le  ridisniculum  avec  ornement  de  tête  pour 
les  femmes.  La  toge  était  interdite  et  le  masque 
ordonné. 

PARABÉES.  Fêtes  et  danses  grecques  en  l'honneur 
du  vaisseau  que  monta  Thésée  après  sa  victoire  sur  le 
Minotaure  ;  la  danse  représentait  les  épisodes  de  la 
fable. 

PARABENAI-TETTARA.  D'après  Pollux,  lib.  I-IV, 
cap.  XIV,  ces  mots  signifient  une  danse  grecque  exécutée 
par  quatre  personnages. 

PARNASSE  (DANSE  DU).  Homère  parle  de  la  danse 
du  Parnasse  en  parlant  de  Panopée;  cette  fille  était 
célèbre  par  ses  danses  et  excellait  surtout  dans  la  danse 
du  Parnasse.  Les  Thyades,  femmes  de  l'Attique,  se 
joignaient  à  celles  de  Delphes  pour  aller  chaque  année 
'ouer  et  danser  sur  le  Parnasse. 

PAS.  On  appelle  théoriquement  pas  la  réunion  de 
plusieurs  temps  ou  mouvements  de  pied.  Au  théâtre,  ce 
mot  prend  une  autre  acception  et  signifie  un  ensemble 
de  danse  exécuté  par  plusieurs  danseurs.  On  dit  pas  de 
quatre  ou  pas  de  deux  ou  pas  de  six. 

Anciennement  la  théorie  de  ce  pas  était  tout  autre  et 
impliquait  l'idée  d'un  seul  mouvement  de  pied  et,  par 
conséquent,  se  confondait  avec  le  mot  temps,  qui  doit 
être  employé,  car  un  pas  n'est  qu'un  composé  de  temps. 
A  ce  sujet,  l'Encyclopédie  Diderot  donne  la  théorie  sui- 
vante des  pas  pris  dans  son  ancienne  acception.  Les  cinq 
pas  sont  différents  :  1"  le  pas  droit,  qui  se  fait  en  ligne 


268  Pas 

droite;  2°  le  pas  grave  ou  ouvert,  qui  est  fait  en  écartant, 
pendant  qu'on  marche,  un  pied  de  l'autre  et  en  décrivant 
un  demi-cercle;  3"  le  pas  battu,  ainsi  appelé  lorsqu'on 
passe  une  des  jambes  par-dessus  ou  par-dessous  l'autre, 
avant  de  poser  le  pied  à  terre,  ou  encore  quand  on 
bat  une  cuisse  contre  l'autre;  4"  le  pas  tourné,  quand, 
par  un  tour  des  jambes,  on  décrit  un  cercle  entier  avec 
le  pied  en  avant  ou  en  arrière;  il  s'appelle  aussi  tour 
de  jambes;  5"  le  pas  tortillé,  lorsqu'on  fait  mouvoir 
un  pied  sur  une  ligne  parallèle  à  celui  qui  est  posé  à 
terre,  et  qu'en  le  posant  à  terre,  on  le  remet  à  angle 
droit  ;  le  pas,  en  un  mot,  est  tortillé  quand,  en  partant, 
on  tourne  la  pointe  du  pied  en  dedans  et,  en  le  posant, 
on  le  retourne  en  dehors;  la  hanche  prend  alors  part  au 
mouvement  et  en  facilite  l'exécution  par  le  dehors 
qu'elle  possède. 

Outre  ce  pas  dont  parle  Diderot,  la  danse  au  moyen 
âge  en  comprenait  plusieurs  autres  usités  dans  ce  qu'on 
appelait  alors  des  contredanses,  lesquelles  n'avaient 
aucun  rapport  avec  les  nôtres  :  le  pas  neuf  ou  pas  relevé, 
qui  se  faisait  en  se  relevant  après  avoir  plié  au  milieu 
d'un  pas;  le  pas  balancé  ou  le  balancement,  lorsqu'on 
se  jette  à  droite  ou  à  gauche  sur  la  pointe  du  pied  pour 
faire  ensuite  un  coupé;  le  pas  coupé,  qui  s'entend  quand, 
après  avoir  fait  un  pas  alerte  ou  seulement  mouve- 
menté, on  en  fait  un  autre  plus  lent;  le  pas  dérobé, 
lorsque  les  deux  pieds  se  meuvent  en  même  temps  dans 
un  sens  opposé  ;  le  pas  glissé  quand  on  fait  un  pas  plus 
grand  qu'il  ne  doit  l'être  naturellement,  car  sa  grandeur 
est  déterminée  par  la  largeur  des  épaules;  le  pas  chassé, 
ou  simplement  chassé,  quand  on  plie  avant  de  mouvoir 
les  pieds  pour  en  chasser  un  en  avant  ou  en  arrière;  le 
pas  tombé,  lorsqu'on  ne  plie  qu'après  avoir  posé  le 
pied  qui  s'est  mis  en  mouvement;  enfin  les  pas  mi- 
gnardés,  qui  sont  ainsi  appelés  quand  le  mouvement  des 
pieds  suit  les  dimensions  portées  sur  les  notes  de 
musique,   comme  lorsqu'on  étend    les    cinq    minimes 


PAS  269 

blanches  en  dix  minimes  noires  (ancien  terme  pour  con- 
vertir les  blanches  en  noires). 

J'ai  emprunté  cette  longue  théorie  à  V Encyclopédie 
d'Alembert  pour  établir  la  différence  du  mot  pas 
anciennement  avec  le  sens  que  nous  lui  donnons;  j'ai 
également  désiré  par  cette  citation  démontrer  quels 
étaient  les  premiers  pas  employés  dans  les  danses  de 
ville  sautées. 

PAS  BOHÉMIEN.  Pas  usité  dans  les  premières  polkas, 
mais  depuis  abandonné  dans  les  salons  ;  on  le  retrouve 
dans  les  bals  fréquentés  par  les  militaires  sous  le  nom 
de  pas  piqué.  Ce  pas  consistait  à  frapper  le  talon  à  terre 
après  avoir  étendu  la  jambe  et  à  relever  cette  jambe  pour 
lui  faire  ensuite  exécuter  le  pas  de  polka.  En  Pologne, 
en  Hongrie  et  en  Bohème,  patrie  de  la  polka,  ce  pas  est 
très  usité,  mais  le  coup  de  talon  est  donné  au  premier 
temps  de  la  mesure  et  deux  fois. 

PAS  DE  QUATRE.  Nouvelle  danse  crée  en  Angleterre 
et  importée  de  Londres  aux  casinos  de  Trouville, 
Dieppe,  eu  1894.  Les  mouvements  londoniens,  ayant  été 
corrigés  par  le  goût  français,  lui  ont  ouvert  largement 
les  portes  des  salons  parisiens  et  elle  jouit  du  plus  grand 
succès.  C'est  une  réminiscence  de  notre  ancienne 
scottish  ;  on  peut  la  danser  sur  les  scottishs  anciennes 
musicalement.  Le  pas  de  quatre  est  exécuté  sur  une 
mesure  en  quatre  temps  et  quatre  mesures  sont 
nécessaires  pour  un  pas  de  danse.  Les  deux  premières 
mesures  sont  dansées  par  le  cavalier  et  la  dame  se 
donnant  la  main  et  restant  espacés  l'un  de  l'autre;  dans 
les  deux  dernières,  le  cavalier  conduit  sa  dame  par  la 
taille  et  tourne  avec  elle.  —  1'"  mesure:  plier  les 
genoux  et  étendre  la  jambe  gauche  en  la  mainte- 
nant étendue  et  croisée  devant  la  jambe  droite  avec 
la  pointe  du  pied  aussi  effilée  que  possible;  marcher 
trois  fois,  du  pied  droit,  du  gauche,  du  droit.  —  2^  me- 


270  PAS 

sure:  recommencer   le    même  pas   par  le  pied  droit. 

—  3*  et  4"  mesures  :  sauter  alternativement  huit  fois  sur 
les  deux  pieds  l'un  après  l'autre  en  sautant  deux  fois 
sur  chaque  pied.  Ces  deux  dernières  mesures  sont  faites 
en  tournant  et  le  cavalier  conduisant  sa  dame  par  la  taille 
avec  son  bras  droit. 

PAS  DE  QUATRE  OU  BARN-DANGE.  Nouvelle  danse, 
gracieuse  et  originale,  importée  en  1892  et  1893  aux 
bains  de  mer  par  la  société  anglaise  et  américaine.  Elle 
est  tirée  d'une  opérette  jouée  avec  grand  succès  en 
Angleterre.  Les  mondains  et  mondaines  lui  ont  prodigué 
leurs  suffrages  et  lui  ont  assuré  la  vogue  dans  tous  les 
salons,  pour  le  inoment  du  moins.  L'originalité  de  celte 
danse  consiste  principalement  en  ce  que  le  cavalier 
conduit  sa  dame  tantôt  par  la  main  seulement,  tanliM  en 
la  soutenant  à  la  taille.  Une  seconde  originalité  carac- 
térise le  pas  de  quatre  quand  cavalier  et  dame  mettent 
sur  la  hanche  la  main  restée  libre. 

La  théorie  et  la  musique  en  ont  été  publiées  chez 
l'éditeur  Borneman,  '2,  rue  de  l'Abbaye,  par  G.  Desrat. 

—  Pas  de  quatre.  Théorie.  La  théorie  du  barn-dance 
est  identiquement  la  même;  seule  une  double  appel- 
lation de  la  danse  a  été  adoptée.  Le  pas  de  quatre  est 
dansé  sur  une  mesure  en  quatre  temps  lents;  quatre 
mesures  de  musique  complètent  le  pas  de  danse.  Le 
cavalier  conduit  sa  dame  par  la  main  droite,  tous  deux 
se  tiennent  à  distance  l'un  de  l'autre  et  mettent  sur  la 
hanche  la  main  restée  libre.  Ils  tournent  la  tête  chacun 
d'un  côté  opposé.  —  l"""  mesure,  1"'  temps  :  plier  la  jambe 
gauche  et  étendre  en  l'air  la  droite,  la  pointe  du  pied 
effilée  le  plus  possible  ;  2'^  temps  :  poser  le  pied  droit  à 
terre;  3"  temps:  passer  le  pied  gauche  devant;  4'  temps: 
passer  le  pied  droit  devant.  • —  2"  mesure  :  les  mêmes 
mouvements  recommencés  avec  le  pied  gauche  partant  le 
premier  pendant  que  Ton  plie  la  jambe  droite.  —  3°  et 
4'  mesures  :  sauter  alternali^nrent  sur  les  deux  pieds  et 


PAS  271 

deux  fois  sur  chaque  pied.  On  recommence  pour  suivre 
la  danse  à  la  première  mesure  et  on  continue  les  mêmes 
pas.  — Nota  :  Le  pas  de  quatre  est  dansé  par  un  nombre 
de  couples  indéterminé.  Le  cavalier  et  la  dame  com- 
mencent du  pied  droit.  Généralement  les  deux  dernières 
mesures  sont  exécutées  en  se  tenant  par  la  taille,  mais 
on  peut  les  danser  en  se  tenant  par  la  main  seulement. 
Le  barn-dance  n'est  autre  qu'une  seconde  appellation 
du  pas  de  quatre  et  les  pas  en  sont  les  mêmes. 

PASSACAILLE.  Nom  d'une  danse  du  xviii"  siècle  très 
en  honneur  à  la  cour  et  fort  goûtée  de  Louis  XIV,  que 
l'on  voyait,  comme  le  dit  Despréaux  : 

Sous  les  habits  d'un  dieu  danser  seul  à  Versailles 
En  pas  majestueux  la  grave  passacaille. 

Cette  danse  solennelle  et  imposante  était  exécutée  par 
une  personne  seule,  le  plus  souvent  par  un  cavalier.  On 
s'étonne  que  Ghéruel,  dans  ?,on  Dictionnaire  des  mœurs 
^t  coutumes  de  la  France,  n'ait  parlé  de  la  passacaille 
qu'au  point  de  vue  musical  et  qu'il  la  tienne  pour  une 
espèce  de  chaconne  dont  le  chant  était  plus  tendre  que 
celui  des  chaconnes  ordinaires.  J'estime  qu'il  commet 
une  erreur  et  que  la  passacaille  fut  bien  une  danse  par- 
ticulière faisant  les  délices  de  la  cour  de  Louis  XIV.  Du 
reste  le  Dictionnaire  de  Trévoux  en  donne  la  définition 
en  trois  temps  avec  gestes  et  mouvements  lentement 
cadencés.  Il  écrit  passecaille  au  lieu  de  passacaille,  fai- 
sant dériver  le  mot  de  l'espagnol,  et  traduit  par  le  mot 
passerie.  Brossard,  dans  son  Dictionnaire  de  musique, 
dit  qu'elle  est  une  chaconne  dont  les  pas  consistaient 
en  temps  largement  glissés  et  en  étendant  les  bras  de 
côté;  les  genoux  fléchissaient  lentement  sur  le  premier 
temps  et  en  même  temps  les  bras  étaient  ouverts  cà  droite 
et  à  gauche,  c'est-à-dire  éloignés  des  hanches,  et  sur  lès 
deux  derniers  temps  on  se  relevait  après  avoir  dégagé 
un  pied  à  droite  ou  à  gauche  ;  les  bras  reprenaient  alors 


272  PAS 

leur  position  naturelle  le  long-  du  corps.  Ce  pas  était  le 
précurseur  du  pas  de  menuet. 

PASSE-PIED.  Danse  du  xvii''  siècle  très  répandue  à 
cette  époque  en  Bretagne,  vive,  légère  et  pleine  de 
gaieté;  les  pieds  se  croisaient,  s'entre-croisaient  en  les 
glissant;  de  là  son  nom  de  passe-pied.  Notre  pas  de 
bourré  semble  une  dérivation  de  ce  pas  de  passe-pied. 
Le  vers  de  Despréaux  confirme  mon  opinion  : 

Le  léger  passe-pied  doit  voler  terre  à  terre. 

Le  Dictionnaire  de  Trévoux  classe  le  passe-pied  parmi 
les  branles  et  décrit  le  mouvement  des  pieds  par  ces 
mots  :  pedum  decussatus.  La  musique  est  marquée  en 
trois  temps.  Je  ne  m'explique  que  très  difficilement 
pourquoi  Brossard  compare  le  léger  passe-pied  avec  le 
grave  menuet. 

Je  disais  plus  haut  que  les  passe-pieds  étaient  très  en 
vogue,  parce  qu'ils  égayaient  les  danseurs  en  rempla- 
çant les  anciennes  danses  lourdes  et  pesantes.  M"'^  de 
Sévigné  nous  donne  les  noms  des  gentilshommes  qui 
excellaient  dans  cette  danse:  MM.  de  Lomaria,  de 
Coëtlogon  ;  M""'  de  Grignan,  sa  fille,  s'était  aussi  acquis 
une  grande  réputation  de  danseuse.  En  parlant  d'un 
passe-pied  qu'elle  voyait  danser  à. un  bal  donné  par  M.  de 
Chaulnes,  M'""  de  Sévigné  écrit  à  sa  fille:  «  Je  pensais 
toujours  à  vous  et  j'avais  un  souvenir  si  tendre  de  votre 
danse,  que  ce  plaisir  me  devient  une  douleur.  Je  suis 
persuadée  que  vous  auriez  été  ravie  de  voir  danser  Lo- 
maria. Les  passe-pieds  et  les  violons  de  la  cour  font 
mal  au  cœur  au  prix  de  ceux-là  ;  c'est  quelque  chose 
d'extraordinaire  que  celte  quantité  de  pas  différents 
et  cette  cadence  courte  et  juste;  je  n'ai  point  vu 
d'homme  danser  comme  Lomaria  cette  sorte  de 
danse.  » 

Plus  loin,  dans  une  lettre  du  12  aoiit  1671,  elle  revient 
encore  sur  la  grâce  et  la  légèreté  du  passe-pied  : 


PAS  273 

((  Le  soir  on  soupa  et  puis  le  bal.  Je  voudrais  que  vous 
eussiez  vu  l'air  de  M.  de  Lomaria,  et  de  quelle  façon  il 
ôte  et  remet  son  chapeau  ;  quelle  légèreté  !  Quelle 
justesse!  Il  pieut  défier  tous  les  courtisans  et  les  con- 
fondre sur  ma  parole.  Le  passe-pied  pouvait  me  faire 
pleurer,  car  cela  me  faisait  des  souvenirs  si  doux  que  je 
n'y  puis  résister.  » 

Le  héros  du  passe-pied  eut  longtemps  après,  et  dans 
un  autre  genre  de  danse,  un  émule;  Trénitz,  homme  du 
monde,  laissa  son  nom  à  une  (igure  de  la  contredanse 
française  qu'il  exécutait  avec  des  pas  d'une  difficulté 
égale  à  la  perfection  qu'il  déployait. 

Comme  on  le  voit  par  la  grâce  déployée  par  M.  de 
Lomaria  dans  la  manière  d'ôter  et  de  remettre  son  cha- 
peau, le  passe-pied  était  dansé  avec  chapeau  ;  la  citation 
est  muette  sur  le  port  de  l'épée. 

PASSE-PIED  DE  LA  REINE.  En  avril  1890,  M.  de 
Soria  publia  un  passe-pied  de  la  Reine  composé  par  lui 
avec  beaucoup  de  science  et  de  goût;  regrettons  vivement 
qu'il  n'ait  pas  eu  les  succès  de  son  aîné  du  moyen  âge. 
Les  mouvements  trop  difficiles',  les  phrases  de  danse 
trop  nombreuses  et  trop  longues,  les  attitudes  peut-être 
prétentieuses  de  la  danse  ont  beaucoup  nui  à  la  pratique 
de  cette  gracieuse  composition.  Les  excellents  dessins 
de  Mars  qui  accompagnent  le  texte  accusent  un  peu 
d'exagération  dans  les  poses  et  les  ports  de  bras. 

Danse  et  musique  avec  dessins  ont  été  publiés  dans  ' 
V Illustration  du  19  avril  1890  sous  le  texte  suivant  dont 
on  doit  féliciter  l'auteur  : 

«  Le  passe-pied  est  divisé  en  8  figures  :  le  cavalier 
et  la  dame  croisent,  le  premier  la  jambe  gauche  devant 
la  droite  pour  exécuter  les  pas  marchés  en  avant,  et  la 
dame,  la  jambe  droite  devant  la  gauche.  Le  couple  de 
.vis-à-vis  fait  de  même.  La  2"  figure  nous  montre  chaque 
cavalier  au  moment  où  il  fait  tourner,  pirouetter  pour 
dire  le  vrai   mot,  la  danseuse.  Bientôt  les   couples  se 

12. 


274  PAS 

croisent  les  mains  pour  exécuter  des  glissades  derrière. 
Chaque  cavalier  décrit  un  arc  de  cercle  à  droite,  et  la 
dame  un  semblable  à  droite.  Cette  dernière  se  place  à  la 
gauche  de  son  cavalier  afin  d'exécuter  ces  glissades.  Un 
moulinet  est  ensuite  exécuté  par  tous  les  danseurs, 
comme  on  peut  le  voir  dans  la  -4^  figure.  Les  quatre 
dames  sont  placées  au  centre  et  les  cavaliers  pour  un 
balancé  qui  est  répété  deux  fois.  Dans  la  5°  figure,  nous 
voyons  une  révérence  faite  par  un  couple.  Chose  grave 
que  la  révérence  !  C'est  tout  un  art  que  de  la  savoir  bien 
faire!  Un  pas  à  droite  ou  à  gauche  suivant  indication; 
pas  de  côté  à  droite,  se  placer  en  deuxième  position,  tout 
le  poids  du  corps  reposant  sur  le  pied  droit.  On  amène 
le  pied  gauche  tout  près,  afin  que  les  deux  talons  puissent 
se  rejoindre.  Prendre  bien  soin  à  la  première  position 
de  plier  les  genoux  très  bas  en  glissant  en  arrière  la 
pointe  du  pied  gauche,  et  de  se  relever  lentement,  aussi 
lentement  que  possible  et  qu'on  s'est  plié.  Nous  voyons 
alors,  dans  la  6"  figure,  les  couples  exécuter  le  pas  de 
basque  en  avant,  puis  dans  la  7*  figure  former  un  rond  et 
exécuter  des  balancés  en  avant  et  en  arrière.  Enfin,  8"  et 
dernière  figure,  les  quatre  cavaliers  forment  un  rond  en 
allongeant  les  bras  pendant  que  chaque  danseuse  tourne 
autour  du  cavalier  en  commençant  par  la  droite.  Chaque 
cavalier  prend  la  main  gauche  de  sa  dame  et  la  reconduit 
à  sa  place.  » 

L'auteur  de  cette  charmante  fantaisie  chorégraphique 
ajoute  quelques  lignes,  convaincu  qu'il  était  de  la  pra- 
tique difficile  de  son  passe-pied.  «  La  description,  dit-il, 
est  bien  sèche  et  bien  peu  séduisante.  Il  n'en  peut  être 
autrement;  heureusement  les  illustrations  de  Mars  sont 
là  pour  venir  en  aide  aux  danseurs.  » 

PASTORALE  (LA).  Danse  à  la  fois  ancienne  et 
moderne.  Lucien  nous  apprend  que  la  pastorale  terminait 
presque  toutes  les  danses  grecques  quand  elles  étaient 
3xécutées  par  des  groupes  de  danseurs.  Comme  danse 


PAT  275 

moderne,  elle  nous  reste  encore  à  l'état  de  danse  musette, 
sur  une  mesure  en  deux  temps  vive  et  gaie.  Un  berger  se 
place  au  milieu  de  plusieurs  couples,  joue  de  la  flûte 
pendant  que  les  danseurs  tournent  autour  de  lui.  C'est 
évidemment  un  reste  de  l'ancienne  pastorale  de  Lucien, 
puisqu'il  la  définit  ainsi  dans  son  Dialogue  sur  la  danse: 
<i  Un  joueur  de  flûte  se  met  au  milieu  déjeunes  gens  qui 
commencent  la  ronde  en  tournant  autour  de  lui,  et  la 
terminent  par  des  positions  galantes.  » 

PASTOURELLE.  Nom  donné  à  la  quatrième  figure  de 
notre  quadrille  français.  Celte  pastourelle,  que  l'on 
retrouvera  au  mot  Quadrille,  diffère  de  l'ancienne  usitée 
avant  1830  au  temps  de  Blasis  qui  nous  en  a  laissé  la 
théorie  suivante  :  1"  Un  cavalier  et  sa  dame  se  donnant 
les  mains  vont  deux  fois  en  avant;  la  dame  se  place 
ensuite  elle-même  à  la  gauche  du  cavalier  de  vis-à-vis 
pendant  8  mesures;  2°  le  cavalier  qui  se  trouve  entre 
deux  dames  donne  une  main  à  chacune  d'elles,  et  tous 
les  trois  vont  deux  fois  en  avant  pendant  8  mesures  ; 
3"  le  cavalier  restant  va  aussi  deux  fois  en  avant  pendant 
8  mesures  et  c'est  ce  qui  est  appelé  solo;  4°  le  cavalier 
se  joint  au  groupe  de  celui  qui  se  trouve  entre  deux 
dames,  présente  ses  mains  à  droite  et  à  gauche  pour 
former  un  rond  qui  tourne  jusqu'à  ce  que  chacun  soit 
revenu  vis-à-vis  de  sa  place  avec  sa  dame  pendant 
4  mesures;  5"  les  mêmes  font  une  demi-chaîne  anglaise 
pour  revenir  à  leurs  places  primitives. 

Le  solo  et  la  demi-chaîne  anglaise  sont  actuellement 
remplacés,  l'un  par  un  avanl-trois  fait  par  le  premier 
cavalier  près  duquel  reviennent  les  deux  dames  ;  et  la 
chaîne  est  remplacée  par  un  rond  de  4  mesures  terminé 
au  moment  où  chaque  couple  revient  à  sa  première  place. 
On  trouvera  au  mot  Quadrille  l'étymologie  du  nom  de 
pastourelle  donné  à  la  figure  de  contredanse. 

PATAT.  Chez  les  peuplades  sauvages  de  l'Océanio, 


276  PAV 

on  donne   ce  nom  au  chef  des   danses   ou  maître  de 
ballet. 

PAVANE.  Nom  d'une  danse  en  grand  honneur  sous 
Henri  III,  et  qui  en  ces  dernières  années  1886  et  1887  a 
cherché  à  retrouver  son  ancien  rang  parmi  les  danses  de 
salon.  Peu  s'en  fallut,  un  moment,  qu'elle  n'atteignît  les 
succès  de  la  polka  en  1844,  car  on  la  vit  choyée  au 
théâtre  comme  à  la  ville.  Pauvre  feu  de  paille  qui  s'étei- 
gnit trop  rapidement  et  trop  obscurément.  Bien  que  l'on 
donne  généralement  à  cette  danse  une  origine  espagnole, 
je  crois  pouvoir  alfirmer  que  la  pavane  d'Henri  III  est 
française;  il  est  vrai  que  les  pavanes  espagnoles  furent 
introduites  chez  nous,  mais  ce  ne  fut  qu'après  le  règne 
de  ce  monarque  et  l'on  trouve  déjà  des  pavanes  en  France 
avant  IS?^,  avènement  au  trône  du  fils  de  Catherine  de 
Médicis.  De  plus  les  pavanes  espagnoles  ont  été  surtout 
amenées  en  France  par  des  joueurs  d'instruments  et  sur 
leurs  airs  furent  dansées  nos  danses  pavanes.  J'en 
trouve  la  preuve  dans  VOrchésographie  de  Thoinot- 
Arbeau,  le  premier  et  le  seul  auteur  qui  nous 
ait  laissé  des  notes  sur  les  anciennes  danses  ;  le  ton 
grave  sur  lequel  il  décrit  cette  danse  tranche  complè- 
tement avec  le  genre  gai  des  pavanes  espagnoles,  qui 
rappellent  plutôt  le  souvenir  de  l'ancienne  danse  des 
Canaries. 

La  pavane  tire  son  nom  du  latin  pavo,  paon,  parce  que 
les  danseurs  imitaient  la  démarche  fière  et  orgueilleuse 
de  cet  oiseau  quand  il  étale  majestueusement  les 
plumes  de  sa  queue  en  faisant  la  roue.  Les  danseurs  se 
pavanaient  en  pavanant,  comme  nous  dirions  aujourd'hui. 

En  raison  de  sa  gravité,, cette  danse  fut,  comme  le  dit 
Thoinot,  primitivement  réservée  «  aux  rois,  princes  et 
grands  seigneurs  pour  se  moiislrer  en  quelque  lestin 
solennel  avec  leurs  grands  manteaux  et  robes  de  parade, 
et  lors  les  reynes  et  princesses  accompagnées  des 
grandes  dames  de  la  cour  avec  les  grandes  queues  de 


PAV  277 

leurs  robes  abaissées  et  traînantes,  quelquefois  portées 
par  des  damoiselles.  »  Les  magistrats  figuraient  aussi 
dans  les  pavanes  avec  leurs  costumes  et  «  daignaient 
se  découvrir  devant  les  gentes  dames  ». 

A  la  cour  des  Valois,  la  pavane  jouissait  d'une  telle 
faveur  qu'on  l'appelait  souvent  le  grand  bal;  quand 
elle  était  dansée,  tous  les  gens  de  la  cour,  princes  et 
seigneurs,  cherchaient  à  rivaliser  de  grâce  et  d'habileté; 
il  y  avait  alors  «  si  grade  presse  et  multitude  en  la  salle, 
autour  des  dàseurs,  que  la  place  en  était  raccœurcie». 
Nous  dirions  :  on  faisait  cercle  autour  d'eux. 

Les  premières  pavanes  furent  souvent  dansées  et  chan- 
tées tout  à  la  fois  au  son  des  violes,  des  tambourins,  des 
hautbois  et  jaquebettes  sur  une  mesure  lente  en  deux 
temps.  N'en  déplaise  à  ceux  de  nos  contemporains  qui 
les  ont  écrites  en  trois  temps,  les  originales  le  sont  bien 
sur  une  cadence  en  doux  temps.  Le  texte  primitif  et  ori- 
ginal en  fait  foi;  en  écrivant  la  tablature  ou  théorie  de 
la  pavane,  Thoinot  écrit:  «  Le  mouvement  est  binaire, 
consistât  d'une  minime  blanche  et  de  deux  minimes 
noires.  »  Il  en  eSt  de  même  des  pavanes  décrites  dans  le 
livre  de  feu  Altaignant  sur  les  danceries  et  dans  l'ouvrage 
de  Nicolas  du  Chemin. 

Cette  danse  prouve  encore  qu'elle  est  bien  d'origine' 
et  de  caractère  français,  car  on  trouve,  dans  les  paroles 
qui  l'accompagnaient,'  toutes  les  traces  et  toutes  les  pré- 
misses de  notre  galanterie.  La  rareté  de  ce  petit  bijou 
poétique  (pour  l'époque  bien  entendu)  me  fait  un  devoir 
de  le  répéter  et,  peut-être  quelque  danseur  de  pavane, 
à  la  voix  harmonieuse,  serait-il  aise  de  pouvoir  à  la  fois 
et  la  chanter  et  la  danser  avec  la  damoiselle  dont  il  sera 
esprit. 

Ces  paroles  sont  adaptées  à  la  musique  originale  de 
Thoinot  publiée  ces  dernières  années,  comme  on  le 
verra  plus  loin. 

Belle  qui  tiens  ma  vie 
Captive  sous  tes  yeulx, 


278  PAV 

Qui  m'as  l'âme  ravie 
D'un  soubriz  gracieux, 
Viens  tôt  me  secourir 
Ou  me  fauldra  mourir. 

Pourquoi  suis-tu  mignarde 
Si  ie  suis  près  de  toy? 
Quand  tes  yeulx  me  regarde, 
Je  me  perds  dedans  moy, 
Car  tes  perfections 
Changeaient  mes  actions. 

Tes  beautés  et  ta  grâce 
Et  tes  divins  propos 
Ont  eschauffé  la  glace 
Qui  me  gelait  les  os, 
Et  ont  rempli  mon  cœur 
D'une  amoureuse  ardeur. 

Mon  âme  voulait  estre 

Libre  de  passions, 

Mais  amour  s'est  faict  maistre 

De  mes  affections 

Et  a  mis  sous  sa  loy 

Et  mon  cœur  et  ma  foy. 

Approciie  donc,  ma  belle, 
Approche-toy,  mon  bien. 
Ne  me  sois  plus  rebelle. 
Puisque  mon  cœur  est  tien. 
Pour  mou  mal  apaiser, 
Donne-moi  un  baiser. 

Je  meurs,  mon  angelette, 
Je  meurs  en  te  baisant; 
Ta  bouche  doucette 
Va  mon  bien  ravissant; 
A  ce  coup  mes  esprits 
Sont  tous  d'amour  esprictz. 

Plutôt  on  verra  l'onde 

Contre  mont  reculer, 

Et  plutôt  l'œil  du  monde 

Cessera  de  brusler 

Que  l'amour  qui  m'espoinct 

Décroisse  d'un  seul  poinct. 


PAV  279 

La  théorie  de  la  pavane  donnée  par  Thoinot  est 
encore  à  l'état  embryonnaire  de  la  chorégraphie  aussi 
bien  qu'à  celui  de  la  musique;  malgré  cela  on  a  pu 
arriver  à  une  reconstitution  fidèle  de  l'une  et  de  l'autre. 
Au  théâtre  la  pavane  nécessitait  ëvidemmen  une  mise  en 
scène  en  rapport  avec  l'idée  théâtrale  et,  tout  en  con- 
servant son  originalité,  se  prêtait  largement  à  une  action 
dramatique.  Sardou  l'a  prouvé  dans  sa  magnifique  pavane 
de  l'opéra  d'Henri  III  où  elle  captive  l'admiration  des 
spectateurs. 

En  1886,  l'éditeur  Borneman  a  publié  la  pavane 
d'Henri  III  dans  laquelle  j'ai  apporté  la  plus  scrupu- 
leuse étude  pour  rester  fidèle  au  texte  original  ;  la 
musique  a  été  reconstituée  par  Signoret  sur  les  textes 
de  Thoinot-Arbeau  et  convertie  en  notes  et  mesures 
actuelles.  Musique  et  danse  ne  sont  donc  qu'une  repro- 
duction. 

Avant  de  commencer  la  danse,  le  ou  les  couples  figu- 
rants faisaient  une  promenade  autour  de  la  salle,  et 
allaient  saluer  gravement  les  personnes  chez  qui  la 
pavane  était  exécutée  ;  elle  était  quelquefois  suivie 
d'une  gaillarde  afin  d'égayer  les  assistants. 

Théorie  de  la  pavane,  transcrite  par  G.  Desrat  ;  mu- 
sique reconstituée  par  Signoret  ;  éditeur:  Borneman,  2, 
rue  de  l'Abbaye,  1886. 

La  pavane  est  dansée  sur  une  mesure  lento  en  deux 
temps  avec  le  pas  suivant  fait  tantôt  en  avant,  en  arrière, 
de  côté  et  en  tournant.  Pas:  pied  droit  :  l"  temps,  plier 
les  genoux  en  glissant  le  pied  droit  ;  2^  temps,  étendre 
la  jambe  gauche  devant  la  droite,  la  pointe  du  pied  très 
tendue  et  touchant  seule  la  terre.  Pour  le  pied  gauche, 
prendre  le  mouvement  en  sens  inverse,  et  pour  tourner 
s'élever  sur  la  pointe  du  pied  tombant  à  terre  en  rappro- 
chant l'autre  pied  devant.  —  Pavane,  l""'  reprise  :  Deux 
couples  se  placent  vis-à-vis  l'un  de  l'autre,  le  cavalier  à 
gauche  de  sa  dame  ;  ils  décrivent  un  grand  demi-cercle 
sur  leur  droite  pour  changer  de  places  ;  le  pas  de  pavane 


280  PER 

à  droite.  Les  cavaliers  soutiennent  très  élevées  les 
mains  de  leurs  dames,  et  après  les  changements  de 
places  les  deux  couples  se  saluent  ;  ils  répètent  le 
même  mouvement  pour  revenir  à  leurs  places  primitives. 

—  2"  reprise  :  Les  deux  couples  font  quatre  pas  de  pavane 
en  avançant  sur  leur  droite  et  s'arrêtent  en  face  l'un  de 
l'autre  au  milieu  du  salon  ;  ils  se  saluent  ;  ils  s'avancent 
ensuite  l'un  vers  l'autre  par  deux  pas  de  pavane  et  font 
une  pirouette  sur  la  pointe,  chaque  cavalier  exécutant 
ce  tour  avec  la  dame  de  son  vis-à-vis.  Les  cavaliers  se 
retournent  pour  faire  face  à  leurs  dames,  et  par  quatre 
pas  de  pavane  reprennent  leurs  premières  places.  Dans 
ce  retour,  les  cavaliers  conduisent  leurs  dames  par  la 
main  droite  de  cette  dame,  mais  soutenue  élevée  dans 
leur  main  gauche.  Cavaliers  et  dames  se  saluent  lente- 
ment en  faisant  un  temps  sur  les  pointes  préalablement. 

—  3'  reprise  :  Un  cavalier  seul  décrit  un  grand  demi-cercle 
à  gauche  par  quatre  pas  de  pavane  et,  arrivé  devant  la 
dame  de  vis-à-vis,  salut  et  révérence  avec  elle;  il 
revient  à  sa  place  par  le  même  demi-cercle  et,  avec  sa 
dame,  salut  et  révérence.  Le  second  cavalier  recom- 
mence le  même  mouvement.  —  Coda  :  Les  deux  couples 
s'avancent  sans  se  donner  les  mains  par  quatre  pas  de 
pavane  ouverts  à  droite  et  à  gauche  ;  ils  se  saluent  ;  les 
cavaliers  tournent  vis-à-vis  de  leurs  dames,  les  saluent 
et  les  reconduisent  à  la  place  où  ils  les  ont  invitées. 
Souvent  on  termine  par  une  promenade  et  saluts 
comme  on  l'a  fait  en  commençant  la  pavane. 

PÉCORÉE.  La  pécorée  est  une  danse  usitée  chez 
les  Calabrais  ;  son  nom  lui  vient  de  pecora,  brebis.  Dans 
cette  danse,  surtout  à  l'usage  des  campagnes,  le  mouve- 
ment rapide  et  agité  rappelle  ceux  des  anciens  rigau- 
dons; les  danseurs  y  meuvent  autant  leurs  bras  que 
leurs  jambes. 

PÉRIGOURDLXE.  Gomme  son   nom  l'indique,  cette 


PER  28i 

danse  est  très  usitée  dans  le  Périgprd  ;  elle  termi- 
nait les  bals  à  l'instar  de  notre  galop  final.  Les  danseurs 
exécutaient  des  chassés  rapides  avec  changements  de 
mains  en  formant  des  chaînes.  Au  moment  de  ce  chan- 
gement de  mains,  deux  danseurs  et  deux  danseuses 
prennent  la  place  des  deux  premiers  placés  en  tête  ;  et, 
à  la  fin,  c'est-à-dire  quand  tous  les  couples  ont  présidé  à 
la  danse  en  se  plaçant  les  premiers,  tous  recommencent 
en  se  suivant  les  mêmes  chassés  avec  plus  d'entrain  et 
de  précipitation  ;  ils  simulent  une  poursuite. 

PÉlîIX  (OUAI>liILI-K)-  Quadrille  français,  ainsi 
nommé  du  nom  de  son  auteur,  M.  Charles  Périn,  profes- 
seur très  estimé  à  Paris.  Ce  quadrille  ne  fut  dansé  qu'à 
son  apparition  en  1859,  et  dut  céder  le  pas  à  la  valse 
qui,  à  cette  époque,  absorbait  fiévreusement  les  dan- 
seurs. 
M.  Périn  composa  ainsi  qu'il  suit  son  quadrille  : 
Le  quadrille  Périn  se  danse  par  quatre  couples;  le 
couple  conducteur  est  le  premier;  son  vis-à-vis,  le  troi- 
sième ;  celui  de  droite  le  second,  et  celui  de  gauche,  le 
quatrième.  Chaque  figure  est  jouée  deux  fois. —  1"'''  figure: 
Le  cavalier  n°  1  prend  la  dame  n"  3  pour  faire  face  au 
couple  4,  pendant  que  le  cavalier  n°  3  prend  la  dame 
n"  1  pour  faire  face  au  "2^  couple  (4  mesures).  Chaque 
cavalier  fait  un  demi-tour  à  gauche,  ses  deux  mains  avec 
la  dame  qui  se  trouve  devant  lui  (4  mesures).  Le  qua- 
drille se  trouve  par  ce  fait  sur  deux  lignes.  Le  cavalier 
n"  1  fait  face  à  la  dame  n°  3;  le  cavalier  n°  3  à  la  dame  n"!, 
et  les  cavaliers  n<"  2  et  4  font  face  à  leurs  dames.  Les 
dames  en  vis-à-vis  font  deux  par  deux  un  tour  de  main 
droite  (4  mesures),  puis  un  tour  de  main  gauche  avec  les 
cavaliers  de  ligne  (4  mesures).  Les  deux  lignes  vont  en 
avant  et  en  arrière  (4  mesures);  ils  reviennent  en  avant. 
Les  cavaliers  du  centre  font  un  demi-tour  des  deux 
mains  avec  les  dames  placées  vis-à-vis  d'eux  et  se  séparent 
en  gagnant  leurs  places  en  reculant.  Les  deux  cava- 


282  PER 

liers  des  extrémités  qui  se  trouvent  en  face  de  leurs  dames 
rentrent  à  leurs  places  par  un  tour  de  main  (4  mesures). 
La  contre-partie  s'engage  par  les  2''  et  A"  couples  placés 
à  droite  et  à  gauche.  —  2'  figure  :  Le  cavalier  n"  1 
et  la  dame  n"  3  vont  en  avant  et  en  arrière  (4-  me- 
sures); le  cavalier  n"  3  et  la  dame  n°  1  font  la  même 
chose  (4  mesures).  Les  quatre  dames  traversent  un 
demi-cercle  et  vont  prendre  la  place  de  la  dame  de 
droite  (4  mesures)  ;  les  cavaliers  traversent  de  même  à 
gauche  et  vont  se  mettre  h  la  place  du  cavalier  de 
gauche  (4  mesures);  chaîne  plate  commencée  main 
droite  pour  rentrer  en  places  (8  mesures).  La  contre- 
partie s'engage  pour  les  couples  2  et  4.  —  3^  figure  :  Les 
dames  n"'  1  et  3  vont  en  avant  et  en  arrière  (4  mesures); 
les  quatre  dames  vont  ensuite  en  avant  en  se  donnant  la 
main  droite  et  donnant  la  gauche  à  leurs  cavaliers. 
Balancé  (4  mesures)  ;  chaque  couple  fait  un  demi-tour; 
les  cavaliers  se  donnant  la  main  droite  font  de  même 
un  demi-balancé  (4  mesures).  Les  cavaliers  font  un 
demi-tour  à  gauche  sur  eux-mêmes  et  traversent  avec 
leurs  dames  (4  mesures)  ;  les  dames  font  un  moulinet 
entier  main  droite  (4  mesures);  elles  font  un  tour  de 
main  gauche  avec  les  cavaliers (4  mesures).  Les  l*""  et 
3*  couples  font  un  traversé  avec  leur  couple  de  droite 
(4  mesures);  chacun  reprend  sa  place  par  un  second  tra- 
versé. Même  figure  pour  les  couples  2  et  4.  — ■  4'  figure  : 
Les  couples!  et3vontenavant;  les  cavaliers  font  un  demi- 
tour  des  deux  mains  avec  les  dames  placées  vis-à-vis 
(4  mesures);  les  deux  couples  font  quatre  pas  de  côté  en 
se  croisant  (2  mesures);  demi-tour  de  main  droite  pour 
se  trouver  en  face  (2  mesures);  les  deux  couples  vont  en 
avant  et  en  arrière  (4  mesures).  Le  cavalier  n"  1  et  la  dame 
qu'il  conduit  passent  au  milieu,  reviennent  en  dehors  et 
se  prennent  les  deux  mains  (4  mesures).  Les  deux  couples 
recommencent  les  quatre  pas  de  côté  en  se  croisant  (2  me- 
sures), et  un  demi-tour  de  main  droite  pour  se  faire 
face  (2  mesures).  Le  cavalier  n"  1   reprend  de  sa  main 


PER  283 

gauche  la  main  droite  de  la  dame  n"  4  pour  rentrer  à  sa 
place  en  passant  entre  le  cavalier  et  la  dame  n°  3  qui 
restent  également  à  leurs  places  (4  mesures)  ;  chaque 
cavalier  fait  avec  la  dame  de  gauche  en  avant  et  en 
arrière  (4  mesures)  ;  un  tour  de  main  droite  pour 
terminer  la  figure.  De  même  pour  les  couples  2  et  i.  — 
5^  figure  :  Les  couples  1,  2,  3,  4  vont  en  avant  et  en 
arrière  (4  mesures)  ;  les  2°  et  4^  couples  s'ouvrent  pour 
que  le  quadrille  se  forme  sur  deux  lignes  en  allant  en 
avant  (4  mesures)  ;  les  deux  lignes  avancent  et  chaque 
couple  retourne  en  arrière  à  sa  place  (4  mesures)  ;  les 
!"■  et  3'  couples  vont  en  avant,  les  dames  restent  au 
milieu  pendant  que  les  cavaliers  reculent  en  vis-à-vis 
vec  leurs  dames  (4  mesures)  ;  puis  un  tour  de  main 
droite  pour  se  placer  chacun  en  face  du  couple  de  droite; 
le  l"  couple  en  face  du  2'  et  le  3'  en  face  du  4' 
(4  mesures);  demi-rond  par  quatre  (2  mesures);  les 2®  et 
4"  couples  s'ouvrent  pour  laisser  passer  le  1"  et  le  3^ 
qui  marchent  à  la  rencontre  l'un  de  l'autre  (2  me- 
sures) ;  les  1"  et  3'  couples  font  un  demi-rond  prolongé, 
pendant  que  les  deux  autres  rentrent  à  leurs  places  par 
une  demi-chaîne  anglaise  (4  mesures)  ;  les  1"  et 
3"  couples  rentrent  à  leurs  places  par  une  demi-chaîne 
anglaise  (4  mesures)  ;  les  quatre  couples  vont  en  avant, 
les  1"  et  3'  s'ouvrent  pour  que  le  quadrille  forme  deux 
lignes  en  allant  en  avant  et  en  arrière  (4  mesures).  Les 
deux  lignes  vont  en  avant  et  chaque  couple  rentre  à  sa 
place.  La  contre-partie  s'engage  par  les  2"  et  4^  couples. 
Pour  terminer  la  figure,  on  répète  l'en  avant  des  quatre 
couples  qui  se  séparent.  — ■  Ch.  Périn. 

PERSIKÈ.  Danse  sacrée  des  Grecs  que  Pollux 
donne  comme  consacrée  à  Bacchus.  Elle  paraît  ne 
pas  avoir  longtemps  conservé  son  caractère  religieux, 
car  on  la  retrouve  plus  tard  en  Perse  citée  par 
Heyset  comme  trahissant  fâcheusement  les  mœurs 
persanes. 


284  PHA 

PETITS  BOUQUETS  (LES).  Nom  d'une  ancienne 
contredanse  française,  dansée  par  quatre  couples  et 
composée  par  le  savant  chorégraphe  Magny.  Elle  com- 
mençait par  un  rond,  puis  les  danseurs  faisaient  des 
tours  de  mains,  se  plaçaient  vis-à-vis  les  uns  des  autres 
et  avançaient  parfois  seuls,  parfois  ensemble.  Le  Traité 
de  Magny  en  donne  la  musique  et  la  chorégraphie. 

PHALANGE  (DAXSE  DE  LA).  Cette  danse  est  citée 
par  l'explorateur  Stanley  dans  son  livre  intitulé  :  Dans 
les  ténèbres  de  V Afrique.  On  en  trouve  la  description 
et  la  figuration  parmi  les  extraits,  textes  et  gravures, 
publiés  dans  le  supplément  du  journal  le  Figaro  du 
28  juin  1890.  Cette  danse  semble  être  une  réminiscence  de 
la  phalange  guerrière  macédonienne,  à  en  juger  par  les 
gravures  de  Riou  et  de  Maynard.  N'ayant  jamais  exploré 
que  mes  livres  et  bouquins,  je  laisse  la  parole  slu  Figaro 
et  à  Stanley  : 

((.  La  danse  africaine  de  la  phalange  consiste  principa- 
lement en  gestes  obscènes,  en  sauts,  contorsions  et  jon- 
gleries, tandis  qu'un  ou  plusieurs  tambours  battent  la 
mesure.  Beaucoup  de  gros  rires...  Mais  ce  que  l'on 
goûte  par-dessus  tout,  ce  qu'il  y  a  de  meilleur  et  de  plus 
beau,  ce  sont  les  chœurs,  et,  quand  les  hommes,  les 
femmes  et  les  enfants  élèvent  les  voix  au-dessus  du  bruit 
des  tambours  et  du  murmure  de  la  foule,  j'avoue  que 
j'en  ai  toujours  éprouvé  un  grand  plaisir.  La  fête 
commence  par  des  roulements  d'une  dizaine  de  tam- 
bours, grands  et  petits,  manœuvres  par  des  artistes  ac- 
complis, gardant  admirablement  la  mesure  et  émettant 
des  sons  d'une  clarté  parfaite  que  l'on  pouvait  entendre 
à  plusieurs  kilomètres  de  distance.  Pendant  ce  temps 
Katto  et  le  cousin  Kalengué,  promenant  leurs  plumes  de 
coq  blanc  en  touffes  magnifiques,  alignaient  sur  le  ter- 
rain trente-trois  rangées  de  trente-trois  hommes  chacune, 
en  un  carré  aussi  parfait  que  possible.  Plusieurs  n'avaient 
qu'une   lance,  d'autres   en  portaient  deux,  outre  leurs 


PHA  285 

boucliers  et  carquois  pendant  au  cou  et  sur  le  dos. 
La  phalange  restait  immobile,  les  lances  appuyées 
contre  terre.  Au  signal  des  tambours,  la  voix  grave  de 
Katto  entonne  un  chant  sauvage,  montant  graduel- 
lement jusqu'aux  notes  aiguës;  alors  il  lève  son  arme, 
le  chœur  formidable  des  1089  danseurs  lui  répond, 
et  les  guerriers  s'avancent  en  brandissant  leurs 
lances.  A  50  mètres  environ  de  la  première  rangée, 
je  sentais  le  sol  secoué  comme  par  un  tremble- 
ment de  terre.  Les  hommes  piétinaient  pesamment 
presque  sur  place,  faisait  des  pas  d'une  lenteur  calculée, 
de  15  centimètres  à  peine,  mais  ils  progressaient 
constamment.  Les  voix  montaient  et  descendaient  en 
vagues  onduleuses.  Aux  rauques  commandements  du 
chef  on  retrouvait  une  nouvelle  énergie,  puis  on  sentait 
les  voix  s'abaisser  ensuite  en  poussant  de  plaintifs  mur- 
mures comme  une  foule  en  deuil. 

«  Mais  de  nouveau,  et  avançant  du  même  pas,  les 
guerriers  se  redressent.  Sans  interrompre  les  chants 
sauvages,  le  carré  s'approchait  lentement.  Arrivés  à 
quelque  distance,  les  hommes  du  premier  rang 
abaissent  leurs  lances,  font  briller  les  pointes  de  fer 
poli  sur  une  ligne  absolument  horizontale.  Trois  fois 
ils  me  saluent  ainsi,  et  trois  fois  ils  les  relèvent.  Puis, 
l'un  à  la  file  de  l'autre,  chacun  des  rangs  se  met  au 
pas  de  course  ;  ils  lancent  leurs  javelots  pour  les 
ressaisir  à  l'instant;  les  hampes  tremblent  entre  leurs 
mains  ;  ils  poussent  des  cris  de  guerre  plus  forts,  tou- 
jours plus  forts,  jusqu'à  ce  que  le  carré  soit  transformé 
peu  à  peu  en  une  spirale  énorme  à  trois  involutions. 
Après  avoir  fait  trois  fois  le  tour  de  la  place,  l'immense 
farandole  vient  s'enrouler  tout  autour  du  prince  Katto, 
et  l'on  ne  voit  plus  bientôt  qu'une  masse  solide  de  têtes. 
Ce  cercle,  une  fois  complet,  se  change  de  nouveau  en 
carré,  puis  le  carré  se  dédouble  en  deux  rectangles  : 
chacun  de  ceux  qui  les  composent  va  prendre  la  place 
de  celui  qui  lui  fait  vis-à-vis.  Les  chants  continuent, 


286  PHE 

tandis  que,  dans  l'ordre  le  plus  parfait,  ils  exécutent 
celte  figure  ;  puis,  encore  une  fois,  et  avec  une  rapidité 
merveilleuse,  ils  se  reforment  en  cercle,  se  démenant 
et  gesticulant  autour  de  la  pelouse  jusqu'à  ce  que  i'œil 
soit  ébloui  de  tous  ces  tournoiements,  de  toutes  ces 
girations.  C'est  certainement  un  des  plus  beaux  et  des 
plus  émouvants  spectacles  que  j'aie  vus  en  Afrique.  »  — 
H. -M.  Stanley. 

Toutes  ces  évolutions  rappellent  les  danses  guerrières 
des  Grecs,  pyrrhique  et  memphitique. 

PHALLIKON.  Danse  sacrée  des  Grecs  en  l'honneur 
de  Bacchus;  elle  est  mentionnée  par  Pollux,  et,  selon 
lui,  sacrée.  Gomme  beaucoup  de  danses  consacrées  à  ce 
dieu,  elle  tomba  dans  l'obscénité.  Les  danseurs  por- 
taient à  leur  cou  la  figure  d'un  priape  et  s'accompa- 
gnaient de  chants  plus  que  licencieux. 

PHALLOPIIOIIES  ET  PHALLOLOGONES.Les  Grecs 
désignaient  ainsi  des  mimes  particuliers  ou  sicyoniens; 
ils  portaient  le  phallus  au  bout  d'une  pique  et  se  cou- 
vraient le  visage  d'un  masque  fait  d'écorce  d'arbre.  Celui 
qui,  marchant  à  leur  tète,  dirigeait  la  danse  avait  le 
visage  recouvert  de  suie.  Tous,  revêtus  de  la  tunique 
macédonienne,  chantaient  des  poésies  bachiques.  Un 
rôle  comique,  des  pas  excentriques,  des  contorsions 
grotesques  leur  attiraient  la  risée  générale;  les  cou- 
ronnes de  laurier  dont  ils  se  ceignaient  la  tète  ajoutaient 
encore  au  ridicule  de  leurs  danses. 

PHÉACIENS  (DAXSE  DES).  Les  Phéaciens  avaient 
un  genre  de  danse  particulier,  dont  Homère  parle  dans 
le  yill''  livre  de  V Odyssée.  Cette  danse  avait  lieu  en 
l'honneur  d'Ulysse,  qui  venait  d'arriver  à  la  cour  du  roi 
Alcinoûs  :  «  D'abord  les  juges  publics,  qui  président  à 
ces  fêtes  et  qui  sont  chargés  du  soin  de  tout  ce  qui  peut 
y  avoir  rapport,  se  levèrent  au  nombre  de  neuf  et  com- 


PIR  287 

mencèrent  par  préparer  une  place  spacieuse  dont  ils 
aplanirent  le  terrain.  Ensuite  un  héraut  ayant  apporté 
une  lyre  harmonieuse  à  Dédonioque,  celui-ci  se  plaça 
au  milieu  d'une  troupe  de  jeunes  gens,  excellents  dan- 
seurs, qui  se  mirent  à  danser  avec  tant  de  légèreté 
qu'Ulysse  ne  pouvait  regarder  sans  étonnement  la  mobi- 
lité brillante  et  éblouissante  de  leurs  pieds.  »  Compan 
décrit  une  autre  danse  phéacienne  dans  laquelle  les 
danseurs,  se  courbant  en  arrière,  jetaient  une  balle  en 
l'air  et  d'autres  danseurs  s'efforçaient  de  s'en  saisir 
quand  elle  retombait  cà  terre. 

PHOSPHORIES.  Fêtes  dansantes  consacrées  au  feu 
et  par  suite  ainsi  nommées. 

PHYSIONOMIE.  Pour  le  danseur  de  théâtre,  la  phy- 
sionomie, dans  sa  pantomime,  doit  être  le  miroir  fidèle, 
la  traduction  vraisemblable  du  rôle,  du  libretto  qu'il 
doit  mettre  en  scène.  Les  yeux,  en  ce  cas,  jouent  la  plus 
grande  partie  de  ce  rôle,  et,  tout  en  restant  le  miroir  de 
l'âme,  deviennent  le  miroir  dans  lequel  le  spectateur 
retrouve  les  sentiments  exprimés  par  les  gestes.  Pour 
le  danseur  de  ville,  ce  mot  s'entend  par  son  maintien 
gracieux  et  agréable  pour  les  dames  qu'il  a  invitées  et 
pour  la  maîtresse  de  maison  chez  laquelle  il  est  reçu. 

PINAKIS  OU  PINAKÉDÉS.  Nom  d'une  danse  privée 
des  Grecs,  citée  par  Athénée,  et  ainsi  appelée  parce 
qu'elle  était  exécutée  au  son  de  la  flûte. 

PIROUETTE.  Si  l'on  en  croyait  Despréaux,  les  pi- 
rouettes nous  viendraient  de  Stuttgart  : 

Jadis  de  Stuttgart  nous  vinrent  les  pirouettes. 

Ce  pas,  connu  depuis  de  longues  années,  a  progressé 
sensiblement  et  est  arrivé,  sur  le  théâtre,  à  simuler  les 
tours  d'adresse  des  gymnasiarques  ;  exécutées  à  terre, 


288  PI  H 

ces  pirouettes  produisaient  un  eiîet  agréable  à  l'œil  et 
tenaient  à  l'art  de  la  danse  ;  mais  converties  en  tours  en 
rair,  elles  tiennent  plutôt  de  l'acrobatie.  C'est  l'avis  du 
public  intelligent,  des  abonnés  amateurs  de  la  danse  à 
l'Opéra. 

En  1766,  M""  Heinel  et  un  jeune  danseur  nommé 
Ferville,  arrivant  de  Stuttgart,  débutèrent  à  l'Opéra  de 
Paris  et  étonnèrent  les  spectateurs  par  ces  pirouettes 
encore  inconnues,  en  les  exécutant  sur  une  seule  pointe. 
Plus  tard,  tous  les  danseurs  les  imitèrent  et  même  les 
surpassèrent.  Gardel  et  Vestris  perfectionnèrent  ces  pas, 
à  tel  point  que  l'un  d'eux  arrivait  à  imiter  les  rayons  du 
soleil,  en  faisant  des  ronds  de  jambe  en  l'air  pendant 
qu'il  pivotait  sur  une  jambe. 

Les  pirouettes  sont  hérissées  de  difficultés  de  toutes 
sortes  et  demandent  une  science  préalable  de  toute  la 
souplesse  que  peut  produire  le  danseur;  à  cette  sou- 
plesse il  faut  encore  joindre  la  force  et  la  vigueur  des 
jambes.  Elles  sont  faites  sur  un  pied  reposant  à  terre,  à 
plat,  ou  seulement  sur  la  pointe  et  avec  ou  sans  mouve- 
ment de  bras;  on  les  tourne  à  droite  ou  à  gauche,  à 
volonté.  On  a  donné  beaucoup  de  théories  servant  à 
l'exécution  de  ce  temps  de  danse;  mais  celle  de  Blasis 
estj  entre  toutes,  la  plus  claire,  la  plus  pratique,  la 
meilleure,  en  un  mot. 

((  Que  votre  corps,  dit-il,  soit  bien  d'aplomb  sur  les 
jambes  avant  d'entamer  la  pirouette;  que  vos  bras  soient 
placés  de  manière  à  donner  une  force  nouvelle  à  l'im- 
pulsion qui  vous  fait  tourner,  en  même  temps  qu'ils 
servent  de  contrepoids  au  corps  qui  tourne  sur  les 
pointes.  » 

On  peut,  dans  les  pirouettes,  décrire  sur  soi-même 
un  nombre  de  tours  plus  ou  moins  grand;  elles  peuvent 
être  exécutées  sur  un  ou  deux  pieds.  Quand  le  corps  ne 
repose  que  sur  un  pied  et  que  l'autre  jambe  est  main- 
tenue horinzontalement  à  la  hauteur  de  la  hanche,  la 
pirouette  est  appelée  grande  pirouette.  Exécutée  sur  les 


l'IR  -289 

deux  pieds  que  Ton  glisse  et  croise  rapidement  l'un 
devant  l'autre  en  tournant,  la  [jirouette  est  dite  simple, 
de  même  que  lorsque  le  danseur  ne  fait  qu'un  seul*  tour. 
Nous  reviendrons  plus  loin  sur  la  théorie  des  différentes 
manières  d'exécuter  les  pirouettes;  pour  l'instant,  res- 
tons sur  les  premiers  essais  faits  de  ce  pas  dans  la 
grande  danse  théâtrale.  Lorsque  parut  l'Encyclopédie 
méthodique,  on  ne  tournait  presque  jamais  plus  d'un 
tour;  la  théorie  de  cette  Encyclopédie  le  prouve  sur- 
abondamment, car  elle  ne  définit  en  rien  ce  nombre  et 
semble  le  limiter  à  tourner  sur  soi-même  de  droite  à 
gauche  ou  de  gauche  à  droite.  «  Je  suppose  que  l'on  ait 
une  pirouette  à  faire  du  pied  droit  et  qu'on  ne  doive 
tourner  qu'un  quart  de  tour  à  droite;  il  faut  plier  sur  le 
gauche,  le  droit  en  Pair,  et,  à  mesure  que  le  genou 
gauche  se  plie,  la  jambe  droite  en  l'air  marche  forte- 
ment, décrivant  un  demi-cercle.  On  pose  ensuite  la 
pointe  du  pied  derrière  la  jambe  gauche,  à  la  troisième 
position,  pour  se  relever  sur  les  deux  pointes,  ce  qui  fait 
tourner  un  quart  de  tour.  Au  lieu  que  si  l'on  veut  tour- 
ner un  demi-tour,  il  faut  poser  la  pointe  du  pied  croisé 
jusqu'à  la  cinquième  position,  ce  (jui  fait  qu'en  s'élevant, 
on  tournera  un  demi-tour.  »  Donc,  rien  des  deux  ou 
trois  tours  exécutés  depuis. 

Dans  nos  ballets  contemporains,  les  pirouettes  rendent 
de  grands  services  aux  chorégraphes,  en  leur  permettant 
de  flatter  les  yeux  des  spectateurs  par  des  temps  de 
danse  pleins  de  brio  et  de  brillant,  surtout  lorsque  ces 
pirouettes  sont  terminées  par  des  attitudes  ou  des 
arabesques,  poses  toujours  expressives  ou  sentimen- 
tales. 

Quant  à  la  théorie  que  l'on  pourrait  en  donner,  elle 
repose  principalement  sur  des  principes  géométrique- 
ment démontrés;  la  variété  en  est  grande,  mais  toutes 
exigent  la  plus  grande  attention  à  bien  posséder  et  gar- 
der le  centre  de  gravité.  Ce  centre,  étant  la  résultante  de 
toutes  les  forces  du  corps,  assure  au  danseur  sa  solidité, 


-290  PIR 

tant  qu'il  sait  pratiquer  les  principes  élémentaires  qui 
le  lui  ont  donné. 

Pirouette  simple.  Sur  la  demi-pointe  :  plier  les  ge- 
noux, dégager  un  pied  à  la  seconde  position  (ces  deux 
mouvements  s'appellent  préparation  à  la  pirouette), 
ramener  ce  pied  en  le  croisant  devant  l'autre  jambe,  et 
tourner  en  avant  ou  en  arrière  sur  le  pied  touchant 
terre.  On  doit  veiller  à  épauler  fortement  du  côté  où  l'on 
veut  tourner,  c'est-à-dire  en  avançant  ou  en  reculant 
l'épaule  dans  la  direction  prise  par  le  pied  tournant.  On 
termine  en  assemblant  devant  ou  derrière  le  pied  levé. 

La  pirouette  est  appelée  ouverte  quand  le  corps 
(ourne  en  avant,  et  fermée  quand  le  corps  tourne  en  ar- 
rière. 

Pirouette  à  la  seconde  position  ou  grande  pirouette. 
Plier  les  genoux  et  relever  rapidement  une  jambe  à  la 
hauteur  de  la  hanche,  et  tourner  en  avant  ou  en  arrière 
sur  la  pointe  de  l'autre  pied  en  maintenant  étendue  la 
jambe  élevée.  Le  rôle  de  l'épaule  est  encore  plus  impor- 
tant dans  cette  pirouette  que  dans  la  précédente,  et  doit 
rester  perpendiculaire  à  la  hanche. 

Pirouette  avec  attitude  ou  arabesque.  La  pirouette  est 
ainsi  appelée  quand,  après  la  grande  pirouette,  le  danseur 
laisse  retomber  la  jambe  élevée  pour  se  poser  en  attitude 
ou  en  arabesque.  Ce  genre  de  pirouette  simule  le  point 
d'orgue  en  musique.  ^j 

Pirouettes  acec  ronds  de  jambe  ou  petits  battements- 
sur  le  cou-de-pied.  La  jambe  élevée  décrit  des  ronds 
de  jambe  en  l'air  précipités  ou  des  petits  battements 
pendant  que  le  corps  tourne  sur  l'autre;  cette  dernière 
pirouette  produit  toujours  beaucoup  d'effet  dans  la  danse 
de  théâtre.  Vestris  les  exécutait  avec  une  perfection 
telle  qu'il  représentait  les  rayons  du  soleil  en  les  pro- 
duisant dans  ses  grands  ballets. 

PIIÎPIIY3IA.  Danse  guerrière  des  Grecs  et,  selon  Poi- 
lux,  inventée  pour  inspirer  la  terreur. 


PODIKRA.  Danse  ancienne  des  Grecs  très  peu  con- 
nue ;  Pollux  la  regarde  comme  privée  et  très]  animée. 

PODISMOS.  Danse  guerrière  des  Grecs  dans  laquelle 
les  danseurs  se  poursuivaient  en  exécutant  des  poses 
militaires;  les  auteurs  anciens  en  font  le  plus  grand 
éloge. 

POLICHINELLE  (LA),  Danse  comique  et  triviale 
réservée  aux  baladins  des  foires  et  des  fêtes  de  village  ; 
quelquefois  on  la  rencontre  dans  les  anciennes  farces 
représentées  publiquement,  quelquefois  encore  dans  un 
ballet  comique  où  elle  est  amenée  par  le  rôle  du  dan- 
seur. Le  professeur  Giraudet  en  donne  deux  théories 
très  conformes  à  la  danse  originale.  Il  oublie  de  dire 
qu'elle  ne  peut  être  dansée  que  sur  un  air  spécial  dont 
les  paroles  commençaient  par  : 

Pan,  qu'est-ce  qu'est  là, 
C'est  Polichinel  qui  frappe. 

Théorie  du  professeur  Giraudet.  —  Mesure  à  2/4 
dansée  par  une  personne,  l"""  pas  :  piqué  de  la  pointe  et 
du  talon  en  tournant,  demi-pas  russe  en  avant,  glissade 
en  arrière  et  tour  en  pivotant  sur  la  pointe  des  pieds.  Ce 
pas  se  fait  à  toutes  les  figures;  2"  pas  :  piqué  sur 
place  pendant  toute  la  mesure;  3*  pas:  un  chassé  en 
tournant,  face  en  arrière,  signe  du  bras  droit  pour 
manger  ainsi  que  du  bras  gauche,  le  faire  encore 
une  seconde  fois  pour  venir  face  en  avant;  4^  pas  : 
la  nage  tout  autour,  tombé  en  polichinelle;  5"  pas: 
pas  comique  en  sursaut;  à  droite  et  à  gauche;  6*  pas  : 
jeté  deux  fois  en  avant,  faire  signe  pour  manger; 
7*  pas  :  contretemps  en  avant,  deux  tirés,  brisé,  entre- 
chat, deux  coups  d'ailes  de  pigeon  coupées  en  arrière, 
un  tour;  8°  pas  :  la  nage,  plonger,  faire  face  de  côté; 
9*  pas  :  le  boiteux  en  faisant  deux  appels  du  talon  de 
chaque  pied,  faire  quatre  petits  pas  en  avant  et  deux 


2flt>  POL 

fois,  une  fois  de  chaque  pied;  10°  pas  :  ailes  de 
pigeon,  entreciiat,  tombé,  cambré  avec  le  salut  militaire 
pour  finir. 

POLKA.  Danse  tournée  comme  les  valses  par  un 
cavalier  et  une  dame.  La  vogue  dont  celte  danse  a  joui 
dès  son  apparition,  le  réveil  de  la  danse  qu'elle  a  suscité 
dans  tous  les  salons,  demandent  quelques  lignes  d'his- 
toire, car  la  polka  fut  une  danse,  un  événement,  comme 
on  le  dirait  en  langage  vulgaire.  Il  faut  avoir  passé  à 
Paris  l'hiver  de  1844  pour  se  faire  une  idée  exacte  de  la 
révolution  dansante  qui  ameuta  tous  les  salons,  pour 
comprendre  jusqu'à  quel  point  jeunes  et  vieux,  filles  et 
mères,  magistrats  et  avocats,  médecins  et  internes  se 
livrèrent  aux  plus  passionnés  ébats  polkaiques.  Tout 
prit  le  nom  de  polka,  depuis  les  vêtements  d'hommes  et 
de  femtnes  jusqu'aux  mets  et  entremets  servis  dans  les 
plus  somptueux  dîners.  En  sortant  du  cours  de  danse, 
les  escholiers  regagnaient  leurs  domiciles  en  dansant  le 
pas  de  polka  et  en  chantant  l'air  original  bohémien.  On 
comprend  facilement  cet  engouement  en  se  rappelant 
qu'à  cette  époque  la  valse  était  la  seule  danse  animée  et 
tournante  usitée  et  ne  rompait  que  très  imparfaitement 
la  monotonie  des  quadrilles.  Aussi  de  cette  danse  vit-on 
dériver  les  polkas-mazurkas,  les  coquettes,  scollish  et 
varsoviana,  toutes  composées  du  pas  de  cette  polka. 
Primitivement  la  polka  fut  dansée  avec  figures,  lesquelles 
ont  été  gravées  par  l'éditeur  Lemercier,  rue  de  Seine,  et 
se  trouvent  à  la  Bibliothèque  nationale,  aux  Estampes, 
années  1844  et  1845.  Tantôt  le  cavalier  se  rapprochait 
de  sa  dame,  tantôt  il  s'en  éloignait  ;  il  tournait  avec  elle 
par  une  main  seule,  parfois  avec  les  deux;  de  temps  à 
autres,  les  deux  danseurs  mettaient  les  poings  sur  les 
hanches  et  simulaient  des  mouvements  d'attaque  ou  de 
défense  réciproques.  On  compliqua  même  ces  figures  à 
tel  point  que  des  chroniqueurs  du  temps  parlèrent  de  la 
science  de  la  polka.  Que  de  brochures,  que  de  plaquettes 


POL  293 

n'a-l-ou  pas  écrites!  Voire  même  VAlmanach  de  la  polka 
pour  l'année  1845.  Nous  ne  sommes  pas  encore  trop 
éloignés  de  ce  temps  pour  rappeler  à  bon  nombre  de  nos 
hauts  magistrats  et  de  nos  grands  et  savants  médecins  les 
ébats  polkai(|ues  dont  ils  illustrèrent  l'ancien  Prado  et 
les  cours  de  Cellarius.  Ouest  hélas  cette  gaieté  d'antan? 
Où  sont  Cham,  Daumier,  Gavarni,  les  spirituels  illustra- 
teurs des  élucubrations  des  polkeurs  du  temps?  Où 
sont  Louis  Huartj  Taxile  Delord  et  tant  d'autres  dont  les 
crayons  et  les  plumes  étaient  aussi  souples  et  fins  dans 
leurs  textes  que  leurs  jambes  dans  leurs  polkas?  Deux 
seuls  nous  restent  encore  et,  ne  leur  en  déplaiseje  veux 
les  rappeler  à  noire  agréable  souvenir  d'enfance,  à  notre 
jeunesse,  la  plus  belle  partie  de  notre  vie,  «  la  monnaie 
de  notre  bonheur»,  comme  le  dit  Delvau,  dans  ses 
Cîjthères  parisiennes.  Auguste  Vitu  et  Pierre  Véron 
nous  ont  laissé  les  pages  les  plus  charmantes  sur  cette 
fiévreuse  et  endiablée  époque  de  la  danse,  règne  de 
Mogador  et  de  Pomaré.  Passons  du  plaisant  au  sérieux 
et  revenons  à  notre  dictionnaire.  —  Théorie  du  pas  de 
la  polka.  Dégager  le  pied  droit  à  la  deuxième  posiîion; 
rapprocher  le  pied  droit  derrière  à  la  troisième  position  ; 
sauter  sur  le  pied  droit  en  élevant  en  même  temps  le 
pied  gauche  à  la  troisième  position  en  l'air  derrière  le 
mollet  droit;  attendre  un  temps  de  la  mesure  et  recom- 
mencer les  mêmes  mouvements  avec  le  pied  gauche. 
Pour  tourner  la  polka,  le  cavalier  fait  un  pas  en  avant 
avec  le  pied  gauche  et  un  en  arrière  avec  le  droit.  La 
dame  fait  le  même  pas  en  commençant  avec  le  pied 
droit.  Si  l'on  veut  avancer  ou  reculer,  les  pas  sont  faits 
dans  ces  directions,  alternées  de  chaque  pied. 

POLKA-MAZURKA.  Valse  qui  dérive  de  la  polka  et  a 
suivi  de  près  celte  danse.  C'est  une  sorte  de  polka  exé- 
cutée sur  une  mesure  à  trois  temps  et  en  répétant 
presque  deux  fois  le  pas  de  cette  danse.  Malgré  son 
nom,  cette  danse  n'a  aucun  rapport  avec  la  mazurka  et 


294  POL 

l'on  est  en  droit  de  se  demander  pourquoi  le  nom  de 
cette  dernière  danse  est  venu  s'ajouter  au  premier, 
puisque  aucun  pas  de  la  mazurka  ne  se  rapporte  à  la 
polka.  Le  besoin  de  créer  une  nouvelle  danse  d'un  côté, 
d'un  autre  le  souvenir  de  la  mazurka  russe  et  polonaise, 
déjà  entrée  dans  nos  salons,  sont  les  seules  étymologies 
du  mot  polka-mazurka. — Théorie  de  la  polka-mazurka. 
—  Le  cavalier  tient  sa  dame  à  la  taille  comme  dans  les 
valses  ;  la  dame  commence  du  pied  droit,  et  le  cavalier 
du  pied  gauche;  l'un  et  l'autre  ne  tournent  que  sur  la 
seconde  partie  du  pas,  à  partir  du  quatrième  temps  de  la 
mesure.  Le  pas  de  la  danse  s'exécute  sur  deux  mesures 
de  musique  en  trois  temps,  et  comporte  alors  deux 
parties. —  Première  partie  :  glisser  un  pied  à  la  seconde 
position;  rassembler  l'autre  à  la  troisième  position 
derrière;  élever  un  pied  en  sautant  sur  l'autre  et  en 
ramenant  ce  pied  levé  derrière  l'autre  jambe.  — 
Deuxième  partie  :  glisser  le  pied  qui  est  levé  et  qui  a 
commencé  le  pas;  rapprocher  l'autre  et  sauter  sur  le 
pied  commençant  en  croisant  en  l'air  derrière  le  pied 
opposé  à  celui  qui  a  commencé  le  pas.  Je  l'ai  dit  plus 
haut,  les  danseurs  ne  tournent  que  sur  la  seconde  partie 
du  pas;  le  cavalier  sur  sa  gauche  en  avant,  et  la  dame 
sur  sa  droite  en  arrière. 

POLO  (LE).  Nouveau  quadrille  français  composé  en 
1883  par  un  professeur  de  danse  de  Rouen  qui  s'inspira 
du  jeu  portant  le  même  nom.  Ce  quadrille  semble  être 
une  composition  tirée  du  quadrille  américain  avec  modi- 
fications dans  l'ordre  des  figures.  On  l'a  vu  quelque- 
fois danser  dans  les  villes  de  bains  de  mer,  mais  jamais 
à  Paris  où  le  droit  de  cité  ne  lui  a  pas  encore  été  accordé. 
La  théorie  suivante  de  M.  Paul  a  été  publiée  en  1883 
chez  Trébutien,  éditeur,  boulevard  Haussmann.  — 
Théorie.  Pour  danser  ce  quadrille,  il  faut  quatre  couples 
en  croix  comme  dans  le  quadrille  croisé.  Deux  couples 
se  faisant  vis-à-vis  prennent  le  n"  1;  les  deux  autres 


POr.  205 

placés  transversalement  prennent  le  n"  2.  —  1"  figure  : 
La  promenade.  Les  quatre  couples,  en  se  suivant,  se 
dirigent  à  droite  jusqu'à  la  place  de  leurs  vis-à-vis 
(4.  mesures).  En  avant  quatre,  les  deux  premiers 
couples  d'abord  et  les  deux  autres  ensuite  (4  mesures). 
Traversé  :  les  premiers  couples  regagnent  leurs  places 
en  laissant  passer  les  danses  au  milieu;  les  deux 
couples  font  le  même  traversé  (4  mesures).  Moulinet  : 
les  dames  se  donnent  la  main  droite  au  centre 
du  quadrille;  elles  vont  ensuite  faire  un  tour  de  main 
gauche  avec  le  cavalier  de  vis-à-vis,  puis  elles  reforment 
le  moulinet  pour  retourner  à  leurs  places  (8  mesures). 
Moulinet  des  cavaliers  qui  exécutent  le  même  moulinet 
des  dames  (8  mesures).  Reprise  de  la  figure.  —  S""  figure  : 
La  corbeille.  Grand  rond  tourné  sur  la  gauche  formé 
par  les  quatre  couples  (8  mesures).  Rond  des  cavaliers 
autour  des  dames  qui  se  sont  placées  dos  à  dos  au  milieu 
du  quadrille  {^  mesures);  demi-tour  de  main  avec  sa 
dame  pour  changer  de  places (4  mesures);  rond  des  dames 
autour  des  cavaliers  qui,  à  leur  tour,  se  trouvent  dos  à 
dos  au  milieu  du  quadrille  (4  mesures);  tour  de  main 
pour  finir  à  sa  place  (4  mesures).  Reprise  de  la  figure. 
—  3'  figure  :  Les  petits  ronds.  Traversé  :  les  deux 
premières  dames  qui  se  font  vis-à-vis  changent  de  places, 
puis  les  deux  autres  dames  (4  mesures)  ;  les  deux  pre- 
miers cavaliers,  puis  les  deux  seconds  changent  égale- 
ment de  places  et  vont  offrir  leur  main  gauche  à  leurs 
dames  et  la  main  droite  à  la  dame  qui  se  trouve  à  leur 
droite,  de  manière  à  former  un  grand  rond,  les  cavaliers 
tournant  le  dos  au  centre  du  quadrille  (4  mesures). 
Balancé  :  on  rétrécit,  puis  on  élargit  le  rond  (4  mesures). 
Grand  rond  :  sans  se  séparer,  on  retourne  à  sa  place, 
les  dames  se  dirigeant  sur  leur  droite  suivies  des  cava- 
liers (4  mesures).  Les  petits  ronds  :  les  cavaliers  font 
avec  leurs  dames  un  petit  rond  sur  place  qu'ils  finissent 
en  tournant  le  dos  au  centre  du  quadrille  (4  mesures); 
ils  vont  ensuite   faire  un  nouveau  rond  avec  fia  dame 


296  POL 

placée  à  leur  gauche  (4  mesures);  puis  un  troisième 
avec  la  nouvelle  dame  de  gauche  (4  mesures);  et  un 
dernier  rond  avec  la  quatrième  dame  pour  finir  chacun 
à  sa  place  (4  mesures).  Reprise  de  la  fii^ure.  —  4"  figure  : 
La  nouvelle  pastourelle.  En  avant  quatre  par  les 
premiers  couples;  les  deux  premiers  couples  vont  en- 
suite céder  leurs  dames  au  cavalier  placé  à  droite  et 
retournent  seuls  à  leurs  places  (8  mesures).  En  avant 
six  :  les  seconds  cavaliers  placés  entre  les  deux  dames 
vont  avec  elles  en  avant  et  en  arrière  (pendant  qu'ils 
reculent,  les  cavaliers  restés  seuls  font  en  avant); 
ensuite  ils  cèdent  la  dame  placée  à  leur  droite  au 
cavalier  de  droite  et  celle  de  gauche  à  celui  placé  à 
leur  gauche;  ils  retournent  seuls  à  leurs  places.  En 
avant  six  fait  par  les  premiers  cavaliers,  chacun  placé 
entre  les  deux  dames  (pendant  que  les  deux  premiers 
cavaliers  reculent,  les  deux  seconds  font  en  avant 
deux).  Demi-rond  sur  la  gauche  formé  par  les 
huit  danseurs  réunis  qui  s'arrêtent  à  la  place  occupée 
par  leur  vis-à-vis;  autre  demi-rond  sur  la  droite  pour 
revenir  chacun  à  sa  place  (8  mesures).  Reprise  de  la 
figure.  On  peut  faire  un  rond  rapide  à  la  place  de 
l'avant-deux.  —  5''  figure  :  Le  polo.  Grand  rond  formé 
par  les  quatre  couples  (|ui  tournent  en  galopant  sur  leur 
gauche  (8  mesures).  Les  bras  enlacés  :  les  dames  se 
donnent  les  mains  et  forment  un  rond  au  milieu  du 
quadrille;  les  cavaliers  passent  les  bras  au-dessus  de 
ceux  des  dames,  de  manière  à  se  donner  les  mains 
devant  elles.  Dans  cette  position  galop  en  rond  sur 
la  gauche  (8  mesures).  Les  ponts  :  arrivés  à  leurs 
places  sans  se  séparer,  les  cavaliers  lèvent  les  bras, 
les  dames  passent  dessous  et  se  mettent  dos  à  dos  au 
milieu  du  rond  que  les  messieurs  continuent  de  tour- 
ner (4  mesures).  Tour  sur  place  :  arrivé  face  à  sa 
dame,  chaque  cavalier  entoure  de  son  bras  droit  la 
taille  de  sa  dansense  et  fait  avec  elle  un  tour  sur 
place  (4  mesures).  Moulinet  :  sans  quitter  leurs  dames, 


POS  297 

les  cavaliers  se  donnent  la  main  gauche  et  forment 
un  moulinet  qu'ils  tournent  en  galopant  avec  leurs 
danseuses  (8  mesures).  Reprise  de  la  figure  (|ui  se 
termine  par  le  grand  rond.  Quand  on  reprend  la  figure, 
ce  sont  les  dames  qui  forment  les  ponts,  et  les  cavaliers 
qui  se  placent  dos  à  dos  ;  pour  cela,  les  dames  doivent 
avoir  les  bras  enlacés  au-dessus  de  ceux  des  cava- 
liers. 

POLONAISE.  On  donne  le  nom  de  polonaise  à  une 
grande  marche  solennelle  et  imposante  exécutée  par 
tous  les  danseurs  à  l'ouverture  des  bals  de  la  cour  avant 
d'aller  saluer  les  souverains.  Elle  est  marchée  à  pas 
lents  sur  une  mesure  en  quatre  temps  et  en  parcourant 
tous  les  salons  ou  galeries  affectés  à  la  fête.  Bien 
qu'usitée  à  l'étranger  dans  tous  les  grands  bals  officiels, 
elle  ne  l'est  jamais  chez  nous.  En  mai  1890,  quelques 
maisons  tentèrent  de  reproduire  cette  polonaise  sous  sa 
première  forme;  Jean  de  Paris,  dans  le  Figaro  du  7  mai 
1890,  parle  de  cette  rénovation  comme  très  heureuse  et 
très  pittoresque  :  «  Chaque  cavalier,  en  habit  rouge  et 
culotte  courte,  tenait  une  petite  baguette  à  la  main  et  la 
jetait  ensuite  dans  la  cheminée,  en  passant  devant  l'âtre, 
sur  la  cadence  d'une  marche  guerrière  triomphale.  » 

On  a  donné  quelquefois  le  nom  de  polonaise  à  une 
sorte  mazurka  russe  dansée  sous  forme  de  cotillon. 

PONOSCHOLON.  Ancienne  danse  grecque  très  connue 
et  dont  le  nom  est  rapporté  sans  aucun  commentaire. 

POSITIONS.  Les  cinq  positions  des  pieds  en  danse 
sont  la  base  de  l'art;  elles  ont  pour  but  principal  de 
maintenir  l'aplomb  et  l'équilibre  du  corps  dans  tous  les 
déplacements.  Ces  positions  sont  vraies  ou  fausses  selon 
que  les  pieds  sont  tournés  en  dehors  ou  en  dedans.  Quel 
que  soit  le  pas  exécuté,  les  pieds  ne  doivent  jamais  outre- 
passer les   règles  de  la   position  demandée,  ces  cinq 

13. 


298  POS 

positions  comprenant  l'espace  dans  lequel  le  corps  peut 
se  mouvoir  sans  perdre  son  centre  de  gravité. 

POSITIONS  VRAIES.  Elles  sont  au  nombre  de  cinq 
et  s'exécutent  avec  les  deux  pieds  ;  prenons  le  pied  droit 
droit  pour  la  théorie.  1'^  position  :  placer  les  deux  pieds 
sur  la  même  ligne,  les  deux  talons  se  touchant  et  les 
pointes  des  pieds  tournées  en  dehors;  2"  position  : 
écarter  le  pied  droit  sur  la  ligne  du  pied  gauche  en  mé- 
nageant entre  les  deux  pieds  la  longueur  de  l'un  d'eux; 
3"  position  :  croiser  le  pied  droit  devant  le  pied  gauche, 
le  talon  droit  touchant  la  cheville  du  pied  gauche  ;  4"  po- 
sition :  avancer  le  pied  droit  en  ligne  droite  devant  et 
l'espacer  de  la  longueur  du  pied  ;  le  talon  doit  se  trouver 
perpendiculaire  à  la  cheville  du  pied  gauche.  Si  cette 
position  est  demandée  en  arrière,  le  pied  est  reculé  à  la 
même  distance  au  lieu  d'être  avancé;  5*^  position  :  croiser 
les  deux  pieds  l'un  devant  l'autre,  le  talon  droit  touchant 
la  pointe  du  pied  gauche,  et  le  talon  gauche  touchant  la 
pointe  du  pied  droit. 

POSITIONS  FAUSSES.  Dans  ces  positions,  les  pieds 
sont  tournés  en  sens  inverse;  les  talons  précèdent  les 
pointes  et  les  genoux  se  rapprochent  au  lieu  de  s'éloi- 
gner. Ces  positions  ne  sont  employées  que  par  des 
danseurs  comiques,  ou  dans  certaines  gigues  anglaises 
et  écossaises. 

POSlTIONS(DEMI-).Danscesdemi-positionsledanseur 
prend  dans  le  déplacement  de  ses  pieds  la  moitié  seu- 
lement de  l'écartement  produit  dans  les  vraies  positions. 

POSITIONS  EN  L'AIR.  Comme  celles  des  pieds  à 
terre,  mais  en  élevant  et  maintenant  élevé  le  pied  passant 
à  une  position  déterminée.  Une  seule  jambe  supporte 
alors  le  corps  et  cela  pour  la  seconde  et  la  quatrième  po- 
sition. 


POU  299 

POSITIONS  SUR  LES  POINTES.  Le  danseur  soulève 
les  deux  talons  de  nnanière  que  le  corps  ne  repose  que 
sur  les  pointes  des  pieds. 

POSITIONS  DES  BRAS.  Les  positions  des  bras  sont 
aussi  au  nombre  de  cinq,  mais  avec  d'autres  directions. 
Dans  la  première,  les  bras  sont  étendus  horizontalement 
au  niveau  des  épaules  qui  doivent  être  très  effacées  en 
arrière  afin  de  faire  saillir  la  poitrine.  Dans  la  seconde, 
un  bras  seul  est  élevé,  le  droit  ou  le  gauche  ;  pour  la  troi- 
sième, on  étend,  en  les  élevant  à  la  hauteur  des  épaules, 
les  deux  bras  devant  soi;  pour  la  quatrième,  un  bras  seul 
est  élevé  et  étendu  en  avant,  au  lieu  des  deux  comme 
dans  la  troisième  position.  Dans  la  cinquième,  les  deux 
bras  élevés  sont  croisés  avec  opposition,  le  bras  droit  sur 
la  gauche  et  réciproquement  le  bras  gauche  sur  la 
droite. 

POT-POURRI.  On  donnait  anciennement  ce  nom  à 
un  recueil  de  contredanses,  telles  que  les  Ormeaux,  les 
Olivettes,  etc. 

POULE.  Nom  donné  à  la  troisième  figure  de  notre 
quadrille  français  actuel  et  donné  en  raison  de  l'air  ori- 
ginal sur  lequel  était  exécutée  la  figure.  La  musique 
imitait  le  chant  de  la  poule  au  moment  où  elle  pond. 
Avant  1830,  la  poule  était  dansée  comme  il  suit  :  1"  le 
cavalier  et  la  dame  de  vis-à-vis  traversent  ensemble  en 
se  touchant  la  main  droite  (4  mesures)  ;  2"  les  mêmes 
reviennent  et  se  tiennent  par  la  main  gauche  en  donnant 
la  droite  à  leurs  partenaires  (4-  mesures);  ils  forment  ainsi 
une  chaîne  ou  ligne;  les  quatre  danseurs  balancent 
ensemble  par  des  glissades  à  droite  et  à  gauche  (4  me- 
sures); les  deux  couples  changent  déplaces  en  même 
temps  que  le  cavalier  et  la  dame  commençant  la  figure 
se  quittent  les  mains  (4  mesures)  ;  le  premier  cavalier 
et  la  dame  de  vis-à-vis  avant  commencé  la  figure  avancent 


300  PRE 

et  reculent  deux  fois  (8  mesures);  les  deux  couples 
avancent  ensuite,  reculent  et  reprennent  leurs  places 
primitives  (8  mesures),  par  la  demi-chaîne  anglaise.  Le 
second  cavalier  et  la  seconde  dame  recommencent  la 
même  figure. 

Au  moment  où  les  danseurs,  placés  en  lignes,  balan- 
cent en  formant  une  chaîne,  l'air  imitait  le  chant  de  la 
poule,  prétexte  au  nom  de  la  figure. 

POURPRÉE  (LA).  Danse  ancienne,  ainsi  appelée  par 
les  Grecs  parce  que  les  danseurs  se  couvraient,  en  l'exé- 
cutant, de  vêtements  confectionnés  avec  des  étoffes  res- 
plendissantes de  couleurs  imitant  la  pourpre;  leurs  têtes 
étaient  également  ceintes  de  brillantes  couronnes. 

POUSSETTES  (LES).  Nom  d'une  ancienne  contre- 
danse française  figurant  souvent  dans  les  pots-pourris; 
elle  était  dansée  en  se  tenant  par  les  mains  et  formant 
des  chaînes;  à  certains  moments  les  danseurs  brisaient 
ces  chaînes,  puis  se  poursuivaient  les  uns  les  autres  et 
terminaient  en  s'entrelaçant  par  les  mains  passées 
alternativement  dessus  ou  dessous  les  unes  les  autres. 

PRÉSEXTATION.  On  pourrait  s'étonner  de  trouver 
ce  mot  dans  un  dictionnaire  de  danse,  mais  il  joue  un 
rôle  assez  important  de  nos  jours  dans  les  salons  et  dans 
les  bals  pour  lui  consacrer  quelques  lignes.  Je  le  recom- 
mande surtout  à  tous  les  danseurs  fréquentant  les  grands 
bals  officiels,  tels  que  ceux  du  Grand-Hôtel,  de  l'hôtel 
Continental  et  autres  similaires.  Aucun  cavalier  ne  doit 
inviter  une  dame  si  préalablement  il  ne  lui  a  pas  été 
présenté  par  quelqu'un  ;  il  peut  s'exposer  à  se  voir  écon- 
duit.  La  chose  se  comprend  et  s'explique  dans  tous  les 
bals  énoncés  plus  haut,  mais  on  reste  presque  interdit 
quand  on  la  voit  pratiquée  dans  des  bals  privés.  Comment 
en  elTet  une  maîtresse  de  maison  peut-elle  regarder 
comme  inconnues  entre   elles  des  personnes  par  elle 


PRO  301 

invitées  et  réunies  dans  le  même  salon?  Beaucoup  de 
protestations  se  sont  élevées  contre  cette  nouvelle  mode 
et  je  ne  crains  pas  d'avouer  que  je  suis  ici  l'écho  de  bon 
nombre  de  protestataires.  Ils  ont  raison  et  mon  appro- 
bation est  à  eux  tout  entière;  tous  les  invités  sont  égaux 
et  tous  sont  sous  la  tutelle  de  l'amphitryon  ou  amphi- 
tryonne. 

PRESSOIR  (DAXSE  Dl').  Ancienne  danse  grecque 
très  usitée  et  classée  parmi  les  danses  particulières.  On 
trouve  dans  la  Pastorale  de  Longus,  lib.  I,  cap.  ii,  la 
description  suivante  de  cette  danse,  dite  aussi  danse  des 
vendanges  : 

«  Dryas  se  lève,  commande  qu'on  lui  joue  un  air 
bachique;  il  exécute  la  danse  du  pressoir,  imitant  suc- 
cessivement les  vendangeurs,  ceux  qui  portent  la  hotte, 
ceux  qui  foulent  les  raisins,  qui  emplissent  les  tonneaux 
et  ceux  qui  boivent  le  vin  doux.  Les  mouvements  du 
danseur  expriment  ces  choses  avec  tant  d'art  que  l'on 
croit  effectivement  voir  des  vignes,  un  pressoir,  des 
tonneaux;  on  croit  même  que  Dryas  boit  véritablement.  » 

Dans  ses  Tableaux,  Philoslrate  parle  aussi  d'une  danse 
des  vendanges  semblable  à  celle  de  Longus,  On  a  dans 
quelques  contrées  conservé  le  souvenir  de  cette  danse  : 
après  la  cueillette  du  raisin  et  la  galette  traditionnelle, 
paysans  et  paysannes  forment  des  ronds  à  la  nuit  venue  ; 
ils  chantent  et  dansent  sans  accompagnement  de  mu- 
sique. 

PROCHARYSTÉRIES.  Fêtes  dansantes  de  la  Grèce 
en  l'honneur  de  Minerve  ;  elles  avaient  pour  but  de  célé- 
brer la  formation  des  fruits  après  la  floraison  et  avaient 
lieu  dans  les  champs  au  pied  de  la  statue  de  la  déesse. 

PROÉROSIES.  Danses  sacrées  grecques  en  l'honneur 
de  Gérés  et  pratiquées  à  l'époque  des  semences  ;  le  peuple 
implorait  la  déesse  en  faveur  de  la  future  récolte. 


?m  PYR 

PROVENÇALE  (LA).  Contredanse  de  Provence,  gaie 
et  entraînante,  dansée  par  autant  de  personnes  qu'on  le 
désire.  Le  fifre,  le  flageolet  et  le  petit  tambour  accom- 
pagnent les  danseurs  en  jouant  des  airs  populaires  du 
pays.  Un  danseur  ou  un  couple  conduit  les  rondes. 

PRUDE  (LA).  Contredanse  ancienne  encore  usitée  au 
commencement  de  notre  siècle  et  composée  par  un  pro- 
fesseur en  vogue  à  l'époque  nommé  Marin  Pichon  ;  elle 
fait  partie  d'un  recueil  de  contredanses  du  même  auteur 
et  est  dédiée  à  la  marquise  de  la  Villette.  Est-ce  cette 
dédicace  qui  lui  fit  donner  le  nom  de  prude?  Rien  ne 
peut  l'attester.  Cette  contredanse  était  exécutée  par 
quatre  couples  faisant  les  mouvements  suivants  :  «  1°  tra- 
verser main  droite  en  main  droite  et  pas  de  rigaudon,  ou 
balancé;  2°  retraverser  main  gauche  à  main  ga«che  et 
pas  de  rigaudon;  3"  balancer  tous  les  quatre  en  se  tenant 
par  les  mains;  4"  demi-queue  de  chat  pour  traverser; 
5"  en  avant  deux;  6-  dos  à  dos;  1"  en  avant  quatre; 
8°  demi-chaîne  anglaise  et  retour  en  places  primitives. 
Contre-partie  par  les  six  autres  danseurs.  »  Comme  on 
le  voit,  rien  dans  les  mouvements  de  la  danse  ne  peut  en 
justifier  le  titre. 

PRYLIDE  (LA).  Danse  grecque  ancienne  citée  par  Ho- 
mère; Callimaque  la  cite  aussi  dans  un  hymne  à  Jupiter. 
Elle  faisait  partie  des  danses  guerrières,  ce  qui  a  amené 
à  la  confondre  quelquefois  avec  la  pyrrhique. 

PYLADÉIOS.  Grande  danse  tragique  grecque,  ainsi 
nommée  du  nom  de  Pylade  son  auteur;  danse  évi- 
demment théâtrale. 

PYRRICHl'S.  Les  Grecs  dénommaient  par  ce  mot  le 
mètre  dominant  dans  les  chants  qui  accompagnaient  les 
danses. 


PYR  303 

PYRRHIQITE.  La  pyrrhique  doit  être  regardée  comme 
la  principale  danse  militaire  des  Grecs  ;  elle  se  composait 
de  toutes  les  danses  militaires  des  différents  peuples.  On 
la  dit  inventée  par  Pyrrhus,  de  là  son  nom.  D'aucuns 
affirment  que  ce  fut  Achille  qui  le  premier  la  dansa  aux 
funérailles  de  Patrocle.  Savary.  dans  ses  Lettres  sur  la 
Grèce,  lui  donne  une  origine  crétoise;  il  appuie  son 
assertion  sur  l'esprit  militaire  de  cette  nation.  Déduite 
de  Pyrrhus,  son  étyniologie  doit  satisfaire  tous  les  bio- 
graphes. Thoinot-Arbeau  donne  sur  cette  pyrrhique  les 
détails  les  plus  complets  et  les  plus  précis,  détails  sur 
lesquels  nous  reviendrons  en  parlant  théorie.  Les 
danseurs  revêtaient  l'habit  de  guerre  :  casaque  courte  et 
légère  descendant  jusqu'au  genou  et  serrée  par  une  cein- 
ture à  double  tour;  un  brodequin  pour  chaussure;  les 
armes  du  temps  offensives  et  défensives.  Les  Spachiotes 
sont,  parmi  tous  les  anciens  Cretois  et  parmi  tous  les 
Grecs  des  îles  et  du  continent,  ceux  qui  ont  le  plus  fidè- 
lement conservé  les  anciennes  traditions.  Ils  l'exécutent 
recouverts  du  costume  original,  tenant  d'une  main  un 
carquois  rempli  de  flèches  et  de  l'autre  un  arc  tendu. 
Une  mesure  en  trois  temps  commence  et  une  en  deux 
temps  termine  la  danse.  Les  danseurs  sautent  sur  un 
pied,  puis  sur  l'autre  et  font  un  pas  qui  rappelle  notre  pas 
gymnastique  du  régiment.  Dans  la  deuxième  partie  ils 
forment  des  cercles,  des  lignes  s'avançant  les  unes 
contre  les  autres,  puis  finissent  en  se  réunissant  en  rond. 
Ferdinand  Foucques,  dans  la  Revue  française  de 
juillet  1857,  a  consacré  à  la  pyrrhique  un  chapitre  plein 
d'intérêt;  l'érudition  du  savant,  sa  compétence  en 
histoire  de  la  Grèce  ancienne,  m'ont  fait  un  devoir  de 
renvoyer  les  amateurs  de  danse  ancienne  au  numéro  cité 
de  la  Revue  française. 

Les  Romains  connurent  aussi  la  pyrrhique,  mais  elle 
subit  chez  eux  le  triste  sort  réservé  à  toutes  les  danses 
publiques  et  sérieuses. 

Mercurial  est  très  élogieux  dans  son  Traité  de  gym- 


304  QlIA 

nastique  ;  on  trouve,  au  milieu  du  texte,  une  gravure 
représentant  la  pyrrhi(|ue  à  la  page  98  de  l'édition  petit 
in-4"  de  1585,  1  vol.  Bibliothèque  Mazarine,  n"'  15-^4'7. 
Le  titre  porte  :  De  decoratione  liber  non  solum  medicis 
et  philosophis,  verum  etiam  omnium  disciplina rum, 
stndiosis  opprime  utilis  ex  Hieronymi  Mercurialia. 
Venetiis,  1585. 

Je  reviens  à  Thoinot-Arbeau  et  à  la  théorie  complète 
d'une  pyrrhique  dont  il  donne  la  tablature  et  l'orchéso- 
graphie.  De  nombreuses  figurines  représentent  toutes 
les  poses  des  danseurs  auxquels  malheureusement  il 
donne  le  costume  de  l'époque  d'Henri  III,  au  lieu 
d'avoir  conservé  celui  des  Grecs.  Si  nous  voulions  tenter 
une  reproduction  dansée,  l'ouvrage  de  Thoinot  serait 
d'un  précieux  secours  ;  toutes  les  figures  sont  décrites, 
l'estocade,  le  bastion,  la  feinte,  etc.,  jusqu'à  la  figure 
ai^peUe  passage  de  la  /t«/e  dans  laquelle  se  retrouvent 
les  gestes  nommés  taille  haute. 

PYTHAGORIKÈ.  Danse  tragique  des  Grecs,  très  cé- 
lèbre, suivant  Athénée  ;  l'auteur  raconte,  à  ce  sujet, 
qu'un  danseur  nommé  Memphir,  qui  était  en  même 
temps  un  disciple  fidèle  de  Pythagore,  exprimait  par  sa 
danse  toute  la  science  philosophique  du  maître. 


Q 


QUADRILLE.  Nom  donné  depuis  un  demi-siècle  en- 
viron à  notre  contredanse  que  l'on  peut  appeler  natio- 
nale. Jusqu'en  18:20  et  1825,  on  trouve  le  mot  de  contre- 
danse appliqué  à  la  qualification  d'une  réunion  de  cinq 
figures  constituant  une  danse.  Bien  des  origines  ont  été 
données  au  mot  quadrille  appliqué  à  la  danse;  l'étymo- 
logie  donnée  par  le  dictionnaire  paraît  la  plus  vraisem- 


QUA  305 

blable  quand  il  dit  :  «  Quadrille,  petite  compagnie  de 
cavalerie  superbement  habillée  et  montée  pour  faire 
des  joutes,  des  tournois,  des  carrousels,  des  courses  de 
baignes  et  autres  fêtes  <^a\at][es {eijuitum  turma).  Quand 
il  n'y  a  qu'un  quadrille,  c'est,  à  proprement  parler,  un 
tournoi,  une  course.  Les  joutes  demandent  au  moins 
trois  cavaliers  et  au  plus  douze.  Les  quadrilles  se  dis- 
tinguent par  les  couleurs  et  les  formes  des  habits.  » 
Comme  on  le  voit,  aucune  idée  ne  s'accuse  encore,  mais 
on  prévoit  déjà  l'assemblage  de  quatre  personnes  ou  de 
quatre  couples.  Plus  tard,  en  1785,  dans  le  Traité  cho- 
régraphique de  Magny,  nous  voyons  une  danse  appelée 
quadrille,  bien  qu'elle  n'ait  aucune  analogie  avec  le 
nôtre,  car  elle  ne  se  compose  que  d'une  seule  figure. 
Du  reste,  l'auteur  explique  cette  danse  dans  les  termes 
suivants,  qui  prouvent  bien  qu'elle  n'est  nullement  ce 
que  nous  entendons  par  quadrille  ou  contredanse  :  «  Le 
but  de  l'auteur,  en  composant  cette  danse,  n'a  été  que 
de  la  rendre  instructive  en  y  insérant  tous  les  pas  usités 
dans  les  contredanses.  C'est  pourquoi  il  l'a  tracée  à 
quatre  à  cause  de  son  utilité  pour  animer  davantage  la 
figure.  Ainsi  quiconque  la  dansera,  en  faisant  les  pas 
exactement,  pourra  danser  proprement  toutes  les  autres 
contredanses.  » 

Notre  quadrille  actuel  est  dansé  sous  les  formes  de 
cinq  figures  dénommées  chacune  par  un  nom  spécial  et 
usuellement  adopté.  Nous  avons  beaucoup  d'autres 
quadrilles,  mais  l'ancienne  contredanse  ou  l'ancien  qua- 
drille est  notre  danse  nationale.  Parmi  les  nombreux 
quadrilles  qui  ont  été  publiés  et  quelquefois  dansés,  il 
faut  citer  le  quadrille  russe,  le  quadrille  des  lanciers, 
le  quadrille  des  dames,  le  quadrille  américain.  Les 
autres  ont  à  peine  vu  un  lustre  autre  que  celui  des  sa- 
lons de  leurs  auteurs  et  professeurs.  Peut-être  le  Saint- 
Cyrien  a-t-il  fait  les  délices  de  nos  jeunes  futurs  officiers? 
Je  n'ose  me  prononcer.  Le  quadrille-mazourke  vécut  un 
an  ou  deux,  et  quant  aux  nombreux  dont  parle  M.  Gi- 


306  QUA 

raudet  dans  son  Lwre  de  danse,  ils  sont  plus  encore 
inconnus  des  danseurs  de  nos  bals.  J'en  appelle  à  leurs 
souvenirs  et  leur  en  indique  les  titres  :  quadrille  des 
Familles  ;  quadrille  Giraudet  ;  quadrille  des  Variétés 
parisiennes;  quadrille  français  des  Bals  publics  ;  qua- 
drilla du  Courrier  des  salons  ;  quadrille  élégant  du 
xix"  siècle;  quadrille  des  Menus-Plaisirs. 

Pour  un  peuple  de  valseurs,  c'est  vraiment  trop  de 
quadrilles. 

Setil  notre  quadrille  résiste  à  l'envahissement  de  la 
valse,  car,  seul,  il  rappelle  les  anciennes  mœurs  dan- 
santes de  nos  pères.  La  mode  dans  l'exécution  de  cette 
danse  a  bien  souvent  varié  :  de  vive  et  légère,  elle  est 
devenue  pendant  quelque  temps  molle,  indolente,  indif- 
férente; on  aurait  facilement  offert  des  chaises  aux  dan- 
seurs pendant  qu'ils  exécutaient  les  quadrilles  en  1880, 
tant  ils  apportaient  de  nonchalance  en  essayant  de  se 
déplacer  pour  l'exécution  des  figures.  En  1886,  le  qua- 
drille américain  les  fit  sortir  de  leur  torpeur  et  la  con- 
tredanse française  ressentit  un  heureux  contre-coup.  Les 
promenades  lugubres  de  la  chaîne  anglaise  devinrent  des 
traversés  vifs,  animés  et  empreints  d'un  essai  de  gaieté. 
Lasalle,  dans  son  Dictionnaire  de  la  musique  appliquée 
à  l'amour,  a  tracé  une  peinture  bien  fidèle  de  l'esprit 
de  ce  quadrille.  «  Si,  dit-il,  on  y  réfléchit  une  bonne  fois, 
rien  n'est  grossier  et  niais  comme  le  quadrille  que  l'on 
danse  (année  1868)  dans  les  salons.  Cette  foule,  composée 
de  gens  qui  se  heurtent  pour  faire  en  avant  et  en  arrière  des 
pas  qu'ils  n'ont  point  envie  de  faire,  me  paraît  ennuyée.  » 
Le  fait  constaté  par  Lasalle  si  spirituellement  est  indu- 
bitablement vrai  ;  il  y  eut,  en  effet,  un  moment  où  tous 
les  cavaliers  en  dansant  représentaient  les  maîtres  de 
cérémonie  des  funérailles.  Que  de  dames,  de  demoi- 
selles, de  danseuses  ne  se  sont  point  liguées  contre  eux 
pour  obtenir  au  moins,  sinon  un  sourire,  un  mot,  une 
conversation,  mais  seulement  une  main  offerte  pour  les 
conduire  dans  l'exécution  des  figures  ! 


OUA  307 

Mais  bientôt,  et  comme  preuve  que  les  extrêmes  se 
touchent,  on  vit  surgir  l'endiablé  quadrille  dit  américain  ; 
la  nonchalance,  la  froideur  se  convertirent  dès  ce  jour 
en  véritable  furia;  la  tempête  succéda  au  calme  et  les 
jambes,  restées  inertes,  devinrent  peut-être  trop  mou- 
vementées. 

Notre  quadrille  national  chercha  alors  à  revivre  d'une 
vie  nouvelle  et  sembla  plus  animé  ;  la  cause  de  cette 
réaction  s'explique  très  facilement  :  le  quadrille  améri- 
cain parut  dans  beaucoup  de  salons  comme  trop  plein 
d'animation  (pour  ne  pas  se  prononcer  plus  sévèrement) 
et  fut  exclu  de  beaucoup  de  bals;  il  laissait  quand 
même  le  désir  de  s'amuser  en  dansant,  et  danseurs  et 
danseuses  cherchèrent  cette  gaieté  dans  notre  quadrille. 
On  essaya  même  d'en  revenir  aux  pas  originaux  si  pleins 
d'entrain.  C'est  alors  que  parut  le  quadrille  le  Régent, 
édile  en  1877  chez  Borneman,  quadrille  rappelant  les 
pas  primitifs  dansés  par  nos  aïeux.  Nous  en  reparlerons  à 
la  lettre  R  après  notre  quadrille  dansé  suivant  la  théorie 
ci-dessous. —  Théorie  du  quadrille  français.  Simple  ou 
double,  les  figures  sont  les  mêmes  ;  elles  sont  exécutées 
alternativement  sur  un  côté,  puis  sur  l'autre.  Si  le  qua- 
drille est  simple,  les  figures  sont  jouées  une  fois  pour  la 
première  figure  et  deux  fois  pour  les  quatre  autres;  si  le 
quadrille  est  double,  les  figures  sont  jouées  en  double 
pour  la  première  et  quatre  fois  pour  les  suivantes.  Les 
cavaliers,  placés  à  la  gauche  de  leurs  dames,  les  con- 
duisent par  la  main  droite.  Les  figures  sont  au  nombre 
de  cinq  :  le  pantalon,  l'été,  la  poule,  la  pastourelle  et  la 
finale  et  chacune  est  précédée  d'une  introduction  de  huit 
mesures  appelée,  par  nos  vieux  maîtres  de  province,  ri- 
tournelle. —  1'^  figure  :  Pantalon,  anciennement  dite 
chaîne  anglaise.  Introduction  |(8  mesures).  Chaîne 
anglaise  (8  mesures)  :  les  quatre  danseurs  changent 
de  places  en  donnant  la  main  droite  à  leurs  dames 
pourcommencer  et  en  la  quittant  au  milieu  du  quadrille 
afin  de  livrer  passage  aux  deux  dames  entre  eux  ;  ils  re- 


308  QUA 

prennent  la  main  gauche  de  leurs  dames  et  rentrent 
tous  à  leurs  places  en  quittant  encore  la  main  des  dames 
qui  passent  à  nouveau  entre  les  deux  cavaliers.  Balancé 
et  tour  de  main  (8  mesures)  :  ces  deux  phrases  sont  sup- 
primées et  remplacées  par  un  salut  et  une  révérence 
suivis  d'un  moment  de  repos.  Chaîne  des  dames  (8  me- 
sures) :  les  deux  dames  changent  de  places  en  se  tou- 
chant la  main  droite  et  tournent  par  main  gauche  en 
main  gauche  avec  le  cavalier  de  vis-à-vis;  elles  reprennent 
leurs  places,  se  touchant  encore  la  main  droite  et  tournent 
main  gauche  avec  leurs  cavaliers.  Demi-queue  de  chat 
(4  mesures)  :  les  deux  cavaliers,  tenant  la  main  gauche 
de  leurs  dames  dans  leur  main  gauche,  changent  de 
places  en  traversant  sur  la  gauche.  Demi-chaîne  anglaise 
(4  mesures)  :  les  deux  couples  reviennent  à  leurs  places 
en  se  séparant  comme  ils  l'ont  fait  au  début  de  la  figure. 
Si  le  quadrille  est  double,  cette  figure  est  recommencée 
par  les  deux  couples  placés  sur  l'autre  sens  du  salon.  — 
2' figure:  Été  ou  avant-deux.  Introduction  (8  mesures). 
Avant-deux  (8  mesures)  :  un  cavalier  et  la  dame  de  vis- 
à-vis  s'avancent  et  reculent  deux  fois.  Traversé  (4-  me- 
sures) :  tous  deux  changent  de  places.  Avant-deux  (Ji:  me- 
sures) :  l'un  et  l'autre  avancent  et  reculent  une  fois. 
Traversé  (4  mesures)  :  ils  reviennent  à  leurs  places. 
Balancé  et  tour  de  main  (8  mesures)  :  cette  phrase  est 
remplacée  par  un  salut  et  une  révérence  du  cavalier  avec 
sa  dame.  Le  second  cavalier  et  la  seconde  dame  recom- 
mencent les  mêmes  mouvements.  Lorsque  le  quadrille 
est  double,  la  figure  est  reprise  de  l'autre  côté,  —  3°  fi- 
gure :  La  poule.  Introduction  (8  mesures)  :  traversé  le 
premier  cavalier  et  la  dame  ayant  commencé  la  seconde 
figure.  Traversé  (4  mesures)  :  ils  changent  de  places. 
Chaîne  et  balancé  (8  mesures)  :  ils  reviennent  et,  en 
passant  l'un  à  côté  de  l'autre,  se  tiennent  par  la  main 
gauche  et  offrent  la  main  droite  à  leurs  partenaires;  ils 
font  quelques  pas  sur  place.  Demi-queue  de  chat  (4  me- 
sures) :  les  deux  couples  changent  de  places,  le  premier 


QUA  ■  :ion 

couple  prenant  la  place  de  son  vis-à-vis.  En  avant  deux 
(8  mesures)  :  le  cavalier  et  la  dame  ayant  commencé  la 
figure  avancent  et  reculent  deux  fois.  En  avant  quatre 
(i  mesures)  :  les  deux  couples  avancent  et  reculent  une 
fois.  Denii-chame  anglaise  (i  mesures)  :  les  deux  couples 
reviennent  à  leurs  places  primitives  en  quittant  la  main 
de  leurs  dames  au  milieu  du  quadrille.  Même  figure 
pour  le  second  cavalier  avec  la  seconde  dame,  et  de  même 
pour  les  deux  autres  couples  si  le  quadrille  est  double. 
—  -4"  figure  :  La  pastourelle.  Introduction  (8  mesures). 
En  avant  deux  (8  mesures):  le  cavalier  parti  le  premier 
à  la  seconde  figure  avance  et  recule  avec  elle,  puis  la 
conduit  au  cavalier  de  vis-à-vis  et  recule  seul  à  sa  place. 
En  avant  trois  (8  mesures)  :  le  cavalier  placé  entre 
deux  dames  avance  avec  elles  et  recule  deux  fois  en  les 
reconduisant  par  la  main  au  cavalier  de  vis-à-vis,  puis 
revient  seul  à  sa  place.  En  avant  trois  (8  mesures)  :  ce 
cavalier  avance,  recule  avec  les  deux  dames  à  lui  con- 
fiées ;  avance  une  seconde  fois  et  les  conduit  au  premier 
cavalier.  Rond  (i  mesures)  :  les  deux  couples  changent 
de  places  en  tournant.  Demi-chaîne  anglaise  (4  me- 
sures) :  les  deux  couples  reprennent  leurs  places  primi- 
tives en  se  séparant  au  milieu,  afin  que  les  deux  dames 
passent  entre  les  deux  cavaliers.  Le  second  couple  re- 
prend la  même  figure,  et  suivent  après  les  deux  autres 
si  le  quadrille  est  double.  —  Nota  et  observations, 
NM.  Le  second  en  avant  trois  remplace  le  solo  du  pre- 
mier cavalier,  anciennement  usité.  —  N°  2.  Quelquefois 
le  cavalier  conduisant  sa  dame  ou  les  dames  au  cavalier 
de  vis-à-vis  les  fait  tourner  sur  elles-mêmes  avant  de 
s'en  séparer  pour  reculer.  —  N"  3.  Souvent  le  rond  est 
continué  jusqu'à  ce  que  chaque  couple  soit  rentré  en 
place  primitive  ;  la  demi-chaîne  anglaise  est  donc  rem- 
placée par  la  seconde  partie  du  second.  —  5°  figure  : 
Finale.  Cette  dernière  figure  a  subi  bon  nombre  de  mo- 
difications, elle  en  subit  même  encore  aujourd'hui,  et 
la  plupart  viennent  des  salons  dans  lesquels  dansent  les 


810  QUA 

invités;  les  uns  sont  rigoristes,  les  autres  gais;  j'indique 
ici  tous  les  modes  usités  en  commençant  par  le  plus 
généralement  adopté,  c'est-à-dire  celui  appelé  la  bou- 
langère. 

La  boulangère  :  5°  figure.  Introduction  (8  mesures). 
Quant  au  nombre  démesures  suivantes,  il  est  impossible 
de  l'indiquer,  car  les  danseurs  répètent  la  danse  autant 
que  bon  leur  semble  et  l'orchestre  ne  s'arrête  qu'au 
moment  où  les  danseurs  restent  immobiles  à  leurs  places 
avant  d'aller  reconduire  leurs  dames.  On  peut  quand 
même  indiquer  le  nombre  de  mesures  qui  devrait  être 
obligatoire.  Rond  et  eu  avant  général  (8  mesures). 
J'emploie  intentionnellement  l'épithète  général,  car  il 
est  d'usage  que  tous  les  quadrilles  individuels  se  con- 
fondent en  un  seul  pour  cette  ligure.  Tous  les  danseurs 
en  se  donnant  la  main  forment  un  rond,  avancent  et 
reculent  ;  chaque  cavalier  prend  à  la  taille  la  dame  de 
gauche,  tourne  avec  elle  et  la  quitte  à  sa  droite;  nouveau 
rond  et  en  avant  général;  les  cavaliers  prennent  la  nou- 
velle dame  de  gauche,  tournent  avec  elle  et  la  quittent 
à  leur  droite.  Nouveau  rond,  nouvel  en  avant,  et  ainsi 
de  suite  jusqu'à  ce  que  les  cavaliers  aient  tourné  avec 
toutes  les  dames  et  aient  retrouvé  la  leur.  Rond  et  en 
avant  général  pour  terminer. 

5"  figure  :  Finale  dite  chassé-croisé.  Introduction 
(8  mesures)  :  les  deux  couples  exécutent  en  même 
temps  le  chassé-croisé,  c'est-à-dire,  les  cavaliers  se 
dirigeant  quatre  pas  sur  leur  droite  derrière  leurs  dames 
et  les  dames  inversement  sur  leur  gauche  devant  leurs 
cavaliers  ;  second  chassé-croisé  opposé  au  premier  pour 
reprendre  ses  places.  La  seconde  figure  l'Été,  et  est  alors 
recommencée  par  le  premier  cavalier  et  la  première 
dame;  quand  ils  l'ont  terminée,  les  deux  couples  exé- 
cutent un  nouveau  chassé-croisé.  Le  second  cavalier  et 
la  seconde  dame  reprennent  la  seconde  figure,  et  un 
troisième  chassé-croisé  la  termine.  Même  figure  pour 
l'autre  côté  si  le  quadrille  est  formé  en  double. 


QUA  3H 

Finale  avec  l'en  avant  général.  Cette  figure,  réser- 
vée aux  grands  bals  officiels  et  très  nombreux,  consiste 
à  remplacer  le  chassé-croisé  par  un  en  avant  général 
fait  par  tous  les  couples  en  même  temps;  elle  est  princi- 
palement exécutée  quand  tous  les  quadrilles  sont  établis 
sur  deux  lignes  parallèlement,  et  par  conséquent  quand 
le  quadrille  est  simple.  La  seconde  figure  revient  après  le 
premier  en  avant,  elle  est  continuée  après  le  second  et 
terminée  après  le  troisième. 

5"  figure  :  Galop  ou  saint-simomenne.  Introduc- 
tion (8  mesures).  Galop  (8  mesures)  :  les  cavaliers 
prennent  leurs  dames  à  la  taille  par  le  bras  droit  et 
changent  de  places  avec  le  vis-à-vis  en  faisant  huit  pas 
de  galop  ou  huit  chassés  continus  du  même  pied  :  le 
gauche  pour  eux,  le  droit  pour  leurs  dames  ;  ils  reviennent 
avec  les  mêmes  pas  à  leurs  places.  En  avant  quatre 
(4  mesurés)  :  les  deux  couples  avancent  et  reculent  en- 
semble. En  avant  quatre  et  changement  de  dames  (4  me- 
sures) :  les  deux  couples  avancent  et  les  deux  cavaliers 
échangent  leurs  dames.  Chaîne  des  dames  (8  mesures)  : 
les  deux  dames  traversent,  en  se  touchant  la  main 
droite,  au  milieu  du  quadrille  pour  changer  de  cavalier 
et  reviennent  à  leurs  places.  En  avant  quatre  (4 
mesures)  :  les  cavaliers,  prenant  les  dames  à  la  taille, 
avancent  et  reculent  avec  elles.  Retour  à  ses  dames 
(4  mesures)  :  les  deux  cavaliers  traversent  pour  reve- 
nir à  leurs  premières  places.  Cette  figure  est  répétée 
deux  fois  et,  le  plus  souvent,  par  un  galop  prolongé 
autour  de  la  salle  de  bal. 

5'  figure  :  La  corbeille.  Avant  d'être  introduite  dans 
le  quadrille  américain,  cette  figure  remplaçait  la  cin- 
quième dans  maints  et  maints  quadrilles.  Introduction 
(8  mesures).  Rond  à  droite  et  à  gauche  (8  mesures)  : 
les  deux  couples  forment  un  rond  en  se  tenant  par  les 
mains,  tournent  sur  la  droite,  puis  sur  la  gauche.  Cor- 
beille de  dames  (4  mesures)  :  les  dames  forment 
un  rond  au  milieu  du  quadrille,  faisant  face  à   leurs 


312  OUA 

cavaliers;  elles  tournent  sur  la  gauche  en  rond.  Tour  de 
main  (4  mesures)  :  chacune  fait  un  tour  de  main 
avec  son  cavalier  pour  revenir  près  de  lui  à  sa  place. 
Rond  (8  mesures)  :  les  danseurs  se  tenant  par  la  main 
forment  un  second  rond  tournant  à  droite  et  à  gauche. 
Corbeille  de  cavaliers  (4  mesures)  :  les  cavaliers  se 
placent  en  rond  vis-à-vis  de  leurs  dames.  Rond  des 
cavaliers  (4  mesures)  :  ils  tournent  en  rond  sur  la 
droite.  Tour  de  main  (4  mesures)  :  les  cavaliers 
tournent  avec  leurs  dames  pour  les  ramener  en  places 
primitives.  Un  rond  général  termine  ordinairement  la 
figure. 

Cette  dernière  manière  d'exécuter  la  cinquième 
figure  s'adresse  principalement  aux  bals  nombreux  et  à 
plusieurs  quadrilles  réunis  en  un  seul  pour  la  danser. 
A  deux  couples  elle  manque  d'entrain  et  n'est  jamais 
pratiquée. 

Trénitz.  Dans  les  anciennes  contredanses  la  pas- 
tourelle était  quelquefois  remplacée  et  quelquefois 
suivie  d'une  seconde  quatrième  mesure,  appelée  trénitz. 
Le  solo  de  l'ancienne  pastourelle  consistait  en  une 
longue  ligne  courbe,  décrite  par  le  cavalier  sur  la  droite, 
sur  la  gauche;  le  cavalier  déployait  alors  toutes  preuves 
de  son  talent;  parfois  Trénitz  exécutait  ses  brillants  pas 
en  donnant  la  main  aux  deux  dames  et  terminait  par  une 
passe  sous  leurs  bras. 

Avant  de  parler  des  autres  quadrilles,  il  n'est  pas  sans 
intérêt  de  connaître  l'étymologie  des  noms  et  l'origine 
de  ces  figures  de  notre  quadrille.  Je  réponds  ici  à  une 
question  qui,  très  souvent,  m'a  été  adressée,  aussi  bien 
par  des  élèves  que  par  des  amateurs.  De  longues,  de 
minutieuses  recherches,  jointes  à  des  souvenirs  de 
famille,  me  permettent  de  répondre. 

La  première  figure,  appelée  chaîne  anglaise  en  1785, 
devint  en  1830  le  pantalon.  Elle  fut  créée  par  Vincent, 
coryphée  de  l'Opéra,  et  violon  répétiteur  de  Marie 
Taglioni;  il  était  le  fils  du  célèbre  violoniste  Vincent.  Il 


QUA  313 

conduisait  alors  les  bals  delà  cour  et,  frappé  du  laisser- 
aller  résultant  des  temps  révolutionnaires  de  juillet  1830, 
laisser-aller  qui  permit  de  se  rendre  au  bal  sans  porter 
la  culotte  courte  et  de  la  remplacer  par  le  pantalon,  il 
saisit  l'actualité  et  baptisa  du  nom  de  ce  vêtement  la 
première  figure  (|u'il  joua  à  un  des  bals  de  Louis- 
Pliilippe. 

La  seconde  figure  tire  son  nom  Eté,  qui  remplaça 
celui  d'en  avant  deux  à  la  même  époque;  elle  est  du 
même  Vincent.  Les  en  avant  deux  étaient  exécutés  avec 
un  chassé  en  avant,  jeté  et  assemblé  et  la  réunion  de 
ces  pas  s'appelait  vulgairement  pas  d'été.  Vincent 
substitua  ce  terme  au  premier  en  retranchant  le  mot 
pas. 

La  troisième  figure,  la  poule,  est  encore  du  même 
auteur.  Il  composa  un  air  dans  lequel  la  musique  imi- 
tait le  chant  de  la  poule  au  moment  où  les  danseurs 
placés  en  ligne  exécutent  le  balancé  à  droite  et  à 
gauche. 

La  trénitz  doit  son  nom  à  celui  de  son  auteur,  Trénil/, 
homme  du  monde  et  danseur  plein  d'originalité.  La 
musique  en  est  de  Julien,  le  célèbre  chef  d'orchestre  et 
compositeur,  auquel  nous  devons  la  valse  ravissante  de 
Rosita.  Trénitz  était  un  danseur  tellement  passionné 
pour  la  danse,  qu'il  a  laissé  une  légende  assez  bizarre; 
ses  succès  lui  tirent  perdre  à  tel  point  la  raison,  qu'il 
termina  ses  ébats  chorégraphiques  dans  une  maison  de 
santé. 

La  pastourelle  emprunte  son  nom  à  la  gracieuse 
romance  Gentille  Pastourelle,  romance  fort  répandue 
vers  1815.  La  musique  en  est  de  Collinet,  l'un  de  nos 
premiers  pistons;  il  composa  la  quatrième  figure  sur 
l'air  de  sa  romance  en  adaptant  le  chant  à  la  danse. 

Quant  à  la  finale,  son  étymologie  est  dans  son  emploi 
comme  terminant  le  quadrille.  Le  galop  ou  la  saint- 
simonienne  ne  remonte  qu'à  l'époque  où  la  doctrine 
de  Saint-Simon  révolutionna  les  esprits.  Un  compositeur, 

14 


314  QUA 

dont  je  n'ai  pu  retrouver  le  nom,  s'empara  de  l'actualité; 
il  écrivit  une  contredanse  dans  laquelle  les  cavaliers 
changent  de  dames,  les  dames  de  cavaliers,  et  marqua 
sa  composition  chorégraphique  du  sceau  de  ce  change- 
ment successif  de  part  et  d'autre.  La  saint-simonienne 
fut  dansée  avec  le  pas  de  galop,  parce  que  ce  galop  jouis- 
sait de  la  plus  grande  vogue;  il  tenait  lieu  de  valse,  car 
cette  dernière  était  à  peine  usitée  en  1830. 

QUADRILLE  CROISÉ.  Ce  quadrille  est  dansé  par 
quatre  couples  placés  sur  deux  sens  différents  et  diago- 
nalemeiit,  chacun  placé  à  un  des  angles  du  salon.  Les 
figures  sont  celles  du  quadrille  français,  exécutées  par 
les  quatre  couples  en  même  temps,  au  lieu  d'être  alter- 
nées comme  dans  un  quadrille  français  double.  La 
musique  est  jouée  une  fois  pour  la  première  figure,  et 
deux  fois  pour  les  suivantes. 

QUADRILLE  AMÉRICAIN.  Voir  à  la  lettre  A  le  mot 
Américain. 

QUADRILLE  RUSSE.  Voir  à  la  lettre  R  le  mot 
Russe. 

QUADRILLE-MAZOURKE.  Ce  quadrille,  peu  dansé  à 
Paris,  obtint  à  Lyon  un  grand  succès  et  succès  de  bon 
aloi,  sous  la  direction  de  M.  Aniel,  habile  danseur  au 
théâtre  des  Célestins  et  très  renommé  professeur  à  la 
ville.  Il  date  de  1856,  époque  où  la  mazurka  russe  et 
polonaise  était  dansée  aux  petites  réunions  de  la  prin- 
cesse Mathilde;  on  dansa  ce  quadrille  plusieurs  fois  aux 
bals  du  président  du  Sénat,  M.  Troplong. 

Le  quadrille-mazourke  se  compose  de  cinq  figures, 
précédées  chacune  d'une  introduction.  La  musique  en 
est  réglée  comme  celle  de  notre  quadrille.  Les  succès  de 
M.  Aniel  incitèrent  Cellarius  à  éditer  un  quadrille  russe 
à  Paris  et  j'ai  pu  en  conserver  un  exemplaire.  Le  nom 


QUA  315 

de  l'auteur,  sa  compétence  nous  forcent  à  rappeler  et  à 
conserver  ce  souvenir  du  maître. 

Théorie  du  quadrille-mazourke,  d'après Cellarius.  — 
Introduction  :  Tous  les  couples  forment  un  grand  rond 
et  tournent  sur  la  droite  jusqu'à  ce  qu'ils  soient  revenus 
à  leurs  places.  Chaque  couple  fait  un  liolubieck  sur 
place  après  avoir  brisé  le  rond. —  1""  figure  :  Deux  couples 
commencent  la  ligure  dans  un  sens  et  deux  autres  la 
continuent  dans  l'autre.  Chaîne  anglaise  (8  mesures), 
aller  et  revenir  ;  les  cavaliers  changent  de  dames  en  fai- 
sant les  pas  glissé  de  la  mazurka.  Les  deux  cavaliers 
prennent  chacun  la  dame  près  de  laquelle  ils  se  trouvent 
et  tournent  avec  elle  en  faisant  l'holubiec  (4  mesures); 
chaîne  anglaise,  aller  et  revenir  (8  mesures)  ;  les  deux 
cavaliers  traversent  ensuite  pour  revenir  chacun  à  leur 
dame  avec  quatre  pas  glissés  ;  chacun  des  deux  cavaliers 
fait  avec  sa  dame  l'holubiec  (4  mesures);  les  deux 
autres  couples  recommencent  la  même  figure. — â'figure: 
Les  deux  cavaliers  prennent  la  main  gauche  de  leurs 
dames  dans  leurs  mains  droites  et  tournent  vis-à-vis 
d'elles  ;  ils  vont,  ainsi  placés,  en  avant  et  en  arrière  deux 
fois  (8  mesures)  ;  chaque  troisième  temps  doit  être 
marqué  d'un  coup  de  talon.  Les  deux  cavaliers  changent 
de  places  sans  quitter  leurs  dames  et  font  un  holubiec. 
Ils  recommencent  l'en  avant  quatre  et  en  arrière  ;  ils  se 
tournent  de  nouveau  vis-à-vis  de  leurs  dames  pour  reve- 
nir à  leurs  places.  Chaque  couple  fait  un  holubiec 
pour  terminer  la  figure  qui  est  reprise  par  les  deux 
autres  couples.  — 3'  figure  :  Les  deux  cavaliers  restent  à 
leurs  places  pendant  que  les  deux  dames  traversent 
ensemble  (4  mesures),  avec  le  pas  de  basque;  les  dames 
reviennent  et  s'arrêtent  au  milieu  du  quadrille  en  se 
donnant  la  main  gauche.  Chacun  des  deux  cavaliers 
vient  se  placer  à  côté  de  sa  dame  et  la  prend  à  la  taille  ; 
ils  tournent  tous  les  quatre  en  faisant  un  moulinet 
(4  mesures).  Les  danseurs  se  placent  ensuite  en  moulinet 
main  gauche  et  tournent  à  droite  (4  mesures)  ;  les  deux 


316  OUA 

dames  recommencent  le  traversé  et  reviennent  s'arrêter 
au  milieu  en  se  donnant  la  main  gauche  ;  les  cavaliers  se 
placent  à  côté  d'elles  et  tournent  en  revenant  à  leurs 
places  avec  elles  ;  un  holubiec  de  chaque  couple  ter- 
mine la  figure;  reprise  pour  les  autres  couples. — 4"  figure: 
Un  cavalier,  prenant  la  main  droite  de  sa  dame  dans  sa 
main  gauche,  fait  un  tour  de  promenade  à  l'intérieur  du 
quadrille  (6  mesures);  holubiec  (2  mesures)  ;  le  cavalier 
recommence  l'holubiec  et  la  promenade,  mais  en  fai- 
sant avancer  sa  dame  pendant  qu'il  tourne  en  arrière 
(4  mesures).  Le  cavalier  prend  ensuite  dans  sa  main 
gauche  la  main  gauche  de  la  dame  de  vis-à-vis  et  les 
deux  dames  se  donnent  les  mains  derrière  le  cavalier 
placé  entre  elles.  Les  trois  danseurs  avancent  en  se 
donnant  les  mains  et  se  placent  devant  le  cavalier  de  vis- 
à-vis.  Les  deux  dames  élèvent  les  bras,  afin  que  le  cava- 
lier puisse  passer  dessous  ;  il  frappe  en  même  temps 
deux  coups  de  talon  en  battant  la  mesure.  Les  quatre 
danseurs  forment  ensuite  un  rond,  et,  après  avoir  tourné 
à  droite,  reviennent  à  leurs  places  ;  holubiec  pour  finir 
et  même  figure  pour  les  autres  couples. —  5'  figure  :  Les 
deux  couples  font  une  chaîne  anglaise  pour  traverser  et 
revenir  à  leurs  places  ;  les  cavaliers  se  retournent  afin 
que  la  main  gauche  de  la  dame  et  la  leur  puissent  se 
trouver  placées  derrière  eux;  ils  recommencent  la  chaîne 
anglaise,  et  le  cavalier  donne  la  main  gauche  à  sa  dame 
aulieudeladroite.Lecavalier,  après  s'être  retourné,  passe 
son  bras  droit  autour  de  la  taille  de  sa  dame  et  fait  avec 
elle  l'holubiec.  Cette  dernière  phrase  se  répète  après  le 
premier  et  le  second  traversé.  Les  quatre  danseurs 
forment  un  rond  au  milieu  du  quadrille  et  tournent  un 
demi-rond  à  droite,  puis  un  autre  à  gauche.  Ils  font  la 
chaîne  plate  en  se  donnant  main  droite,  main  gauche,  etc., 
jusqu'à  ce  qu'ils  soient  revenus  près  de  leurs  dames. 
Holubiec  pour  finir  et  répétition  de  la  figure  pour  les 
autres  couples.  Finale  ou  Coda  :  Les  danseurs  forment 
un  grand  rond  et  tournent  à  droite   puis   à   gauche  ; 


I 


RED  317 

ils  donnent  plusieurs  coups  de  talon  en  brisant  le 
rond.  Ils  font  tous  ensemble  la  grande  chaîne  plate 
comme  dans  le  quadrille  des  lanciers,  main  droite, 
main  gauche,  etc.,  et  l'on  termine  par  un  holubiec  de 
chaque  couple. 

QUADRILLE  LE  RÉGENT.  Ce  quadrille  n'est  autre 
que  le  quadrille  français  reconstitué  avec  les  anciens 
pas,  les  chassés,  les  jetés,  assemblés,  etc.  Les  figures 
sont  restées  les  mêmes;  elles  sont  dansées  au  lieu  d'être 
marchées,  et  la  musique  des  anciens  airs  sur  lesquels 
on  dansait  a  été  religieusement  conservée  et  transcrite 
par  Signoret.  —  Voir  la  théorie  à  la  lettre  R. 

QUAlîUÉ  DE  3IAHOXY.  Voir,  à  la  la  lettre  M, 
Mahony. 


R 


UACTHÉRIOIV.  Nom  d'un  ancienne  danse  grecque 
rappelée  par  Pollux  comme  classée  parmi  les  danses 
privées. 

REDEMPTUARE.  Ce  mot  est  employé  dans  les 
danses  des  Saliens  pour  exprimer  les  mouvements  de 
celui  qui  conduisait  leurs  danses  ;  il  sautait  en  se  tenant 
à  la  tête  de  la  troupe  de  danseurs  qu'il  entraînait. 

REDOWA.  Danse  moderne  valsée  et  abandonnée 
depuis  de  longues  années;  elle  a  cherché  à  revoir  le 
jour  sous  le  nom  de  boston,  mais  en  vain.  De  1846  à 
1851  elle  fit  les  délices  de  tous  les  bons  danseurs  ci  cause 
de  ses   mouvements    de  bas  en    haut    gracieusement 


318  REG 

ondulés  par  toutes  les  jambes  souples.  Elle  était  dansée 
sur  une  mesure  en  trois  temps  assez  lente  et  se  compo- 
sait d'un  pas  de  basque  et  d'un  demi-coupé  assemblé  en 
arrière.  Le  cavalier  commençait  par  le  pied  gauche  et 
la  dame  par  le  droit.  Les  promenades  en  avançant  ou  en 
reculant  sont  très  gracieuses  dans  cette  valse,  surtout  si 
le  cavalier  et  la  dame  épaulent  de  côté,  c'est-à-dire 
avancent  l'épaule  du  côté  où  le  pied  s'avance.  —  Théo- 
rie. Placé  à  la  troisième  position,  le  pied  droit  devant  le 
gauche,  pliez  les  genoux  et  décrivez  un  rond  de  jambe  en 
avant  avec  le  pied  droit  en  glissant  en  même  temps  le  pied 
gauche  à  la  quatrième  position  devant;  rapprochez  ensuite 
le  pied  droit  derrière  le  gauche  à  la  troisième  position. 
Pour  tourner  la  redowa,  on  continue  le  pas  avec  le  pied 
gauche  qui  exécute  les  mêmes  mouvements  que  le  pied 
droit.  On  peut  tourner  plus  facilement  en  faisant  usage 
du  pas  suivant  :  le  pied  gauche,  étant  élevé  par  suite  de 
la  fin  du  pas  précédent,  retombe  à  la  troisième  position 
devant  le  pied  droit  et  le  chasse  en  arrière  à  la  quatrième 
position. 

La  difficulté  de  ce  pas  a  amené  une  simplification 
très  goûtée  des  danseurs  inexpérimentés  et  consistant  à 
faire,  sans  sauter  et  en  pliant  plus  fortement  les  deux 
genoux,  le  simple  pas  de  la  polka,  mis  sur  une  mesure 
en  trois  temps  par  suite  du  plié  des  genoux  longuement 
prononcé. 

RÉGENT  (QUADRILLE  LE).  Quadrille  composé 
d'après  notre  quadrille  avec  les  pas  tels  qu'ils  étaient 
exécutés  en  1830;  la  théorie  de  G.  Desrat  est  la  recon- 
stitution de  ces  pas,  et  la  musique  de  Signoret  la  trans- 
cription des  airs  originaux  sur  lesquels  le  quadrille 
était  dansé  ;  il  a  été  en  1887  chez  Borneman.  Les  figures 
sont  identiquement  les  mêmes  que  celles  de  l'ancienne 
contredanse,  sauf  quelques  modifications  peu  sensibles 
et  nécessitées  par  le  texte  original.  Théorie  du  Régent. 
1"  figure  :   Chaîne  anglaise  ou  pantalon.  Les  deux 


REG  319 

couples  changent  de  places  et  reviennent  en  se  séparant 
par  trois  chassés,  jeté  et  assemblé.  Balancé  vis-à-vis 
l'un  de  l'autre;  quatre  fois  un  dégagé  à  droite,  à  gauche, 
adroite,  à  gauche,  assemblé.  Tour  de  main.  Le  cavalier 
et  la  dame  tournent  en  se  tenant  par  la  main  droite  : 
trois  chassés,  jeté,  assemblé.  Demi-queue  de  chat  :  les 
deux  couples  changent  de  places  sans  se  séparer  par 
quatre  chassés  continus.  Demi-cha-ne  anglaise  :  les  deux 
couples  reprennent  leurs^  places  par  trois  chassés,  jeté, 
assemblé,  —  i^  figure  :  Été.  Un  cavalier  et  la  dame  de 
vis-à-vis  avancent  et  reculent  deux  fois  en  faisant  :  en 
avant,  un  chassé,  jeté,  assemblé,  et  en  arrière,  trois 
glissades  et  un  assemblé.  Traversé  :  les  deux  danseurs 
changent  de  places  par  trois  chassés,  jeté,  assemblé.  En 
avant  deux  :  ils  avancent  et  reculent  une  fois  avec  les 
mêmes  pas  que  dans  le  premier  en  avant.  Traversé  :  ils 
reprennent  leurs  places,  trois  chassés,  jeté,  assemblé. 
Balancé  et  tour  de  main  avec  les  mêmes  pas  que  dans 
la  première  figure.  —  3^  figure  :  Poule.  Un  cavalier  et 
la  dame  de  vis-à-vis  changent  de  places  par  trois  chassés, 
jeté,  assemblé;  ils  reviennent  par  les  mêmes  pas  et,  en 
se  donnant  la  main  au  milieu  du  quadrille,  ils  donnent 
ensuite  la  main  gauche  à  la  main  gauche  de  leurs 
partenaires,  formant  ainsi  une  chaîne  à  quatre.  Balancé  : 
les  danseurs  font  quatre  fois  à  droite  et  à  gauche  le  pas 
suivant  :  dégagé  et  assemblé.  Demi-queue  de  chat  :  les 
deux  couples  changent  de  places  par  quatre  chassés 
continus.  Avant-deux  :  le  premier  cavalier  et  la  pre- 
mière dame  avancent  et  reculent  deux  fois  par  :  en 
avant,  chassé,  jeté,  assemblé  ;  en  arrière,  par  trois  glis- 
sades et  assemblé.  En  avant  quatre  :  les  quatre  danseurs 
avancent  et  reculent  une  fois  avec  les  mêmes  pas  que 
ci-dessus.  Demi-chaîne  anglaise  :  les  deux  couples 
reviennent  à  leurs  places  par  trois  chassés,  jeté,  assem- 
blé. La  figure,  comme  la  précédente,  est  reprise  par  le 
second  cavalier  et  la  seconde  dame.  —  ^^  figure  :  Pas- 
tourelle ou  TRÉNiTZ.  Un  couple  avance  et  recule  et  le 


320  REM 

cavalier  conduit  sa  dame  au  cavalier  de  vis-à-vis  et 
revient  seul  à  sa  place;  un  chassé,  jeté,  assemblé  pour 
avancer;  trois  glissades,  assemblé  pour  reculer.  Quand 
le  cavalier  recule  seul,  il  peut  faire  sept  glissades  soute- 
nues et  assemblé.  En  avant  trois  :  le  cavalier  de  vis-à-vis 
avance  et  recule  deux  fois  avec  les  deux  dames,  faisant 
tous  les  trois  le  pas  de  l'en  avant  deux.  Solo  :  le  cavalier 
resté  seul  avance  et  recule  une  fois;  il  avance  une 
seconde  fois  et  s'arrête  devant  le  cavalier  placé  entre  les 
deux  dames;  grand  jeté  devant,  assemblé,  changement 
de  pied;  trois  glissades  derrière  et  assemblé;  en  avan- 
çant la  seconde  fois,  trois  chassés,  assemblé  et  pirouette 
devant  sa  dame.  Rond  :  les  quatre  danseurs  tournent  en 
se  donnant  les  mains  et  reprennent  leurs  places  par  la 
demi-chaîne  anglaise.  Ces  deux  reprises  sont  faites  avec 
les  chassés  continus  pour  le  rond,  et  trois  chasses,  jeté, 
assemblé  pour  la  demi-chaîne  anglaise.  Même  figure 
pour  le  second  couple.  —  Nota  :  Le  pas  de  basque  et  le 
pas  de  bourré  remplaçaient  souvent  chez  les  bons  dan- 
seurs les  chassés  et  les  glissades  dans  le  solo.  —  5"  figure  : 
Finale.  Chassé-croisé  :  les  quatre  danseurs  (les  cavaliers 
passant  derrière  leurs  dames  et  les  dames  devant  leurs 
cavaliers,  en  sens  inverse  les  uns  des  autres),  font  à  droite 
et  à  gauche,  trois  glissades  de  côté  et  assemblé  deux 
fois;  ils  reprennent  la  seconde  figure,  été;  ce  chassé- 
croisé  revient  quand  le  premier  cavalier  et  la  première 
dame  ont  terminé  l'été  ;  le  second  cavalier  et  la  seconde 
dame  reprennent  la  figure  et  un  troisième  chassé-croisé 
termine  la  contredanse. 

RÉMOULEUR  (LE).  Nom  d'une  ancienne  contre- 
danse française  qui  n'était  dansée  que  parmi  le  peuple  ; 
elle  consistait  en  bonds  et  sauts  grossiers  suivis  de  mou- 
vements de  jambes  imitant  la  meule  du  rémouleur  et 
l'action  du  pied  agitant  cette  meule  pour  la  faire  tourner. 
Ces  mouvements  n'étaient  autres  que  des  ronds  de 
jambe  en  l'air. 


REV  32) 

RKVÉUEXCE.  La  révérence  est  pour  la  dame  ce 
qu'est  le  salut  pour  le  cavalier.  Elle  a  depuis  quelques 
années  beaucoup  perdu  de  sa  grâce  et  de  sa  dignité 
anciennement  si  recherchées.  Les  modes  anglaises  et 
américaines  sont  responsables  de  ces  nouvelles  révé- 
rences si  peu  révérencieuses  qui  ont  remplacé  celles  de 
nos  aïeules.  Toutefois  quelques  symptômes  nouveaux 
tendent  à  réagir  contre  les  hochements  de  tête,  voire 
même  de  reins,  appelés  saints  dans  les  meilleures 
sociétés. 

Le  livre  de  Rameau,  le  Maître  à  danser,  est  le  meil- 
leur traité  à  consulter  dans  tout  ce  qui  touche  à  la 
manière  de  saluer  pour  les  dames.  Je  ne  [veux  point 
insister  sur  les  différentes  manières  de  saluer  employées 
dans  ces  dernières  années,  car  aucune  ne  peut  résumer 
tout  ce  que  contient  ce  mot  révérence  :  je  mécontenterai 
d'indiquer  la  théorie  de  celles  pratiquées  au  temps  où  la 
danse  avait  le  droit  d'entrer  dans  l'éducation  des  en- 
fants. Je  ne  crois  pas  être  seul  à  constater  que  nos  révé- 
rences modernes  laissent  beaucoup  à  désirer  et  portent 
atteinte  à  la  grâce  des  dames  ou  demoiselles  qui  les 
pratiquent  si  indifféremment.  Tôt  ou  tard  ces  anciennes 
révérences,  si  dignes,  reviendront  et  dames  et  demoi- 
selles seront  forcées  d'abdiquer  leur  laisser-aller  dans 
leurs  saluts.  Les  proteslations  ont  commencé  et  sans  nul 
doute  continueront.  Un  journal,  que  l'on  ne  pourrait 
certes  pas  accuser  de  puritanisme,  le  Gil  Blas,  insérait, 
le  18  janvier  1883,  les  doléances  suivantes  :  «  Violetta, 
qui  est  un  peu  partout,  nous  apprend  que  les  habitués  du 
salon  de  M.  de  Nemours  ont  constaté  avec  terreur  que 
les  jeunes  femmes  ne  savaient  plus  saluer.  Cette  terrible 
sentence,  qui  condamne  les  folles  jeunes  femmes  de 
notre  génération,  est  malheureusement  vraie.  Elles  ne 
savent  plus  saluer  !  L'antique  révérence, rythme  cadencé 
qui  régna  chez  nous  avec  le  menuet  gothique,  est  rayée 
des  mœurs  nouvelles.  Ennemies  de  toute  contrainte,  les 
Parisiennes  saluent  à  la  façon  masculine  et  cavalière  qui 

U. 


322  REV 

consiste  en  un  coup  sec  de  tête,  légèrement  penchée, 
tandis  que  le  buste  reste  droit  et  que  le  regard  dévisage. 
Rieu  de  plus  insolent  ;  cela  va  de  pair  avec  le  skake- 
hand  à  l'américaine  qui  a  remplacé  le  baise-main  galant 
des  cours  disparues,  avec  le  galop,  barbare  successeur 
de  la  valse  harmonieuse.  »  Cette  peinture  n'est  que  trop 
fidèle  et  trop  regrettable. 

La  théorie  de  l'ancienne  révérence  que  je  donne  ci- 
dessous  est  empruntée  à  Rameau,  le  célèbre  maître 
en  l'art  de  l'enseigner  ainsi  que  le  menuet  : 

((  Pour  la  révérence  en  avant,  le  corps  droit,  glissez 
le  pied  devant  vous,  soit  le  droit,  soit  le  gauche,  pour  le 
porter  à  la  quatrième  position  ;  le  corps  ne  doit  incliner  ou 
plier  qu'après  que  vous  aurez  commencé  de  passer  le 
pied,  parce  que  le  corps  suit  la  jambe  et  qu'elle  doit  se 
faire  de  suite.  Le  genou  est  alors  obligé  de  se  plier 
par  le  poids  du  corps.  L'inclination  du  corps  se  fait 
selon  la  personne  que  l'on  salue.  En  pliant  la  ceinture, 
n'étendez  pas  le  genou  de  la  jambe  qui  reste  derrière, 
car  elle  ferait  lever  la  hanche.  En  vous  redressant, 
laisser  poser  le  corps  sur  le  pied  de  devant,  ce  qui  donne 
à  celui  de  derrière  la  liberté  de  se  porter  d'un  autre  côté 
pour  faire  une  autre.  Quant  à  la  révérence  en  passant, 
elle  se  fait  comme  celle  en  avant,  excepté  qu'il  faut  effa- 
cer le  corps  en  passant  devant  les  personnes  que  vous 
saluez.  Effacer  signifie  que  vous  vous  tournerez  à  demi 
du  côté  des  personnes,  mais  en  glissant  devant  soi  le 
pied  qui  se  trouve  de  leur  côté,  soit  à  droite,  soit  à 
gauche,  en  se  pliant  de  la  ceinture  et  en  inclinant  la 
tète.  ))  De  nos  jours  ces  mouvements  de  tète  et  de  cein- 
ture sont  supprimés  et  le  corps  entier  doit  rester  droit 
et  noblement  porté  ;  seuls  les  genoux  plient.  » 

Révérence  de  cour.  Pour  cette  révérence,  faite, 
comme  on  le  sait',  avec  le  manteau  de  cour  à  longue  et 
pesante  traîne,  il  faut  en  la  commençant  et  en  pliant  les 
deux  genoux  chasser  la.  traîne  du  manteau  avec  la  pointe 
du  pied  gauche  tournée  très  en  dehors  ;  si  le  pied  était 


REV  323 

en  dedans,  le  talon  serait  exposé  à  porter  sur  la  traîne. 
Les  révérences  de  la  cour  de  Rome  sont  réglées  d'une 
manière  spéciale  pour  les  présentations  au  pape  ;  trois 
sont  faites  successivement  avant  d'arriver  au  trône  pon- 
tifical, et  sont  chacune  séparées  par  trois  pas  marchés.  La 
première  est  notre  révérence  usuelle  ;  dans  la  seconde, 
en  pliant  les  genoux  et  maintenant  le  corps  droit,  le 
genou  gauche  touche  terre  :  et  dans  la  troisième,  pen- 
dant que  le  genou  gauche  plie,  la  tète  s'incline  très  lente- 
ment vers  la  terre.  Le  corps,  en  se  relevant,  doit  rester 
droit  et  la  tête  doit  être  également  maintenue  droite  et 
noblement  portée. 

Nos  révérences  actuelles  sont  faites  maintenant, 
ou  plutôt  devraient  être  faites,  sans  que  le  haut  du  corps 
ni  la  tête  penchent  en  avant.  La  dame  reste  ainsi 
placée  avec  toute  la  dignité  que  comporte  son  sexe.  On 
l'exécute  en  trois  temps.  1"  temps  :  plier  également  les 
deux  genoux;  2°  temps  :  glisser  le  pied  gauche  en  arrière; 
3"  temps  :  ramener  le  pied  droit  devant  à  la  troisième 
position  en  se  retirant  un  peu  de  la  personne  saluée.  Le 
plié  des  genoux  est  en  rapport  avec  le  degré  révéren- 
cieux indiqué  par  la  qualité  de  la  dame  que  l'on  salue. 

Je  n'ai  trouvé  dans  aucun  ouvrage  de  révérences 
faites  avec  le  baise-main  :  il  a  été  pourtant  en  usage  et 
l'est  même  encore  dans  les  anciennes  familles  de  l'aris- 
tocratie. On  le  préfère  de  beaucoup  au  shake-Jumd  des 
Anglais  qui  semblent  vouloir  vous  arracher  la  main  sous 
le  prétexte  de  vous  la  serrer  affectueusement.  L'usage  de 
se  toucher  la  main  est  néanmoins  entré  dans  nos  mœurs  ; 
soit  dans  le  salut,  soit  dans  la  révérence,  on  s'offre  réci- 
proquement la  main  droite;  toutefois  un  cavalier  saluant 
une  dame  doit  attendre  qu'elle  prenne  l'initiative  en 
élevant  la  main.  Cette  nouvelle  mode  force  la  dame  dans 
sa  révérence  à  tirer  toujours  son  pied  gauche  en  arrière 
afin  que  le  haut  du  corps  reste  droit  devant  la  personne 
saluée  et  que  le  pied  droit  ne  se  trouve  pas  en  arrière, 
en  opposition  avec  la  main  droite  avancée  et  offerte. 


324  RON 

RICOUSTAI.  Nom  d'une  danse  grecque  privée;  on 
l'appelait  ainsi  à  cause  des  mouvements  de  reins  aux- 
quels se  livraient  les  danseurs. 

RIGAUD  OU  RIGAUDOX.  Nom  d'une  ancienne  con- 
tredanse française  à  l'air  vif  et  léger;  elle  était  très 
populaire  en  Provence  et  en  Languedoc  et  tirait  son 
nom  de  celui  de  son  auteur  Rigaud.  On  trouve  quelquefois 
ce  mot  pour  qualifier  un  balancé  fait  avec  des  pas  petits 
et  précipités.  Compan  définit  ainsi  la  théorie  des  pas  de 
rigaudon:  Le  pas  se  commence  de  la  première  position, 
ayant  les  deux  pieds  assemblés;   vous  pliez  les  deux 
genoux  également,  et  vous  vous  relevez  en  sautant  et  en 
levant  du   même  temps  la  jambe  droite  qui  s'ouvre  à 
côté  et    le    genou    étendu,   vous  la  reposez  du   même 
temps,  aussi  à  la  première  position;  mais  à  peine  est-elle 
posée,  que  la  jambe  gauche  s'élève  en  s'ouvrant  de  côté, 
sans  faire  aucun  mouvement  du  genou;  ce  n'est  que  la 
hanche  qui  agite  la  jambe  et  la  brise   tout  de  suite. 
Les  deux  pieds  étant  à  terre,  vous  pliez  et  vous  vous 
relevez  en  sautant,  et  en  tombant  sur  les  deux  pieds,  ce 
qui  termine  le  pas.  Il  faut  avoir  grande  attention,  en  fai- 
sant ce  pas,  que  vos  jambes  soient  bien  étendues  quand 
vous  les  levez  et,  lorsque  vous  sautez,  de  retomber  sur 
les  pointes,  les  jambes  tendues,  ce  qui  fait  paraître  plus 
léger.  Compan  ajoute  qu'en  Provence  le  pas  se  fait  diffé- 
remment :   au   lieu  d'ouvrir  les  jambes   de    côté,   les 
Provençaux  les  passent  en  avant  et  les  croisent. 

Fenillet,  dans  sa  Cliorégraphie,  cite  la  musique  et  les 
pas  d'un  rigaudon  de  la  Paix  dansé  par  deux  per- 
sonnes; les  pas  diffèrent  un  peu  de  ceux  de  Compan, 
mais  la  musique  légère  témoigne  le  même  caractère 
pour  la  danse. 

ROiXD.  Les  ronds  se  forment  par  les  danseurs  en  se 
tenant  tous  par  les  mains;  ils  sont  dits  ronds  entrelacés 
quand  un] rond  de  dames  est  entouré  d'un  second  rond 


RON  325 

de  cavaliers  qui,  élevant  les  mains  sans  se  les  quitter, 
enlacent  le  rond  des  dames  dans  le  leur. 

ROND  DE  JAMBE.  Temps  de  danse  consistant  à 
décrire  un  rond  avec  un  pied  pendant  que  l'autre  sup- 
porte le  corps;  ils  font  partie  des  exercices  élémentaires 
de  la  danse  et  ont  pour  but  de  tourner  les  pieds  et  les 
jambes  en  dehors.  Selon  leurs  différents  noms  ils  forcent 
à  travailler  les  pieds,  les  pointes,  les  hanches  ;  en  un 
mot  le  travail  des  ronds  de  jambe  s'adresse  à  toute  la 
jambe,  depuis  la  pointe  du  pied  jusqu'à  la  hanche. 

Ronds  de  jambe  à  terre.  Décrire  un  cercle  entier  avec 
un  pied  dont  la  pointe  seule  touche  terre  et  dont  le  talon 
ne  descend  qu'après  l'exécution  du  rond  entier;  passer 
le  pied  à  la  seconde  position,  à  la  quatrième  devant,  à  la 
première,  à  la  quatrième  derrière  et  le  renverser  pour 
finir  à  la  seconde.  Ce  rond,  comme  les  suivants,  est 
appelé  rond  de  jambe  en  dehors  quand  le  pied  passe  de 
la  seconde  position  à  la  qualrième  devant,  et  rond  de 
jambe  en  devant  quand  le  pied  passe  à  la  quatrième  der- 
rière. Le  rond  est  dans  ce  cas  décrit  en  sens  inverse  du 
premier. 

Rond  de  jambe  en  Vair.  On  appelle  ainsi  le  rond  de 
jambe  fait  avec  la  jambe  élevée  à  la  hauteur  de  la 
hanche  et  maintenue  élevée  pendant  toute  la  durée  du 
rond. 

Rond  de  jambe  sauté.  Le  rond  de  jambe  prend  ce 
nom  quand  on  saute  sur  la  jambe  supportant  le  corps 
pendant  que  l'autre  décrit  son  rond. 

Ronds  de  jambe  sautés  doubles  ou  triples.  Lorsque 
pendant  un  seul  saut  sur  une  jambe  l'autre  décrit 
plusieurs  ronds,  le  rond  de  jambe  est  dit  double  ou 
triple. 

RONDE.  On  donne  généralement  ce  nom  à  toutes  les 
petites  danses  réglées  pour  les  bals  d'enfants.  Pendant 
le  moyen  âge  on  a  vu  souvent  des  rondes  exécutées  par 


32R  RUS 

les  grandes  personnes  aussi  bien  à  la  ville  qu'à  la  cam- 
pagne. 

ROXDE  (LA  BELLE).  Nom  donné  à  une  contre- 
danse usitée  sous  le  premier  Empire  et  composée  par 
le  professeur  Michon.  Elle  était  souvent  introduite  dans 
d'autres  contredanses  et  exécutée  comme  il  suit  :  grand 
rond  par  huit  danseurs;  en  avant  deux  seuls;  chassé 
sur  les  côtés;  balancé  avec  ses  dames,  tour  de  main.  La 
contre-partie  pour  les  deux  autres  couples. 

ROYALE  FAMILLE  (LA).  Nom  d'une  contredanse 
française,  composée  sous  Louis  XVIII  par  le  professeur 
Marin  Pichon.  Elle  était,  comme  d'autres  compositions 
du  même  auteur,  dédiée  à  la  marquise  de  la  Villette, 
qui  lui  assura  quelques  succès  à  la  ville  et  à  la  cour. 
On  en  a  conservé  la  composition  suivante  pour  quatre 
couples  placés  sur  deux  façades  opposées  :  Chassez  et 
croisez  tous  les  quatre  ;  un  cavalier  seul  en  avant  deux 
fois;  les  dames,  de  même,  deux  fois  en  avant;  chaîne 
des  dames;  demi-queue  de  chat;  demi-chaîne  an- 
glaise. Contre-partie  pour  les  autres  danseurs. 

RUADE  OU  RUALDE.  Les  mots  ru,  rualde  et  ruade 
étaient  employés  dans  les  danses  desxvi"  et  xvii'  siècles; 
on  les  trouve  souvent  répétés  dans  VOrchésographie  de 
Thoinot-Arbeau  ;  le  pas  rappelait  le  mouvement  de  la 
vache  rejetant  un  pied  en  arrière,  aussi  lit-on  les  mots 
ru  de  vache  au  lieu  de  ruade  simplement.  Notre  jeté 
en  arrière  en  semble  la  traduction. 

RUSSE  (PAS).  On  donne  souvent  au  temps  de  danse 
appelé  pas  de  basque  le  nom  de  pas  russe.  On  le  donne 
également  à  une  danse  grossière  usitée  chez  les  paysans 
russes;  en  1785  et  1786,  on  en  trouve  quelques  traces 
chez  nous,  mais  avec  plus  de  modestie  et  de  tempe- 


RUS  327 

rance;  Gardel  l'intercala  quelquefois  dans  ses  entrées 
de  ballet. 

RUSSE  (QUADRILLE).  Ce  quadrille  fut  publié 
en  1856  chez  Heugel,  par  une  Société  de  professeurs  de 
Paris.  La  musique  est  composée  par  Mickel.  Le  peu  de 
succès  de  cette  nouveauté  est  dû  à  la  difficulté  de  son 
exécution  d'une  part,  et,  de  l'autre,  à  une  trop  grande 
variété  de  rythme  dans  la  musique.  Le  quadrille  devait 
rester  sur  une  musique  uniforme  en  trois  temps,  et  non 
venir  brusquement  tourmenter  l'oreille  des  danseurs 
par  des  changements  trop  fréquents. 

Le  quadrille  russe  est  dansé  par  deux  couples  et 
composé  de  cinq  figures.  —  1'"  figure:  Les  deux  couples 
avancent  en  se  donnant  la  main  gauche,  chaque  cavalier 
croise  la  main  droite  avec  la  dame  de  vis-à-vis;  les  deux 
couples  forment  un  cercle,  le  développent  un  peu  en 
conservant  les  mains  croisées  (4  mesures)  ;  les  deux 
cavaliers  traversent  avec  la  dame  de  vis-à-vis,  en  se 
tenant  toujours  par  la  main  droite (4 mesures);  balancé: 
quatre  temps  à  droite  et  quatre  à  gauche  pendant  4  me- 
sures; demi-holubiec  (4  mesures).  Les  cavaliers  placent 
les  dames  en  les  tenant  bras  droit  et  tournent  huit  temps , 
deux  tours  sur  place  ;  le  cavalier  en  arrière  du  pied 
gauche  et  la  dame  en  avant  du  droit  (4  mesures).  Cette 
figure  se  joue  une  fois.  —  'i"  figure  :  Le  cavalier  et  la 
dame  de  vis-à-vis  sont  en  avant  (2  mesures)  ;  ils  tournent 
main  droite  (2  mesures)  et  tournent  une  seconde  fois 
main  gauche  (2  mesures).  Le  cavalier  prend  de  sa  main 
droite  la  même  dame  par  la  main  gauche  et  la  conduit  à 
la  place  de  sa  dame  (2  mesures);  il  prend  ensuite  cette 
daine  de  la  même  main  pour  la  conduire  au  cavalier  de 
vis-à-vis  (2  mesures).  Le  cavalier  revient  près  de  sa  dame 
qu'il  a  placée  la  première  (4  mesures).  Les  deux  couples 
font  un  demi-holubiec  (4  mesures).  Le  premier  cavalier 
recommence  la  même  figure  avec  sa  dame,  qui  se  trouve 
vis-à-vis  ;  les  deux  dames  ont  alors  repris  leurs  places 


328  RUS 

(16  mesures).  Le  second  cavalier  et  la  dame  de  vis-à-vis 
répètent  la  même  figure  jouée  deux  fois.  —  3'  figure  : 
Le  premier  couple  va  en  avant  main  gauche  en  main 
gauche  ;  en  avançant  près  du  couple  de  vis-à-vis,  il  fait 
passer  sa  dame  à  sa  gauche  et,  sans  lui  quitter  la  main, 
prend  en  sa  main  droite  la  main  droite  de  la  dame  de 
vis-à-vis  (4  mesures);  balancé  à  trois  en  se  tenant  tou- 
jours par  les  mains,  à  droite  pendant  A  mesures  et  à 
gauche  dilo  :  les  dames  croisent  dessus  les  mains 
qu'elles  ont  de  libres  et  tournent  à  trois  un  tour  entier 
(4  mesures);  les  dames  quittent  les  mains  qu'elles  ont 
croisées  et  le  cavalier  leur  fait  faire  un  tour  en  dehors; 
à  la  fin  de  ce  tour,  la  dame  du  cavalier  faisant  la  figure 
doit  se  trouver  devant  lui  et  l'autre  dame  à  sa  droite.  Le 
cavalier  resté  seul  vient  se  jtlacer  devant  sa  dame  (4  me- 
sures) ;  les  deux  cavaliers  prennent  leurs  dames  par  les 
deux  mains,  sans  les  croiser,  font  un  chassé  ouvert, 
c'est-à-dire  qu'ils  s'éloignent  l'un  de  l'autre  sur  le  côté 
("i  mesures);  tous  se  font  face  et  reviennent  se  placer 
comme  ils  l'étaient  avant  le  chassé  ouvert  (2  mesures). 
Chaîne  double,  en  donnant  main  droite  et  main  gauche, 
et,  à  la  fin  de  celte  chaîne,  chaque  couple  reprend  sa 
place  (8  mesures).  La  même  figure  est  répétée  par  le 
couple  de  vis-à-vis  et  jouée  deux  fois.  —  4"  figure  :  Le 
premier  cavalier  prend  de  sa  main  droite  la  main  gauche 
de  sa  dame  et  va  rejoindre  le  couple  de  vis-à-vis;  ils  se 
placent  en  rond  (4  mesures);  tous  les  quatre  reviennent 
en  arrière  à  la  place  du  premier  couple  (4  mesures)  ;  ils 
forment  un  moulinet  main  gauche  et  tournent  un  demi- 
tour.  Le  premier  couple  s'ouvre  pour  laisser  passer  le 
second  à  sa  place  ordinaire,  pendant  que  le  premier 
cavalier  tourne  un  demi-tour  main  gauche  en  main 
gauche  de  sa  dame,  pour  rentrer  également  à  sa  place 
(8  mesures).  Balancé  à  droite  (4  temps)  et  à  gauche 
(4  temps).  Demi-holubiec  (4  mesures).  La  même  figure 
est  recommencée  par  le  second  couple  et  jouée  deux 
fois.  —  5"  figure  :  Chaîne  des  dames  ronde;  les  dames 


SAC  329 

se  donnent  la  main  droite  et  tournent  un  tour  au  milieu 
du  quadrille  (4  mesures);  les  danseurs  répètent  cette 
première  partie  de  la  figure  (16  mesures).  Les  dames 
recommencent  la  chaîne  ronde  (8  mesures);  elles  font 
ensuite  la  deuxième  partie  de  la  première  figure  (16  me- 
sures). —  Marche.  Coda.  Les  deux  couples,  en  se  don- 
nant la  main,  s'avancent  vis-à-vis  l'un  de  l'autre  (4  me- 
sures) ;  moulinet  main  droite,  un  tour  entier  (4  mesures)  ; 
retour  en  places  (4  mesures);  les  deux  couples  se  tournent 
le  dos,  un  demi-holubiec  (4  mesures)  ;  révérences  pour 
finir. 

RYTHMIQUE  (DANSE).  Les  Grecs  appelaient  ainsi 
la  danse  accompagnée  de  chants  ;  ils  étendaient  aussi  la 
signification  de  ce  mot  à  tout  ce  qui  concernait  l'art 
régulateur  des  mouvements  du  corps  en  dansant.  Apulée 
ne  parle  de  la  danse  rythmique  qu'en  termes  très  vagues; 
on  a  lieu  de  s'en  étonner,  car  l'auteur  s'occupe  de  la 
danse  ancienne  avec  beaucoup  de  soin. 


SACRÉE  (DANSE).  La  danse  sacrée  fut  la  première 
danse  introduite  dans  les  mœurs  des  peuples  primitifs 
et  anciens.  Hébreux,  Grecs  et  Romains  la  pratiquèrent, 
et  chez  les  premiers  chrétiens  elle  joua  un  rôle  d'une 
importance  considérable.  Si  l'on  considérait  encore  de 
nos  jours  cet  art  au  même  point  de  vue  que  dans  l'anti- 
quité, on  se  verrait  amené  à  dire  que  la  danse  est  encore 
en  usage  dans  nos  cérémonies  religieuses.  Que  sont  en 
effet  ces  solennelles  et  imposantes  processions  cadencées, 
accompagnées  de  chants  et  de  musique,  sinon  un 
souvenir  des  anciens  grands  ballets  ambulatoires  reli- 
gieux? Qui  plus  est,  les  pas  mesurés  et  cadencés  sur  le 


330  SAC 

rythme  de  l'orgue,  exécutés  par  les  chantres  sur  les 
côtés  du  maître-autel,  rappellent  les  anciennes  prome- 
nades rythmées  et  chantées  que  tous  les  fidèles  exécu- 
taient en  venant  faire  leurs  révérences  et  se  prosterner 
devant  la  sainte  hostie  avant  l'élévation.  Et  nos  proces- 
sions ne  remontent-elles  pas  à  celle  de  David  devant 
l'arche  sainte  ?  Tous  les  auteurs  anciens,  tous  les 
modernes,  tels  que  Cahuzac  et  le  Père  Ménétrier,  nous 
attestent  que  le  premier  but  de  la  danse  fut  une  idée 
religieuse.  A  mesure  que  les  autels  s'élevaient,  les 
chœurs  de  danse  les  suivaient  dans  le  culte.  Lucien 
nous  dit  que  le  peuple  grec  était  si  persuadé  du  mérite 
de  la  danse  près  des  dieux  qu'il  accourait  en  foule  à  tous 
ses  exercices.  Du  reste  le  nombre  des  danses  sacrées 
dans  l'antiquité  est  indéfini  ;  à  chaque  dieu,  à  chaque 
déesse,  à  chaque  actualité  religieuse  on  rencontre  des 
danses  sacrées  spéciales. 

La  première  conception  de  ces  danses  paraît  être  due 
aux  Egyptiens,  qui  créèrent  la  danse  astronomique  (voir 
à  la  lettre  A  le  mot  Astronomique).  Chez  les  Romains, 
Numa  institua  les  prêtres  danseurs,  chargés  de  présider 
à  toutes  les  cérémonies;  nous  les  retrouverons  au  mot 
Saliens. 

Quant  aux  Français,  nous  avons  les  édits  des  papes,  les 
décisions  des  conciles  édictées  contre  les  danses  trop 
nombreuses  et  trop  répandues;  elles  avaient  donc  eu 
lieu  et  avaient  donc  été  trop  suivies.  Nous  trouvons,  sans 
prendre  comme  danse  sacrée  le  cérémonial  de  nos 
grandes  fêtes  célébrées  avec  marche  rythmée,  chant, 
musique  (ce  qui  aurait  été  reconnu  tel  anciennement), 
nous  trouvons  encore  dans  la  Nièvre,  l'Auvergne  et  le 
Jura  des  traditions  ineffaçables  de  la  danse  sacrée  des 
funérailles;  les  pleureuses  accompagnant  le  cortège 
funèbre  ont  le  même  rôle,  presque  le  même  costume 
que  chez  les  Grecs.  Dans  presque  tous  les  villages  on  a 
conservé  les  feux  de  la  Saint-Jean  du  moyen  âge,  et  l'on 
voit  encore  les  fidèles  tourner  en  rond  autour  de  ces 


SAI  331 

feux.  Dans  le  Traité  des  ballets  du  R.  P.  Ménétrier  on 
lit  que  ce  Père  jésuite  vit  encore,  en  1682,  les  chanoines 
danser  avec  les  enfants  de  chœur  pour  célébrer  le  saint 
jour  de  Pâques. 

Un  dernier  mot:  le  maître  des  cérémonies  conduisant 
nos  deuils  n'est  autre  que  celui  des  Grecs  et  des  Romains 
dans  leurs  funérailles. 

SACRIFICE  (DANSE  DU).  Cette  danse  est  encore  en 
honneur  chez  les  peuplades  du  Canada.  Dès  le  lever  du 
soleil,  les  habitants  se  portent  en  foule  autour  d'un 
immense  bûcher  qui,  pour  eux,  représente  le  soleil  ;  ils 
dansent  en  chantant,  hommes  et  femmes  alternati- 
vement. Vers  la  fin  de  la  danse,  les  femmes  prennent 
leurs  enfants  dans  leurs  bras  et,  les  élevant  au-dessus  du 
feu,  les  présentent  à  l'adoration  de   ce  bûcher  soleil. 

SAILLIE.  On  entend  par  ce  mot  un  pas  appelé  échappé 
et  fait  avec  les  deux  pieds.  Élever  les  talons  de  terre 
pour  que  les  deux  pointes  seules  supportent  le  corps; 
placer  le  pied  droit  à  la  quatrième  position  devani  et 
laisser  s'écarter  les  deux  jambes  comme  si  elles  avaient 
grand'peine  à  soutenir  le  corps;  glisser  le  pied  droit 
derrière  pendant  que  le  pied  gauche  revient  devant.  On 
retombe  en  pliant  les  genoux,  puis  on  se  relève  vivement 
en  replaçant  le  pied  droit  devant.  On  peut  aussi  faire  ce 
pas  en  tournant. 

SAINT-CYRIEX  (QUADRILLE  LE).  Quadrille  com- 
posé par  M.  Henri  Cellarius,  neveu  du  professeur  Cella- 
rius.  Exclusivement  réservé  aux  élèves  de  l'École  mili- 
taire de  Saint-Cyr,  il  est  composé  d'airs  militaires 
chantés  par  les  futurs  officiers;  la  chorégraphie  laisse  à 
désirer  au  point  de  vue  de  la  figuration  et  je  doute  fort 
qu'elle  ait  franchi  les  portes  de  l'École.  Le  Saint-Cyrien 
a  été  publié  en  18(S.i  chez  Kybonrtz  avec  la  musique 
arrangée  parDérégnaucourt,  avec  la  théorie  suivante  que 


332  SAI 

j'emprunte  fidèlement  à  l'auteur. —  l""'  figure:  Entrée  a 
l'École.  Promenade  deux  par  deux  autour  du  quadrille; 
la  dame  en  avant,  et  en  arrière.  Tous  les  couples  en 
avant;  les  dames  en  rond;  les  cavaliers  soutiennent  de 
leur  main  gauche  la  main  de  leurs  dames;  tour  entier 
par  la  droite;  balancer  avec  la  dame  de  gauche.  Les 
cavaliers  tournent  autour  des  dames,  les  dames  égale- 
ment, mais  sans  se  donner  les  mains.  Une  fois  la  figure. 
—  Avis.  Ce  quadrille  ne  peut  se  danser  qu'à  huit  per- 
sonnes; toutes  les  musiques  ordinaires  peuvent  servir.  Si 
le  salut  militaire  ne  convenait  pas,  on  peut  très  bien  le 
supprimer.  Ce  salut  se  fait  dans  chaque  [tromenade  du 
quadrille.  —  2'  figure  :  La  discipline.  Les  cavaliers 
tournent  autour  de  la  dame  ;  salutations  du  cavalier  et  de 
la  dame;  moulinet  des  dames,  les  cavaliers  ne  bougeant 
pas.  Les  dames  dans  le  moulinet  tournent  autour  des 
cavaliers.  Promenade  un  par  un  sur  la  droite  jusqu'à  sa 
place.  Deux  fois  la  figure.  —  3'  figure  :  Les  théories. 
Galop  autour  du  quadrille  par  la  droite  ;  grand  rond  ;  tour 
entier  par  la  gauche;  les  chevavx  de  bois;  tour  entier 
jusqu'à  sa  place.  Les  dames  ne  bougent  pas,  mais  les 
cavaliers  tournent  autour  des  dames.  Deux  fois  la 
figure.  —  4"  figure  :  La  petite  guerre.  Les  cavaliers 
1  et  2  au  centre  du  quadrille  en  face  de  leurs  dames; 
salutations.  Les  cavaliers  3  et  i  conduisent  leurs  dames 
à  la  dame  de  droite;  salutations;  ils  reviennent  à  leurs 
places;  les  dames  en  avant  et  en  arrière;  les  dames  en 
avant  font  un  tour  de  main  sur  place  et  viennent  former 
un  rond  à  quatre  autour  des  deux  cavaliers  qui  se 
trouvent  dos  à  dos.  Tour  entier  par  la  gauche  jusqu'à  son 
cavalier.  Tour  avec  sa  dame  sans  donner  les  mains  et  en 
places.  Promenade  un  par  un  autour  du  quadrille  parla 
droite,  jusqu'à  sa  place.  Deux  fois  la  figure.  —  Nota. 
La  deuxième  fois  les  cavaliers  3  et  4  commencent.  — 
Avis.  Pour  qu'il  n'y  ait  point  de  confusion,  le  couple  qui 
se  trouve  vis-à-vis  de  l'orchestre  doit  partir  le  premier; 
ce  couple  prend  le  n"  1,  son  vis-à-vis  le  n°  2;  le  couple 


SAL  333 

de  droite  n"  3  et  celui  de  gauche  n"  4.  —  5' figure:  La 
REVUE  d'honneur  DES  Saint-Gyriens.  Mai'ctie  un  par 
un  autour  du  quadrille;  marche  deux  par  deux  sur  la 
droite  jusqu'à  ses  places.  Former  deux  lignes  de  cava- 
liers et  dames  ;  les  couples  1  et  !2  ne  bougent  pas;  les 
couples  3  et  4  se  séparent;  tout  le  monde  en  avant;  demi- 
tour  sur  place  par  la  droite;  en  avant;  demi-tour  sur 
place  par  la  droite.  En  avant  et  en  arrière  ;  les  dames  ne 
bougent  pas  ;  les  cavaliers  tournent  autour  des  dames. 
Deux  ibis  la  ligure.  —  Nota.  La  seconde  fois,  au  moment 
de  former  les  deux  lignes,  les  couples  3  et  4  ne  bougent 
pas,  ce  sont  les  couples  1  et  2  qui  se  séparent  pour  finir 
à  la  seconde  fois.  Galop  autour  du  quadrille  par  la 
droite  jusqu'à  ses  places.  —  Avis.  Pour  éviter  la  confu- 
sion, lire  l'avis  de  la  figure  n"  4.  —  H.  Cellarius. 

SAIi\T-SIMONIENNE  (LA).  Nom  donné  à  la  cin- 
quième figure  du  quadrille  français.  Voir  à  la  lettre  Q, 
Quadrille  français,  histoire  des  figures. 

SAISOXS  (DAASE  DES).  Cette  danse  était  chez  les 
Grecs  l'objet  d'un  grand  culte,  et  faisait  partie  des 
danses  religieuses.  Son  origine  remonte  au  retour  de 
Bacchus  en  Grèce  après  la  conquête  des  Indes.  Elle 
était  dansée  au  printemps  par  des  jeunes  garçons  et  des 
jeunes  filles  ornés  de  couronnes  de  fleurs.  Ils  couraient 
jusque  dans  les  bois,  s'enroulaient  autour  des  arbres  en 
entrelaçant  les  mains.  Le  caractère  de  cette  danse  était 
essentiellement  symbolique  en  cherchant  à  peindre 
l'innocence  des  premiers  ans  de  la  vie  suivie  des  jouis- 
sances qui  attendent  la  jeunesse  à  l'âge  des  adultes. 

SALAMEC.  Mot  employé  chez  les  Turcs  pour  signifier 
le  salut;  il  est  également  usité  chez  les  Arabes. 

SALIENS  (DANSE  DES).  La  danse  des  salions  fut 
instituée  à  Rome  par  Numa  Pompilius  en  l'honneur  de 


334  SAL 

Mars.  Il  choisit  parmi  la  plus  illustre  noblesse  de  Rome 
douze  citoyens  prêtres  qu'il  appela  saliens,  de  saltare, 
sauter,  à  cause  du  sautilkige  imitant  le  pétillement  du 
sel  jeté  sur  le  feu  en  brûlant  les  victimes.  Les  premiers 
prêtres  saliens  portaient  le  nom  de  saliens  palatins. 
Tullius  Hostilius  créa,  plus  tard,  une  seconde  troupe 
qu'il  appela  agonales  et  collini.  Ces  prêtres  portaient 
des  robes  de  différentes  couleurs  avec  la  toge  bordée  de 
pourpre  et  des  bonnets  très  hauts  formés  en  cône; 
quelques-uns  ajoutaient  à  ce  costume  un  plastron  d'acier 
sur  la  poitrine.  Outre  cette  première  étymologie,  des 
auteurs  anciens  en  donnent  une  seconde  qui,  dérivant 
toujours  du  verbe  saltare,  serait  salit.,  de  ce  que  les 
prêtres  allaient  par  les  rues  en  dansant  après  leurs 
sacrifices.  Ils  tenaient  alors  à  la  main  gauche  de  petits 
boucliers  appelés  ancilia,  et  à  la  droite  une  lance  ou  un 
bâton  avec  lequel  ils  frappaient  la  cadence  sur  les  bou- 
cliers les  uns  des  autres.  Ils  chantaient  en  même  temps 
des  hymnes  en  l'honneur  des  dieux.  Parmi  ces  hymnes, 
un  est  souvent  cité  chez  les  auteurs  anciens  sous  le 
vocable  Saliare  Carmen.  Le  chef  des.saliens  était  honoré 
du  titre  de  prœsul  on  magister  saliorum.  Festus  Pom- 
peius  parle  de  filles  saliennes  appelées  rirgines  sa- 
iiares,  engagées  par  les  prêtres  pour  les  accompagner 
dans  leurs  cérémonies.  Elles  portaient  un  costume  mili- 
taire nommé  paludamentum  ;  leurs  têtes  étaient  recou- 
vertes d'un  bonnet  non  moins  élevé  que  ceux  des  saliens. 
On  trouve  peu  de  traces  de  leur  existence,  et  Festus 
Pompeius  est  le  seul  auteur  donnant  des  notes  sur  les 
saliennes.  Rome,  malgré  l'institution  de  Numa,  ne  fut 
pas  la  première  vilU  qui  eut  ces  prêtres;  on  en  trouve 
dans  d'autres  villes  et  antérieurement  portant  le  nom 
d''augustales,hadrianales,ant07iini,  du  nom  des  empe- 
reurs sous  lesquels  ils  firent  leurs  sacrifices. 

SALII,  SALITORES,  SALISSUBSULES.  La  coutume 
prit  à  Rome  de  donner  ces  noms  à  tous  ceux  faisant. 


SAL  335 

pour  ainsi  dire,  métier  de  danser  seulement  ou  d'accom- 
pagner leurs  danses  de  chants. 

SAL3IO\lS,  Danse  grecque  classée  dans  les  danses 
privées. 

SALTAKELLO.  Danse  très  répandue  dans  les  cam- 
pagnes environnantes  de  Rome;  les  mouvements  de  la 
danse  et  de  la  musique  ont  un  caraclèrc  exceplionnel- 
lement  original;  c'est  une  véritable  lutte  d'agilité  entre 
les  danseurs.  Le  cavalier  joue  de  la  guitare  et  sa  dame 
frappe  sur  un  tambour  de  basque  pendant  la  danse.  Ce 
divertissement  fait  surtout  les  délices  des  vignerons  qui 
excellent  à  la  danser.  Le  nombre  des  couples  n'est  pas 
limité,  et  les  pas  sont  serrés,  petits  et  précipités,  tantôt 
sur  un  pied,  tantôt  sur  l'autre. 

SALTATION.  Mot  remplaçant  celui  de  danse  chez  les 
Romains.  Selon  Théophraste,  le  premier  saltans  fut  un 
Sicilien  du  nom  d'Andron.  Plutarque  définit  la  saltation 
comme  composée  de  trois  parties  :  la  première,  le  mou- 
vement au  moyen  du  saut;  la  seconde,  la  figure  ou  la 
figuration  ;  la  troisième,  la  démonstration  ou  la  repré- 
sentation de  l'objet  ou  du  fait.  Meursius,  dans  son  Traité 
De  saltatione  antiqiia  veteruni,  ne  laisse  aucune  notion 
utile  à  la  connaissance  exacte  de  cette  première  saltation  ; 
il  se  contente  de  citer  les  noms  de  deux  cents  danses 
différentes  usitées  anciennement. 

SALTIMBAXQUK.  Ce  mot,  du  latin  saltare,  s'appli- 
quait primitivement  au  danseur  de  corde  seulement; 
plus  tard  il  fut  donné  au  danseur  trivial  ou  bouffon  et  il 
est  inutile  de  rappeler  la  signification  qui  lui  est  donnée 
actuellement.  La  danse  n'a  presque  rien  à  voir  dans  ses 
attributions  actuelles.  . 

SALUT.  Le  salut   du  cavalier  n'a  pas  malheureu- 


336  SAR 

sèment  conservé  l'ancienne    pratique;   le   laisser-aller 
dans  la  danse  a  amené  le  laisser-aller  dans  le  salut.  Il  y 
a  quelques  années,  le  salut  avec  hochement  de  tête  de 
côté,  \6in  de  trahir  l'idée  respectueuse  à  l'égard  de  la 
personne  saluée,  trahissait  le  contraire.  On  l'a  presque 
abandonné,  à  la  grande  satisfaction  générale.  Le  cavalier, 
pour  saluer,  incline  lentement  et  un  peu  la  tête  devant 
la  personne;  il  se  relève  lentement  et  glisse  en  même 
temps  légèrement  le  pied  gauche  en  arrière;  lentement 
encore  il  rapproche  le  pied  droit  du  pied  gauche.  Il  est 
indispensable  de  glisser  le  pied  gauche  et  non  le  droit 
en  arrière,  car,  si  la  dame  vous  offre  la  main,  votre 
main  droite  en  s'avaiiçant  doit  être  sur  la  ligne  perpen- 
diculaire du  pied  droit  resté  devant.  Après  s'être  relevé, 
le  cavalier  fait  deux  ou  trois  pas  marchés  en  arrière  res- 
tant face  à  la  personne  ;  il  ne  doit  tourner  le  dos  qu'à  une 
certaine  distance.  Dans  le  salut  avec  le  chapeau,  le  cava- 
lier, en  inclinant  le  haut  du  corps  et  la  tête  en  avant, 
tient  son  chapeau  de  la  main  droite,  le  bras  abaissé  natu- 
rellement le  long  de  la  jambe  droite;  la  coiffe  du  cha- 
peau doit  être  tournée  du  côté  de  la  jambe  et  jamais  en 
dehors.  On  a  ri  beaucoup  et  on  rit  encore  des  cavaliers 
qui,  en  s'inclinant,  tiennent  leur  chapeau  avec  les  deux 
mains,  la  coiire  en  dehors,  comme  s'ils  désiraient  exhiber 
les  initiales  gravées  au  fond  de  leur  chapeau. 

SANS-SOUCI  (LE).  Ancienne  contredanse  française 
usitée  vers  1815  et  composée  par  le  professeur  Marin  Pi- 
chon,  pour  quatre  couples  avec  les  pas  suivants.  Placés 
sur  deux  sens  différents  :  1"  en  avant  deux;  2"  chassez; 
3°  traversez;  4"  croisez;  5"  balancez  avec  les  dames; 
6°  tour  de  mains.  La  contre-partie  faite  successivement. 

SARABANDE.  Danse  très  répandue  en  Espagne  dès  le 
Xvr  siècle;  elle  était  plus  lente  que  le  menuet  avec 
lequel  elle  présente  quelque  analogie.  Selon  quelques 
écrivains,  son  nom  serait  tiré  de  Sara  Candar,  corné- 


SAU  337 

dienne  espagnole  qui,  la  première,  la  dansa  en  France. 
Selon  d'autres,  sarao,  qui  signifie  bal  en  espagnol,  serait 
son  étymologie.  D'aucuns  enfin  lui  donnent  les  Sarra- 
sins pour  inventeurs.  La  mesure  est  en  trois  temps  et  est 
grave  et  lente,  malgré  son  caractère  espagnol.  Le 
Dictionnaire  de  Trévoux  la  définit  ainsi,  et  c'est  chez 
lui  que  l'on  peut  trouver  la  note  la  plus  vraie  à  ce 
sujet  : 

((  Sarabande,  composition  de  musique  et  de  danse  qui 
est  de  mouvement  ternaire  et  qui,  ordinairement,  finit 
en  levant,  à  la  différence  de  la  chaconne  qui  se  termine 
en  baissant  la  main  quand  on  bat  la  mesure  :  saltatio 
nunierosa.  La  sarabande  n'est  à  bien  parler  qu'un  menuet 
dont  le  mouvement  est  grave,  lent,  sérieux.  Elle  est 
venue  des  Sarrasins  comme  la  chaconne.  » 

En  1881,  ^P'^^Laure  Fonta,  aussi  célèbre  à  l'Opéra  que 
savante  et  érudite  bibliophile,  organisa  une  sarabande 
dans  un  bal  particulier;  un  grand  succès  couronna  sa 
reproduction  chorégraphique. 

SATYROS.  Danse  privée  des  Grecs  dans  laquelle  les 
danseurs  représentaient  des  satyres.  Platon,  dans  son  De 
lege,  la  mentionne  comme  hérissée  des  plus  grandes  dif- 
ficultés. Suivant  Lucien,  Athénée  et  Pollux,  le  danseur 
était  couvert  d'une  peau  de  bouc  et  la  tète  dissimulée 
sous  une  épaisse  perruque  formée  de  longs  poils  de  cet 
animal. 

SAUTEUSE.  Nom  d'une  danse  presque  moderne, 
usitée  anciennement  après  la  grave  valse  à  trois  temps, 
afin  de  jeter  une  note  plus  gaie  dans  la  danse.  Sur  une 
mesure  en  2/4  ou  6/8,  il  suffit  de  sauter  tantôt  sur  un  pied, 
tantôt  sur  l'autre  ;  un  temps  pour  chaque  saut.  On  tourne 
comme  dans  les  valses,  le  cavalier  conduisant  sa  dame 
par  le  bras  droit  enlacé  autour  de  sa  taille.  On  voit 
très  souvent  dans  nos  bals  danser  celte  sauteuse  qui 
est  devenue   l'apanage  de  tous  les  mauvais  valseurs; 

15 


:î38  SCO 

mise  sur  une  mesure  en  trois  temps  et  dansée  rapide- 
ment, elle  produit  un  effet  très  désagréable  à  l'œil  des 
spectateurs. 

SCÉNIQUES  (JEUX).  Ces  jeux  consistaient  chez  les 
Romains  en  danses  au  son  des  flûtes  et  en  postures  le 
plus  souvent  plaisantes  et  ridicules;  les  récits  ou  chants 
en  étaient  supprimés.  Tite-Live  nous  apprend  qu'ils 
furent  institués  à  Rome  en  392,  sous  le  consulat  de  Sul- 
picius  Peticus.  Les  premiers  essais  en  furent  assez  ano- 
dins. Quelques  comédiens  venus  d'Étrurie  sur  la  demande 
du  consul  dansèrent  sur  les  places  publiques;  mais  l'ab- 
sence de  paroles  accompagnant  leurs  gestes  nuisit  à 
l'effet  qu'ils  s'attendaient  à  produire  et  le  goût  de  ces  jeux 
ne  vint  qu'avec  les  chants  mêlés  aux  danses. 

SCHÉMA.  On  trouve  quelquefois  ce  mot  employé 
pour  remplacer  celui  de  chorégraphie,  c'est-à-dire  im- 
pliquant l'idée  d'une  figuration  écrite  de  signes,  de  plan 
descriptif;  il  fut  parfois  employé  pour  indiquer  une  sur- 
face sur  laquelle  des  lignes  graphiques  étaient  tracées 
en  représentant  des  mouvements  de  jambes  et  de  pieds. 
Ce  mot  ne  peut  remplacer  celui  de  chorégraphie,  mais 
peut  donner  une  idée  générale  des  figures  ou  dessins 
tracés  dans  la  chorégraphie. 

SCIAMACHIE.  Nom  d'une  sorte  de  pyrrhique  indi- 
quant le  combat  d'un  danseur  avec  des  ombres. 

SCIROPHORIES.  Fêtes  dansées  dont  on  ne  trouve 
aucun  document,  le  nom  seul  et  sa  consécration  à 
Minerve  restent. 

SCOTTISH  OU  SCHOTTICH.  Les  deux  noms  de  cette 
danse  accusent  deux  origines,  l'une  anglaise,  scottish, 
et  l'autre  allemande,  schoUich.  Danse  moderne  intro- 
duite à  Paris  vers  1849,  quelques  années  après  la  polka 


SCO  339 

dont  elle  est  un  dérivé.  Les  Anglais  la  sautent  en  la 
dansant,  et  les  Allemands  la  glissent  en  la  valsant.  Plu- 
sieurs modes  sont  usités  dans  la  pratique  de  cette  danse 
presque  délaissée  depuis  quelque  temps;  ces  modes 
différents  se  sont  suivis  à  tel  point  que  je  dois  les  rap- 
peler tous  sans  oublier  de  noter  celui  principalement 
usité  actuellement,  c'est-à-dire  convertir  le  pas  de  la 
scholtish  en  valse  à  deux  ou  à  trois  temps.  —  Premier 
mode.  Nota:  Gomme  dans  toutes  les  valses,  le  cavalier 
commence  le  pas  du  pied  gauche,  et  la  dame  du  droit  ; 
faire  un  pas  de  polka  complété  par  un  temps  sauté  sur 
le  pied  terminant  le  pas;  faire  un  second  pas  de  polka  et 
temps  sauté  sur  l'autre  pied;  sauter  deux  fois  sur  un 
pied,  deux  fois  sur  l'autre;  deux  fois  encore  sur  un  pied 
et  deux  fois  sur  Tautre.  On  recommence  ces  pas  avec  le 
même  pied  parti  le  premier.  La  musique  de  la  scottish 
est  en  quatre  temps  :  la  musique  doit  se  conformer  à 
deux  mesures  coulées  suivies  de  deux  autres  piquées  et 
détachées;  c'est  ainsi  qu'elle  peut  correspondre  faci- 
lement aux  pas  des  danseurs.  Sur  les  deux  premiers  pas 
de  polka,  cavalier  et  dame  ont  soin  d'étendre  lon- 
guement les  pas  qu'ils  font  sans  tourner,  se  dirigeant 
de  droite  à  gauche  une  fois,  et  de  gauche  à  droite  une 
seconde  fois.  Les  huit  temps  sautés  s'exécutent  en  tour- 
nant; ils  doivent  être  finis  en  se  retrouvant  sur  la  ligne 
circulaire  identique  à  celle  sur  laquelle  ils  ont  com- 
mencé. 

SCOTTISH  VALSÉE.  Dans  cette  scottish,  les  huit 
temps  sautés  sont  remplacés  par  quatre  pas  de  valse  à 
deux  temps.  Si  l'oreille  des  danseurs  est  assez  initiée  à 
la  mesure,  si  leur  souplesse  le  permet,  ils  peuvent  rem- 
placer la  valse  à  deux  temps  par  celle  à  trois  temps. 

SCOTTISH  AVEC  GALOP  ET  VALSÉE.  Les  deux 
premiers  pas  de  polka  sont  remplacés  par  quatre  chassés 
continus,  c'est-à-dire  faits  quatre  fois  avec  le  pied,  une 


UO  SEP. 

fois  d'un  côté;  ils  sont  recommencés  de  l'autre  côté  et 
suivis  de  quatre  pas  de  valse  à  deux  temps.  —  Nota  : 
Quand  par  hasard  l'orchestre  joue  une  scottish  dans  les 
bals,  il  est  d'usage  de  la  valser  entièrement  en  suppri- 
mant les  deux  premiers  pas  de  polka.  Bien  que  très 
gracieuse,  cette  danse  est  tombée  en  désuétude. 

SEGUEDILLAS  BOLEROS.  Danse  espagnole,  ainsi 
nommée  parce  qu'elle  est  dansée  en  tenant  une  guitare. 
C'est  le  boléro  dansé  sous  une  forme  plus  variée  par 
quatre,  six,  huit  personnes  avec  des  mouvements  rapides 
accompagnés  de  petits  sauts.  La  danse  est  très  populaire; 
ajoutons  que  Blasis  lui  prête  une  origine  maure  comme 
à  plusieurs  danses  espagnoles. 

SEILÉXOS.  Danse  laconique  du  genre  de  la  satyros 
(voir  ce  mot);  elle  n'en  différait  qu'en  ce  que  l'acteur 
représentait  Silène;  son  exécution  était  lente  et  difiicile. 

SERPENTIXE  (DAXSE).  Bien  que  cette  danse,  que 
l'on  devrait  appeler  danse  des  lumières,  ne  soit  en 
aucune  façon  du  domaine  de  l'art,  je  ne  puis  la  passer 
sous  silence.  Non  seulement  elle  captive  tous  les  regards 
aux  Folies-Bergère,  mais  en  Angleterre  les  dames  de 
la  société  la  pratiquent  dans  les  salons,  sous  le  nom  de 
danse  serpente.  Tantôt  en  valsant,  tantôt  en  boslon- 
nanl,  elles  font  prendre  aux  larges  plis  de  leurs  robes 
des  formes  aussi  variées  que  gracieuses.  Les  pas  de  la 
danse  ne  sont  rien,  tout  pour  les  danseuses  consiste  à 
donner  le  plus  de  grâce  possible  à  leurs  robes  en  les 
élargissant,  les  ramenant  devant  ou  derrière  et  même  en 
largement  les  étalant  sur  le  devant.  Toutes  les  danses, 
polkas,  valses,  polkas-mazurkas,  donnent  motif  à  ser- 
ponter  la  robe  et  la  danse.  Toutefois,  il  y  a  loin  de  cette 
façon  de  serpenter  la  danse  en  Angleterre  à  la  danse 
serpentine  introduite  en  France  jtar  Loïc  FuUer  aux 
Folies-Bergère,  il  y  a  à  peine  trois  ans. 


SER  3M 

Cette  danse  serpentine  consiste  en  un  enroulement 
d'étoffes  autour  de  la  danseuse  formant  les  dessins  les 
plus  capricieux.  Des  flots  de  lumière  électrique,  projetés 
de  tous  côtés  alternativement,  représentent  la  danseuse 
comme  une  fleur  à  laquelle  les  rayons  du  soleil  donnent 
instantanément  des  couleurs  variées  et  différentes.  Par 
le  talent  de  la  danseuse  et  par  la  science  de  l'électricité, 
Loïe  Fuller  est  arrivée  à  produire  des  effets  merveilleux. 

L'engouement  du  public  à  admirer  la  créatrice  de  ce 
nouveau  genre  de  danse  est  tel  que  des  imitatrices 
se  sont  produites  et  peut-être,  la  danse  serpentine 
fera-t-elle  école.  L'originalité  de  la  création  de  cette 
façon  d'interpréter  la  danse  mérite  d'être  conservée 
dans  les  annales  de  l'art  et,  en  nous  contant  son  histoire, 
notre  confrère  Charles  Fromentin  aura  bien  mérité  de 
tous  les  amateurs  et  de  tous  les  érudits  en  chorégra- 
phie. 

((  Née  à  Chicago,  il  n'y  a  guère  plus  de  vingt  ans 
(1893),  d'une  famille  riche  et  de  sens  pratique,  Loïc 
Fuller  aurait  pu,  comme  les  demoiselles  ses  compa- 
triotes, devenir  une  plantureuse  bourgeoise,  la  femme 
de  quelque  gros  et  opulent  marchant  de  salaisons.  Mais 
à  peine  avait-elle  passé  l'âge  des  robes  courtes,  que 
miss  Fuller  disait  adieu  à  sa  ville  natale  et  s'engageait, 
sans  rien  dire  à  personne,  dans  une  troupe  d'artistes 
nomades.  Jolie,  brune,  musicienne,  instruite  comme  un 
bas-bleu  et  douée  d'une  voix  magnifique,  elle  se  moquait 
bien  des  petits  triomphes  mondains.  Elle  aimait  mieux 
s'en  aller  de  ville  en  ville,  tantôt  jouant  l'opérette, 
tantôt  la  tragédie.  Ici,  soubrette  de  vaudeville;  là,  prima 
donna  de  grand  opéra. 

((  Un  matin,  dans  une  chambre  d'hôtel  de  je  ne  sais 
quel  pays  d'Amérique,  elle  reçut  soudainement  un 
cadeau  qui  devait  changer  sa  vocation  :  c'était  une  robe 
que  lui  envoyait  d'Extrême-Orient  une  amie  généreuse, 
tissu  merveilleux  de  finesse,  de  transparence,  d'éclat  et 
de  solidité.   Miss  Fuller,  tout  heureuse  du  riche  pré- 


342  SER 

sent,  s'enveloppa  des  plis  de  cetle  gaze  incomparable,  et 
dans  la  psyché  qui  faisait  face  à  la  fenêtre,  regarda 
combien  elle  paraissait  jolie  ainsi.  Mais  elle  était  bien 
longue,  cette  robe  ;  comment  faire  pour  la  soutenir?  Et 
prenant  une  ficelle  qui  traînait  sur  la  table,  Fuller  releva 
sous  sa  gorge,  toujours  ignorante  du  corset,  l'étolïe  traî- 
nante et  transforma  en  une  jupe  Empire  le  fouillis 
d'étoffe  lumineux.  Mais,  ô  surprise  !  tandis  qu'elle  se 
balance  devant  son  miroir,  dodelinant  de  la  tète,  soule- 
vant, avec  de  grands  gestes  lents,  les  plis  qui  l'enroulent, 
elle  voit  devant  elle  un  tableau  merveilleux.  Le  soleil, 
qui,  par  derrière,  éclaire  la  chambre  et  se  joue  dans  la 
gaze,  fait  surgir  sous  ses  yeux  une  apparition  exquise. 
Non,  non,  ce  n'est  plus  elle!  l'artiste  bohème  des  troupes 
en  tournée;  comme  la  Marguerite  de  Faust  sous  les 
bijoux,  elle  ne  reconnaît  plus  son  visage;  c'est  un  gra- 
cieux fantôme  qui,  dans  un  reflet,  est  là  devant  elle  et 
lui  sourit. 

((  Ce  jour-là  la  danse  serpentine  était  trouvée,  et  la 
chanteuse,  délaissant  les  théâtres,  ne  rêva  plus  qu'envo- 
lées de  jupes  dans  des  ruissellements  de  lumière.  » 

Mais  nous  ne  saurions  dire  que  par  la  suite  des  mésa- 
ventures ne  devaient  pas  se  produire,  et  ce  ne  fut  qu'à 
Paris,  aux  Folies-Bergère,  que  cette  artiste  (elle  a  droit 
au  titre)  reçut  la  récompense  de  son  travail  ;  elle  eut,  et 
elle  a  encore,  à  Paris,  plus  de  succès  que  ne  lui  en  pro- 
cura, à  New-York,  l'imprésario  américain. 

Parler  de  la  théorie  de  la  danse  serpentine  serait 
parler  des  projections  de  lumière  électrique  plus  que 
des  mouvements  ou  pas  chorégraphiques  :  poses,  atti- 
tudes, renversements,  ports  de  bras  constituent  seuls 
les  pas  de  cette  danse  avant  tout  lumineuse.  Inutile 
d'ajouter  que  la  grâce  en  est  l'élément  constitutif,  et 
que  la  souplesse  de  tous  les  membres  doit  égaler  la 
versatilité  des  ombres  projetées  par  les  flots  lumi- 
neux. Nous  voyons    maintenant   au  Cirque    la  danse 


SIC  3i3 

serpentine  exécutée  à  cheval,  et  l'effet  qu'elle  pro- 
duit est  plus  séduisant  encore  au  Cirque  qu'aux  Folies- 
Bergère. 

SICHTHARIS.  Danse  des  Grecs  classée  dans  les  danses 
privées  et  particulière  aux  Libyens  ;  elle  jouissait  chez 
eux  d'une  certaine  faveur;  les  auteurs  anciens  en 
parlent  très  peu. 

SICILIENNE.  Danse  d'origine  italienne  usitée  en 
Sicile  et  importée  en  France  vers  1850  sous  forme  de 
valse  par  le  professeur  Gawlikoski  (à  ce  que  l'on  disait), 
mais  je  crois  rester  dans  le  vrai  en  disant  que  ce  pro- 
fesseur composa  une  charmante  sicilienne  sans  se  pré- 
occuper de  l'antique  sicilienne  des  Italiens.  L'ancienne, 
très  répandue  en  Italie,  ressemblait  au  passe-pied  par 
ses  petits  pas  serrés,  croisés  et  dansés  très  gaiement 
sur  une  mesure  alerte  en  6/8. 

SICILIENNE  MODERNE.  On  dansa  vers  1850  une 
danse  appelée  ainsi  sous  forme  de  valse  due  à  l'auteur 
que  je  viens  de  nommer  et  composée  des  pas  suivants 
sur  une  mesure  en  6/8.  On  a  publié  plusieurs  airs  de 
sicilienne,  mais  aucun  ne  répond  à  la  danse  aussi  bien 
que  le  premier,  que  l'on  peut  appeler  air  original. 
Comme  dans  les  valses,  le  cavalier  commence  du  pied 
gauche  et  la  dame  du  pied  droit  :  deux  petits  battements 
sur  le  coude-pied,  un  dégagé,  un  fouetté  derrière  avec 
un  pied;  suit  un  dégagé  de  l'autre  pied  et  reprendre  le 
même  pas  de  l'autre  côté  avec  l'autre  pied.  On  tourne 
sur  la  seconde  partie  du  pas.  Cette  danse  vécut  à  peine 
un  an  ou  deux  à  Paris. 

SICIXNISTIC^E.  Nom  donné  chez  les  Romains  aux 
danseurs  qui  s'étaient  créé  une  grande  réputation  dans 
la  danse  sicinnis.  On  le  trouve  souvent  sans  pouvoir  se 
rendre  compte  de  son  étymologie  par  rapport  à  la  danse 


344  SIK 

et  Pollux  est  le  seul  auteur  sur  lequel  nous  puissions 
affirmer  la  signification  du  mot. 

SIKIMATIKÈ.  Nom  d'une  danse  privée  des  Grecs,  qui 
tient  son  nom,  d'après  Athénée,  du  citoyen  grec  Siki- 
malikè,  danseur  de  profession  et  inventeur  de  la  danse. 

SIKINNIS.  Les  Grecs  appelaient  ainsi  le  troisième 
genre  de  leurs  danses  théâtrales.  Le  poème  satyrique, 
dont  cette  danse  servait  d'ornement,  était  une  pastorale 
jouée  après  les  tragédies  et  dont  les  plaisanteries  cher- 
chaient à  faire  disparaître  la  gravité  de  la  tristesse 
répandue  par  l'action  sérieuse  de  la  pièce  représentée. 
La  sikinnis  répondait  à  notre  genre  trivial  interprété  par 
le  danseur  comique,  en  y  ajoutant  un  genre  satyrique. 
Le  Dictionnaire  de  Compan  fournit  des  détails  pleins 
d'intérêt  sur  ce  genre  de  danse  en  lui  donnant  le  nom 
de  pastorale,  improprement,  je  crois. 

((  La  pastorale  qui  succédait  à  la  tragédie  était  com- 
posée d'acteurs  travestis,  le  plus  souvent,  en  satyres  ou 
Silènes,  en  Ménandres  et  autres  personnages  sem- 
blables pris  dans  le  cortège  ordinaire  du  dieu  Bacchus; 
lesquels,  par  leurs  chansons  libres,  leurs  bons  mots, 
leurs  traits  satyriques  et  leurs  danses  grotesques 
tâchaient  de  dissiper  la  mélancolie  des  spectateurs.  » 

Les  mouvements  de  ces  danses  seraient  très  difficiles 
à  décrire,  car  ils  avaient  presque  toujours  pour  but  de 
caricaturer  tel  ou  tel  personnage  en  vue  dans  la  ville, 
dans  le  peuple  ou  dans  les  fonctions  publiques.  Chez 
les  Romains,  les  danseurs  de  Sikinnis  étaient  appelés 
atellanes  et  jouaient  des  pièces  identiques  à  celles  des 
Grecs;  on  donna  ce  nom  aux  danseurs  parce  que  le 
genre  de  danse  satyrique  vint  de  la  ville  d'Atella  en 
Toscane  où  elle  fut  représentée  pour  la  première  fois. 
La  sikinnis  devint  par  la  suite  tellement  licencieuse 
et  impudique  que  le  sénat  romain  se  vit  forcé  de  l'in- 
terdire. 


SOP  345 

SISONNE.  Temps  de  danse  sauté  et  très  usité  dans 
les  danses  de  ville  aux  premiers  ans  du  xviii"  siècle.  On 
le  dit  inventé  par  M"^  de  Maintenon  qui  l'exécutait  avec 
une  grâce  majestueuse;  c'est  du  reste  à  elle  que  nous 
devons  également  le  pas  de  zéphire.  Le  pas  de  sisonne 
s'exécute  ainsi:  placé  à  la  cinquième  position,  le  pied 
droit  devant,  pliez  les  genoux,  sautez  sur  le  pied  droit 
en  relevant  en  même  temps  le  pied  gauche  derrière  le 
mollet  droit  et  restez  plié.  Un  assemblé  termine  le  pas, 
afin  de  ne  pas  laisser  le  corps  reposer  sur  une  seule 
jambe.  Aussi  trouve-t-on  souvent  réunis  les  deux  pas  : 
sisonne  assemblé.  Si  un  pas  doit  suivre  le  sisonne,  la 
jambe  reste  élevée  et  l'assemblé  est  supprimé.  Le  pas  de 
sisonne  se  fait  en  avant  et  en  arrière,  selon  que  la  jambe 
est  élevée  par  devant  ou  par  derrière.  Outre  ce  sisonne 
simple,  on  fait  aussi  des  sisonnes  doubles  ou  battus  et 
des  sisonnes  développés.  Dans  les  premiers,  la  jambe 
élevée  vient  battre  une  ou  deux  fois  devant  ou  derrière 
celle  qui  supporte  le  corps,  après  le  saut.  Dans  les 
seconds,  la  jambe  reste  élevée  à  la  hauteur  de  la  hanche 
quand  le  sisonne  est  terminé.  Ce  dernier  sisonne  relevé 
sert  toujours  de  préparation  à  un  autre  pas  et  le  plus 
souvent  cà  une  pose  ou  à  une  attitude. 

SKIPHISMOS.  Danse  grecque  ancienne,  appelée  aussi 
xiphismos  de  ce  que  les  danseurs  en  l'exécutant  por- 
taient des  glaives  nus  dans  les  mains;  elle  était  classée 
dans  les  danses  militaires. 

SOPHIE  (LA).  Ancienne  contredanse  usitée  vers  1815 
et  composée  par  le  professeur  Marin  Pichon;  elle  était 
dansée  par  huit  danseurs,  cavaliers  et  dames  exécutant 
les  pas  ci-dessous  : 

Traverser  en  donnant  la  main  droite,  puis  revenir  en 
se  donnant  la  main  gauche;  balancer  avec  sa  dame  sans 
se  quitter  les  mains;  faire  une  demi-queue  de  chat, 
aller  en  avant  deux,  puis  faire  dos  à  dos;  aller  en  avant 

15. 


346  SWE 

quatre  et  par  la  chaîne  anglaise  revenir  à  ses  places.  La 
figure  était  continuée  par  les  autres  danseurs. 

SOTADES.  Nom  donné  chez  les  Romains  aux  mimes 
dont  les  railleries  les  plus  mordantes  déchiraient  les 
citoyens  dont  ils  représentaient  la  vie  et  les  actes.  On 
les  appelait  aussi  maronili,  du  nom  de  Maronite,  leur 
protecteur. 

SOTEIîIES  OU  STELNÈS.  Fêtes  grecques,  accom- 
pagnées de  danses  dans  lesquelles  on  cherchait  à  remer- 
cier Jupiter  comme  étant  le  conservateur  de  la  santé 
publique. 

SPHÉRISTIQUE.  La  sphéristique  comprenait  chez 
les  Grecs  tous  les  exercices  dans  lesquels  les  jeunes 
gens  se  servaient  d'une  balle;  elle  faisait  partie  inté- 
grante de  l'orchestrique.  Du  temps  d'Homère  elle  était 
déjà  très  en  honneur,  car  le  poète  en  fait  un  des  amuse- 
ments favoris  de  ses  héros.  On  peut  consulter  à  ce  sujet 
les  Mémoires  de  Burette  à  l'Académie  des  inscriptions 
et  belles-lettres,  ainsi  que  l'article  de  VEncyclopédie 
d'Alembert.  Tous  deux  sont  unanimes  à  louanger  la 
sphéristique  comme  étant  un  des  grands  ressorts  de 
l'éducation  physique. 

STATICULI.  Nom  donné  chez  les  Romains  à  des 
danseurs  pantomimes  dont  les  bras  seuls  agissaient 
pendant  que  les  jambes  restaient  inertes.  Cétaient  des 
sortes  de  momies  pantomimes. 

STROBILOS.  Nom  d'une  danse  grecque  empreinte, 
comme  son  nom  l'indiqué,  de  la  plus  grande  lascivité. 

SWEDICHT.  Danse  écossaise  fort  répandue  en  Angle- 
terre et  rapportée  en  France  depuis  quelques  années 
par  M"'^  la  duchesse  d'Uzès,  chez  laquelle  on  la  dansa 


SWE  347 

pour  la  première  fois.  Elle  a  beaucoup  d'analogie  avec  la 
danse  anglaise  de  Sir  Roger  de  Coverley,  mais  présente 
plus  d'entrain  et  d'animation.  Depuis  1881,  année  de  son 
introduction  chez  nous,  elle  n'a  cessé  d'être  pratiquée 
comme  divertissement  dans  les  bals  privés.  Elle  est 
dansée  par  un  nombre  indéterminé  de  couples  placés 
sur  deux  lignes  parallèles,  les  cavaliers  d'un  côté  et  les 
dames  de  l'autre,  chaque  cavalier  faisant  face  à  sa  dame. 
Tous  les  couples  exécutent  alternativement  la  figure 
faite  par  le  premier  couple. 

1"  Promenade.  Le  premier  cavalier,  donnant  la  main 
droite  à  la  main  gauche  de  sa  dame,  parcourt  rapidement 
l'espace  compris  entre  les  deux  lignes  de  danseurs  et 
revient  à  sa  place.  2°  Tours  de  mains.  Le  cavalier  donne 
le  bras  droit  au  bras  droit  de  sa  dame  et  tourne  un  tour 
avec  elle,  puis  tourne  de  la  même  manière  avec  la 
seconde  dame,  pendant  que  sa  dame  tourne  par  le  bras 
gauche  avec  le  second  cavalier;  le  premier  cavalier 
revient  tourner  par  le  bras  droit  avec  sa  dame,  puis  avec 
la  troisième  dame  et  sa  dame  avec  le  troisième  cavalier: 
ainsi  de  suite,  jusqu'à  ce  que  le  cavalier  ait  tourné  avec 
toutes  les  dames,  et  que  la  dame  ait  tourné  avec  tous  les 
cavaliers.  3°  L'arche.  Tous  les  danseurs  mettent  le  genou 
droit  à  terre  et  le  premier  couple  passe,  en  se  tenant  par 
la  main,  au-dessus  de  tous  les  danseurs  agenouillés  ;  il 
revient  ainsi  à  sa  place  primitive.  4°  Les  vagues.  Cava- 
liers et  dames  se  lèvent  et  se  donnent  les  deux  mains, 
chaque  danseur  avec  sa  dame  ;  ils  avancent  et  reculent 
plusieurs  fois,  pendant  que  le  premier  couple  passe  entre 
eux  en  avançant  et  en  reculant  jusqu'à  ce  qu'il  soit  arrivé 
à  l'extrémité  des  lignes.  Le  pont.  Tous  les  danseurs,  se 
tenant  toujours  par  les  mains,  les  élèvent  en  formant  un 
pont  sous  lequel  passe  le  premier  couple  pour  reprendre 
sa  place.  Chaîne.  Le  premier  cavalier  et  la  première 
dame  tournent  ensemble  par  la  main  droite  et  ensuite 
par  la  main  gauche  avec  tous  les  danseurs  l'un  après 
l'autre.  Le  cavalier  tourne  avec  sa  dame  par  le  bras  droit 


348  TAG 

et  avec  les  autres  dames  par  le  gauche.  Le  bras  droit  de 
la  dame  avec  son  cavalier  et  le  bras  gauche  avec  les 
autres.  Cette  figure  est  reproduite  par  tous  les  couples 
successivement.  La  danse  devrait  être  exécutée  sur  un 
air  spécial  qui  marque  le  mouvement  des  pieds  précipité 
et  le  moment  où  les  danseurs  agenouillés  frappent  dans 
leurs  mains  les  temps  de  la  mesure,  pendant  que  le 
couple  exécutant  la  figure  passe  au-dessus  d'eux.  Cette 
musique  originale  a  été  copiée  sur  le  thème  rapporté 
d'Angleterre  ou  d'Ecosse  (je  ne  le  sais)  par  M""'  la 
duchesse  d'Uzès,  et  le  compositeur  Signoret  en  a  fait  la 
transcription  ;  le  tout,  danse  et  musique,  a  été  publié 
en  1889  chez  Borneman. 

SY'BAlilTIKÈ.  Danse  grecque  usitée  dans  les  festins 
dans  laquelle  les  danseurs  simulaient  l'état  dans  lequel 
se  trouve  un  convive  dont  l'estomac  est  trop  chargé  de 
victuailles  et  la  tète  trop  échauffée  par  le  vin  de  Chypre 
(voir  Horace). 


TAGLIOM  (LA).  Danse  moderne  de  salon  composée 
par  M'"''  Marie  Taglioni,  issue  des  illustres  Taglioni  et 
danseuse  à  l'Opéra.  La  musique  est  de  Philippe  Slultz. 
La  taglioni  a  été  publiée  en  1861  chez  Heugel,  et,  malgré 
tout  le  succès  auquel  elle  avait  droit,  est  restée  dans  les 
cartons  de  l'éditeur.  La  composition  charmante  de  cette 
danse  méritait  un  sort  plus  heureux  et  c'est  le  moment 
d'accuser  les  danseurs  de  tout  sacrifier  à  la  valse. 
Musique  et  danse  de  la  taglioni  auraient  dû  attirer 
d'autant  plus  leur  attention  que  le  nom  de  l'auteur  cho- 
régraphique inspirait  une  confiance  légitime  et  légitimée. 

Théorie  de  la  taglioni.  La  taglioni  se  compose 
de  cinq  figures  comme  notre  quadrille,  et  est  exécutée 


TA  G  U9 

avec  des  pas  au  lieu  d'être  simplement  marchée.  Diffé- 
rents pas  de  la  taglioni:  La  première  figure  se  fait 
avec  le  pas  de  la  polka,  la  seconde  avec  le  pas  de  la 
polka-mazurka,  la  troisième  avec  le  pas  de  menuet,  qui 
s'exécute  ainsi:  1"' temps:  pliez  lentement  les  genoux  ; 
2'  temps  :  avancez  le  pied  droit  à  la  quatrième  position 
sur  la  pointe;  3'  temps:  ramenez  en  vous  relevant  le 
pied  gauche  à  la  troisième  position  derrière.  Ce  pas  se 
fait  en  avant,  en  arrière,  de  côté.  Le  pas  de  la  qua- 
trième figure  est  le  pas  de  la  valse  espagnole,  qui  se  com- 
pose de  trois  pas  marchés  sur  les  pointes  et  alternés  de 
chaque  pied  ;  il  se  fait  en  avant,  en  arrière  et  de  côté. 
Le  pas  de  la  cinquième  figure  est  celui  du  galop,  c'est- 
à-dire  des  chassés  continus  faits  avec  le  même  pied. 
Pour  tourner,  les  danseurs  font  les  chassés  alternés 
de  chaque  pied,  le  cavalier  les  commençant  du  pied 
gauche  et  la  dame  du  pied  droit.  —  Théorie  des  figures. 
4"  figure  (mouvement  de  polka)  :  Les  deux  couples  font 
un  tour  de  valse  entier  (16  mesures);  le  premier  cava- 
lier et  la  dame  de  vis-à-vis  font  un  tour  de  valse  au 
milieu  (4  mesures)  ;  ils  retournent  ensuite  à  leurs  places 
et  chacun  fait  un  tour  de  valse  avec  son  partenaire  (4  me- 
sures); même  figure  pour  le  second  couple  (8  mesures); 
le  cavalier  avec  sa  dame  valsent  en  passant  au  centre, 
pendant  que  l'autre  couple  se  sépare  en  tiroirs,  puis  il 
revient  à  ses  places  (16  mesures);  chaque  cavalier  prend 
avec  sa  main  droite  la  main  gauche  de  la  dame  de  vis-à- 
vis  et  lui  fait  faire  un  quart  d'évolution  en  la  faisant  passer 
devant  lui,  et  ainsi  de  suite  quatre  fois.  Chacun  doit  finir 
en  retournant  à  saplace  (16  mesures).  Les  deux  couples 
font  un  tour  de  valse  entier.  —  2"  figure  (mouvement 
de  polka-mazurka):  Introduction  (16  mesures)  et  révé- 
rences de  chaque  couple  à  sa  place.  Chaque  cavalier 
prend  de  sa  main  droite  la  main  gauche  de  sa  dame  et 
fait  avec  elle  un  demi-tour  de  promenade  ;  les  deux 
dames  rentrent  au  centre  en  se  donnant  la  main,  puis 
chaque  cavalier  fait  tourner  sa  dame  devant  lui  en  pivo- 


350  TAG 

tant  sur  place  (8  mesures);  en  avant  quatre  des  deux 
couples;  au  centre,  les  cavaliers  prennent  les  deux  mains 
des  dames  de  vis-à-vis  et  font  avec  elles  un  demi-tour  ; 
ils  reprennent,  de  la  main  droite,  la  main  gauche  de 
leurs  dames  et  les  font  passer  devant  eux  pour  finir  en 
places  (8  mesures).  La  même  figure  est  recommencée 
pour  reprendre  ses  places  (8  mesures).  Les  deux  couples 
font  le  moulinet  de  la  main  droite  et  demi-tour  de 
chaque  cavalier,  puis  chaque  dame  recule  aux  angles 
(•4  mesures).  En  avant  quatre  et  en  arrière  (4  mesures); 
moulinet  et  demi-tour  pour  reprendre  ses  places 
(4  mesures);  chaque  cavalier  avec  sa  dame  fait  un  tour 
de  polka  sur  place  (4  mesures);  même  figure  pour  la 
main  gauche  et  l'on  recommence  la  promenade  pour 
finir  (16  mesures).  —  3"  figure  (mouvement  de  menuet)  : 
Chaque  cavalier  prend  de  sa  main  droite  la  main  gauche 
de  sa  dame,  la  place  en  face  de  lui  et  tous  deux  font  une 
grande  révérence  ;  ils  font  un  quart  de  tour  pour  se  placer 
en  face  du  vis-à-vis  et  grande  révérence.  Chaque  cavalier 
prend  ensuite  de  sa  main  gauche  la  main  droite  de  la 
dame  de  vis-à-vis  et  fait  un  quart  de  tour  en  se  trouvant 
dos  à  dos  avec  l'autre  couple.  Les  quatre  danseurs 
reviennent  à  leurs  places,  grande  révérence  (13  me- 
sures). Chaque  couple  fait  un  balancé  sur  place;  en 
avant  quatre.  Chaque  cavalier  prend  les  deux  mains  de 
la  dame  de  vis-à-vis.  il  la  hït  passer  devant  lui  en  faisant 
un  quart  de  tour  et  balancé  sur  place.  Chaque  cavalier, 
main  gauche  dans  la  main  gauche  de  la  dame  placée  près 
de  lui,  la  fait  passer  devant  lui.  et,  prenant  de  sa  main 
droite  la  main  droite  de  la  dame  de  vis-à-vis,  la  recon- 
duit à  sa  place,  grande  révérence  (12  mesures).  Demi- 
chaîne  des  dames;  elles  finissent  en  face  du  cavalier  de 
vis-à-vis,  révérence;  demi-chaîne  des  dames  de  la  main 
gauche  à  son  cavalier,  révérence  (9  mesures).  Celte 
figure  doit  se  faire  avec  le  pas  de  menuet.  —  A"  figure 
(mouvement  de  valse  espagnole,  3/4):  Chaque  cavalier 
croise  les  mains  avec  sa  dame,  en  avant  quatre;  chan- 


TA M  351 

gement  de  dames  en  se  croisant  les  mains  avec  celles  de 
vis-à-vis  ;  les  cavaliers  seuls  changent  de  places  (8  me- 
sures) ;  on  recommence  la  même  figure  une  seconde 
fois  après  que  les  cavaliers  reviennent  à  leurs  places 
(8  mesures).  Demi-rond  :  chaque  cavalier  prend  de  sa 
main  gauche  la  main  gauche  de  sa  dame,  la  fait 
tourner;  les  dames  passent  au  centre  et  les  cavaliers 
reculent  en  conduisant  leurs  dames  sans  se  quitter  les 
mains  (16  mesures).  On  recommence  la  première 
figure  avec  les  mains  croisées  (16  mesures).  Demi- 
chaîne  des  dames,  tour  de  main  avec  le  cavalier  de  vis- 
à-vis,  fini  aux  angles;  les  dames  traversent  en  biaisant, 
croisent  les  mains  au  centre,  font  un  tour  en  revenant  à 
leurs  places  pour  croiser  avec  leurs  cavaliers  (16  me- 
sures). Nota  :  Si  ce  sont  quatre  dames  qui  dansent, 
les  deux  autres  répèlent  cette  dernière  figure;  sinon,  les 
deux  premières  dames  la  font  deux  fois.  —  5^  figure 
(mouvement  de  galop):  Introduction  (8  mesures).  En 
avant  quatre  et  en  arrière,  main  droite  dans  la  main 
gauche  de  la  dame  de  vis-à-vis,  quart  d'évolution,  demi- 
chaîne  anglaise  pour  revenir  à  ses  places  (8  mesures). 
Chaque  cavalier  un  quart  de  tour,  galop  en  valse  avec  sa 
dame;  demi-chaîne  des  dames  (-4  mesures);  second 
quart  de  tour  avec  la  dame  de  vis-à-vis;  demi-chaîne 
des  dames  (-4  mesures).  La  même  figure  une  seconde 
fois  pour  revenir  à  ses  places  (8  mesures)  ;  chaque 
cavalier,  avec  sa  dame,  fait  le  galop  en  avant  et  en 
arrière;  un  quart  de  tour  et  en  triangle  quatre  fois 
(16  mesures).  Demi-tour  de  galop  et  chaîne  anglaise 
(4  mesures).  Marche  des  quatre  danseurs  en  avant  et 
révérences  pour  finir.  La  taglioni  peut  être  dansée  par 
quatre  dames,  au  lieu  de  l'être  par  deux,  avec  deux 
cavaliers. 

TAMASCHA.  Danse  nationale  de  Mingrélie,  très  en 
honneur  dans  le  peuple;  elle  est  le  premier  bal  de 
l'année  et  revient  à  chaque  anniversaire.   On  la  trouve 


352  TAR 

citée  dans  un  aiiicle  du  Tour  du  monde,  intitulé  :  Une- 
visite  à  la  princesse  de  Mingrélie,  par  M""  Caria 
Serena. 

TAMBOURIN  (LE).  Ancienne  danse,  qui  fut  très  en 
vogue  sur  les  théâtres  du  xviii*  siècle.  L'air  en  deux 
temps  est  gai  et  sautillant;  il  est  spécialement  affecté  à 
la  danse.  Au  moment  où  les  flûtes  imitaient  l'ancien 
flûtet  des  Provençaux,  la  basse  marquait  très  fortement 
la  note  du  tambourou  (tambourin). 

TANTAC.  Nom  d'une  danse  malaise  usitée  à  Ceylan 
et  dans  quelques  îles  voisines.  Cette  danse,  ainsi  que 
les  instruments  qui  raccompagnent,  était  connue  dans 
la  Perse  et  dans  une  partie  de  l'Arabie.  Tout  le  corps 
entier  est  en  mouvement,  jusqu'aux  yeux  qui  brillent  et 
s'animent.  C'est  toujours  la  femme  qui,  parée  d'étoffes 
éblouissantes,  ouvre  la  marche  et  invite  successivement 
tous  les  hommes;  ceux-ci  lui  remettent  le  tribut  ou  solde 
d'usage  qu'elle  partage  avec  les  musiciens. 

TARENTELLE.  Danse  nationale  des  Napolitains;  on 
suppose  qu'elle  doit  son  nom  à  la  tarentule,  sorte  d'arai- 
gnée des  environs  de  Tarente,  dont  la  morsure  deman- 
dait les  plus  grands  soins.  La  vivacité  de  la  danse  serait 
en  rapport  avec  celle  de  l'animal.  La  tarentelle,  avec 
ses  airs  remplis  de  triolets  répétés,  électrisait  et  faisait 
évanouir  les  malades,  à  ce  que  prétendent  quelques 
auteurs.  C'est  ainsi  qu'en  parle  Dupaty  dans  ses  Lettres 
sur  V Italie.  Le  rythme  et  les  pas  sont  saccadés  et  vifs, 
avec  nombre  de  petits  battements  sur  le  cou-de-pied  et 
de  glissades  coupées.  Elle  est  exécutée  par  un  cavalier 
se  tenant  par  les  mains,  puis,  de  temps  à  autre,  se  sépa- 
rant et  se  poursuivant.  Compan  la  cite  sous  le  nom  de 
tarentule. 

TARENTELLE  DES   SALONS.  Danse  moderne.  En 


TEL  353 

4849,  M.  Michand,  professeur  de  danse  à  Londres,  com- 
posa et  importa  à  Paris  une  tarentelle-valse  à  l'usage  des 
salons;  musique  et  danse  étaient  fort  gracieuses,  mais 
trop  difficiles,  et  n'eurent  point  le  succès  mérité.  L'auteur 
avait  trop  présumé  des  talents  des  danseurs  de  ville,  qui 
déjà  commençaient  à  négliger  les  exercices  prélimi- 
naires de  la  danse.  Les  danseurs  tournaient,  avançaient, 
reculaient,  se  croisaient  obliquement  à  droite  et  à 
gauche,  ou  parallèlement  l'un  à  l'autre,  en  exécutant 
les  pas  suivants  :  1°  promenade  du  cavalier  conduisant 
sa  dame  par  la  main  et  faisant,  tous  deux,  trois  chassés 
alternés  de  chaque  pied;  temps  d'arrêt;  seconde  prome- 
nade et  second  temps  d'arrêt;  2"  huit  glissades  con- 
tinues du  même  pied  en  ligne  oblique  et  parallèle  à  l'un 
des  côtés  du  salon  sur  la  droite  ;  de  même  ensuite  sur 
la  gauche  ;  3°  valse  avec  le  pas  de  zéphire  (voir  ce  mot 
à  la  lettre  Z);  A"  glissades  coupées  suivies  de  deux 
petits  battements  sur  le  cou-de-pied.  Placé  à  la  troi- 
sième position,  le  pied  droit  devant;  glissez  ce  pied  à  la 
deuxième  position  à  droite,  ramenez  vivement  le  pied 
gauche  à  la  troisième  position  derrière  sur  la  pointe  ; 
restez  un  temps  ainsi  placé;  glissez  ensuite  le  pied 
gauche  à  la  seconde  position  et  ramenez  vivement  le 
droit  sur  la  pointe  à  la  troisième  position,  et  restez  un 
temps  d'arrêt.  On  répète  ce  pas  sur  place  plusieurs  fois 
de  suite  et  on  le  tourne  après;  5"  les  chassés  alternés 
comme  au  commencement  de  la  tarentelle. 

TCHIX(îUÉ.  On  appelle  ainsi  chez  les  Turcs  les 
danses  par  lesquelles  on  termine  les  divertissements  des 
noces  ;  le  nom  de  ces  tchingué  leur  vient  du  mot  tching, 
harpe,  au  son  de  laquelle  elles  sont  dansées.  Les  filles 
jouissent  d'une  grande  réputation  de  grâce  et  d'habileté 
dans  leurs  mouvements  en  imitant  par  des  cliquetis  le 
bruit  des  castagnettes. 

TÉLÉSIAS.  Danse  guerrière  très  en  honneur  chez  les 


354  TOM 

Grecs  anciens  et  citée  par  beaucoup  d'auteurs   comme 
danse  pyrrhique. 

TEMPS.  On  appelle  en  danse  un  temps  un  mouve- 
ment de  jambe,  la  partie  d'un  pas;  le  temps  est  simple 
ou  composé,  suivant  qu'il  comporte  plusieurs  mouve- 
ments. En  mesure,  le  temps  indique  les  divisions  de  la 
mesure,  et  on  entend  par  temps  fort  celui  qui  com- 
mence cette  mesure. 

TÊTARD  (LE).  Nom  d'une  ancienne  contredanse 
française  usitée  dans  les  campagnes;  le  nom  seul  en  est 
resté. 

THER3IASTRIS.  Danse  guerrière  des  anciens  Grecs, 
qualifiée  de  furieuse  par  Athénée.  Les  danseurs,  bras 
nus  jusqu'aux  épaules,  agitaient  de  longues  épées  et  des 
haches  au  son  de  la  flûte.  Il  ne  faut  pas,  dit  Angénor, 
dans  ses  Fêtes  et  Courtisanes  de  la  Grèce,  confondre 
cette  danse  avec  la  kibustèse  et  le  xiphismos,  car  dans 
la  thermastris  les  danseurs  tenaient  longtemps  la  tète 
baissée  et  faisaient  des  gestes  lascifs.  Ils  roulaient  en 
cercle  leurs  cheveux  pendants,  se  mordaient  les  muscles 
et  finissaient  par  se  déchirer  eux-mêmes  les  bras  avec  le 
fer  dont  ils  étaient  armés. 

THIROCOPICOX.  Danse  tragique  des  Grecs  anciens, 
semblable  à  celle  appelée  kroustyron. 

TITAXÈS.  Danse  guerrière  des  Grecs,  qui,  suivant 
Lucien,  représentait  le  combat  et  la  défaite  des  Titans. 

TOMBÉ  (PAS).  Nom  d'un  temps  de  danse  usité  dans 
la  danse  de  théâtre  et  précédant  souvent  les  pas  et  les 
attitudes.  On  l'exécute  en  s'élevant  primitivement  sur  la 
pointe  d'un  pied  et  en  pliant  ensuite  les  genoux  et  res- 
tant sur  les  genoux  plies.  Pour  le  faire  avec  le  pied  droit, 


TON  355 

poser  le  corps  sur  la  jambe  gauche  et  écarter  la  jambe 
à  la  seconde  position,  ramener  après  le  pied  droit  à  la 
cinquième  position  derrière.  L'inverse  est  fait  si  le  pas 
est  commencé  du  pied  gauche.  Ayant  été  anciennement 
employé  dans  les  danses  appelées  gaillardes,  on  le  ren- 
contre quelquefois  nommé  pas  de  gaillarde. 

TOIVADILLAS.  Nom  d'une  danse  espagnole  du  genre 
des  boléros;  très  vive,  passionnée  et  tournée  rapidement 
par  une  dame  et  un  cavalier. 

TOXGA  (LA).  Danse  tirant  son  nom  des  habitants  de 
l'île  de  Tonga  qui  s'y  adonnent  avec  frénésie.  Cook  en 
donne  une  très  intéressante  description  dans  le  récit 
d'une  fête  donnée  parle  roi  Fineau  :  c(  Le  concert  durait 
depuis  environ  un  quart  d'heure,  lorsque  vingt  femmes 
entrèrent  dans  l'arène.  La  plupart  d'entre  elles  avaient 
la  tête  ornée  de  fleurs  cramoisies  de  la  rose  de  Chypre  ; 
quelques-unes  étaient  parées  de  feuilles  d'arbres  très 
habilement  découpées.  Elles  formèrent  un  cercle  ajtour 
des  messieurs,  le  visage  tourné  de  leur  côté,  et  chan- 
tèrent un  air  auquel  ceux-ci  répondirent  sur  le  même 
ton.  Pendant  ce  temps,  les  femmes  accompagnaient  leurs 
chants  de  mouvements  très  gracieux  et  en  faisant  un  pas 
en  avant  et  en  arrière.  Peu  après,  elles  se  tournèrent 
vers  l'assemblée  et  chantèrent  pendant  quelque  temps, 
puis  se  retirèrent  lentement  à  l'endroit  de  l'arène  opposé 
à  celui  des  spectateurs.  Il  s'en  détacha  alors  une  de 
chaque  côté  qui  se  rencontrèrent,  passèrent  l'une  devant 
l'autre  et  continuèrent  à  tourner  autour  de  l'arène  jus- 
qu'à ce  qu'elles  aient  rejoint  leurs  compagnons.  Celles- 
ci  rendues  à  leurs  places,  quatre  autres  de  chaque  côté 
passèrent  aussi  l'une  devant  l'autre  et  allèrent  s'asseoir; 
mais  les  deux  premières  étaient  restées  à  l'endroit  où 
elles  se  trouvaient  et  furent  rejointes  l'une  après  l'autre 
par  la  troupe  entière  qui  forma  un  nouveau  cercle  autour 
des  musiciens.  Bientôt  la  danse  prit  un  caractère  plus 


356  TOU 

vif  :  les  danseuses  faisaient  des  espèces  de  demi-tour  en 
sautant;  elles  battaient  des  mains,  faisaient  claquer  leurs 
doigts  et  répétaient  quelques  mots  avec  le  chœur  des 
musiciens.  Comme,  vers  la  fin,  la  vitesse  de  la  mesure 
allait  toujours  en  augmentant,  leurs  gestes  et  leurs  atti- 
tudes variaient  avec  une  vélocité  et  une  rapidité  éton- 
nantes. Peut-être  on  aurait  pu  se  plaindre  de  la  modestie, 
mais  il  nous  parut  que  les  danseuses  avaient  plutôt  en 
vue  de  nous  montrer  leur  souplesse  qu'autre  chose.  Ce 
ballet  de  femmes  fut  suivi  d'un  autre  exécuté  par  quinze 
hommes  et  dans  le  même  caractère,  mais  avec  des  gestes 
différents  des  femmes  :  tantôt  s'inclinant  à  droite  ou  à 
gauche,  tantôt  levant  une  jambe  pour  ne  se  tenir  que  sur 
l'autre  seule.  A  certains  moments,  ils  accéléraient  la 
danse  en  battant  la  mesure  avec  les  mains  et  en  tré- 
pignant des  pieds.  Le  ballet  dura  environ  une  demi- 
heure.  » 

TORDIOX.  Ancienne  danse  usitée  au  moyen  âge  et 
dont  le  nom  répond  peu  aux  mouvements  dansés.  Le 
Dictionnaire  de  Trévoux,  sur  lequel  Feuillet  doit  avoir 
pris  la  définition  qu'il  donne  dans  sa  Chorégraphie,  cite 
le  tordion  en  disant  :  «  Tordion,  terme  de  danse  ;  c'est 
le  nom  qu'on  donnait  à  une  ancienne  danse  qui  se  dan- 
sait avec  une  mesure  ternaire  après  les  basses  danses 
et  sur  le  retour  ;  elle  en  faisait  comme  la  troisième 
partie.  Antiquus  saltandi  motus,  torqualio  dictus. 
C'était  une  sorte  de  gaillarde  assez  semblable  avec  elle, 
sinon  que  le  tordion  se  dansait  par  bas  et  terre  à  terre 
d'une  manière  légère,  tandis  que  la  gaillarde  se  dansait 
en  s'élevant  de  terre.  » 

TOUR  EIV  L'AIR.  Nom  d'un  pas  de  danse  nouvelle- 
ment introduit  dans  la  danse  théâtrale  et  consistant  à 
tourner  une  ou  plusieurs  fois  le  corps  après  avoir  pris 
son  élan  pour  sauter  et  avant  de  retomber  à  terre.  Les 
amateurs  sensés  de  danse  théâtrale  trouvent  que  ce  pas 


U  A  357 

appartient  plutôt  à  l'acrobatie  qu'à  la  chorégraphie;  je 
partage  en  tout  point  leur  avis,  car  la  grâce,  dans  ces 
tours,  est  remplacée  par  l'adresse  et  l'agilité,  ce  qui, 
dans  l'art  de  la  danse,  est  insuffisant.  Souple  et  gra- 
cieux, pour  un  danseur,  mais  jamais  hercule  ou  gym- 
naste. 

TOXADARICES.  Nom  donné  chez  les  Grecs  à  des 
fêtes  dansantes  et  chantantes  en  l'honneur  de  Toxaris  ; 
fêtes  locales,  elles  sont  peu  connues. 

TRACKTROS.  Ancienne  danse  militaire  des  Grecs, 
très  goûtée  des  Thraces,  si  nous  en  croyons  Athénée. 

TRAGIQUE  (DAXSE).  Les  Grecs  avaient  trois  genres 
de  danses  ;  tragiques,  comiques  et  satyriques.  Le  genre 
tragique  était  représenté  par  la  danse  emmélie,  à  la- 
quelle Platon  a  décerné  les  plus  grands  éloges.  Elle  était 
à  la  fois  noble,  grave,  majestueuse  et  admirée  de  tous 
les  Grecs.  Ferdinand  Foucque  a  laissé  sur  l'emmélie 
une  étude  aussi  intéressante  que  celle  qu'il  a  écrite  sur 
la  pyrrhique  dans  la  Revue  européenne  citée  au  mot 
Pyrrhiqiie.  Les  amateurs  de  l'art  ancien  me  remercieront 
de  les  renvoyer  au  numéro  cité  plus  haut  à  la  Danse 
pyrrhique. 

TRANSSAHARIEN  (LE).  Quadrille  moderne  de  salon 
qui  n'a  jamais  franchi  les  portes  des  salons  parisiens, 
et  que  je  ne  dois  rappeler  que  comme  curiosité  plus 
bibliographique  qu'artistique.  Le  transsaharien  a  été 
composé  par  M.  Chardonneret,  professeur  à  Orléans,  et 
qui,  pour  tenter  son  succès  à  Paris,  le  dédia  à  M.  Clé- 
ment, professeur  de  danse  et  successeur  de  Renausy. 

Le  quadrille  est  composé  de  cinq  figures;  le  couple 
conducteur  prend  le  n"  1  ;  son  vis-à-vis,  n"  2;  celui  de 
droite,  n"  3;  et  celui  de  gauche,  n"  4-  —  1"  figure  :  L'Al- 
gérie, i"  mouvement.  Les  tiroirs  :  Les  cavaliers  et  les 


358  TRA 

dames  des  couples  n"'  1  et  2,  main  droite  à  main  gauche 
h  leurs  dames,  avancent  l'un  vers  l'autre;  le  couple  n"  1 
se  quitte  les  mains  pour  laisser  passer  le  couple  n°  2  au 
milieu;  par  ee  mouvement,  les  deux  couples  changent 
de  places.  Cavaliers  et  dames  se  tournent  le  dos.  Dans  le 
même  moment,  les  couples  n"'  3  et  4,  sur  les  troi- 
sième et  quatrième  mesures,  font  un  chassé-croisé,  les 
cavaliers  à  droite  en  passant  derrière  les  dames,  et  les 
dames  à  gauche  devant  les  cavaliers.  Le  cavalier  n"  1, 
tour  de  main  gauche  avec  la  dame  n"  4;  la  dame  n"  1, 
tour  de  main  avec  le  cavalier  n"  3;  le  cavalier  n"  2,  tour 
de  main  gauche  avec  la  dame  n"  3  et  la  dame  n"  2  avec 
le  cavalier  n"  4  (8  mesures).  Recommencer  le  même 
mouvement  pour  le  retour  des  couples  n"'  1  et  2  à  leurs 
places.  Celte  fois,  c'est  le  couple  n°  1  qui  passe  au  milieu, 
le  couple  n°  2  se  quitte  les  mains  pour  le  laisser  passer. 
Dans  le  même  moment,  les  couples  n"'  3  et  4  font  un 
chassé-croisé  en  sens  contraire;  le  cavalier  n"  1,  tour 
de  main  droite  avec  la  dame  n°  4;  la  dame  n"  1,  tour  de 
main  gauche  avec  le  cavalier  n"  3;  le  cavalier  n°  2,  tour 
de  main  droite  avec  la  dame  n"  3;  et  la  dame  n"  2, 
tour  de  main  gauche  avec  le  cavalier  n"  4  (8  mesures). 
2''  mouvement  :  la  chaîne  continue  des  dames,  main 
eauche  et  main  droite  (8  mesures).  3'  mouvement. 
Demi-promenade  et  demi-chaîne  anglaise  pour  revenir  à 
ses  places  :  Les  couples  qui  figurent  ensemble  avancent 
l'un  vers  l'autre  et  se  quittent  les  mains  pour  laisser 
passer  les  dames  au  milieu  et  se  rejoignent  après  (8  me- 
sures). Recommencez  la  figure  une  deuxième  fois  pour 
les  couples  n"'  3  et  4  (32  mesures).  —  2°  figure  :  Le 
Sahara.  1"  mouvement.  Rond  des  dames  :  Les  quatre 
dames  avancent  au  centre,  révérences  (4  mesures);  elles 
se  donnent  les  mains  et  tournent  à  gauche.  Ce  rond 
terminé,  les  dames  font  face  à  leurs  cavaliers  (4  me- 
sures); cavaliers  et  dames  font  un  chassé-croisé  à  droite 
et  à  gauche  (4  mesures);  tour  de  main  droite,  chaque 
cavalier  avec  sa  dame  (4  mesures).  2*  mouvement.  La 


TRA  359 

chaîne  brisée  :  Les  quatre  couples,  main  droite  à  main 
droite,  partent  par  la  droite,  les  cavaliers  passant  en 
dedans  et  les  dames  en  dehors.  Les  cavaliers,  tour  de 
main  gauche  avec  la  dame  de  droite;  main  droite  à 
main  droite  à  leurs  dames  en  passant  en  dehors  (8  me- 
sures). Observation  :  On  remarquera  que  les  dames 
font  le  même  mouvement  que  les  cavaliers,  mais  en  sens 
contraire.  3"  mouvement.  Le  rond  des  cavaliers  :  Les 
quatre  cavaliers  avancent,  salut  (i'  mesures);  ils  forment 
un  rond  et  tournent  à  droite,  et  font  face  à  leurs  dames 
(4  mesures).  A"  mouvement.  La  chaîne  brisée  :  Les  quatre 
couples,  main  gauche  à  main  gauche,  partent  par  la 
droite,  les  cavaliers  en  dehors,  les  dames  en  dedans; 
main  droite,  main  gauche,  comme  dans  la  grande  chaîne 
(8  mesures).  Même  observation  que  pour  le  second  mou- 
vement. La  théorie  s'exécute  une  fois  et  la  musique  deux 
fois.  —  3"  ligure  :  Le  Soudan.  1"'  mouvement.  La  rosace, 
main  gauche  et  tour  de  main  droite  :  Les  quatre  cava- 
liers, main  gauche  à  main  gauche  à  leurs  dames,  les 
font  passer  au  centre  comme  pour  le  moulinet,  mais 
elles  ne  se  donnent  pas  la  main  et  restent  éloignées 
l'une  de  l'autre  (2  mesures)  ;  cavaliers  et  dames  se 
quittent  les  mains  et,  se  faisant  face,  font  ensemble  un 
chassé-croisé  sur  la  gauche;  par  là,  les  dames  qui 
étaient  au  centre  se  trouvent  en  dehors  et  les  cavaliers 
en  dedans  (2  mesures)  ;  après  ce  chassé-croisé,  tour  de 
main  droite  pour  tous  les  couples  ;  les  cavaliers  re- 
viennent au  centre  (4  mesures);  exécuter  successive- 
ment quatre  fois  ce  mouvement  avec  toutes  les  dames, 
afin  que  dames  et  cavaliers,  par  le  dernier  tour  de 
main,  reviennent  à  leurs  places  (32  mesures).  2"  mou- 
vement. La  rosace,  main  droite  et  tour  de  main  gauche  : 
Les  quatre  dames,  main  droite  à  main  droite  à  leurs 
cavaliers,  les  font  passer  au  centre,  ils  restent  éloignés 
(4  mesures);  dames  et  cavaliers  se  quittent  les  mains  et, 
se  faisant  face,  font  ensemble  un  chassé-croisé  vers  la 
droite;  les  cavaliers  se  trouvent  alors  en  dehors  et  les 


360  TRA 

dames  en  dedans  (2  mesures);  après  le  chassé-croisé, 
tour  de  main  gauche  (i  mesures)  ;  les  dames  se  retrouvent 
en  dedans  et  les  cavaliers  en  dehors  (4  mesures).  Exé- 
cuter le  mouvement  successivement  quatre  fois  avec  les 
cavaliers  afin  de  revenir  à  ses  places  (3:2  mesures).  La 
théorie  s'exécute  une  fois  et  la  musique  deux  fois.  — 
4*  figure  :  Le  Sénégal.  1''  mouvement.  La  corbeille, 
main  droite  à  main  gauche  :  Les  quatre  couples,  les 
cavaliers,  main  droite  à  main  gauche  à  leurs  dames  ;  les 
cavaliers,  sans  quitter  leurs  places,  font  passer  les  dames 
devant  eux,  saints  et  révérences  (4  mesures);  les  cava- 
liers font  un  tour  de  main  droite  sur  place  avec  leurs 
dames  (4  mesures);  ce  tour  de  main  terminé,  les  dames 
forment  un  rond  en  se  donnant  les  mains  et  se  tournant 
le  dos;  elles  tournent  deux  tours,  pendant  que  les  cava- 
liers exécutent  une  promenade  en  dehors,  un  tour  seu- 
lement (8  mesures).  Quand  les  cavaliers  rencontrent 
leurs  dames  la  seconde  fois,  ils  donnent  main  droite  à 
main  droite  à  leurs  dames  et  main  gauche  à  main 
gauche  à  la  dame  leur  faisant  face  et  en  élargissant  le 
rond  (8  mesures).  Chaque  cavalier  fait  un  tour  de  main 
gauche  avec  la  dame  de  gauche,  terminé  en  donnant 
main  droite  à  main  gauche  à  sa  dame.  Grand  rond,  tous 
les  couples  se  faisant  face  ;  retour  des  couples  à  leurs 
places  (8  mesures).  i2'  mouvement.  La  corbeille,  main 
gauche  à  main  droite  :  Les  quatre  couples,  les  dames 
main  gauche  à  main  droite  à  leurs  cavaliers;  les  dames, 
sans  quitter  leurs  places,  font  passer  les  cavaliers  devant 
elles.  Saluts  et  révérences  (4  mesures);  les  quatre  dames 
font  un  tour  de  main  gauche  sur  place  avec  leurs  cava- 
liers (4  mesures);  les  cavaliers  forment  un  rond  en  se 
donnant  les  mains  et  se  tournant  le  dos;  ils  tournent 
deux  tours  sur  la  droite,  pendant  que  les  dames  exé- 
cutent une  promenade  autour  d'eux  (8  mesures);  les 
dames,  en  se  rencontrant  avec  leurs  cavaliers,  leur 
donnent  main  gauche  à  main  gauche  et  main  droite  à 
main  droite  au  cavalier  de  droite  leur  faisant  face,  et  en 


TRA  361 

élargissant  le  rond.  Après  ce  rond,  chaque  dame  fait  un 
tour  de  main  droite  avec  le  cavalier  de  droite,  terminé 
en  donnant  main  gauche  à  main  droite  à  son  cavalier. 
Grand  rond  et  retour  en  places  (8  mesures).  La  théorie 
s'exécute  une  fois  et  la  musique  deux  fois.  —  5°  figure  : 
Le  Transsaharien.  1"  mouvement.  La  promenade, 
quatre  couples  :  Les  cavaliers,  donnant  bras  droit  à  bras 
gauche  à  leurs  dames,  font  le  tour  du  quadrille  par  seize 
pas  marchés  (8  mesures).  2"  mouvement.  La  chaîne 
double,  les  couples  n°'  1  et  2  :  Les  cavaliers,  premier 
traversé  main  droite  à  main  droite  à  la  dame  de  vis-à- 
vis;  premier  croisé,  main  gauche  à  main  gauche  à  leurs 
dames  ;  deuxième  traversé,  main  droite  ta  main  droite  à 
la  dame  de  vis-à-vis;  deuxième  croisé,  main  gauche  à 
main  gauche  à  leurs  dames  ;  retour  en  place  (8  mesures)  ; 
même  mouvement  pour  les  couples  n"'  3  et  4  (8  mesures). 
3"  mouvement.  En  avant  huit  et  demi-promenade  :  Les 
quatre  cavaliers,  main  droite  à  main  gauche  à  leurs 
dames,  avancent  avec  elles  au  centre;  saints  et  révé- 
rences; reculer  à  ses  places.  Demi-promenande  en 
cercle,  pour  changer  de  places  avec  le  vis-à-vis;  en  avant 
et  saints,  révérences  en  reculant  (16  mesures).  4"  mou- 
vement. Demi-moulinets  alternatifs  :  Les  quatre  dames 
partent,  se  donnent  main  droite  à  main  droite  en  croix, 
font  un  demi-moulinet,  donnent  main  gauche  à  main 
gauche  des  cavaliers  de  vis-à-vis,  qui  partent  à  leur  tour 
pour  faire  un  demi-moulinet.  Recommencez  une  seconde 
fois,  dames  et  cavaliers,  les  demi-moulinets  pour  le 
retour  en  places  primitives  des  couples  (16  mesures); 
recommencer  la  théorie  du  second  mouvement  par  la 
contre-partie.  Observation  :  On  peut,  à  la  volonté  des  dan- 
seurs, remplacer  les  pas  marchés  par  des  pas  de  galop. 
La  théorie  s'exécute  deux  fois  et  la  musique  quatre 
fois.  —  Chardonneret. 

TRAQUENARD.  Nom  d'une  ancienne  danse  française 
usitée  au  moyen  âge  ;  les  pas  en  étaient  grotesques  et  à 

16 


362  TRI 

peine  réglés  ;  la  danse  tire  son  nom  de  trac,  vieux  mot 
exprimant  l'allure  (Fune  haquenée. 

TRÉCHE.  Le  Dictionnaire  de  Compan  donne  ce  mot 
comme  titre  d'une  ancienne  danse.  Malgré  mes  recher- 
ches, je  ne  l'ai  jamais  rencontré. 

TRÉPUDIER.  Mot  souvent  employé  au  moyen  âge  au 
lieu  de  danser  ;  Boret  et  le  Dictionnaire  de  Trévoux  lui 
prêtent  cette  signification. 

TRÉAISAIVE  (LA).  Danse  italienne,  sorte  de  valse 
sautée,  très  répandue  en  Toscane;  elle  est  dansée  sur 
une  mesure  en  deux  temps  précipités  par  un  cavalier  et 
une  dame  se  tenant  par  la  main  ou  à  la  taille;  ses  pas 
rappellent  ceux  de  là  tarentelle. 

TRICOTET.  Nom  d'un  ancien  pas  de  danse  très  gai, 
et  composé  de  petits  temps  serrés  avec  les  deux  pieds 
portant  alternativement  de  la  pointe  au  talon.  C'était  le 
pas  favori  d'Henri  IV,  ce  qui  fait  dire  à  Despréaux  : 

Après  neuf  fois  vingt  ans  les  joyeux  tricotets 
Et  le  pas  d'Henri  IV  ont  orné  le  ballet. 

Le  même  nom  fut  donné  à  une  danse  composée  de  ces 
Iricolets;  elle  était  composée  de  quatre  couplets  sur  des 
airs  différents  dont  le  dernier  était  celui  d'Henri  IV  : 

Vive  Henri  IV!  vive  ce  roi  galant! 

Le  monarque  prenait  un  tel  plaisir  à  la  danser  que 
souvent  à  la  cour  on  l'appelait  :  la  danse  du  roi  Henri. 
Les  pieds  accentuaient  fortement  la  mesure  sur  les  mots 
boire  ei  battre  contenus  dans  la  chanson.  On  a  souvent 
intercalé  ces  tricotets  dans  les  anciens  ballets,  et  cela  à 
la  grande  joie  des  spectateurs. 

TRIHORY.  Ancienne  danse  française  très  magistrale, 


TRI  363 

saltatio  trichorica,  comme  l'appelle  le  Dictionnaire  de 
Trévoux  auquel  j'emprunte  les  notes  suivantes  :  «  Eu- 
trapel,  page  269,  dans  ses  contes  l'a  dit  trois  fois  plus 
magistrale  et  gaillarde  que  mille  autres,  en  sorte  que  la 
forme  de  sa  parole  et  de  sa  grâce  y  restent  prinz  et  engluez 
pour  demeurer  un  vrai  ravissement  d'esprit,  soit  à  la 
joie,  soit  à  la  pitié.  »  On  trouve,  dans  le  Dictionnaire 
de  l'ancienne  langue  française,  \e  mot  trihoris  comme 
signifiant  trois  fils  danseurs  de  passe-pieds. 

Thoinot-Arbeau  cite  un  trihory  de  Bretagne  qu'il 
appelle  branle  «  peu  ou  poinct  pratiqué  par  deçà  »;  il  en 
écrit  ainsi  la  tablature  : 

((  S'il  vous  advint  quelque  iour  de  le  dâcer,  ce  sera 
par  une  mesure  légère  binaire,  ainsi  queceste  tablature 
vous  le  monstrera  ;  ie  l'ay  autrefois  appris  à  dàcer  d'un 
ieune  Breston,  lequel  demeurait  avec  moi  escholier  à 
Poictiers. 

«  Tablature  des  mouvements  des  pas  en  le  dàçant:  pied 
gauche  largy  ;  pied  droit  approché;  pied  gauche  largy; 
pied  en  l'air  gaulcbe  ;  sault  à  gaulche  à  pies  ioncts;  pied 
en  l'air  gaulche  ;  pied  en  l'air  droict  ;  pied  en  l'air 
gaulche. 

«  Et  ainsi  vous  continuerez  en  répétant  les  mouve- 
ments comme  dessus.  En  lieu  des  trois  pies  en  l'air  qui 
sont  à  la  fin  du  trihory,  vous  vous  tiendrez  fermes  sur  le 
bout  de  vos  orteils  et  remuant  vos  talons  ioncts,  en 
lieu  de  marque  pied  gaulche,  remuerez  vos  deux  talons 
à  droicte  ;  remuerez  vos  deux  talons  à  gaulche, 
en  lieu  de  marque  pied  droict,  et  en  lieu  du  pied  en 
l'air  gaulche,  remuerez  vos  deux  talons  à  droicte  en 
levant  en  mesme  instant  vostre  pied  gaulche  en  l'air, 
et  affin  que  le  voyiez  plus  clairement  à  l'œil  ie 
vous  donneray  la  tablature  des  dernières  notes  ci- 
dessus.  » 

Gomme  on  peut  le  voir,  les  mouvements  de  talons 
joints  et  les  pieds  se  croisant  sont  identiquement  les 
pas  employés  dans  la  danse  de  l'anglaise. 


364  TRO 

TRIOMPHANTE  (LA),  Nom  d'une  ancienne  contre- 
danse française  composée  par  Blasis  et  recherchée  des 
salons  anciens.  Elle  était  composée  des  figures  suivantes 
par  quatre  couples  :  l"  chaîne  anglaise  à  quatre  ;  2"  même 
chaîne  pour  les  autres  ;  3"  les  cavaliers  l'un  après 
l'autre,  demi-balancé,  lour  de  main.  La  dame  ne  fait  le 
tour  de  main  que  pendant  2  mesures  seulement,  puis 
abandonnant  son  cavalier  et  s'avançant  au  milieu  du 
quadrille,  exécute  4  mesures  de  plus  et  retourne  à 
sa  place;  4"  le  dernier  cavalier  et  sa  dame,  balancé,  lour 
de  main  par  les  deux  mains;  5"  la  dame  quitte  son  cava- 
lier, s'avance  au  milieu  du  quadrille  et  fait  un  solo  pen- 
dant 8  mesures.  Tous  les  cavaliers  vont  en  avant,  se 
donnent  la  main,  entourent  la  dame  en  faisant  un  rond; 
la  dame  se  dégage  et  tous  les  cavaliers  retournent  à 
leurs  places.  Même  figure  pour  les  six  autres  danseurs. 

TRIPILI  OU  TRIPOLA.  Danse  espagnole  aussi  vive 
que  mouvementée  ;  on  la  danse  en  tenant  des  rubans  et 
en  s'accompagnant  avec  des  battements  de  mains  qui 
tiennent  lieu  de  castagnettes.  Le  danseur  et  la  danseuse 
tournent  plusieurs  fois  sur  eux-mêmes,  soit  ensemble, 
soit  séparément  ;  ils  recherchent  dans  leurs  costumes 
les  couleurs  les  plus  variées  et  les  plus  éblouissantes. 

TRISCONE  ET  TRESCOXE.  Sorte  de  valse  italienne 
sautée  et  tournée  comme  les  nôtres. 

TRIVELIX.  Compan  donne  ce  nom  à  tous  les  baladins 
et  bouffons  qui,  anciennement,  se  donnaient  en  spectacle 
public.  Le  nom  leur  viendrait  du  célèbre  Trivelin  de  la 
Comédie  italienne  qui  se  retira  pieusement  et  fut  enterré 
au  couvent  des  Grands-Augustins  ;  il  avait  été,  suivant 
la  rubrique  publique,  le  plus  grand  farceur  de  son 
temps. 

TROIZÉXIAKÉ.  Danse  ancienne  des  Grecs,  classée 


VAR  305 

parmi  les  danses  privées;  elle  était  principalement  en 
usage  chez  les  habitants  de  Trézène.  Athénée  l'appelle 
danse  de  famille. 


V 


YALAQUE  (LA).  Danse  particulière  aux  Valaques, 
comme  l'indique  son  nom,  et  ayant  beaucoup  de  rapport 
avec  la  hongroise  et  la  czarda.  On  la  suppose  l'ancienne 
danse  des  Daces  qui  occupèrent  jadis  la  Valachie.  Le 
mouvement  est  lent,  bien  cadencé  et  rythmé  avec  ori- 
ginalité. Les  danseurs  et  danseuses  espacés  les  uns  des 
autres  font  des  tours  à  droite,  à  gauche,  en  frappant  les 
pieds  à  terre  et  en  battant  des  mains.  Presque  tous  les 
Grecs  modernes  connaissent  lavalaque. 

VARIATION.  Ce  mot,  surtout  usité  dans  la  danse  de 
théâtre,  signifie  un  motif  de  danse  intercalé  dans  un 
ballet;  la  variation  est  surtout  réservée  aux  premiers 
sujets,  qui  souvent,  connaissant  leurs  ressources,  la  com- 
posent eux-mêmes.  C'est  le  plus  souvent  dans  ces  varia- 
tions que  les  danseuses  font  admirer  leur  talent;  Rosita 
Mauri  excelle  dans  les  siennes.  Le  regretté  Edouard 
Carré  savait  les  composer  avec  le  plus  grand  éclat  et  l'on 
peut  en  dire  autant  de  Saint-Léon  et  de  la  Cerrito.  Saint- 
Léon  a  laissé  dans  le  ballet  du  Violon  du  Diable  un  rôle 
ineffaçable  dans  les  souvenirs  de  la  danse  théâtrale, 
aussi  bien  comme  danseur  que  comme  maître  de  ballet. 

VARIÉTÉS  PARISIENNES  (LES).  Quadrille  moderne 
composé  par  la  Société  académique  des  professeurs  de 
danse  de  Paris,  artistes  de  l'Opéra,  avec  la  théorie  sui- 
vante. —  Théorie.  Ce  quadrille  s'exécute  â  huit  per- 
sonnes ;  le  couple  conducteur  prend  le  n"  1,  celui  de  vis- 


366  VAR 

à-vis  le  n"  3,  celui  de  droite  le  n"  !2,  et  celui  de  gauche  le 
n"  4.  Chaque  figure  se  danse  quatre  fois.  —  l''  figure  : 
L'invitation,  ^;a/sé'.  Le  couple  conducteur  avance  vers  le 
couple  de  droite  par  quatre  pas  terminés  par  un  salut 
(2  mesures)  et  revient  à  sa  place  par  quatre  pas  en  ar- 
rière. Même  figure  avec  le  couple  de  gauche  (i  mesures)  ; 
chaîne  anglaise  avec  le  couple  de  vis-à-vis  (8  mesures); 
valse  générale  (16  mesures).  —  2^  figure  :  L'étoile,  polka. 
Le  couple  conducteur  et  la  dame  de  vis-à-vis  en  avant  et 
en  arrière  (4  mesures),  terminé  se  faisant  face,  le  cava- 
lier à  sa  dame  et  la  dame  à  son  cavalier;  tous  les  quatre 
chassé  à  droite  (2  mesures);  puis,  par  un  tour  de  main  à 
gauche,  chaque  cavalier  se  trouve  à  la  place  de  sa  dame  et 
réciproquement  (2  mesures).  Le  cavalier  conducteur  et  la 
dame  de  vis-à-vis  recommencent  cette  figure  pour  chacun 
se  retrouver  à  sa  place  (8  mesures).  Les  quatre  couples 
par  deux  pas  de  polka  tournés  prennent  la  place  du 
couple  de  droite  (2  mesures);  balancent  en  avant  au 
centre  (2  mesures),  et  successivement  trois  autres  fois 
pour  compléter  le  tour  entier  (16  mesures).  — 3"  figure: 
Le  prisonnier,  valse.  Le  cavalier  conducteur  invite 
successivement  chaque  dame  pour  former  un  rond:  1"  de 
la  main  gauche  la  dame  de  gauche;  2°  de  la  main  droite 
la  dame  de  droite  ;  3"  de  la  main  gauche  la  dame  de 
droite,  et  A"  enfin,  faisant  un  tour  de  main  droite  avec 
sa  dame,  se  trouve  placé  au  centre  de  ce  rond  (8  me- 
sures). Les  dames  exécutent  un  tour  complet  à  gauche 
(4  mesures);  chaque  cavalier  venant  présenter  la  main 
droite  à  sa  dame,  chaque  couple  retourne  à  sa  place 
(4  mesures).  Les  quatre  couples,  les  cavaliers  donnant 
la  main  à  leurs  dames,  viennent  par  quatre  pas  de  valse 
marchés,  former  au  centre  un  carré  en  dos  à  dos  (4  me- 
sures), et  par  quatre  pas  tournés  reprennent  leurs  places 
(4  mesures).  Ce  mouvement  s'exécute  deux  fois  (8  me- 
sures). —  4'  figure:  L'alternante, polka-mazurka.  Le 
cavalier  conducteur  et  sa  dame,  par  un  tour  de  main, 
viennent  au  centre  (4  mesures);  puis,   simultanément 


VAR  367 

chacun,  exécutent,  le  cavalier  avec  le  couple  de  gauche 
et  sa  dame  avec  celui  de  droite,  un  demi-moulinet  à 
trois  (4  mesures)  ;  le  cavalier  et  sa  dame  en  avant  deux  au 
centre,  chassé  à  droite  sur  les  angles  et  tour  de  main 
gauche  pour  revenir  en  places  (8  mesures).  Le  couple 
conducteur  et  celui  de  vis-à-vis  traversent  à  la  place  l'un 
de  l'autre  par  quatre  pas  de  polka-mazurka  (4  mesures  ; 
puis  le  couple  de  droite  et  celui  de  gauche  traversent.de 
même  (4  mesures).  Recommencer  et  traverser  par  chaque 
couple  et  retour  en  places(8  mesures). — 5' figure  :  La  ro- 
sace, valse.  Le  cavalier  conducteur  et  la  dame  de  vis-à-vis, 
en  avant  et  en  arrière  (4  mesures)  ;  salut  de  la  dame  à 
son  cavalier  et  du  cavalier  à  sa  dame;  après  ce  salut 
tous  les  quatre  vont  en  arrière  former  deux  lignes  paral- 
lèles à  quatre  sur  les  côtés  (4  mesures);  les  dames 
avancent  au  centre  et  se  donnent  la  main  droite,  les  ca^ 
valiers  leur  donnent  la  main  gauche  (4  mesures);  balancé 
et  changement  de  dames  (16  mesures).  Les  quatre 
couples  forment  un  moulinet;  tous  balancent  sur  place 
sans  se  quitter  les  mains,  en  commençant  du  pied  gauche 
(2  mesures),  après  quoi  les  cavaliers  font  le  changement 
de  place;  les  dames  restent  au  centre;  après  trois  fois  ce 
mouvement,  les  cavaliers  étant  revenus  chacun  à  leurs 
dames,  tous  retournent  à  leurs  places  pour  commencer  la 
valse  (2  mesures).  Valse  générale  (16  mesures). 
Date  présumée  de  l'édition,  1869,  avec  le  titre  suivant  : 
Variétés  parisiennes,  nouveau  quadrille,  théorie  et 
musique  composées  par  la  Société  académique  des  pro- 
fesseurs de  Paris,  artistes  du  théâtre  de  l'Opéra.  Dépôt 
central  chez  M.  Benausg,  inspecteur  et  vérificateur  de  la 
Société;  salons  de  ses  cours  de  danse,  boulevard  Saint- 
Denis,  n"  2.  Chez  les  sociétaires  et  tous  les  éditeurs  de 
musique.  Pour  les  parties  d'orchestre,  chez  Margueritat, 
boulevard  Bonne-Nouvelle,  2. 

VARSOVIANA.  Danse  moderne  sous  forme  de  valse, 
composée  vers  1853  ou  1854  par  un  jeune  professeur 


368  VIL 

espagnol  qui  lança  sa  composition  dans  l'ancien  bal 
public  de  la  rue  de  la  Chaussée-d'Antin.  Francisco 
Alonso  écrivit  la  danse  et  la  musique  de  la  varsoviana 
ef  toutes  deux  produisirent  un  elïet  agréable  aux  yeux  et 
aux  oreilles.  Cette  danse  est  scandée  très  heureusement 
par  des  temps  d'arrêt  avec  poses  de  quatre  en  quatre 
mesures,  tantôt  sur  un  pied,  tantôt  sur  l'autre;  elle 
nécessite  une  musique  spéciale  indiquant  ces  temps 
d'arrêt. —  Théorie.  Un  cavalier  et  une  dame  se  tenant  à 
la  taille  font  huit  pas  de  polka  sur  une  mesure  en  trois 
temps  et  s'arrêtent  sur  le  pied  qui  a  commencé  le  pas; 
le  pied  gauche  pour  le  cavalier  et  le  droit  pour  la  dame  : 
en  s'arrêtant,  les  danseurs  allongent  la  pointe  du  pied 
de  côté  afin  de  mieux  déterminer  la  pose  du  temps 
d'arrêt.  Les  mêmes  danseurs  font  trois  fois  avec  le 
même  pied  les  trois  premiers  temps  de  la  polka-mazurka  ; 
temps  d'arrêt  et  pose  comme  ci-dessus;  ils  recom- 
mencent les  mêmes  pas  et  le  temps  d'arrêt  en  sens 
inverse.  Les  huit  pas  de  polka  sont  repris  et  suivis  des 
pas  de  polka-mazurka.  Chaque  reprise  comprend  8  me- 
sures ou  IG  si  l'on  veut  doubler  les  reprises.  La  mu- 
sique est  en  3/4,  mouvement  moderato. 

VENDANGES  (DANSE  DES).  Cette  danse,  qui  remonte 
à  la  plus  haute  antiquité,  est  la  même  que  celle  du 
pressoir  (voir  ce  mot). 

VILLANELLE.  Ancienne  danse  de  village  dont  la 
musique,  écrite  en  deux  temps,  était  très  gaie  et 
rappelait  les  branles  du  Poitou.  Étant  souvent  chantée, 
elle  avait  ordinairement  un  couplet  servant  de  thème 
original  et  revenant  à  chaque  reprise  de  la  danse. 
Le  mot  vient  de  l'italien  rillanela,  qui  signifie  danse 
rustique,  et  en  même  temps  de  vilano,  en  espagnol  un 
paysan. 

VILLEIKA.  Valse  publiée  en  1849  par  un  danseur  de 


^'1V  'M]9 

bal  public  appelé  Duport  ;  aussi  n'a-t-elle  jamais  franchi 
les  portes  du  Casino  Cadet.  La  musique  est  en  deux 
temps  et  3  mesures  sont  nécessaires  à  l'exécution 
d'un  seul  pas.  Un  ballonné  devant  du  pied  gauche, 
un  second  du  pied  droit,  et  un  jeté  devant  du  pied 
gauche;  marquer  ensuite  le  pas  sur  place  deux  fois  à 
gauche,  deux  fois  à  droite.  On  tourne,  on  avance  ou  on 
recule.  La  dame  fait  les  pas  en  les  commençant  du  pied 
droit  et  le  cavalier  du  pied  gauche;  ces  pas  sont  alternés 
de  chaque  pied. 

VIRGINIE  (LA).  Nom  d'une  ancienne  contredanse 
composée  par  Blasis  pour  un  nombre  de  couples  indé- 
terminé avec  les  figures  suivantes  : 

1°  Balancé  pour  tout  le  monde;  2"  tour  de  main; 
3"  un  cavalier  seul  en  avant  et  en  arrière;  i"  même 
chose  pour  une  dame;  5"  demi-queue  de  chat;  G"  tout 
le  monde  en  avant  et  en  arrière;  7°  chassé  et  déchassé 
à  droite  et  à  gauche. 

VITO.  Danse  espagnole,  usitée  surtout  à  Séville  et 
ainsi  nommée  parce  que  les  danseurs  y  accumulent  les 
pas  les  plus  précipités. 

VITUS  (DAXSE  DE  SAIXT-).  On  appelle  ainsi  une 
sorte  de  contorsion  à  laquelle  sont  exposés  les  enfants 
de  dix  à  quatorze  ans.  G.  Hortius  raconte  avoir  parlé  à 
des  femmes  qui  se  rendaient  une  fois  par  an  à  la  chapelle 
de  Saint-Vitus près  d'Ulm,  où  elles  dansaient  nuit  et  jour 
jusqu'à  ce  qu'elles  tombassent  comme  en  extase  devant 
la  statue  du  saint. 

VIVAXDIÈRE  (LA).  Ancienne  contredanse  française 
en  usage  au  commencement  de  notre  siècle  et  composée 
par  le  professeur  Pichon.  Deux  ou  quatre  couples,  pla- 
cés par  vis-à-vis,  exécutaient  les  mouvements  suivants  : 
1°  chassé,  croisé  par  quatre;  2"  un  cavalier  fait  un  solo 

16. 


370  VOL 

pendant  8  mesures;  3°  second  solo  pour  la  dame;  4"" ba- 
lancé; 5°  tour  de  main;  6"  chaîne  des  dames;  7"  demi- 
queue  de  chat;  8°  demi-chaîne  anglaise.  La  contrepartie 
pour  les  autres. 

YOISIiXE  (LA).  Ancienne  contredanse  française  usitée 
vers  18:25,  1830;  elle  a  été  composée  par  Millot,  maître 
de  ballet  au  théâtre  de  l'Ambigu-Comique,  qui  à  cette 
époque  possédait  une  excellente  troupe  de  danseurs. 
Quatre  couples  exécutaient  alternativement  les  six 
figures  suivantes  :  1"  en  avant  deux  ;  2"  chassé  à  droite 
et  à  gauche;  3°  traversé;  4"  chassé  à  droite  et  à  gauche; 
5"  balancé  à  vos  dames;  6"  tour  de  main. 

VOLTE.  Nom  d'une  danse  du  moyen  âge,  danse  tour- 
née et  servant  d'origine  à  notre  valse.  Le  Dictionnaire 
de  Trévoux  et  VOrchésographie  nous  ont  laissé  des 
documents  pleins  d'intérêt  sur  cette  volte,  d'où  nous 
avons  fait  notre  valse  nationale,  documents  qui  nous 
permettent  de  réfuter  l'origine  allemande  trop  généra- 
lement accréditée.  Nous  lisons,  en  effet,  dans  le  Dic- 
tionnaire de  Trévoux  :  «  La  volte,  danse  dans  laquelle 
l'homme  fait  tourner  plusieurs  fois  sa  dame  et  lui  aide 
à  faire  un  saut  ou  une  cabriole  en  l'air.  Duoruni  in 
gyrum  saltatio.  C'est  une  espèce  de  gaillarde  qui  se 
dansait  comme  le  tordion  par  une  mesure  ternaire  et 
en  tournant  le  corps.  »  Voyez-en  la  citation  de  Thoinot- 
Arbeau  qui  me  viendra  encore  en  aide  pour  la  réfutation 
dont  je  viens  de  parler;  car  elle  prouve  que  la  voile 
n'est  pas  autre  chose  que  notre  première  valse  à  trois 
temps,  même  lorsque  les  bons  valseurs  la  détournent, 
c'est-à-dire  quand  ils  la  dansent  de  droite  à  gauche  au 
lieu  de  gauche  à  droite.  Thoinot,  comme  on  le  verra, 
motive  ce  changement  de  direction  par  le  danger  pour 
les  danseurs  de  s'étourdir  en  tournant  longtemps  sur  le 
même  côté.  Je  laisse  la  parole  à  Thoinot  :  «  La  volte  est 
une  espèce  de    gaillarde   familière    aux    Provençaux, 


VOL  371 

laquelle  se  danse  comme  le  tordion  par  mesure  ter- 
naire. Les  mouvements  et  pas  de  ceste  dàce  se  font  en 
tôrnàt  le  corps,  ei  consistent  en  deux  pas,  un  soupir 
pour  le  sault  maïeur  et  une  assiette  de  pies  ioncts, 
et  enfin  deux  soupirs  et  une  pause.  Pour  entêdre 
ce  que  debsuz,  soiez  par  ypothèse  de  front  devant  moy  à 
pies  ioncts;  faictes  pour  le  premier  pas  un  plié  en  l'air 
assez  court  en  saultât  sur  vostre  pié  gaulche,  et,  en  ce 
faisât,  me  monstrerez  vostre  doz.  Puis  faictes  le  sault 
maïeur  en  tôrnàt  vostre  corps  et  tombez  à  pies  ioncts; 
quoy  faisât  me  monstrerez  vostre  épaule  droicte.  Ainsi 
aurez  accompli  le  premier  tour.  » 

Le  dialogue  suit,  mais  abrégeons  et  passons  à  la 
réponse  d'Arbeau,  car  VOrchésographie  est  écrite  en 
forme  de  dialogue.  Arbeau  répond  : 

((  Qui  tôrnerait  tout  le  corps  ou  se  retreuverait  comme 
au  commencement  et  ne  bougerait-on  quasy  d'une  place. 
Après  ce  premier  tour  qui  est  de  trois  quartiers  de  corps, 
vous  ferés  au  second  tour  un  plié  en  l'air  pour  le  pre- 
mier pas  assez  court  comme  auparavant  en  saultât  sur 
vostre  pié  gaulche,  et  en  ce  faisât  me  monstrerez  vostre 
estomac;  puis  ferés  le  deuxième  pas  assez  long  sur 
vostre  pié  droict  sans  saulter,  et  ce  faisât,  me  monstrerez 
vostre  espaule  gaulche;  puis  ferés  le  sault  maïeur  en 
tôrnàt  vostre  corps  et  tomberés  en  pies  ioncts,  quoy 
faisât  me  monstrerez  le  doz.  Pour  le  troisième  tour  et 
cadance  ferés  plié  en  l'air  pour  le  premier  pas  assez 
court  en  saultât  sur  vostre  pié  gaulche  et  en  ce  faisât 
me  monstrerez  le  costé  droict.  Puis  ferés  le  deuxième 
pas  assez  long  sur  vostre  pié  droict,  sans  saulter,  en  ce 
faisât  me  monstrerez  l'estomac.  Puis  ferés  le  sault 
maïeur  en  tôrnàt  vostre  corps  et  tomberés  en  pies 
ioncts,  quoy  faisât  me  monstrerez  vostre  espaule  gaulche. 
Pour  le  quatrième  tour  et  cadance,  ferés  pié  en  l'air 
pour  le  premier  pas  assez  court  en  saultant  sur  vostre 
pié  gaulche,  et  ce  faisât  me  monstrerez  vostre  doz;  puis 
ferés  le  deuxième  pas  assez  long  sur  le  pié  droict^  sans 


372  VOL 

saulter,  ce  faisât  me  monstrerez  l'espaiile  droicte.  Puis 
ferés  le  sault  maïeur  en  tôrnât  vostre  corps  et  tomherés 
les  pies  ioncts,  quoy  faisât  me  monstrerez  l'estomac 
comme  vous  estiez  planté  au  commencement.  »  Plus 
loin  nous  trouvons  que  le  cavalier  et  la  dame,  au  lieu  de 
se  tenir  par  la  taille,  se  tenaient  par  les  mains  et 
même  pratiquaient  aussi  une  théorie  difficile  de  nos 
jours  : 

«  Quàd  voldrez  tôrner,  laissés  libre  lamaingauîche  de 
la  demoiselle  et  gettés  vostre  bras  gaulche  sur  son  doz 
en  la  prenât  et  serrtàt  de  vostre  main  gaulche  par  le  faulx 
du  corps  au-dessus  de  la  hanche  droicte,  et  en  mesme 
instant  getterés  vostre  main  droicte  au-debsoubz  de  son 
buse  pour  l'aider  à  saulter  quàd  la  pousserez  devant  vous 
avec  vostre  cuisse  gaulche.  Elle,  de  sa  part,  mestra  sa 
main  droicte  sur  vostre  doz  ou  sur  vostre  collet,  et  mestra 
sa  main  gaulche  sur  sa  cuisse  pour  tenir  ferme  sa  cotte 
ou  sa  robe,  affin  que,  cueillant  le  vent,  elle  ne  monstre 
sa  chemise  ou  sa  cuisse  nue.  Ce  faict,  vous  ferés  par 
ensemble  les  tours  de  la  volte  comme  ci-dessus  a  été 
dicl  :  et  après  avoir  tournoyé  par  tant  de  cadances  qu'il 
vous  plaira,  restituerez  la  damoiselle  en  sa  place  où  elle 
sentira  (quelque  bonne  contenance  qu'elle  face)  son 
cerveau  esbranlé,  plain  de  vertiges,  de  tournoyements  de 
teste;  el  vous  n'en  aurez  peult-être  pas  moins.  levons 
laisse  à  penser  si  c'est  chose  bien  séante  à  une  ieune  fille 
de  faire  grâds  pas  et  ouvertures  de  iambes,  et  si  en  ceste 
volte,  l'honneur  et  la  santé  n'y  sont  point  hasardez  et 
intéressez,  ie  vous  en  dis  mon  opinion.  » 

De  toute  cette  théorie  si  minutieusement  détaillée,  il 
ressort  évidemment  que  volte  et  valse  sont  synonymes 
dans  les  moindres  détails  de  la  théorie.  Ne  voyons-nous 
pas  chaque  jour  des  danseurs  de  valse  se  trouver 
étourdis?  Ne  voyons-nous  pas  des  demoiselles  retenir 
leurs  longues  robes  en  tournant?  Et  n'avons-nous  pas 
eu  longtemps  des  familles  chez  lesquelles  la  valse  fut 
interdite  aux  jeunes  filles?  Elles  n'avaient  le  droit  de 


WAL  373 


valser  qu'après  leur  mariage.  Je  parle  de  la  valse  <à  (rois 
temps,  car  celle  à  deux  temps  est  reconnue  d'origine 


russe. 


w 


WALSE  ET  VALSE.  Il  est  inutile  de  parler  du  suc- 
cès de  cette  danse,  qui  est  presque  la  seule  usitée  dans 
nos  bals;  toutes  les  danses,  polka,  scotlish,  même 
quadrille,  servent  de  prétexte  pour  valser.  Je  ne  revien- 
drai pas  sur  l'origine  française  de  la  valse;  j'ai  fourni 
tous  mes  arguments  au  mot  Volte  (voir  ce  mot).  Primi- 
tivement, le  mot  est  souvent  écrit  par  un  W,  mais  cette 
orthographe  a  depuis  longtemps  disparu.  Je  passerai 
sous  silence  les  articles  du  Dictionnaire  de  la  Con- 
versation^At  Couillet,de  Larousse,  qui  semblent  copiés 
l'un  sur  l'autre  et  propagent  une  erreur  contraire  à  la 
vérité  historique;  ces  ouvrages  ont  été  rédigés  en  trai- 
tant très  légèrement  les  questions  touchant  à  la  danse, 
et  les  articles  la  concernant  sont  loin  d'émaner  de  spé- 
cialistes. Je  pourrais  renvoyer  les  auteurs  de  ces  articles 
au  journal  la  Patrie  du  17  janvier  1882,  où  ils  pour- 
raient lire  que  la  volte  ou  valse  fut  dansée  dès  l'an  1178. 
((  Un  érudit,  dit  ce  journal,  vient  de  détruire  la  légende 
qui  attribuait  aux  Allemands  l'invention  de  la  valse. 
L'origine  de  cette  danse,  que  Murger  appelait  le  pas  de 
charge  de  l'amour,  serait  française.  La  valse  n'a  pas 
pris  naissance  en  Allemagne,  car,  d'après  un  manuscrit 
du  xii"  siècle,  elle  fut  dansée  pour  la  première  fois  à 
Paris  le  9  novembre  1178.  Elle  était  déjà  connue  en  Pro- 
vence sous  le  nom  de  volta;  le  chant  qui  l'accompagnait 
était  désigné  par  le  titre  de  pallada.  Elle  vint  de  Pro- 
vence à  Paris,  fut  à  la  mode  pendant  tout  le  xvi®  siècle 
et  fit  les  délices  de  la  cour  des  Valois.  Les  Allemands 


374  WAL 

l'adoptèrent  ensuite  et  la  voila  provençale  devint  la 
Waltzer  germanique.  »  L'un  des  poètes  de  la  Pléiade, 
dans  un  volume  qui  a  pour  titre  la  Volt  a,  raconte  ainsi 
l'origine  de  la  valse  :  «  Les  êtres  primitifs  étaient  nés 
androgynes;  Jupiter,  épouvanté  de  leurs  formes  mons- 
trueuses, sépara  les  deux  sexes.  Ainsi  dédoublés , 
l'homme  et  la  femme  dépérirent.  Vénus  prit  pitié  d'eux 
et  leur  enseigna  la  volta  qui  réunit  de  nouveau  les  deux 
êtres.  »  Après  cette  explication,  le  poète  s'efforce  d'imi- 
ter, dans  son  rythme,  le  tournoiement  des  valseurs  : 

Lors  de  bouquets  effleura  ses  cheveux, 
Et  ordonna  la  volte  de  Provence, 
Qui  est  encore  le  lien  malheureux 
De  l'Androgyne,  une  douce  souffrance. 
Mars,  flanc  à  flanc,  premier  elle  embrassa; 
Luy,  tout  ravi  d'amour  qu'elle  lui  porta, 
Sans  se  lasser,  tout  un  soir  la  dansa. 
Tournant,  voltant  d'une  divine  sorte. 

Dès  lors,  si  la  Provence  est  en  Allemagne,  je  partage 
l'avis  de  mes  contradicteurs.  Je  ne  le  crois  pas  et  j'es- 
time même  que  c'est  la  plus  belle  partie  de  la  France. 
La  seule  excuse  à  admettre  serait  la  confusion  possible 
entre  la  valse  et  l'allemande  (voir  ce  mot).  Quant  à  la 
valse  improprement  appelée  à  deux  temps,  au  lieu  de 
deux  pas,  elle  nous  vient  de  Russie.  On  aurait  dû  l'ap- 
peler valse  à  deux  pas,  parce  qu'elle  ne  comporte  que 
deux  pas  seulement  exécutés  sur  une  mesure  en  trois 
temps,  rythme  habituel  des  valses.  On  peut  aussi  bien, 
en  danse,  compléter  une  mesure  en  trois  temps  avec 
deux  pas  seuls,  que  l'on  peut  compléter  une  mesure  en 
trois  temps  avec  deux  notes.  En  danse,  un  mouvement 
lent  sur  les  deux  premiers  temps  de  la  mesure,  et  un 
bref  sur  le  troisième;  en  musique,  deux  notes,  une 
blanche  et  une  noire,  font  une  mesure  en  trois  temps. 
Je  puis  parler  en  bonne  connaissance  de  cause  de  l'in- 
troduction en  France,  en  1815,  de  la  valse  à  deux  pas, 
car  elle  fut  enseignée  à  mon  père,  à  celte  époque,  dans 


WAL  375 

les  circonstances  suivantes  :  En  janvier  1839,  le  baron 
de  Nieuken,  attaché  à  la  lé2:ation  russe,  prenait  des 
leçons  de  danse  de  mon  père,  et  les  prenait  telles 
qu'elles  se  pratiquaient  à  l'époque,  composées  de  tous 
les  exercices  fondamentaux  de  la  danse,  plies,  batte- 
ments, etc.  Notre  baron  devait  le  soir  se  rendre  à  un 
grand  bal  donné  par  le  comte  Mole,  alors  ministre  des 
Affaires  étrangères,  et  devait  valser  avec  de  charmantes 
Moscovites.  Il  demanda  donc  à  son  professeur  de  lui 
faire  répéter  le  pas.  Fureur  de  mon  père  aux  mots  de 
valse  à  deux  pas,  car  il  trouvait  un  contresens  manifeste 
avec  la  mesure  ordinaire  de  la  valse  à  trois  temps.  Mais 
tout  s'arrangea  promptement  quand  il  vit  son  élève  faire 
le  chassé  de  la  valse  en  exécutant  le  premier  temps  du 
pas  sur  les  deux  premiers  temps  de  la  mesure,  et  le 
second  temps  sur  le  troisième  de  cette  mesure.  Tout  de 
suite,  mon  père  comprit  que  le  chassé  était  fait  en  le 
commençant  lentement  et  en  le  terminant  brièvement. 
Elève  et  professeur  valsèrent  ensen^ble  et  le  succès  de 
M.  de  Nieuken  fut  tel  qu'à  partir  de  ce  jour  toute  l'aris- 
tocratie sacrifia  la  valse  à  trois  temps  à  celle  à  deux  pas. 
Théorie  de  la  valse  à  trois  temps.  Théorie  du  cava- 
lier :  2  mesures  pour  un  seul  pas.  l"  mesure  :  trois 
temps  marchés  sur  les  pointes  et  alternés  pied  droit, 
pied  gauche,  pied  droit;  2^  mesure  :  décrire  par  le  pied 
gauche  un  arc  de  cercle  sur  la  pointe,  ramener  derrière 
ce  pied  le  pied  droit  croisé  à  la  troisième  position, 
s'élever  sur  les  deux  pointes  également  en  faisant  passer 
devant  le  talon  gauche  le  talon  droit  qui  est  placé  der- 
rière. Reprendre  le  même  pas,  toujours  commencé  avec 
le  pied  droit.  Pas  de  la  dame  :  le  pas  est  le  même,  mais 
la  danse  commence  par  la  seconde  partie,  c'est-à-dire  en 
décrivant  l'arc  de  cercle  du  pied  droit.  Si  les  danseurs 
veulent  exécuter  des  promenades  en  valsant,  ils  sup- 
priment les  trois  derniers  temps  tournés  et  les  rem- 
placent par  les  trois  premiers  alternés  de  chaque  pied  : 
l'un  les  fait  en  avançant  et  l'autre  en  reculant.  Le  dé- 


376  WAL 

part  pour  la  valse  étant  souvent  difficultueux,  je  leur 
recommande  le  petit  exorde  suivant,  qui  consiste  à  mar- 
cher quelques  pas  sans  tourner,  et  à  attendre,  pour 
commencer  le  mouvement  tournant,  que  les  jambes  du 
cavalier  et  de  la  dame  se  trouvent  en  parfait  accord  de 
mouvement  et  de  mesure. 

Théorie  de  la  valse  à  deux  pas.  Le  cavalier  commen- 
çant du  pied  gauche  et  la  dame  du  droit  (1  mesure 
pour  chaque  pas).  Sur  les  deux  premiers  temps,  plier 
également  les  deux  genoux  en  glissant  un  pied  en  avant; 
sur  le  troisième,  ramener  vivement  le  pied  resté  en 
arrière  pour  chasser  en  avant  celui  glissé.  Continuer  par 
l'autre  pied.  Ce  pas  est  le  même  pour  la  dame;  en  tour- 
nant la  valse,  l'un  et  l'autre  des  danseurs  font  un  pas  en 
avant  et  un  en  arrière  alternativement.  Cette  valse, 
comme  du  reste  la  précédente,  peut  être  tournée  de 
droite  à  gauche  ou  de  gauche  à  droite.  Puisque  j'ai  parlé 
d'exorde  pour  la  valse  à  trois  temps,  j'en  signalerai  un 
dans  la  valse  à  deux  pas;  il  est  employé  par  tous  les 
meilleurs  valseurs  :  ne  pas  donner  la  main  gauche  à  sa 
dame,  la  soutenir  simplement,  par  la  taille,  de  son  bras 
droit,  et  faire  quelques  pas;  continuer  avec  le  même 
pied  avant  de  tourner  la  valse;  à  ce  moment  seulement 
le  cavalier  prend  la  main  droite  de  sa  dame  dans  sa 
main  gauche.  Les  Autrichiens,  nos  maîtres  en  la  valse, 
aussi  bien  pour  la  danse  que  pour  la  musique,  ne  com- 
mencent jamais  autrement  la  valse. 

WALSE,  VALSE  A  CINQ  TEMPS.  En  4850,  un 
professeur  de  Paris  publia  une  bizarre  valse  à  cinq 
temps,  composée  d'une  mesure  en  trois  temps,  suivie 
d'uncàdeux  temps. Nul  doute  qu'une  pareille  innovation 
ne  fût  qu'éphémère.  La  danse  était  composée  de  quatre 
pas  alternativement  marchés  et  d'un  assemblé  ;  elle  était 
tournée  comme  les  valses. 


ZOR  377 


X 


XIPHISMA  OU  XIPIIISMOS.  Nom  d'une  ancienne 
danse  grecque  ass^z  répandue  et  faisant  partie  des 
danses  militaires.  Comme  toutes  ces  danses,  elle  était 
exécutée  en  armes. 


Y 


YALKADAI.  Nom  d'une  ancienne  danse  grecque 
réservée  aux  enfants  et  exécutée  seulement  par  eux;  les 
rares  notes  que  l'on  en  trouve  nous  permettent  toutefois 
de  la  considérer  comme  nos  rondes  d'enfants. 


ZAPATEADO  (EL).  El  zapateado  est  très  usité  en 
Espagne  par  les  grands  danseurs  de  théâtre.  Comme 
son  nom  semble  l'indiquer,  les  danseurs  font  un  grand 
bruit  de  castagnettes;  les  pas  en  sont  très  brillants, 
comme,  du  reste,  l'air  spécialement  affecté  à  la  danse. 
Pas  et  mouvements  se  rapprochent  beaucoup  de  la  gua- 
radra  (voir  ce  mot)  ;  ils  sont  dansés  sur  une  mesure 
en  6/8. 

ZORONGO  (EL).  Danse  espagnole,  dont  les  pas  sont 


378  ZOR 

simples,  mais  exécutés  sur  une  mesure  très  vive;  elle  a 
donné  son  nom  à  une  coiffure  enrubannée  que  portent 
les  femmes  espagnoles.  Les  danseurs  remplacent  les 
castagnettes  par  des  frappements  de  mains  aussi  secs  et 
sonores  que  possible. 


DIGTIONNAIRE 

BIBLIOGRAPHIQUE 


Bibliographie  complète  de  tous  les  ouvrages  anciens, 
modernes  et  contemporains  écrits  sur  la  danse,  soit  pratiques, 
soit  historiques.  La  bibliographie  est  complétée  par  la  citation 
annotée  de  tous  les  ouvrages  utiles  indirectement  à  la 
connaissance  de  l'art,  anciens  et  modernes. 


Afin  de  simplifier   et  de  faciliter  toutes  les  recherches, 
cette  bibliographie  est  divisée  en  trois  parties  distinctes  : 

1"  Ouvrages  théoriques  anciens  et  modernes; 

2"  Ouvrages  historiques  anciens  et  modernes; 

3"  Ouvrages  ofl'rant  indirectement  des  notes  sur  l'histoire 
ou  la  pratique  'de  la  danse  ancienne  et  moderne. 


il<o 


INTRODUCTION 


Ce  dictionnaire  ne  pouvait  être  utile  et  complet  qu'en 
le  terminant  par  rénumération  de  tous  les  ouvrages  ([ui 
m'ont  permis  de  l'établir.  Quarante  années  de  bouqui- 
nage  (pardon  du  mot,  mais  il  devrait  être  mis  dans  le 
nouveau  Dictionnaire  de  l'Académie  tant  il  est  vrai  et 
usuel),  quarante  années,  dis-je,  de  recherches,  aussi 
bien  sur  les  quais  que  chez  tous  les  libraires  anciens, 
tel  est  le  travail  devant  lequel  je  n'ai  pas  reculé.  Tous 
les  bibliophiles  connaissent  la  rareté  des  anciens  livres 
de  danse,  livres  tirés  à  petit  nombre  et  disparaissant 
rapidement  parce  qu'ils  s'adressent  à  des  spécialistes 
toujours  anxieux  de  connaissances  nouvelles. 

Recevant,  et  ayant  reçu,  la  plus  grande  partie  des 
catalogues  de  ventes  de  livres,  j'ai  toujours  constaté 
cette  rareté  et  dans  le  plus  complet  sur  notre  sujet,  le 
plus  important  que  nous  possédions  sur  les  arts  et  le 
théâtre,  celui  de  Joseph  Phiiippi,  dont  la  vente  eut  lieu 
le  27  mai  1867,  c'est  à  peine  si  l'on  rencontre  quelques 
ouvrages  sur  la  danse.  Le  catalogue  de  la  vente  du 
savant  et  érudit  maître  de  ballet  Edouard  Carré,  le 
28  janvier  1868,  est  un  des  plus  riches  en  bibliographie, 
et  l'on  ne  peut  que  remercier  sincèrement  l'archiviste  de 
l'Opéra,  M.  Nuitter,  d'avoir  su  faire  entrer  dans  sa  magni- 
fique collection  les  épaves  que  le  maître  avait  pu  arracher 


382  INTRODUCTION 

à  sa  vente  publique.  Carré  n'avait  pas  voulu  insérer  ses 
nombreux  ouvrages  dans  sa  vente  de  la  rue  des  Bons- 
Enfants  et  les  avait  gardés  pieusement  à  Saint-Denis  où 
il  mourut.  Assisté  de  Théodore  de  Lajarte,  Nuitter 
acquit  ces  précieux  manuscrits  du  véritable  art  de  la 
danse  après  la  mort  du  regretté  premier  danseur  et 
premier  maître.  Artiste  consciencieux,  ami  fidèle  des 
traditions  laissées  par  nos  grands  maîtres  de  ballet, 
travailleur  infatigable,  professeur  le  plus  dévoué  à  tous 
ses  élèves,  il  a  droit  ici  à  la  reconnaissance  et  aux  pro- 
fonds regrets  de  tous  les  artistes  qui  ont  profité  de  ses 
savantes  leçons.  Un  de  ses  plus  assidus,  l'auteur  de  ce 
dictionnaire,  se  fait  un  devoir  de  lui  envoyer  un  dernier 
hommage  et  un  dernier  adieu  On  peut  sans  hésiter 
et  sans  crainte  de  contradiction  mettre  sur  le  même 
rang  Edouard  Carré.  Saint-Léon,  Mazilier,  Gardel, 
Duport,  Dauberval. 


G.  D. 


UN  DERNIER  MOT 


Un  sincère  témoignage  de  reconnaissance 


.Je  ne  pouvais  terminer  ce  long  et  laborieux  diction- 
naire sans  témoigner  ma  reconnaissance  aux  savants,  aux 
érudits  bibliothécaires  qui  ont  bien  voulu  m'ouvrir  toutes 
grandes  les  portes  de  leurs  trésors.Quelques  mots  suffi- 
ront, car  l'obligeance  bienveillante  et  illimitée  de  Charles 
Nuitter  de  l'Opéra  est  proverbiale;  le  charme  et  l'érudi- 
tion du  savant  moliériste  Monval  de  la  Comédie-Française 
sont  légendaires;  la  connaissance  et  la  science  appro- 
fondie en  questions  d'art  sont,  chez  M.  Wekerlin,  du  Con- 
servatoire, pour  nous  tous  artistes,  les  plus  précieuses 
ressources  archéologiques.  Ces  derniers  mots  me  font 
regretter  le  jeune  successeur  de  Victor  Cousin  à  la 
Bibliothèque  Carnavalet,  M.  Faucou,  enlevé  trop  tôt  à 
ses  chères  études  et  à  l'amitié  de  tous  ceux  qui  l'ont 
approché. 

G.  D. 


CATALOGUE 


Bibliothèque  de  l'Académie  nationale 
de  l'Opéra 


La  place  d'honneur  revient  de  droit  au  catalogue  de 
la  Bibliothèque  de  l'Opéra  dont  la  richissime  collection 
rend  à  tous  les  auteurs  et  artistes  les  plus  grands  ser- 
vices. Conçu,  noté  et  divisé  avec  un  soin  minutieux  par 
le  bibliothécaire  Charles  Nuitler,  il  est  un  monument 
impérissable  et  une  source  intarissable  pour  l'histoire  de 
l'art  de  la  danse  à  la  ville  comme  au  théâtre.  Je  ne 
parlerai  pas  du  dévouement  de  M.  Nuitter  :  tous  ceux 
qui  l'ont  approché  et  l'approchent  chaque  jour,  l'ont, 
plus  que  moi,  proclamé  trop  souvent. 


PREMIÈRE    PARTIE 

Ouvrages  théoriques 

On  regarde  généralement  le  Traité  d'orchésographle 
de  Thoinot-Arbeau  comme  le  premier  livre  théorique 
laissé  sur  la  danse,  tandis  que  celui  de  Guillaume 
Paradin,  et  portant  le  nom  de  Blason  des  dances,  bien 
que  très  peu  didactique,  doit  être  cité  en  premier  lieu, 
car  il  remonte  à  1565  et  celui  du  chanoine  de  Langres 
ne  date  que  de  1589. 

PARADIN  (GUILLAUME).  Le  Blasoti  des  dances 
«  où  se  voient  les  malheurs  et  ruines  venant  des  dances 
dont  jamais  homme  ne  revient  plus  sage,  ni  femme  plus 
pudique  ».  Beaujeu,  1566,  1  vol.  in-16.  Réimprimé  en 
1830  par  Firmin-Didot.  Chez  Techner.  1  vol.  in-32. 

Très  rare.  Le  voir  à  la  Bibliothèque  nationale,  Ré- 
serve A,  17,  n°2536. 

Si  l'on  s'en  tenait  au  titre  explicatif  de  cet  intéressant 
livre,  on  serait  loin  de  présumer  que,  malgré  son  aspect 
peu  didactique,  il  nous  offre  la  primeur  des  premières 
notions  pratiques  sur  la  danse  de  société. 

Une  seconde  considération  s'ajoute  à  sa  lecture,  car 
il  précède  presque  d'un  demi-siècle  l'ouvrage  de  Thoinot- 
Arbeau  généralement  admis  comme  notre  première 
pierre  d'assise  chorégraphique.  Bien  que  Paradin  nous 
dise  :  «  Ne  fréquentes  poinct  assiduement  avec  la  dan- 
ceresse,  ny  ne  la  croit  poinct,  affin  que  tu  ne  périsses  en 
ses  efficaces  persuasions  »,  nous  devons  nous  méfier  de  sa 
préface  et  le  consulter.  Selon  lui,  «  Pline  escript  que  ce 
fut  un  Stéphanion  qui  le  premier  institua  les  danses  h 
Rome.  Plus  loin,  une  étude  sur  les  danses  grecques  ;  sur 
la  danse  du  jugement  de  Paris  décrite  par  Apulée;  sur 

17 


386  BIBLIOGRAPHIE 

la  danse  de  Salomé,  fille  de  Mérédia  pour  laquelle  saint 
J eau-Baptiste  i^eceuilt  la  mort.  »  Sans  cet  auteur,  nous 
ignorerions  la  danse  exécutée  à  Constantinople  qui  causa 
la  mort  de  saint  Jean  Chrysostome  et  celle  si  horrible 
des  Templiers. 

Plus  d'un  auteur  postérieur  à  Guillaume  Paradin  a 
trouvé  des  notes  fort  utiles  dans  ce  petit  in-32  que  Fir- 
min-Didot,  par  amour  pour  l'art,  a  bien  voulu  rééditer. 
Le  Père  Ménétrier,  dans  son  ouvrage  sur  les  Ballets  an- 
ciens et  modernes;  Castil-Blaze,  dans  son  Traité  sur  la 
danse  et  les  ballets,  ont  fructueusement  puisé  à  pleines 
mains  dans  les  richesses  primitives  du  Blason  des 
dances. 

Moi-même,  le  dernier,  j'ai  peut-être  abusé,  au  profit 
de  mes  lecteurs,  des  trésors  historiques  rencontrés  dans 
mes  recherches. 

On  s'étonne,  à  bon  droit,  de  trouver  dans  Paradin  une 
conclusion  telle  qu'il  nous  la  convertit  en  virulente 
diatribe  contre  les  danses.  «  Concluons  pour  le  mépris 
des  dances  et  d'en  fuir  [les  occasions.  Obs«^rver  le  di- 
manche non  pas  charnellement,  mais  avec  passe-temps 
judaïques.  »  Ne  nous  étonnons  pas,  après  cette  dernière 
page,  de  voir  éclore,en  1769,  le  Traité  contre  les  danses 
et  les  mauvaises  chansons  attribué  à  des  casuistes,  à  des 
protestants  et  même  à  des  païens  (suivant  le  titre  de  l'ou- 
vrage), pâle  et  incolore  copie  du  Blason  des  dances. 

THOINOT-ARBEAU.  Orchésographie  «  ou  traicté  en 
forme  de  dialogues  par  lequel  toutes  les  personnes 
peuvent  apprendre  et  facilement  practiquer  l'honneste 
exercice  des  dances  »,  par  Thoinot-Arbeau,  chanoine  à 
Langres,  audit  Langres,  par  Jean  Des  Prés,  imprimeur 
du  roy,  tenant  boutique  près  de  l'église  Saint-Masmer  en 
1589.  1  vol.  in-8°  avec  planches. 

Thoinot-Arbeau  est  l'anagramme  de  Jean  Tabouret, 
chanoine  de  Langres  et  maître  de  chapelle  d'Henri  III. 
Son  livre  est  le  premier  essai  tenté  pour  écrire  la  danse  ; 


BIBLIOGRAPHIE  387 

on  doit  le  regarder  comme  la  clef  de  la  chorégraphie. 
Toutes  les  danses  du  moyen  âge  y  sont  annotées.  Ce 
livre,  d'une  rareté  proverbiale  pour  les  chercheurs,  a 
été  reconstitué  il  y  a  quelques  années  avec  le  plus  grand 
soin  et  la  plus  grande  fidélité  par  l'érudite  Laure  Fonta, 
de  l'Opéra. 

RL\ALDO  CORSO.  DialoQO  del  Ballo  diRinaldi  Corso 
«  movamente  posto  in  luce  ».  Venetia,  Bordognia,  1756, 
1  vol.  in-12. 

Excellent  ouvrage  dû  au  talent  d'un  des  premiers 
maîtres  de  ballet  italien  ;  il  contient  de  très  heureux 
essais  de  chorégraphie.  Ce  livre  est  introuvable  dans  nos 
bibliothèques  et  ne  figure  même  pas  dans  le  Manuel  de 
librairie  de  Brunet. 

CAROSO  FABRITIO.  //  balleriîio  diviso  in  due 
trattati  «  nel  primo  si  dunostra  la  diversitata  de  i  no- 
miche  si  damo  a  li  movimcnti  che  inter  vingono  ne  i 
balli  11°  s'insegnono  déverse  sorti  di  balli  et  baletti  si 
ail  uso  d'Italia  come  a  quelle  di  Franci  e  Spagna  ».  Ve- 
netiœ,  Ziletti,  1581. 1  vol.  in-i". 

Aussi  curieux  qu'intéressant,  cet  ouvrage  contient  de 
jolies  gravures  de  costumes  de  danseurs  et  de  danseuses 
dans  les  grands  et  petits  ballets  italiens.  Les  airs  de  mu- 
sique sont  chorégraphiés.  C'est,  à  l'instar  de  l'œuvre  de 
Thoinot,  un  des  premiers  jalons  sur  lesquels  repose  la 
science  chorégraphique.  On  peut  y  étudier  plusieurs 
danses  françaises  du  moyen  âge.  Malgré  sa  rareté,  il  a 
figuré  en  1869  dans  le  catalogue  de  vente  de  Dufour  et 
Leiphmanson  ;  il  fut  adjugé  75  francs  seulement  par  suite 
de  taches  sur  la  robe  d'une  danseuse  et  de  légers  rac- 
commodages. 

FEUILLET.  Chorégraphie  «  ou  l'art  d'écrire  la  danse  » , 
par  Feuillet.  Brunet,  1701.  Nombreuses  planches  choré- 
graphiques. Becueil  de  danses  composées  par  M.  Feuillet, 


388  BIBLIOGRAPHIE 

ibid.,  1700  (8-i  danses  sur  autant  de  pages  avec  la  mu- 
sique notée).  Recueil  de  danses  composées  par  M.  Pé- 
cour,  compositeur  de  ballets  de  l'Académie  royale  de  mu- 
sique et  mises  sur  le  papier  par  M.  Feuillet,  ibid.,  1700 
(7:2  danses  sur  autant  de  pages  avec  la  description  cho- 
régraphique et  musique  notée).  Les  trois  ouvrages  en  un 
vol.  in-4";  prix  :  15  francs. 

Cette  édition  est  la  meilleure  et  la  plus  complète  ;  les 
éditions  de  1703  et  1706  ne  contiennent  pas  les  danses 
de  Pécour,  En  1713,  l'ouvrage  fut  publié  sous  deux  noms 
d'auteur  :  Feuillet  et  Dezais,  sous  ce  titre  : 

Cliorégraphie  «  ou  l'art  d'écrire  la  danse  »,  par 
MM.  Feuillet  et  Dezais,  maîtres  à  danser,  avec  les  figures. 
Paris,  chez  les  auteurs,  1713,  rue  de  Bussy.  1  vol.  in-8'\ 

Ces  précieux  ouvrages  peuvent  être  consultés  à  la 
Bibliothèque  nationale,  section  de  la  Réserve,  n"  V,  1880. 
Ils  sont  regardés  par  tous  les  artistes  comme  le  plus 
utile  de  tous  les  livres  de  chorégraphie  et  surtout  le  plus 
riche  en  théorie.  On  y  trouve  les  danses  suivantes  notées 
et  chorégraphiées  : 

Le  Rigaudon,  la  Gigue,  la  Sarabande,  les  Folies  d'Es- 
pagne, la  Canary,  la  Mariée,  une  entrée  de  ballet,  la 
Bourgogne,  la  Savoie,  la  Forlane,  la  Conty. 

On  possède  aussi  du  même  érudit  chorégraphe  les 
ouvrage  suivants  que  l'on  peut  consulter  à  la  Biblio- 
thèque de  l'Opéra  : 

La  Pavane  des  salons,  Paris,  1700, 1  vol.  in-S",  n''  5416 
du  catalogue  des  ouvrages  chorégraphiques. 

Le  Passe-pied  nouveau^  in-4%  1700,  n»  6675. 

La  Triomphante ,  danse  en  chorégraphie,  manuscrit, 
n°  5416  (sans  date). 

L'Allemande.  1  vol.  in-H",  1701,  n"  5476,  La  lecture 
de  celte  danse  détruit  une  fausse  légende  attribuant 
à  l'allemande  une  origine  germanique,  au  lieu  de  lui 
laisser  sa  génialité  gauloise. 

Recueil  de  danses  pour  bals,  pour  l'année  1702, 1  vol. 
in-4'',  n"  6675.  Les  titres,  motifs  ou  sujets  des  dix-huit 


KIIU.KMillAIMIIK  ;!.S'J 

danses  décrites  dans  ce  volume  nous  édifient  sur  le 
caractère  de  la  danse  au  commencement  du  xviii"  siècle 
et  sur  le  talent  des  danseurs  mondains  de  l'époque.  Nos 
rénovateurs  d'anciennes  danses  peuvent,  en  traduisant 
la  Chorégraphie,  rétablir  l'art  de  danser  les  composi- 
tions du  plus  fécond  de  nos  anciens  maîtres. 

HAMEAU.  Le  Maître  à  danser  «  qui  enseigne  la  ma- 
nière de  faire  tous  les  pas  de  la  danse  dans  toute  la 
régularité  de  l'art  et  de  conduire  les  bras  à  chaque  pas  ». 

Enrichi  de  figures  en  taille-douce  servant  de  démons- 
tration pour  tous  les  différents  mouvements  qu'il  con- 
vient de  faire  dans  cet  exercice.  Ouvrage  très  utile,  non 
seulement  à  la  jeunesse  qui  veut  apprendre  à  danser 
bien,  mais  encore  aux  personnes  honnêtes  et  polies,  et 
qui  leur  donne  des  règles  pour  bien  marcher,  saluer  et 
faire  des  révérences  dans  toutes  sortes  de  compagnies, 
par  le  sieur  Rameau,  maître  à  danser  des  pages  de  Sa 
Majesté  Catholique  la  reine  d'Espagne.  Paris,  RoUin, 
1748,1vol.  in-8". 

Ouvrage  excellent,  surtout  pour  les  professeurs  de 
maintien  proprement  dits,  c'est-à-dire  pour  la  tenue,  la 
marche,  les  saluts. 

Les  pas  de  menuet  sont  longuement  étudiés.  Plusieurs 
exemplaires  ne  contiennent  pas  la  grande  planche  re- 
pliée dans  l'ouvrage  et  représentant  un  bal  à  la  cour. 
Les  moindres  détails  de  la  tenue  y  sont  longuement  dé- 
finis, jusqu'à  la  manière  de  porter  son  chapeau,  de 
l'ôter,  de  le  remettre.  Le  menuet  de  la  Cour  occupe  un 
des  plus  grands  chapitres. 

Les  nombreuses  planches  de  cet  ouvrage  sont  très 
utiles  à  étudier  pour  les  professeurs  soucieux  de  con- 
server les  traditions  anciennes. 

On  doit  aussi  à  cet  érudit  professeur  l'ouvrage  sui- 
vant : 

Abrégé  de  la  méthode  nouvelle  dans  Vart  d'écrire  ou 
de  tracer  toutes  sortes  de   danses  de  ville,  «  dédiée 


390  BIBLIOGRAPHIE 

à  Son  Altesse  Sérénissime  M"*  de  Boyaulois  et  mise  ?.u 
jour  par  le  sieur  Rameau,  maître  à  danser  ordinaire  de 
Sa  Majesté  Catholique  la  reine,  seconde  douairière 
d'Espagne,  et  seul  privilégié  du  roy  pour  la  correction 
et  augmentation  de  la  chorégraphie.  Ouvrage  très  utile 
pour  toutes  les  personnes  qui  ont  scù  ou  qui  appren- 
nent à  danser,  puisque  par  le  secours  de  ce  livre  on 
peut  se  remettre  facilement  dans  toutes  les  danses  que 
l'on  a  apprises.  »  Se  vend  5  francs  broché  et  6  francs 
relié.  1  vol.  in-18.  Paris,  chez  l'auteur,  faubourg 
Mont-Marthe  à  Villette,  à  la  Croix  d'or,  rue  Saint- 
Jacques;  Jacques  Rosse,  rue  Saint-Jacques,  à  la  Co- 
lombe royale;  le  sieur  Boivin,  rue  Saint-Honoré,  à 
la  Bègle  d'or;  le  sieur  Hayer,  rue  Chariot,  au  Marais. 
4  vol.  in-8%  1725.  Bibliothèque  de  l'Opéra.  N°  du  cata- 
logue 5418. 

Ce  livre,  paru  vingt-cinq  ans  après  celui  de  Feuillet  sur 
la  chorégraphie,  est  conçu  dans  un  style  qui  témoigne 
les  progrès  réalisés  dans  ce  court  espace  de  temps  par 
les  professeurs.  On  trouve  autant  d'ingéniosité  que  de 
clarté;  une  seule  planche  de  traits  graphiques  peut  initier 
le  lecteur  à  toute  la  science  chorégraphique  en  lui  per- 
mettant de  suivre  pas  à  pas  et  avec  la  cadence  les  diffé- 
rents tracés  des  figurations  de  la  danse.  Cette  planche  à 
elle  seule  constitue  l'alphabet  de  la  grammaire  choré- 
graphique. Magny  plus  tard  s'en  est  évidemment  ins- 
piré dans  son  Traité  de  1785.  Le  principal  mérite  de 
Rameau  consiste  surtout  à  établir  la  parallélisme  de 
l'ancienne  chorégraphie  avec  la  nouvelle  dont  il  définit 
les  premières  lignes  en  les  simplifiant  et  les  mettant 
mieux  à  la  portée  des  élèves.  Par  des  signes  comparés  et 
mis  en  présence  l'un  de  l'autre,  l'auteur,  en  expliquant 
sa  nouvelle  méthode,  abrège  la  lecture  chorégraphique 
si  souvent  très  diffuse  et  très  difficile.  Un  traité  de  la 
cadence  suivant  les  principes  d'écriture  initie  les  dan- 
seurs à  l'accord  de  la  musique  et  de  la  danse  en  plaçant 
les  pas  sur  les  airs  de  danse.  Plus  d'un  de  nos  valseurs 


I 


I 


BIBLIOGRAPHIE  391 

devrait  s'inspirer  des  leçons  de  Rameau  pour  com- 
prendre que  pas  et  mesures  diffèrent  essentiellement. 
Les  pas  sont  des  notes  et  la  réunion  de  plusieurs  pas 
compose  en  danse  ce  que  composent  en  musique  les 
notes.  Deux,  trois,  quatre  pas  occupent  une  mesure  de 
danse  comme  une,  deux  ou  trois  notes  occupent  une 
mesure  de  musique.  Rameau  consacre  la  seconde  partie 
de  son  Traité  aux  plus  belles  danses  en  usage  à  son 
époque  ;  il  en  cite  douze  des  plus  usitées,  dont  plusieurs 
ont  été  composées  par  Pécour,  le  compositeur  des 
ballets  de  l'Académie  royale  de  musique,  et  remises 
en  correction  par  Rameau.  Ces  danses  sont  annotées 
avec  la  musique  jointe  à  la  chorégraphie,  et  notons 
en  passant  que  la  mesure  est  indiquée  suivant  notre 
division  :  S/^,  â/'i,  etc.  Toutes  les  danses  citées  par 
Rameau  sont  écrites  pour  un  couple  seul,  et  de  nos 
jours  on  pourrait  les  faire  exécuter  par  plusieurs  couples  ; 
il  suffirait  de  multiplier  les  reprises  en  raison  du 
nombre  de  couples  dansant.  Les  douze  danses  sui- 
vantes paraissent  avoir  eu  quelques  succès  dans  les 
salons  du  temps,  puisque  Rameau  nous  en  a  conservé 
minutieusement  les  moindres  pas.  Ces  danses  sont  :  1"  la 
bourrée  d'Achylle,  mesure  en  deux  temps  ;  2°  la  Mariée  de 
Rolland,  mesure  en  deux  temps;  3"  le  passe-pied,  mesure 
en  6/8;  i"  la  Bourgogne,  mesure  en  3/4;  5°  la  Forlane, 
mesure  en  6/4;  6"  l'Aimable  Vainqueur,  mesure  en  6/4; 
7"  le  menuet  d'Alceste,  mesure  en  trois  temps;  8"  la  bac- 
chante, mesure  en  î2/4  ;  9°  l'allemande,  mesure  en 
trois  temps  ;  10°  la  Bretagne,  mesure  en  3/8  ;  11°  la  nou- 
velle Forlane,  mesure  en  6/4;  12°  la  royalle,  mesure  en 
trois  temps. 

Quiconque  connaît  la  lecture  de  l'ancienne  chorégra- 
phie peut  rétablir  ces  danses  et  ajouter  un  attrait  nouveau 
à  l'étude  des  anciens  divertissements  mondains.  Je  ne 
crains  pas  de  me  répéter  en  insistant  sur  la  possibilité 
de  mettre  en  pratique  par  plusieurs  couples  cette  théorie 
écrite  pour  un  couple  seul.  Terminons  en  disant  que  la 


;W2  BIBLIOGRAPHIE 

Méthode  de  chorégraphie  de  Rameau  est  le  savant  com- 
plément de  son  Maître  à  danser  et  le  Code  de  tout  cho- 
régraphe. 

Abrégé  de  chorégraphie,  «  ou  abrégé  de  la  nouvelle 
méthode  dans  l'art  d'écrire  ou  de  tracer  toutes  sortes  de 
danses  de  ville,  dédié  à  Son  Altesse  Sérénissime  M"^  de 
Beaujolais  ».  Paris,  1725.  Deux  parties  en  1  vol.  in-8\ 

On  attribue  ce  très  curieux  ouvrage  à  Rameau  ;  l'intérêt 
repose  sur  la  chorégraphie  et  la  notation  musicale  de 
plusieurs  danses  anciennes.  Il  a  figuré  en  1869  dans  un 
catalogue  de  Dufour  et,  depuis,  je  ne  l'ai  rencontré  dans 
aucun. 

C.  SOL.  Méthode  très  facile  et  fort  nécessaire  «  pour 
montrer  à  la  jeunesse  de  l'un  et  de  l'autre  sexe  la  ma- 
nière de  bien  danser,  suggérer  aux  maîtres  d'une  capa- 
cité médiocre  de  bons  principes  et  faire  connaître  aux 
parents  si  leurs  enfants  sont  bien  enseignés  »,  par  le 
sieur  G.  Sol,  maître  à  danser  établi  cà  La  Haye.  Chez 
l'auteur,  1  vol.  in-12,  1725. 

Très  bon  petit  livre  à  consulter  pour  les  saints,  révé- 
rences, menuet  et  tenue.  Rarissime,  jamais  cité  dans  les 
catalogues. 

ïi\5VKV.. Méthode  très  facile  et  fort  nécessaire  «pour 
apprendre  soi-même  la  chorégraphie  ou  l'art  d'écrire  et 
de  déchiffrer  les  danses  »,  par  Dupré,  maître  à  danser 
au  Mans.  Se  vend  au  Mans,  chez  l'auteur.  1757,  1  vol. 
in-32. 

Excellent  petit  traité  pour  différents  pas  de  danse 
annotés;  d'autant  plus  rare  qu'il  a  été  édité  en  pro- 
vince. 

MAGNY.  Principes  de  la  chorégraphie,  «.  suivis  d'un 
traité  de  la  cadence  qui  apprendra  les  temps  et  les  mou- 
vements et  les  valeurs  de  chaque  pas  de  danse,  détaillés 
par  caractères,  signes  démonstratifs   et  figures  »,  par 


lUIlMOlil'.APHlK  :{93 

Magny,  maître  à  danser  à  Paris,  chez  Duchesne  et  de  la 
Chevardière,  1765.  1  vol.  in-S". 

L'auteur  aurait  pu  donner  à  son  travail  le  nom  de  Dic- 
tionnaire chorégraphique;  non  seulement  le  livre  con- 
tient de  nombreuses  danses,  mais  il  est  précédé  de  ce 
que  l'on  pourrait  appeler  une  grammaire  chorégraphique. 
Tous  les  signes  pris  isolément  démontrent  les  pas,  si 
variés  qu'ils  soient.  L'œuvre  de  Magny  est  sans  contredit 
le  principal  ouvrage,  le  plus  complet  et  le  plus  facile  à 
consulter.  Grammaire,  dictionnaire  sont  suivis  de  nom- 
breuses danses,  menuets,  contredanses,  etc.,  qui,  grâce 
au  dictionnaire,  peuvent  être  facilement  traduites.  L'ou- 
vrage est  devenu  introuvable  et  je  ne  l'ai  rencontré 
qu'une  fois  vers  1849  dans  un  catalogue  de  Techner. 

BACQUOY-GUÉDOX.  Méthode  pour  exercer  l'oreille 
à  la  mesure  dans  l'art  de  la  danse,  par  M.  Bacquoy- 
Guédon,  ci-devant  premier  danseur  au  Théâtre-Français. 
Amsterdam,  1766.  1  vol.  in-8°. 

Ouvrage  essentiellement  théorique,  n'intéressant  que 
les  professeurs  qui  peuvent  y  rencontrer  des  rensei- 
gnements utiles  au  professorat. 

BEAUCIIAMPS.  A  en  croire  certains  auteurs  peu  scru- 
puleux de  la  vérité  historique,  le  célèbre  danseur  Beau- 
champs  aurait  écrit  un  livre  sur  la  danse.  Toutes  mes 
recherches  n'ont  abouti  à  aucun  résultat;  pas  même 
dans  les  Bibliothèques,  dans  Brunet,  dans  les  nombreux 
catalogues  de  vente,  je  n'ai  trouvé  un  seul  ouvrage  signé 
de  lui.  Ce  qui  aurait  pu  donner  lieu  à  cette  croyance  doit 
venir  des  notes  données  par  Despréaux  dans  ses  notes, 
p.  258,  de  ses  Passe-temps,  où  on  lit  :  «  Beauchamps, 
directeur  de  l'Académie  royale  de  danse,  compositeur  et 
surintendant  des  ballets  du  roi,  en  1661,  et  maître  des 
ballets  de  l'Académie  royale  de  musique  en  1671,  mort 
en  1705.  Il  dansait  avec  le  roi  dans  les  ballets  de  la 
cour.  La  critique  qu'en  fait  La  Bruyère  dans  ses  Carac- 

17, 


394  BIBLIOGRAPHIE 

tères  (chap.  m,  Des  femmes),  sous  le  nom  de  Carobur, 
sur  ce  qu'il  jetait  les  jambes  en  avant  et  faisait  un  tour 
en  l'air  avant  de  retomber  à  terre,  nous  prouve  que  de 
tout  temps  le  public  a  aimé  qu'on  l'étonnât.  Cependant 
son  £;enre  était  la  danse  grave.  Il  donna  à  la  chorégraphie 
une  forme  nouvelle  que  l'ingénieux  Thoinot-Arbeau  avait 
inventée  en  1588.  »  Cette  dernière  phrase  a  peut-être 
tenté  l'esprit  trop  inventif  et  trop  crédule  de  quelque 
narrateur. 

LANDRIX.  Pot-pourri  de  contredanses  anciennes, 
«  tel  qu'il  se  danse  chez  la  reine  »,  arrangé  et  mis  au 
jour  par  Landrin,  maître  de  danse  et  auteur  de  traits 
(Chorégraphiques.  Paris,  chez  l'auteur.  1  vol.  in-S",  1776. 

Recueil  de  contredanses  nouvelles,  mises  au  jour  par 
Landrin.  Paris,  chez  l'auteur,  1776.  1  vol,  in-8°.  Ces 
deux  éditions  excitent  la  curiosité  au  sujet  des  contre- 
danses anciennes;  ils  en  contiennent  cinquante-six, 
presque  toutes  dansées  à  la  cour.  L'ouvrage  a  figuré  en 
décembre  188:2  dans  le  catalogue  de  Louis  Bihn,  67,  rue 
de  Richelieu;  il  y  était  présenté  sous  un  format  in-i" 
oblong,  1776.  Trois  éditions  auraient  donc  été  publiées. 

ENCYCLOPÉDIE  MÉTHODIQUE,  article  «  Danse  ». 
Paris,  Panckouke,  1786.  1  vol.  in-i".  Sous  le  titre  d'Arts 
méthodiques,  un  chapitre  spécial  est  consacré  à  la  danse; 
la  théorie  des  principaux  pas,  le  menuet,  y  sont  clairement 
expliqués. 

C03IPAN.  Dictionnaire  de  danse,  «  contenant  l'his- 
toire des  règles,  les  principes  de  cet  art,  avec  des  ré- 
flexions critiques  et  des  anecdotes  curieuses  concernant 
la  danse  ancienne  et  moderne,  tiré  des  meilleurs  auteurs 
qui  ont  écrit  sur  cet  art  ».  Ouvrage  dédié  à  M"'  Guy- 
mard  par  Compan.  Paris,  Servière,  1802.  1  vol.  in-12. 

Livre  le  plus  complet  josqu'à  l'année  1802.  A  con- 
sulter très  fructueusement  jusqu'à  cette  époque:  depuis, 


BIBLIOGRAPHIE  395 

aucun  ouvrasse  de  ce  genre  n'a  été  publié.  On  reconnaît 
facilement  à  la  lecture  que  l'auteur,  comme  il  le  dit 
dans  son  titre,  s'est  inspiré  des  meilleurs  auteurs  qui 
ont  écrit  sur  le  sujet. 

MALPIED.  Traité  sur  l'art  de  la  danse,  «  dédié  à 
M"'^  Gardel,  de  l'Académie  royale  de  musique  »,  par 
Malpied,  danseur.  Paris  (sans  date,  mais  présumée  fin 
du  XVIII*  siècle).  1  vol.  in-8». 

De  nombreuses  planches  chorégraphiques,  finement 
taillées,  donnent  un  grand  intérêt  pour  la  reconstitution 
des  anciennes  danses.  Quelques  pages  d'histoire  sont 
instructives. 

GOURDOUX  DWUX.De  Fart  de  la  danse  «:  considéré 
dans  ses  rapports  avec  l'éducation  de  la  jeunesse,  ou 
méthode  et  principes  de  l'art  de  la  danse  »,  par  J.-H. 
Gourdoux  d'Aux,  maître  de  danse.  3*  édition,  revue  et 
augmentée.  Paris,  Dondey-Dupré,  1823.  1  vol.  in-8°. 

Livre  plus  historique  que  théorique,  contenant 
quelques  principes  usuels  sur  la  manière  de  se  présenter. 
On  trouve  à  la  page  109  un  article  sur  la  description 
méthodique  des  figures  de  la  contredanse  en  1820. 

DARDENNE.  Taglioni  ou  traité  sur  la  danse 
moderne,  «  contenant  l'origine  et  la  théorie  mise  en  pra- 
tique de  tout  ce  que  renferme  cet  art,  suivi  des  usages 
reçus  dans  les  bals  et  soirées,  à  l'usage  des  amateurs, 
orné  de  plusieurs  vignettes  »,  par  Adolphe  Dardenne. 
Toulouse,  Escudier,  1830.  1  vol.  in-8». 

Malgré  son  titre  plein  de  promesses,  l'ouvrage  ne 
contient  que  quelques  lieux  communs  sur  des  danses  et 
des  saluts. 

BLASIS.  Traité  élémentaire^  théorique  et  pratique 
de  l'art  de  la  danse,  «  contenant  les  développements  et 
démonstrations  des  principes  généraux  et  particuliers 


396  BIBLIOGRAPHIE 

qui  doivent  guider  les  danseurs  »,  par  Charles  Blasis, 
premier  danseur  à  Milan,  1830.  1  vol.  in-12. 

BLASIS.  Code  complet  de  la  danse,  par  Charles 
Blasis,  premier  danseur  au  théâtre  Covent-Garden,  à 
Londres,  suivi  de  nombreux  airs  de  danse,  par 
MM.  Blasis  père  et  M""  Blasis.  première  danseuse  au 
théâtre  des  Italiens.  Paris,  Audin,  1830.  1  vol.  petit 
in-12. 

BLASIS.  Traité  historique,  théorique  et  pratique  de 
Vart  de  la  danse,  de  la  pantomime,  des  ballets,  par 
Charles  Blasis,  premier  danseur  du  roi.  Londres,  18:25. 
1  vol.  petit  in-12. 

L'analyse  de  ces  trois  ouvrages  se  résume  en 
quelques  mots:  ils  sont  les  meilleurs,  les  plus  savants, 
les  plus  érudits  entre  tous.  Danse  de  ville  et  danse  de 
théâtre  sont  étudiées  et  résumées  avec  la  plus  grande 
science.  Les  figures  accompagnant  le  texte  font  tant  de 
succès  aux  auteurs  qu'elles  ont  été  maintes  et  maintes 
fois  reproduites.  Dans  ces  dernières  années,  l'auteur 
d'un  traité  de  danse  a  copié  ces  planches  et  même  plus 
d'une  page  de  texte. 

L'ouvrage  de  Blasis  restera  le  meilleur  livre  sur  la 
danse;  il  a  élé  réédité  par  Roret  dans  son  Encyclopédie 
sous  deux  éditions  :  la  première,  confiée  à  un  nommé 
Yergniaud,  et  la  seconde  à  deux  maîtres  compétents, 
MM.  Gardel  et  Lemaître.  La  première  édition  est 
de  1830,  1  vol.  in-18.  La  seconde  de  1866,  1  vol. 
in-18. 

L'ouvrage  de  Blasis  a  été  également  publié  à  Londres 
sous  le  titre  de  :  The  code  of  Therpsichore  a  ou  traité 
historique  et  pratique  de  l'art  de  la  danse,  de  la  panto- 
mime, du  ballet  »,  par  Charles  Blasis,  premier  danseur 
du  roi  d'Angleterre.  Londres,  1825.  1  vol.  in-18. 

Ce  livre  est  l'édition  originale  et  princeps  de  l'ouvrage 
de  Blasis. 


BIBLIOGRAPHIE  :j;)7 

CELLAIIIUS.  La  Danse  des  salons,  par  Cellarius, 
avec  dessins  de  Gavarni.  Paris,  1849.  1  vol.  in-8^  Chez 
l'auteur,  rue  Vivienne. 

Ouvrage  théorique,  bien  conçu,  bien  ordonné  et  inté- 
ressant pour  les  portraits  du  temps  faits  par  Gavarni. 
L'auteur,  Cellarius,  a  beaucoup  insisté  sur  la  valse  et  sur 
la  mazurka  russe,  danses  dans  lesquelles  il  excellait. 

ESSAI  SUR  LA  DANSE.  Ouvrage  anonyme,  petit 
in-12  avec  planches.  Très  curieux  petit  livre  à  consulter, 
surtout  pour  les  planches  explicatives  des  premiers 
principes  de  la  danse. 

ALBERT.  L'Art  de  danser  à  la  ville  et  à  la  cour, 
((  ou  nouvelle  méthode  des  vrais  principes  de  la  danse 
française  et  étrangère;  manuel  à  l'usage  des  maîtres  à 
danser,  des  mères  de  famille  et  des  maîtresses  de 
pension,  dédié  à  la  jeunesse  française,  par  Albert; 
rédigé  par  une  Société  d'artistes  et  d'amateurs,  et  les 
plus  habiles  professeurs  de  la  capitale.  »  Paris,  chez 
l'auteur,  rue  de  la  Harpe,  12. 

Utile  petit  livre  écrit  sans  prétention  et  rappelant 
l'étymologie  des  figures  de  notre  quadrille  français. 

PERROT  ET  ADRIEN  ROBERT.  La  Polka  enseignée 
sans  maître,  «  son  origine,  son  développement  dans  le 
monde  »,  par  MM.  Adrien  Robert  et  Perrot,  d'après 
M.  Eugène  Goralli,  de  l'Académie  royale  de  musique; 
orné  de  vingt  gravures  sur  bois  de  Geoffroy.  1  vol.  petit 
in-18.  Paris,  Aubert,  1845. 

Sous  une  forme  agréable  d'humour,  cette  plaquette 
renferme  l'histoire  et  la  théorie  de  la  polka  en  1844.  Les 
gravures  sont  à  consulter;  elles  rendent  toutes  les  poses 
usitées  dans  les  premières  polkas. 

PHILIPPE  GAWLIKOSKI.  Guide  complet  de  la 
danse,  «  comprenant  le   quadrille,  la    polka,   polka- 


398  BIBLIOGRAPHIE 

mazurka,  redowa,  scottish,  valse,  quadrille  des  lan- 
ciers, cotillon,  mazurka  polonaise  avec  la  musique  », 
par  Philippe  Gawlikoski,  professeur  de  danse.  Paris, 
Taride,  1858.  1  vol.  petit  in-18. 

Le  style  charmant  de  ce  petit  livre  est  évidemment 
l'œuvre  d'un  avocat  ou  médecin  élève  du  professeur;  la 
forme  du  style  en  fait  preuve  surtout  chez  celui  qui  a, 
comme  moi,  eut  tant  de  difficulté  à  soutenir  des  conver- 
sations même  pratiques  avec  le  bon  M.  Gawlikoski. 
Rendons-lui  cette  justice  qu'il  a  fait  de  très  bons  élèves 
et  qu'ils  ont  su  traduire  avec  fruit  ses  leçons.  L'ouvrage 
est  théorique,  mais  parsemé  de  quelques  notes  humoris- 
tiques très  agréables  à  lire. 

A.  DE  SAL\T-LÉON.  L'Osténographie  «  ou  l'art 
d'écrire  promptement  la  danse  »,  par  Arthur  de  Saint- 
Léon,  premier  maître  de  ballet.  Paris,  chez  l'auteur,  rue 
des  Martyrs,  58,  Avec  le  portrait  et  la  biographie  des  plus 
célèbres  maîtres  de  ballet,  français  et  étrangers.  1  vol. 
in-^"  avec  planches,  figures  et  portraits,  185:2. 

Magnifique  ouvrage  édité  luxueusement.  N"  2021  du 
catalogue  de  la  Bibliothèque  de  l'Opéra.  Après  avoir 
donnée  une  explication  très  détaillée  et  figurée  par  les 
graphiques  de  chorégraphie,  accompagnés  de  musique, 
l'auteur  associe  à  la  description  de  sa  méthode  de 
danse  les  dièzes,  bémols,  bécarres  de  la  musique. 

La  seconde  partie  de  l'œuvre  est  pleine  d'intérêt  pour 
nos  chorégraphes  (si  tant  est  qu'il  nous  en  reste  encore), 
car  elle  constitue  une  série  d'études  de  phrases  et  de 
motifs  chorégraphiés  musicalement. 

Dans  la  dernière  partie,  nous  trouvons  les  portraits  et 
biographies  de  nos  plus  célèbres  maîtres  et  compositeurs 
de  ballets.  Comme  conclusion,  excellent  ouvrage  dû  à 
un  maître  qui  n'a  pas  encore  été  remplacé  sur  notre 
graude  scène  de  l'Opéra,  malgré  ce  qu'a  dit  son  collègue 
Léopold  Adice,  Pourquoi  les  querelles  de  clocher 
viennent-elles  chercher  à  ternir  un  talent  aussi  sérieux, 


BIBLIOGRAPHIE  399 

aussi  vaste  que  celui  de  Saint-Léon?  Ne  lui  devons- 
nous  pas  le  Violon  du  Diable,  ballet  dans  lequel,  auteur, 
danseur  et  violoniste,  il  s'était  acquis  un  nom  inattaquable 
et  un  succès  des  plus  francs.  Rendons-lui  justice  en  nous 
répétant  :  Saint-Léon  n'a  jamais  été  remplacé  à  l'Opéra. 

ARTE  DE  DANZAR  A  LA  FRANCESA.  «  Arnoldo 
con  quaranta  y  toutas  laminas,  que  ensenam  et  modo  de 
hacer  totos  los  passos  de  las  danzas  de  Corte,  con  totas 
sus  reglas,  y  de  conducir  las  brazos  en  cada  passo;  y  par 
chorégraphia  demestram  como  se  debent  escriber,  y 
delinear  otras.  Obra  muy  conveniente,  no  solamente  à 
la  juventad,  que  queren  agrunder  et  bene  danzar  sino 
aufi  a  las  personas  civiles  y  honestas,  a  quien  1er 
ensemà  las  reglas  para  bene  audar,  i  aludar,  y  hacer  las 
cartesias,  que  contennent  en  quelefquier  suerte  de 
personas.  Correzio  en  esta  Tercera,  impression  per  su 
autorPabloMinguet  Eyrsol,  Gravadorde  Sellos,  laminas, 
formas  y  astras  Cosar.  Con  licentia,  en  Madrid  en  la 
officina  del  autor,  anno  de  1758.  »  1  vol.  petit  in-32. 

Ce  charmant  petit  volume  peut  être  consulté  à  la 
Réserve  de  la  Bibliothèque  nationale,  catalogue  V.  Très 
rare.  Je  l'aurais  omis  ici,  s'il  n'avait  pas,  à  côté  de  la 
curiosité  artistique,  présenté  un  intérêt  utile  à  la  con- 
naissance de  nos  anciennes  danses.  Les  figures,  très 
sûrement  dessinées,  représentent  les  positions  de  l'élève, 
accompagné  par  son  maître  à  danser,  tenant  à  la  main 
l'antique  pochette.  On  y  trouve  le  menuet  dansé  en  1758. 
Le  passe-pied  y  est  décrit  avec  une  contredanse  du  temps  ; 
je  signale  aux  amateurs  de  danses  anciennes  la  table 
finale  du  livre  dressée  avec  beaucoup  de  soins  et  d'in- 
telligence. 

EUGÈlVE  CLÉMENT.  Les  Panses  des  salons,  «  théories 
réunies  et  publiées  par  Eug.  Clément,  directeur  des  cours 
Renausy  » .  Paris,  1881.  Petite  plaquette  in-32  avec  figures. 

Bon  petit  manuel  théorique,  mais  rien  de  plus. 


10(1  HIHLI()(.i;.\l>HIE 

G.  DESIIAT.  Le  Quadrille  français,  «  simple  et 
croisé  »,  par  G.  Desrat.  1  vol.  petit  in-32.  Paris, 
Walder,  1855. 

Petite  plaquette  comprenant  la  théorie  des  deux 
quadrilles  simples  et  croisés,  tels  qu'on  les  dansait  à 
l'époque,  et  agrémenté  d'un  aperçu  historique  sur  l'ori- 
gine des  figures. 

G.  DESRAT.  Le  Cotillon  avec  toutes  ses  figures. 
Paris,  Walder,  1855.  1  vol.  in-32. 

Manuel  contenant  toutes  les  figures  du  cotillon  usitées 
en  1855  et  antérieurement.  Ouvrage  essentiellement 
théorique. 

G.  DESRAT.  Méthode  de  danse  complète,  dédiée  à 
son  père  et  à  son  professeur  Edouard  Carré,  à  l'usage 
des  pensionnats,  des  familles,  avec  planches,  dessins; 
musique  de  Desgranges,  Strauss,  etc.  Texte  de  G.  Desrat, 
professeur  de  danse.  Paris,  1863.  1  vol.  in-4''  oblong. 
Au  Ménestrel. 

Cette  méthode,  toute  théorique,  est  à  la  danse  ce  qu'est 
à  la  musique  la  méthode  de  Carpentier  pour  le 
piano;  elle  contient  toutes  les  gammes  de  la  danse 
accompagnées  de  la  musique  sur  laquelle  elles  sont  tra- 
vaillées et  toutes  les  danses  usitées  dans  les  salons,  éga- 
lement avec  les  motifs  de  musique  des  meilleurs  auteurs, 
Strauss,  Desgranges,  Wallestein,  etc.  Par  cette  méthode 
les  parents  peuvent  suppléer  le  professeur  et  donner  eux- 
mêmes  à  leurs  enfants  tous  les  principes  élémentaires. 

G.  DESRAT.  Vade-mecum  du  cotillon  et  de  son  con-  [i 
ducteur,  contenant  187  figures,  par  G.  Desrat.  Paris,  j| 
1882,  Heugel  et  Giroux.  1  vol.  in-32.  jî 

Ce  vade-mecum  est  une  seconde  édition,   plus  cora- i^ 
plète,  du  Cotillon,  publié  en  1855,  chez  Walder.  J'ai 
ajouté  les  figures  nouvelles  introduites  dans  cette  danseijj 
de  1855  à  1882. 


BIBLIOGRAPHIE  iOI 

G.  DESRAT.  Nouveau  Traité  de  danse  Imtorique  et 
pratique,  par  G.  Desrat,  avec  figures.  Paris,  Delarue, 
1883.  1  vol.in-1-2. 

Ouvrage  faisant  partie  de  la  collection  Delarue,  5,  rue 
des  Grands-Augustins.  A  côté  de  quelques  détails  histo- 
riques, on  trouve  la  théorie  de  toutes  les  danses  usitées 
de  nos  jours  ;  on  trouve  également  celle  de  toutes  les 
anciennes  du  moyen  âge.  Quelques  figurines  accompa- 
gnent le  livre. 

JOURNAL  DE  LA  DANSE,  des  bals  et  des  danseurs, 
publié  rue  Vivienne,  i2,  par  Saint-Ibald  de  décembre 
1882  à  avril  1883.  Relié  en  un  volume  in-32.  Extraits 
du  journal. 

Huit  numéros  seulement  ont  vu  le  jour  ;  les 
premiers  étaient  presque  réservés  à  des  annonces  pour 
les  bals  de  société  ;  les  derniers  devinrent  plus  intéres- 
sants en  donnant  quelques  notes  historiques  et  pratiques. 
Le  départ  précipité  de  son  fondateur  en  arrêta  la  publi- 
cation en  mai  1883. 

J.  WALLON.  Vade-mecum  des  danseurs  et  des  habi- 
tués des  salons,  par  J.  Wallon,  professeur  de  danse  et  de 
maintien  à  Amiens.  Amiens,  1884.  Petite  plaquette  in-32. 
Chez  l'auteur. 

Charmante  petite  plaquette  contenant  malgré  son 
léger  volume  et  format  des  notes  très  utiles  aux  élèves. 

PÉRIN  ET  LA  HAXTE.  Chorégraphie  nouvelle  «  ou 
méthode  pour  former  et  danser  soi-même  les  contre- 
danses», par  Périn  et  La  Hante.  Paris,  1762.  1  vol. 
in-8°. 

Ouvrage  théorique  très  rare  et  peu  connu.  Il  contient 
24  planches  chorégraphiques  avec  les  termes  usités.  Six 
planches  finement  gravées  sont  consacrées  à  la  musique 
d'anciennes  contredanses.  Ce  livre,  intéressant  au  plus 
haut  degré,  n'a  paru  depuis  trente  années  qu'une  seule 


402  BIBLIOGRAPHIE 

fois  ;  ce  fut  dans  le  catalogue  Ritt,  rue  Bonaparte,  en 
1884.  L'ouvrage  est  de  1762. 

GUILLAUME.  Caractères  de  la  danse  allemande 
«  figurés  en  taille-douce,  telle  qu'elle  s'exécute  au 
Vaux-Hall  de  cette  ville,  avec  explication  des  pas  et 
enchaînements,  où  se  trouve  un  recueil  de  contredanses 
et  menuets  les  plus  nouveaux  avec  des  notes  historiques 
sur  l'origine  et  l'utilité  de  la  danse,  dédié  au  beau  sexe  », 
par  Guillaume,  maître  de  danse.  Paris,  chez  l'auteur, 
rue  des  Arcis,  maison  du  commissaire.  Sans  date  (vers 
1770).  1  vol.  in-12. 

Ce  joli  petit  ouvrage,  très  rare  et  très  estimé,  puisque 
je  l'ai  rencontré  tarifé  120  francs  dans  le  catalogue 
Greppe,  de  mai  1887,  est  parfaitement  conçu  ;  il  est 
orné  d'un  titre  finement  gravé.  La  théorie  mérite  toute 
l'attention  des  artistes.  La  seconde  partie  contient  un 
recueil  de  menuets  et  de  contredanses  très  peu  connus 
chez  nous.  Deux  planches  de  musique  doivent  égale- 
ment attirer  l'attention. 

LABORDE.  Le  Cotillon,  avec  texte,  musique,  des- 
sins. Paris,  Heugel.  1  vol.  in-4"  oblong.  Date  présumée 
1860. 

Ouvrage  édité  avec  luxe  et  contenant  la  théorie  des 
figures  du  cotillon  en  1860. 

E.  (illlAUDET.  Traité  de  la  danse.  «  seul  guide 
complet,  renfermant  200  danses  différentes  de  salons, 
bals,  sociétés,  concerts,  province,  étranger,  avec  500  des- 
sins et  figures  explicatives  »,  par  Eugène  Giraudet, 
auteur,  professeur  de  danse  à  Paris.  Prix  :  2  fr.  50. 
Paris,  1890,  tous  droits  réservés.  1  vol.  in-8". 

Ouvrage  auquel  l'auteur  a  dû  consacrer  bien  des  nuits 
de  labeur  et  de  patience  ;  il  eût  été  préférable  qu'il 
réduisît  son  travail  aune  étude  plus  approfondie  de  nos 
danses  actuelles  et  surtout   qu'il  ne  se  servît  dans  ses 


BIBLIOGRAPHIE  403 

explications  que  de  véritables  termes  chorégraphiques. 
De  pareilles  licences  amènent  la  confusion  dans  notre 
langage  usuel.  Son  livre  est  excellent  et  fort  utile  à 
consulter. 

Je  préfère  de  beaucoup  la  seconde  édition  résumée  ; 
elle  est  plus  facile  à  étudier  et  à  comprendre  pour 
les  élèves.  Un  petit  in-32,  format  populaire. 

E.  GIRAUDET.  Nouveau  Guide  de  la  danse,  par 
Eugène  Giraudet,  auteur  et  professeur  de  danses  théâ- 
trales, salons  et  sociétés,  etc.,  etc.  D'après  son  nouveau 
procédé.  Paris,  39,  boulevard  de  Strasbourg.  Brochure 
in-S".  1"  édition,  1888. 

Cette  brochure,  simplement  théorique,  traite  de  la 
valse,  scottish,  polka,  et  autres  danses  tournées  par  un 
couple.  Le  procédé  que  l'auteur  qualifie  de  nouveau  n'est 
autre  que  celui  de  tous  les  anciens  maîtres. 

MARTIXET  ET  DLPLAIN-MARTINET.  Essai  OU 
principes  élémentaires  de  la  danse,  «  utiles  aux  per- 
sonnes destinées  à  l'éducation  de  la  jeunesse,  »  par 
J.-J.  Martinet,  maître  à  dansera  Lausanne,  1797.  1  vol. 
in-3^,  chez  Monnier  et  Jacquerod. 

Charmant  petit  volume  illustré  de  quelques  vignettes 
représentant  les  positions,  la  tenue,  la  marche  de  l'élève. 
Plusieurs  de  nos  grands-parents  sont  loin  de  pressentir 
que  dès  cette  époque  on  connaissait  la  boîte  appelée  à 
redresser  les  genoux,  boîte  dont  presque  tous  étaient 
contraints  de  se  servir  pour  danser  avec  les  genoux  en 
dehors.  A  la  page  30  de  son  livre,  Martinet  nous  donne 
l'explication,  le  but  et  le  résultat  de  cet  appareil  qui,  de 
nos  jours,  serait  plus  utile  que  jamais  et  plus  facile  à 
employer  en  en  confiant  la  construction  à  la  maison 
Charrière.  Le  bois  qui  recouvrait  primitivement  la  plan- 
chette soutenant  les  genoux,  serait  recouvert  d'une  souple 
garniture  et  permettrait  à  l'enfant  de  prolonger  sans 
fatigue  la  position  écartée  des  deux   genoux.   Duplain 


iOi  r.ii!i.i()(iii.\PHiK 

peut  servir  à  tous  les  danseurs  d'autorité  professorale 
quand  il  énonce  les  résultats  auxquels  il  est  arrivé  : 
«  L'usaj^e,  dit-il,  d'une  boîte,  d'une  invention  très 
simple,  mit  à  même  de  redresser  parfaitement  les  genoux 
d'un  enfant,  âgé  de  neuf  ans  ou  huit  ans,  qui  était 
tellement  bancroche  qu'étant  debout,  les  deux  jarrets 
bien  tendus,  ses  deux  genoux  se  louchaient,  et  il  y  avait 
treize  pouces  de  distance  d'un  pied  à  l'autre.  Après  trois 
ans  consécutifs  d'exercice  et  de  pratique,  je  suis  parvenu 
à  le  redresser  parfaitement.  Ce  jeune  homme,  aujour- 
d'hui âgé  de  dix-huit  ans,  est  aussi  droit  qu'il  est  pos- 
sible de  l'être  et  a  la  démarche  aisée.  j> 

L'ouvrage  est  terminé  par  de  bons  conseils  sur  les 
saluts  et  les  révérences  de  ville  et  de  salon  ;  et  par  une 
étude  des  pas  usités  dans  les  contredanses  du  temps. 

A  ce  charmant  petit  ouvrage  a  été  ajouté  un  poème  de 
M.  Duplain  sur  la  célèbre  danseuse  la  Guimard,  sous  le 
titre  r^ri  de  la  danse  pantomime.  Quelques  feuillets 
in-32  sont  consacrés  à  cette  brillante  étoile  de 
Les  trois  derniers  vers  suffisent  à  prouver  le 
tique  dépensé  à  juste  titre  en  l'honneur  de  la  danseuse 
qui  sut  si  brillamment  tenir  le  premier  rang  parmi  les 
éblouissantes  danseuses  de  l'époque  : 

Un  souris  de  Guimard  vaut  rimmortalité. 
Voilà  votre  laurier,  enfant  de  Terpsichore, 
Que  chacun  le  cultive  et  que  chacun  l'adore. 

BER  TANZ  UND  SEINE  GESCHICHTE,EINE  CUL- 
TURHISTORISCH-  CHOREGRAPHISCHE     STUDIE 

((  mit  einem  Lexikon  der  Tânze  »  von  Rudolph  Volz, 
kgl.  Tânzer  und  Hoftanzlehrer  (sans  date,  mais  moderne). 
((  La  Danse,  son  histoire  civilisatrice,  avec  étude  histo- 
rique, chorégraphique  et  un  dictionnaire  contenant  les 
danses  anciennes  et  modernes  »,  par  Rodolphe  Voss, 
premier  danseur  et  professeur  de  la  cour.  1  vol.  texte 
allemand,  sans  date.  Leipzig,  lieu  présumé  de  publica- 
tion. Chez  tous  les  libraires. 


es  feuillets  . 
e  la  danse,  j 
goût  artis-    1 


BIBLIOGRAPHIE  405 

Ouvrai^e  plein  d'érudilion,  tant  au  point  de  vue  histo- 
rique qu'au  point  de  vue  théorique.  Le  succès  qu'il 
obtint  répondit  à  celui  que  l'auteur  était  en  droit  d'at- 
tendre. On  trouve  non  seulement  des  théories  scienti- 
fiques, mais  des  aperçus  historiques  presque  nouveaux 
pour  nous.  Entre  autres  les  notes  qu'il  donne  sur  le  mot 
cancan.  Ouvrage  inconnu  en  France. 

GRAMMAR  ZORN.  «  Grammar  of  the  art  to  dancing, 
theoritical  and  practical.  Instruction  in  the  art  of  dancer 
and  in  writing  (describing)  of  dancer  ;  or  choregraphy. 
With  an  atlas  containingdrawlings  and  musical  examples 
with  chorégraphie  désignation  »,  by  Frederick  Albert 
Zorn,  published  under  Ihe  direction  of  professer 
E.  Woodvoorlh  Masters,  member  of  the  American  natio- 
nal Association  of  Teachers  of  dancing  of  the  United 
States  and  Canada.  Publié  à  Boston,  chez  Maass. 
3  volumes  in-i"  oblong.   Texte,  planches   et   musique. 

Cet  ouvrage  est  sans  contredit  le  plus  érudil,  le  plus 
intéressant,  le  plus  savant  que  nous  possédions  et  il  est 
à  regretter  vivement  qu'il  n'ait  pas  encore  été  traduit 
en  français.  Il  existe  en  russe,  en  allemand  et  en  anglais; 
son  savant  auteur,  avec  lequel  je  suis  une  correspon- 
dance active  et  qui  sera  notre  président  au  Congrès  de 
la  danse  à  Londres,  espère  toujours  que  les  artistes  fran- 
çais lui  feront  l'honneur  d'une  traduction.  Non  seule- 
ment l'ouvrage  mérite  cet  honneur,  mais  il  y  a  droit, 
tant  il  est  appelé  à  rendre  service  à  l'art.  L'auteur  a 
consacré  trente  années  de  sa  vie  laborieuse  à  mener  à 
bonne  fin  son  travail  digne  de  nos  anciens  Bénédictins. 
Non  seulement  les  pas  sont  chorégraphiés,  mais  aussi 
bien  les  mouvements  de  bras  et  les  gestes  ;  le  port  de  la 
tête  suivant  les  pas  est  indiqué  par  des  signes  aussi 
clairement  que  les  pas  de  la  danse.  Malheureusement, 
cet  ouvrage  n'est  pas  encore  répandu  en  France,  mais  il 
le  sera  forcément  un  jour,  car  l'art  s'impose  et  tôt  ou  tard 
réclame  son  droit.  Si  je  n'eusse  été  forcé  de  procéder 


406  BIBLIOGRAPHIE 

dans  cette  bibliographie  par  ordre  chronologique,  j'au- 
rais cité  l'ouvrage  de  M.  Zorn  le  premier.  Espérons  que 
la  Bibliothèque  de  l'Opéra  s'enrichira  de  ce  trésor  cho- 
régraphique. Peut-être  déjà  son  aimable  archiviste, 
M.  Nuitter,  est-il  en  sa  possession. 

G.  DESRAT.  Petit  Traité  de  la  danse.  Paris,  chez 
Delarue.  1  vol.  in-3:2.  1890.  Ce  petit  volume  n'est  qu'un 
extrait  populaire  du  Traité  de  danse  cité  plus  haut. 

GAUDREAU.  Nouveau  Recueil  de  danses  de  bals  et 
celles  de  ballets,  «  contenant  un  grand  nombre  de  nom- 
breuses entrées  de  ballet  de  la  composition  de  M.  Pé- 
cour  ».  Paris,  171:2.  Petit  in-folio. 

Bien  que  tracé  et  conçu  avec  beaucoup  de  soin  et 
d'érudition,  ce  livre  ne  saurait  être  utile  qu'à  des  maîtres 
de  ballet  soucieux  de  conserver  les  anciennes  traditions 
dans  la  composition  de  leurs  ballets,  principalement  des 
grands  ballets  d'action.  Pécour  se  distinguait  dans  ces 
grandes  manifestations  de  l'art  chorégraphique  et  a  laissé 
un  nom  vénéré  dans  la  danse  théâtrale. 

DÉSIRÉ  VESTRIS  (pseudonyme).  Les  Danses  d'au- 
trefois, «  de  la  pavane  à  la  gavotte  »,  par  Désiré  Vestris. 
Paris,  Marpon  et  Flammarion,  :26,  rue  Racine.  1  vol. 
petit  in-3^,  de  la  collection  J.  Taride. 

Charmant  petit  livre  plein  d'intérêt  ;  il  serait  même 
très  utile  si  le  côté  historique  eût  été  traité  avec  moins 
d'humour.  L'esprit  de  son  auteur  aurait  porté  grands 
fruits  s'il  eût  pu  être  dépensé  par  un  professeur  de  danse 
au  lieu  d'avoir  été  prodigué  par  un  fort  intelligent 
amateur. 

GAWLIKOSKI.  Guide  complet  de  la  danse.  Paris, 
Marpon  et  Flammarion.  1  vol.  cartonné  in-32. 

La  librairie  Marpon  et  Flammarion,  après  avoir  acheté 
la  collection  Taride,  a  fait  une  seconde  édition  de  ce 


BIBLIOGRAPHIE  407 

livre  qui,  comme  je  l'ai  dit,  est  dû  à  un  de  nos  plus 
spirituels  avocats  et  des  plus  assidus  élèves  du  profes- 
seur. 

S.  ASCHERS.  Pocket  Guide  for  beginnersandadvanced 
dancers,  «  by  professor  S-  Ascher,  member  of  the 
Society  of  professors  of  dancing.  Containaing  a  fuU 
description  of  ail  the  fashionable  dance  and  figures  of  the 
German.  »  Broad  street,  below  Walnut,  Philadelphia. 
Plaquette  in-3i2. 

Présentée  gracieusement  sous  forme  de  petit  pocket 
book,  cette  petite  plaquette  résume  en  quelques  pages 
et  en  termes  clairs  et  .concis  les  principales  danses  de 
société  usitées  en  Amérique  ainsi  que  beaucoup  des 
nôtres. 

WOODWORTH.  The  Standard  dance,  album  by 
E.  Woodworth  master,  président  of  the  Association  of 
theachers  of  dancing  of  New  England.  Boston,  pu- 
blished  by  author,  1883.  I  vol.  in-18. 

Livre  fait  avec  tout  le  soin  apporté  par  les  professeurs 
de  danse  étrangers  ;  il  serait  bon  que  beaucoup  de  nos 
jeunes  maîtres  à  danser  s'inspirassent  des  utiles  conseils 
des  professeurs  d'Amérique. 

EDWART  SCOOT.  Dancing  as  an  art  and  pastime, 
by  Edwart  Scoot,  author  of  «  Dancing  as  it  should  be  ; 
Dancing  andDancers,  or  Grâce  and  FoIly)),etc.  London, 
Georges  Bell  and  sons,  York  street,  Covent  Garden,  1892. 
1  vol.  in-18  cartonné. 

Cet  ouvrage  se  recommande  non  seulement  par  le 
texte  savamment  étudié,  par  la  théorie  de  tous  les  pas 
définie  avec  le  plus  grand  soin,,  mais  encore  par  les 
photogravures  et  les  instantanés.  L'auteur  met  en  relief 
les  défauts  et  les  qualités  des  élèves  en  leur  enseignant 
par  des  figurines  tout  ce  qu'ils  doivent  éviter  et  tout  ce 
qu'ils  doivent  pratiquer  dans  la  tenue  et  les  pas  de  danse. 


m  BIBLIOGRAPHIE 

BIUWET.  Théorie  pratique  du  danseur  de  société, 
«  ou  l'art  d'apprendre  sans  maître  les  figures  de  la 
contredanse  française  et  de  la  valse  ».  Ouvrage  orné  de 
plans  descriptifs  et  d'un  grand  nombre  de  gravures, 
indiquant  les  routes  diverses  et  les  différentes  places  que 
le  cavalier  et  la  dame  occupent  successivement  dans  le 
courant  de  la  contredanse,  par  Brunet,  professeur  à  Paris. 
Chamerot,  1832.  1  vol.  petit  in-^",  n"  5400  Bibliothèque 
de  l'Opéra. 

Rarement  on  a  trouvé  un  professeur  sachant  joindre 
aussi  facilement  la  pratique  de  l'art  à  la  théorie.  Après 
avoir  démontré  les  premiers  pas  de  danse,  il  passe  à  la 
contredanse  et,  de  là,  à  la  valse  à  trois  temps  démon- 
trée aussi  bien  dans  le  texte  que  dans  les  planches. 
L'élève  peut  facilement  suivre  pied  à  pied  les  trois  pas 
de  la  valse  et  les  mouvements  tournants.  Le  chapitre 
consacré  à  la  valse  peut  être  considéré  comme  le  meil- 
leur traité  de  cette  danse. 

M.  B.  GILBERT.  Round  dancing,  by  M.  B.  Gilbert, 
memberofthe  American  Society  of  professors  of  dancing. 
New-York.  1  vol.  in-12.  New-York.  The  Galop.  Publishing 
Company,  Boston,  Mass. 

Il  serait  à  désirer  pour  tous  ceux  qui  s'adonnent  à  l'art 
de  la  danse  que  cet  excellent  ouvrage  fût  répandu  en 
France;  le  luxe  de  l'édition  ne  le  cède  en  rien  à  celui 
de  l'érudition  de  l'auteur.  Ce  livre  est  une  des  œuvres 
Jes  plus  complètes  et  les  mieux  étudiées  sur  toutes  nos 
danses  tournantes.  Les  photographies  finement  repro- 
duites et  jointes  à  un  glossaire  fort  intelligemment  écrit 
ajoutent  à  l'intérêt  du  livre. 

LÉOPOLD  ADICE.  Théorie  de  la  gymnastique  de  la 
danse  théâtrale  «  avec  une  monographie  des  diverses 
maladies  qui  sont  la  conséquence  de  l'exercice  de  la 
danse  théâtrale  :  la  crampe,  les  courbatures,  les  points 
de  côté  »,  etc.,  par  Léopold  Adice,  artiste  et  professeur j 


BIBLIOGRAPHIE  i09 

chorégraphe  de  perfectionnement  attaché  à  l'Académie 
impériale  du  grand  Opéra.  Paris,  imprimerie  Chaix, 
1859.  1  vol.  in-V. 

Ce  volume,  qui  fut  le  seul  imprimé,  est  suivi  de  trois 
autres  manuscrits  formant  trois  volumes  grand  in-S"  et 
qui  sont  conservés  à  la  Bibliothèque  de  l'Opéra.  Ces 
manuscrits,  achetés  après  la  mort  de  l'auteur  par  l'ar- 
chiviste Nuitter,  sont  écrits  avec  le  plus  grand  soin  et 
accompagnés  de  figurines  dessinées  et  rendues  par 
l'auteur  dans  une  perfection  que  je  ne  crains  pas  de 
qualifier  incomparable.  L'auteur  a  dû  consacrer  une  vie 
entière  à  ce  travail.  Tous  les  mouvements  du  corps,  de 
tous  les  membres,  depuis  la  tête  jusqu'aux  extrémités, 
sont  traités,  étudiés,  dessinés  de  main  de  maître.  Tous 
les  chorégraphes,  maîtres  de  ballet  et  professeurs  ne  pour- 
ront trouver  d'études  plus  fructueuses  qu'en  étudiant 
sérieusement  ces  précieux  et  volumineux  manuscrits. 
Consacré  surtout  à  la  danse  de  théâtre,  cet  intéressant 
ouvrage  rendra  service  à  tous  les  danseurs  principale- 
ment, car  il  a  su  conserver  les  principes  artistiques 
des  Mérante,  Saint-Léon  et  Carré,  nos  regrettés  maîtres 
de  ballet. 

GI'ILLAOIOT.  La  Pavane  «  d'après  VOrchésograph  le 
de  Thoinot-Arbeau».  Paris,  1889.  Brochure  in-i°. 

Brochure  à  consulter  seulement  pour  les  costumes  du 
temps  fidèlement  traduits. 

GUILLAUMOT.  Les  Danses  françaises,  «  la  pavane, 
la  bourrée,  le  menuet,  le  tambourin,  la  gavotte,  la 
polka  ».  Paris,  brochure  in-8'',  1889. 

Brochure  à  consulter  au  point  de  vue  des  costumes 
des  époques  où  lesdites  danses  étaient  mises  en  pra- 
tique. 

COURS  DE  DANSE  FIN  DE  SIÈCLE,  avec  illustra- 
tions de  Louis  Legrand.  Tiré  en  tout  à  350  exemplaires 

t8 


410  BIBLIOGRAPHIE 

sur  japon,  et  contenant  les  fleurons,  vignettes  et  culs- 
de-lampe  en  couleur  avec  les  eaux-fortes  terminées. 
1  volume  in-8\  Paris,  1889,  librairie  Lartic,  60,  rue  de 
Richelieu. 

Ce  livre  n'est  autre  que  la  reproduction  des  gravures 
et  articles  de  danse  publiés  dans  le  Gil  Blas  des  10,  20, 
iî3  mai  1891.  Les  articles  étaient  publiés  dans  le  supplé- 
ment du  journal  sous  le  titre  û.' Excentricités  de  la 
danse.  Les  dessins  de  Louis  Legrand  sont  seuls  à  étudier; 
car,  pour  tout  ce  qui  concerne  la  dislocation  des  adeptes 
de  la  danse  fin  de  siècle,  rien  ne  peut  arrêter  l'attention 
du  lecteur  sérieux.  Le  titre  seul  du  premier  chapitre 
est  loin  d'inviter  à  passer  au  second.  Le  chahut  n'a  rien 
qui  nous  rappelle  le  joyeux  cancan  de  nos  ancêtres.  La 
grisette  peut  être  comprise  en  1848,  mais  l'hystérique 
acrobate...  Passons.  Toutefois  ce  livre  est  une  curieuse 
étude  sur  l'origine  de  ces  nouvelles  étoiles  chorégra- 
phiques dont  les  excentricités  captivent  le  public. 
L'auteur  anonyme  ne  serait-il  pas  un  de  nos  jeunes 
avocats  dont  le  nom  présente  la  plus  grande  similitude 
avec  celui  de  Louis  Legrand,  dessinateur  des  charmantes 
gravures?  On  l'a  dit  et  on  le  redit.  Pourrions-nous  croire 
que  ce  nouveau  caractère  de  danse  serait  présumé  et 
prévu  en  1856  par  l'un  de  nos  premiers  maîtres  de  ballet 
de  l'Opéra?  On  peut  s'en  convaincre  en  consultant  au 
mot  Saint-Léon  l'article  écrit  sur  son  Élat  de  la  danse 
en  1856  (voir  au  mot  Saint-Léon). 

DE  SORIA  FILS.  Manuel  du  maintien  et  de  la  danse. 
Enoch  et  Flammarion,  éditeurs.  1  vol.  petit  in-i"  avec 
gravures,  189-4. 

Charmant  ouvrage  présenté  très  agréablement  avec 
dessins  de  Henry  Gray;  essentiellement  pédagogique.  Ce 
livre  est  d'une  utilité  pratique  pour  tous  les  élèves 
auxquels  le  maître  dédie  son  ouvrage.  On  doit  regretter 
que  la  musique  des  danses  dont  il  parle  ne  soit  pas 
accompagnée  de  la  théorie  chorégraphique.  On  trouve 


BlËLIOORAPHIË  '  Ui 

dans  ce  manuel  toutes  les  danses  actuellement  usitées: 
pas  de  quatre,  valse,  coquette,  quadrilles  et  le  menuet 
de  la  Reine,  composition  charmante  de  l'auteur.  La 
mazur  russe,  appelé  mazurka,  occupe  une  large  place  à 
la  fin  du  volume. 


DEUXIEME    PARTIE 

Livres  historiques 

LE  PÈRE  MÉXÉTRIER.  Des  ballets  anciens  et 
modernes,  par  le  R.  P.  Ménétrier,  de  la  Compagnie  de 
Jésus,  suivant  les  règles  de  théâtre.  Paris,  Guignard, 
1682.  1  vol.  in-12. 

Livre  très  rare  et  conçu  avec  l'esprit  méthodique  du 
savant  Pôrejésuite,  auquel  on  doit  également  un  ouvrage 
remarquable  sur  les  blasons.  Toute  la  science  ballerine 
en  France  y  est  étudiée  avec  intelligence  et  la  compé- 
tence due  à  l'érudition  accusée  dans  les  notes.  On  trouve 
dans  cet  ouvrage  une  forte  longue  liste  des  ballets  repré- 
sentés en  France  jusqu'en  1682.  Les  chercheurs  d'his- 
toire de  danse  théâtrale  ancienne  et  moderne  trouveront 
plaisir  et  profit  à  le  consulter. 

DE  CAHlTZAC.  La  Danse  ancienne  et  moderne  «  ou 
traité  historique  de  la  danse  »,  par  M.  de  Cahuzac, 
membre  de  l'Académie  royale  des  inscriptions  et  belles- 
leltres  de  Prusse.  Paris  et  La  Haye,  1754.  3  vol.  in-32. 
Une  autre  édition  existe  en  2  vol.  in-8",  mais  est  très 
rare. 

Très  bon  et  très  utile  ouvrage,  souvent  consulté,  sou- 
vent cité  par  les  historiens  de  l'art  de  la  danse,  en 
France  et  à  l'étranger.  Toutes  les  danses  juives,  hé- 
braïques et  anciennes  sont  étudiées  avec  grand  soin. 
L'ouvrage,  en  un  mot,  doit  attirer  la  plus  grande  atten- 
tion. 

liONXET.  Histoire  générale  de  la  danse  sacrée  et 
I   profane,  «  ses  progrès,  ses  révolutions  depuis  son  ori- 
gine jusqu'à  présent,  avec  un  supplément  de  l'histoire 


iU  BIBLIOGRAPHIE 

de  la  musique  et  le  parallèle  de  la  poésie  et  de  la  pein- 
ture »,  par  M.  Bonnet,  payeur  aux  gages  du  Parlement, 
dédié  à  Monseigneur  le  duc  d'Orléans.  Paris,  D'Houry, 
1724.  1  vol.  in-12. 

Très  bon  ouvrage,  plein  de  documents  intéressants 
sur  les  danses  sacrées  de  l'antiquité.  A  noter,  p.  70,  un 
chapitre  sur  l'origine  de  la  danse  théâtrale  en  France, 
et,  plus  loin,  la  nomenclature  de  tous  les  grands  ballets 
représentés  en  France  de  1450  à  1723. 

NOVERllE.  Lettres  sur  la  danse  et  les  ballets,  par 
M.  Noverre,  maître  de  ballet  de  S.  A.  S.  Monseigneur  le 
duc  de  Wurtemberg,  et,  ci-devant,  des  théâtres  de  Paris, 
Lyon,  Londres.  A  Lyon,  1760,  De  la  Roche.  1  vol.  in-12. 

NOVERRE.  2"  édition,  revue  et  spéciale  pour  Paris. 
Titre  :  Lettres  sur  les  arts  imitateurs  en  général  et  sur 
la  danse  en  particulier,  «  dédiées  à  S.  M.  l'impératrice 
des  Français  et  reine  d'Italie  »,  par  J.-G.  Noverre, 
ancien  maître  des  ballets  en  chef  de  l'Académie  impé- 
riale de  musique,  ci-devant  chevalier  de  l'ordre  du 
Christ,  ornées  du  portrait  de  l'auteur.  Paris,  1807. 
2  vol.  in-8». 

Il  est  facile  de  peindre  en  quelques  lignes  l'impor- 
tance des  ouvrages  de  Noverre.  Ces  livres  plusieurs  fois 
réédités  sont  consultés  par  tous  les  écrivains  anxieux  de 
trouver  des  documents  authentiques  sur  l'histoire  de  la 
danse.  D'un  autre  côté,  tous  nos  grands  maîtres  de  bal- 
lets se  sont  inspirés  des  savants  conseils  que  cet  habile 
artiste  a  su  leur  prodiguer,  en  dévoilant  la  science 
théâtrale  de  la  danse  dans  ses  moindres  détails  comme 
dans  ses  plus  grands  effets. 

AlVGlOLl\l.  Dissertations  sur  les  ballets  et  panto- 
mimes des  anciens  «  pour  servir  de  programme  au  ballet 
de  Sémiramis  »,  par  Angiolini.  Vienne,  Traslern,  1765. 
1  vol.  in-12. 


BIBLIOGRAPHIE  415 

Ouvrage  consacré  à  l'étude  de  l'introduction  de  la 
danse  comme  intermède  dans  les  opéras  et  comme  ballet 
secondaire.  Peu  d'intérêt  en  dehors  de  la  récrimination 
de  l'auteur  sur  la  danse  rejetée  au  second  plan  dans  les 
opéras. 

ANGIOLINI.  Uiscuzzioni  sulla  dansa  pantomima, 
«  vedi  lettere  sulla  danza  di  Noverre,  »  a  del  signer 
Angioliiii.  Texte  français  et  italien.  1  vol.  in-12.  Date 
présumée  :  1760. 

L'auteur  explique  les  motifs  qui  l'ont  amené  à  com- 
battre les  lettres  de  Noverre.  L'auteur  laisse  entrevoir 
des  idées  de  jalousie  et  d'envie  à  l'égard  de  son  illustre 
collègue.  Rien  autrement  n'appelle  l'attention  sur  son 
livre. 

JOHN  SPEXCER.  Disse rtatio  de  ritu  saltandi  et 
ramorcum  circuni  gestatione.  1  vol.  in-4".  Sans  date. 

Malgré  le  nom  de  cet  auteur,  auquel  on  doit  d'excellents 
ouvrages  artistiques,  sa  dissertation  est  presque  dénuée 
d'intérêt;  on  ne  rencontre  que  quelques  notes  sur  les 
danses  anciennes  aux  chapitres  Ugolini,  Colonnes,  de 
1134  à  1536. 

CHARLES  BUTTEUX.  Précis  de  la  danse  ancienne 
et  moderne,  par  Charles  Butteux.  Paris,  date  présumée  : 
1750  à  1780.  1  vol.  in-12. 

Livre  intéressant  à  consulter,  surtout  à  la  page  379, 
pour  les  premiers  essais  d'écriture  chorégraphique, 
ainsi  que  pour  la  biographie  des  premiers  chorégraphes. 
Les  danses  allemandes  captivent  l'attention  de  l'auteur, 
mais  d'une  façon  assez  diffuse. 

DE  L'AULXAYE.  De  la  saltation  théâtrale,  «  ou 
recherches  sur  l'origine,  les  progrès  et  les  effets  de  la 
pantomime  chez  les  anciens  )),  par  M.  de  L'Aulnaye, 
avec  9  planches  en  couleurs.  Paris,  1790.  1  vol.  in-8". 


41<i  niBLIOGRAPHIE 

Livre  aussi  rare  que  curieux  et  jamais  cité  dans  les 
catalogues;  il  est  émaillé  de  notes  et  de  documents 
intéressant  l'histoire  de  la  danse  dans  l'antiquité  grecque. 
Toutes  les  danses  de  l'époque  ancienne  sont  relatées,  et 
quelques  figurines  rappellent  les  costumes  des  anciens 
histrions,  bouffons  et  danseurs. 

MOllEAlT  DE  SAIXT-3IERY.  De  la  danse,  par  le 
conseiller  d'État  M.  Moreau  de  Saint-Mery,  administra- 
teur général  des  Etats  de  Parme,  Plaisance  et  Guastala. 
Parme,  1803.  1  vol.  in-12,  imprimé  par  Bodom. 

Malgré  le  titre,  l'ouvrage  de  M.  de  Saint-Mery  ne  parle 
que  de  quelques  danses  usitées  chez  les  nègres,  et  n'a 
d'intérêt  que  pour  la  question  très  subsidiaire  des  danses 
sauvages.  Son  livre  est  dédié  aux  créoles  et  ne  semble 
nullement  songer  à  ces  ravissantes  et  gracieuses  dan- 
seuses. 

M™'  ÉLISE  VOIART.  Essai  sur  la  danse  ancienne 
et  moderne,  par  M™' Elise  Voiart.  Paris,  Audot,  1823. 
1  vol.  in-32. 

Ce  petit  traité  fait  partie  de  V Encyclopédie  des  dames, 
publiée  en  1823;  il  constitue  un  des  bons  livres  écrits 
sur  la  danse.  Le  style  en  est  féminin  et  agréable.  Sous 
une  forme  méthodique  très  claire,  les  danses  anciennes 
et  modernes  sont  intelligemment  étudiées. 

FAGET.  De  la  danse  «  et  particulièrement  de  la 
danse  de  société  »,  par  M.  Faget,  de  Bordeaux,  profes- 
seur de  danse.  Paris,  1825.  1  vol.  in-8». 

Le  seul  intérêt  de  ce  livre  se  résume  dans  une  apo- 
logie de  la  danse  et  dans  des  remerciements  adressés  à 
son  professeur  M.  Coulon,  artiste  distingué  et  danseur 
très  choyé  du  parterre  de  l'Opéra. 

BAROX.  Lettres  et  Entretiens  sur  la  danse  ancienne 
et  moderne,   religieuse,  civile  et  théâtrale,  accompa- 


BIBLIOGRAPHIE  M7 

gnés   d'une    lithographie    chorégraphique,   par  M.    A. 
Baron.  Paris,  Dondey-Dupré,  1825.  1  vol.  in-8". 

BARON.  Lettres  à  Sophie  sur  la  danse,  «  suivies 
d'entretiens  sur  les  danses  anciennes,  modernes,  civiles, 
religieuses,  théâtrales  ».  par  A.  Baron,  avec  planches. 
Paris,  chez  Dondey-Dupré,  1825.  1  vol.  in-8". 

Ces  deux  excellents  ouvrages  sont  dus  à  un  artiste 
aussi  consciencieux  dans  son  art  que  dans  les  docu- 
ments qu'il  nous  laisse.  Notes,  faits,  anecdotes,  conseils, 
tout  est  à  louanger  dans  ses  ouvrages.  Les  danses  des 
Juifs  font  Fohjet  d'un  chapitre  très  étendu,  et  Ton  peut 
lire  à  la  page  92  un  épisode  fort  curieux  sur  Scaliger  et 
la  pyrrliique.  La  danse  de  ville  et  les  bals  du  moyen  âge 
captivent  l'attention;  en  un  mot,  tout  l'ouvrage  est  à 
consulter  pour  l'histoire. 

CASTIL-BLAZE.  La  Danse  et  les  Ballets,  «  depuis 
Bacchus  jusqu'à  M"'  Taglioni  »,  par  Gastil-Blaze.  Paris, 
Paulin,  1830.  1  vol.  in-12. 

On  serait  en  droit  de  demander  à  cet  auteur,  si 
fécond  en  anecdotes  et  si  érudit  sur  les  questions  artis- 
tiques, un  ouvrage  plus  étendu  et  plus  complet.  Son 
livre  est  attachant  et  curieux,  principalement  pour 
l'époque  de  la  danse  de  Pylade  et  Bathylle.  Les  ballets 
ambulatoires,  les  ballets  de  la  République,  la  descrip- 
tion de  la  fête  de  l'Être  suprême  sont  curieux  à  lire. 
A  la  page  222  on  trouve  la  liste  des  membres  de  la  pre- 
mière Académie  de  danse  fondée  sous  Louis  XIV. 

ALER3IE.  De  la  danse,  «  considérée  sous  le  rapport 
de  l'éducation  physique  »,  par  M.  E.  Alerme,  de  l'Aca- 
démie royale  de  musique.  Paris,  1830.  1  vol.  in-8''. 

Pour  la  première  fois  on  trouve  dans  ce  livre  la  danse 
des  salons,  appelée  danse  bourgeoise.  A  noter  une  bonne 
étude  sur  les  bals  en  1830  et  quelques  conseils  sur 
l'étude  de  la  danse. 

18. 


418  BIBLIOGRAPHIE 

ADRIEN  LAFAGE.  Histoire  générale  de  la  musique 
et  de  la  danse,  par  Adrien  Lafage.  Paris,  1844,  Impri- 
meurs réunis.  2  vol.  in-S". 

Bien  que  spécialement  consacré  à  la  musique,  le  livre 
de  Lafage  contient  de  très  utiles  renseignements  sur  la 
danse,  aux  pages  et  chapitres  suivants  :  Tome  I,  p.  325. 
((  la  Danse  et  les  ballets  chinois  »  ;  tome  I,  p.  571,  «  la 
Danse  chez  les  Indiens  »  ;  tome  II.  p.  154,  «  la  Danse 
chez  les  Égyptiens  »  ;  tome  II,  p.  408,  «  la  Danse  chez 
les  Israélites.  »  On  ne  doit  pas  non  plus  négliger  les 
pages  433  et  suivantes  comme  notes  générales. 

FERTIAl'LT.  Histoire  anecdotique  et  pittoresque  de 
la  danse  «  chez  les  peuples  anciens  et  modernes  »,  par 
M.  Fertiault,  membre  correspondant  de  l'Académie  de 
Dijon.  Paris,  Aubry,  1854.  1  vol.  in-32. 

Charmant  petit  livre  qui,  bien  que  présenté  très  hum- 
blement par  l'auteur,  n'en  est  pas  moins  très  utile  au 
point  de  vue  historique  de  la  danse  et  de  ses  rapports 
avec  les  mœurs  des  différents  peuples. 

DE  LA  DANSE  (Anonyme).  Brochure  intéressante 
sur  la  danse,  son  utilité,  ses  progrès,  et  les  services 
qu'elle  rend  à  l'éducation  physique.  Brochure  in-12. 
Quelques  bibliographes  l'ont  attribuée  à  Jean-Jacques 
Rousseau. 

ALMANACH  DE  LA  DANSE.  Almanach  manuel  de  a 
la  danse,  par  Polkarius,  «.  précédé  d'une  histoire  anec-  | 
dotique,  théorique  et  comique  de  la  danse  ancienne  et 
moderne,  par  0.  de  Selz,  pour  l'année  1861  ».  Paris. 
Delarue.  1  vol.  in-18,  1861,  1'' année.  Cette  publication 
ne  manque  ni  d'esprit,  ni  d'originalité;  regrettons  que, 
chaque  année,  le  texte  reste  le  même  et  que,  seul,  le 
millésime  augmente  d'une  année. 

TONY  FANFAN.  Paris  qui  danse,  «  le  bal  des  Folies- 


BTBLIOCRAPHIE  419 

Robert  »,  par  Tony  Fanfan,  dessins  d'Alexandre  Leclercq, 
gravés  par  Pothey,  Paris;  tous  libraires,  1861.  1  vol. 
in-18. 

Intéressante  plaquette  qui  abonde  en  types  des  dan- 
seurs de  bals  publics  de  l'époque,  très  spirituellement 
accusés.  Elle  est  consacrée  au  bal  des  Folies-Robert. 

NOBLET.  Noblet  à  il/"*  Taglioni.  «Excuses  pour  une 
prétendue,  ou  plutôt  à  cause  d'un  moment  de  plaisir,  à 
elle  involontairement  causé  par?  Hommage  de  l'auteur 
Noblet  ».  Paris,  1833,  1834.  Brochure  in-8°. 

Brochure  intéressante  par  la  biographie  de  cette 
célèbre  danseuse  de  l'Opéra. 

FOURCAULD.  Léontine  Beaugrand,  par  Fourcauld, 
avec  portrait.  Paris,  1881.  1  vol.  in-8°. 

Ce  livre,  édité  avec  grand  luxe,  joint  à  la  biographie 
de  l'étoile  chorégraphique  L.  Beaugrand  des  données 
utiles  à  connaître  pour  l'histoire  de  la  danse  théâtrale, 
pendant  les  dernières  années  de  la  première  danseuse 
de  l'Opéra  en  1881. 

jj|iie  uixA  SANGALLI.  Terpsichore,  «  avec  petit 
guide  manuel  à  l'usage  des  amateurs  »,  par  un  abonné 
de  l'Opéra,  précédé  d'une  préface  par  M""  Rita  Sangalli, 
de  l'Académie  de  musique.  Paris,  Tresse.  Petit  in-32. 

J'estime  fort  que  la  signature  de  l'abonné  n'est  autre 
que  le  voile  sous  lequel  s'abrite  la  ravissante  Sangalli  : 
un  abonné  ne  saurait  jamais  donner,  de  la  danse  à 
l'Opéra,  des  détails  aussi  érudits.  Livre  charmant 
comme  son  auteur. 

PAUL  LACROIX.  Ballets  et  mascarades  «  de  la 
cour  d'Henri  III  à  Louis  XIY,  1581  à  1652  »,  publiés 
par  Paul  Lacroix.  Genève,  Gay,  1868-1870.  6  vol. 
in- 12. 

Recueil  parsemé  d'anecdotes  et  de  détails  privés,  sur 


120  r.IBLIOGHAPHIE 

les  personnages  dansants  de  la  cour  de  Henri  lil  et 
Henri  IV.  Il  comprend  les  titres  de  tous  les  ballets  de 
1581  à  165^.  C'est  un  joyeux  et  très  Imaginatif  récit  de 
ces  anciennes  fêtes  souvent  malicieuses;  les  renseigne- 
ments fournis  sur  la  danse  du  moyen  âge  sont  à  consul- 
ter. L'ouvrage  est  assez  rare  et,  lorsque  le  hasard 
l'amena,  en  188:2,  dans  la  vente  d'un  amateur,  il  attei- 
gnit le  prix  de  90  francs. 

BERCHOUX.  La  Danse  ou  les  Dieux  de  r Opéra, 
poème  en  six  chants,  par  Berchoux.  Paris,  Guignet, 
180G.  1  vol.  in-32. 

Curieux  livre,  très  riche  en  notes  insérées  dans  le 
texte  sur  l'Opéra  au  temps  des  Gardel,  Daubérval, 
Duporl,  nos  premiers  grands  maîtres  de  ballet.  Les 
anecdotes  de  Duport,  les  intrigues  des  grands  seigneurs 
de  l'époque  sont  aptes  à  fixer  la  curiosité.  Livre  assez 
rare. 

ABBÉ  GAULTHIER.  Traité  contre  les  danses  et  les 
mauvaises  chansons.  Paris,  A.  Boudet,  1769.  1  vol. 
in-lâ.  Par  l'abbé  Gaulthier,  curé  de  Savigny. 

Livre  dénué  d'intérêt  historique  et  dont  le  but  est 
sufOsamment  indiqué  dans  le  titre  qu'il  porte  au-des- 
sous de  la  signature  de  l'auteur  :  «  Traité  contre  les 
danses,  dans  lequel  le  danger  et  le  mal  qui  y  sont  ren- 
fermés sont  démontrés  par  les  témoignages  mul- 
tiples des  saintes  licritures  et  des  Pères  des  conciles  ». 
Cet  ouvrage  eut  deux  éditions,  l'une  en  1769  et  l'autre 
en  1775. 

CORALLI.  La  Polka  «  enseignée  sans  maître;  son 
origine,  son  développement  et  son  influence  dans  le 
monde  »,  d'après  Eugène  Coralli,  de  l'Académie  royale 
de  musique  ;  ornée  de  vingt  figures,  par  Geoffrov.  Paris, 
1845,  Aubert.  1  vol.  in-3-2. 

Livre  rarissime  et  le  seul  pouvant  donner  une  idée 


BIBLIOGRAPHIE  i21 

exacte  de  la  révolution  amenée   clans  la  danse  par  la 
polka. 

DE  IîRIEUX-SAINT-LAURE\T.  Quelques  mots  sur 
les  danses  modernes,  par  le  vicomte  de  Brieux-Saint- 
Laurent.  Paris,  1868,  Douniol.  Brochure  in-8". 

Pauvre  vicomte,  pourquoi  donc  parlez-vous  ainsi 
d'une  question  qui  vous  est  si  peu  connue?  A  moins 
toutefois  que,  lorsque  vous  allez  visiter  nos  musées 
nationaux,  vos  regards  négligent  les  grandes  œuvres 
classiques  pour  les  modernités  court-vètues,  alors  je 
comprends  votre  livre.  Que  diriez-vous  aujoui^d'liui? 

LES  DANSES  DE  SALON,  par  un  observateur.  Paris, 
Dentu,  1855.  Brochure  in-12. 

Brochure  anonyme  ne  contenant  que  quelques 
réflexions  privées  dont  l'auteur  n'est  que  le  plagiaire  du 
Traité  contre  les  danses. 

AUGUSTE  VITIT  ET  PAUL  FARNÈSE.  Physiologie 
de  la  polka,  par  A.  Vitu  et  P.  Farnèse,  avec  illustrations 
polkaïques.  Paris,  ÎHM.  1  vol.  in-32. 

Délirant  petit  livre,  utile  à  l'histoire  de  la  polka  et 
dans  lequel  l'esprit  des  deux  grands  polkeurs  pétille 
comme  devaient  sautiller  leurs  jambes. 

LES  POLKEUSES,  «  poème  étique  sur  les  célébrités 
de  la  polka  »,  par  Nick-Polkmal,  membre  de  plusieurs 
sociétés  polkanles.  Portraits  et  jambes  d'après  nature 
par  H.  Druard.  Paris,  Magnane,  1845.  Brochure  in-12. 

Livre  aussi  rare  que  recherché  pour  le  portrait  de 
Lahire  (p.  55),  fondateur  du  bal  si  renommé  de  la 
Chaumière.  Les  vers  sont  gais,  joyeux,  pleins  d'esprit  et 
rappellent  la  fièvre  polkante  de  1844. 

PRÊTRE  GAUTHIER.  Critique  d'un  ballet  moral 
«  dansé  au  collège  des  Jésuites  de  Rouen  en  1751,  août  ; 


422  BIBLIOGRAPHIE 

intitulé  le  Plaisir  sage,  et  réglé  parle  prêtre  Gauthier  ». 
S.  L.Rouen,  1751.  1  vol.  in-12. 

Petit  ouvrage  utile  à  consulter  pour  se  fixer  sur  l'opi- 
nion des  Jésuites  en  question  de  danse. 

ABBÉ  HULOT.  Instructions  sur  la  danse  «  extraites 
des  saintes  ii,critures.  des  saints  conciles  et  des  théolo- 
giens les  plus  recommandables  par  leur  piété  et  leur 
science  »,  par  l'abbé  Hulot.  3*  édition.  Paris,  Leclercq, 
1826,  1  vol.  in-12. 

Ouvrage  reproduisant  le  livre  du  Traité  contre  les 
danses  et  sans  intérêt  historique. 

RUBISTIAXO  GIROXI.  Saggi  di  Rubistiano  Gironi, 
«  intorno  aile  danze  Dei  grœci  ».  Milano,  Ferrario,  1822. 
1  vol.  grand  in-i",  avec  planches. 

Tout  l'intérêt  de  ce  livre  repose  sur  les  huit  planches 
gravées,  représentant,  avec  la  plus  scrupuleuse  exacti- 
tude, les  costumes  historiques  des  danseurs. 

L.  DE  BOISSY  OU  BOISSI.  Lettres  critiques  sur  les 
ballets  de  VOpéra,  «  adressées  à  l'auteur  ou  spectateur 
français  par  un  homme  de  mauvaise  humeur  »  (L.  de 
Roissy).  2'  édition,  Paris,  1771.  1  vol.  in-12. 

Ouvrage  écrit  par  Desprez  de  Roissy,  avocat  au  Parle- 
ment et  auteur  des  lettres  sur  les  spectacles  publiées 
en  1769.  A  lire  seulement  quelques  mots  sur  l'Opéra. 

CAS  DE  CONSCIENCE  SUR  LES  DANSES,   par 

MM.  les  docteurs  en  théologie  de  la  Faculté  de  Paris. 
Paris,  Nicolas  Lottin,  1721.  Rrochure  in-12. 

Rrochure  rare  et  très  recherchée  par  les  ennemis  de  Ter- 
psichore.  C'est  une  levée  de  boucliers  contre  l'invasion 
de  la  danse  à  la  ville  et  à  la  cour  à  la  fin  du  xviii'  siècle. 

J.-J.  XYSSE3I.   Un  mot  sur  la  danse,  «  adressé  aux 


BIBLIOGRAPHIE  423 

pères  et  mères  de  famille  et  à  leurs  enfants»,  par  le  curé 
J.-J.  Nyssem.  Paris,  1786.  1  vol.  in-18. 

Diatribe  inoffensive  contre  la  danse,  sans  intérêt 
historique. 

SAINT-LÉON.  Sous  le  n"  1524  du  catalogue  de  la 
Bibliothèque  de  l'Opéra,  on  trouve  une  brochure  de  cet 
excellent  artiste,  pleine  d'intérêt  et  rarissime.  Elle  porte 
comme  titre  :  De  Vétat  actuel  de  la  danse, ^?lv  M.  Saint- 
Léon,  premier  maître  de  ballet  de  l'Opéra  de  Paris,  profes- 
seur de  l'école  de  perfectionnement.  Lisbonne,  typographie 
du  Progressa,  avril  1856.  Brochure  petit  in-i". 

L'auteur  dans  ces  quelques  pages  semble  déjà  pres- 
sentir la  décadence  de  l'art  de  la  danse,  et  consacre  la 
première  partie  de  ses  observations  à  réprouver  le 
mépris  inconcevable  des  Français  pour  le  grand  ballet. 
Les  dernières  pages  de  cette  brochure  introuvable  en 
France  sont  à  citer,  car  les  prévisions  des  maîtres  en 
l'art  de  la  danse  et  du  ballet  sont  devenues  aujourd'hui 
des  réalités,  des  faits  chaque  jour  renouvelés. 

Que  penserait  de  nos  jours  cet  excellent,  illustre 
même  artiste  et  compositeur,  s'il  assistait  aux  mouve- 
ments grotesques,  épileptiques  et  le  plus  souvent 
empreints  de  la  dernière  inconvenance  de  toutes  ces 
femmes  dont  les  noms  seuls  suffisent  à  dépeindre  le 
caractère  de  leur  danse? 

Nous  ne  pouvons  classer  au  nombre  des  danseuses  les 
Grille-d'Égout,  les  Nini  Patte-en-l'air,  etc.  Passe 
encore  si  l'acrobatie  restait  la  seule  note  dominante  de 
leurs  excentricités  plus  désordonnées  que  chorégra- 
phiques. 

Revenons  aux  paroles  de  Saint-Léon,  prophète  mal- 
heureusement trop  vrai  pour  la  danse. 

c(  La  danse,  conclut-il  dans  sa  brochure,  suit  un 
courant  fantaisiste,  et  la  joyeuse  jeunesse  a  secoué  le 
joug  et  créé  une  espèce  de  fantaisie  semi-seria  qui,  je 
l'avoue,  dussent  les  classiques  me  maudire,  ne  manque 


424  BIBLIOGRAPHIE 

pas  d'une  certaine  originalilé,  surtout  lorsqu'elle  est 
exécutée  par  nos  Trénitz  modernes,  Brididi,  Rigolette  et 
Rose  Pompon.  Déjà  l'on  voit  poindre  dans  les  salons  un 
diminutif  de  cette  danse  prohibée  et  cependant  moins 
choquante  que  la  plupart  des  danses  du  Midi  que  l'on 
applaudit  sur  la  scène.  Qui  sait?  on  verra  peut-être 
sortir  de  ce  caprice  chorégraphique  un  nouveau  genre 
de  caractère.  » 

Nous  savons  hélas  ce  qu'est  ce  nouveau  genre,  et  il  ne 
nous  reste  plus  qu'à  le  stigmatiser  sous  tous  les  points 
de  vue.  Décorez-le  du  nom  de  danse  lin  de  siècle  si  bon 
vous  semble,  mais  laissez-le  en  dehors  de  toute  science 
artistique  et  chorégraphique.  Sa  seule  appellation  restera 
toujours  la  désarticulation  et  l'épilepsie  réunies.  Des 
océans  séparent  la  danse  fin  de  siècle  du  cancan  fantai- 
siste dont  parle  Saint-Léon  en  1850. 


TROISIÈME   PARTIE 

Ouvrages  et  auteurs  offrant  indirectement 
des  notes  sur  la  danse.  —  Auteurs  anciens, 
modernes  et  contemporains. 

LUCIEN.    Œuvres    complètes,  traduites  par    l'abbé 
Massieu.  Paris,  Moutard,  1887.  6  vol.  in-12. 
Consulter  tonic  VI,  le  Dialogue  sur  la  danse  ancienne. 

ATHÉNÉE.  Le  Banquet  des  savants,  par  Athénée, 
traduit  tant  sur  les  textes  imprimés  que  sur  plusieurs 
manuscrits  par  M.  Lefebvre  de  Villebrune.  Paris,  1791, 
imprimerie  de  Monsieur.  5  vol.  in-4°.  A  consulter: 

Tome  I,  page  30. 

Tome  V,  pages  241,  'iiîi  :  «la  Pyrrhique». 

Tome  I,  p.  62:  «la  Danse  et  Xénophou»  ;  pages  57  à 
61:  (des  Musiciens  et  les  Danses  dans  Homère»; 
page  61  et  tome  V,  pages  211  à  2-43  :  «la  Danse  hypar- 
chématique»;  page  78:  «la  Cordace»;  page  81:  «la 
Télésias»  ;  pages  62  et  77  :  «  la  Danse  carpée  ou  persique 
et  la  danse  de  Memphis»;  page  83:  «les  Danseurs  les 
plus  célèbres». 

Tome  II,  page  95:  «la  Danse  armée»;  page  22:  «la 
Danse  aux  repas». 

Tome  III,  pages  353  et  suivantes,  les  mots  «Bal, 
Ballismon». 

Tome  IV,  page  91  :  «la  Danse  persique». 

Tome  V,  pages  18i  et  194  :  «  les  Baladins»  ;  page  236  : 
«la  Danse  apokinon»;  p.  237:  «la  Danse  chitonée,  la 
chironomie  et  les  danses  de  Bacchus». 

ARISTOTE.  La  Poétique  d'Aristote.  Barbin,  1692. 
1  vol.  in-4°. 


426  BIBLIOGRAPHIE 

Lire  rapidement  l'ouvrage  afin  de  connaître  la  pensée 
émise  par  le  philosophe  sur  la  danse  à  son  époque. 

HOMÈRE,  Les  Œurres  d'Homère,  le  «  Prince  des 
poètes»,  le  tout  d'après  la  version  de  [Salomon  Carton. 
Paris,  Th.  Biaise,  1615.  2  vol.  in-8». 

Voir  les  descriptions  des  danses  : 

Iliade,  livre  XV,  vers  617  et  chant  xviii. 

Livre  XVIII,  vers  690;  chant  xiii,  vers  730  et  suivants. 

Odyssée,  livre  VIII,  vers  256  :  «  la  Danse  des  Pho- 
céens». 

Livre  XIII,  vers  370  :  «  Une  seconde  danse  pho- 
céenne». 

APULÉE.  Œuvres  complètes  d'Apulée,  traduites  par 
V.  Bétolaud,  docteur  es  lettres,  ancien  professeur  de 
l'Université,  chevalier  de  la  Légion  d'honneur.  Paris, 
Garnier.  2  vol.  in-12. 

Voir  l'index  ou  table  pour  les  recherches  qu'il  serait 
trop  long  d'énumérer  ici  et  qui  permet  de  trouver  son 
chemin  très  rapidement  et  très  facilement.  L'ouvrage 
abonde  en  documents  sur  les  fêtes  romaines,  sur  la 
pyrrhique,  etc. 

MERCUIIIAL.  De  decoratione  liber  «non  solum  medi- 
cis  et  philosophis,verum  etiam  omnium  disciplinarium 
studiosis  apprime  utilis,  ex  Hieronymi  Mercurialis 
medicinse  praticœ  ordinarire  in  gymnasio  patavino  prin- 
cipem  locum  oblinentis  explicationibus  ab  illo  Mancino 
exceptus  in  capita  reductus. 

((Ad  illustrissimum  et  reverendissimum  Piecolthomi- 
nem  Rhodi  archiepiscopum  atque  senorum  designa- 
tum,  cum  privilegio  Venetiis,  apud  Paulum  Meitum, 
bibliopolam    Patavinum.  Anno  1585.  1  vol.  pet.  in-4". 

Livre  très  rare  et  prodigue  de  bons  conseils  pour 
l'éducation  physique.  Le  consulter  à  la  Bibliothèque 
Mazarine,  n"  15247.  A  voir  : 


BIBLIOGRAPHIE  427 

Livre  II,  page  82,  chapitre  m  :«  De  saltatoria»;  pa£ïe99: 
«De  orchcstria  sive  tertia  saltatorire  per  gymnastica»  ; 
page  99,  chap.  vu  :  «  De  sine  saltalionis  et  de  loco». 

Livre  V,  chap.  vu,  p.  101  :  ((  De  saltatori»  effeclibus  »  ; 
page  98,  la  gravure  représentant  la  pyrrhique. 

MEITUSIUS,  Jocmnis  Meursii  archontes  Atheuienses 
«  sive  Deis  qui  Athenis  summum  istum  magistratum 
obiernnt  ».  Liber  IV  apud  Abrahamum  Batavorum  Elze- 
virium,  anno  1572.  1  vol.  pet.  in-4°. 

Livre  aussi  rare  que  fréquemment  cité  pour  les  danses 
de  l'antiquité  grecque  et  romaine.  L'ouvrage,  divisé  en 
deux  parties,  contient  dans  la  seconde  cent  quatre-vingt- 
quatorze  danses  anciennes  et  difTérentes.  Ces  noms  ne 
sont  malheui'eusement  pas  suivis  de  commentaires. 

La  seconde  partie  a  été  publiée  seule  à  Lyon  en  1778 
et  se  trouve  à  la  Bibliothèque  Mazarine,  w"  17128  du 
catalogue. 

LA  SAINTE  BIBLE  «  ou  le  Vieux  et  le  Nouveau 
Testament»,  traduits  en  français  sur  les  textes  hébreux 
et  grecs  par  les  pasteurs  et  les  professeurs  de  l'Eglise 
et  de  l'Académie  de  Genève.  Paschaud,  1805.  3  vol. 
in-8°. 

Consulter  pour  l'histoire  de  la  danse  sacrée  :    . 

Exode,  chap.  xv,  verset  20  et  chap.  xxxii,  ver- 
sets 18  et  19. 

Livre  des  Juges,  chap.  xi,  verset  34; 

Samuel,  chap.  xxxix,  verset  5. 

Psaumes,  chap.  lxxii,  verset  27. 

BURETTE.  Mémoires  de  l'Académie  des  inscriptions 
et  belles -lettres,  tome  I.  Imprimerie  royale,  1717. 
1  vol.  in-i". 

A  consulter  les  Mémoires  écrits  par  Burette  sur  la 
danse  ancienne.  Premier  Mémoire,  page  93  et  deuxième, 
page  117.  D'autres  Mémoires  dus  à  ce  savant,  sur  la 


428  BIBLIOGRAPHIE 

gymnastique,  la  palestriqiie  et  la  sphérislique,  doivent 
être  lus  par  suite  de  leur  affinité  avec  la  danse  ancienne. 

ANTIQUITÉS  GRECQUES,  «  ou  tableau  des  mœurs, 
usages  et  institutions  des  Grecs.  Ouvrage  spécialement 
destiné  à  l'intelligence  des  auteurs  classiques  grecs.  » 
Paris,  Didot,  1837.  2  vol.  in-S». 

Ouvrage  indispensable  à  la  connaissance  de  tous  les 
détails  de  la  vie  privée  des  Grecs  par  suite  de  la  facilité 
qu'il  donne  à  se  rendre  un  compte  exact  de  la  traduc- 
tion des  mots.  Voir  principalement,  à  la  page  36  du 
tome  II,  ce  qu'était  la  danse  à  Athènes.  L'ouvrage  peut 
servir  de  dictionnaire  pour  tous  les  noms  de  danses 
grecques  cités  dans  le  mien. 

PKRE  BliUXOY.  Théâtre  des  Grecs,  par  le  Révérend 
Père  Brunoy  de  la  Compagnie  de  Jésus.  Paris,  1730. 
3  vol.  in-4°. 

Consulter  très  fructueusement  dans  ce  savant  ouvrage 
les  tomes  et  pages  suivants  pour  la  danse  ancienne 
théâtrale  civile  : 

Tome  I,  page  78  :  «  la  Danse  inventée  par  Thésée». 

Tome  II,  page  310  et  suivantes  :  «  les  Mimes  et  le 
Goût  des  Romains  pour  les  danses». 

Tome  III,  pages  103  et  200:  «  les  Différentes  Fêtes 
dans  lesquelles  les  Athéniens  employaient   la  danse». 

Tome  III,  page  212  :  «  les  Pantomimes  romains, 
leur  rôle,  leur  caractère». 

Des  notes  sur  les  jeux  scéniques  sont  très  répandues 
dans  l'ouvrage. 

CARTAlll.  Les  Images  des  dieux  des  anciens,  «  con- 
tenant les  idoles,  les  coutumes,  cérémonies  et  autres 
choses  appartenant  à  la  religion  des  païens  »,  traduit 
de  l'Italien  Vincent  Cartari  par  Antoine  de  Verdier. 
Lyon,  1581.  Barth.  Iloneral.  1  vol  in-i"  avec  figures  sur 
bois. 


BIBLIOGUAPHIE  429 

Livre  à  parcourir  pour  l'étude  des  anciennes  danses 
sacrées  chez  les  Juifs  et  chez  les  païens.  Les  planches 
ajoutent  un  grand  intérêt  à  l'œuvre. 

DICTIONNAIRE  DES  ANTIQUITÉS  ROMAINES, 

«  ou  Ahrégé  des  cérémonies,  coutumes  et  antiquités  sa- 
crées et  profanes  communes  aux  Grecs  et  aux  Romains, 
traduit  du  grand  Dictionnaire  de  Samuel  Petiscus  ». 
Paris,  Delalain,  1746,  3  vol.  in-8°. 

A  voir  dans  cet  ouvrage,  si  enrichi  de  minutieux 
détails,  les  mots  traitant  des  danses  sacrées,  privées, 
profanes,  des  funérailles  et  des  mariages. 

CATALOGUE  HISTORIQUE,  CHRONOLOGIQUE, 
ANECDOTIQUE,  Bihliothèque  musicale  de  l'Opéra, 
publié  sous  les  auspices  du  ministre  de  l'Instruction  pu- 
blique et  des  Beaux-Arts  et  rédigé  par  Théodore  de  La- 
jarte,  bibliothécaire  attaché  aux  Archives  de  l'Opéra, 
avec  portraits  à  l'eau-forte  par  Le  Rat.  Librairie  des 
Bibliophiles.  Paris,  1878.  1  vol.  in-8». 

L'érudition  de  l'auteur  donne  à  ce  livre  un  intérêt  tel- 
lement vaste,  que  je  ne  puis  en  recommander  les  nom- 
breux articles  à  consulter.  Tel  sujet,  tel  genre,  tel  per- 
sonnage à  étudier  est  facilement  trouvé,  grâce  à  la 
savante  et  alerte  manière  dont  l'ouvrage  est  conçu. 

ABBÉ  DU  BOS.  Réflexions  critiques  sur  la  poésie 
et  la  peinture,  par  l'abbé  Du  Bos,  l'un  des  quarante  de 
l'Académie  et  secrétaire  perpétuel.  Paris,  Pissot,  1770, 
3  vol.  in-12. 

Le  tome  III  de  cet  ouvrage  contient  de  très  bonnes 
notes  sur  la  danse  et  sur  l'ancienne  saltation,  de  la 
page  199  à  celle  320. 

ABBÉ  BARTHÉLÉMY.  Voyage  du  jeune  Anacharsis 
en  Grèce,  «  au  milieu  du  iv'  siècle  avant  l'ère  vulgaire  », 


430  BIBLIOGRAPHIE 

par  l'abbé  Barthélémy.  Paris,  de  Bure,  4790.  7  vol.  in-S" 
avec  carie. 

Nota  :  Je  cite  cette  édition  comme  étant  réputée  la 
plus  complète.  Voir  les  articles  suivants  : 

Tome  I,  page  36  :  «  la  Danse  aux  funérailles  ». 

Tome  II,  page  136  :  «  Fêtes  et  Ballets  »;  page  435  : 
((  la  Danse  au  théâtre  »  ;  page  334  :  «  les  Joueurs 
de  flûte  et  les  Danseurs  dans  les  repas  »  ;  page  449  : 
<(  les  Inscriptions  en  l'honneur  des  vainqueurs  dans  les 
jeux  »  ;  page  92  :  «  les  Gymnases  »;  page  300  :  <(  les 
Panathénées,  Dionysiaques  et  l'Éducation  physique  ». 

Tome  III,  page  445:  «  Fêtes  d'Hyacinthe  et  Apollon  »  ; 
page  245  :  «  Fêtes  d'Esculape  »;  page  417:  «  les 
Exercices  des  filles  de  Sparte,  leur  éducation  ». 

Tome  V,  page  4  :  «  la  Danse  du  pressoir  »  ;  page  343  : 
((  les  Fêtes  d'Eleusis  ». 

Tome  VI,  page  42  :  ((  le  Thymélé  et  les  Chœurs  de 
danse  »  ;  page  52  :  «  la  Danse  au  théâtre  »  ;  page 
264  :  «  la  Danse  aux  mariages  »  ;  page  249  :  «  les  Fêtes 
de  Bacchus  »;  page  255  :  «  les  Ballets  des  Déliens». 

Quant  à  ce  qui  concerne  spécialement  le  théâtre  grec 
et  la  danse  théâtrale,  je  renvoie  les  amateurs  aux  tomes 
et  pages  suivantes  :  tome  II,  pages  135  et  136  et  tome  VI, 
pages  42  à  61,  62  à  66  et  303. 

CHAUSSARD.  Fêtes  et  Courtisanes  de  la  Grèce, 
supplément  au  Voijage  du  Jeune  Anacharsis  en 
Grèce,  par   M.  Chaussard.    Paris,  Buisson,  4  vol.  in-8°. 

A  lire  attentivement,  dans  cet  excellent  ouvrage,  le 
tome  III,  pour  ses  chapitres  consacrés  à  la  danse;  dans 
le  tome  IV,  une  table  raisonnée  de  toutes  les  danses 
grecques,  de  leur  but,  de  leurs  noms.  Les  recherches  y 
sont  des  plus  faciles. 

L'ESTOILE  (PIERRE  DE).  Mémoires  et  Journaux 
de  Pierre  de  l'Estoile.  4'*  édition,  conforme  aux 
manuscrits,  publiée  avec  de  nombreux  documents  iné- 


BIBLIOGRAPHIE  ^31 

dits  par  G.  Bruiiet,  Champollion,  Lacroix,  etc.  Les 
tomes  I  à  V  contiennent  le  journal  de  Henri  III,  de 
belles  figures  et  les  drôleries  de  la  Ligue.  Paris, 
Jouaust,  1875,  5  vol.  in-8°. 

Ce  livre  contient  une  foule  de  notes  anecdotiques  sur 
la  danse  à  la  cour  de  Henri  III,  Les  recherches  sont 
simplifiées  par  l'heureuse  disposition  de  l'ouvrage.  Un 
volume  suffirait  à  peine  à  donner  les  renseignements 
utiles  à  la  danse.  Une  seconde  (à  ce  que  je  crois) 
édition  a  été  faite  en  1744',  5  vol.  pet.  in-8°.  A  La 
Haye,  Pierre  Gosse.  Comme  complétant  la  première, 
de  1741,  en  4  vol.  in-8%  à  La  Haye  également,  et 
contenant  le  journal  de  Henri  IV.  L'ouvrage  porte  :  en 
1744,  9  vol.  in-8'',  chez  Gosse. 

NIEUPORT.  Explication  abrégée  des  coutumes  et 
cérémonies  observées  chez  les  Romains.  Ouvrage 
écrit  en  latin  par  M.  INieuport  et  traduit  en  français  par 
l'abbé  X...    Paris,  Brocas,  1770.  1  vol.  in-12. 

Livre  peu  connu,  malgré  l'intérêt  qu'il  présente  pour 
la  vie  privée  des  Fiomains.  A  voir  les  pages  suivantes  : 

Page  147,  «  Fêtes  d'Apollon»;  page  157,  <des  Baccha- 
nales»; page  139,  <(  les  Fêtes  de  Gérés»;  page  103, 
«  Fêtes  de  Lucullus  »  ;  page  303,  «  Fêtes  funéraires  »  ; 
page  188,  «  les  Saliens  et  leurs  danses  ». 

ABBÉ  BATTEUX.  Les  Beaux-Arts  réduits  à  un 
même  principe,  par  M.  l'abbé  Batteux.  Paris,  Durand, 
1747.  1  vol.in-12. 

Voir,  page  262,  «  la  Nature  de  la  danse  et  son  but  », 
suivant  l'appréciation  d'un  abbé;  page  299,  un  intéres- 
sant article  sur  le  rapport  de  la  danse  avec  les  beaux* 
arts. 

ABBÉ  FLEURY.  Mœurs  des  Israélites,  par  l'abbé 
Fleury,  prêtre  prieur  d'Argenteuil  et  confesseur  du  roi. 
Paris,  Laporte,  1784.  1  vol.  in-12. 


4;;-2  BIBLIOGRAPHIE 

Ouvrage  utile  à  la  connaissance  de  la  danse  sacrée. 
Voir,  page  81,  «les Plaisirs  des  premiers  peuples  traduits 
par  la  danse  »  ;  aux  pages  297  et  suivantes,  «  les 
Offices  solennels  avec  chœurs  chez  les  chrétiens  ». 

LAC03IBE.  Le  Spectacle  des  beaux-arts,  «  ou  consi- 
dérations touchant  leur  ohjet,  leur  nature,  leurs  eiïorts 
et  leurs  règles  principales  »,  par  Louis  Lacombe,  avo- 
cat. Paris,  1761.  1  vol.  in-12. 

Livre  très  spirituellement  traité  et  à  consulter  aux 
pages  ci-dessous  : 

Page  294,  «  But  et  objet  de  la  danse  en  général  »; 
page  328,  «  les  Coryphées  »;  page  348,  «  la  Choré- 
graphie ». 

CHINOIS.  Pour  tout  ce  qui  concerne  les  danses  des 
Chinois,  je  n'ai  pu  recueillir  que  les  ouvrages  suivants, 
dans  lesquels  les  amateurs  trouveront  bon  nombre  de 
notes  éparses.  Tous  ces  livres  sont  à  la  Bibliothèque 
nationale  : 

HUTTNER.  Voyage  en  Chine,  page  149. 

BELL.  Voyage  de  Pétershourg  à  Pékin,  pages  227 
à  253. 

STAUNTON.  Voyage  de  Maccartney,  tome  IIL 
page  314. 

TRIGAULD.  Expeditio  christiana  ad  Sinas,  liber  I, 
page  24. 

WAN  BRAAM  HANCKGENT.  Voyage  de  ramhassade 
de  la  Compagnie  des  Indes  orientales  hollandaises 
«  vers  l'empereur  de  Chine  en  1795  »,  publié  par 
Moreau  de  Saint-Mery,  tome  I,  page  312. 

DE  GUIGNES.  Voyage  à  Pékin,  tome  I,  page  423. 

GROSSIER.  De  la  Chine,  pages  200  et  suivantes. 

DANSES  DES  NÈGRES.  Voir  la  description  de  ces 


niBLIOGRAPUlE  433 

danses  avec  dessins  dans  le   n°  597  de  la  9"  année  de 
V Univers  illustré  (12  déc.  1866). 

DANSES  NATIONALES  DE  GAP  (Hautes-Alpes), 
((  exécutées  en  octobre  1866  ».  Texte  et  gravure  dans 
V Illustration  du  20  octobre  1866. 

LETKONE.  Recueil  des  inscriptions  grecques  et 
latines  de  Œgypte,  «  étudiées  dans  leur  rapport  avec 
l'histoire  politique,  l'administration,  les  institutions 
civiles  et  religieuses  de  ce  pays,  depuis  la  conquête 
d'Alexandrie  jusqu'à  celle  des  Arabes  »,  par  M.  Letrone. 
2  vol.  m-A\  Paris,  1883,  Didot. 

On  retrouve,  dans  les  planches  illustrant  cet  ouvrage, 
les  gestes  et  les  attitudes  des  danseurs  anciens. 

CHAMPOLLION.  Grammaire  égyptienne^  «  ou  prin- 
cipes généraux  de  l'écriture  sacrée  égyptienne  appli- 
quée à  la  représentation  de  la  langue  parlée.  Un  petit 
in-fol.  Paris,  1872,  Didot. 

Même  observation  que  pour  l'œuvre  de  Letrone.  Tou- 
tefois la  grammaire  explicative  de  ChampoUion  facilite  la 
traduction  des  gestes  et  du  langage  mimé  que  repré- 
sentent les  hiéroglyphes. 

VILLOTEAU.  Description  de  VÉgypte,  par  M.  Villo- 
teau.^  Paris,  Didot,  1882.  2  vol.  in-8".  Voir  «  la  Musique 
des  Égyptiens  »,  tome  I,  pages  89  et  300,  et  à  la  page  207 
la  description  de  tous  leurs  instruments. 

DORAT.  Œuvres  complètes  de  Dorât,  «  précédées 
d'une  notice  littéraire  et  biographique  »,  par  M.  Desprez. 
Paris,  Delalain,  1786.  3  vol.  in-32. 

La  préface  de  ce  livre  est  un  aperçu  historique  de  la 
danse,  et  le  tome  III  contient  le  «  poème  de  la  Danse  », 
après  le  «  poème  de  la  Déclamation  ».  Utile  et  amusant 
à  lire. 

19. 


iU  BinLiOGRAPHîE 

DESPliÉAL'X  (JEAN-ÉTIEXXE).  Mes  pcfsse-tmps, 
«  suivis  de  l'aii  de  la  danse  »,  poème  en  quatre  chanls, 
calqué  sur  VArt  poétique  de  Boileau.  par  J. -Etienne 
Ucspréaux.  Paris,  1806,  "2  vol.  in-8". 

Ce  poème,  littéralement  calqué  sur  VArt  poétique  de 
Boileau,  présente  un  intérêt  d'autant  plus  grand  qu'il 
est  accompagné  de  nombreuses  notes  historiques  et  bio- 
graphiques. 

ABBÉ  D'ArBiGXAC.  La  Pratique  au  théâtre,  par 
l'abbé  d'Aubignac.  Amsterdam,  1715.  3  vol.  in-18. 

Excellent  ouvrage  à  consulter  pour  la  représentation 
scénique.  Voir  page  177  du  tome  I  les  anciens  chœurs 
dansants  et  chantants  en  même  temps. 

GEOFFKOY.  Cours  de  littérature  dramatique,  «  ou 
recueil  par  ordre  de  matières  des  feuilletons  de  M.  Geof- 
froy ».  Paris,  18-25,  Blanchard.  6  vol.  in-8". 

Ce  spirituel  critique  laisse  des  notes  très  utiles  sur  la 
danse  aux  tomes  et  pages  suivants  : 

Tome  V,  page  155  :  «  le  Thyrse  de  Bacchus  »  ;  page  254 
et  suivantes  :  «  Ballets  pantomimes,  ballet  de  Télé- 
niaque,  ses  principaux  interprètes  ». 

Tome  VI,  pages  121  à  139  :  «  les  Pantomimes  acteurs 
en  1825  »;  page  147  :  «  les  Danseurs  de  corde  »  ;  page  157  : 
((  les  Spectacles  de  M.  Pierre  »  ;  page  155  :  une  étude 
sur  «  la  Danse  de  théâtre  en  1825  ». 

VOLTAIRE.  Siècle  de  Louis  XIV.  2  vol.  in-S";  édition 
1822.  Paris,  Esneau. 

L'appréciation  de  Voltaire  sur  la  danse  mérite  quelque 
curiosité  et  l'on  peut  se  rendre  compte  de  son  opinion 
en  consultant  les  renseignements  suivants  dans  cette 
édition,  l'une  des  plus  complètes  sur  l'histoire  du  grand 
siècle  : 

Tome  I,  page  408. 

Tome  II,  pages  130  et  414. 


BIBLIOGRAPHIE  435 

CASTIL-BLAZE.  L'Académie  impériale  de  musique, 
((  histoire  littéraire,  musicale,  chorégraphique,  pitto- 
resque, morale,  critique,  facétieuse,  politique  et  galante 
de  ce  théâtre  »,  par  Caslil-Blaze,  de  1645  à  1855,  2  vol. 
in-8°.  Paris,  1855. 

Le  titre  et  ses  nombreux  développements  prouvent 
que  je  ne  puis  que  renvoyer  les  amateurs  à  la  lecture  du 
livre  plein  d'intérêt. 

DULAURE.  Histoire  de  Paris,  par  J.-A.  Dulaure. 
Paris,  Furne,  1839.  8  vol.  in-8°.  A  voir  : 

Tome  II,  pages  153  et  suivantes:  «  les  Bacchanales 
célébrées  par  les  diacres  de  Paris  dans  les  églises  »; 
pages  18-4  etsuivailtes  :  «  les  Danses  défendues  aux  reli- 
gieuses »  ;  page  197  :  «  l'Hôtel  des  menus  plaisirs  du  roi 
et  de  sa  destination  ». 

Tome  III,  page  161  :  «  les  Théâtres  des  confrères  de 
la  Passion;  la  Danse  des  morts  exécutée  au  cimetière 
des  Innocents  et  la  Danse  des  femmes  ». 

Tome  V,  page  294  :  «  la  Fondation  de  l'Académie 
royale  de  danse  et  son  but  ». 

Tome  VI,  pages  206,  208  :  «  le  Théâtre  de  Nicolet,  ou 
les  grands  danseurs  »  ;  page  301  :  «  le  Ballet  des  Gueux 
dansé  sur  le  théâtre  du  Petit-Bourbon  ». 

CHÉRUEL.  Dictionnaire  des  institutions,  mœurs  et 
coutumes  de  la  France,  par  A.  Chéruel,  inspecteur  gé- 
néral honoraire  de  l'instruction  publique.  Paris,  Ha- 
chette, 1880.  2  vol.  in-12. 

Excellent  ouvrage  à  consulter  en  se  reportant  aux 
noms  objets  des  recherches. 

MERCIER.  Tableau  de  Paris,  par  Mercier.  Amster- 
dam, 1783.  8  vol.  in-8». 

Voir  les  tomes  et  pages  suivants  : 

Tome  III,  pages  76  et  suivantes  :  «  les  Filles  et  Dan- 
seuses de  l'Opéra  ». 


436  Dir.LIOGllAPHIE 

Tome  VII,   page    184  :    «  le  Bal  de   l'Opéra  à   son 
origine  ». 
Tome  VIII,  page  165  :  «  les  Bals  d'enfants  ». 

J.-J.  ROUSSEAU.  Les  Pensées  de  J.'-J.  Roiissean,  ci- 
toyen de  Genève.  Amsterdam,  Pierre  Legrand.  1  vol. 
in-12,  1772. 

Dans  ce  livre,  l'auteur  défend  vigoureusement  la  danse 
contre  les  attaques  de  l'Eglise.  L'ouvrage  est  assez  rare 
et  manque  souvent  dans  la  collection  des  œuvres  com- 
plètes. 

EXGEL.  Idées  sur  le  geste  et  faction  théâtrale, 
«  suivies  d'une  lettre  du  même  auteur  sur  la  peinture 
musicale  »,  le  tout  traduit  de  l'allemand  de  M.  Engel. 
Paris,  an  II  de  la  République  française.  2  vol.  in-S", 
avec  de  nombreuses  figures. 

Ouvrage  dont  les  fines  et  expressives  gravures  se  recom- 
mandent, depuis  la  première  page  jusqu'à  la  dernière, 
à  l'attention  la  plus  grande  de  tous  les  artistes  danseurs, 
tragédiens  ou  comédiens. 

CHARLES  MAGNIN.  Les  Origines  du  théâtre  antique 
et  du  théâtre  moderne,  «  ou  histoire  du  génie  dramatique 
depuis  les  temps  les  plus  reculés  jusqu'au  xvi*  siècle  », 
par  Charles  Magnin.  Paris,  Guder,  1808.  1  vol.  in-S". 

Le  succès  qui  couronna  ce  livre  écrit  sous  l'impression 
d'une  connaissance  approfondie  de  l'antiquité  prouve  la 
nécessité  de  rappeler  l'attention  sur  les  pages  sui- 
vantes : 

Page  27,  «  la  Choristique,  l'Emmélie  »  ;  page  -40,  «  les 
Danses  comiques  »  ;  page  54  :  «  la  Cordace  et  la  Danse 
muette  »  ;  page  57,  «  la  Pyrrhique  et  les  Danses  mysté- 
rieuses »;  page  109,  «  les  Bacchanales  »;  page  247,  «  la 
Danse  des  saliens  »;  page  309,  «  la  Séparation  de  la 
danse  et  du  chant  dans  les  théâtres  grecs  »;  page  333, 
<(  les  Mimes  grecs  entrés  en  Italie;  leur  œuvre  »;  page  391, 


l'.IIil.lOGRAI'HlE  1:M 

((  les  Danseurs  bouffons»  ;  page 468,  «  la  Pantomime  »; 
page  511,  «  les  Danses  dites  Lémuriques  ». 

COLIX  FAUSTIN.  Clef  de  riiistoire  de  la  comédie 
grecque,  par  Colin  Faustin,  professeur  de  littérature  et 
doyen  de  la  Faculté  des  lettres  de  Strasbourg.  Paris, 
Charbonnier.  1  vol.  in-12. 

Livre  plein  d'érudition  et  à  voir  aux  pages  127  et  sui- 
vantes sur  les  danses  grecques  dans  leur  rapport  avec  la 
tragédie  et  la  comédie. 

J.  GALLAY.  Le  Mariage  de  la  musique  avecla  dance 
(HjQi),  «  précédé  d'une  introduction  historique  et  accom- 
pagné de  notes  et  d'éclaircissements  »,  publié  par  J.  Gal- 
lay.  Paris,  1870.  1  vol.  in-12. 

Charmant  petit  livre  à  feuilleter  très  agréablement 
pour  ses  notes  humoristiques. 

JACOTOT.  Manuel  d'enseignement,  par  Jacotot. 
Paris,  1  vol.  in-32. 

L'auteur  suit  pour  la  danse,  aux  pages 269  et  suivantes, 
le  même  but,  la  même  étude  et  le  même  genre  d'idées 
que  dans  son  nouveau  mode  d'enseignement.  Il  rapporte 
la  danse  à  son  enseignement  universel,  et  l'idée  est 
assez  originale  pour  la  noter  dans  ce  dictionnaire. 

J.  DE  LAMENNAIS.  De  Vart  et  du  beau,  par  De  La- 
mennais. Paris,  Garnier,  1865.  1  vol.  in-12. 

Voir  dans  ce  livre  l'éloge  pompeux  de  la  danse  sérieuse 
au  point  de  vue  esthétique. 

DE  RIE\ZI.  L'Océanie,  «  histoire  et  description  », 
par  G.D.L.  de  Rienzi.  Univers pittoresque,Varis,  Didot, 
1837.3vol.in-8''. 

Voir  dans  ce  savant  ouvrage  les  questions  habilement 
traitées  sur  les  danses  des  peuplade  de  l'Océanie.  Les 
notes  sont  d'autant  plus  curieuses  qu'elles  remontent  à 


438  BIBLIOGRAPHIE 

1830  et  183:2,  c'est-à-dire  à  l'époque  où  les  peuplades 
étaient  encore  à  l'état  presque  sauvage. 

Tome  I,  pages  78  et  suivantes  :  «  la  Musique  des  Ma- 
lais; les  airs  de  danse  d'Haouaï;  l'air  original  du  l)allet 
de  Montezuma,  autrefois  usité  au  Mexique  et  relégué 
maintenant  en  Polynésie  »;  page  153  :  «  la  Danse  dans 
l'île  de  Java  »;  page  273  :  «  les  Danses  malaises  »; 
page  253  :  a  le  Cérémonial  des  fêtes  publiques  ». 

Tome  II,  pages  3  et  suivantes  :  «  la  Danse  polynésienne 
et  le  Ballet  impérial  »  ;  pages  50  et  suivantes  :  «  les 
Danses  de  l'archipel  des  îles  Sandwich  et  leurs  repré- 
sentations théâtrales»;  page  168:  «  les  Danses  des  Garo- 
lines  )). 

Tome  III,  pages  64  et  suivantes  :  «  les  Danses  et  mu- 
sique de  Tonga  »;  pages  159  et  suivantes  :  «  les  Danses 
lascives  de  la  Nouvelle-Zélande  »  ;  page  366,  le  por- 
trait d'un  danseur  grotesque  chez  les  naturels  de  la 
terre  du  Roi-George;  page  465,  une  danse  exécutée 
en  marchant  par  plusieurs  habitants  en  l'honneur  du 
roi  George. 

FERDIXAXD  FOUCQUE,  Revue  française,  tome  IX, 
n°  88,  1"  juillet  1857,  3'  année.  Brochure  in-8°. 

Du  même  auteur  :  Revue  française,  tome  X,  n°  92, 
10  août  1857. 

Voir  dans  cette  revue  les  deux  articles  très  érudits  sur 
la  pyrrhique  et  l'emmélie. 

D'HAXCARVILLE.  Antiquités  étrusques,  grecques  et 
romaines,  ornées  de  360  figures  en  couleurs,  gravées  par , 
David.  1 785.  5  vol.  in-i". 

Ce  magnitique  ouvrage  offre  bon  nombre  de  rensei- 
gnements sur  les  masques,  costumes  et  attitudes  des  ' 
mimes  dans  l'antiquité.  L'intérêt  historique  laisse  toute- 
fois à  désirer. 

MAGASIN    PITTORESQUE.    Table   analytique  de 


BIRLIOGKAPHIE  439 

1880  àl8tjri  du  Magasin  pittoresque.  Paris,  1804.  1  vol. 
in-4^  Chardon,  directeur,  quai  des  Grands-Augustins. 

La  façon  très  ingénieuse  dont  celte  table  est  conçue 
permet  de  la  consulter  facilement.  De  très  intéressants 
articles  sont  insérés  surtout  pendant  les  premières 
années  de  la  publication. 

Tome  II,  page  202  :  «  Origine  et  Définition  de  la 
danse». 

Tome  IV.  page  222  :  «  la  Danse  et  les  Rois  d'Afrique  ». 

Tome  V,  page  225  :  «  Des  lignes  qui  constituent  la 
beauté  de  la  danse  selon  Hogart  ». 

Tome  VI,  page  339  :  «  Antiquité  de  la  danse  ». 

Tome  XXIX  :  «  la  Danse  aux  œufs  ». 

Tome  VI,  page  315:  «  la  Danse  en  général  »;  page217  : 
a  la  Candiote  »;  page  74  :  «  les  Derviches  ». 

Tome  IV,  page  300  :  «  la  Danse  chez  les  Esquimaux  ». 

Tome  IX  :  «  la  Danse  des  Haïtiens  ». 

Tome  V,  page  323  :  «  la  Danse  des  morts  ». 

Tome  VIII,  page  375  :  «  la  Danse  des  nègres  ». 

Tome  IX,  page  327  :  «  les  Danses  et  le  Costume  des 
paysans  persans  ». 

Tome  II,  page  272  :  «  la  Danse  d'un  ancien  mime  dans 
l'orchestre  ». 

Tome  I,  page  38  :  «  la  Danse  des  sept  Macchabées  à 
Namur  ». 

Tome  XXVII,  page  143  :  «  la  Description  d'anciennes 
danses  américaines  et  brésiliennes  ». 

Tome  VIII,  page  114:  «  Description  par  Xénophon  de 
la  danse  helvétique  ». 

Tome  I,  page  39  :  «  la  Tarentelle  ». 

Tome  IV,  page  90  :  «  la  Provençale,  le  Falandoulo  ». 

Tome  XI,  page  265  :  «  les  Danses  de  Brésiliens  ». 

Tome  XV,  page  405  :  «  Danseurs  de  corde  ». 

Tome  VI,  page  55  :  «  la  Danse  d'une  femme  abyssi- 
nienne ». 

Tome  XXX,  page  5  :  «  une  Danseuse  japonaise  ». 

Tome  II,  page  214  :  <t  Académie  de  danse  ». 


440  RIP.LIOGRAPHIE 

Tome  III,  page  27  :  ((  la  Gigue  ». 

Tome  XVI  :  «  un  Bal  à  la  cour  de  Henri  III  ». 

Tome  XVIII  :  «  un  Bal  au  parc  de  Saint-Cloud  et  fêtes 
au  xviii'2  siècle  ». 

Tome  II,  page  214  :  «  le  Danseur  Dupré  ». 

Tome  I,  page  10  :  «  Ballet  comique  de  la  Reine  », 

Tome XIV, page 303:  «  Scènesdeballetauxviii'siècle». 

Tome  III,  page  3  :  «  le  Ballet  du  Tabac  »;  page  66  : 
«  Ballets  et  Bals  sous  Louis  XIV  ». 

Tome  IV,  page  40  :  «  Costume  de  Louis  XIV  dans  un 
ballet  où  il  figura  ». 

Tome  VII,  page  387  :  «  Ballets  dans  lesquels  le  roi 
Louis  XIV  représentait  le  soleil  ». 

Tome  X,  page  185  :  «  les  Bals  de  la  cour  sous  l'an- 
cienne monarchie.  » 

Tome  XI,  page  61  :  «  Costume  de  la  reine  ». 

Tome  XIV,  page  135  :  «  le  Ballet  de  mai  dansé  à  Ver- 
sailles en  1703  »  ;  page  72  :  «  Des  rafraîchissements  dans 
les  bals  de  Louis  XIV  ». 

POUCQrEVIlXE.  La  Grèce,  par  M.  de  Poucqneville. 
Univers  pittoresque,  histoire  et  description  de  tous  les 
peuples.  Paris,  Didot,  1835.  1  vol.  in-8°. 

Voir  à  la  page  420  :  «  la  Danse  chez  les  Grecs  ;  l'apologie 
de  la  danse;  les  danseurs,  les  danses;  la  détienne,  la 
gymnopédie,  les  bacchanales  »  ;  page  422  et  suivantes  : 
((  les  Danses  sacrées  et  profanes  ». 

COOK.  Voyage  dans  r hémisphère  boréal  et  austral 
et  autour  du  monde,  par  le  capitaine  Cook;  traduit  de 
l'anglais.  Lausanne,  1796.  14  vol.  in-8". 

Très  curieux  ouvrage  à  consulter  pour  les  danses  des 
contrées  lointaines  à  l'époque  où  elles  étaient  si  pou 
connues. 

L'édition  que  je  cite,  bien  qu'ancienne,  est  une  des 
meilleures  et  se  trouve  dans  toutes  les  bibliothèques; 
elle  est  presque  classique. 


P.IBLIOGUAPHIE  Ul 

Tome  II,  page  339  :  «  une  Représentation  de  danse 
chez  les  habitants  d'Uliéta  » . 

Tome  IV,  page  251  :  «  la  Danse  appelée  la  Timoïdée  ». 

Tome  V,  page  25  :  «  la  Elanse  d'un  Indien  chez  les 
insulaires  de  l'île  Mauréa  ». 

Tome  VI,  page  96,  la  description  d'une  danse  guer- 
rière dans  la  Nouvelle-Zélande. 

DESPUEZ  DE  BOISSY.  Lettres  sur  les  spectacles, 
par  M.  Desprez  de  Boissy,  avocat  au  Parlement.  Paris, 
Butarel,  1768.  1  vol.  in-12. 

L'histoire  théâtrale  est  savamment  étudiée  et  à  la 
page  126  on  trouve  des  notes  sur  les  mimes  romains.  A  la 
page  237  une  anecdote  assez  curieuse  est  racontée  sur 
la  permission  donnée  à  François  de  Sales  d'aller  aux 
bals  et  aux  divertissements. 

ED.  EOUCAULD.  Histoire  du  théâtre  en  France. 
Paris,  1845,  1  vol  in-8». 

Cet  ouvrage  devait  se  composer  de  deux  volumes  ;  le 
premier  seul  a  été  publié.  Il  est  presque  entièrement 
consacré  à  la  danse  de  théâtre  et  doit  être  consulté  dans 
toute  son  étendue  pour  les  justes  renseignements  qu'il 
prodigue. 

FÉTIS.  Biographie  universelle  des  musiciens  «  et 
Biographie  générale  de  la  musique.  2^  édition,  entiè- 
rement refondue  et  augmentée  de  plus  de  moitié,  conte- 
nant, avec  rénumération  de  tous  les  auteurs  contempo- 
rains, des  recherches  historiques  sur  les  créateurs  de 
l'harmonie  et  sur  la  musique  des  premiers  siècles  »,  par 
J.-J.  Fétis,  directeur  du  Conservatoire  royal  de  musique 
de  Bruxelles.  8  vol.  grand  in-8".  Paris,  Didot. 

Bien  que  l'auteur  ait  été  souvent  accusé  d'erreurs,  son 
livre  est  incontestablement  indispensable  à  la  biogra- 
phie de  tous  nos  artistes  danseurs. 

LEFEUVE.  Les  Anciennes  Maisons  de  Paris  sous 

19. 


4i2  BIBLIOGRAPHIE 

Napoléon  III,  par  l'historiographe  Lefeuve.  Paris,  1873. 
5  vol  in-8°. 

Bien  qu'historique  et  concernant  les  immeubles  an- 
ciens et  modernes  de  Paris,  l'ouvrage  de  Lefeuve  peut 
donner  des  documents  utiles  à  tous  ceux  qui  désire- 
ront traiter  la  question  de  nos  anciens  bals  publics  et 
autres. 

Tome  I,  page  124  :  «  le  Prado  i>;  page  139  :  «  le  Petit 
Moulin-Rouge  »  ;  page  211  :  «  le  Salon  de  Mars  »;  page 
296:  «  les  Salles  de  danse  de  la  rue  de  Bellefond  ». 

Tome  II,  page  12  :  «  le  Vaux-Hall  ». 

Tome  III,  page  272  :  «  le  Bal  du  Carré  Saint-Martin  ». 

Tome  IV,  page  145  :  «  le  Bal  du  Colisée  »  ;  page  364  : 
«  les  Menus-Plaisirs  ou  le  Conservatoire  de  danse  »  ; 
page  381  :  «  le  Bal  Monceau  »  ;  page  720  :  «  la  Chau- 
mière ». 

Tome  V,  page  144:  «  le  Bal  du  Vaux-Hall  et  la  rue 
de  Bondy  »  ;  page  258  :  «  le  Bal  de  la  Courtille  ». 

Lefeuve  donne  encore  certains  détails  utiles  à  la  bio- 
graphie de  danseurs  restés  célèbres  :  sur  Vestris,  tome  V, 
page  112;  sur  la  Camargo,  tome  IV,  page  391;  sur 
M"^Giiimard,  tome  III,  page  506;  sur  M"*  Fany  Essler, 
tome  III,  page  372. 

LACROIX.  Mœurs,  usages  et  coutumes  «  au  moyen 
âge  et  à  l'époque  de  la  Renaissance  ».  Ouvrage  illustré 
de  15  planches  chromolithographiées  et  de  440  gravures 
sur  bois.  1  vol.  in^".  Paris,  Didot,  1872. 

Tous  les  ouvrages  de  cet  auteur  sont  dignes  du  plus 
haut  intérêt.  A  citer  pour  la  danse  dans  ce  volume  : 

Page  258,  «  la  Danse  avant  et  pendant  la  Renaissance»; 
page  265,  «  le  Ballet  des  Ardents  »,  avec  les  gravures 
et  costumes  et  noms  des  danseurs;  page  269  :  «  la  Danse 
du  tourdion  et  celle  de  la  torche  ». 

LACROIX.  Institutions,  usages  et  coutumes  en 
France  jusqu'en  1789.  Ouvrage  orné  de  21  chromolitho- 


BIBLIOGRAPHIE  443 

graphies  et  de  350  gravures  sur  bois.  Paris,  Didot,  4872. 
1  vol.  in-i". 

Consulter  dans  cet  ouvragedu  moine  auteur  que  le 
précédent  :  «  les  Fêles  et  les  divertissements  de  Paris; 
les  Thétàtres  et  les  Salons»;  et  voir  dans  les  dernières 
pages  ((  les  Fêtes  publiques  et  les  Bals  de  la  cour  ». 

LACROIX.  Lettres,  sciences  et  arts  en  France,  «  de 
ir)90  à  1700  »,  illustré  de  17  chromolithographies  et  de 
300  gravures  sur  bois.  Paris,  Didot,  1872.  1  vol.  in-i". 

A  remarquer  le  troisième  chapitre  sur  «  la  Danse,  les 
Musiciens  et  le  Théâtre  ». 

ALMANACH  DES  PLAISIRS  DE  PARTS  a  et  des 
communes  environnantes  pour  l'an  1815  ».  Paris,  Gou- 
jon. 1  vol.  in-32,  1815. 

Ouvrage  aussi  rare  que  curieux  pour  l'étude  de  la  vie 
et  de  la  danse  pendant  la  Restauration.  Les  bals  publics 
occupent  la  plus  grande  place  dans  ce  volume,  et  l'on 
voit  à  cette  époque  toule  la  haute  société  se  rendre  aux 
bals  de  Sceaux  et  du  parc  Monceau. 

L.   JACOLLIOT.   Voyage  au  pays  des   bayadères, 
«  les  mœurs  et  les  femmes  de  l'Extrême-Orient  »,  par  ■ 
Louis  JacoUiot.  Paris,  Dentu,  1882,  1  vol.  in-12. 

Livre  utile  à  la  connaissance  des  danseuses  bayadères, 
surtout  à  consulter  pages  243  et  suivantes. 

A.  JULIEN.  La  Comédie  à  la  cour  et  les  Théâtres  de 
société  «  pendant  le  siècle  dernier  »,  par  A.  Julien,  avec 
gravures.  Paris,  Didot,  1883.  1  vol.  in-4". 

Magnifique  livre  plein  d'intérêt  pour  tout  ce  qui  con- 
cerne les  fêtes  et  bals  à  la  cour,  et  le  rôle  joué  par  la 
danse. 

VALEXTIX  DUFOUlî.  Bibliographie  artistique,  his- 
torique et  littéraire  de  Paris  avant  1789,  par  l'abbé 


Ui  BIBLIOGRAPHIE 

Yalentin  Dufour,  ancien  sous-bibliothécaire  à  la  Biblio- 
thèque de  l'Hôtel  de  Ville  de  Paris.  Laporto,  1882.  1  vol. 
in-8°. 

Ce  livre  se  recommande  à  l'attention  des  chercheurs 
par  la  facilité  qu'il  donne  de  fiiire  les  recherches.  L'au- 
teur nous  initie  à  l'*  Almanach  du  cabinet  des  estampes  », 
n"  197  200  de  la  Bibliothèque  Carnavalet,  4.  vol.  in-f", 
pour  l'année  1732.  On  y  trouve  les  notes  les  plus  dé- 
taillées sur  les  bals  de  la  Courtille  et  de  la  Guinguette. 
A  la  même  Bibliothèque,  sous  le  n"  9497,  à  voir  «  les 
Amusements  à  Paris,  à  la  grecque  ». 

AiîBÉ  VOISENOA.  Quelques  Aventures  galantes  et 
curieuses  des  bals  de  bois  donnés  à  Paris.  1745.  1  vol. 
in-12. 

Ouvrage  d'autant  plus  intéressant  pour  l'histoire 
des  bals  publics,  qu'on  ne  pourrait  lire  sans  étonne- 
ment  leur  ancienne  composition  aristocratique  et  bour- 
geoise. 

MAIIQUIS  DE  VILLE31EIÎ.  Les  Femmes  qui  s'en 
vont,  «  études  parisiennes  »,  par  le  marquis  de  Ville- 
mer.  Paris,  Dentu,  1867.  1  vol.  in-12. 

Voir,  à  la  page  186,  le  chapitre  sur  le  bal  de  l'Opéra 
en  1867,  présentant  avec  le  nôtre  le  plus  fâcheux  rap- 
prochement. Gaieté  franche  et  joyeuse  folie  ne  sont  plus 
qu'ennui  et  tristesse. 

OSMAX-BEY.  Les  Ismans  et  les  Derviches,  «  pra- 
tiques, superstitions,  mœurs  des  Turcs  »,  par  Osman- 
Bey.  Pans,  Dentu,  1881.  1  vol.  in-12. 

Étudier  dans  ce  livre  le  rôle  et  les  danses  des  der- 
viches. 

E.  C03IPARD0N.  M"''  de  Pompadour  et  la  Cour  de 
Louis  XIV  «  au  milieu  du  xviii"  siècle.  Ouvrage  suivi 
d'un    catalogue    des    tableaux   originaux,    »    etc.,  par 


t 


BIBLIOGRAPHIE  445 

E.  Compardon,  archiviste  aux  Archives  nationales.  Paris, 
H.  Pion,  1871.  1  vol  in-8". 

A  voir  :  «  M'"°  de  Pompadour  et  sa  danse  dans  les 
ballets  du  roi  et  sur  le  théâtre  de  la  cour,  les  menuets 
et  autres  danses  du  temps.  » 

LES  THÉÂTRES.  «  Lois,  règlements,  instructions, 
salles  de  spectacle,  correspondances,  congés,  auteurs, 
acteurs  de  Paris  et  des  départements  »,  par  un  amateur. 
Paris,  Émery,  1817.  1  vol.  in-8». 

Pour  la  danse,  voir,  à  la  page  18i,  «  l'Académie  royale 
de  danse,  ses  règlements  près  des  danseurs  et  dan- 
seuses )). 

TAGLIONI.  Les  Adieux  à  ili"°  Taglioni,  «  suivis 
d'une  biographie  sur  cette  célèbre  danseuse  ».  Paris, 
1837.  Brochure  in-8^ 

Outre  la  biographie,  on  trouve  une  très  sévère  dia- 
tribe contre  la  claque  à  l'Opéra. 

CHARLES  NUITTER.  Costumes  de  V Opéra,  xvii^  et 
xviii"  siècle,  avec  une  préface  de  Charles  Nuitter,  archi- 
viste de  l'Opéra.  50  planches,  fac-similés  à  l'eau-forte 
en  couleurs,  par  A.  Guillemot  fils.  Paris,  Levy,  1883. 
Vol.  gr.  'm-i\ 

Magnifique  ouvrage  à  consulter  pour  les  costumes  des 
danseurs  et  danseuses  reproduits  avec  la  plus  grande 
vérité. 

GIRALDON.  Les  Beautés  de  VOpéra  «  ou  chefs- 
d'œuvre  lyriques,  illustrés  par  les  premiers  artistes  de 
Paris  et  de  Londres,  sous  la  direction  de  Giraldon, 
avec  texte  explicatif  de  Théophile  Gautier  et  Jules 
Janin.  Paris,  Soûlée,  1845.  1  vol.  pet.  in-4°. 

Voir  les  portraits  et  biographies  de  nos  plus  célèbres 
danseuses. 


4i(i  BIBLIOGRAPHIE 

A.  ROYER.  Histoire   de  rOpéra,  par  M.  Alphonse    , 
Royer,  avec  12  eaux-fortes.  Paris,  Bachelin-Deflorenne, 
4875.  1  vol.  in-8". 

Savantes  études  sur  les  danseuses  Salle,  Camargo, 
Fany  Essler,  Taglioni,  Krantz,  etc. 

CHARLES  DE  BOIGXE.  Petits  Mémoires  de  l'Opéra. 
Paris,  librairie  Nouvelle,  1857.  1  vol.  in-18. 

Malgré  son  titre  anodin,  le  livre  donne  des  détails 
utiles  à  connaître  si  l'on  veut  pénétrer  dans  l'intimité 
des  principaux  directeurs  de  noire  première  salle  ly- 
rique et  chorégraphique.  Jicrit  avec  enjouement  et 
humour,  le  livre  de  Charles  de  Boigne  est  à  la  fois  une 
distraction  et  une  étude  sérieuse. 

Voir,  page  180,  «  le  Bal  Musard  à  l'Opéra,  en  1836  et 
1837  ». 

Des  notes  sur  Perrol.  Carlotta  Grisi,  Pécour  et  tant 
d'autres  étoiles  de  la  danse;  sans  oublier  les  anciens 
directeurs  Véron,  Crosnier,  Duponchel,  Roqueplan  et 
Royer. 

IJACHAUMOXT  (LOUIS  PETIT  DE).  Mémoires  de 
L.  Petit  de  Bachaumont,  né  à  Paris  à  la  tin  du  xvii"  siècle 
et  mort  le  28  avril  1771.  Table  analytique  des  auteurs  el 
personnages  cités  dans  les  Mémoires  secrets  pour  servir 
à  l'histoire  de  la  république  des  Lettres  en  France. 
Bruxelles,  Mertens,  1866,  in-12.  Publié  par  Gay, 
Bruxelles,  1880. 

Consulter  cette  table  sur  les  anecdotes  où  la  danse 
joue,  à  cette  époque,  un  si  grand  rôle  dans  les  salons. 

MASCARADES  ETFARCES«ide  la  Fronde  en  1649». 
Turin,  Gay,  1870.  1  vol.  in-16. 

Voir  dans  ce  livre,  très  rare,  le  ballet  dansé  devant  le] 
roi  par  le  Trio  Mazarin.  Curieux  détails  sur  le  ridicule] 
du  ballet  des  trois  nièces  du  cardinal. 


BIBLIOGRAPHIE  447 

M""  VESTRIS.  Lettre  de  .M"'  Vestris  à  la  Comédie- 
Française,  en  réponse  à  M""  Sainval.  Brochure  in-8"  de 
24  pages, 

A  lire  pour  la  biographie  de  la  charmante  danseuse. 

CÉSAll  CA\TU.  Histoire  universelle,  par  César 
Cantu.  Paris,  Didot,  1853,  1  vol.  in-8°. 

Voir,  page  432,  «  les  Hiéroglyphes  »;  page  553,  «  les 
Danses  dans  les  repas  grecs  »;  page  616,  «  la  Liste  des 
principales  fêtes  chez  les  Grecs  ». 

DUPATY.  Lettres  écrites  sur  r Italie  en  1785,  par 
Dupaty.  Paris,  Desenne,  1796.  1  vol.  in-8". 

Voir,  page  343,  «  le  Contraste  des  cérémonies  reli- 
gieuses anciennes  avec  les  modernes,  au  point  de  vue  de 
la  danse  sacrée  »  ;  page  420,  «  les  Danses  et  Fêtes  cé- 
réales dans  l'hymne  de  Cybèle  ». 

CH.  XARREY.  Ce  que  Von  dit  pendant  une  contre- 
danse, avec  gravures  et  vignettes.  Paris,  Dentu,  1863. 
1  vol.  in-12. 

Ouvrage  humoristique,  à  parcourir  pour  se  fixer  sur 
la  danse  des  salons  en  1863.  L'origine  des  bals  masqués 
de  l'Opéra  est  à  voir  à  la  page  94. 

ALBÉRI€  SECOND.  Les  Mystères  de  V Opéra,  avec 
illustrations  de  Gavarni,  par  Albéric  Second.  Paris, 
Bernard  Latte,  1844.  1  vol.  in-8". 

Lire,  dans  ce  savant  petit  ouvrage,  «  la  Classe  de 
danse  à  l'Opéra  »,  et,  à  partir  de  la  page  94,  «  les  Bals 
de  l'Opéra  ». 

VICTOR  ROZIER.  Les  Bals  publics  a  Paris.  Paris, 
G.  Havard,  1855.  1  vol.  in-32. 

Utile  à  consulter,  contenant  les  lois  et  ordonnances 
des  bals,  ainsi  que  de  nombreux  détails  historiques. 


ii8  r.IP.LIOGRAPHIE 

KOBEiîT  DE  BOXXiÉiîES.  Mémoires  d'aujourd'hui, 
par  Robert  de  Bonnières  (Janus,  au  journal  le  Figaro). 
Paris,  Ollendorff,  1883.  1  vol.  in-12. 

Les  pages  89  et  suivantes  contiennent  une  satire  fine- 
ment écrite  contre  la  décadence  de  la  danse  dans  les  bals 
de  toutes  sortes. 

PIERRE  VÉRON.  Paris  s'amuse.  Paris,  Dentu,1861. 
1  vol.  in-12. 

Page  64,  à  voir  un  spirituel  chapitre  sur  «  les  Bals  de 
Paris  ».  L'auteur  convertit  les  danseurs  en  industriels, 
et  la  danse  en  industrie.  Qu'écrirait-il  de  nos  jours! 

JULES  CLARETIE.  La  Vie  à  Paris  en  1882,  par 
Jules  Claretie,  3'  année.  Paris,  G.  Havard,  1882.  1  vol. 
in-12. 

Page  118,  voir  «  le  Masque  de  M""  Réjane  ;  le  Carna- 
val en  1882;  la  Disparition  de  Habille  »  ;  page  136,  «  le 
Bal  d'enfants  de  la  Préfecture  de  la  Seine  ». 

GUSTAVE  CLAUDLX.  Paris  s'amuse.  Paris,  Achille 
Faure,  1867.  1  vol.  in-12. 

Intéressant  pour  les  bals  publics  :  Mabille,  Château- 
Rouge;  page  202,  «  le  Château  des  Fleurs  »;  page  183, 
((  les  Femmes  de  ces  bals  et  leurs  noms  et  surnoms  ». 

G.  D'IIEYLI.  L'Opéra,  «  foyer,  coulisses,  histoires 
anecdoliques  des  théâtres  de  Paris»,  par  Georges  d'Heyli. 
Paris,  Tresse,  1875.  3  vol.  in-32. 

Livre  à  consulter  entièrement  pour  l'histoire  de  la 
danse  théâtrale. 

CH.  MAURICE.  Histoire  antcdotique  du  théâtre  et 
de  la  littérature,  «  et  de  diverses  impressions  contem- 
poraines, tirées  du  coffre  d'un  journaliste,  avec  sa  vie  à 
tort  et  à  travers  »,  par  Charles  Maurice.  Henri  Pion, 
Paris,  1856.  2  vol.  in-8°. 


BIBLIOGRAPHIE  141» 

A  consulter  pour  les  biographies  des  danseurs  et 
danseuses.  Voir  la  table. 

B.  SAINT-MARC  ET  LE  MARQUIS  DE  BOU- 
BOAXE.  Les  Chroniquefi  du  Palais-Royal,  «  origine, 
splendeurs  et  décadence,  les  ducs  et  duchesses,  la  Ré- 
gence, le  théâtre,  cafés,  restaurants,  tripots,  etc.  »,  par 
M.  B.  Saint-Marc  et  le  marquis  de  Boubonne.  Paris, 
Belin,  1882.  1  vol.  in-i2. 

Voir  «  la  Danse  sous  la  Régence;  Richelieu  dansant 
la  sarabande  à  la  première  matinée  ;  une  Fête  sous  Louis- 
Philippe  d'Orléans,  au  Palais-Royal  )>. 

DE  CONCOURT.  Histoire  de  la  société  française, 
«  pendant  le  Directoire  »,  par  E.  et  J.  de  Concourt. 
Paris,  Charpentier,  1880.  1  vol.  in-12. 

Les  savantes  recherches  de  ces  minutieux  écrivains 
abondent  en  détails  et  en  anecdotes  très  utiles  à  l'étude 
du  rôle  de  la  danse. 

A.  PRIVAT  D'AXGLEMOXT.  Paris  inconnu.  Paris, 
Delahaye,  1860.  1vol.  in-32. 

L'auteur,  hôte  assidu  des  bals  publics,  parle,  de  visu, 
des  bals  de  la  Courtille  et  du  bal  Chicard. 

DELVAU.  Les  Cythères  parisiennes.  «  histoire  anec- 
dotique  des  bals  de  Paris  »,  avec  eaux-fortes  de  Félicien 
[lobs  et  d'Emile  Thiroust.  Paris,  Denlu,  1867.  1  vol. 
in-18. 

Ouvrage  malheureusement  épuisé  et  non  réédité,  car 
c'est  le  meilleur  sur  l'histoire  de  tous  les  bals.  Delvau 
perdit,  en  fréquentant  trop  les  bals  publics,  sa  grande 
intelligence  et  son  esprit  alerte. 

DELVAU.  Les  Plaisirs  de  Paris,  par  Alfred  Delvau, 
guide  pratique  et  illustré.  Paris,  Faure,  1867.  1  vol. 
in-32. 


i50  BIBLIOGRAPHIE 

Même  succès  que  pour  le  préeédenl  ouvrage,  et  même 
utilité  pour  la  connaissance  des  bals  publics,  de  leur 
cachet  et  des  danses. 

PRIVAT  D'AXGLKMOXT.  Voyage  à  travers  Paris. 
((  Le  Prado  ».  Paris,  1846.  1  vol.  in-3:2. 

Ce  livre,  devenu  très  rare,  offre  les  détails  les  plus 
intimes  sur  le  bal  du  Prado,  le  plus  célèbre  de  l'époque, 
le  rendez-vous  de  toutes  les  Écoles  de  droit  et  de  méde- 
cine. Il  a  été  remplacé  par  la  basoche  commerciale, 
suivant  le  vocabulaire  de  Privât  d'Anglemonl. 

PAUL  3IAHALIN.  Au  bal  masqué,  par  Paul  Mahalin, 
avec  dessins  de  Hadol,  Pépin,  Gripp-Gédéon.  Paris,  date 
présumée  de  1844  à  1846.  1  vol.  in-18. 

Livre  utile  à  l'histoire  des  bals  publics  masqués  et 
costumés:  Opéra,  Bullier,  Casino,  Valentino,  Chàteau- 
Rouge,  Boule-Noire  et  Reine-Blanche.  Il  est  terminé  par 
une  joyeuse  étude  chorégraphique. 

CAPEFïGUE.  La  Comtesse  de  Parahère  «  et  le  Palais- 
Royal  sous  la  Régence  »,  par  Gapefigue.  Paris,  Amyol, 
1863.  1  vol.  in-18. 

Voir  les  bals  de  Sceaux,  Asnières,  le  Raincy,  la 
Muette,  le  Ranelagh  sous  la  Régence. 

VICTOR  DURUY.  Histoire  des  Romains  .(  depuis 
les  temps  les  plus  reculés  jusqu'à  l'invasion  des  Bar- 
bares »,  par  Victor  Duruy,  ancien  ministre  de  l'Instruction 
publique.  Paris,  Hachette,  1878.  1  vol.  in-l:2. 

Ce  savant  historien  ne  craint  pas  de  s'occuper  de  la 
danse  chez  les  Romains;  de  nombreuses  figures  et  une 
table  établie  avec  le  plus  grand  soin,  permettent  de 
trouver  instantanément  les  noms  et  les  mots  sur  lesquels 
des  renseignements  sont  recherchés. 

M.  3IAtiXïER.  La  Danseuse,  par  M.  Magnier,  avec 


BIBLIOGRAPHIE  451 

prélace  de  Jules   Ciaretie,  illustrations  de  Guillauiiiol 
fils.  Paris,  1885,  Marpon.  1  vol.  in-4». 
Les  types  de  danseuses  sont  seuls  intcrossaïUs. 

PHYSIOLOGIE  DES  BALS  DE  PARIS  ET  ENVI- 
RONS, par  M.  de  Campeaux.  «  Bal  Mabille  ».  Paris,  chez 
Decaux,  1845.  Brochure  in-12. 

A  voir  pour  l'histoire  du  si  renommé  bal  Mabille. 

LA  PECHE  AUX  ANGLAIS,  par  la  reine  Pomaré  ; 
œuvre  posthume  exhumée  et  revue  par  Julia  Fleur  des 
Prés,  avec  une  notice  histori([ue  sur  les  faits  et  geste  de 
Rose  Pompon  et  Frisette.  Paris,  1847.  Brochure  in-l"2. 

Toutes  les  brochures  et  plaquettes  de  cette  époque 
fiévreuse  de  la  danse  dans  les  bals  publics  sont  aussi 
rares  que  riches  d'espril  et  d'anecdotes  sur  les  célébrités 
polkantes  du  temps.  A  voir  à  ce  sujet. 

PHYSIOLOGIE  DU  CARNAVAL,  DU  CANCAN  ET 
DE  LA  CACHUCHA,  dessins  d'Henry  Emy.  Paris. 
R.  Bocquet,  1842.  1  vol.  in-12. 

A  voir  pour  l'histoire  de  la  polka  et  du  carnaval 
en  1844. 

G.  iMALBEUT.  Voyage  autour  de  Pomaré,  «  reine  de 
Mabille,  princesse  du  Ranelagh,  grande-duchesse  de  la 
Chaumière,  par  la  grâce  de  la  polka,  du  cancan  et  autres 
cachuchas  »,  par  G.  Malbert,  illustré  de  son  cachet  et 
d'une  approbation  apocryphe.  Paris,  1844,  Gustave 
Havard.  Plaquette  in-3â. 

A  voir  pour  la  biographie  de  cette  reine  des  bals 
publics  et  les  mœurs  des  danseuses  du  temps  polkant 
et  polké. 

PARIS  ILLUSTRÉ,  rf  59,  17  février  1887.  Lahure, 
éditeur,  13,  rue  Jean-Bart.  Charles  Gillot,  graveur. 
L.  Baschet,  éditeur.  1  livraison. 


-i.5"2  l'.lItIJOdItAPHIK 

Texte  et  gravures  à  consulter,  car  bien  que  l'auteur 
ne  s'avoue  que  simple  conducteur  de  cotillon,  il  n'en 
possède  pas  moins  une  érudition  profonde  de  l'histoire 
de  la  danse.  Les  dessins  sont  la  reproduction  fidèle  des 
danseurs  du  commencement  du  siècle,  de  leurs  types,  de 
leurs  gestes;  ils  sont  pris  sur  le  vif.  Un  aperçu  de 
l'ancien  carnaval,  de  l'ancienne  procession  du  bœuf 
gras,  termine  très  agréablement  cette  intéressante 
livraison. 

ALMANACH  DE  LA  POLKA.  La  première  et  unique 
édition  parut  en  1845,  époque  à  laquelle  la  polka,  en 
s'introduisant  dans  les  salons  parisiens,  amena  une  révo- 
lution foudroyante  chez  les  danseurs.  On  trouve  dans  ce 
petit  opuscule  in-32,  écrit  avec  toute  la  légèreté  d'esprit 
des  deux  collaborateurs  Auguste  Vitu  et  Paul  Farnèse, 
la  note  exacte  de  l'effet  produit  par  cette  invasion  de  la 
nouvelle  danse  tournante,  qui  créait  à  la  danse  une  vie 
toute  nouvelle,  vie  mouvementée  et  ouvrant  carrière  à 
une  foule  de  danses  plus  ou  moins  dérivées  de  la  polka. 
Les  deux  auteurs  de  V Almanach  de  la  polka  ont  dépensé 
autant  de  verve  et  d'esprit  dans  leur  charmant  petit  livre, 
qu'ils  dépensaient  de  brio  et  de  zèle  dans  les  leçons  de 
Cellarius,  rue  Vivienne.  Nous  leur  devons  une  intéres- 
sante étude  des  mœurs  des  étudiants  et  des  salons 
de  1844,  ainsi  que  des  récits  attrayants  de  leurs  hauts 
faits  dans  la  Grande-Chaumière  du  boulevard  Montpar- 
nasse sous  le  règne  du  grand  prêtre  Lahire,  son  direc- 
teur de  si  joyeuse  mémoire. 

ALMANACH  DE  LA  DANSE.  Le  premier  almanach 
de  la  danse  remonte  à  l'année  18G1  et  fut  édité  par  Delarue, 
rue  des  Grands-Augustins.  Publié  sous  le  pseudonyme 
de  Polkarius,  ce  livre  témoigne  de  la  part  de  son  autour 
peu  de  souci  de  la  question  artistique.  11  est  précédé 
d'une  histoire  anecdotique  et  comique  de  la  danse 
ancienne  écrite  par  un  second  pseudonyme,  0.  de  Seltz. 


i 


BIBLIOGRAPHIE  /t53 

Il  est  regrettable  que  pendant  bon  nombre  d'années, 
l'éditeur  Delarue  se  soit  annuellement  contenté  de 
rééditer  le  même  petit  in-12  sans  tenir  compte  des 
changements  incessants  apportés  dans  la  pratique  de  la 
danse.  De  1861  ta  1893,  la  danse  de  salon  a  complè- 
tement changé  de  caractère  et  un  almanach  s'adresse  à 
tous  les  chercheurs  de  nouveautés  et  d'actualités. 

GERMAIN  PICARD.  La  Vérité  sur  le  quartier  Latin. 
Paris,  1865,  tous  libraires.  Plaquette  in-32. 

Voir,  page  30,  l'histoire  du  bal  Bullier  et  du  Pré-aux- 
Clercs  en  1865. 

PARIS  QUI  DANSE,  «  études,  types  et  mœurs  »,  par 
Tony  Fanfan.  «  Le  bal  des  Folies-Robert.  »  Paris,  1861. 
Brochure  in-12. 

Curieuse  étude  de  ce  bal  public  de  la  rue  Rochechouart 
où  la  danse  mi-honnête  semble  encore  conservée. 

BOUIS-BOUIS,  BASTRINGUES  ET  CABARETS  DE 
PARIS,  t  édition,  1861,  tous  libraires.  1  vol.  in-32. 

A  voir  les  bals  du  Casino,  de  la  Closerie  des  Lilas 
(premier  nom  du  bal  Bullier),  du  bal  Constant  et  de 
plusieurs  autres  secondaires. 

ARTHUR  RADOULT.  Ces  dames  de  Bullier,  avec 
un  portrait  photographié.  Paris,  1864.  Tous  libraires. 
1  vol.  in-32. 

Spirituelles  études  sur  les  polkeuses  du  temps  et  sur 
les  mœurs  des  étudiants  dans  les  bals  publics. 

PHYSIOLOGIE  DE  LA  CHAUMIÈRE,  suivie  de 
l'hymne  sacré  par  deux  étudiants.  Vignette  et  portrait 
du  père  Lahire.  Paris,  Bohain,  1841.  1  vol.  in-3^2. 

Curieuse  histoire  de  la  création  de  ce  bal  resté  le 
type  de  tous  les  anciens  bals  publics.  Brochure  introu- 


451  BIBLIOGRAPHIE 

vable  et  seule  aussi  complète  sur  la  génération  dansante 
de  ces  bals  de  1830  à  1840. 

LE  QUARTIER  LATIN  (Anonyme).  Paris,  tous 
libraires,  1861.  1  vol.  in-3:^. 

Études  de  mœurs  spirituellement  tracées  et  très  utiles 
à  l'étude  de  la  danse  chez  les  étudiants  à  l'époque  où  ils 
étaient  centralisés  dans  leur  gai  quartier  Latin. 

FÉLIX  CLÉ3IENT.  Histoire  de  la  musique  «  depuis 
les  temps  les  plus  reculés  jusqu'à  nos  jours  »,  par  Félix 
Clément,  contenant  350  gravures  représentant  les  instru- 
ments chez  les  différents  peuples  et  à  toutes  les  époques, 
et  08  portraits  d'artistes  remarquables,  des  exemples  de 
notations,  des  mélodies  et  des  fac-similés  tirés  des  ma- 
nuscrits. Paris,  Hachette,  1885.  1  vol,  gr.  in-8''. 

Bien  que  consacré  à  la  musique,  ce  livre  érudit  con- 
tient des  notes  sur  la  danse  et  des  portraits  de  nos 
s;randes  danseuses.  Le  chapitre  xv  est  consacré  à  la 
danse  de  théâtre  et  aux  ballets.  Voir  à  la  page  025  les 
appointements  des  anciens  danseurs;  page  132  et  sui- 
vantes, les  danses  de  l'Inde  et  les  instruments  servant  à 
les  accompagner. 

ARTHUR,  POUCilN.  Dictionnaire  historique  et  pit- 
toresque du  théâtre  et  des  arts  qui  s'y  rattachent  : 
«  poétique,  musique,  danse,  pantomime,  décor,  costume, 
machinerie,  acrobatisme,  jeux  antiques,  spectacles, 
divertissements  scéniques,  fêtes  publiques,  réjouissances 
populaires,  courses,  tournois,  etc.  »  Ouvrage  illustré  de 
350  gravures  et  de  8  chromolithographies.  Paris,  Didot, 
1885, 1  vol.  gr.  in-8». 

Arthur  Pougin,  que  l'on  rencontre  journellement 
à  la  Bibliothèque  nationale  entassant  notes  sur  notes 
dans  ses  poches,  nous  a  donné  un  excellent  ouvrage. 
Le  titre  indique  clairement  ce  qui  peut  nous  ren- 
seigner   sur    nos    recherches.   Consulter  les  notes   et 


BIBLIOGRAPHIE  455 

gravures  :  pages  0  et  10,  «  Acrobates  »  ;  page  25, 
«  le  Menuet  »  ;  page  26,  «  la  Gaillarde  »  ;  page  28, 
«  la  Danse  champêtre  »  ;  page  3-4,  «  un  Bal  à  la  cour  »; 
page  59,  «  un  type  d'Arlequin  »  ;  page  73,  «  un  Bal 
masqué  au  xviii"  siècle  »  ;  page  76,  «  le  Bal  Chicard  »; 
page  79,  «  le  Bal  de  l'Opéra,  celui  du  Prado  »  ;  page  81, 
«  le  Ballet  de  la  Rayne  »  ;  page  82,  «  un  Bal  burlesque  »  ; 
p"age  88,  «  la  Danseuse  Sablé  »  ;  page  89,  «  Dauberval 
et  M"'  Allard  »;  page  140,  «  le  Carnaval  au  xv'  siècle  »; 
page  143,  «  la  Courtille  ))  ;  page  261,  «  portrait  de 
M'"  Prévost  »  ;  page  393,  «  le  Foyer  de  la  danse  en  1840  »  ; 
page  439,  «  Bal  Tivoli  »  ;  page  441,  «  le  Jardin-bal 
Monceau  »;  page  609,  «  le  Danseur  Deschars  ». 

Quant  au  texte,  il  est  aussi  utile  à  notre  histoire  que 
l'on  est  en  droit  de  l'attendre  d'un  chercheur  aussi 
consciencieux  qu'Arthur  Pougin, 

BAROXAE  STAFFE.  Les  Usages  du  monde,  règles  du 
savoir-vivre  dans  la  société  moderne,  par  la  baronne 
Staffe,  13^ édition. Paris,  Victor  Havard,  1889. 1  vol.in-12. 

Consulter  ce  livre  si  bien  rédigé  pour  la  danse  :  pages 
100  et  suivantes,  les  dilTérentes  manières  de  saluer  à 
notre  époque  et  la  tenue  dans  les  salons;  pages  190  et 
suivantes,  le  chapitre  dans  lequel  les  bals  sont  traités 
dans  les  moindres  détails;  pages  279  et  280,  des  conseils 
utiles  à  la  jeunesse  pour  son  entrée  dans  le  monde. 
En  somme,  excellent  livre,  bien  compris  et  écrit  d'un 
style  charmeur. 

AlTCiUSTE  GEVAERT.  Histoire  et  Théorie  de  la 
musique  de  Vantiquité,  par  Auguste  Gevaert.  Gand, 
Amoot  Brackman,  1881.  2  vol.  grand  in-8''. 

Ouvrage  très  utile  à  la  connaissance  des  rapports  de 
a  langue  des  Grecs  avec  leurs  chants.  A  consulter  à  la 
page  364,  tome  I,  un  article  plein  d'intérêt  sur  l'asso- 
toiation  de  la  musique  et  de  la  danse  au  sujet  du  mot 


156  BIBLIOGRAPHIE 

Plus  loin,  à  étudier  les  éléments  de  l'ancienne  or- 
chestrique  divisés  et  analysés  sous  les  trois  catégories 
de  :  1"  les  pas,  mouvements,  marches,  évolutions;  2°  les 
poses  et  attitudes  du  corps;  3°  les  gestes  et  les  indica- 
tions nouvelles. 


Des  Dictionnaires  à  consulter 


S'il  est  inulile  de  rappeler  les  noms  de  Trévoux, 
Diderot  et  d'Alcmberl,  Larousse,  etc.,  il  l'est  moins  de 
signaler  les  nombreuses  erreurs  aussi  bien  au  point  de 
vue  historique  (ju'à  celui  de  la  pratique.  Ces  erreurs 
s'expliquenl  facilement  en  s'initiant  à  la  fabrication  de 
ces  volumineux  ouvrages.  On  retrouve  trop  souvent  des 
calques  et  des  répétitions  dans  lesquels  la  vie  si  chan- 
geante, si  mouvementée  par  les  caprices  de  la  mode 
nous  apparaît,  en  dansant,  telle  qu'elle  était  au  temps 
des  moines  de  Trévoux.  11  est  bon  de  copier,  de  cite* 
nos  classiques;  mais  il  faudrait  annoter  les  citations  en 
tenant  compte  des  modifications  apportées  par  les 
mœurs,  le  temps  et  les  us  et  coutumes  de  son  époque. 

A  ce  sujet  justice  doit  être  rendue  à  Théodore  de 
Lajarte,  le  savant  bibliothécaire  attaché  aux  archives 
de  l'Opéra,  et  au  chercheur  Arthur  Pougiii;  tous  deux 
ont  prouvé  leur  érudition  et  les  services  rendus  à  l'art 
et  à  son  histoire  quand  on  sait  affronter  les  fatigues 
longues  et  pénibles  endurées  dans  le  fouillis  des 
Bii)liothèques.  J'ai  cité  plus  haut  le  Catalogue  histo- 
rique, chronologique,  etc.,  de  Théodore  de  Lajarte,  et 
le  Dictionnaire  d'Arthur  Pougin. 

LACUUXE  DE  SAIXTE-PALAYE.  Dictionnaire  de 
l'ancien  langage  français  «  ou  glossaire  de  la  langue 
française  depuis  son  origine  jusqu'au  siècle  de  Louis  XIV, 
par  Lacurne  de  Sainte-l'alaye,  membre  de  l'Académie 

20 


158  Lill]|>10GKAPHIE 

des  inscriptions  et  belles-lettres  et  de  l'Académie  fran- 
çaise, publié  sous  les  soins  de  Le  Favre,  membre  de  la 
Société  de  l'histoire  de  France,  associé  correspondant 
de  la  Société  des  antiquaires  de  France,  avec  le  concours 
de  M.  Pajot,  archiviste-paléographe.  Contenant  signifi- 
cation primitive  et  secondaire  des  vieux  mots,  employés 
dans  les  chants  des  trouvères,  acceptions  métaphoriques 
ou  figurées  des  vieux  mots  français,  mots  dont  la  signi- 
fication est  inconnue. 

((  Etymologie  des  vieux  mots,  orthographe  des  vieux 
mots,  constructions  irrégulières  des  tours  de  phrase  de 
l'ancienne  langue,  abréviations,  études  des  équivoques 
qu'elles  présentent  dans  les  vieux  auteurs;  ponctuation, 
difficullés  qu'elle  présente;  proverbes  des  xu%  xiW  et 
XIV'  siècles;  noms  propres  et  noms  de  lieux  corrompus 
par  les  anciens  auteurs;  mots  empruntés  aux  langues 
étrangères.  »  jN'iort-Paris,  Favre,  éditeur;  Champion, 
1881.' In-4». 

Ce  dictionnaire  se  trouve  à  la  Bibliothèque  nationale 
au  rayon  des  dictionnaires. 

Le  titre  de  cet  ouvrage  en  fournit  l'analyse  et  suffit  â 
prouver  l'utilité  des  recherches  pour  les  danses  du 
moyen  âge.  Cheruel  s'en  est  inspiré  dans  son  livre  des 
Institutions,  mœurs  et  coutumes  de  la  France. 

DICTIONNAIRE  DE  U ACADÉMIE  DES  BEAUX- 
ARTS,  ((  contenant  les  mots  qui  appartiennent  à  l'ensei- 
gnement, à  la  pratique  et  à  l'histoire  des  beaux-arts  ». 
1  vol.  gr.  in-8°.  Paris,  Firmin-Didot,  1878. 

Le  mot  Chorégraphie  est  à  consulter  avec  grande 
attention,  car  il  est  défini  avec  la  science  et  l'érudition 
la  plus  complète.  On  peut  y  consulter  aussi  les  mots 
techniques  de  Chorégraphie,  Attitudes,  Arabesques,  etc. 


Nota.  —  Inutile  de  citer  les  dictionnaires  modernes 
de  Larousse,  Littré,  etc.,  qui   sont  à  la   portée  el  à  la 


BIBLIOGRAPHIE  459 

connaissance  de  tous;  de  même  pour  VEncyclopédie 
d'Alembert  et  le  Dictionnaire  de  Trévoux  qui,  mal- 
heureusement, sont  journellement  reproduits  par  des 
paginateurs  n'ayant  aucune  connaissance  de  l'art  de  la 
danse  et  moins  encore  de  toutes  ses  évolutions  suc- 
cessives comme  pratique,  comme  mode  et  comme 
emploi  aussi  bien  à  la  ville  qu'au  théâtre. 


NOTICE 


Il  est  regrettable  de  ne  pouvoir,  en  ce  qui  concerne  les  ouvrages 
anonymes  ou  pseudonymes,  soulever  le  voile  de  l'anonymat  sous 
lequel  s'abritait,  de  184i  à  1860,  la  joyeuse  jeunesse  de  l'époque. 
Cantonnes  dans  leur  quartier  Latin,  les  gais  ctuilianls  savouiaient 
cette  gaieté  spirituelle  disparue  et  délaissée.  Le  plus  grand  nombre 
d'entre  eux  fait  aujourd'hui  la  gloire  du  barreau,  de  la  magistrature, 
des  sciences,  sans  oublier  la  politique. 


rr 


TABLE   DES  MATIERES 


CONTENUES    DANS   CE    DICTIONNAIRE 


l'rûfiice 


Académie  de  danse , 1 

Accord 5 

Acrobate 5 

Ag'i'aiilies (] 

Aimable  vainqueur (j 

Alétèrcs 6 

Allemande 7 

Aimées 8 

Aloènes , 10 

Alopès 11 

Amary nthies 11 

Américain  (Quadrille) H 

Américain  (2"  Quadrille) 14 

Anacées 17 

Anapalé 17 

Androgénées 17 

Anglaise  (L') 17 

Angrismùne 18 

Antéistliéries 19 

Antocobdales 19 

Anthéma 19 

Aphrodite 19 

Aplomb 19 

Apokinos 20 

Aposeisis 20 

Aposkélésis 20 

Aputérics 20 

Arabesques 20 


462  TABLE  DES  MATIÈRES 

Archers  (Pas  des) 21 

Archimime 21 

Arlequine 22 

Arnaoute 23 

Arqué 24. 

Artichaut 24 

Arts  académiques 24 

Asclepsis 25 

Ascoliasme 25 

Aspasie 25 

Assemblé 25 

Assemblé  soutenu 26 

Assemblée 26 

Astronomique  (Danse) 26 

Attitude 27 

Attitude  droite  tendue 28 

Attitude  pliée 28 

Attitude  sautée 28 

Attitudes  obliques 29 

Attitude  renversée 29 

Aurore  (L') 29 

Autrichienne  (L') 29 


Bacchantes 30 

Bacchiké 31 

Bachilique 31 

V;      Badoise 31 

Bail 32 

liaise-main 33 

Bal 34 

.'      Bals  officiels 34 

!       Bal  privé 36 

\     Bals  publics 37 

^  Bals  costumés 41 

Balancé 44 

Balancement 44 

Balarita 44 

BalaLions 45 

Ballade 45 

Ballet 45 

Ballistea 47 

Ballon 47 


TABLE  DES  MATIÈIîES  463 

Ballonné  ou  balloné 4.7 

Baly  maehia i8 

Bandeca iS 

Bankisiiios 48 

Barnuiii-Daiice 48 

Basque  (Pas  de) 48 

Basque  relevé  (Pas  de) 40 

Basse  danse 49 

Bastonero 51 

Bathylle 51 

lialtenicnt 51 

lîattement  tendu 52 

Balteurs  de  mesure 53 

Bayailères 53 

iiayonuaise 55 

BcUicrépa 56 

Bérékintakè 50 

lierlinc 56     t~ 

Bibasis 57 

Uncane 57 

Boléro 60 

Boston 61) 

Bouffons  (Danse  des) 61 

Boukùlos. 62 

Boulangcie  (La) 62 

Bourrée 63 

Bourré  (Pas  de)  ou  temps  de  bourré 66 

Brandons  (Danse  des) 66 

Branle 67 

Branle  moderne 68 

Briskimata 69 

Brydalica 69 

Bvllicliai '.  69 


Cabaretière  (La) 69 

Cabriole 69 

Cacluicha 70 

Cadence 70 

Cagneux 70 

Calife  (Le) 71 

Calliehorc 71 

Canaica 71 


464  TABLE  DES  MATIÈRES 

Canaries  (Les) 71 

Cancan T'a 

Candiote  (  La) 7-i 

Carillon  de  Dunkcr(iiie  (Le) 74 

Caryates 76 

Cascaron 76 

Centre  de  gravité 76 

Chaconne 77 

Chaconne  (Temps  de) 78 

Chaîne 78 

Chaîne  anglaise 79 

Chaîne  brisée 79 

Champêtres  (Danses) 79 

Cliangemcnt  de  pied 80 

Chào 80 

Charisia .  .'. 81 

Chassé 81 

Chassé  ouvert 81 

Chasse-croisé  (1") 8:2 

—           (t) 82 

Chassé  continu 82 

Cheiroskalatiskos 8"2 

Chica 82 

Chinoises  (Danses) 83 

Chiréon  apokopé 85 

Chii'onomie 8") 

Chorégraphie 86 

Choréion 89 

Choréios 89 

Chorodicuscos 90 

Cinoéde 90 

(Cliquetis  (Danse  dos) 9(1 

Clos  (Danseur) ■ 90 

Collier  (Danse  du) 91 

Comique  (Danse) 91 

Cornus.  . . .'. 91 

\  Concours  de  danse 92 

y     Congrès  de  la  danse 94 

Conservatoire  de  danse 96 

Contredanse 96 

Contrepas 99 

Contrepoids 99 

Contretemps 100 

Conty  (La) 102 

Conversation  polonaise  (La) 102 

Coquette  l'" , 105 


TABLE  DES  MATIÈRES  465 

Coquette  2' 105 

Corbeille  (La) 106 

Cordace  (La) 106 

Cosaque  (La) 107 

Cotillon 109 

Coupé 111 

Courante 111 

Cours  de  danse 113 

Cubisliquc 115 

Cuisse  (Temps  de) 115 

Culbute 115 

Curetés  (Danse  des) 116 

Cyclopéa 116 

Cynœd^logie .'...  116 

Cytharis 116 

Czarine 116 


D 

Dactyle 117 

Dames  (Quadrille  des) 118 

Danaé 120 

Dancing-car 120 

Danse 120 

Danseur 122 

Danseurs  de  corde 123 

Daphné 124' 

Découverte  (Danse  de  la) 124- 

Dédalienne 124 

Deinos 124 

Détienne 124 

Démarche 125 

Derviches 125 

Développé 128 

Diane  (La) 128 

Dicelislœ 129 

Diosgonai 129 

Diplé 129 

Dipodia 129 

Dipodismos 129 

Dipolia 129 

Divertissement 129 

Doliva  (La) 130 

Duchesse  (La) 130 

Dyonisiaques 130 

20. 


466  TABLE  DES  MATIÈRES 


Échappé 130 

Effacement 131 

Ékatéris 131 

Éklatéris 131 

Éklatisma 131 

Eleusis,  Éleusines 131 

Emboîté 132 

Emboiture 132 

Emmélie 132 

Enchaînement 133 

Endymatos 133 

Enlevé  sur  les  pointes 133 

Énopliennc 133 

Ensemble 133 

Entrechat 134 

Entrée 135 

Épanconismos 135 

Épaulenient,  Épauler 135 

Épibèma 136 

Épicrédios 136 

Épilénios 136 

Épipliallos 136 

Épizéphiria , 137 

Équilibre 137 

Érutidies 137 

Espardandeta 137 

Été 137 


Failli 138 

Fandango 138 

.yi  Farandole 139 

Festins  (Danse  des). 139 

Fêtes  (La  danse  dijns  les) 141 

Feu  (Danse  du) 113 

Figures  de  danse 144 

Fillette  (La) Ui 


TARI.E  DES  MATIÈRES  /,G7 

Finale \U 

Financière  (La) 14(3 

Fissage 146 

Fleuret 146 

Flore  (Danse  de) I4.7 

Folâtre  (La) Ii7 

Folies  d'Espagne 147 

Forez  (Danse  de) 148 

Forlane 148 

Fouetté 149 

Funambules li^i 

Funérailles  (Danse  des) 141) 


Gaillarde i:)0 

Galop 151    y   ^ 

Galop  et  Saint-Simonienne 152 

Galopade  russe 152 

Ganglovienne 152 

Gargouillade 153 

Gavotte 1 54 

Gavotte  de  Marly 157 

Gavotte  de  Vestris 1 60 

Gavotte-quadrille,  Gavotte  Kaiserin 162 

Geste  et  Gestes 1G2 

Gibraltar  (La) 164 

Gigue  (La) 164 

Gigue  de  Coverley 166 

Gingra 167 

Glissade 167 

Glissade  coupée 167 

Glissade  soutenue 168 

Glissé 168 

Goût  (Le) 169 

Grâce 170 

Grâces  (Les) 170 

Grand-père  (Le) - PI 

Gromenard 172 

Grue  (Danse  de  la) 1 72 

Guarachas 172 

Guerre  (Danse  de) 172  y^ytXj 

Guimbarde 17.'î 

Gymnopédie 17:! 


468  TABLE  DES  MATIÈRES 


H 


H.ïi  va 174 

Hca 175 

Hédion 175 

Hernu-s 176 

Hormites 170 

Hii^lilandcrs  ^Quadrille  des) 176 

Hiiaria 176 

Hilarodes 176 

Hisli-ions 176 

lliilubioc 177 

Hongrois  (Quadrille  des) 177 

Hongroise 178 

Hoplomachie 179 

Horaï 179 

Hormos 179 

Horne-pipe 180 

Houras 181 

Hydrophories 181 

Hymen  (Danse  de  1") 181 

Hypogépones 183 

Hyporchème 183 

Hypogées 183 


lambique 184 

Igdé  ou  Igdirs 184 

Impérial  (Quadrille) 184 

Impériale  (L') 186 

Inconnue  (L') 187 

Innocence  (Danse  de  1') 187 

Intermède  bal 187 

Ionienne  (Danse) ' 187 

lonniue  (Danse) 187 

Italique  (Danse). 188 

illiyplialles , 188 


TADf.E  DES  .MATIÈRES  iO!) 


Jalco  de  Jarez 188 

Jalouse  (La) 189 

Jambes  (Ouverture  de) 189 

Jarreté 190 

Javelots  (Danse  des) 190 

Jean  (Danse  de  Saint-) 191 

Jeté 192 

Jeté  passé. 192 

Jetés  (Grands) 192 

Jelés  développés  (Grands) 192 

Jetés  tournés 19;} 

Jetés,  battus  ou  brisés 193 

Jeté  altitude 193 

Julie  (La) 193 


K 


Kalabis 193 

Kalabrlsmos  et  Kalobrismos 194 

Kalcnda  et  Calcnda 194 

Kaleustes 194 

Kallikas 194 

Kallimaque 195 

Kukunet 195 

Kanake 195 

Kapenécs 195 

Kapria 196 

Kastachok .- 190 

Katéris 196 

Kidéris 196 

Klopéia 196 

Knismos 196 

Knossia 196 

Kola 197 

Kolo 197 

Koniatické 1 97 

Kométické 197 

Komos 198 

Konisalos 198 


170  TAP.LE  DES  MMIKHES 

Kordaco 198 

Korybantkia 198 

Kiétikè 198 

Krinon 198 

Kronsthiron l'.)8 

Kvbèle 198 


Labalette 199 

Laconienno 199 

\^    Lanciers  (Quadrille  des) 199 

>     Lanciers  valses 202 

Lapitlies 205 

Lascives  (Danses) 205 

m  ^   Leçon  de  danse 206 

Léda  (La) 208 

Lionne  (La) , 208 

Louloiick 209 

Loure  (La) 209 

Ludions. 209 

Lvsiodes 209 


M 


Macabrée  (Danse) 210 

Mackter  et  Macktrisrnos 210 

Magnésienne 21 0 

Magodes 211 

Mahony  (Quarré  de) 211 

Mai  (Danse  de) 211 

Maître  de  ballet 212 

Maître  à  dajiser 213 

Manchegas 21i 

Manciies  vertes  (Les) 214 

Mantiniakè 214. 

Mariago  (Danse  du) 214 

Mariée  (La) 215 

Martinique  (La) 215 

Mascarades 215 


TABLE  DRS  MATIÈRES  171 

Masques 216 

Miitassins 218 

Mazurka  ou  Mazur 219 

Mazourke  (Cotillon) 223 

Médopismos 225 

Memphitique 22ô 

Menace  (La) 225 

Menés 226 

Ménétrier 226 

Menuot 228 

Menuet  Louis  XV  (Soiia) 232 

Menuet  d'Exaudet 245 

Menuet-valse 246 

Métoécies 246 

Mimes." 246 

Moelleux 247 

Mœmactéries 247 

Molossikè 247 

Momerie 247 

Montferine  (La) 249 

Montgollier  (La) 249 

Morphosmos 249 

Morts  (Danse  des) 249 

Moscovite  (La) 249 

Motlion 250 

Moulinet 250 

Mouvement 250 

Munychiennes 250 

Musette  (La) 250 

Mysore  (Danse  de) 251 


N 


Napolitaine  (La) 253 

Némésis 253 

Neurobates 253 

Neva  (La) 253 

Nibadismos 254 

Niobée 254 

Noces  (Danse  des) 254 

Nonime 257 

Nymphai 257 

Nyssia 257 


TAHLE  DES  .MATIERES 


Odipour 258 

Œufs  (Danse  des) 258 

Oklasma 259 

Olivettes  (Danse  des) 259 

0[)oplocia 200 

Opposition 260 

Orchésograpliie 2l50 

Orchestriqiie 260 

Oreille 261 

Orobates 261 

Orsitès 261 

Oscophories 261 

Ostendaise 261 

Oula 262 

Ouverture 263 


Pœoniennes 263 

Palestrique  (La) 263 

Pamperké 263 

Panathénées 264 

Pantalon 264 

Pantomime  et  Pantomimes 264 

Parabées 267 

Parabeaai-tettara 267 

Parnasse  (Danse  du) 267 

Pas 267 

Pas  bohémien 269 

Pas  de  quatre 269 

Passacaille 271 

Passe-pied 272 

Passe-pied  de  la  Pieine r 273 

Pastorale  (La) 274 

Pastourelle  (La) 275 

Patau 275 

Pavane 276 

Pécorée 280 

Périgourdinc 280 


TABLE  DES  MATIÈRES  11?, 

P('rin  (Quadrilla) 281 

Pcrsikè 283 

Petits  IJouquets  (Les) .■ 284 

l'Iialaiigc  (Danse  de  la) 284 

Phallikon , 286 

Phallophores 280 

Piiéacieiis  (Danse  des) 286 

Pliosphories 287 

Physionomie 287 

Pinakis 287 

Pirouette 287 

Piroueltc  simple 290 

Pirouette  (Grande) 290 

Pirouette  attitude 290 

Pirpliyma 290 

Podikra 291 

Podismos 291 

Policiiinelle 291 

Polka 292 

Polka-Mazurka 293 

Polo  (Le) 294 

Polonaise  (La) 297 

Ponoscholon 297 

Positions 297 

Positions  vraies 298 

Positions  (tinsses 298 

Positions  (Demi-) 298 

Positions  en  l'air 298 

Positions  sur  les  pointes 299 

Positions  des  bras 299 

Pot-pourri 299 

Poule  (La) 299 

Pourprée  (La) 300 

Poussettes  (Les) 300 

Présentation 300 

Pressoir  (Danse  du) 301 

Procharystéries..    301 

Proérosies 30) 

Provençale  (La) 302 

Prude  (La) 302 

Prylide  (La) 30:2 

Pyladéios 302 

Pyrrichus 302 

Pyrriiiiiue 303 

Pytiiagorikè 304 


474  TABLE  DES  MATIÈRES 


Quadrille 304 

Quadrille  français  (Théorie) 307 

Quadrille  avec  la  trénitz 312 

Quadrille  croisé 314 

Quatlrille-niazourke 314 

Quadrille  le  Uégent 317 

Quarré  de  Mahonv 317 


R 


Racthérion 317 

Redemptuare 317 

Redowa 317 

Régent  (Quadrille  le) 318 

Rémouleur  (Le) 320 

Révérence 321 

Révérence  de  cour 322 

Ricoustai 324 

Rigaud  et  Rigaudon 324 

Rond 324 

Rond  de  jambe 325 

Rond  de  jambe  à  terre ....  325 

Hond  de  jambe  en  l'air 325 

Rond  de  jambe  sauté 325 

Rond  de  jambe  sauté  double 325 

Ronde 325 

Ronde  (La  Belle) 326 

Royale  Famille  (La) 326 

Ruade  ou  Rualde 326 

Russe  (l'as) 326 

Puisse  (Qua.lrille) 327 

Rythmiquiî  (Danse) 329 


TABLE  DES  MATIERES  475 


Sacrée  (Danse) 329 

Sacrifice  (Danse  du) 331 

Saillie 331 

Saint-Cyrien  (Quadrille  le) 331 

Saint-Sinionienne  (La) 333 

Saisons  (Danse  des) 333 

Salamec 333 

Saliens  (Danse  des) 333 

Salii,  salitores 334 

Salmoxis 335 

Saltarello 335 

Sallation 335 

Saltimbanque 335 

Salut 335 

Sans-Souci  (Le) 336 

Sarabande 336 

Satyros 337 

Sauteuse 337 

Scéniques  (Jeux) 338 

Schéma 338 

Sciamachie 338 

Scirophories • 338 

Scottish .  , 338 

Scottish  valsée 339 

Scottisch  avec  galop 339 

Seguedillas  Boléros 340 

Seilénos 340 

Serpentine  (Danse) 340 

Sichtharis 343 

Sicilienne 343 

Sicilienne  moderne 343 

Sicinnisticae 343 

Sikimatikè 344 

Sikinnis 344 

Sisonne 345 

Skiphismos 345 

Sophie  (La) 345 

Sotades 346 

Soteries  ou  Steines 346 

Spliérislique 346 

Staticuli ■ 346 


471)  TAP.LE  DKS  MATIÈIIES 

StrobiloR '.  3 i6 

Swcdicht 1340 

Sybarilikè 318 


Taglioni  (La) 348 

Tamascha  (La) 350 

Tambourin  (Le) 352 

T.mtac 352 

Tarentelle 352 

Tarentelle  des  salons 352 

Tchingué 353 

Télésias 353 

Temps 354' 

Têtard  (Le) , 354 

ThermasLris 354 

Thirocopicon 354 

Titanes 354 

Tombé  (Pas) 354 

Tonadillas 355 

Tonga  (La) 355 

Tordion 35(5 

Tour  en  l'air 350 

Toxadarices 357 

Tragique  (Danse) 357 

Tracktros • 357 

Transsaiiarieii  (Le  quadrille) 357 

Traquenartl  (Le) 301 

Trèche  (La) 361 

Trépudier 362 

Trévisane  (La) 302 

Tricotet 362 

Trihory 302 

Triomphante  (La) 36i 

Tripili 364 

Triscone 304 

Trivelin 364 

Troizéniaké 364 


TAIîLE  DES  MATIÈRES  477 


V.ilaque  (La) 365 

Variation 365 

Variétés  parisiennes  (Quadrille  ilcs) 365 

Varsoviana 367 

Vendanges  (Danse  des) 368 

Villanelle. 368 

Villeika 368 

Virginie  (La) 369 

Vito 369 

Vitus  (Danse  de  Saint-) 369 

Vivandière  (La) 369 

Voisine  (La) 370 

Voltc 370 


w 


Walse  et  Valse 373 

Walse  à  trois  temps  (Théorie  de  la) 375 

Walse  à  deux  pas  (Théorie  de  la) 376 

Walse  à  cinq  temps 376 


Xiphisma  ou  Xiphismos. 377 


m  TABLE  DES  iMATlÈUES 

Y 

Yalkadai 377 

z 

Zapaleado  (El) 377 

Zuroiigo  (El) 377 


TABLE 

DES  OUVRAGES  ET  DES  AUTEURS 

CITÉS   DANS   LA  BIBLIOGRAPHIE   DU   DICTIONNAIRE 


liitiodiiclion 381 

Un  dernier  mot 383 

Ciitalogue  de  la  Bibliothèque  de  l'Opéra 384 


PREMIÈRE  PARTIE 

Ouvrages  théoriques. 

Abrégé  de  chorégraphie 332 

Adice  (Léopold) 408 

Albert 397 

Arte  de  danzar  a  la  Francesa 399 

Aschers  (S.) 407 

Bacquoy-Guédon 393 

Bc.iuchamps 393 

Blasis 395 

Blasis  (Charles) 396 

Brunet 408 

Caroso  Fabritio 387 

Cellarlus 397 

Clément  (E.) 399 

Compan 394 

Corso  (Rinaldo) 387 

Cours  de  danse  fin  de  siècle ,  409 

Dardenne 395 

De  Saint-Léon 398 

De  Soria  fils 410 

Der  TanZ'  und  seine  Geschichte,  von  Rudolph  Voltz 404 

Desrat  (G.) 400  et  406 

Dupré 392 


.m  TAP.LE  DES  MATIÈHES 

Encyclopédie  métliodiqne 391 

Essai  sur  la  danse 397 

Feuillet 387 

(laudreau 406 

Gawlikoski iU6 

Gawlikoski  (Ph.) 397 

Gilbert  (M.-B.) iUS 

Giraudet  (E.) 40"i 

Goiirdoux  d'Aux 395 

Guillaume '. i02 

Guillaumot 409 

Laliorde 4(J2 

Laiulrin 394 

Mat^'iiy : 39-2 

Malpied ...  o9."i 

Martinet • 403 

Paradiii  (Guillaume) 380 

Périii  et  La  Hante 4Ul 

Pcrrot  et  A.  Robert 397 

Rameau 3S9 

Scoot  (Ed.) 407 

Soi  (C.) 392 

Thoinot-Arbeau 38G 

Vcstris  (Désiré) 400 

Wallon  (J.) 401 

Woodworth 407 

Zorn 405 


DEUXIÈME  PARTIE 

Livres   historiques. 

Alerme 'ii^ 

Almanach  de  la  danse 418 

Angiolini, 414 

Ballets  et  Mascarades.  . .   419 

Baron 410 

Berchoux 420 

Boissy  (L.  De) 422 

Bonnet 413 

Brieux  Saint-Laurent  (De) 421 

Butteux  (Gli.) 415 

Cas  de  conscience  sur  les  Danses 422 

Castil-Blaze •  417 


TABLE  DES  MATIÈRES  481 

Coralli 420 

De  Cahuzac 413 

De  l'Aulnaye 415 

De  la  danse  (Anonyme) 418 

Faget 416 

FertiauU 418 

Fourcauld 419 

Gauthier  (!>rêtre) 421 

Gironi  (Riibistiano) 422 

Hulot  (Abbé) 422 

Lafage  (Adrien) 418 

Le  Père  Ménétrier 413 

Les  Danses  de  salon 421 

Les  Polkeuses 421 

Moreau  de  Saint-Mery 416 

Noblet 419 

Noverre 414 

Nyssem  (J.-J) 422 

Paris  qui  danse 418 

Saint-Léon 423 

Sangalli  (M""  Rita) 419 

Spencer  (J.) 415 

Traité  contre  les  danses 420 

Vitu  (A.)  et  Farnèse  (P.) 421 

Voiart  (M""»  Élise) 416 


TROISIÈME  PARTIE 

Ouvrages  et  auteurs  offrant  indirectement  des 
notes  sur  la  danse.  —  Auteurs  anciens,  modernes 
et  contemporains. 

Almanach  de  ta  danse 452 

Almanach  de  la  polka 452 

Almanach  des  plaisirs  de  Paris 443 

Antiquités  grecques 428 

Antiquités  romaines 429 

Apulée 426 

Aristole 425 

Athénée 425 

Bal  Mabille 451 

Barthélémy  (Abbé) 429 

Batteux  (Abbé) 431 

Bouis-bouis 453 

21 


482  TABLE  DES  MATIERES 

Burette 427 

Cantu  (César) 447 

Capefigue 450 

Cartari 4^28 

Castil-Blaze 435 

Catalogue  de  la  Bibliothèque  musicale  de  l'Opéra 429 

Charnpollion 433 

Cliaussard 4^0 

Chcruel 435 

Çlaretie  (J.) 448 

Claudin  (G.) 4i8 

Clément  (Félix) 454 

Conipardon  (E.) 444 

Cook 440 

Danses  de  Gap 433 

Danse  des  Ch inois 432 

D'Anglemont  (.Privât) -•   449 

D'Aubignac  (Abbé) 434 

D'Hancarville 438 

D'Heyli  (G.) 448 

De  Bachaumont .■ 446 

De  Boigne  (Ch.) 446 

De  Bonnières  (Robert) 448 

De  Concourt 449 

De  l'Estoile  (Pierre) 430 

De  Lamennais 437 

De  Rienzi 437 

De  Villemer  (Marquis) 444 

Delvau 449 

Despréaux 434 

Desprez  de  Boissy 441 

Dorât 433 

Du  Bos  (Abbé) 429 

Dufour  (Valentin) 443 

Dulaure 435 

Dupaty 447 

Duruy  (V.) 450 

Engel 436 

Faustin  (Colin) 437 

Fétis 441 

Fleury  (Abbé) _  431 

Folies-Robert 453 

Foucauld  (E.) 441 

Foucque  (F.) 438 

Gallay.  (J.) .  • ' ^37 

Geoffroy 434 


TABLE  DES  MATIÈRES  483 

Gevaert  (A.) 455 

Homère 426 

Jacolliot  (L.) 443 

Jacotot 437 

Julien  (A.) 443 

La  Bible 427 

La  Chaumière 453 

La  Pèche  aux  Anglais 451 

Lacombe 432 

Lacroix  (Bibliopliile) i42 

Le  Carnaval 4.51 

Le  Quartier  Lalin 454 

Lefeu ve . .  ; 441 

Les  Beautés  de  l'Opéra 445 

Les  Théâtres,  lois,  etc 445 

Letrone • 433 

Lucien 425 

Magasin  pittoresque 438 

Magnier  (M.) 450 

Magnin  (Charles) 436 

Mahalin  (Paul) 450 

Malbert  (E.) 451 

Mascarades  et  Farces  de  la  Fronde 446 

Maurice  (Ch.) 448 

Mercier 435 

Mercurial 426 

Meursius 427 

Narrey  (Charles) 447 

Nieuport 431 

Nuitter  (Charles) 445 

Osman-Bey - 444 

Paris  illustré 451 

Père  Brunoy 428 

Picard  (Germain) 453 

Poucqueville 440 

Pougin  (Arthur) 454 

Radoult  (Arthur) 453 

Rousseau  (J.-J.) 436 

Royer  (A.) 446 

Rozier  (Victor) 447 

Saint-Marc  (B.) 449 

Second  (Albéric) 447 

Staffe  (Baronne) 455 

Taglioni 4^15 

Vestris  (M"») 447 

Véron  (Pierre) 448 


484  TABLE  DES  MATIÈRES 

Villoteau 433 

Voisenon  (Abbé) 444 

Voltaire 434 


Des  Dictionnaires  à  consulter 

Dictionnaire  de  l'Académie  des  Beaux-Arts. 

Dictionnaire  de  Trévoux. 

Encyclopédie  d'Alembert. 

Lacurne  de  Sainte-Palaye. 

Larousse. 

Littré. 


Lib.-Imp.  réunies,  rue  jMignon,  2.  —  Mav  et  Motteroz,  directeurs. 


GV 

1593 

J/.5 


Desrat,  G. 

Dcltionfiaire  de  la  danse 


For  «se  in 

thc  Libiary 

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